A Coruña attire depuis quelques années autant les touristes que les investisseurs. Port atlantique dynamique, centre financier du nord de la Galice, ville universitaire bien connectée et sûre, la cité galicienne combine qualité de vie élevée et marché immobilier en pleine tension. Résultat : des prix qui montent, une offre qui ne suit plus vraiment, mais aussi des rendements locatifs qui restent attractifs au regard du reste de l’Espagne.
Cet article couvre tous les aspects clés pour investir dans l’immobilier à A Coruña et sa province. Il analyse les niveaux de prix, les rendements locatifs (longue durée et touristique), et les quartiers porteurs. Il détaille également les coûts de rénovation, la fiscalité applicable, les options de financement pour les investisseurs étrangers, et les grands projets urbains futurs qui influenceront la valeur des biens.
Un marché dynamique, tendu… et encore sous-valorisé à l’échelle de l’Espagne
A Coruña se situe dans une région – la Galice – qui a connu une forte accélération immobilière. Les transactions y ont augmenté, les prix montent rapidement, mais restent en moyenne inférieurs au reste du pays. Pour un investisseur, cette combinaison croissance + décote relative est rarement anodine.
Ville vs province : deux marchés complémentaires
Dans la municipalité d’A Coruña proprement dite, les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Le prix moyen tourne autour de 295 000 € par logement, pour un loyer moyen d’environ 990 € par mois et un rendement locatif brut d’environ 4,16 %. Le délai théorique pour que le bien « se rembourse » via les loyers est estimé à près de 25 ans.
La rentabilité brute moyenne des investissements locatifs en province, où le prix moyen d’un bien est de 159 000 €.
Un aperçu synthétique permet de comprendre cet écart :
| Zone | Prix moyen du bien | Loyer moyen mensuel | Rendement brut moyen | Années pour amortir |
|---|---|---|---|---|
| A Coruña (ville) | 295 000 € | 990 € | 4,16 % | 24,8 ans |
| Province d’A Coruña | 159 000 € | 840 € | 6,5 % | 15,8 ans |
À l’échelle galicienne, A Coruña fait partie des marchés les plus chers, aux côtés de Vigo et de Santiago, mais les prix restent très inférieurs à Madrid, Barcelone ou aux Baléares. Ainsi, au niveau régional, les appartements se vendent autour de 2 048 €/m² contre 2 635 €/m² en moyenne nationale. Dans la province d’A Coruña, le prix moyen se situe autour de 1 897 €/m², quand certains quartiers de la capitale provinciale dépassent déjà les 3 700 €/m².
Une hausse des prix qui s’accélère
Les données les plus récentes confirment une vraie tension sur l’offre. Dans la municipalité d’A Coruña, le prix moyen de mise en vente a atteint 2 814 €/m² en août 2025, soit près de 15 % de plus qu’en septembre 2024. En février 2026, il franchit un nouveau cap avec 3 033 €/m², en hausse d’environ 14,4 % sur un an.
Cette dynamique est illustrée par l’évolution mensuelle des prix observée sur une période de douze mois, montrant les tendances et fluctuations au cours de l’année écoulée.
| Mois (A Coruña ville) | Prix moyen €/m² | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Mars 2025 | 2 700 | +12,0 % |
| Juin 2025 | 2 809 | +13,0 % |
| Septembre 2025 | 2 879 | +13,0 % |
| Décembre 2025 | 2 955 | +10,3 % |
| Février 2026 | 3 033 | +14,4 % |
Les loyers suivent la même trajectoire, mais avec un décalage. En août 2025, le loyer demandé dans la municipalité atteint 11 €/m², en hausse de 9,34 % en un an. En juillet 2025, le pic est observé à 11,21 €/m². Au niveau provincial, le loyer moyen s’établit à 9,74 €/m² en juillet 2025, avec une progression d’un peu plus de 10 % sur un an.
Côté perspectives, les principaux analystes (Tinsa, BBVA Research, CaixaBank Research, Bankinter) anticipent encore une hausse du coût d’acquisition d’environ 7 % et une progression des loyers de l’ordre de 10 % pour 2026 à l’échelle espagnole, avec une Galice – et particulièrement A Coruña, Vigo, Santiago – parmi les régions où la croissance devrait rester la plus robuste.
Rendements : studios en ville, grands appartements dans la province
Pour juger de l’intérêt d’un investissement, il ne suffit pas de regarder les moyennes globales. À A Coruña, les rendements varient fortement selon la taille du logement et l’emplacement.
Rentabilité par typologie dans la ville
Dans la ville d’A Coruña, les petites surfaces se détachent nettement. Les studios et les T1 offrent les meilleurs rendements, alors que les grands appartements souffrent de prix d’achat élevés et de loyers qui ne suivent pas au même rythme.
| Type de bien (ville) | Prix moyen | Loyer mensuel moyen | Rendement brut |
|---|---|---|---|
| Studio | 195 000 € | 730 € | 4,46 % |
| 1 chambre | 172 000 € | 850 € | 5,93 % |
| 2 chambres | 268 000 € | 900 € | 4,03 % |
| 3 chambres | 315 000 € | 1 050 € | 4,00 % |
| 4+ chambres | 480 000 € | 1 300 € | 3,25 % |
On constate qu’un T1 coûte en moyenne moins cher qu’un studio mais génère un loyer plus élevé, d’où un rendement proche de 6 %, nettement supérieur à la moyenne de la ville. Pour un investisseur locatif, ce segment « une chambre » est donc une cible de choix dans les quartiers où la demande reste forte (centre étendu, zones étudiantes, quartiers de bord de mer accessibles).
Dans la province : le règne des grandes surfaces
Dans le reste de la province, le rapport de force s’inverse. Les grands appartements affichent des rendements spectaculaires, portés par des loyers corrects et des prix d’achat encore raisonnables.
| Type de bien (province) | Prix moyen | Loyer mensuel moyen | Rendement brut |
|---|---|---|---|
| Studio | 125 000 € | 700 € | 6,70 % |
| 1 chambre | 145 000 € | 720 € | 5,96 % |
| 2 chambres | 145 000 € | 780 € | 6,46 % |
| 3 chambres | 165 000 € | 900 € | 6,55 % |
| 4+ chambres | 200 000 € | 1 200 € | 7,20 % |
Pour un budget de 150 000 €, la différence de revenu annuel entre un investissement peu rentable et un investissement optimisé est significative. Un appartement bien choisi dans une commune à fort rendement (jusqu’à 8,92 % en moyenne pour certains marchés) peut générer un cash-flow très supérieur à ce que proposent les obligations d’État espagnoles, dont le rendement dépasse rarement 3,2 %.
Des quartiers très contrastés : où investir dans la ville d’A Coruña ?
L’avantage d’A Coruña, pour un investisseur, tient au fait que la ville est compacte, bien desservie, mais très différenciée d’un quartier à l’autre, en termes de prix comme de profil de locataires.
La Ciudad Vieja et le centre (Ciudad Vieja – Centro) concentrent une partie du patrimoine historique de la ville : ruelles pavées, églises médiévales, bâtiments historiques reconvertis en restaurants, cafés et commerces. C’est aussi l’une des zones les plus chères, avec un prix au mètre carré autour de 3 824 €/m² début 2026, après un pic à plus de 4 000 €/m² mi‑2025.
Un peu plus au sud, le secteur Ensanche – Juan Flórez, moderne et aisé, jouxte des parcs comme Santa Margarita et héberge une offre résidentielle de standing. Les façades sont recherchées, les services nombreux, et les prix dépassent 3 700 €/m² à la vente, avec des loyers autour de 11,5 €/m². La demande y est soutenue, à la fois commerciale et résidentielle, ce qui assure une bonne liquidité à la revente, même si la rentabilité locative brute y est plus modeste.
Les quartiers proches du port, tels que Ensanche, Catro Camiños – A Gaiteira, Cidade Xardín – Cidade Escolar et Cidade Vella – Atochas – Pescadería, présentent les prix au m² les plus hauts de la ville, souvent supérieurs à 3 400 €/m², avec des loyers pouvant excéder 12,5 €/m² dans les zones les plus prisées.
Une photographie des prix dans plusieurs zones illustre ces écarts :
| Zone (A Coruña ville) | Prix vente €/m² | Loyer €/m²/mois |
|---|---|---|
| Cidade Xardín – Cidade Escolar | 3 718 | 10,93 |
| Ensanche | 3 641 | 11,57 |
| Cidade Vella – Atochas – Pescadería | 3 454 | 12,52 |
| Catro Camiños – A Gaiteira | 3 163 | 10,87 |
| Labañou – Os Rosales | 3 183 | 11,26 |
| Monte Alto – Adormideras | 2 808 | 11,32 |
| Os Mallos – A Falperra | 2 816 | 10,26 |
| Eirís – As Xubias – Pasaxe | 2 064 | 10,78 |
| Agra do Orzán – O Ventorrillo | 2 078 | 10,00 |
| Mesoiro – Feáns – Zapateira | 1 709 | 9,48 |
Dans ces quartiers de centre ou de front de mer, l’intérêt pour un investisseur est moins dans la maximisation immédiate de la rentabilité que dans la préservation du capital et la valorisation à long terme, dans un contexte de rareté du foncier. Le développement futur de la façade maritime (projet « Coruña Marítima ») devrait renforcer cette dimension patrimoniale.
Quartiers de bord de mer familiaux : Riazor et Los Rosales
Le secteur de Riazor, avec sa grande plage en arc de cercle, son front de mer promenable et bien entretenu, attire un public varié : familles, couples de jeunes actifs, surfeurs, retraités actifs. Les appartements y sont souvent tournés vers la mer, avec de grandes baies vitrées, balcons et terrasses. Les prix tournent autour de 3 100 €/m², légèrement en retrait de leur pic de 2025, mais la demande reste forte.
Los Rosales, urbanisation au nord‑ouest de la ville, est plus résidentielle et familiale, avec plaine verte, collines, proximité de la plage de Santa Cristina et du Parc de Monte de San Pedro. Comme Riazor, c’est un quartier perçu comme tranquille, bien doté en services (centre commercial, écoles, parcs), où les prix dépassent les moyennes de la ville. Pour un investisseur, ces zones conviennent bien à la location à long terme pour familles ou couples disposant d’un bon pouvoir d’achat.
Quartiers populaires à potentiel : Agra do Orzán, Os Mallos, Sagrada Familia – Vioño
Agra do Orzán – O Ventorrillo, quartier né dans les années 1950, est l’une des zones les plus densément peuplées d’A Coruña, avec une forte mixité sociale et une importante population étrangère. Les prix au m² y restent plus abordables (environ 2 078 €/m² à l’été 2025, autour de 2 328 €/m² début 2026), tout en enregistrant des hausses de loyers marquées : +14,2 % sur un an pour les locations en 2025 selon Idealista.
Os Mallos a connu une hausse spectaculaire de plus de 34 % sur un an au niveau des prix de vente.
Pour un investisseur qui cherche un compromis entre rendement et potentiel d’appréciation, ces quartiers « intermédiaires » constituent des cibles intéressantes, à condition de bien sélectionner l’immeuble (qualité du bâti, état des parties communes, proximité des transports).
Zones étudiantes et périphérie connectée : Elviña, Someso – Matogrande, Mesoiro
Le campus d’Elviña, poumon universitaire de la ville, attire chaque année des étudiants venus de toute l’Espagne et de l’étranger. La zone intègre des maisons de deux niveaux, des bungalows et une grande proportion d’espaces verts. La demande en colocation et en petits appartements y est constante.
Le quartier de Someso – Matogrande, grâce à ses bureaux, administrations, centre commercial et sa connexion directe aux axes routiers, est particulièrement attractif pour les jeunes actifs et cadres. Les prix de vente y sont d’environ 2 480 €/m² et les loyers autour de 10,5 €/m². C’est un marché de flux où la rotation des biens est élevée, permettant d’ajuster rapidement les loyers, mais nécessitant une gestion locative active et réactive.
Mesoiro, enfin, est un faubourg calme, proche de zones boisées, majoritairement composé de maisons individuelles, lotissements fermés et duplex. Les prix y sont nettement inférieurs à ceux du centre (environ 1 709 €/m²), ce qui peut séduire les investisseurs à budget plus serré, surtout pour des stratégies de rénovation, avec à la clé des rendements supérieurs une fois les biens modernisés.
Quartiers de villas et maisons de standing : Ciudad Jardín, Eirís, périphérie littorale
Ciudad Jardín, quartier résidentiel propre et vert relié à la plage de Riazor, se compose surtout de villas et maisons de luxe avec jardins. Eirís, un peu à l’écart, offre des maisons individuelles, des parcelles fermées, un grand parc et la proximité de la plage d’Oza, labellisée Pavillon Bleu. Dans ces zones, on est clairement sur une stratégie patrimoniale ou de haut de gamme (résidences principales, locations meublées très confort ou locations saisonnières ciblées).
En périphérie immédiate, des communes comme Oleiros, Sada, Arteixo, Miño ou Culleredo accueillent des programmes neufs de qualité, souvent orientés vers une clientèle de classe moyenne‑supérieure cherchant plus d’espace et de verdure tout en restant à distance raisonnable d’A Coruña.
Province : des rendements spectaculaires… mais très hétérogènes
En dehors de la capitale provinciale, la province d’A Coruña forme un patchwork de marchés. Certaines communes affichent des rentabilités à deux chiffres, parfois supérieures à 10, voire 15 %, quand d’autres stagnent ou ne disposent pas d’assez de transactions pour calculer un rendement fiable.
Un échantillon de communes permet de mesurer cette dispersion :
| Commune | Rendement moyen | Revenu locatif annuel |
|---|---|---|
| A Coruña (ville) | 4,26 % | 11 400 € |
| Ferrol | 8,02 % | 8 640 € |
| Narón | 8,43 % | 7 800 € |
| Sada | 8,45 % | 9 600 € |
| Carballo | 8,12 % | 7 200 € |
| Noia | 11,94 % | 18 000 € |
| Arzúa | 15,7 % | 11 500 € |
| Betanzos | 15,66 % | 7 800 € |
| Ponteceso | 15,23 % | 6 000 € |
| Valdoviño | 13,15 % | 8 280 € |
| Outes | 61,4 % | 26 400 € |
Les rendements extrêmes, comme celui affiché à Outes (plus de 60 %), sont à prendre avec des pincettes : ils traduisent souvent des situations spécifiques (prix d’achat exceptionnellement bas, peu de données, effet de cas particuliers) et ne reflètent pas un niveau pérenne et reproductible à grande échelle.
Plusieurs marchés secondaires comme Ferrol, Narón, Carballo, Sada, Noia, Betanzos, Arzúa et Ponteceso présentent un rapport prix/rendement attractif. Ces opportunités s’adressent aux investisseurs acceptant de s’éloigner de la ville principale et de gérer des contraintes comme la distance, des périodes de vacance potentielles et une liquidité moindre.
Location longue durée : un marché de plus en plus tendu
À A Coruña, la location classique reste la colonne vertébrale de la rentabilité immobilière. La ville affiche un taux de vacance inférieur à 5 %, les loyers augmentent plus vite que les prix d’achat en zone urbaine, et les rendements bruts compris entre 4 et 7 % sont jugés atteignables dans les secteurs touristiques et universitaires.
Les principaux éléments à garder en tête pour la location longue durée sont les suivants.
Anticipe une poursuite de la hausse des loyers en 2026, dans un contexte de faible offre et de forte demande. Estime qu’avec la future déclaration de ‘zona tensionada’ (zone tendue), le nombre de contrats proposés pourrait baisser de 40 %, ce qui augmenterait encore la pression sur les biens restants.
Patricia Vérez, Présidente du Colegio Oficial de Agentes de la Propiedad Inmobiliaria de A Coruña
Ensuite, l’accessibilité. Le directeur de Brigantia Real Estate, Ricardo Lorenzo Domingo, évoque un « grave problème d’accessibilité » au logement : les salaires locaux, relativement modestes, supportent mal l’explosion des loyers. Pour un investisseur, cela signifie que le centre historique très cher n’est pas toujours la meilleure option : certains professionnels conseillent d’éviter le « pur » hypercentre, jugé trop coûteux et parfois de qualité discutable, au profit de quartiers comme Monte Alto, Riazor – Los Rosales, Os Mallos – Cuatro Caminos, Los Castros, Sagrada Familia – Vioño, Agra del Orzán – Ventorrillo, Someso – Matogrande ou Eirís, où l’équilibre prix/qualité/demande est plus favorable.
Analyse comparative des avantages de l’achat par rapport à la location sur le marché immobilier de A Coruña.
L’achat devient plus avantageux que la location à partir d’une présence prévue de plus de trois ans dans la ville.
Cette rentabilité alimente une demande soutenue pour l’accession à la propriété.
La dynamique de demande soutient les prix de l’immobilier à long terme.
Location de courte durée : potentiel élevé, réglementation à surveiller
A Coruña figure parmi les villes espagnoles où l’offre d’hébergement touristique a le plus été nettoyée ces derniers mois. Entre juillet et novembre 2025, la capacité de location de vacances annoncée a reculé d’environ 30 %, largement sous l’effet du registre national des locations touristiques et de la chasse aux annonces non déclarées. Mais le stock de logements touristiques reste conséquent, et la rentabilité peut être intéressante.
Un marché AirBnB déjà mûr
Les données agrégées sur la ville témoignent d’un marché AirBnB bien installé. Selon les sources, le nombre d’annonces oscille de 700 à plus de 6 000, la grande majorité étant des appartements complets. La capacité moyenne est de quatre personnes, et près de 90 % des annonces sont des logements entiers, ce qui correspond à une clientèle familiale ou de groupes d’amis plutôt qu’à de simples chambres chez l’habitant.
Côté chiffres d’exploitation, les indicateurs convergent autour de ces ordres de grandeur :
Aperçu des principaux chiffres et tendances pour évaluer la performance d’un logement en location saisonnière.
Revenu annuel moyen par logement : environ 17 000 € à 19 500 €.
Revenu mensuel moyen : autour de 1 300 € à 1 400 €, avec une fourchette de 826 € à plus de 2 500 € selon les performances.
Entre 85 € et 115 €, avec des pics autour de 140 € en haute saison.
De 50 % à 64 % en médiane, considéré comme un bon niveau pour ce type de marché.
Pic d’occupation et de revenu en août, creux en janvier‑février.
Les biens du top 10 % atteignent des revenus mensuels supérieurs à 3 000 $, des taux d’occupation de 74 à plus de 80 %, et des tarifs nocturnes dépassant 160 à 190 €. Ces performances sont souvent associées à des localisations premium (proximité immédiate de la plage d’Orzán ou de Riazor, centre historique, vue mer) et à des prestations haut de gamme (terrasse, piscine, design soigné).
Réglementation actuelle et durcissements à venir
Pour l’instant, A Coruña est décrite comme une ville à régulation relativement « permissive » sur la location de courte durée, avec une proportion importante de logements encore non déclarés ou non licenciés. Mais la tendance va clairement vers un encadrement plus strict.
Le registre unique des locations touristiques a entraîné la suppression de plus de 200 000 annonces irrégulières en Espagne.
Pour un investisseur, cela implique :
– d’anticiper l’obtention d’une licence touristique (coût de 300 à 500 €, délais de 2 à 3 mois en général) ;
– de vérifier la compatibilité urbanistique, les règles de la copropriété et les éventuelles limitations locales avant d’acheter ;
– de ne pas bâtir un business plan uniquement sur des revenus de courte durée, mais de prévoir un scénario alternatif en location moyenne ou longue durée.
Dans la province, certains marchés purement touristiques, comme Malpica (classée n°1 pour l’investissement en courte durée dans la province pour 2026), offrent de bons revenus, mais dans un environnement très réglementé et saisonnier.
Rénovation : un levier clé pour créer de la valeur
Le bâti d’A Coruña est ancien dans plusieurs quartiers (Ciudad Vieja, Agra do Orzán, Os Mallos, certains secteurs du centre), mais c’est précisément là que se logent les meilleures opportunités d’achat à prix décoté, à condition de bien maîtriser les coûts de rénovation.
Ordres de grandeur des coûts à A Coruña
Dans la ville, on estime qu’une rénovation complète se situe généralement entre 400 et 1 000 €/m² selon le niveau de qualité :
– gamme « économique » : 400–550 €/m² ;
– gamme « standard » : 600–800 €/m² ;
– gamme « haute » : 800–1 000 €/m².
Pour un appartement de 70 m², par exemple, il faut donc compter :
| Surface / qualité | Budget estimatif |
|---|---|
| 70 m² – économique | 28 000–38 500 € |
| 70 m² – standard | 42 000–56 000 € |
| 70 m² – haute | 56 000–70 000 € |
Les postes principaux se répartissent de manière assez classique : démolition et évacuation des gravats (de l’ordre de 2 800 à 4 200 € pour 70 m²), maçonnerie (6 000–10 000 €), menuiserie intérieure et extérieure (4 000–9 000 €), plomberie (5 000–9 000 €), électricité (4 000–7 000 €), peinture (2 000–4 000 €). À cela s’ajoutent la cuisine (6 000–10 000 € hors électroménager) et la salle de bain (3 000–6 000 € par unité).
Le coût horaire moyen de la main-d’œuvre en Espagne, hors TVA.
Licences, taxes et imprévus
Rénover à A Coruña implique d’abord de déposer une demande de « licencia urbanística » auprès de la mairie. Dans la plupart des cas de rénovation intérieure sans modification structurelle, une « licencia de obra menor » suffit, avec un coût de permis généralement inférieur à 300 € ou de l’ordre de 3–3,5 % du coût estimé des travaux.
La fiscalité locale intègre notamment : la taxe foncière, la taxe d’habitation, et la contribution économique territoriale.
Pourcentage du budget d’exécution représenté par l’ICIO, la taxe municipale sur les constructions.
Il est recommandé de prévoir une marge d’imprévus de 10 à 20 % du budget global, surtout dans les immeubles anciens où la découverte de défauts structurels, de réseaux obsolètes ou de problèmes d’humidité est fréquente.
Quand la rénovation change la donne sur le rendement
Sur un marché où le prix moyen tourne autour de 3 000 €/m² dans la ville, acheter un bien ancien à 2 000–2 200 €/m² dans un quartier en transformation comme Agra do Orzán, Os Mallos ou Sagrada Familia, puis investir 600–800 €/m² en travaux, permet d’approcher le niveau de qualité des logements neufs de centre‑ville tout en restant en dessous des valeurs de marché des quartiers premium. L’écart entre le coût total (achat + travaux) et la valeur de revente potentielle crée un coussin de sécurité, tandis que le loyer peut être aligné sur le haut du marché du quartier, ce qui doper la rentabilité.
Financement et achat en tant qu’étranger : faisable, mais encadré
L’Espagne est habituée aux acheteurs étrangers, qui représentent plus de 12 % des acquisitions au niveau national. A Coruña ne fait pas partie des destinations les plus saturées par les non‑résidents, mais les grandes banques (Santander, BBVA, CaixaBank, Bankinter, Sabadell, etc.) y proposent des financements dédiés.
Conditions classiques pour un non‑résident
Les grandes lignes du crédit immobilier pour un non‑résident se résument ainsi :
Pourcentage du coût total d’achat immobilier que les non-résidents doivent souvent mobiliser en fonds propres, incluant l’apport et les frais annexes.
Les banques analysent le revenu global du client (pas seulement les revenus espagnols) et limitent le ratio endettement / revenus à 30–40 %. Un ménage qui gagne 5 000 € nets par mois ne devrait ainsi pas consacrer plus de 1 500 à 1 750 € à l’ensemble de ses crédits, y compris la nouvelle mensualité.
Les produits disponibles mêlent taux fixe, variable (indexé sur l’Euribor 12 mois + marge) et taux mixte (fixe les premières années, puis variable). Les prêts in fine et les montages purement « buy‑to‑let » sont plus rares pour les non‑résidents.
Démarches incontournables : NIE, compte bancaire, notaire
Avant d’acheter, tout étranger doit obtenir un NIE (numéro d’identification des étrangers), indispensable pour signer un compromis, un acte notarié, ouvrir un compte bancaire, payer les impôts locaux. La demande se fait soit en Espagne, auprès de la police nationale ou de l’office des étrangers, soit au consulat espagnol du pays de résidence, parfois via un avocat muni d’une procuration.
L’ouverture d’un compte bancaire en Espagne est fortement conseillée pour payer les charges, la taxe foncière et les factures d’énergie, ainsi que pour recevoir les loyers. Les banques exigent des justificatifs sur l’origine des fonds dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent.
La procédure d’achat suit les grandes étapes habituelles : offre, éventuel contrat de réservation, contrat d’arrhes ou de promesse privé (souvent avec un dépôt de 10 %), due diligence juridique et urbanistique menée par un avocat, puis signature de l’acte authentique (escritura) devant notaire, avec paiement du solde par virement ou chèque de banque. L’acte est ensuite inscrit au registre foncier.
Fiscalité de l’investissement : loyers, plus-values, taxes locales
Investir dans l’immobilier à A Coruña signifie devenir contribuable espagnol sur les revenus générés par ce bien, même en restant résident fiscal à l’étranger. La fiscalité dépend du statut (résident ou non‑résident) et du type de revenus (loyers, plus‑values, patrimoine).
Impôts sur les loyers
Un non‑résident propriétaire qui loue son bien à A Coruña est imposé au titre de l’IRNR (impôt sur le revenu des non‑résidents), en utilisant le formulaire 210.
Le taux d’imposition sur les revenus locatifs en Espagne dépend de la résidence du propriétaire. S’il réside dans l’UE ou l’EEE, il paie 19 % sur son revenu net, après déduction des charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux d’entretien, charges de copropriété, IBI, assurance, frais de gestion, etc.). S’il réside hors UE/EEE, il est soumis à un taux de 24 %. Historiquement, ce taux s’appliquait sur le loyer brut sans permettre de déduire les charges, mais une décision de justice récente a jugé cette différence contraire aux principes européens de libre circulation des capitaux. La question est en cours de clarification, mais la tendance va vers un alignement progressif des règles de déductibilité.
Les locations de longue durée (résidence principale du locataire) bénéficient d’un traitement favorable pour les résidents espagnols, avec une réduction de 60 % sur le revenu net imposable. Cette réduction ne s’applique pas aux locations de vacances, ni aux locations à des entreprises.
Plus‑values et patrimoine
En cas de revente, un non‑résident acquitte 19 % d’impôt sur la plus‑value, calculée comme la différence entre prix de vente et prix d’acquisition (majoré de certains frais). La loi prévoit une retenue de 3 % sur le prix de vente, versée au Trésor comme acompte.
Les non-résidents sont imposés uniquement sur leurs biens situés en Espagne, avec un abattement de 700 000 €. Le barème d’imposition varie approximativement de 0,2 % à 3,75 %. Une surtaxe de solidarité supplémentaire s’applique au-delà d’un patrimoine net de 3 millions d’euros.
Taxes locales et imposition des logements inoccupés
Tous les propriétaires paient annuellement l’IBI (taxe foncière), calculée sur la valeur cadastrale, avec un taux compris en général entre 0,4 et 1,1 % pour les biens urbains. Les communes perçoivent également, lors de la revente, une taxe sur l’augmentation de la valeur du terrain (IIVTNU).
Les logements non loués, utilisés comme résidence secondaire, sont soumis à une imposition sur un revenu « fictif » (renta imputada), correspondant à 1,1–2 % de la valeur cadastrale, imposé à 19 ou 24 % selon le statut du propriétaire.
Enfin, les locations de courte durée peuvent, si elles s’apparentent à une prestation para‑hôtelière (ménage, petits‑déjeuners, services assimilables), être soumises à la TVA à 10 % sur les loyers encaissés.
Projets urbains et politiques de logement : ce qui va compter pour la valeur
Investir à A Coruña, c’est aussi se positionner sur une ville en pleine mutation. Plusieurs grands projets et politiques publiques vont influencer la localisation des meilleures opportunités.
Transformation de la façade maritime : un projet structurant
Le projet « Coruña Marítima » prévoit la reconversion de plus de 800 000 m² de terrains portuaires, en impliquant six administrations (Ville, Xunta, Autorité portuaire, ministère des Transports, Puertos del Estado, ADIF). Un concours international d’urbanisme, doté de 3,3 millions d’euros, doit choisir une vision globale en 2025–2026, avec cinq finalistes retenus.
Sur les quais de Batería et Calvo Sotelo, un bâtiment emblématique est envisagé, tandis que le quai de San Diego accueillerait des logements, des espaces polyvalents, des commerces et des activités d’innovation. La priorité est donnée aux espaces publics, à la durabilité et à l’efficacité énergétique, avec des projets comme la renaturation de l’embouchure de la rivière Monelos.
Pour un investisseur, ce type de transformation a deux effets principaux : une revalorisation progressive des quartiers riverains, notamment dans les secteurs proches du centre historique et de la Marina, et un potentiel de plus-value pour les biens situés à proximité des futures promenades, espaces verts et pôles culturels.
Offensive publique sur le logement accessible
La Xunta de Galicia a lancé un programme massif pour doubler le parc de logements publics dans la communauté d’ici 2028, avec un objectif de 8 000 unités, puis 10 000 en 2030. Sur A Coruña, plus de 1 000 logements de promotion publique sont déjà en chantier ou en projet, notamment à Xuxán et Elviña, souvent destinés aux jeunes (co‑logements, appartements abordables).
En parallèle, plus de 5 000 nouvelles constructions sont planifiées à A Coruña d’ici la fin de la décennie, dont environ 4 300 sur des terrains de Monte Mero en grande partie réservés à du logement protégé. Des aides spécifiques sont mises en place pour les promoteurs et coopératives, avec plusieurs centaines de logements subventionnés en cours ou à venir.
Cette montée en puissance du logement protégé aura deux conséquences majeures : elle pourrait contenir, à moyen terme, la flambée des loyers pour certains segments de la population, tout en réduisant une partie de la pression sur le parc privé. Mais à court terme, la tension reste forte, notamment dans les quartiers où l’offre neuve mettra des années à se matérialiser.
Vers une « zone tendue » et plus de contrôle sur les locations
La mairie d’A Coruña souhaite faire classer la ville en « zona tensionada », ce qui ouvrirait la voie à diverses mesures de régulation des loyers et à un contrôle plus strict de l’affectation des biens (résidentiel vs touristique). Une ordonnance spécifique doit encadrer davantage les appartements touristiques.
Dans ce contexte, investir devient un exercice de ciblage fin :
– privilégier les secteurs où la demande structurelle (emplois, université, transports, services) est peu contestable ;
– éviter de baser la totalité de la rentabilité sur des loyers sans cesse plus élevés dans un marché socialement sensible ;
– suivre de près l’évolution réglementaire pour adapter, le cas échéant, la stratégie (passage de la courte à la moyenne durée, ou à la longue durée).
Conclusion : un marché porteur, à condition de bien choisir sa stratégie
Investir dans l’immobilier à A Coruña aujourd’hui, c’est entrer sur un marché en pleine phase haussière, porté par une forte demande résidentielle, une offre limitée, une attractivité croissante pour les étudiants, les télétravailleurs et les touristes, le tout dans une région encore moins chère que les grandes métropoles espagnoles.
La ville offre un profil sécurisant avec une vacance faible, des rendements bruts de 4 à 6% pour des biens bien positionnés et des plus-values déjà observées. La province présente des niches à rendement plus élevé, dépassant souvent 7%, mais exige une gestion plus pointue et comporte des risques accrus.
Pour tirer le meilleur parti de ce marché, trois grands axes de réflexion s’imposent :
Pour optimiser un investissement locatif, trois axes sont essentiels. Premièrement, il faut choisir le bon couple quartier/typologie : privilégier les studios et T1 dans les quartiers urbains dynamiques, les T3 et T4 dans les communes de province à forte rentabilité, les logements familiaux dans les quartiers de bord de mer ou résidentiels, et les biens patrimoniaux dans les centres historiques ou sur les futures façades maritimes. Deuxièmement, il faut exploiter intelligemment la rénovation : profiter des décotes sur l’ancien, maîtriser les coûts de travaux, et viser un haut standard énergétique pour se démarquer. Troisièmement, il est crucial d’anticiper la réglementation et la fiscalité : sécuriser les autorisations pour la location courte durée, structurer l’investissement en tenant compte des impôts sur les loyers, les plus-values et la fortune, et intégrer dans les calculs les éventuels plafonnements de loyers.
A Coruña n’est ni une Eldorado spéculative, ni un marché à fuir. C’est un terrain d’investissement exigeant, qui récompense la préparation, la sélection et la patience. Bien maîtrisé, il peut offrir, pour un capital correctement dimensionné, un équilibre rare entre rendement, perspective de valorisation et qualité de vie – ce qui, pour un investisseur long terme, reste une combinaison difficile à battre.
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