Las Palmas de Gran Canaria attire de plus en plus d’investisseurs européens à la recherche de soleil, de stabilité locative et de rendements supérieurs à ceux des grandes capitales. Mais derrière l’image de carte postale, le marché est devenu technique : écarts de prix considérables selon les quartiers, nouvelles lois très restrictives sur la location touristique, coûts de détention parfois sous-estimés.
Pour évaluer un investissement immobilier à Las Palmas de Gran Canaria, il est essentiel de s’appuyer sur les dernières données chiffrées et les études des principaux portails comme Idealista, ainsi que sur les statistiques régionales et les rapports d’experts. Ces sources permettent d’obtenir une vision précise et actualisée du marché.
Un marché en forte hausse, mais encore compétitif
Le marché local n’est plus « bon marché » au sens strict, mais il reste attractif au regard d’autres villes espagnoles ou européennes.
À l’échelle de la ville, le prix moyen d’un bien tourne autour de 250 000 €, pour un loyer moyen de 1 060 € par mois. Rapporté au mètre carré, les données agrégées indiquent un prix de l’ordre de 2 600 €/m² pour l’ensemble de la commune, avec des moyennes plus fines autour de 2 210 €/m² pour les maisons et près de 2 950 €/m² pour les appartements.
L’évolution récente montre un marché clairement haussier, surtout pour les appartements :
| Année | Prix moyen maisons (€/m²) | Variation annuelle | Prix moyen appartements (€/m²) | Variation annuelle |
|---|---|---|---|---|
| 2022 | 1 585,89 | — | 2 179,68 | — |
| 2023 | 1 712,94 | +8,01 % | 2 359,48 | +8,25 % |
| 2024 | 1 791,69 | +4,60 % | 2 586,26 | +9,61 % |
| 2025 | 2 012,11 | +12,30 % | 2 850,66 | +10,22 % |
| 2026 | 2 210,18 | +9,84 % | 2 949,13 | +3,45 % |
La dynamique est nette : sur quatre ans, les appartements ont pris environ 35 % à 40 % en valeur, ce qui place la ville parmi les marchés les plus dynamiques d’Espagne. Pourtant, à l’échelle régionale, la province de Las Palmas reste moins chère que Santa Cruz de Tenerife : environ 2 820 €/m² contre 3 798 €/m² fin 2025.
Les loyers ont connu une hausse continue, bien que cette tendance montre actuellement des signes de stabilisation.
| Période (Las Palmas de Gran Canaria) | Loyer demandé (€/m²/mois) | Variation depuis mars 2025 |
|---|---|---|
| Avril 2024 (plus bas sur 2 ans) | 12,39 | — |
| Mars 2025 | ≈13,58 | — |
| Octobre 2025 (pic sur 2 ans) | 14,88 | +9,6 % environ |
| Janvier 2026 | 14,70 | +8,25 % |
On se situe donc, en 2026, autour de 14,7 €/m² pour les locations dans la commune, avec des niveaux supérieurs pour les appartements (près de 14,8 €/m²) et un peu inférieurs pour les maisons (10,71 €/m²).
Des rendements locatifs nettement au‑dessus des grandes capitales
L’un des principaux attraits de Las Palmas réside dans ses rendements locatifs. Sur le plan national, Idealista classe la ville parmi les toutes meilleures capitales provinciales espagnoles en matière de rentabilité.
Un taux brut moyen plutôt généreux
Les chiffres les plus récents convergent autour des ordres de grandeur suivants :
– rendement locatif brut moyen de la ville : environ 5,74 %
– seconde meilleure rentabilité d’Espagne pour une capitale provinciale, avec 6 % de rendement moyen selon une autre étude
– à l’échelle des Canaries, rendement brut moyen autour de 5,8 %, contre 4 % à 5 % pour de nombreuses zones côtières de la péninsule
Le rendement locatif brut à Las Palmas surpasse celui de grandes métropoles comme Madrid, qui atteint environ 4,1 %.
Écart ville-centre / périphérie : la surprise
Une des spécificités locales est l’importante différence de rendement entre le centre et les zones plus périphériques. Les données moyennes montrent :
| Zone | Ratio prix/loyer (années) | Rendement locatif brut |
|---|---|---|
| Centre-ville | 14,77 | 6,77 % |
| Hors centre | 10,63 | 9,41 % |
| Moyenne globale (toute ville) | 19,7 | 5,74 % |
Un ratio prix/loyer plus faible hors centre traduit des prix d’achat moins élevés, pour des loyers qui restent soutenus par la demande locale. Résultat : des taux bruts proches de 9 % à 9,5 % dans certains secteurs, contre environ 6,7 % au centre.
Dans les faits, les rendements par quartier s’échelonnent, en 2025, de 4,2 % pour les zones les moins rentables à plus de 9,4 % pour les secteurs les plus performants. Certaines niches atteignent même des niveaux autour de 13,9 % sur des biens très ciblés.
Comprendre les rendements par type de logement
Au‑delà du quartier, la taille du logement et sa typologie pèsent lourdement sur la rentabilité. Les études croisées montrent des profils assez constants.
Studios et petites surfaces : champions du brut
De manière générale aux Canaries, les surfaces comprises entre 35 m² et 70 m² offrent le meilleur ratio loyer/prix. À Las Palmas, ces biens peuvent générer de 6 % à 7 % de rendement brut, avec des loyers situés dans une fourchette de 15 € à 18 €/m².
Pour la ville, plusieurs jeux de données détaillent la performance par type d’appartement.
| Type de bien | Prix moyen (€) | Loyer moyen (€/mois) | Rendement brut |
|---|---|---|---|
| Studio | 172 000 | 830 | 5,77 % |
| 1 chambre | 207 750 | 900 | 5,20 % |
| 2 chambres | 234 450 | 1 200 | 6,14 % |
| 3 chambres | 268 000 | 1 350 | 6,04 % |
| 4+ chambres | 355 000 | 1 500 | 5,07 % |
Un second jeu de chiffres, basé sur d’autres annonces, confirme les mêmes ordres de grandeur, avec parfois des rendements bruts un peu supérieurs pour les petites unités :
| Type de bien | Prix moyen (€) | Loyer moyen (€/mois) | Rendement brut |
|---|---|---|---|
| Studio | 155 000 | 860 | 6,66 % |
| 1 chambre | 200 650 | 950 | 5,68 % |
| 2 chambres | 245 000 | 1 170 | 5,72 % |
| 3 chambres | 255 000 | 1 300 | 6,12 % |
| 4+ chambres | 350 000 | 1 400 | 4,80 % |
On voit se dessiner plusieurs tendances :
Les studios et T1 offrent fréquemment les rendements bruts les plus élevés, entre 6 % et 7,5 %. Les T2 et T3 combinent un bon rendement avec une meilleure stabilité locative, attirant souvent des familles ou des actifs installés. Au-delà de trois chambres, la rentabilité tend à baisser (entre 5 % et 5,5 %), car la hausse des prix d’achat dépasse généralement celle des loyers.
Sur certains micro‑marchés, notamment pour des T3 dans des zones ciblées, les rendements peuvent monter jusqu’à 7,5 %.
Rentabilité brute, nette, cash‑flow : ce que disent les chiffres
La rentabilité brute n’est qu’un premier indicateur. Pour se faire une idée réaliste de la performance de son investissement, il faut tenir compte des charges, de la fiscalité locale et du financement.
Exemple concret sur un 60 m²
Les données agrégées pour un appartement standard de 60 m² à Las Palmas illustrent bien cette différence.
– prix d’achat moyen : 180 801 € (≈3 013 €/m²)
– loyer moyen : 947 €/mois (≈16 €/m²)
Sur cette base, le rendement brut est calculé à 6,29 %. Mais une fois intégrées les charges de copropriété, la taxe foncière (IBI), une provision pour vacance locative et les frais de gestion, la rentabilité nette tombe à 4,37 %.
Un scénario type illustre ce risque : le cash-flow peut devenir négatif lorsque l’opération est fortement financée, par exemple par un endettement important ou des investissements initiaux élevés, réduisant ainsi la trésorerie disponible malgré une rentabilité potentielle future.
– loyer mensuel encaissé : 900 €
– mensualité de crédit : 716 €
– charges d’exploitation (NOI) : 241 €
– cash‑flow mensuel : –57 €
Dans cet exemple, la rentabilité cash‑on‑cash (rendement sur les fonds propres réellement investis) ressort à –1,88 %. Autrement dit, un investisseur très endetté peut se retrouver à devoir remettre un peu d’argent chaque mois, même si son rendement brut paraît séduisant.
Du brut au net : où passent les points de rendement ?
Les données régionales indiquent qu’en moyenne, l’écart entre rendement brut et rendement net aux Canaries tourne autour de 1,8 point de pourcentage. Les principaux postes qui grignotent le rendement sont :
Pour un investissement locatif durable, prévoyez plusieurs dépenses annuelles : la taxe foncière municipale (IBI), environ 0,62 % de la valeur cadastrale à Las Palmas ; les charges de copropriété, souvent élevées dans les résidences avec équipements comme un ascenseur, une piscine ou un parking ; une provision pour vacance locative, estimée entre 2 et 4 semaines par an (soit un tampon d’environ 5 % des revenus) ; et enfin, les frais de gestion locative, généralement compris entre 8 % et 12 % du loyer mensuel, auxquels s’ajoute souvent l’équivalent d’un mois de loyer pour la mise en location initiale.
Au final, la plupart des biens d’investissement standard à Las Palmas délivrent 3 % à 5 % de rentabilité nette, ce qui reste compétitif, mais très en‑deçà des rendements bruts mis en avant dans certaines annonces.
Quartiers : où se trouvent les vraies bonnes affaires ?
Las Palmas de Gran Canaria est un marché très segmenté. Les écarts de prix au mètre carré et de rendement entre quartiers sont parfois vertigineux. Connaître la géographie de la ville est crucial pour éviter de payer une belle adresse au prix d’un mauvais investissement.
Vue d’ensemble des grands secteurs
Plusieurs grands ensembles structurent le marché :
– la façade nord‑ouest autour de Las Canteras (Isleta – Puerto – Guanarteme)
– le centre et les quartiers commerciaux (Centro, Mesa y López, Alcaravaneras, Ciudad Jardín)
– la vieille ville (Vegueta – Triana)
– les grands ensembles résidentiels en altitude (Ciudad Alta, Siete Palmas, La Minilla, Tamaraceite – San Lorenzo – Tenoya)
– les quartiers plus périphériques et populaires (Carretera del Centro – Cono Sur, La Isleta « profonde », etc.)
Les données de prix moyens par district illustrent bien ces contrastes.
| District / zone | Prix moyen (€/m²) | Valeur moyenne du bien (€) |
|---|---|---|
| Isleta – Puerto – Guanarteme | 4 187 | 372 245 |
| Puerto – Canteras (sous‑zone) | 3 680 – 3 874 | — |
| Centro | 2 903 – 2 910 | 333 409 |
| Ciudad Alta | 2 157 – 2 506 | 234 318 |
| Vegueta – Cono Sur – Tafira | 1 832 – 1 866 | 187 610 |
| Tamaraceite – San Lorenzo – Tenoya | 1 674 – 1 803 | 180 116 |
| Carretera del Centro – Cono Sur | ≈1 505 | — |
| La Isleta (données spécifiques) | 2 992 – 3 886 | — |
Les zones de front de mer comme Puerto–Canteras ou Isleta–Puerto–Guanarteme concentrent les prix les plus élevés, tandis que des quartiers plus populaires comme Carretera del Centro – Cono Sur ou Tamaraceite restent beaucoup plus abordables.
Haut rendement vs faible rendement : le paradoxe côtier
À l’échelle de l’archipel, les quartiers qui offrent les meilleurs rendements ne sont pas les plus touristiques. On observe la même chose à Las Palmas.
Dans les secteurs très touristiques comme Puerto–Canteras, les rendements locatifs à long terme sont généralement modestes, entre 3,5 % et 4,5 %. Cela s’explique par des prix d’achat élevés, tirés par la demande de résidences secondaires et d’acheteurs recherchant un style de vie, tandis que les loyers à long terme, indexés sur les revenus locaux, ne suivent pas cette hausse.
À l’inverse, certains quartiers à dominante résidentielle, un peu en retrait de la plage, atteignent des rendements bruts compris entre 6,5 % et 8 %. C’est le cas, notamment, de Carretera del Centro ou de Ciudad Alta, cités parmi les secteurs les plus rentables de Las Palmas. Ces zones restent populaires auprès des classes moyennes locales, avec une demande locative soutenue et des prix d’achat encore raisonnables.
Gentrification et effets de levier
Deux ensembles se distinguent par un phénomène de gentrification assez marqué : Carretera del Centro – Cono Sur et Vegueta – Triana. L’arrivée de cafés spécialisés, d’espaces de coworking, la rénovation du bâti ancien et l’installation de jeunes actifs et de télétravailleurs ont entraîné une hausse des prix estimée entre 15 % et 25 % en deux à trois ans.
Pour un investisseur, cela signifie deux choses :
– un potentiel de plus‑value intéressant si la dynamique se poursuit
– un risque d’entrer sur le marché après une forte phase de hausse, ce qui compresse les rendements
La vieille ville (Vegueta – Triana) reste par ailleurs une valeur sûre en termes de tenue des prix, avec une demande stable pour les logements de caractère, bien desservis et proches des services.
Quartiers de plage : fort attrait, rentabilité plus nuancée
Las Canteras, Santa Catalina, Guanarteme, La Isleta côté mer… ces noms résument souvent à eux seuls l’image de Las Palmas à l’étranger. Sur le plan immobilier, ces zones cumulent plusieurs atouts :
– demande locative constante, tant en long terme qu’en moyen terme
– forte attractivité pour les expatriés, les nomades digitaux, les retraités internationaux
– capacité à mieux résister aux cycles baissiers grâce à leur localisation premium
Les rendements bruts en location longue durée y sont toutefois souvent inférieurs à ceux des quartiers plus intérieurs. Pour un investisseur, le choix se fait donc entre une meilleure sécurité patrimoniale et une rentabilité immédiate plus modeste.
Location longue durée ou touristique ? Le point sur une réglementation devenue très stricte
Investir à Las Palmas de Gran Canaria suppose désormais de prendre très au sérieux le cadre réglementaire de la location touristique, profondément remanié par la loi 6/2025 sur l’usage touristique durable du logement.
Un cadre régional durci
Cette loi, entrée en vigueur fin 2025, a pour objectif affiché de contenir la pression des locations de courte durée sur le marché résidentiel. Elle ne supprime pas la location touristique, mais la conditionne à de nombreuses restrictions.
Parmi les points clefs qui concernent directement un investisseur :
Un moratoire de 5 ans sur les nouveaux permis est instauré jusqu’à ce que les municipalités définissent leurs zones autorisées. Le nombre de logements touristiques est plafonné à 10% par commune (20% dans certaines zones spécifiques). L’usage touristique est interdit dans les zones tendues, les logements sociaux et les espaces naturels protégés. Les copropriétés doivent approuver cette activité à une majorité qualifiée de 60%. Les licences, limitées à 5 ou 10 ans, sont soumises à renouvellement et à des exigences techniques strictes (surface, performance énergétique, etc.).
Sur le plan pratique, las Palmas de Gran Canaria ayant déclaré des zones « stressées » en matière de logement, les possibilités d’ouvrir de nouvelles locations de courte durée s’y trouvent sérieusement réduites.
Conséquences pour une stratégie d’investissement
Pour un investisseur qui arrive sur le marché aujourd’hui, miser sur un modèle 100 % location touristique à Las Palmas de Gran Canaria revient à jouer à quitte ou double avec la réglementation :
Les principales contraintes réglementaires qui peuvent affecter la viabilité et la pérennité d’un investissement en location saisonnière.
En l’absence de licence existante, il est souvent impossible d’en obtenir de nouvelles à court terme, limitant les opportunités d’investissement.
Les licences existantes ont une durée de validité et leur renouvellement, à l’expiration, s’effectue dans un cadre plus incertain.
De nombreux immeubles peuvent, par vote de la communauté des copropriétaires, interdire purement et simplement l’activité de location touristique.
En revanche, la pression sur les locations de courte durée a un effet collatéral : elle renforce la demande sur le segment de la location longue durée. Les chiffres locaux montrent déjà une hausse des loyers au mètre carré, couplée à des taux de vacance très bas.
Dans ce contexte, une stratégie basée sur la location longue durée (ou au mieux sur du moyen terme type colocation professionnelle ou location meublée pour des séjours de plusieurs mois) paraît nettement plus sécurisée à moyen et long termes.
Profil de la demande locative à Las Palmas de Gran Canaria
La solidité d’un marché locatif repose avant tout sur la profondeur de sa demande. À Las Palmas, plusieurs segments de population contribuent à maintenir une vacance faible et des loyers dynamiques.
On retrouve d’abord la demande locale, portée par les actifs du tertiaire (services, commerce, administration, logistique liée au port, etc.), dans une économie régionale plutôt robuste. Les prévisions de croissance du PIB des Canaries oscillent autour de 3 % à 3,5 % pour 2024‑2025, avec un ralentissement ensuite, mais un niveau toujours proche ou légèrement supérieur à la moyenne espagnole.
Les étudiants de l’université locale (ULPGC) génèrent une demande soutenue pour les petits logements et les colocations, particulièrement dans les quartiers bénéficiant d’une bonne desserte en transports.
À cela s’ajoute une population de plus en plus visible de travailleurs à distance et de nomades digitaux, séduits par le climat, la connexion aérienne avec l’Europe et un coût de la vie resté inférieur à celui de nombreuses capitales nord‑européennes. Cette population est particulièrement présente près de Las Canteras, de Guanarteme et de Vegueta‑Triana, et recherche des appartements meublés, bien équipés, souvent loués en meublé longue ou moyenne durée.
Enfin, toute la chaîne d’emplois liée au tourisme (hôtellerie, restauration, services) contribue à une demande locative stable, notamment dans les quartiers plus populaires et dans les secteurs offrant un accès correct aux principaux axes.
Financement, fiscalité et coût réel d’un investissement
Investir en tant qu’étranger en Espagne, et plus spécifiquement aux Canaries, suppose de maîtriser quelques paramètres financiers et fiscaux clés.
Hypothèques pour non‑résidents : des conditions plus strictes
Les banques espagnoles prêtent volontiers aux non‑résidents, mais avec des exigences plus élevées qu’aux résidents :
Pourcentage minimum d’apport personnel généralement requis pour un non-résident achetant un bien immobilier en France.
Un calcul type pour un 80 m², financé sur 30 ans, donne une mensualité indicative autour de 678 € par mois – mais cette projection est à prendre avec prudence, de nombreux établissements limitant les durées à 20‑25 ans pour les non‑résidents.
Coûts d’acquisition et de détention
En Espagne, l’achat d’un bien entraîne des frais significatifs. Pour un bien ancien (revente), l’impôt de transmission (ITP) représente généralement la plus grosse part, avec un taux régional qui, aux Canaries, se situe autour de 6,5 % pour les biens résidentiels. S’y ajoutent les frais de notaire, le registre foncier, l’éventuelle commission d’avocat, ce qui porte couramment les coûts totaux à 9 %‑12 % du prix d’achat.
Pendant la détention du bien, il faut compter les charges et dépenses courantes telles que les taxes foncières, les primes d’assurance, les frais de copropriété, les coûts d’entretien et de réparation, ainsi que les éventuels frais de gestion locative si le bien est loué.
– la taxe foncière municipale (IBI), souvent comprise entre 400 € et 800 € par an pour un appartement standard, avec un taux autour de 0,62 % à Las Palmas
– les charges de copropriété, variables mais plus élevées dans les immeubles avec services (piscine, salle de sport, jardin, parking)
– l’assurance, l’entretien courant, d’éventuels travaux réguliers
– la fiscalité sur les loyers : impôt sur le revenu des non‑résidents, avec des taux de 19 % pour les ressortissants UE/EEE et 24 % pour les autres sur le revenu net
Ces postes expliquent pourquoi un rendement brut de 6 % à 7 % se traduit souvent par une rentabilité nette réelle autour de 4 %.
Immobilier neuf, projets urbains et potentiel de valorisation
Las Palmas est au cœur d’une vague d’investissements publics et privés qui pourraient soutenir, voire renforcer, la valorisation à long terme des biens bien situés.
Projets résidentiels structurants
Plusieurs programmes neufs de taille significative témoignent de la confiance des promoteurs dans le marché local. À Tamaraceite et Siete Palmas, par exemple, de grands ensembles modernes (Residencial Tamadaba II, Los Alisios II, Calma, Alaire, etc.) offrent un parc de logements récents, souvent avec piscine, parking, terrasses et espaces communs qualitatifs.
Le surcoût moyen d’un bien neuf par rapport à un bien ancien équivalent, en pourcentage.
Des opérations plus haut de gamme, en front de mer autour de Las Canteras (Edificio Capital, La Fábrica de Hielo, Habitat Abisal, La Caleta…) ciblent clairement une clientèle internationale prête à payer cher la vue et la localisation. Dans ces segments, la rentabilité locative longue durée se comprime, mais le potentiel de valorisation et la liquidité à la revente sont souvent meilleurs.
Infrastructures et mobilité : des effets de second ordre sur les prix
Au‑delà du résidentiel, plusieurs grands projets d’infrastructures concernent directement la ville :
Un plan d’investissement massif pour moderniser et développer les infrastructures portuaires et de transport de la ville.
Plan d’investissement de près de 387 M€ incluant la nouvelle darse de La Esfinge et l’extension du quai Reina Sofía.
Création de terminaux à Santa Catalina dans le cadre d’une enveloppe de 40 M€ répartie sur plusieurs îles.
Projet de bus à haut niveau de service sur un tracé d’environ 11 km pour fluidifier la circulation nord-sud et desservir des quartiers comme Mesa y López et Ciudad Alta.
Ces investissements en logistique, transport et tourisme renforcent l’attractivité de la ville comme hub régional. Les études estiment qu’une amélioration des connexions, notamment aériennes et portuaires, peut se traduire par des hausses de valeur de l’ordre de 3 % à 7 % dans les zones directement impactées au cours des cinq prochaines années.
Pour un investisseur, suivre ces projets et cibler les corridors bien desservis (ou en passe de l’être) peut générer un supplément de valorisation par rapport au reste du marché.
Quel profil d’investissement pour Las Palmas de Gran Canaria ?
En combinant toutes ces données, plusieurs profils se dégagent.
Un investisseur à la recherche de rendement maximal, prêt à accepter davantage de complexité de gestion, aura intérêt à se tourner vers des appartements de petite à moyenne taille (35 à 70 m²) dans des quartiers à forte demande locale et à prix d’achat raisonnable, comme Ciudad Alta, Carretera del Centro – Cono Sur, certains secteurs de Tamaraceite ou de Vegueta‑Cono Sur – Tafira. Il pourra viser des rendements bruts autour de 6,5 % à 8 %, en gardant à l’esprit que le net sera plus proche de 4 %‑5 %.
Un investisseur patrimonial, attaché à la liquidité à la revente et à la stabilité des prix même en période de marché difficile, aura intérêt à se tourner vers les fronts de mer (comme Las Canteras, Puerto–Canteras ou La Isleta côté plage) et les quartiers centraux bien implantés (tels que Vegueta‑Triana, Ciudad Jardín et Mesa y López). Dans ces secteurs, les rendements locatifs bruts à long terme sont généralement plus modestes, entre 3,5 % et 5,5 %, mais l’actif bénéficie d’une demande internationale solide et soutenue sur le long terme, offrant ainsi une plus grande sécurité de placement.
Enfin, un profil « hybride », cherchant un compromis entre revenu et valorisation, pourra viser des secteurs en gentrification comme Carretera del Centro – Cono Sur ou Vegueta – Triana, ou des quartiers intermédiaires comme Alcaravaneras ou Mesa y López. Ces secteurs combinent :
– prix encore raisonnables par rapport au front de mer
– rendements corrects en location longue durée
– potentiel de plus‑value lié à la montée en gamme de l’offre commerciale, culturelle et des services
Dans tous les cas, la prudence impose de fonder son business plan sur la location longue durée ou moyenne durée, et non sur un pari spéculatif de type « Airbnb », compte tenu des nouvelles lois restrictives et de l’incertitude réglementaire à moyen terme.
En résumé : un marché porteur mais exigeant
Investir dans l’immobilier à Las Palmas de Gran Canaria n’a plus rien du secret confidentiel d’il y a dix ans. Les prix ont sensiblement monté, la concurrence s’est accrue et le cadre juridique, notamment autour de la location touristique, s’est largement durci.
Pourtant, les fondamentaux restent solides : rendements locatifs nettement supérieurs à ceux de la plupart des grandes capitales européennes, marché locatif profond et diversifié, perspectives de croissance encore favorables à moyen terme et investissements publics conséquents dans les infrastructures.
Pour transformer ces atouts en investissement réussi, il est indispensable de :
Pour un investissement locatif performant, il est crucial de sélectionner avec précision le quartier et la taille du bien. Les projections doivent reposer sur des rendements bruts réalistes, compris entre 5,5 % et 6,5 % pour un bon bien, et pouvant atteindre environ 7 % pour un actif très performant. Il est impératif d’intégrer systématiquement toutes les charges, la fiscalité et les conditions de financement dans le calcul. Enfin, privilégiez une stratégie de location longue durée en veillant au strict respect des règles locales en vigueur.
À ces conditions, Las Palmas de Gran Canaria peut encore offrir une combinaison rare : un rendement locatif solide, une dynamique de valorisation soutenue et un cadre de vie qui attire durablement locataires et acheteurs internationaux.
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