Investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife : mode d’emploi pour un marché en ébullition

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Santa Cruz de Tenerife est souvent éclipsée, dans les conversations immobilières, par les stars du sud de l’île comme Costa Adeje ou Playa de las Américas. Pourtant, la capitale de Tenerife concentre aujourd’hui une bonne partie des projets urbains, des hausses de prix… et des meilleures rentabilités locatives de l’archipel. Pour un investisseur, c’est un marché à la fois porteur, complexe et très politique, où l’on ne peut plus se permettre l’amateurisme.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète, chiffrée et pratique pour investir dans l’immobilier de cette ville. Il aborde les raisons d’investir, les quartiers à cibler, les rendements à viser et les risques à anticiper.

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Un marché capital : pourquoi Santa Cruz de Tenerife attire les investisseurs

Santa Cruz de Tenerife n’est pas seulement la capitale administrative de Tenerife et de la province du même nom. C’est aussi un port stratégique, un pôle d’affaires, un centre culturel, et le cœur d’une aire métropolitaine de plus de 200 000 habitants avec la ville voisine de La Laguna.

Astuce :

La ville présente plusieurs avantages majeurs : un climat doux toute l’année, une excellente desserte aérienne et maritime avec l’Europe, une économie diversifiée (administration, services, logistique, culture) et un secteur touristique en forte croissance, porté notamment par les croisières. Ces atouts sont renforcés par un engagement municipal fort en faveur de la rénovation urbaine et du développement de nouvelles infrastructures.

Pour un investisseur, cela se traduit par un cocktail particulier : une demande locative soutenue, une hausse rapide des prix, des rendements encore supérieurs aux zones balnéaires ultra-touristiques… et un risque croissant de tensions sociales et réglementaires.

Des prix en forte hausse, mais encore en dessous des zones balnéaires

Les chiffres les plus récents confirment que Santa Cruz de Tenerife est engagée dans une phase de rattrapage rapide.

En janvier 2026, le prix moyen demandé pour un logement à la vente dans la municipalité atteignait 2 689 €/m². C’est une progression de plus de 16 % par rapport à mars 2025, et le point le plus haut observé sur les deux dernières années, après un creux autour de 1 971 €/m² au printemps 2024.

13,36

Le loyer moyen demandé en janvier 2026 s’élève à 13,36 €/m² par mois, en hausse de plus de 8 % en moins d’un an.

Comparée au reste de la province et de l’île, Santa Cruz reste cependant relativement abordable.

Santa Cruz vs sud touristique : le différentiel de prix

La province de Santa Cruz de Tenerife, qui englobe l’ensemble de Tenerife et d’autres îles, affichait un prix moyen d’environ 3 804 €/m² début 2026, quand la capitale se situait à 2 689 €/m². Les grandes communes touristiques du sud se paient bien plus cher.

Prix immobiliers en janvier 2026

Tableau comparatif synthétique des prix moyens de vente et de location dans quelques municipalités clés de la province.

Vente – Prix moyen

Prix moyens de vente pour les propriétés résidentielles dans les municipalités sélectionnées.

Location – Prix moyen

Prix moyens de location pour les logements dans les municipalités sélectionnées.

MunicipalitéPrix moyen vente (€/m²)Loyer moyen (€/m²/mois)
Santa Cruz de Tenerife2 68913,36
Adeje5 00420,58
Arona3 93321,08
San Cristóbal de La Laguna2 11212,12
Puerto de la Cruz3 32116,81
Agulo (minimum provincial)4835,97
Fasnia (loyers les plus bas)1,95

Pour un investisseur, ce différentiel est décisif : les stations balnéaires du sud offrent une demande touristique massive mais des rendements bruts plus faibles, typiquement entre 3,5 % et 4,5 % à Costa Adeje ou Los Cristianos. À Santa Cruz de Tenerife, les prix d’achat restent nettement inférieurs, tandis que les loyers de longue durée sont tirés vers le haut par la pénurie de logements et la concentration d’emplois.

Un marché locatif très rentable : les chiffres à connaître

Les études récentes convergent : investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife peut offrir des rendements bruts supérieurs à la moyenne espagnole et même à la moyenne des Canaries.

Les données spécifiques à la ville indiquent : les caractéristiques démographiques, les infrastructures, et les enjeux environnementaux.

rendement locatif moyen : autour de 6–6,8 % pour de l’investissement locatif classique (buy-to-let) ;

– retour sur investissement moyen (délai d’amortissement) : environ 19–20 ans ;

– prix moyen d’un bien : proche de 280 000 €, avec un loyer moyen mensuel autour de 1 200 €.

Sur la base des indices « prix/loyer » et « yield brut » au m², Santa Cruz se distingue aussi par des rendements particulièrement élevés hors hypercentre.

Centre vs périphérie : la mécanique des rendements

Un indicateur utile pour comparer les stratégies est le ratio prix/loyer (price-to-rent ratio) et le rendement brut en fonction de la localisation.

Les données agrégées pour Santa Cruz de Tenerife donnent les ordres de grandeur suivants :

IndicateurCentre-villeHors centre
Ratio prix/loyer (années)16,7211,59
Rendement locatif brut estimé5,98 %8,63 %
Prix d’achat moyen (€/m², ordre de grandeur)plus élevéplus faible

Autrement dit, le centre présente une plus grande sécurité de valeur patrimoniale, mais la périphérie immédiate – bien reliée en transports – délivre des rendements nettement supérieurs, parfois approchant 9 % brut. Pour un investisseur orienté cash-flow, un deux-pièces dans un quartier populaire bien connecté peut être plus intéressant qu’un appartement haut de gamme dans le Centro historique.

Rendement selon la taille du logement

La structure des rendements par typologie est également éclairante. Les petites surfaces tirent souvent mieux leur épingle du jeu que les grands appartements.

Les chiffres moyens par type d’appartement

Ce sont les données statistiques disponibles pour le marché immobilier de Santa Cruz de Tenerife.

Type d’appartementPrix moyen (€)Loyer mensuel moyen (€)Revenu annuel (€)Yield brut moyen
Studio212 00095011 4005,38 %
1 chambre190 0001 10013 2006,95 %
2 chambres250 0001 20014 4005,76 %
3 chambres255 0001 33016 0006,24 %
4 chambres et +393 5001 65019 8005,03 %

On voit que les meilleurs rendements moyens se situent sur les petites et moyennes surfaces : unités d’une chambre autour de 7 %, et appartements de trois chambres au-dessus de 6 %. Les grands logements, plus chers à l’achat, pêchent en rendement pur même s’ils peuvent offrir davantage de stabilité locative.

Sur l’ensemble des Canaries, la tendance est similaire : studios et T1 autour de 6–7 % brut, T2 vers 5,5–6,2 %, grands biens souvent en dessous de 5,5 %.

Les quartiers de Santa Cruz de Tenerife : où investir selon votre stratégie

La ville est loin d’être homogène. Les prix, les loyers et la tension locative varient sensiblement d’un district à l’autre. Comprendre cette géographie fine est crucial pour investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife de manière efficace.

Les données de janvier 2026 permettent de dresser une cartographie synthétique des principaux secteurs intra-muros :

District / zoneVente (€/m²)Loyer (€/m²/mois)Profil d’investissement
Centro-Ifara3 32113,74Centre haut de gamme, orientation patrimoniale, demande forte
Salud-La Salle2 77214,17Pôle locatif très tendu, rendements attractifs
Ofra-Costa Sur2 18912,31Résidentiel moyen, bons rapports loyers/prix
Área de Anaga2 11112,97Zones littorales, proximité nature (Anaga), potentiel mixte
Suroeste1 94810,53Prix bas, rentabilités élevées, pari sur l’urbanisation

Certaines micro-zones, comme Los Hoteles–Rambla–Duggi ou El Toscal, se démarquent également par des hausses de prix particulièrement rapides ces dernières années, signe d’un processus de gentrification en cours.

Centro et Centro-Ifara : cœur prestigieux, valeur patrimoniale

Le Centro historique et le secteur Centro-Ifara concentrent de nombreux immeubles bourgeois, commerces, cafés, bureaux et équipements culturels. On y trouve un mélange d’appartements modernes, de penthouses avec vues mer, et d’immeubles plus anciens, parfois classés.

Les prix y sont parmi les plus élevés de la ville, autour de 3 300 €/m², avec des loyers légèrement supérieurs à la moyenne municipale. On est clairement sur une stratégie de placement à long terme, visant la valorisation et la sécurité plutôt qu’un rendement maximal. C’est aussi un secteur prisé des cadres, expatriés et professions libérales.

La Salud – La Salle : championne de la demande locative

La zone Salud-La Salle est, selon les données, celle qui enregistre les loyers moyens les plus élevés de la municipalité (environ 14,17 €/m²), tout en restant moins chère à l’achat que Centro-Ifara. On y trouve une forte concentration de jeunes actifs, de familles, de services, et un accès aisé aux axes de transport.

Attention :

Le quartier de La Salle présente l’un des taux de vacance les plus bas de la ville et une demande locative soutenue, offrant aux investisseurs à long terme un ratio prix/loyer favorable, un risque réduit et un profil de locataires solvables.

Suroeste, Taco, La Cuesta, Tincer, La Gallega : l’axe rendement et croissance

Le grand district Suroeste de Santa Cruz, ainsi que le corridor Santa Cruz–La Laguna (Taco, La Cuesta), constituent le terrain de jeu privilégié pour ceux qui cherchent des rendements élevés à l’achat.

Dans Suroeste, les prix moyens de vente tournent autour de 1 948 €/m², soit nettement en dessous de la moyenne municipale, pour des loyers avoisinant 10,5 €/m². Le rendement brut y dépasse souvent 6,5 %, et peut monter jusqu’à 8 % dans certains secteurs de Taco ou La Cuesta, deux quartiers explicitement cités comme offrant les yields les plus élevés de l’axe Santa Cruz–La Laguna.

5 à 10

Hausse estimée des loyers après la mise en service des nouvelles infrastructures de transport public.

Quartiers historiques et de charme : El Toscal, Ensanche, Cabo Llanos

El Toscal incarne le tissu historique de Santa Cruz, avec ses rues étroites, ses maisons canariennes coloniales, ses cours intérieures, et ses façades colorées. La rénovation d’immeubles anciens y crée un segment de marché très spécifique, mêlant charme patrimonial et confort contemporain. Les prix y ont connu une forte croissance, mais restent parfois inférieurs aux zones « vitrine » type Los Hoteles–Rambla.

Au sud du centre, l’Ensanche et surtout Cabo Llanos concentrent les grandes opérations emblématiques : les Tours de Santa Cruz développées par Ferrovial Inmobiliaria (environ 300 logements, bureaux, parkings sur 34 étages), le Palmetum, le parc maritime, le palais des congrès, la nouvelle gare routière… et, à venir, un grand parc urbain de près de 3 852 m² autour de la rue Celia Cruz, financé à hauteur de 2,6 M€ par des fonds européens.

Là encore, on est sur un pari mixte : valorisation patrimoniale avec un nouveau front de mer modernisé, logements haut de gamme, et rendements plus modérés que dans les quartiers populaires.

Quel type de bien acheter à Santa Cruz de Tenerife ?

L’offre à Santa Cruz de Tenerife est variée, et ne se limite pas aux appartements de centre-ville. La ville et son aire métropolitaine proposent :

des appartements modernes en résidence avec piscine, salle de sport, rooftop, sécurité 24h/24 ;

– des studios et T1 dans des immeubles des années 70–90, souvent à rénover partiellement ;

des penthouses avec grandes terrasses et vue sur l’Atlantique ;

– des maisons canariennes historiques avec patios, balcons en bois, azulejos ;

– des villas plus contemporaines, parfois avec piscine et vue montagne/océan, dans des quartiers comme Las Mimosas ou à proximité d’El Rosario ;

– des locaux commerciaux, bureaux, immeubles mixtes, particulièrement autour du centre et des axes commerciaux.

Exemple :

Selon plusieurs sources, les prix indicatifs pour Santa Cruz de Tenerife se répartissent de la manière suivante :

petit appartement : à partir d’environ 180 000 € ;

T1 dans un quartier moyen : 140 000 à 200 000 € ;

T2 : 200 000 à 320 000 € ;

grands appartements, duplex, logements haut de gamme : au-delà de 400 000 €.

Les nouvelles promotions haut de gamme sur l’île (pas toujours à Santa Cruz même) affichent des prix bien plus élevés, jusqu’à plus de 1 M€ pour certains appartements de luxe de type ICONIC ou Aurum Golf Villas, et même jusqu’à 6,9 M€ pour les produits les plus exclusifs.

Pour un investisseur orienté rendement, les segments clés restent les appartements de 35 à 70 m² (studios, T1, petits T2), dans les quartiers bien connectés à l’emploi et aux transports. Ce sont eux qui offrent, en moyenne, les meilleurs couples loyer/prix.

Longue durée ou location touristique : quelle stratégie à Santa Cruz de Tenerife ?

Contrairement aux communes du sud littoral, Santa Cruz de Tenerife n’est pas d’abord une destination de vacances balnéaires. C’est une ville de résidents, de fonctionnaires, d’étudiants (via La Laguna), de travailleurs du port, de salariés du tourisme et des services. Cela donne un profil locatif différent : moins de pur saisonnier, davantage de contrats longue durée, de colocation étudiante, et de séjours de moyenne durée pour des télétravailleurs ou consultants.

La force du marché de longue durée

Plusieurs éléments plaident en faveur d’une stratégie centrée sur la location longue durée à Santa Cruz de Tenerife :

45

Pourcentage d’augmentation des loyers dans la ville depuis la crise de 2008, dépassant désormais 1 300 € par mois en moyenne.

Les rendements bruts pour la location longue durée à Santa Cruz de Tenerife se situent généralement entre 5,5 % et 7 % selon le quartier et le type de bien. À titre de comparaison, la moyenne des Canaries tourne autour de 5,8 % brut, et la moyenne espagnole aux environs de 5,4 %.

La tentation (risquée) du court séjour

La location touristique de type « vivienda vacacional » reste possible, mais elle est devenue un terrain miné sur le plan réglementaire. Les pouvoirs publics canariens et espagnols préparent une série de restrictions lourdes :

Attention :

La location de courte durée est soumise à plusieurs obligations : obtention d’un numéro d’enregistrement unique, détention d’une licence spécifique avec respect de normes de sécurité et d’habitabilité, et parfois approbation par un seuil de majorité (ex: 60%) en copropriété. Un projet de loi envisage d’interdire l’usage touristique des logements neufs pendant dix ans, tandis qu’un débat porte sur des limitations supplémentaires pour la propriété étrangère et une taxation différenciée pour les non-résidents.

À Santa Cruz comme ailleurs dans l’archipel, la montée en puissance d’Airbnb et des plateformes a contribué à aggraver la crise du logement, et les autorités sont sous forte pression sociale pour limiter ce phénomène. Dans certaines municipalités canariennes, plus de la moitié des logements résidentiels sont déjà utilisés à des fins touristiques, ce qui alimente un rejet croissant de la part des résidents.

En pratique, l’investisseur qui miserait aujourd’hui sur une stratégie 100 % tourisme à Santa Cruz de Tenerife s’expose à :

un risque réglementaire élevé (perte de licence, nouvelle interdiction, obligation de basculer en location longue) ;

– une complexité administrative accrue (enregistrement, contrôles, déclarations) ;

– des tensions avec le voisinage et les communautés de propriétaires.

Dans la capitale, le scénario le plus robuste reste donc la location de longue durée classique, éventuellement assortie de colocation ou de location de moyenne durée (3–11 mois) auprès d’étudiants ou de télétravailleurs, dans le respect de la législation.

Le cadre fiscal et juridique : ce que doit savoir un investisseur étranger

L’Espagne permet aux étrangers – européens ou non – d’acheter librement de l’immobilier, y compris à Santa Cruz de Tenerife. Mais l’opération est encadrée par une série de formalités fiscales et administratives qu’il est indispensable de maîtriser.

NIE, banque, notaire : le parcours standard

Toute acquisition commence par l’obtention du NIE (Número de Identificación de Extranjero), numéro d’identification fiscale obligatoire pour signer l’acte, payer les taxes, ouvrir un compte bancaire local, ou contracter un prêt. Il peut être demandé :

auprès d’un commissariat de police en Espagne ;

via un consulat espagnol à l’étranger ;

par l’intermédiaire d’un avocat ou représentant muni d’une procuration.

L’acheteur ouvre généralement un compte bancaire espagnol pour régler l’achat, les impôts locaux et les charges.

Le schéma classique d’achat comprend ensuite : les étapes clés du processus d’achat, la prise de décision, et l’évaluation des offres.

Exemple :

L’acquisition d’un bien immobilier en Espagne suit un processus structuré. Il débute généralement par la réservation du bien, impliquant le versement d’une somme, souvent de quelques milliers d’euros, pour le retirer du marché. Ensuite, les parties signent un avant-contrat, le « contrato de arras », accompagné du dépôt d’environ 10 % du prix de vente. L’étape décisive est la signature de l’acte authentique (Escritura Pública) devant notaire, où le solde du prix est payé et les clés sont remises. Enfin, l’achat doit être inscrit au Registre foncier (Registro de la Propiedad) pour être opposable aux tiers.

Un avocat indépendant – et non celui du vendeur ou de l’agence – est vivement recommandé pour vérifier la situation juridique du bien (propriété, hypothèques, dettes, conformité urbanistique, licences).

Coût réel d’un achat : au-delà du prix affiché

Investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife implique de compter sur 8 à 15 % supplémentaires au-dessus du prix net vendeur pour couvrir l’ensemble des frais :

taxe de transfert (ITP) de 6,5 % pour les biens anciens dans les Canaries ;

– TVA locale (IGIC) de 7 % sur le prix des biens neufs, plus environ 1 % de droits d’acte (AJD) ;

– frais de notaire : généralement entre 500 et 1 000 € ;

– frais de registre foncier : environ 400 à 800 € ;

– honoraires d’avocat : souvent 1–1,5 % du prix, ou forfait entre 1 000 et 2 000 € ;

– frais éventuels de montage de crédit : 1–2 % du montant emprunté.

Bon à savoir :

En plus du prix d’achat, les propriétaires doivent anticiper plusieurs dépenses régulières : la taxe foncière municipale (IBI, généralement entre 0,4 % et 1,1 % de la valeur cadastrale), les charges de copropriété (de 40 à 120 € par mois pour un appartement standard, plus élevées dans les résidences avec services), la taxe d’enlèvement des ordures (environ 10 € par mois), ainsi que les coûts d’assurance et d’entretien.

Fiscalité des loyers et des non-résidents

Un propriétaire non résident en Espagne est soumis à plusieurs obligations fiscales :

déclaration annuelle d’« impôt sur revenu fictif » (imputed income) même en l’absence de location, via le formulaire Modelo 210 ;

déclaration trimestrielle des revenus locatifs pour les biens loués, avec application de l’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR).

Les taux applicables sont :

19 % pour les résidents de l’UE/EEE ;

24 % pour les résidents de pays tiers (hors UE/EEE).

Les non-résidents européens peuvent déduire leurs charges réelles (intérêts d’emprunt, IBI, charges, travaux, assurance, gestion…) avant d’appliquer ce taux, ce qui ramène la fiscalité effective à des niveaux raisonnables.

Bon à savoir :

Une décision de justice de 2025 remet en cause l’interdiction traditionnelle pour les propriétaires non-européens de déduire leurs dépenses. Au nom de la non-discrimination et de la libre circulation des capitaux, cette jurisprudence, si elle se confirme, pourrait leur permettre d’imputer leurs frais et de réclamer des remboursements d’impôt sur plusieurs années rétroactives.

À la revente, la plus-value est taxée :

19 % pour les non-résidents UE/EEE ;

24 % pour les non-résidents hors UE/EEE.

Le notaire impose en outre au moment de la vente une retenue à la source de 3 % du prix en prévision de cette plus-value, que le vendeur devra ensuite régulariser (soit par un complément, soit par un remboursement).

Spécificités pour certains achats de terrain ou de biens ruraux

Pour les acheteurs britanniques ou d’autres pays non UE souhaitant acquérir du foncier non urbanisable (terrain dit « rustique ») présentant un intérêt stratégique, un « permis militaire » peut être exigé, avec délai d’instruction de plusieurs mois. Ce cas reste marginal pour l’investisseur classique en appartement ou immeuble urbain à Santa Cruz de Tenerife, mais doit être connu de ceux qui visent des projets sur du terrain rural ou côtier sensible.

Un marché sous pression : crise du logement et risques politiques

Investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife ne peut se résumer à une analyse de prix et de rendements. La dimension sociale et politique est centrale. L’île traverse une crise du logement aiguë, nourrie par plusieurs facteurs cumulatifs :

Attention :

Les îles subissent une explosion de la demande touristique (plus de 18 millions de visiteurs) et un boom des croisières, couplée à une forte demande étrangère solvable. Cette pression s’accentue avec la transformation du parc résidentiel en hébergements touristiques via les plateformes numériques. Dans le même temps, la construction de logements ne suit pas, en raison d’une reprise très faible après la crise de 2008, de la raréfaction du foncier et du renchérissement des coûts.

Résultat : dans la province de Santa Cruz de Tenerife, le loyer moyen dépasse les 1 080 € par mois, et chaque bien à louer attire plus de 100 candidats. De nombreux ménages locaux consacrent plus de 35 % de leurs revenus au logement, seuil considéré comme critique. Les autorités canariennes estiment qu’il faudrait construire au moins 50 000 logements supplémentaires d’ici 2030 pour rééquilibrer le marché.

Sur le plan politique, cela se traduit par : la mise en œuvre de nouvelles politiques publiques, la réorganisation des institutions, et l’engagement des acteurs sociaux dans le processus décisionnel.

2000

Nombre de logements sociaux prévus sur deux ans aux Canaries pour répondre à la crise du logement.

Pour l’investisseur, cela implique de considérer le risque politique au même titre que le risque de marché. Miser sur un modèle économique dépendant exclusivement des locations touristiques, ou sur des arbitrages fiscaux fragiles, peut s’avérer périlleux à moyen terme.

Les grands projets urbains qui redessinent Santa Cruz de Tenerife

Parallèlement à ces tensions, la municipalité de Santa Cruz déploie une stratégie d’investissement massif dans les infrastructures, l’espace public et le logement, avec un budget de plus de 380 M€ pour 2026, en hausse de 4,6 %.

Plusieurs volets sont particulièrement pertinents pour un investisseur immobilier.

Transforma Santa Cruz, rénovation et logements publics

Le programme « Transforma Santa Cruz », prolongé jusqu’en 2027, englobe :

la création du parc culturel Viera y Clavijo ;

– la rénovation de rues structurantes comme La Rosa ;

– la réhabilitation de lieux emblématiques comme le théâtre Guimerá.

En parallèle, la municipalité consacre plus de 41 M€ à la construction de nouveaux logements publics et 3,5 M€ à des acquisitions, avec des opérations concrètes comme :

37 logements à María Jiménez, financés par le gouvernement des Canaries (plus de 4,4 M€), sur un terrain municipal de 1 356 m², comprenant une diversité de typologies (du T1 au T4, dont des logements adaptés) ;

226 logements en cours à Cuevas Blancas, avec livraison prévue également à court terme.

Bon à savoir :

Ces investissements répondent à un objectif politique de développer l’offre de logements à loyers modérés et de restaurer le patrimoine bâti ancien.

Espaces verts, mobilité, aréna : le pari d’une ville plus attractive

Le département en charge de la durabilité et des services publics dispose de 74 M€, dont 11,4 M€ pour des projets d’amélioration de la voirie, de l’efficacité énergétique, et de réaménagement d’espaces publics et de parcs (La Granja, García Sanabria, etc.). 1 M€ supplémentaires sont attribués à l’éclairage public.

L’entreprise Emmasa, qui gère l’eau, investit 5,9 M€ dans l’assainissement, l’alimentation en eau et l’extension de la station de dessalement, soutenue par les fonds européens PERTE.

Côté mobilité, 47,5 M€ sont dédiés au renforcement du réseau, avec notamment 20 M€ pour renouveler la flotte d’autobus. À plus grande échelle insulaire, Metroenerife a lancé la rédaction des projets de la future plateforme ferroviaire du sud, avec plusieurs tronçons confiés à différents groupements d’ingénierie. Cela renforcera à terme la liaison entre Santa Cruz et les communes touristiques du sud, avec un impact probable sur les valeurs foncières des zones desservies.

Deux projets emblématiques se détachent par leur potentiel d’impact urbain :

le téléphérique reliant les Ramblas au parc de Las Mesas, dont l’étude est portée par Teleférico del Teide, pour un investissement estimé autour de 15 M€ ;

– le Tenerife Arena, grande salle couverte de plus de 12 000 places prévue dans le district sud-ouest (Los Alisios, près de la TF-2).

À Cabo Llanos, entre les tours de Santa Cruz, la ville prépare également une grande place arborée (budget estimé 2,5 M€) et un parking souterrain près des casernes d’Almeyda (projet d’environ 20 M€). Ces aménagements complètent un front de mer déjà riche en équipements (palais des congrès, auditorium, parc maritime, Palmetum, centre des foires, etc.).

Pour un investisseur, ces projets sont plus qu’un décor : l’expérience montre que les grandes infrastructures et parcs urbains peuvent faire grimper les prix locaux de 5 à 15 % à mesure qu’ils se concrétisent. Se positionner en amont dans les secteurs concernés (Cabo Llanos, Suroeste, zones connectées au futur train du sud) peut donc être un pari payant à moyen terme.

Comparer Santa Cruz de Tenerife au reste de l’île : pourquoi ne pas investir plutôt au sud ?

La question revient souvent : avec des rendements bruts de 6–8 % à Santa Cruz, pourquoi tant d’investisseurs étrangers continuent-ils de privilégier Costa Adeje, Playa de las Américas ou Los Cristianos, où les yields se situent parfois autour de 3,5–4,5 % ?

La réponse tient au profil des investisseurs et à leur horizon de placement.

Le sud attire un public en quête de résidence secondaire au soleil, souvent plus sensible au coup de cœur, à la vue mer et à la plage qu’au rendement financier pur. Les biens y sont chers (jusqu’à 5 000 à 7 500 €/m² et davantage sur certains fronts de mer), mais la demande internationale reste forte, notamment de la part d’Italiens, de Français, d’Allemands et de Britanniques. C’est un marché de « lifestyle », où la dimension plaisir et usage personnel est aussi importante que la performance locative.

Santa Cruz de Tenerife, en revanche, est d’abord une ville où l’on vit et où l’on travaille. On y investit pour :

capter la demande locative de longue durée des salariés, fonctionnaires, étudiants, télétravailleurs ;

– profiter de prix d’entrée plus raisonnables pour l’instant ;

– diversifier un portefeuille déjà exposé aux zones balnéaires du sud ;

– miser sur la montée en gamme de la capitale via ses grands projets urbains.

Sur l’ensemble de l’île, les chiffres confirment ce différentiel :

rendement locatif moyen de Tenerife : environ 5,1 % ;

rendement moyen de Santa Cruz de Tenerife : autour de 6–6,8 %, voire plus de 8 % dans certains quartiers résidentiels populaires.

Pour un investisseur à la recherche d’un compromis entre stabilité, rendement et croissance de valeur, Santa Cruz de Tenerife apparaît de plus en plus comme la pièce manquante d’une stratégie globale sur Tenerife.

Comment structurer une stratégie d’investissement à Santa Cruz de Tenerife

À ce stade, comment transformer ces données en action concrète ? Une approche pragmatique consiste à partir de trois éléments : votre horizon de placement, votre tolérance au risque, et votre cible locative.

Stratégie « rendement sécurisé longue durée »

Profil type : investisseur prudent, horizon long, recherche de revenus stables.

Paramètres possibles :

localisation : Salud-La Salle, Ofra-Costa Sur, certains secteurs de Centro-Ifara hors produits ultra-luxe, Suroeste bien connecté ;

typologie : T2 ou T3 entre 60 et 90 m², adaptés à une famille ou une colocation qualitative ;

– stratégie locative : baux longue durée de 1 à 5 ans, locataires salariés du secteur public ou privé, éventuellement colocation encadrée.

Astuce :

Pour un investissement locatif performant, visez un rendement brut annuel situé entre 5,5 % et 7 %. Privilégiez des biens dans des zones où la vacance locative est structurellement faible et où l’entretien est facile à maîtriser. Un levier de plus-value important est de sélectionner des secteurs bénéficiant de projets d’infrastructures futurs (transports, équipements), qui favoriseront la revalorisation du bien.

Stratégie « rendement maximal dans les quartiers en mutation »

Profil type : investisseur plus offensif, capable d’accepter davantage de volatilité et d’engagement local.

Paramètres possibles :

– localisation : Suroeste, Taco, La Cuesta, Tincer, La Gallega, zones proches d’axes de transport et des futures stations de la plateforme ferroviaire ;

– typologie : studios, T1, petits T2 dans des immeubles des années 70–90, parfois à rafraîchir ou rénover ;

– stratégie locative : location longue durée ou moyenne durée, éventuellement ciblée sur étudiants ou jeunes actifs.

Objectif : viser des rendements bruts de 6,5–8 %, en anticipant une hausse des loyers de 5–10 % à la suite des améliorations de transport.

Stratégie « patrimoniale haut de gamme »

Profil type : épargnant aisé, souhaitant un pied-à-terre de qualité et une protection contre l’inflation, sans obsession du cash-flow.

Paramètres possibles :

localisation : Centro historique, zone Los Hoteles–Rambla–Duggi, Cabo Llanos, El Toscal en immeubles rénovés ;

typologie : grands appartements, penthouses, biens avec vue, maisons de caractère, éventuellement usage mixte résidence secondaire + location saisonnière réglementée.

Objectif : préserver et valoriser un capital sur 10–20 ans, profiter d’une qualité de vie élevée, limiter le risque réglementaire en privilégiant la résidence principale ou la location longue durée à loyers supérieurs.

Dans tous les cas, une constante : la nécessité de s’appuyer sur des professionnels locaux solides (agences, avocats, fiscalistes) qui connaissent les spécificités du marché et les évolutions réglementaires.

Conclusion : Santa Cruz de Tenerife, une capitale à prendre au sérieux pour l’investissement locatif

Investir dans l’immobilier à Santa Cruz de Tenerife, ce n’est plus parier sur une ville secondaire. C’est entrer sur un marché devenu stratégique à l’échelle de l’archipel, porté par :

une hausse rapide des prix (plus de 16 % en moins d’un an dans la municipalité, et près de 19 % sur certains segments) ;

– des rendements locatifs supérieurs à la moyenne espagnole et même canarienne, surtout en location longue durée ;

– une demande locative quasi inépuisable, nourrie par l’emploi local, les étudiants et la tension générale sur le logement ;

– des projets urbains majeurs qui renforcent l’attractivité de la ville et promettent des gains de valeur ciblés.

Mais c’est aussi accepter :

Attention :

L’environnement actuel est marqué par une sensibilité politique et sociale accrue, avec des débats intenses sur le rôle des investisseurs et la crise du logement. Ce climat se traduit par un risque réglementaire élevé, particulièrement sur la location touristique, orientant les stratégies vers la location de longue durée. De plus, la complexité juridique et fiscale croissante rend indispensable le recours à des spécialistes aguerris.

Pour un investisseur capable de naviguer dans ce contexte, Santa Cruz de Tenerife offre aujourd’hui l’un des meilleurs compromis de l’archipel entre rendement, profondeur de marché, et perspective de valorisation à moyen terme. À condition de privilégier la qualité des emplacements, de respecter à la lettre les règles locales, et de penser son investissement non pas comme une simple opération financière, mais comme une implantation durable dans une capitale insulaire en pleine transformation.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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