Comment acheter un appartement aux États-Unis en 2026 : le guide complet pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement aux États-Unis en 2026 séduit de plus en plus de Français, que ce soit pour diversifier leur patrimoine, préparer une expatriation, loger un enfant étudiant ou miser sur le marché locatif américain. La bonne nouvelle, c’est que le cadre juridique américain est très ouvert aux étrangers. La mauvaise, c’est que le parcours est technique : financement, fiscalité, change, choix de la ville, modalités de closing… rien ne s’improvise.

Bon à savoir :

Ce guide s’appuie exclusivement sur les données du rapport de recherche pour fournir un pas-à-pas concret à un résident français souhaitant acheter un appartement aux États-Unis en 2026. Il couvre les étapes essentielles, les risques à maîtriser et les chiffres clés, sans ajout d’informations extérieures.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre général pour un Français achetant aux États-Unis

Les États-Unis se distinguent par une grande ouverture de leur marché immobilier aux étrangers. Pour un Français, cela enlève d’emblée un gros frein administratif.

Statut juridique : un marché très ouvert aux non‑résidents

Le cadre est simple : les États-Unis n’imposent aucune restriction de nationalité pour acheter un bien immobilier, qu’il soit résidentiel ou commercial. Un Français peut donc acquérir un appartement, une maison, un condo, un immeuble de rapport, sans carte verte, sans visa ni statut de résident américain.

L’achat d’un appartement aux États-Unis n’accorde en revanche aucun droit automatique au séjour. La propriété du bien et le statut migratoire sont deux sujets complètement séparés. Si l’objectif est aussi de vivre sur place, il faut en parallèle gérer la question du visa américain, sans qu’il existe de « visa investisseur immobilier résidentiel » garantissant le droit de rester.

Exemple :

Selon le rapport, la France ne restreint pas l’accès des Américains à son marché immobilier, illustrant ainsi une logique de libre accès réciproque entre les deux pays. Cependant, pour un Français achetant aux États-Unis, l’enjeu reste principalement américain.

2026 : un contexte de change et de taux à surveiller

Le rapport rappelle que 2026 est une année de volatilité monétaire plutôt qu’une année de « grand soir » sur l’euro/dollar. Les mouvements spectaculaires sont jugés peu probables, mais des variations de 5 à 10 % sur la paire EUR/USD sont considérées comme très plausibles.

Quand on convertit plusieurs centaines de milliers d’euros en dollars, ces écarts deviennent cruciaux : sur un budget de 500 000 €, une variation défavorable de 5 % représente déjà l’équivalent d’une voiture neuve qui s’envole en pure perte de change.

Attention :

La Fed normalise ses taux tandis que la BCE agit prudemment, entraînant une faiblesse de l’euro par rapport au dollar. Ainsi, un acheteur français non couvert contre le risque de change subit une hausse de sa facture en euros, même si le prix en dollars reste stable.

Les auteurs insistent donc sur une approche « structurelle plutôt que spéculative » : au lieu d’essayer de « jouer » le marché des changes, l’idée est d’intégrer le risque de change dans la stratégie globale, avec des outils comme les contrats à terme de change (forwards) ou les comptes multi-devises.

États-Unis vs France : comparer les coûts annexes

Le rapport fait un détour par le marché français pour mettre en perspective les frais annexes. En France, les frais d’acquisition sur l’ancien tournent entre 7 et 9 % du prix (essentiellement droits de mutation et émoluments de notaire), là où les closing costs américains se situent en règle générale plutôt entre 2 et 5 % du prix.

Autrement dit, même si les frais d’achat américains ne sont pas négligeables, ils restent en moyenne inférieurs à ce qu’un Français a l’habitude de payer chez lui. Cela rend les comparaisons de rentabilité plus favorables au marché américain, à condition de ne pas sous‑estimer les autres coûts : impôts locaux parfois élevés, charges de copropriété, assurances, frais de gestion, etc.

Choisir la bonne ville et le bon type d’appartement

La première décision concrète consiste à sélectionner un marché local. Les États-Unis ne sont pas un bloc homogène : la dynamique de l’immobilier à Orlando n’a rien à voir avec celle de New York ou de Phoenix.

Les villes américaines les plus attractives en 2026 pour les investisseurs étrangers

Le rapport identifie un top 5 des villes américaines offrant, en 2026, un potentiel de retour sur investissement (ROI) supérieur à la moyenne nationale pour les investisseurs internationaux : Orlando, Dallas, Phoenix, Atlanta et Miami.

Ces cinq villes sont mises en avant pour des raisons différentes, mais toutes combinent croissance économique, demande locative et perspectives de plus‑value.

VilleAtout principal citéCaractéristique majeure pour un investisseur
OrlandoRendement locatif touristique élevéMarché porté par le tourisme, location courte durée dynamique
DallasForte croissance de l’emploi et fiscalité foncière modéréeMarché de l’emploi robuste, taxe foncière relativement basse
PhoenixCroissance rapide de la populationDemande résidentielle en hausse, pression à la hausse sur les loyers
AtlantaBon rapport prix / loyers, forte demande locativeMarché abordable avec tension locative favorable à l’investisseur
MiamiVolume d’investissement étranger très élevéVille la plus attractive pour les acheteurs internationaux, 0 % d’impôt d’État en Floride

Le rapport souligne que ces marchés surperforment la moyenne nationale en termes de ROI potentiel. Pour un Français, cela signifie que, toutes choses égales par ailleurs, ces villes offrent une combinaison intéressante de loyers, de remplissage et de perspectives de plus‑value.

10,3

Miami capte à elle seule 10,3 % de la demande internationale recensée sur la plateforme, loin devant New York et Los Angeles.

Autres grandes métropoles : prestige, emploi, mais compétition élevée

En parallèle de ce top 5 « ROI », le rapport mentionne d’autres villes structurantes : New York, Los Angeles, San Francisco, Austin, Houston, Washington D.C., Portland, Honolulu, Riverside, Fort Myers, Tampa.

Certaines sont décrites comme particulièrement attractives pour les expatriés de retour ou les profils très qualifiés :

Miami est présentée comme une ville très internationale, sans impôt d’État, avec un énorme flux d’investissements étrangers.

New York est explicitement qualifiée de centre financier mondial.

– Los Angeles et San Francisco sont décrites comme des marchés « Pacific Rim », tournés vers la côte pacifique et l’Asie.

– Austin et Houston sont cataloguées comme des hubs tech/énergie, avec 0 % d’impôt d’État au Texas.

Astuce :

Pour un Français, ces éléments aident à articuler projet de vie et projet d’investissement. Un ingénieur de la tech aura naturellement plus de raisons de cibler Austin ou San Francisco, un financier plutôt New York, un entrepreneur tourné vers l’Amérique latine ou l’international se tournera plus facilement vers Miami.

Le rapport insiste néanmoins sur un point : le « meilleur » marché dépend du pays d’origine et du profil professionnel du futur occupant. Un appartement destiné à loger un enfant étudiant ou un expatrié salarié dans la finance ne se choisit pas sur les mêmes critères qu’un bien purement locatif dans la Sun Belt.

Zoom sur la demande étrangère en 2026

En 2026, les destinations les plus demandées par les acheteurs étrangers au 1er trimestre sont listées dans l’ordre suivant : Miami, New York, Los Angeles, Orlando, Tampa, Dallas, Phoenix, Houston, Fort Myers et Riverside.

Miami se trouve en tête, suivie de New York et Los Angeles, ce qui confirme le poids symbolique et économique des grandes métropoles côtières. Le rapport note aussi un basculement fréquent vers la Sun Belt (Floride, Texas, Arizona), très prisée des Canadiens : Phoenix, Tampa, North Port, Riverside, Cape Coral… Pour un Français, cela signifie un environnement déjà très international, où les banques et les professionnels sont habitués aux profils non‑résidents.

Étape 1 : clarifier son projet et son budget en euros et en dollars

Avant de cliquer sur la première annonce Zillow, le rapport recommande clairement de commencer par la stratégie financière, pas par le coup de cœur.

Définir son budget en tenant compte du taux de change

Le rapport insiste sur une erreur fréquente : se fixer un budget immobilier uniquement en dollars sans regarder sérieusement le coût en euros, frais de change compris. La variable cruciale n’est pas le « prix du bien en dollars », mais le total en euros que vous aurez effectivement déboursé, frais bancaires et marges de change inclus.

Pour un Français, cela implique trois étapes :

Convertir un budget immobilier aux États-Unis

Estimez votre budget en dollars, convertissez-le en euros avec un taux réaliste et ajoutez une marge de sécurité pour vous protéger des fluctuations de change entre la promesse d’achat et le closing.

Estimer le budget cible en dollars

Déterminez le montant en dollars de votre achat, par exemple 400 000 $ pour un condo à Orlando.

Convertir avec un taux réaliste

Convertissez ce montant en euros en consultant un spécialiste du change, plutôt que d’utiliser le taux théorique affiché par Google.

Ajouter une marge de sécurité

Intégrez une marge de plusieurs pourcents pour absorber une éventuelle dégradation de l’euro durant les mois séparant la promesse d’achat du closing.

Le rapport signale qu’un écart de change peut facilement représenter 30 000 £ sur un achat de 500 000 € dans d’autres contextes internationaux. Transposé au couple euro/dollar, l’ordre de grandeur est similaire.

Construire un budget mensuel réaliste (loyer futur vs charges)

Si vous achetez pour investir, il faut mettre en face le loyer potentiel et l’ensemble des charges :

taxe foncière locale (property tax), qui peut monter jusqu’à 2 % de la valeur du bien par an selon les États et les comtés ;

– charges de copropriété (HOA dues) si vous achetez un condo dans une résidence avec services ou un immeuble géré ;

assurance habitation ;

– éventuels frais de gestion locative ;

– entretien courant et gros travaux.

Le rapport rappelle que, pour un locataire, il est courant aux États-Unis de viser un loyer équivalent à environ 30 % du revenu brut mensuel. En tant que propriétaire bailleur, c’est utile pour tester la solvabilité de vos futurs locataires et calibrer votre loyer.

Étape 2 : organiser le financement pour un Français

Contrairement à une idée répandue, un Français peut obtenir un crédit immobilier aux États-Unis. Mais les règles ne sont pas celles d’un résident américain classique.

Les grandes lignes des « foreign national mortgages »

Les banques américaines proposent des programmes spécifiques pour les acheteurs étrangers, souvent appelés « foreign national mortgages ». Le rapport les décrit avec des caractéristiques communes :

une exigence d’apport beaucoup plus élevée que pour un Américain : la plupart des banques demandent entre 30 et 50 % de mise de fonds pour un non‑résident ;

– l’accès à des programmes spécialisés permettant de descendre vers 25–40 % d’apport pour un Français avec un bon profil, voire 10–20 % avec des organismes très spécialisés comme ceux travaillant avec des partenaires de type Invexa, au prix de conditions plus strictes ;

– une durée de prêt souvent limitée à 15–20 ans ;

– un taux d’intérêt plus élevé qu’un prêt classique résident, avec une prime d’environ 0,5 point de pourcentage au‑dessus des taux offerts aux Américains résidents.

Pour accorder ces crédits, les banques s’appuient sur les documents du pays d’origine. Côté français, les pièces suivantes sont mentionnées dans le rapport comme étant usuelles :

passeport français ;

avis d’imposition français (équivalent du transcript fiscal américain) ;

– déclaration de revenus n° 2042 ;

– relevés de compte de banque française sur plusieurs mois ;

– attestation bancaire d’un établissement type BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole ;

– preuve des fonds pour l’apport et les frais de closing.

Les prêteurs américains acceptent généralement ces supports pour évaluer la capacité de remboursement d’un Français sans historique de crédit aux États‑Unis.

Cas particulier des prêts « DSCR » pour investissement locatif

Si l’appartement acheté est destiné strictement à la location, le rapport souligne l’existence de prêts basés sur le ratio de couverture de la dette (DSCR, pour Debt Service Coverage Ratio). Ici, la banque s’intéresse moins au revenu personnel de l’emprunteur qu’au cash‑flow du bien : le loyer prévu doit couvrir, selon la politique du prêteur, tout ou partie de la mensualité de crédit et des charges.

Bon à savoir :

Ce type de financement est particulièrement intéressant pour un investisseur français qui ne perçoit pas de revenus aux États‑Unis : la banque finance un projet d’investissement pur, indexé sur ses performances locatives.

Peut‑on acheter sans historique de crédit américain ?

Selon le rapport, l’absence d’historique de crédit américain n’est pas un obstacle insurmontable. Les programmes « foreign national » sont conçus justement pour des profils sans Social Security Number ni FICO score. Les banques se basent alors sur :

l’historique bancaire et fiscal français ;

le niveau d’apport (plus il est important, plus la banque est à l’aise) ;

les actifs disponibles dans d’autres pays ;

– le cas échéant, les revenus locatifs projetés.

25-50

La fourchette de mise de fonds exigée pour un Français achetant avec un crédit est de 25 à 50 %.

Ou payer comptant ?

La moitié des acheteurs étrangers paient en cash sur le marché américain, selon les données compilées dans le rapport. Pour un Français, cela permet d’échapper aux contraintes de la banque américaine (documentation, délais, clauses suspensives), mais impose de transférer puis convertir l’intégralité du prix en dollars, avec un risque de change plus concentré.

C’est là que les stratégies de couverture décrites dans le rapport prennent tout leur sens : compte multi‑devises, contrats à terme de change, transferts étalés dans le temps, working avec un courtier en devises capable de réduire la marge à environ 0,2 % sur les gros montants, etc.

Documents à prévoir pour le financement

Pour un Français achetant un appartement aux États-Unis avec un crédit, le rapport recense un noyau dur de pièces :

CatégorieExemples de documents cités comme requis
IdentitéPasseport français valide
Situation fiscaleAvis d’imposition français, déclaration n° 2042
RevenusBulletins de salaire, ou déclarations d’honoraires pour indépendants
ActifsRelevés de comptes bancaires, attestations des banques françaises, justificatifs d’épargne et d’investissements
Projet immobilierContrat de réservation ou pré‑accord sur le bien, estimation des loyers si investissement locatif
Statut US (si applicable)ITIN si déjà obtenu, éventuellement visa ou document de résidence si vous résidez déjà partiellement aux États‑Unis

Le rapport précise qu’un Français peut obtenir un crédit aux États‑Unis même sans historique de crédit américain, à condition d’accepter ces exigences documentaires et la discipline de l’analyse du dossier par la banque.

Étape 3 : se protéger du risque de change entre l’euro et le dollar

Pour un investisseur français, le risque de change est aussi important que le taux de crédit. Le rapport consacre une large section aux stratégies de couverture, transposables à l’achat immobilier américain.

Pourquoi le risque de change est loin d’être anecdotique

En 2026, les analystes du rapport jugent hautement probable des variations de 5 à 10 % sur le taux EUR/USD à court ou moyen terme. Sur un appartement à 400 000 $, une dégradation de 10 % du taux pour un acheteur en euros représente un surcoût de l’ordre de 40 000 $ équivalent.

Le rapport insiste sur un point clé : l’erreur majeure des investisseurs étrangers est de ne pas intégrer ce paramètre dans leur budget, de se contenter d’un taux « vu sur Google » en début de projet, puis de subir le marché au moment de signer.

Outils de base recommandés pour un Français

Plusieurs instruments sont décrits et recommandés :

Exemple :

Pour gérer le risque de change lors de l’achat d’un bien immobilier en devises, trois méthodes sont couramment utilisées : le compte multi‑devises (comme Wise ou Revolut) permet de détenir des dollars à l’avance et de bénéficier de taux avantageux pour les paiements récurrents ; le contrat à terme de change (forward) fige un taux pour une transaction future (jusqu’à 24 mois) moyennant un dépôt ; enfin, le market order ou ordre à seuil exécute automatiquement la conversion lorsqu’un taux cible prédéfini est atteint, sans surveillance en temps réel.

Le rapport recommande d’ouvrir un compte auprès d’un courtier en change spécialisé 6 à 12 mois avant l’achat, sans frais ni obligation, précisément pour pouvoir « déclencher » au bon moment. Dans le cas d’un achat aux États-Unis, cela permet de sécuriser à l’avance le taux applicable au versement de l’earnest money, puis au closing, plutôt que de subir un euro affaibli au dernier moment.

Étaler et structurer ses conversions

Le texte mentionne aussi des stratégies de type « dollar‑cost averaging » : au lieu de convertir l’intégralité du budget en une seule fois, il est possible de programmer plusieurs conversions étalées sur quelques mois, ce qui lisse le risque. C’est particulièrement pertinent si le promoteur ou le vendeur accepte des paiements échelonnés (par exemple dans le cadre d’un achat sur plan ou d’un calendrier de versements progressifs).

Les trois règles essentielles

Le rapport met en avant trois règles fondamentales à retenir dans tous les cas.

Première règle

Description de la première règle essentielle selon le rapport.

Deuxième règle

Description de la deuxième règle essentielle selon le rapport.

Troisième règle

Description de la troisième règle essentielle selon le rapport.

éviter les conversions de dernière minute avant une échéance critique (décision de la Fed, élections, etc.) ;

surveiller régulièrement les annonces des banques centrales et les événements politiques majeurs ;

– traiter la question du change comme un volet central du projet, pas comme un détail logistique.

Étape 4 : trouver et analyser un appartement à distance

Une fois la stratégie financière en place, vient le moment de chercher le bien. Pour un Français qui ne vit pas encore sur place, le rapport recommande une approche 100 % numérique, mais très méthodique.

Exploiter les bons outils en ligne

Plusieurs plateformes américaines de recherche immobilière sont citées :

Zillow, Trulia, HotPads, Redfin, Realtor.com : agrégateurs avec des cartes très ergonomiques et un grand nombre d’annonces ;

Apartments.com : particulièrement adapté pour les grands complexes gérés professionnellement, souvent plus « expat‑friendly » car habitués aux profils internationaux ;

– Craigslist et Facebook Marketplace : utiles pour repérer des opportunités chez des petits bailleurs, mais aussi très exposés aux arnaques, ce qui impose une vigilance maximale.

Le rapport recommande d’utiliser plusieurs plateformes en parallèle, car aucune ne couvre 100 % du marché, et d’activer partout les alertes temps réel plutôt que les récapitulatifs quotidiens ou hebdomadaires lorsque le marché est tendu.

Vérifier le quartier sans être sur place

Le texte insiste sur la puissance d’outils comme Google Maps et Street View pour « marcher » virtuellement dans le quartier :

Bon à savoir :

Pour juger de la qualité d’un quartier, vérifiez d’abord la présence de commerces de proximité accessibles à pied (supermarchés, pharmacies, cafés). Observez l’état des trottoirs, des façades et des voitures, indicateur de l’entretien global. Enfin, repérez tout signe de dégradation ou d’insécurité comme des déchets, des fenêtres brisées ou des grilles omniprésentes sur les vitrines.

Le rapport suggère de compléter cette vue par des données plus objectives : statistiques de criminalité sur des sites comme NeighborhoodScout, SpotCrime ou City‑Data, et par des retours d’expérience sur les forums locaux et subreddits (par exemple r/AskNYC, r/Chicago), où les habitants n’hésitent pas à dire franchement quels secteurs éviter.

Ne jamais se contenter de photos

Les auteurs sont formels : il ne faut jamais signer un bail de 12 mois ou un compromis d’achat basé uniquement sur des photos. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, le minimum est de demander une visite en vidéo en direct (Zoom, WhatsApp, FaceTime) pour :

Astuce :

Pour une visite réussie, n’hésitez pas à demander au vendeur d’ouvrir les placards, de lancer les robinets et de montrer les extérieurs. Soyez attentif aux bruits ambiants comme le trafic, les travaux ou le voisinage. Enfin, vérifiez les parties communes : hall, laverie, boîtes aux lettres et parking.

Cette logique vaut aussi pour un achat : même si l’inspection professionnelle viendra plus tard, une visite en visio permet d’écarter d’emblée les biens dont la réalité ne correspond pas aux photos.

Détecter les annonces frauduleuses

Pour se prémunir des arnaques, le rapport recommande d’utiliser la recherche inversée d’images de Google : il suffit de glisser les photos de l’annonce dans le moteur d’images. Si les mêmes clichés apparaissent pour d’autres adresses, dans d’autres villes ou sur des annonces anciennes, il s’agit très probablement d’un faux.

Le rapport rappelle aussi que la plupart des comtés américains ont des sites publics d’évaluation fiscale (tax assessor) qui permettent de vérifier sous quel nom est enregistré un bien. Si le nom du « propriétaire » ne correspond pas ou si le vendeur refuse de donner des informations vérifiables, c’est un signal d’alerte.

Étape 5 : de l’offre acceptée au closing – le processus pas à pas

Une fois l’appartement repéré, le cœur du processus américain commence. Le rapport décrit une séquence standard qui s’applique aussi bien aux Américains qu’aux Français.

Négocier et faire une offre

L’offre se fait via un agent immobilier (buyer’s agent) qui prépare un contrat d’offre standard de l’État concerné. Ce document précise notamment :

le prix proposé ;

le montant de l’apport prévu ;

– les contingences (conditions suspensives) : obtention du financement, inspection satisfaisante, titre de propriété sans problème, etc. ;

– le calendrier visé pour le closing ;

– le montant de l’earnest money (dépôt de garantie).

Le rapport indique que ce dépôt de bonne foi s’établit le plus souvent entre 1 et 3 % du prix. Il est versé sur un compte séquestre (escrow account) dans les 3 jours suivant l’acceptation de l’offre.

Inspection, évaluation et période de contingence

Une fois l’offre acceptée, le dossier entre en « escrow ». Plusieurs étapes techniques s’enchaînent :

Bon à savoir :

L’inspection par un professionnel coûte entre 300 et 800 $ selon la taille du bien et examine structure, toiture, plomberie, électricité, chauffage/climatisation et parasites. L’évaluation par un expert est exigée par la banque si vous financez l’achat afin de valider que la valeur du bien justifie le prêt, et son coût est similaire à celui de l’inspection.

La période de contingence, qui dure souvent de 7 à 15 jours, est la fenêtre pendant laquelle vous pouvez renégocier ou vous retirer sans perdre votre earnest money si l’inspection révèle un problème majeur ou si le financement ne peut pas être obtenu dans les conditions prévues.

Rôle de l’agent de closing et de la compagnie de titre

Le rapport rappelle le rôle clé de la compagnie de titre (title company) ou de l’avocat chargé du closing, selon l’État. Cette structure :

réalise la recherche de titre (title search) pour vérifier que le bien n’est pas grevé de dettes, d’hypothèques non réglées, de litiges ou de servitudes problématiques ;

– organise la souscription de l’assurance titre (title insurance), qui protège l’acheteur et le prêteur contre des défauts de titre non détectés à l’achat ;

– centralise les fonds sur son compte séquestre, puis les redistribue le jour du closing.

Closing : signature et transfert de propriété

Le closing est le moment où :

Attention :

Vous signez tous les documents finaux (acte, contrat de prêt, disclosures), versez le solde du prix après déduction de l’acompte, et payez les closing costs incluant frais bancaires, d’escrow, assurance titre, taxes de transfert, enregistrement du titre et honoraires du professionnel.

Selon le rapport, les closing costs aux États‑Unis représentent en moyenne entre 2 et 5 % du prix du bien. Ils sont parfois partagés avec le vendeur, mais le détail dépend de la pratique locale et de la négociation.

Une fois les fonds reçus et l’acte enregistré au registre du comté, vous devenez officiellement propriétaire et recevez les clés.

Fermer à distance depuis la France

Le rapport détaille trois voies pour un étranger qui ne souhaite ou ne peut pas se déplacer pour le closing :

la procuration (Power of Attorney) donnée à un représentant sur place (avocat, membre de la famille) habilité à signer en votre nom ;

le closing via notarisation en ligne (Remote Online Notarization, RON), de plus en plus répandu, qui permet de signer des documents notariés à distance via une plateforme en ligne sécurisée, avec vérification d’identité en direct ;

– la signature par correspondance (mail‑away), où les documents sont envoyés, signés manuellement et retournés, certains devant être certifiés par un consulat américain ou un notaire partenaire.

Le rapport précise que certaines formalités doivent être réalisées devant un notaire américain ou un consulat des États‑Unis, ce qui nécessite d’anticiper les délais de rendez‑vous.

Étape 6 : maîtriser les principaux enjeux fiscaux pour un résident français

Au‑delà de l’achat lui‑même, un Français qui possède un appartement aux États‑Unis doit composer avec deux systèmes fiscaux : américain et français. Le rapport fournit plusieurs repères importants.

Impôts américains sur la propriété et les revenus

Plusieurs postes fiscaux américains doivent être intégrés dans le modèle économique de l’investissement :

Bon à savoir :

La détention d’un bien immobilier aux États-Unis implique trois taxes principales : la taxe foncière (jusqu’à ~2 % par an), l’impôt sur les revenus locatifs (taux marginal jusqu’à 37 %, avec déductions possibles et crédit d’impôt en France via la convention fiscale) et la plus‑value à la revente (court terme au taux marginal, long terme de 0 à 20 % + 3,8 % de surtaxe éventuelle).

Le rapport rappelle que, pour un Français résident fiscal de France, les gains et revenus d’un bien américain doivent aussi être déclarés en France, mais qu’ils bénéficient du mécanisme de la convention bilatérale pour éviter une double imposition intégrale.

FIRPTA : la retenue à la source à la revente

Le Foreign Investment in Real Property Tax Act (FIRPTA) est un point que beaucoup d’acheteurs étrangers découvrent trop tard, mais le rapport l’explique en détail : lorsqu’un non‑résident revend un bien immobilier aux États‑Unis, l’acheteur (ou l’agent de closing) doit retenir en général 15 % du prix de vente brut et le reverser à l’IRS comme acompte sur la plus‑value potentielle.

Attention :

La retenue FIRPTA n’est pas un impôt définitif : si la plus-value réelle est inférieure, une partie peut être récupérée via déclaration fiscale (ex. Formulaire 1040NR). Cependant, en tant qu’acheteur français, vous êtes responsable si la retenue n’est pas effectuée correctement, d’où l’importance de collaborer avec un closing agent expert en FIRPTA.

Il existe des exceptions, par exemple lorsque le prix est inférieur à un certain seuil et que l’acheteur s’engage à occuper le bien comme résidence principale une grande partie de l’année, mais pour un investisseur locatif, FIRPTA reste un élément standard du jeu.

Interaction avec la fiscalité française (IFI, impôt sur le revenu, plus‑values)

Sur le volet français, le rapport rappelle que : le respect des engagements internationaux est crucial pour maintenir la confiance et la collaboration entre les pays.

Bon à savoir :

Pour un résident fiscal français, l’IFI s’applique à l’ensemble du patrimoine immobilier mondial, y compris un bien aux États‑Unis, et le seuil de 1,3 million d’euros de patrimoine net peut être franchi. En revanche, pour un non‑résident fiscal français (expatrié installé aux États‑Unis), seuls les biens immobiliers français sont concernés, laissant les biens américains hors champ.

Du côté de l’impôt sur le revenu, les loyers américains seront déclarés en France, mais l’impôt payé aux États‑Unis ouvre droit à un crédit d’impôt en France. La convention fiscale franco‑américaine et les formulaires de crédit d’impôt (type Form 1116 côté américain pour l’inverse) permettent d’éviter la double imposition intégrale, même si la mécanique reste complexe.

Le message du rapport est clair : dès que les montants en jeu dépassent quelques centaines de milliers d’euros, il devient prudent de consulter un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes.

Étape 7 : anticiper la gestion et la vie avec un bien américain

Acheter est une chose, exploiter un appartement à 8 000 km de distance en est une autre. Le rapport donne plusieurs pistes pragmatiques.

Organisation pratique à distance

Pour un Français qui ne vit pas aux États‑Unis à l’année, il faut prévoir : les documents nécessaires, notamment un passeport valide et un visa ou une autorisation de voyage électronique (ESTA). Il est aussi important de s’informer sur le coût de la vie, le système de santé, et les spécificités culturelles. De plus, anticiper les questions fiscales et les démarches administratives peut s’avérer crucial pour une installation réussie.

un compte bancaire américain pour encaisser les loyers et payer les charges locales (PC, HOA, assurance, entretien) ;

– un property manager local, surtout pour un bien destiné à la location (surtout courte durée ou meublé saisonnier), qui gérera la mise en location, la sélection des locataires, les entrées/sorties, les petites réparations ;

– une connexion suivie avec le comptable américain et, éventuellement, un conseiller fiscal en France pour la partie déclarative.

Bon à savoir :

Le conseil du rapport est de mettre en place un plan de change pour gérer les flux récurrents : loyers en dollars, dépenses régulières ou ponctuelles, et rapatriements d’argent en euros.

Quartiers, sécurité et locataires

Les mêmes outils qui ont servi à évaluer le quartier avant l’achat restent utiles ensuite. Les données de criminalité, les avis sur les écoles locales (via des sites comme GreatSchools), les notations des résidences sur ApartmentRatings, ainsi que les retours des forums locaux, sont autant d’indicateurs pour ajuster la stratégie locative (type de locataire ciblé, niveau de loyer, durée des baux).

Le rapport insiste sur la subjectivité du sentiment de sécurité, mais souligne que les données de criminalité sont, elles, objectives. Il préconise de distinguer clairement les zones à forte petite délinquance (vols, dégradations) des secteurs où les violences contre les personnes sont très élevées, ces derniers étant rédhibitoires pour la plupart des investisseurs long terme.

En résumé : la feuille de route d’un Français achetant un appartement aux États‑Unis en 2026

En recoupant l’ensemble des éléments du rapport, la feuille de route pour un Français en 2026 ressemble à ceci :

Astuce :

Pour acheter aux États-Unis, clarifiez d’abord votre objectif (résidence, pied-à-terre ou investissement locatif) et ciblez un marché cohérent (Orlando, Dallas, Phoenix, Atlanta, Miami pour le rendement ; New York, Los Angeles, San Francisco, Austin, Houston pour une carrière internationale). Établissez un budget complet en dollars et en euros en incluant les closing costs, les frais de change, les impôts locaux et les charges annuelles. Organisez votre stratégie de change avec un spécialiste, ouvrez un compte multi-devises et envisagez un contrat à terme si votre calendrier de paiement est connu. Explorez un financement local via un « foreign national mortgage » ou un prêt DSCR, avec un apport de 25 à 50 % et des taux plus élevés. Préparez un dossier fondé sur des pièces françaises (avis d’imposition, relevés bancaires, attestations) reconnues par les prêteurs américains. Utilisez des outils numériques (Zillow, Redfin, Google Maps, Street View, sites de criminalité, forums locaux) pour présélectionner un bien et un quartier, puis exigez une visite en visio. Entourez-vous d’un buyer’s agent habitué aux étrangers, d’une title company ou d’un avocat de closing, et ne signez jamais sans clauses de contingence (inspection, financement, titre). Enfin, maîtrisez les implications fiscales aux États-Unis (taxe foncière, impôt sur les loyers, FIRPTA à la revente) et en France (impôt sur le revenu, IFI) avec l’aide d’un fiscaliste franco-américain.

En 2026, le contexte monétaire et le flux croissant d’investisseurs internationaux vers l’immobilier américain créent un environnement à la fois porteur et exigeant. Pour un Français, l’achat d’un appartement aux États‑Unis est parfaitement faisable, mais suppose d’appliquer une discipline de professionnel : préparation, diversification des sources d’information, gestion active du risque de change et équipe d’experts.

C’est à ce prix que le rêve d’un condo à Miami, d’un appartement à New York ou d’un logement locatif à Dallas pourra devenir un actif solide et rentable plutôt qu’une source de tracas coûteux.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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