Fiscalité immobilière aux États-Unis pour les Français : IRS, conventions et plus-values

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter ou détenir un bien immobilier aux États-Unis séduit de plus en plus de Français, qu’il s’agisse d’une résidence secondaire en Floride, d’un appartement locatif à New York ou d’un investissement via une structure. Mais derrière la carte postale, la fiscalité devient vite un labyrinthe : impôt américain, imposition en France, convention fiscale, crédits d’impôt, formulaires de l’IRS… et, au moment de la revente, la question cruciale des plus-values.

Bon à savoir :

Pour un résident français investissant dans l’immobilier aux États-Unis ou un binational franco-américain résidant en France, l’objectif n’est pas seulement de minimiser l’impôt, mais surtout de comprendre l’articulation entre l’IRS, la convention fiscale franco-américaine et les règles françaises sur les plus-values, afin d’éviter la double imposition et les pénalités pour défaut de déclaration.

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Comprendre les bases : qui taxe quoi, et à quel taux ?

Avant d’entrer dans le détail des plus-values immobilières, il faut distinguer clairement les régimes fiscaux américain et français et leur logique.

Aux États‑Unis, la fiscalité repose avant tout sur la citoyenneté et le statut de résident fiscal américain. Un citoyen américain ou détenteur de « green card » est imposable sur ses revenus mondiaux, où qu’il vive et où que se trouve le bien immobilier. Le simple fait de posséder un bien à l’étranger n’est pas imposable en soi, mais les revenus (loyers, plus-values) doivent être déclarés.

Attention :

En France, un résident fiscal est imposable sur l’ensemble de ses revenus et plus-values mondiaux, y compris ceux provenant de biens aux États-Unis. Les non-résidents ne sont imposables en France que sur les revenus de source française.

Sur les plus-values immobilières, les deux pays disposent de barèmes distincts.

Taux de base : États‑Unis vs France

Aux États‑Unis, la fiscalité sur plus-values distingue court terme et long terme. Les gains sur biens détenus un an ou moins sont imposés au barème ordinaire (10 à 37 %), tandis que les plus-values à long terme (détention de plus d’un an) sont taxées à des taux préférentiels de 0 %, 15 % ou 20 % selon le revenu imposable. Par ailleurs, le Net Investment Income Tax (NIIT) ajoute 3,8 % pour les contribuables les plus aisés sur leurs revenus d’investissement, y compris les gains immobiliers.

36,2

En France, le taux total d’imposition standard d’une plus-value immobilière (hors résidence principale) avant abattements est de 36,2 %, incluant 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Le tableau suivant permet de visualiser ces niveaux de base avant prise en compte des conventions et crédits d’impôt.

Pays / ImpôtNature de la plus-valueTaux de base (hors surtaxes)
États‑Unis – plus-value long termeImmeuble détenu > 1 an0 %, 15 % ou 20 % selon le revenu
États‑Unis – plus-value court termeImmeuble détenu ≤ 1 anBarème ordinaire (10 % à 37 %)
États‑Unis – NIITRevenus d’investissement3,8 % en sus pour hauts revenus
France – impôt sur la plus-valueBien immobilier (hors RP)19 %
France – prélèvements sociauxMême plus-value17,2 % (total 36,2 %)

L’existence de ces deux systèmes crée un risque évident de double imposition pour un Français qui revend un immeuble situé aux États‑Unis. Ce risque est précisément encadré par la convention fiscale franco‑américaine.

La convention fiscale franco‑américaine : la clé pour éviter la double imposition

La convention fiscale entre la France et les États‑Unis a pour objectif de répartir le droit d’imposer entre les deux États et de mettre en place des mécanismes pour éviter une double imposition effective. Contrairement à une idée répandue, elle ne dispense jamais un citoyen américain ou un résident fiscal français de déclarer son revenu ou sa plus-value : elle organise essentiellement les crédits d’impôt et la priorité de taxation.

Article 13 : la règle de base sur les plus-values immobilières

L’Article 13 de la convention traite des gains en capital. Pour les immeubles, la règle est claire : les gains tirés de l’aliénation de biens immobiliers sont imposables dans l’État où est situé l’immeuble. Autrement dit, une plus-value sur un bien situé aux États‑Unis est imposable aux États‑Unis. Mais cet article ne confère pas une exclusivité absolue : l’État de résidence du vendeur (la France pour un résident français) conserve en principe le droit d’imposer également la plus-value.

Exemple :

Un résident français vend un bien immobilier situé aux États-Unis. Il paie d’abord l’impôt sur la plus-value à l’IRS américain. En France, il déclare cette plus-value : l’administration fiscale calcule l’impôt dû selon le droit interne (19 % + 17,2 %, après abattements éventuels), puis impute le crédit d’impôt correspondant à l’impôt déjà versé aux États-Unis, éliminant ainsi la double imposition.

Un schéma simplifié permet de visualiser ce mécanisme.

ÉtapeÉtats‑Unis (IRS)France (résident fiscal français)
1. Vente de l’immeubleCalcul de la plus-value et de l’impôt US
2. Paiement de l’impôtPaiement à l’IRS (0–20 % + NIIT éventuel)
3. Déclaration en FranceDéclaration de la plus-value dans la 2042/2047
4. Calcul en FranceImpôt théorique français (19 %+17,2 %)
5. Crédit d’impôtImputation de l’impôt US payé (crédit d’impôt)

L’objectif est que la charge globale approche le taux le plus élevé entre les deux systèmes, mais sans cumul pénalisant. Autrement dit, si la France calculerait 36,2 % et que l’IRS a prélevé 15 %, la France réclamera la différence de 21,2 % environ, sous réserve des abattements et cas particuliers.

Le « saving clause » côté américain

La convention contient une clause dite de sauvegarde (« saving clause ») qui autorise les États‑Unis à imposer leurs citoyens et résidents permanents comme si la convention n’existait pas. En pratique, un citoyen américain vivant en France, même s’il est considéré résident fiscal français au sens de la convention, reste imposable par l’IRS sur ses revenus mondiaux, y compris une plus-value sur un bien en France ou aux États‑Unis. C’est ensuite le mécanisme du Foreign Tax Credit (Form 1116) qui évitera la double imposition, et non l’exonération pure et simple par la convention.

Astuce :

Un binational franco‑américain doit gérer simultanément les règles fiscales des deux systèmes, même après son installation en France, en raison des spécificités des législations française et américaine.

La plus-value immobilière côté IRS : calcul, régime de résidence principale et formulaires

Pour un Français non‑américain qui vend un bien situé aux États‑Unis, la première couche fiscale est celle de l’IRS. La méthode de calcul du gain et son traitement sont standard, mais avec plusieurs subtilités, notamment en cas d’utilisation comme résidence principale.

Calcul de la plus-value en dollars

L’IRS exige que l’intégralité de la transaction soit exprimée en dollars. Le calcul suit une formule classique :

> Gain = (prix de vente – frais de vente) – base ajustée

La base ajustée correspond au prix d’achat majoré des frais d’acquisition et des travaux d’amélioration, diminué des amortissements éventuellement pratiqués (en cas de location) et converti en dollars au taux de change en vigueur à la date de chaque flux (achat, travaux). Le prix de vente, lui, est converti au taux du jour de la cession.

Une fois le gain déterminé, la durée de détention (plus ou moins d’un an) permet de qualifier la plus‑value de court terme (taxée au barème ordinaire, jusqu’à 37 %) ou de long terme (taux préférentiels 0 %, 15 % ou 20 % en fonction du revenu).

Formulaires clés

Liste des formulaires essentiels à connaître

Formulaire A

Premier formulaire clé à remplir pour les démarches initiales

Formulaire B

Deuxième formulaire nécessaire pour les déclarations principales

Form 8949 : détail de la cession.

Schedule D (Form 1040) : récapitulatif des gains et pertes en capital.

Form 1116 : crédit d’impôt étranger si la France a également taxé la plus-value.

Même si aucune imposition nette n’est due aux États‑Unis après crédit d’impôt, la cession doit être déclarée à l’IRS dès lors que le vendeur est imposable aux États‑Unis (citoyen, résident fiscal américain, ou cas soumis au régime FIRPTA pour les non‑résidents).

L’exclusion pour résidence principale (Section 121)

Les États‑Unis prévoient un régime très favorable pour la résidence principale, même si celle‑ci est située à l’étranger : la Section 121 du code fédéral. Si le propriétaire a occupé le logement comme résidence principale pendant au moins deux ans au cours des cinq années précédant la vente (les deux années n’ont pas besoin d’être consécutives), il peut exclure une partie importante de sa plus-value.

Les plafonds sont les suivants :

Situation du contribuableExclusion maximale Section 121
Célibataire250 000 $
Couple marié – déclaration commune500 000 $

Pour en bénéficier, deux tests doivent être remplis : un test de propriété (au moins 24 mois de détention sur les cinq dernières années) et un test d’usage (au moins 24 mois d’occupation effective comme résidence principale). On ne peut pas utiliser cette exclusion plus d’une fois tous les deux ans, et des restrictions existent si le logement résulte d’un échange de type 1031 dans les cinq dernières années.

Une particularité intéressante pour un Français expatrié : cette exclusion peut s’appliquer à une résidence principale située hors des États‑Unis, tant que les conditions d’occupation et de détention sont remplies. Concrètement, un Américain vivant en France peut exclure jusqu’à 250 000 $ ou 500 000 $ de plus-value sur sa maison en France lors de la revente, pour l’impôt américain.

Lorsque la totalité de la plus-value est couverte par l’exclusion et qu’aucun formulaire 1099‑S n’a été reçu, la vente ne doit généralement pas être déclarée à l’IRS. Dans la pratique, il est prudent de documenter soigneusement la situation.

FIRPTA : la retenue à la source sur les ventes par des non‑résidents

Lorsqu’un non‑résident étranger (au sens américain) cède un bien immobilier situé aux États‑Unis, le Foreign Investment in Real Property Tax Act (FIRPTA) impose un mécanisme de retenue à la source. L’acheteur, qualifié d’agent de retenue, doit en principe retenir un pourcentage du prix de vente et le verser à l’IRS à l’aide des formulaires 8288 et 8288‑A, sauf si une exonération ou un certificat de réduction de retenue (Form 8288‑B) est obtenu.

Bon à savoir :

Cette retenue n’est pas l’impôt définitif, mais un acompte de sécurité pour le Trésor américain. Le vendeur doit ensuite déposer une déclaration auprès de l’IRS pour calculer la plus-value réelle, comparer l’impôt dû à la retenue, et demander le remboursement de l’excédent le cas échéant.

Pour un résident français non‑américain, FIRPTA est donc un enjeu de trésorerie et de procédure : bien anticiper les délais et l’obtention d’un numéro d’identification fiscal américain (ITIN, via Form W‑7) est essentiel pour éviter que la retenue ne se transforme en perte sèche pendant plusieurs années.

La plus-value immobilière côté France : taux, abattements et cas d’exonération

Une fois la couche américaine gérée, le résident français doit affronter la fiscalité hexagonale. La France applique les mêmes règles de base aux plus-values immobilières, que le bien soit situé en France ou à l’étranger : un résident français doit déclarer la plus-value imposable sur sa déclaration annuelle et, pour les biens étrangers, compléter des formulaires spécifiques (notamment la 2047 et la 2042 pour les revenus de source étrangère).

Barème français et abattements pour durée de détention

En droit interne, la plus-value sur un bien immobilier autre que la résidence principale est soumise à deux prélèvements :

un impôt sur le revenu de 19 % ;

des prélèvements sociaux de 17,2 %.

La France applique toutefois un système d’abattement pour durée de détention qui allège progressivement, puis supprime l’impôt après une longue période de détention.

Pour la composante « impôt sur le revenu » à 19 % :

Durée de détentionAllègement sur la base imposable à 19 %
0 à 5 ans0 %
6e à 21e année6 % par année
22e année4 %
Au‑delà de 22 ansExonération totale

Pour les prélèvements sociaux à 17,2 % :

Durée de détentionAllègement sur la base pour 17,2 %
0 à 5 ans0 %
6e à 21e année1,65 % par année
22e année1,6 %
23e à 30e année9 % par année
Au‑delà de 30 ansExonération totale

En conséquence, après 22 ans de détention, la plus-value n’est plus soumise aux 19 % d’impôt ; après 30 ans, elle échappe aussi aux 17,2 % de prélèvements sociaux. Ces abattements s’appliquent aussi bien aux résidents qu’aux non‑résidents pour des biens situés en France, et par analogie, la France applique la même mécanique pour la taxation de biens situés aux États‑Unis lorsqu’ils sont détenus par des résidents français.

La résidence principale en France : exonération totale

Pour un résident français, la règle de la résidence principale est encore plus favorable que le régime américain : la plus-value sur la résidence principale est totalement exonérée, sans plafond de montant. La condition est que le logement soit la résidence principale au moment de la vente, ce qui implique une occupation habituelle jusqu’à la cession, avec quelques tolérances (mise en vente avant un départ, divorce ou séparation, etc.).

Attention :

Pour un non‑résident, la vente de l’ancienne résidence principale est exonérée d’impôt si elle intervient avant le 31 décembre de l’année suivant le départ, et si le logement n’a pas été mis à disposition d’un tiers, même gratuitement, entre le départ et la cession.

Ce contraste est important : aux États‑Unis, l’exonération Section 121 est plafonnée (250 000 $/500 000 $ et soumise à des tests de durée), mais peut s’appliquer à un logement étranger ; en France, l’exonération de résidence principale n’est pas plafonnée, mais exige que le logement soit encore la résidence principale au moment de la vente (ou dans des délais très encadrés en cas de départ).

Formulaires français pour une plus-value sur bien américain

En pratique, un résident français qui vend un bien aux États‑Unis doit : s’assurer de respecter les obligations fiscales américaines et françaises, déclarer les revenus générés par la vente aux autorités fiscales des deux pays, et potentiellement faire face à des retenues d’impôt à la source.

Bon à savoir :

Pour un bien situé aux États-Unis, déclarez la plus-value dans un formulaire dédié en appliquant les règles françaises par analogie (sans notaire français). Reportez-la ensuite sur la déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042, annexe 2047 pour les revenus étrangers). Vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt pour l’impôt payé à l’IRS, conformément aux articles 13 et 24 de la convention fiscale.

Le calcul peut être complexe du fait des conversions de devises : la plus-value doit être calculée en euros pour la France, en utilisant les taux de change au moment de l’acquisition et de la cession. Il arrive qu’une opération neutre ou déficitaire en dollars se transforme en plus-value taxable en euros à cause des variations de change.

Cas pratiques : comment se combine réellement la double taxation ?

Pour mesurer l’impact concret de ce mécanisme, il est utile de raisonner en étapes. Deux paramètres jouent un rôle clé : le taux effectif américain (0–20 % + NIIT) et le taux effectif français après abattements et charges sociales (jusqu’à 36,2 %).

Scénario simplifié

Imaginons un résident français, non citoyen américain, qui revend un appartement à Miami détenu depuis dix ans, sans en avoir fait sa résidence principale.

– 1. Côté américain

Plus-value long terme : imposée à 15 % (par exemple).

– Pas d’exclusion Section 121 (non‑résidence principale) et NIIT possible si son revenu est élevé.

36,2

Le taux effectif français de départ de 36,2 % peut être réduit grâce à un abattement pour durée de détention de dix ans.

– 3. Crédit d’impôt

La France impute l’impôt payé à l’IRS sur l’impôt français théorique.

– Si l’IRS a prélevé 15 % et que la France calcule, après abattements, une charge de 20 %, la France réclamera la différence de 5 %.

– Si la charge française théorique est inférieure aux 15 % déjà payés aux États‑Unis, aucun complément ne sera dû en France, mais l’excédent américain ne sera pas remboursé.

Bon à savoir :

Si le bien est détenu depuis plus de 22 ans, l’impôt sur la plus-value est totalement exonéré en France, mais les prélèvements sociaux restent dus jusqu’à 30 ans. Dans ce cas, l’impôt américain peut devenir plus lourd que la fiscalité française.

Revenus locatifs d’un bien américain : articulation des deux systèmes

Au‑delà des plus-values, les loyers issus d’un bien américain détenu par un résident français sont eux aussi soumis à une double couche fiscale. La convention fiscale clarifie que les revenus fonciers sont imposables dans le pays où se situe l’immeuble (article 6), mais permet également à l’État de résidence de taxer ce revenu, moyennant un crédit d’impôt.

Côté IRS : traitement des loyers

Pour un citoyen américain ou un résident fiscal américain, les revenus locatifs d’un bien situé aux États‑Unis ou à l’étranger sont imposés comme des revenus passifs, reportés sur le Schedule E du formulaire 1040, après déduction des charges : intérêts d’emprunt, taxes locales, assurances, réparations, frais de gestion, amortissement du bien (sur une durée prolongée pour les biens étrangers). Le résultat net (bénéfice ou perte) est ensuite intégré au revenu global et soumis au barème fédéral, plus, le cas échéant, au NIIT de 3,8 %.

Bon à savoir :

Par défaut, un non‑résident subit une retenue à la source sur ses loyers américains, mais il peut choisir d’être imposé au réel en déposant le formulaire 1040‑NR et en déclarant ses loyers nets des charges.

Côté France : revenus fonciers mondiaux

Le résident fiscal français doit déclarer ces loyers dans la catégorie des revenus fonciers, en choisissant entre le régime micro‑foncier (si le total annuel des loyers bruts reste sous un certain seuil) et le régime réel (déduction des charges effectives). Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’ajoutent à l’impôt sur le revenu, selon le barème progressif.

Bon à savoir :

La convention fiscale prévoit que les revenus fonciers sont imposables aux États-Unis, mais la France peut les inclure dans sa base. Le résident français obtient un crédit d’impôt pour l’impôt américain payé. Le résident ou citoyen américain peut utiliser le Foreign Tax Credit (Form 1116) pour imputer l’impôt français, créant un enchevêtrement de crédits croisés.

Là encore, la clé est de bien identifier les montants imposables dans chaque pays, les taux effectifs et les mécanismes de crédit, afin de ne pas se retrouver à payer plus qu’il ne faudrait faute de déclaration coordonnée.

Obligations déclaratives américaines : le piège des formulaires IRS

Pour un Français qui détient de l’immobilier aux États‑Unis, surtout s’il est citoyen américain ou résident fiscal US, la charge administrative peut être aussi lourde que l’impôt lui‑même. L’IRS et le Trésor exigent une multitude de formulaires liés aux comptes bancaires, aux sociétés étrangères et aux plus-values.

Parmi les principaux formulaires à connaître :

Déclarations fiscales pour investissements immobiliers à l’étranger

Synthèse des formulaires IRS nécessaires pour déclarer loyers, cessions et actifs étrangers.

Form 1040 + Schedule E

Déclaration annuelle des loyers et charges pour les biens locatifs.

Form 8949 + Schedule D

Détail et synthèse des cessions immobilières (plus-values et pertes).

Form 1116

Crédit d’impôt étranger pour imputer les impôts payés en France ou dans un autre pays.

FinCEN Form 114 (FBAR)

Déclaration des comptes financiers étrangers si le total dépasse 10 000 $ à un moment de l’année.

Form 8938 (FATCA)

Déclaration des actifs financiers étrangers spécifiés au-delà de certains seuils (ex. 200 000 $ pour un contribuable vivant à l’étranger).

Form 5471 / 8865 / 3520 / 3520‑A

Informations détaillées sur les sociétés, partenariats ou trusts étrangers détenant éventuellement des immeubles.

Le défaut de dépôt de ces formulaires peut engendrer des pénalités très lourdes, souvent déconnectées du montant d’impôt en jeu. À titre d’exemple, une omission « non volontaire » de FBAR peut coûter jusqu’à plus de 16 000 $ par an et par compte, tandis que le non‑dépôt d’un formulaire 8865 (partenariat étranger) peut entraîner 10 000 $ de pénalité par année et par entité, avec des surcharges supplémentaires en cas de persistance après notification.

Bon à savoir :

Pour un résident français n’ayant jamais déclaré ses comptes bancaires ou sa structure de détention à l’IRS, les procédures de mise en conformité simplifiée (Streamlined Filing Compliance Procedures) constituent souvent la seule option viable pour régulariser la situation tout en limitant les conséquences financières.

Stratégies pratiques pour les Français investissant dans l’immobilier américain

À partir de ce panorama, quelques lignes de force se dégagent pour structurer intelligemment un investissement immobilier aux États‑Unis quand on est résident français, avec ou sans lien de citoyenneté américaine.

Bien choisir la structure de détention

Pour un résident français non‑américain, détenir directement le bien en nom propre est souvent la solution la plus simple sur le plan déclaratif. L’utilisation de sociétés (LLC, partnerships, trusts, SCI française détenant le bien américain, etc.) introduit rapidement des couches de reporting supplémentaires côté IRS (Forms 5471, 8865, 3520, 3520‑A…) et peut, dans certains cas, conduire à une double imposition si la structure n’est pas reconnue comme transparente par l’administration fiscale de l’autre pays.

L’avantage supposé d’une LLC américaine en matière de responsabilité ou de succession doit donc être pesé au regard du surcoût fiscal et administratif.

Anticiper la revente pour optimiser les abattements

La durée de détention joue un rôle clé dans les deux systèmes. Côté français, les abattements pour durée de détention conduisent à une exonération totale d’impôt après 22 ans et totale de prélèvements sociaux après 30 ans. Côté américain, un délai de détention supérieur à un an garantit l’accès aux taux de plus-values long terme, souvent bien plus favorables que le barème ordinaire.

Astuce :

Pour un investisseur français, attendre de franchir les seuils temporels clefs avant de céder un bien permet de réduire considérablement la facture fiscale, surtout en cas de plus-value importante.

Tirer parti des régimes de résidence principale

Les règles très favorables applicables à la résidence principale des deux côtés de l’Atlantique peuvent aussi être mises à profit, même dans des situations transfrontalières. Un Américain installé en France peut bénéficier, pour l’IRS, de l’exclusion Section 121 sur la vente de sa résidence principale française (jusqu’à 250 000 $ ou 500 000 $ de plus‑value exonérée). À l’inverse, un résident français qui vend sa résidence principale – qu’elle soit en France ou à l’étranger – peut profiter de l’exonération totale de plus-value dans le système français, sous réserve de remplir les conditions d’occupation.

Bon à savoir :

Pour un Français expatrié aux États-Unis, il est rare qu’un bien américain soit sa résidence principale selon les deux législations. Toutefois, la coordination entre l’exonération française au retour et l’exclusion Section 121 américaine peut réduire considérablement la plus-value imposable dans les deux pays.

Sécuriser la double imposition par le crédit d’impôt

Le point technique le plus délicat est souvent le calcul et l’imputation correcte des crédits d’impôt afin d’éviter tout double paiement. Pour un résident français, l’enchaînement typique est le suivant :

calcul et paiement éventuel de l’impôt à l’IRS sur la plus-value ou les loyers ;

conversion en euros des montants et déclaration en France, avec application des abattements pour durée de détention ;

– calcul de l’impôt français théorique et imputation du crédit d’impôt égal à l’impôt étranger payé.

Inversement, pour un citoyen américain domicilié en France, la séquence est souvent :

calcul et imposition en France en tant que résident sur les loyers ou la plus-value ;

– déclaration à l’IRS des mêmes revenus en dollars, avec application du Foreign Tax Credit (Form 1116) pour imputer l’impôt français et, si nécessaire, des crédits supplémentaires pour la CSG/CRDS lorsque ceux‑ci sont considérés comme des impôts sur le revenu et non comme des cotisations sociales.

Dans les deux sens, une coordination prudente et une documentation exhaustive (dates, taux de change, justificatifs de paiement de l’impôt étranger) sont indispensables.

Conclusion : un terrain d’investissement attractif, mais qui exige une boussole fiscale

L’immobilier américain reste une classe d’actifs attractive pour les Français, qu’ils cherchent une diversification géographique, un rendement locatif en dollars ou un pied‑à‑terre outre‑Atlantique. Mais Fiscalité immobilière aux États-Unis pour les Français : IRS, conventions et plus-values n’est pas un simple sujet technique : c’est un enjeu financier majeur pour tout investisseur qui ne veut ni se retrouver imposé deux fois, ni tomber dans le piège des omissions déclaratives.

Bon à savoir :

Les règles américaines (Section 121, FIRPTA, gains court/long terme) se cumulent avec les abattements français pour durée de détention, l’exonération de résidence principale et les prélèvements sociaux. La convention fiscale (article 13 et crédit d’impôt) évite la double imposition, mais n’exonère pas de l’obligation de déclarer dans les deux pays.

Au moment de la vente d’un bien américain, la bonne stratégie fiscale se construit rarement en quelques semaines : elle se prépare dès l’achat, en choisissant la structure de détention, en anticipant la durée de détention, en suivant les flux financiers et en conservant un historique précis. Pour un Français qui projette d’investir dans la pierre aux États‑Unis ou un binational installé en France, s’entourer de conseils spécialisés sur ces questions n’est pas un luxe : c’est la condition pour que l’investissement immobilier tienne ses promesses sans mauvaise surprise fiscale au bout du chemin.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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