Investir à Milan : quartiers à fort potentiel pour un achat immobilier rentable

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Milan est devenue, en quelques années, le marché immobilier le plus cher et le plus dynamique d’Italie. Sous la pression des Jeux Olympiques Milano Cortina, des vastes projets de régénération urbaine et d’une demande internationale croissante, la ville attire autant les grands fonds que les particuliers en quête d’un investissement locatif solide. Mais tous les quartiers ne se valent pas, que l’on vise la plus-value, le rendement ou la sécurité patrimoniale.

Bon à savoir :

Cartographie des meilleurs secteurs immobiliers basée sur les données 2026 pour maximiser le rendement locatif ou la valorisation à moyen-long terme, sans se fier au prestige des adresses.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le marché immobilier milanais aujourd’hui

Le point de départ est sans ambiguïté : Milan est la ville la plus chère d’Italie pour le résidentiel. Les chiffres montrent un marché arrivé sur de nouveaux sommets, mais encore en phase de croissance plutôt que d’euphorie spéculative.

En 2026, plusieurs repères permettent de cadrer le niveau des prix :

Indicateur clé (ville entière)Valeur indicative 2026
Prix moyen par m² (toutes zones confondues)≈ 5 500 à 6 100 €/m²
Prix médian de vente au m²≈ 4 970 €/m²
Prix moyen d’un appartement « typique » (≈ 75 m²)≈ 420 000 €
Prix médian d’un logement≈ 373 000–430 000 €
Fourchette réaliste pour 80 % des biens≈ 190 000–1 100 000 €

Les écarts entre moyenne et médiane s’expliquent par le poids des grandes surfaces et du luxe dans les statistiques. Pour un acheteur standard, les analystes recommandent de voir Milan comme une ville à 5 000–5 500 €/m², avec des secteurs périphériques encore autour de 3 200–4 100 €/m² et des quartiers prime qui dépassent largement les 9 000 €/m².

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La hausse cumulée des prix résidentiels en ville est d’environ 30 % à l’horizon 2035.

Pour l’investisseur, cela signifie un marché cher, mais jugé « sain » par les instituts comme Nomisma ou l’OMI : la progression est régulière, les excès spéculatifs sont contenus, et la demande reste soutenue par un mélange unique de facteurs – capitale économique du pays, hub de la mode et du design, universités, sièges d’entreprises, et désormais héritage olympique.

Rentabilité locative : le vrai baromètre d’un bon investissement

À Milan, il ne suffit pas de regarder la plus-value espérée pour juger de l’intérêt d’un achat ; le rendement locatif est devenu déterminant, d’autant que l’écart entre quartiers peut dépasser 2,5 points de pourcentage.

Les données disponibles pour début 2026 dessinent la carte suivante :

Indicateur locatif global (longue durée)Valeur 2026 (ordre de grandeur)
Rendement brut moyen (tous biens)≈ 5,1 %
Fourchette fréquente (80 % des cas)≈ 4,7–5,6 %
Rendement net moyen (avant impôt)≈ 3–3,4 %
Rendement brut « bon » à Milan≥ 5,5 %
Rendement brut « très bon »≥ 6,5 %
Écart entre meilleurs et pires quartiers (brut)≈ 2,5 points

Les quartiers les plus prestigieux – Centro Storico, Brera, Porta Nuova, CityLife – offrent des rendements bruts typiques de 3,5–4 %, parfois moins sur les produits très haut de gamme, mais avec une liquidité et une sécurité patrimoniale maximales. À l’autre extrême, les zones périphériques bien connectées comme Baggio ou Corvetto-Rogoredo montent vers 6–7 % de rendement brut.

22 et 28 €/m²

Les loyers par m² pour les studios et petits 2 pièces de 25 à 50 m² se situent souvent entre 22 et 28 €/m², contre 16–20 €/m² pour les appartements familiaux.

Pour l’investisseur, trois logiques de stratégie se dégagent :

Exemple :

Préservation du capital dans l’hyper-centre et les poches prime (Centre historique, Quadrilatero, Brera, Magenta), avec faible rendement mais grande sécurité et revente facile. Value-add dans des secteurs semi-centraux et en transformation (Porta Romana, NoLo, Lambrate, Corvetto, Rogoredo, Giambellino…), où la régénération et les infrastructures tirent les prix vers le haut. Jeu sur le rendement dans des périphéries sous-cotées mais disposant déjà de flux de locataires solides (Baggio, Vialba-Gallaratese, Comasina-Bicocca, Famagosta-Barona, Bovisa).

À cela s’ajoutent des coûts d’acquisition et de travaux loin d’être négligeables : pour un logement en bon état, il faut souvent ajouter 8–12 % du prix d’achat (frais de notaire, impôts, agence…). Si une rénovation est nécessaire, la facture totale grimpe plutôt à +18–35 %, et jusqu’à +30–50 % pour une restructuration lourde. Dans un modèle de rendement, ces pourcentages doivent être intégrés dans le calcul du cap rate réel.

Les quartiers ultra prime : prestige maximal, rendement minimal

Les adresses mythiques de MilanCentro Storico, Quadrilatero de la mode, Brera, Porta Nuova, CityLife – constituent un marché à part. Pour beaucoup d’investisseurs internationaux et de ménages à très hauts revenus, il s’agit avant tout d’actifs de prestige et de long terme.

Centro Storico, Quadrilatero, Brera : la crème du marché

Selon les données les plus récentes, le Centro Storico domine largement le classement des prix : autour de 10 700–11 100 €/m², soit plus du double de la moyenne de la ville. Le Quadrilatero (Montenapoleone, Spiga, Sant’Andrea, Manzoni) fixe le plafond du résidentiel italien avec des rénovés qui se négocient 18 500–22 000 €/m², et des transactions exceptionnelles documentées au-delà de 30 000 €/m².

Quartiers haut de gamme de Milan

Brera, Moscova et Magenta sont des poches de vie haut de gamme prisées des cadres dirigeants et diplomates. Avec environ 1 million d’euros, vous pouvez y trouver :

Appartements de luxe

Un appartement de standing dans ces quartiers prestigieux, avec des finitions haut de gamme et une localisation centrale.

Espaces de vie raffinés

Des biens immobiliers alliant élégance historique et confort moderne, souvent dans des immeubles rénovés.

Budget ≈ 1 000 000 €Type de bien selon quartier prime
Brera80–100 m², appartement rénové de standing
Porta Venezia (parties prisées)120–140 m², 3 pièces
Sesto San Giovanni (périphérie nord)300–350 m², maison individuelle

Les rendements bruts y sont compressés, souvent dans une bande de 2,5–3,5 % pour le très haut de gamme, mais la rareté structurelle du stock, la forte demande internationale et la stabilité des loyers haut de gamme renforcent la logique de conservation de capital et de valorisation lente mais régulière.

Porta Nuova et CityLife : le luxe moderne

Porta Nuova et CityLife incarnent le versant contemporain du prime milanais : tours résidentielles, conciergerie, services, parking, terrasses, vues, forte attractivité pour les cadres des secteurs finance, conseil, tech, et pour le segment des locations meublées haut de gamme et des séjours d’entreprise.

Attention :

Les prix pour un bon produit se situent entre 7 300 et 9 900 €/m², les penthouses pouvant atteindre 15 000 à 23 000 €/m² dans des résidences iconiques. Le rendement brut est souvent inférieur à 4 %, mais la liquidité est excellente et le taux de vacance minimal pour des biens bien gérés.

Pour un investisseur particulier, ces quartiers font sens si l’objectif prioritaire est : la valorisation de son bien immobilier à long terme.

la sécurité patrimoniale,

une mise en location premium (corporate, courte ou moyenne durée),

la valorisation d’une partie du patrimoine sur un actif très liquide.

Mais pour une stratégie strictement orientée rendement, il existe des alternatives plus efficaces.

Zones en régénération : là où se jouent les fortes plus-values

La grande nouveauté du cycle actuel tient aux gigantesques chantiers de reconversion ferroviaire, de nouveaux quartiers verts, de lignes de métro et aux infrastructures liées aux Jeux Olympiques. Ces projets se concentrent dans une série de secteurs qui combinent aujourd’hui prix encore abordables et fortes perspectives de revalorisation.

Porta Romana, SouPra et le village olympique

Le secteur de Porta Romana est sans doute l’exemple le plus emblématique. L’ancienne gare de triage a été transformée en village olympique, positionné entre Porta Romana et le pôle culturel de la Fondazione Prada. Sur environ 20 hectares, le projet prévoit près de 100 000 m² de logements, dont environ la moitié en logement social, avec un vaste parc et beaucoup d’espace public.

Les chiffres donnent la mesure de la transformation :

Zone Porta Romana élargieDynamique de prix récente
Scalo di Porta Romana (SouPra)+48 % sur 5 ans (≈ 3 296 → 4 845 €/m²)
Transactions à Scalo Porta Romana+40 % sur la même période
Micro-secteurs autour de la gare+8–9 % par an, avec des pics à 9,3 %

Après les Jeux, le village olympique doit être converti en résidence étudiante (environ 1 000 lits), répondant à une pénurie chronique de logements pour les 10 universités de la ville. La combinaison d’un nouveau parc, de logements neufs, de bureaux, de services, et de la proximité du centre renforce l’attractivité de tout le sud de Milan.

+4 à +7 %

Hausse annuelle anticipée pour les micro-secteurs autour de Porta Romana, Lodi TIBB et Ripamonti-Vigentino, surpassant la moyenne milanaise.

Santa Giulia, Rogoredo, Ponte Lambro : l’axe sud-est en pleine mutation

Dans le quadrant sud-est, l’autre pôle majeur est Santa Giulia Nord, site de la nouvelle aréna PalaItalia, dédiée au hockey pendant les Jeux puis réutilisée pour concerts, événements et sports. Là aussi, la régénération est spectaculaire :

Zone sud-estÉvolution récente des prix
Santa Giulia Nord+27 % (prix) et +28 % (ventes)
Rogoredo+24 % (2 316 → 2 872 €/m²)
Ponte Lambro et Mecenate≈ +8,7 à +9,3 % annuel

Le secteur se complète par un nouveau parc, une future ligne de tram (ligne 13 reliant M4 Repetti à Rogoredo M3 FS), l’extension de la M4 et des projets comme le « Bosco della Musica » (nouveau campus du Conservatoire). Ces quartiers restent encore en dessous de la moyenne de la ville en termes de prix, mais affichent des rythmes de croissance parmi les plus élevés, ce qui en fait des candidats évidents pour des plus-values sur 5 à 10 ans.

M4, Circle Line et scali ferroviaires : la géographie de l’appréciation

Au-delà des sites olympiques, l’ouverture de la ligne M4 (de Linate à San Cristoforo) et la future Circle Line ferroviaire redessinent les cartes de l’accessibilité. Les quartiers le long de ce nouvel axe – Lorenteggio, Frattini, Tolstoj, Sant’Ambrogio, Forlanini, Dateo, Tibaldi, Dergano, Greco-Pirelli – sont identifiés comme des zones de croissance supérieure :

Corridor d’infrastructureCroissance annuelle projetée
Stations M4 (Lorenteggio, Frattini…)≈ 3–5 %/an
Porta Romana – Lodi TIBB≈ 5–7 %/an
Bicocca – Greco – Turro≈ 4–6 %/an
Stations Circle Line (Tibaldi, Dergano-Istria)≈ 4–6 %/an

Autrement dit, pour un investisseur à horizon 5–10 ans, viser un micro-secteur directement impacté par une nouvelle station ou un grand projet ferroviaire offre un potentiel de revalorisation significativement supérieur à la moyenne.

Quartiers en gentrification : rendement correct aujourd’hui, fort potentiel demain

Une autre catégorie de secteurs se situe à mi-chemin entre la périphérie bon marché et le centre cher : ce sont les quartiers en gentrification. Ils attirent une population jeune, créative, d’étudiants et de jeunes actifs, les commerces changent, les prix montent, mais sans atteindre encore le niveau des quartiers historiques huppés.

Les données de 2025–2026 mettent en avant plusieurs noms : NoLo (North of Loreto), Bovisa, Lambrate, Corvetto, Rogoredo, Giambellino, Lorenteggio, Dergano.

NoLo, Lambrate, Città Studi : le laboratoire de l’est milanais

NoLo, au nord de Loreto, a vu son prix moyen passer d’environ 4 491 €/m² à 4 771 €/m², selon les données OMI 2025. Città Studi et Lambrate, longtemps considérés comme les quartiers étudiants bon marché, affichent désormais 4 949 €/m², avec une hausse récente de +7,3 % sur un an, tirés par la restructuration de Scalo Lambrate et la demande constante liée au Politecnico.

Astuce :

Pour un investisseur locatif, l’équation est intéressante : les loyers restent soutenus grâce à un réservoir quasi structurel d’étudiants, de jeunes actifs et de chercheurs, tandis que les prix se rapprochent progressivement de ceux de quartiers historiquement plus exclusifs.

Bovisa : champion discret des rendements

Parmi les zones à très fort rendement, Bovisa se distingue. Un studio ou un petit deux pièces y affiche un rendement brut d’environ 6,1 %, pour un rendement net proche de 4,8 %, avec un prix moyen autour de 158 000 € pour un petit logement, un loyer mensuel proche de 800 €, un taux d’occupation supérieur à 93 %, et un délai de location d’environ 15 jours.

Cette performance s’explique par la présence d’écoles d’ingénieurs et de design, de pôles universitaires et d’un bassin d’entreprises en croissance. La demande est très stable, et les prix restent nettement sous la moyenne de la ville, ce qui laisse un espace de revalorisation.

Corvetto–Rogoredo, Giambellino, Lorenteggio : la vague du sud

Corvetto–Rogoredo combine aujourd’hui plusieurs atouts rarement réunis : prix encore sensiblement en dessous de la moyenne de Milan, connexions ferroviaires et métro de premier plan, proximité avec l’axe Porta Romana–Santa Giulia, projets de régénération et changement démographique rapide.

Bon à savoir :

Les projections de croissance annuelle du secteur sont de 4 à 6 % avec des rendements bruts de 5,5 à 6 %. Les zones Giambellino et Lorenteggio, parmi les moins chères de Milan, bénéficient de la poussée due à la ligne M4 et à la rareté des logements abordables.

Pour un investisseur acceptant un peu plus de complexité de gestion et une image de quartier encore en transition, ces zones représentent le cœur des opportunités « double moteur » : bon rendement aujourd’hui, plus-value supérieure à moyen terme.

Périphéries bon marché : les champions de la rentabilité brute

À l’autre bout du spectre, certains quartiers périphériques de Milan offrent les meilleurs rendements de la ville, au prix d’une localisation plus éloignée et d’un profil socio-économique moins homogène.

Baggio, Bisceglie–Olmi : prix planchers, rendement maximum

Les données d’Immobiliare.it Insights (août 2025) classent le cluster Bisceglie–Baggio–Olmi dans la tranche la plus abordable, autour de 3 106 €/m², avec Baggio qui émerge comme le district le moins cher de Milan, parfois autour de 2 800–3 000 €/m².

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Le rendement brut peut dépasser 7 % pour les petits appartements bien situés dans l’axe Bisceglie–Baggio–Olmi loués à long terme.

Quartier périphériquePrix moyen indicatifRendement brut approximatif
Baggio≈ 2 800–3 100 €/m²≈ 6,5–7 %
Bisceglie–Olmi≈ 3 100 €/m²> 7 % sur certains biens
Vialba–Gallaratese≈ 3 050–3 100 €/m²≈ 5,5–6 %
Comasina–Bicocca (entrée)≈ 4 100 €/m²≈ 5,5 %
Famagosta–Barona≈ 4 200 €/m²≈ 5,5 %

Ces secteurs concentrent des prix par m² dans une bande 2 700–3 500 €/m², soit jusqu’à 70 % de moins que le centre historique. Pour un budget serré – 140 000–260 000 € – il reste possible d’y acquérir un studio ou un petit deux pièces de 35 à 50 m².

L’enjeu pour l’investisseur consiste alors à bien sélectionner le micro-emplacement (proximité réelle du métro, du tram ou des grands axes, qualité de l’immeuble, état des parties communes) et à intégrer un scénario prudent sur la valorisation, qui n’atteindra pas nécessairement la dynamique des secteurs plus centraux. Mais pour un objectif de cash-flow, ces quartiers sont difficiles à battre.

Certosa–Cascina Merlata : le pont entre rendement et valorisation

Le secteur de Certosa–Cascina Merlata occupe une place à part. Côté prix, Certosa tourne autour de 4 100 €/m², sous la moyenne de la ville, tandis que Viale Certosa–Cascina Merlata fait partie des trois zones dont les prix montent le plus vite (≈ 5–7 % par an), en raison de la proximité du district d’innovation MIND et de la présence de nouveaux ensembles résidentiels.

Bon à savoir :

Certosa offre environ 5,8 % de rendement brut, tandis que Vialba–Gallaratese se situe entre 5,5 et 6 %. Ces secteurs représentent un bon compromis entre rendement et potentiel de valorisation, à condition de bien choisir le produit.

Quartiers étudiants et pôles d’innovation : la force de la demande structurelle

Une autre logique d’investissement consiste à s’adosser aux pôles universitaires et d’innovation. À Milan, cette demande structurelle joue un rôle croissant, amplifié par la reconversion du village olympique en résidence étudiante et par l’essor de grands campus comme MIND au nord-ouest.

Città Studi, Lambrate, Bicocca : locataires garantis

Les zones de Città Studi–Lambrate et Bicocca–Niguarda bénéficient depuis longtemps d’une solide base de locataires étudiants, enseignants, chercheurs et jeunes cadres. Cette demande est renforcée par des projets comme la restructuration de Scalo Lambrate (grand parc, logements, services) et le positionnement de Bicocca comme pôle universitaire et de bureaux.

Les chiffres confirment leur statut de zones en tension :

– Città Studi–Lambrate : ≈ 4 949 €/m², avec une hausse récente de +7,3 %.

– Bicocca–Niguarda : fait partie des trois quartiers où les prix augmentent le plus vite, autour de 5–7 % par an.

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Le loyer moyen pour une location longue durée est d’environ 20 euros par mètre carré par mois.

MIND, Cascina Merlata et l’axe de l’innovation

Au nord-ouest, l’ancien site d’Expo 2015 s’est transformé en Milan Innovation District (MIND), un parc scientifique et technologique de 650 000 m² dédié à la recherche, aux hôpitaux, à l’université, aux bureaux et aux événements, dans un environnement entièrement alimenté en énergie renouvelable. Ce hub est entouré de projets résidentiels modernes, notamment à Cascina Merlata (UpTown), et relié aux transports vers San Siro et le centre.

Pour un investisseur, ces secteurs offrent :

une population-cible très claire (chercheurs, salariés d’entreprises tech et médicales, étudiants),

des immeubles récents ou neufs, souvent avec bonnes performances énergétiques (ce qui devient central avec les nouvelles normes européennes),

– des perspectives de hausse de prix supérieures à la moyenne grâce au positionnement stratégique du district.

Les rendements bruts y sont en général situés dans une fourchette intermédiaire, autour de 4,5–5,5 % selon le niveau de prix et les charges, mais avec un profil de risque plus contenu que dans certaines périphéries traditionnelles.

Court terme, long terme : quelles typologies et quels montages privilégier ?

Au-delà du choix du quartier, la rentabilité d’un investissement milanais dépend fortement du type de bien et de la stratégie de location.

Les données de marché montrent que :

– les studios et petits 2 pièces entre 25 et 50 m² offrent les meilleurs rendements bruts, souvent autour de 6–6,5 %, avec un taux d’occupation très élevé dans les zones étudiantes ou proches des pôles d’emploi ;

– les grandes surfaces familiaux en périphérie tendent à tourner autour de 4 % de rendement brut ;

– les appartements rénovés, avec bonne classe énergétique, dans des zones bien desservies, prennent de la valeur plus vite (≈ 4–5 % par an), alors que les grands logements anciens non rénovés en zones secondaires stagnent voire reculent légèrement.

Longue durée vs courte durée

Milan n’affiche pas, pour l’instant, d’interdiction par quartier sur les locations de courte durée, mais la réglementation s’est nettement durcie : obligation d’immatriculation nationale (CIN), code régional (CIR), dépôt auprès de la commune, fiscalité alourdie et contrôle accru. Une taxe forfaitaire de 26 % sur les revenus des locations courtes se met en place, et la professionnalisation de la gestion est encouragée par l’interdiction des boîtes à clés physiques et par des obligations de conformité renforcées.

Astuce :

Pour un investisseur individuel, la location longue durée avec le régime de la cedolare secca à 21 % reste souvent la voie la plus simple et la plus prévisible, surtout dans un contexte donné.

– le marché de la location longue durée est sous tension, avec des loyers pouvant atteindre 33 €/m² dans le centre,

– une partie de l’offre courte durée devrait se retirer après le pic olympique, ce qui peut soutenir à la fois les loyers et l’occupation sur la longue durée.

Neuf, rénové, ancien : le différentiel de prix

En 2026, un logement neuf ou totalement rénové coûte en moyenne 18–30 % de plus que le même bien en état standard, la meilleure estimation se situant autour de +24 %. Mais ce surcoût se justifie souvent par :

Bon à savoir :

Une meilleure performance énergétique est essentielle face aux objectifs européens de classes APE à atteindre d’ici 2030-2033. Cela permet aussi des charges de copropriété plus maîtrisées et une attractivité accrue pour les locataires solvables et la revente.

À l’inverse, acheter un appartement ancien à rénover dans un quartier en gentrification peut offrir un effet de levier significatif, à condition de bien maîtriser les coûts : la facture totale (acquisition + travaux + frais) représente souvent 30–50 % de plus que le prix d’achat initial en cas de rénovation lourde. Il est donc essentiel d’intégrer ces chiffres dans les calculs de rendement et de plus-value.

Comment choisir son quartier selon son profil d’investisseur

À partir de tous ces éléments, il est possible de dégager quelques grands axes de décision.

Profil 1 : investisseur patrimonial, tolérance au risque faible

Objectif : protéger le capital, bénéficier d’une valorisation régulière, pouvoir revendre à tout moment sans difficulté.

Cibles privilégiées :

Centro Storico (Duomo, Brera, Quadrilatero),

parts sélectionnées de Porta Nuova et CityLife,

Magenta, Sant’Ambrogio, certaines rues de Porta Venezia.

On y accepte un rendement brut de 2,5–3,5 %, en échange d’une extrême liquidité, d’une extrême rareté du stock et d’un potentiel de hausse long terme sûr, même si modeste (single digit cumulé par an).

Profil 2 : investisseur équilibré, mix rendement / plus-value

Objectif : rendement correct aujourd’hui, forte appréciation attendue à 5–10 ans.

Cibles privilégiées :

Porta Romana, Lodi TIBB, Ripamonti–Vigentino,

Santa Giulia, Rogoredo, Ponte Lambro,

NoLo, Lambrate, Dergano,

Certosa–Cascina Merlata, Bicocca–Niguarda.

4,5 à 6

Le rendement brut des investissements dans ces zones se situe généralement entre 4,5 et 6 %, avec des hausses annuelles de 5 à 7 %.

Profil 3 : investisseur rendement, horizon long, gestion active

Objectif : maximiser le cash-flow, accepter davantage de volatilité et de complexité de gestion.

Cibles privilégiées :

Baggio, Bisceglie–Olmi,

Vialba–Gallaratese, Comasina–Bicocca entrée de gamme,

Famagosta–Barona,

Corvetto–Rogoredo,

Bovisa.

Dans ces quartiers, il est réaliste de viser des rendements bruts entre 5,5 et quasiment 7 %, à condition de sélectionner soigneusement l’immeuble et le micro-emplacement. Les loyers restent soutenus pour les petites surfaces, grâce à la pression du marché locatif milanais (les loyers peuvent consommer près de 70 % du salaire net d’un locataire moyen pour un 2 pièces central), et à la diffusion progressive de la demande vers la périphérie.

Conclusion : Milan, un marché cher mais rationnel – et à deux vitesses

Le marché immobilier milanais de 2026 se caractérise par trois traits majeurs :

Exemple :

Un niveau de prix historiquement élevé place Milan au-dessus de la moyenne italienne, mais sans déconnexion totale des loyers dans les quartiers solides. L’effet Olympique et de régénération agit comme un accélérateur sur des secteurs déjà en transformation (Porta Romana, Santa Giulia, scali ferroviaires, M4), offrant aux investisseurs des poches de surperformance sur 5 à 10 ans. Enfin, une forte segmentation oppose les adresses prime à faible rentabilité mais haute sécurité, et les périphéries ou zones en gentrification où la marge de progression des prix et les rendements sont plus élevés.

Investir à Milan en 2026 exige donc de dépasser la vision simpliste « centre vs banlieue » pour penser la ville en micro-localisations : proximité réelle des métros M1–M2–M3–M4, distance des hubs d’emploi et universitaires, inclusion ou non dans le périmètre d’un grand projet de régénération. Les chiffres montrent qu’un petit appartement correctement positionné dans un quartier comme Bovisa, Corvetto–Rogoredo, Certosa–Cascina Merlata ou NoLo peut aujourd’hui offrir un couple rendement/plus-value bien plus attractif qu’un bien très cher dans le Quadrilatero, tout en surfant sur la dynamique de long terme d’une métropole qui, malgré son niveau de prix déjà élevé, continue de tirer le marché italien vers le haut.

Bon à savoir :

Pour un investisseur, la clé est de définir son profil (patrimonial, équilibré ou orienté rendement) puis de sélectionner le quartier en conséquence, en intégrant systématiquement ces critères.

le prix par m² réel (et non seulement l’annonce),

le coût total d’acquisition et de travaux,

le rendement brut et net réaliste,

– et la trajectoire probable du quartier à l’ère post-olympique.

C’est à cette condition que l’achat immobilier à Milan, même à des niveaux de prix records, peut rester non seulement possible, mais surtout rentable.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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