États-Unis vs Portugal vs Grèce : le match immobilier pour les investisseurs en 2026

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Depuis trois ans, les investisseurs immobiliers naviguent dans un environnement bousculé par l’inflation, la remontée des taux, puis leur détente progressive. En 2026, le décor a changé : la hausse brutale des prix est derrière nous dans la plupart des pays développés, les banques centrales desserrent prudemment l’étau monétaire, et les marchés entrent dans une phase plus sélective. Dans ce contexte, beaucoup d’épargnants regardent la planète immobilière avec une même question en tête : mieux vaut-il placer son argent aux États-Unis, au Portugal ou en Grèce ?

Bon à savoir :

Les États-Unis dominent par la taille et la diversité de leur marché immobilier. Le Portugal attire expatriés, retraités et nomades digitaux. La Grèce émerge de la crise, cherchant un équilibre entre tourisme, Golden Visa et pénurie de logements.

Pour comparer ces terrains de jeu, il faut sortir des clichés – « sécurité américaine », « douceur de vivre portugaise », « soleil grec » – et regarder froidement les données : croissance des prix, rendements locatifs, dynamique démographique, politique monétaire, fiscalité, mais aussi risques et contraintes réglementaires. À partir des recherches les plus récentes, voici un tour d’horizon approfondi.

Trois marchés, trois cycles immobiliers

Avant de rentrer dans le détail pays par pays, il est utile de replacer ces marchés dans leur cycle respectif.

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Cette hausse prévue des volumes d’investissement commercial aux États-Unis en 2026 devrait atteindre près de 562 milliards de dollars.

Au Portugal, l’histoire est différente. Le pays sort d’une séquence de flambée des prix : sur un an, à l’automne 2025, le prix médian au mètre carré a bondi de plus de 16 %, pour atteindre environ 2 111 €/m² à l’échelle nationale, et plus de 3 500 €/m² dans la grande Lisbonne. Depuis début 2026, le marché entre clairement en phase de « refroidissement contrôlé » : les prix continuent de monter, mais à un rythme nettement plus modéré, les volumes de ventes montrent les premiers signes de ralentissement, et les enquêtes RICS indiquent un recul des nouvelles demandes d’acheteurs. Les autorités ont, en parallèle, profondément modifié le cadre d’investissement : fin du Golden Visa par l’immobilier, transformation du régime fiscal NHR, réduction de la TVA sur certains programmes, encadrement plus strict des locations touristiques. Les analystes convergent néanmoins vers un scénario de « atterrissage en douceur » : une croissance annuelle des prix de 2 à 4 % au niveau national, un peu plus dans certaines villes secondaires, et un marché qui n’a rien d’une bulle prête à éclater.

Exemple :

La Grèce connaît un rattrapage immobilier marqué : les prix ont bondi de plus de 50 % entre 2017 et 2023 à l’échelle nationale, et de plus de 70 % en Attique. En 2024, la hausse atteint 8,6 %, puis 7,7 % fin 2025, avant de se modérer. Le prix moyen oscille autour de 2 500 à 2 700 €/m², avec des pointes à 12 000 €/m² à Mykonos. Malgré ce rebond, les valeurs restent inférieures aux pics d’avant 2009 en termes réels, tandis que le tourisme explose (37 millions de visiteurs en 2025, 23 milliards d’euros de recettes). Le marché évolue vers une phase de maturité où la localisation et la qualité priment.

Comparer les fondamentaux : prix, rendements, dynamique

Pour un investisseur, la question clé reste toujours la même : combien cela coûte, combien cela rapporte, et quelle est la probabilité que cette équation tienne dans le temps. Un moyen simple d’y voir clair consiste à mettre côte à côte quelques indicateurs clés.

Tableau 1 – Vue d’ensemble des niveaux de prix et de rendements

Indicateur (résidentiel)États-Unis (national)Portugal (national)Grèce (national)
Niveau moyen de prix (ordre de grandeur)Prix élevés, très hétérogènes~2 111 €/m² (Q3 2025, médiane)~2 561–2 727 €/m² (2025–début 2026)
Croissance annuelle récente des prix+1 à +3 % attendus en 2026>16 % en 2025, ralenti attendu à 2–4 %+8,7 % en 2024, +7,7 % sur 12 mois récents
Rendement locatif brut moyen~6,5 % (classement mondial)~4,6–5,7 % selon les sources~4,4–5,2 % selon les sources
Orientation du marché 2026Rééquilibrage, légère hausseSoft landing, fin des doubles chiffresPoursuite de la hausse, rythme modéré

Ces moyennes nationales masquent évidemment des écarts gigantesques entre régions et segments, en particulier aux États-Unis. Mais elles suffisent à dessiner un premier paysage : les USA offrent, en moyenne, des rendements bruts plus élevés, au prix d’une volatilité sectorielle et d’un environnement macro plus complexe ; le Portugal se situe dans la moyenne haute de l’UE en termes de rendement, avec un niveau de prix encore relativement abordable ; la Grèce combine prix en rattrapage et rendement correct, le tout sur fond de pénurie de logements et de boom touristique.

États-Unis : un géant en rééquilibrage, aux opportunités très localisées

Le marché immobilier américain est tellement vaste qu’il est presque trompeur de le traiter comme un bloc. Pourtant, quelques tendances fortes se dégagent pour 2026.

Sur le résidentiel, les grands instituts convergent : la progression des prix devrait être faible mais positive. Les prévisions vont d’une hausse quasi nulle à environ +4 % selon les sources, avec une médiane autour de +1 à +3 % pour le prix médian des logements anciens. Les taux hypothécaires à 30 ans devraient tourner en moyenne autour de 6,3 % en 2026, en légère baisse par rapport aux 6,6 % de 2025, sans revenir aux niveaux exceptionnels de l’ère Covid. Ce recul d’environ 0,3 point, combiné à une croissance des revenus supérieurs à l’inflation, améliore un peu l’accessibilité, sans pour autant la rendre confortable pour les primo-accédants. Mais cela suffit à relancer timidement les ventes : les transactions dans l’ancien pourraient augmenter d’environ 3 à 5 % par rapport à 2025, pour atteindre environ 4,2 millions de ventes annualisées.

Attention :

Les loyers nationaux augmentent légèrement de 2 à 3 % d’ici fin 2026, suivant l’inflation. Le marché reste très tendu dans les métropoles dynamiques avec une offre limitée de logements abordables, tandis que la demande d’accession captive alimente le besoin de locations, notamment en multifamily et build-to-rent.

Sur l’investissement, le tableau se clarifie. Après un effondrement des volumes de transactions commerciales entre 2022 et 2023 (de plus de 800 milliards de dollars à environ 360 milliards), l’activité repart : environ 440 milliards de dollars en 2024, et un rebond attendu à 562 milliards en 2026, presque au niveau de la moyenne 2015–2019. Les investisseurs institutionnels, les fonds de private equity et les family offices reviennent progressivement, attirés par des valorisations ajustées (dans de nombreux segments, les prix ont corrigé de 20 à 25 % depuis le pic) et par une meilleure visibilité sur les taux.

La clé, aux États-Unis, c’est la sélectivité. Les perspectives sont très contrastées selon les secteurs : les data centers et la logistique tirée par l’e-commerce restent en hypercroissance, avec des taux de vacance inférieurs à 2 % pour les centres de données et des loyers en hausse, tandis que le bureau de seconde zone demeure « structurellement souffrant ». Le logement multifamilial conserve un fort soutien structurel (déficit d’offre, démographie, prix d’achat élevés), même si certaines métropoles du Sun Belt absorbent encore une vague de livraisons neuves. Les résidences seniors, elles, entrent dans une phase d’accélération historique : les premiers baby-boomers atteignent 80 ans en 2026, ce qui alimente une demande massive dans ce segment.

Portugal : d’un boom généralisé à un marché fragmenté

Au Portugal, la photographie 2025–2026 est celle d’un marché qui se réorganise après une phase de hausse spectaculaire. La médiane nationale a franchi les 2 000 €/m² fin 2025, avec une progression annuelle de plus de 16 %. Certaines régions ont encore fait mieux : la péninsule de Setúbal a vu ses prix bondir de plus de 19 % en rythme annuel au troisième trimestre 2025 ; la région de Coimbra a connu un véritable saut, avec plus de 32 % de hausse sur un an.

5 150

À Lisbonne, le prix moyen au mètre carré a reculé d’environ 5 % sur un an pour atteindre environ 5 150 €/m² début 2026.

En parallèle, les villes secondaires et les territoires intérieurs connaissent un véritable « second souffle ». Braga, Setúbal, Coimbra, certaines zones de l’Alentejo ou du Nord intérieur affichent des croissances annuelles de prix dépassant souvent 15 %, voire 30 % dans les cas extrêmes (Terras de Trás-os-Montes, par exemple, a vu ses prix bondir de plus de 34 % sur douze mois). Ces marchés restent très loin des niveaux de Lisbonne ou Cascais, mais rattrapent une partie de leur retard, d’autant qu’ils attirent de plus en plus d’acheteurs nationaux, exclus des grandes métropoles pour des raisons de budget.

Pour l’investisseur, l’enjeu au Portugal n’est donc plus de « tout acheter, partout », mais de choisir son camp : préserver le capital dans les zones prime (Lisbonne intra-muros, Cascais, Algarve haut de gamme), ou viser le rendement dans les villes secondaires, les banlieues en développement et certains territoires intérieurs.

Grèce : un marché encore en rattrapage, porté par le tourisme et la rareté de l’offre

La Grèce se distingue par un mélange assez rare : une économie qui affiche une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro (autour de 2,1 % en 2025, 2,3 % attendus en 2026), un tourisme qui bat record sur record, et un parc de logements incapable de suivre le rythme.

8,7

En 2024, les prix résidentiels ont augmenté en moyenne de 8,7 % en Grèce.

En parallèle, la Grèce souffre d’un déficit chronique d’offre neuve. En 2025, à peine plus de 23 000 permis de construire ont été délivrés sur les huit premiers mois, en baisse de près de 25 % sur un an. Dans les grandes villes, on estime le manque de logements (à vendre ou à louer) à environ 180 000 unités ; plus de 150 000 logements ont été basculés en location de courte durée sur AirBnB et consorts, ce qui a encore réduit le stock disponible pour la location longue. Le déficit structurel de construction est chiffré à environ 5 000 logements par an par rapport aux besoins.

Ce déséquilibre alimente une pression très forte sur les loyers : entre 2019 et 2024, les loyers à Athènes ont bondi de plus de 50 %, alors que les revenus n’ont progressé que d’environ 27 %. L’inflation des loyers a culminé à plus de 11 % en juin 2025, avant de ralentir un peu mais de rester très supérieure à l’inflation générale. En novembre 2025, les loyers mesurés dans l’indice des prix à la consommation affichaient encore +8,6 % sur un an.

Dans ce contexte, la hausse des prix reste alimentée par un cocktail puissant : pénurie de logements bien situés et énergétiquement performants, boom touristique, flux de capitaux étrangers (près de 2,7 milliards d’euros d’IDE immobilier net en 2024, soit presque 40 % des flux totaux), et cadre de résidence par investissement (Golden Visa) toujours actif malgré un durcissement des seuils.

Tableau 2 – Zoom sur quelques marchés phares et leurs chiffres clés

Marché localPrix moyen / fourchette (€/m²)Évolution récente des prixRendements & indicateurs clés
Lisbonne (Portugal)~5 150 €/m² (début 2026)+4,1 % en 2025 puis correction ‑5,2 % sur un anRendements bruts ~4–6 %, marchés locatifs tendus
Porto (Portugal)~3 420 €/m²Croissance ralentie (+5,8 %), ‑4,1 % début 2026Yields 5–7 %, forte demande locative étudiante
Algarve (Portugal)~3 200–3 500 €/m²+16,6 % en 2025, croissance plus posée ensuiteLocation saisonnière jusqu’à 8–10 % en haute saison
Athènes centre (Grèce)~2 900–4 000 €/m²+11,8 % sur un an pour les prix demandésRatio prix/loyer ~17–18 ans, yields 4–6 %
Athens South / Riviera~4 000–8 000 €/m² (jusqu’à 10 000)+9–10 % sur un an, plateau sur les très hauts prixYields compressés ~3,8 %, forte valorisation
Thessalonique (Grèce)~2 300–3 000 €/m²+10–11 % en 2025, jusqu’à +11 % en 2026Occupation locative 90–95 %, yields attractifs

Ces quelques repères suffisent à comprendre que le choix entre États-Unis, Portugal et Grèce ne peut pas se réduire à un simple arbitrage de rendement. Il s’agit plutôt de placer le curseur entre trois logiques : un marché massif et sophistiqué (USA), un marché européen en voie de stabilisation après un boom (Portugal), et un marché méditerranéen encore en rattrapage rapide, tiré par le tourisme et la rareté (Grèce).

Rendements locatifs : volume de cash ou arbitrage risque–rendement ?

Pour qui investit à distance, souvent avec un levier modéré et une intention de location longue ou saisonnière, le rendement locatif brut est un indicateur clé. Mais il ne dit pas tout : la volatilité des loyers, la stabilité de la demande, la fiscalité et les coûts d’exploitation peuvent profondément modifier l’équation.

États-Unis : un rendement moyen élevé, mais très hétérogène

Au niveau mondial, les États-Unis se situent dans le haut du tableau en termes de rendement locatif : autour de 6,5 % bruts en moyenne, ce qui est classé comme « bon » dans les comparatifs internationaux. Ce chiffre agrège des réalités très différentes : une petite maison à louer dans une ville secondaire du Midwest peut rapporter 8 % ou plus, tandis qu’un appartement de standing à Manhattan ou San Francisco se contentera souvent de 3 à 4 % bruts.

Les marchés « Sun Belt » (Dallas–Fort Worth, Houston, Nashville, Phoenix, Tampa, Miami, etc.) continuent d’attirer les capitaux grâce à une combinaison rare : croissance démographique et de l’emploi supérieure à la moyenne nationale, politiques de construction relativement permissives, mais toujours un déficit structurel de logements abordables. Ces marchés absorbent mieux les nouvelles livraisons de logements que certaines métropoles côtières et offrent encore des rentabilités intéressantes, notamment sur le multifamilial et le build-to-rent.

Astuce :

Deux nuances clés pour l’investisseur étranger : les coûts d’exploitation (taxes foncières, assurances, maintenance) peuvent être très élevés selon les États, réduisant le rendement net ; la fiscalité et la réglementation varient fortement entre États, notamment pour les droits des bailleurs et locataires. Ainsi, un rendement brut moyen de 6,5 % n’est pas directement comparable à un 5 % au Portugal ou en Grèce, les charges étant structurellement différentes.

Portugal : rendement modéré au national, mais poches de 6–8 % dans les villes secondaires

Au Portugal, les données montrent un rendement national oscillant entre 4,3 et 4,6 % bruts selon les sources, avec des estimations montées jusqu’à 5,6 % dans certaines études. Dans le classement global des pays, le Portugal apparaît comme un marché à rendement « modéré », légèrement au-dessus de la moyenne de l’UE.

Mais ici encore, tout dépend du micro-marché et du type de bien :

Rendements immobiliers au Portugal

Synthèse des rendements locatifs selon les régions : Lisbonne/Cascais, villes secondaires et zones touristiques comme l’Algarve et Madère.

Lisbonne et Cascais

Forte hausse des prix comprime les rendements. Yields bruts de 4 à 5 % pour T1/T2 bien situés, parfois moins dans les quartiers prisés.

Villes secondaires

Ratios prix/loyers favorables : Coimbra T1 à 92k€ loué 670€/mois (8,8% brut), Braga T1 à 117k€ loué 580€/mois (6% brut), Vila Nova de Gaia T1 à 151k€ loué 720€/mois (5,7% brut).

Algarve et Madère

Location courte durée : rendements bruts de 8 à 10% ou plus en haute saison, avec saisonnalité forte et coûts d’exploitation élevés (gestion, ménage, marketing).

Une caractéristique importante du Portugal est que les petites surfaces (T1) maximisent généralement le rendement en pourcentage, grâce à un meilleur ratio loyer/prix. Dans presque toutes les villes, les T1 offrent des yields plus élevés que les T2 ou T3, même si ces derniers peuvent être plus liquides à la revente ou mieux adaptés à une stratégie familiale.

Grèce : bon rendement moyen, mais écarts extrêmes entre centre populaire et Riviera premium

La Grèce affiche des rendements bruts moyens proches de ceux du Portugal : autour de 4,4 % dans certains classements mondiaux, avec d’autres études les situant plutôt à 5,2 % en moyenne. Une analyse détaillée de plus de 80 quartiers montre un rendement brut moyen proche de 4,7 %, avec un rendement net moyen autour de 3,2 %, pour un prix médian de l’ordre de 238 000 € et un loyer moyen d’environ 1 050 €/mois.

Là encore, les contrastes sont frappants :

8.25

Des petits appartements rénovés dans le centre historique d’Athènes peuvent générer jusqu’à 8,25 % de rendement annuel via la location touristique de courte durée.

L’intérêt de la Grèce, du point de vue du rendement, tient donc dans cet écart entre un prime sur-valorisé (Riviera, Mykonos, Santorin) et un gisement encore abordable de petits biens urbains, avec une demande locative très solide, notamment étudiante, touristique ou liée au télétravail.

Politiques publiques, visas et fiscalité : un facteur décisif

Un investisseur ne choisit pas seulement un marché pour ses chiffres bruts. Les règles du jeu – fiscalité, réglementation locative, régimes de visa, sécurité juridique – comptent au moins autant, surtout pour qui investit en tant qu’étranger.

Portugal : fin du Golden Visa immobilier, mais panoplie de visas de résidence et fiscalité ajustée

Le Portugal a profondément remanié son arsenal en 2023–2025. Le Golden Visa par achat immobilier a été supprimé, dans un contexte de crise d’accessibilité au logement et de pression politique. Les nouvelles demandes ne peuvent plus s’appuyer sur un simple achat de bien ; les voies encore ouvertes passent par des fonds d’investissement (minimum 500 000 €), des projets de recherche, de création d’entreprise ou des dons culturels.

Cela ne signifie pas que le pays ait fermé la porte aux étrangers. Au contraire, il conserve une panoplie de visas attractifs :

Visas portugais disponibles

Voici les principales options de visa pour s’installer au Portugal, adaptées à différents profils et budgets.

Visa D7 (Revenus passifs)

Seuil d’environ 920 € de revenus mensuels pour une personne, permettant une résidence avec plus de 183 jours par an. L’un des plus accessibles en Europe.

Visa Nomade Digital

Destiné aux travailleurs à distance, avec justification d’un revenu suffisant. Environnement fiscal désormais plus encadré depuis la fin de l’ancien régime NHR.

Golden Visa (Investisseur)

Ticket minimum de 500 000 € via des fonds régulés par la CMVM. Autres catégories : don culturel de 250 000 €, investissements dans la recherche, création d’emplois.

Sur le plan fiscal, le gouvernement a tenté de répondre à la crise du logement par un cocktail de mesures parfois contradictoires : d’un côté, réduction de la TVA à 6 % pour certains logements neufs sous 648 000 €, baisse de l’impôt sur le revenu locatif à 10 % pour les baux répondant à des critères de « loyers modérés » ; de l’autre, hausse des droits de mutation (IMT) sur les transactions haut de gamme pour les non-résidents, restrictions sur les licences de location touristique dans Lisbonne et Porto, et un projet de taux forfaitaire de 7,5 % d’IMT pour les acheteurs non-résidents, qui alourdirait sensiblement la facture des investisseurs.

Le message implicite est clair : le Portugal cherche à privilégier la production de logements abordables et la stabilité à long terme, tout en continuant d’accueillir des capitaux étrangers, mais de façon plus ciblée et moins spéculative.

Grèce : Golden Visa durci, mais toujours opérationnel, et fiscalité immobilière stabilisée

La Grèce, au contraire, a choisi de maintenir son Golden Visa immobilier, tout en élevant les seuils de façon spectaculaire. Depuis 2024–2025, trois catégories coexistent :

– Une zone « premium » (Attique, Thessalonique, Mykonos, Santorin, grandes îles de plus de 3 100 habitants) avec un ticket minimum de 800 000 €, pour un bien d’au moins 120 m².

– Une zone « standard » couvrant le reste du pays, avec un seuil de 400 000 €, également pour des biens d’au moins 120 m².

– Une voie préférentielle à 250 000 € destinée aux projets de conversion de bâtiments commerciaux en logements, ou à la rénovation de bâtiments classés, accessible partout, sans contrainte de surface minimale.

Bon à savoir :

La Grèce cherche à réduire la spéculation dans les zones tendues comme Athènes, la Riviera et les îles touristiques tout en orientant les investissements vers la rénovation de bâtiments existants et les régions moins saturées.

Sur la fiscalité, la Grèce a récemment adopté un régime relativement lisible pour l’investisseur étranger :

Les droits de mutation se situent autour de 3,09 % de la valeur objective, ce qui, combiné aux honoraires de notaire, d’avocat et aux frais de cadastre, conduit à des coûts d’acquisition totaux d’environ 5 à 7 %.

L’impôt foncier (ENFIA) est calculé sur la valeur cadastrale, avec un barème par m² et des coefficients selon l’emplacement ; il reste, pour l’instant, à un niveau acceptable pour la majorité des biens, même si les villas des îles peuvent supporter des montants annuels significatifs.

– Le capital gain tax sur les particuliers… est en réalité suspendu depuis plus de dix ans. Officiellement fixé à 15 %, il a été repoussé chaque année depuis 2013, et la suspension court encore jusqu’à fin 2026. En pratique, un particulier revendant un bien avant cette date ne paie donc pas d’impôt sur la plus-value en Grèce, même en tant que non-résident.

Astuce :

Pour un investisseur étranger, ce point ouvre une fenêtre de quelques années où l’essentiel de la fiscalité se concentre sur les loyers, tandis que la plus-value potentielle reste hors radar. L’impôt dans le pays de résidence fiscale, comme pour un Américain, peut être atténué par le crédit d’impôt pour impôt étranger.

États-Unis : un cadre sophistiqué, mais fragmenté et parfois lourd

Du côté américain, la complexité ne vient pas tant du fédéral que des États et des collectivités locales.

Sur le plan macro, la fiscalité immobilière reste globalement stable : pas de révolution comparable à ce que l’on observe au Portugal ou en Grèce. Les enjeux résident plutôt dans :

– La variation extrême des taxes foncières (property taxes) d’un État ou d’un comté à l’autre, qui peuvent représenter plus de 2 % par an de la valeur du bien dans certains marchés, grevant d’autant le rendement net.

– Les différences d’encadrement des loyers, de procédures d’expulsion et de protection des locataires, qui conditionnent la sécurité juridique des flux locatifs.

– La fiscalité sur les plus-values et les loyers, modulée par les statuts (personne physique, LLC, REIT, etc.), mais globalement prévisible à l’échelle fédérale.

Pour un investisseur international, la principale complexité tient à la superposition de ce régime avec sa propre fiscalité d’origine, et au besoin de structurer ses investissements via des véhicules adaptés (sociétés, fonds, REITs), souvent avec l’aide de conseils spécialisés.

Risque, liquidité, horizon de temps : comment arbitrer ?

La comparaison chiffrée ne suffit pas à trancher. Reste la question de la nature du risque, de la profondeur du marché et de l’horizon d’investissement.

Les États-Unis offrent, de très loin, la meilleure liquidité : un marché profond, des volumes de transactions colossaux, une diversité d’actifs (logement, logistique, data centers, santé, résidences seniors, student housing, etc.) et une abondance de produits financiers (REITs, fonds, dettes, club deals) qui permettent d’ajuster finement son exposition. C’est clairement le terrain de jeu privilégié de l’investisseur qui recherche un couple rendement/risque institutionnel, avec une capacité à entrer et sortir plus facilement, au prix d’une complexité de structuration et d’une exposition à des cycles sectoriels parfois violents (bureaux, retail).

Bon à savoir :

Le Portugal offre un marché de taille modeste mais très ouvert aux capitaux internationaux, avec une sécurité juridique et bancaire élevée, et l’avantage de la zone euro. L’investissement se fait à moyen ou long terme : préservation de capital dans les zones premium, diversification avec 6-7% de rendement brut dans les villes secondaires, ou paris touristiques mesurés sur l’Algarve, Madère ou l’Alentejo. La correction récente à Lisbonne et Porto crée des points d’entrée plus raisonnables pour une vision sur 10-15 ans.

La Grèce, enfin, propose une combinaison plus atypique : un marché encore relativement bon marché au regard de son potentiel touristique et de sa trajectoire macro, mais exposé à des risques spécifiques (pénurie chronique de logements, tension sociale liée à l’accessibilité, risques réglementaires sur la location courte durée, complexité bureaucratique). L’horizon d’investissement y est plutôt long, avec un potentiel de valorisation intéressant dans les prochaines années, notamment hors des micro-marchés déjà « européens » (Mykonos, Santorin, front de mer d’Athènes). Pour un investisseur prêt à accepter une part d’illiquidité et de complexité administrative, le pays offre des rendements attractifs et une fenêtre fiscale particulièrement favorable sur la plus-value à court/moyen terme.

Alors, où investir en 2026 ?

La réponse dépend moins du pays que du profil de l’investisseur.

Celui qui cherche un marché ultra-professionnel, avec des véhicules d’investissement sophistiqués, une profondeur de capitaux et une exposition à de grands thèmes structurels (data centers, logistique, résidences seniors, multifamily) sera naturellement attiré par les États-Unis. En 2026, le timing est plutôt favorable : les valorisations ont corrigé dans beaucoup de segments, les taux commencent à refluer, et les prévisions de rendement reposent davantage sur des flux de loyers que sur l’illusion d’une compression infinie des taux de capitalisation.

Astuce :

L’investisseur recherchant un équilibre entre qualité de vie, sécurité juridique, cadre européen et rendement raisonnable doit examiner le Portugal. Bien que le pays ne soit plus l’eldorado des années passées, il reste attractif en Europe du Sud en dehors des circuits traditionnels (Braga, Aveiro, Coimbra, Setúbal, zones moins saturées de l’Algarve). La fin du Golden Visa immobilier et le durcissement des règles de location courte durée exigent des stratégies plus fines, mais ne remettent pas en cause l’intérêt fondamental du marché.

Enfin, l’investisseur en quête de potentiel de rattrapage, de rendement supérieur et d’une exposition forte au tourisme trouvera en Grèce un terrain particulièrement stimulant. L’augmentation rapide mais encore incomplète des prix, la rareté de l’offre neuve, les rendements locatifs parfois supérieurs à 6–7 % sur les petits formats, la fenêtre fiscale sur les plus-values, tout cela forme un ensemble difficile à ignorer. Il impose toutefois une approche très sélective : éviter les micro-marchés déjà à des prix « suisses » pour des rendements comprimés, privilégier les zones où la demande locative est solide (Thessalonique, quartiers centraux ou en reconversion d’Athènes, villes universitaires, îles bien desservies mais encore abordables), et s’entourer impérativement de conseils locaux pour naviguer dans la bureaucratie et les nouvelles règles sur les locations touristiques.

En 2026, il n’existe pas de réponse universelle à la question « États-Unis vs Portugal vs Grèce : où investir ? ». Il existe, en revanche, une certitude : le temps des paris globaux sur une hausse généralisée est terminé. Le rendement se jouera, dans les trois pays, au niveau des micro-marchés, de la qualité des actifs, de la structure de financement et de la capacité des investisseurs à lire les signaux faibles – qu’ils viennent de la Fed, de la Banque du Portugal ou de la Banque de Grèce.

Analyse de marché 2026

Pour celui qui saura conjuguer ces paramètres, ces trois destinations ne s’opposent pas : elles se complètent. Rien n’empêche de combiner, par exemple, une exposition liquide à l’immobilier américain via des véhicules cotés, quelques appartements bien choisis dans des villes secondaires portugaises à 6–7 % de rendement brut, et un ou deux actifs ciblés en Grèce, positionnés sur le télétravail ou le tourisme haut de gamme. Dans un monde où l’immobilier est redevenu une affaire de précision plutôt que de marée montante, cette diversification géographique et sectorielle pourrait bien être la vraie réponse à la question posée.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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