Comment acheter un bien immobilier aux États-Unis quand on est étranger

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une maison ou un appartement aux États-Unis fait rêver beaucoup d’étrangers : marché immense, cadre juridique solide, dollar fort, loyers stables. Mais dès qu’on plonge dans les détails – visas, ITIN, banques, fiscalité, FIRPTA, LLC, notaires, titres de propriété – le rêve peut vite ressembler à un labyrinthe.

Bon à savoir :

Le cadre légal américain est simple : presque tout le monde peut acheter, sans condition de nationalité ni de résidence. Les principales difficultés concernent le financement, la fiscalité et l’organisation pratique.

Cet article propose un guide étape par étape, en français, pour comprendre comment acheter un bien immobilier aux États-Unis quand on est étranger, en s’appuyant sur les données et mécanismes réellement utilisés par les investisseurs internationaux.

1. Ce qu’il faut comprendre avant de commencer

Avant de parler de banques ou de signatures, il faut clarifier trois idées clés : la légalité de l’achat, l’absence de lien avec l’immigration et le rôle des États fédérés.

Les lois fédérales américaines n’interdisent pas aux étrangers de posséder de l’immobilier. Un non-résident peut acheter une maison individuelle, un condo, un duplex, un immeuble de rapport, un local commercial ou industriel. Le principe de base est le même qu’un citoyen : propriété pleine et entière.

Bon à savoir :

Il n’est pas nécessaire d’avoir un visa, une carte verte ou de se rendre sur le sol américain pour devenir propriétaire. L’achat peut être réalisé entièrement depuis l’étranger via une procuration et une signature à distance devant un notaire américain ou un consulat.

Le deuxième point, souvent mal compris, est que la propriété d’un bien immobilier ne donne aucun avantage migratoire. Acheter un appartement à Miami ou une maison à Houston ne facilite pas l’obtention d’un visa, ne crée pas de droit à la carte verte, et n’a rien à voir avec les programmes type EB‑5, qui reposent sur d’autres critères (montant et nature de l’investissement, création d’emplois, etc.).

Exemple :

Même si le fédéral autorise largement la propriété étrangère, certains États imposent des limites ciblées, notamment pour les terres agricoles ou les terrains proches d’installations militaires. D’autres ont adopté des règles spécifiques pour certains pays. Par exemple, on peut librement acheter un condo à New York, mais des vérifications supplémentaires peuvent être nécessaires pour des terres agricoles au Texas ou en Floride.

2. Préparer son profil d’acheteur étranger

Acheter aux États-Unis suppose de prouver son identité, sa capacité financière et – dès qu’il y a des loyers ou une revente – de s’inscrire dans le système fiscal américain. Trois éléments reviennent systématiquement : le passeport, le numéro fiscal (ITIN) et un compte bancaire local.

Le document central d’identité est le passeport. Il est recommandé qu’il soit valide pour au moins douze mois à partir du début du projet, car il sera demandé pour la banque, l’ITIN, la signature chez le « title company » ou l’avocat, et parfois par les assureurs.

Bon à savoir :

Pour déclarer des revenus américains (loyers, plus‑values), ouvrir un compte bancaire ou demander un crédit immobilier, les non‑résidents sans SSN doivent obtenir un ITIN (Individual Taxpayer Identification Number) délivré par l’IRS.

L’ITIN s’obtient via le formulaire W‑7, accompagné d’un passeport (ou copie certifiée) et d’un motif clair (par exemple : investissement locatif, dépôt de déclaration, etc.). La demande peut être faite à distance ou sur place, souvent avec l’aide d’un « Certifying Acceptance Agent ». Les délais de traitement annoncés par l’IRS vont de 7–11 semaines à environ 3 mois selon les sources.

Astuce :

Pour investir aux États-Unis, il est fortement recommandé, voire exigé, d’avoir un compte bancaire américain. Il sert à gérer le dépôt de garantie (earnest money), régler les frais de clôture, recevoir les loyers, payer les taxes foncières et les charges courantes. Pour l’ouvrir, les banques demandent généralement un passeport, un ITIN ou SSN, une preuve d’adresse (dans le pays d’origine ou aux USA) et parfois une lettre de référence de votre banque d’origine. L’ouverture à distance est possible mais plus compliquée que sur place ; beaucoup d’investisseurs en profitent pour le faire lors d’un voyage de repérage.

3. Structurer l’acquisition : à son nom ou via une société ?

La prochaine grande décision concerne la structure juridique de détention : acheter en nom propre ou via une entité (LLC, société étrangère, trust, etc.). Cette question touche à la responsabilité civile, à la fiscalité sur les revenus et à la succession.

La manière la plus simple consiste à acheter en nom propre. C’est courant pour une résidence secondaire non louée, utilisée par la famille pour les vacances ou les études des enfants. On signe l’acte à titre personnel, on déclare directement les revenus locatifs (s’il y en a) et on supporte personnellement les risques liés au bien (litiges, sinistres, etc.).

Attention :

La LLC américaine permet d’isoler le bien des actifs personnels, limitant les risques locatifs et accidentels. C’est aussi un outil de structuration fiscale et successorale, mais son utilisation n’est pas générique et dépend du pays de résidence, de la taille de l’investissement, de la situation familiale et des conventions fiscales.

On peut aussi passer par une société étrangère. Cela peut, dans certains cas, limiter l’exposition à l’« estate tax » américaine (impôt sur la succession) pour les non‑domiciliés, qui n’ont qu’un abattement de 60 000 dollars environ sur les actifs américains, là où les citoyens ou résidents disposent d’un plafond beaucoup plus élevé. En contrepartie, ce type de montage peut complexifier la fiscalité dans le pays d’origine, activer des règles sur les sociétés étrangères contrôlées, ou modifier le traitement des dividendes.

Attention :

Les experts insistent sur la nécessité de réfléchir à l’architecture globale avant même de formuler une offre d’achat, car changer de structure après coup n’est jamais neutre fiscalement.

4. Monter son équipe locale : un passage obligé

Un achat à distance réussi repose sur une équipe. Le système américain repose moins sur les notaires publics qu’en Europe continentale et davantage sur un réseau d’acteurs privés : agent immobilier, « title company », avocat, comptable, banquier, inspecteur du bâtiment, gestionnaire.

Bon à savoir :

L’agent doit être licencié dans l’État du bien, idéalement membre de la NAR et certifié CIPS pour les acheteurs internationaux. Il aide à analyser, négocier et coordonner jusqu’à la clôture. Sa commission est souvent payée par le vendeur, mais les honoraires de l’agent acheteur sont désormais négociables : clarifiez le paiement avant les visites.

Dans plusieurs États (« attorney states » comme New York, New Jersey ou Caroline du Sud), l’intervention d’un avocat est obligatoire pour rédiger ou valider les contrats, effectuer les recherches de titre et prendre en charge la clôture. Dans d’autres (« escrow states » comme la Californie ou la Floride), une « title company » peut jouer ce rôle opérationnel. Dans tous les cas, pour un étranger, faire relire le contrat et l’acte par un avocat spécialisé en immobilier et habitué aux non‑résidents est vivement conseillé.

Bon à savoir :

Un comptable fiscaliste ou CPA spécialisé dans les non-résidents (NRA) est essentiel dès qu’il y a des loyers ou une plus-value. Il peut conseiller sur l’élection fiscale Section 871(d) pour imposer le revenu net au lieu des 30% sur le brut, et préparer les formulaires FIRPTA lors de la revente.

À cette équipe s’ajoutent l’expert en prêts (banque ou courtier), l’inspecteur immobilier certifié pour vérifier l’état du bien, et, si le projet est locatif, le gestionnaire de biens (property manager) qui se chargera de la location, des encaissements et des réparations.

5. Financer son achat : cash, crédit ou montages alternatifs

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’investisseurs, il n’est pas obligatoire de payer comptant pour acheter un bien aux États‑Unis. De plus en plus de banques et de prêteurs spécialisés proposent des prêts aux étrangers, mais avec des conditions plus strictes que pour un résident américain.

La plupart des programmes destinés aux non‑résidents exigent un apport compris entre 25 % et 40 % du prix d’achat, parfois 50 % pour des terrains ou des biens très spécifiques. On est loin des 3–5 % qu’un citoyen américain peut mettre sur une résidence principale avec un prêt « FHA » ou un autre dispositif soutenu par l’État fédéral. De plus, l’accès à ces programmes fédéraux est, en pratique, fermé aux étrangers non résidents.

0,5 à 1

Les taux des portfolio loans pour les étrangers sont généralement supérieurs de 0,5 à 1 point par rapport au marché domestique.

Parmi les produits les plus adaptés aux investisseurs internationaux se trouvent les prêts basés sur le ratio de couverture de la dette (DSCR, Debt Service Coverage Ratio). Ici, la banque ne se focalise pas sur votre salaire ou votre historique d’emploi, mais sur la capacité du bien à générer des loyers suffisants pour couvrir le remboursement. Si le loyer estimé ou réel couvre la mensualité, le dossier peut être accepté, parfois jusqu’à 70–80 % de financement, y compris sans historique de crédit américain.

Bon à savoir :

En plus des prêts classiques, il existe des options variées (taux fixe 10-30 ans, taux révisable, crédit relais, offres pour expatriés). Tous nécessitent un dossier complet incluant preuves de revenus, relevés bancaires sur 6 mois et réserves équivalant à plusieurs mois de mensualités.

Pour ceux qui préfèrent s’affranchir des contraintes bancaires, le paiement comptant reste courant. Selon les statistiques, près de la moitié des achats d’étrangers se fait en cash. Ce choix peut séduire un vendeur (offre plus simple, délais réduits) mais implique de mobiliser beaucoup de capital. Il faut aussi garder à l’esprit qu’aux États‑Unis, tout paiement cash supérieur à 10 000 dollars fait l’objet de déclarations aux autorités de lutte contre le blanchiment, et le chemin des fonds doit être justifié.

6. Le processus d’achat pas à pas

Une fois la structure et le financement clarifiés, le parcours concret suit une trame assez standard dans la plupart des États. La principale différence, par rapport à un acheteur américain, vient des délais supplémentaires pour l’ITIN, les virements internationaux ou la vérification de documents étrangers.

La première étape consiste à déterminer son budget et sa stratégie : résidence de vacances, logement pour un enfant étudiant, investissement locatif à long terme. Ce choix oriente le type de bien (maison individuelle, condo, immeuble) et l’emplacement (grandes métropoles, villes secondaires offrant de bons rendements, zones touristiques pour la location saisonnière).

Une fois la cible définie, on commence les recherches, souvent en ligne, via les portails immobiliers ou les outils de son agent. Des visites physiques sont idéales, mais de plus en plus d’acheteurs procèdent via des visites virtuelles, vidéos détaillées et rapports photo, en s’appuyant sur l’expertise de leur équipe locale.

1-3

Le dépôt de garantie représente typiquement 1 à 3 % du prix d’achat, pouvant être plus élevé sur les marchés tendus.

Le vendeur peut accepter, refuser ou faire une contre‑offre. Une fois l’accord trouvé, les parties signent un contrat de vente définitif. Ce document est juridiquement contraignant et organise la suite : inspections, financement, clôture.

Astuce :

Une période d’inspection d’environ dix jours s’ouvre, durant laquelle un inspecteur certifié examine la structure, la toiture, l’électricité, la plomberie et la présence de nuisibles, et produit un rapport détaillé. Selon les régions, des contrôles spécifiques (radon, termites, plomb) s’ajoutent. En cas de défauts majeurs, l’acheteur peut négocier des réparations, une baisse de prix, ou renoncer à la transaction sans pénalité si le contrat le permet.

En parallèle, le prêteur (si financement) commande une évaluation indépendante pour confirmer que la valeur du bien justifie le montant du prêt. La banque ne financera pas plus qu’un pourcentage prédéfini de cette valeur expertisée, même si l’acheteur propose un prix supérieur.

L’autre volet de la due diligence est juridique. Une « title company » ou un avocat réalise une recherche de titre sur au moins 30 ans, pour vérifier que le vendeur est bien le propriétaire, qu’il n’y a pas de privilèges impayés (hypothèques anciennes, impôts fonciers, jugements), de servitudes cachées ou‎ de problèmes de succession. Cette étape est cruciale, car contrairement aux systèmes notariaux certains des pays d’origine, le registre foncier américain n’est pas garanti à 100 %. C’est justement pour pallier ces incertitudes qu’existe l’assurance‑titre.

À l’issue de ces vérifications, si tout est satisfaisant, la banque émet l’accord final de prêt, et la date de clôture est confirmée.

7. La clôture (« closing ») et les frais à prévoir

La clôture est le moment où la propriété change officiellement de mains. Elle se déroule soit chez l’avocat, soit à la « title company », soit à distance via un « mail‑away closing » ou une procuration signée devant un notaire américain ou un consulat.

Bon à savoir :

Le jour du closing, l’acheteur signe l’acte de transfert, le contrat de prêt, une déclaration sur la source des fonds et des formulaires fiscaux. Il verse le solde (apport moins l’acompte déjà versé) ainsi que les frais de clôture. Une fois les fonds reçus et les documents enregistrés au comté, la propriété est transférée et les clés sont remises.

Les délais entre la signature du contrat et le closing varient. Pour un acheteur résident qui finance par un prêt classique, il faut souvent 30–45 jours. Pour un étranger, les transactions financées prennent plutôt 45–90 jours, en tenant compte des demandes bancaires et des transferts internationaux. En cas de paiement cash, le processus peut être compressé à 2–4 semaines si tous les acteurs sont prêts.

2–5

Les frais de clôture représentent généralement 2 à 5 % du prix d’achat d’un bien immobilier.

Un tableau simplifié permet de visualiser les ordres de grandeur usuels.

Poste de fraisQui paie le plus souvent ?Fourchette typique (en % du prix)
Assurance‑titre (owner + lender)Acheteur~0,5 % à 1 %
Recherche et enregistrement du titreAcheteur~0,2 % à 0,5 %
Honoraires avocat / title companyAcheteur~0,5 % à 1 %
Taxes de transfert / timbreAcheteur / vendeur (État)~0,05 % à 3 % (selon État)
Frais de dossier bancaire / évaluationAcheteur~0,5 % à 1 %
Commission d’agent immobilierVendeur (souvent)~3 % à 6 % (partagée entre agents)

Sur un bien à 300 000 dollars, les frais à la charge de l’acheteur peuvent ainsi se situer entre 3 000 et 15 000 dollars en plus de l’apport. Il faut y ajouter l’assurance habitation, parfois exigée dès le closing si un prêt est en place.

8. Titres de propriété et assurance‑titre : une spécificité américaine

Pour un investisseur européen habitué à la sécurité apparente d’un registre foncier centralisé et d’un notariat puissant, le rôle de l’assurance‑titre américaine est souvent déroutant. Aux États‑Unis, les archives immobilières sont plus fragmentées et peuvent contenir des erreurs ou omissions. Résultat : des contentieux peuvent surgir des décennies après un transfert.

Astuce :

L’assurance‑titre est une police d’indemnisation qui protège l’acheteur (owner’s policy) et le prêteur (lender’s policy) contre les pertes financières liées à des défauts de titre antérieurs à l’achat. Elle couvre, par exemple, la découverte d’un héritier oublié, d’une hypothèque ancienne non radiée, d’un acte falsifié ou d’un enregistrement erroné. Si un tiers parvient à faire annuler ou limiter votre droit de propriété, l’assureur indemnise la perte (dans la limite du montant assuré) et prend à sa charge les frais de défense.

La prime est payée une fois, à la clôture. Pour l’acheteur, le coût moyen d’une police « owner » est de l’ordre de 700 à 2 000 dollars, celui de la police « lender » d’environ 500 à 1 500 dollars. Dans certains États, les tarifs sont encadrés ; dans d’autres, il vaut la peine de comparer les offres, en regardant autant la qualité de la recherche que le prix.

Astuce :

L’assurance-titre ne couvre pas l’état physique du bien, sa conformité aux règles d’urbanisme ou les problèmes visibles lors d’une inspection. Il est crucial de ne pas négliger l’inspection au seul profit de l’assurance-titre.

Pour les étrangers, un autre niveau de complexité peut apparaître avec les lois locales dites d’« Alien Land Transfer », qui peuvent limiter, dans certains États, l’accès à certains types de terrains pour des ressortissants de pays spécifiques. Les assureurs et intermédiaires doivent parfois obtenir des attestations sur le statut du buyer. Cela ne remet pas en cause le principe d’accessibilité du marché, mais crée une couche de conformité supplémentaire.

9. Fiscalité des loyers et des plus‑values : le cadre à connaître

L’un des sujets les plus sensibles pour un acheteur étranger est la fiscalité. Elle intervient à trois niveaux : revenus locatifs, plus‑values en cas de revente, et, pour les non‑domiciliés, droits de succession.

Un non‑résident qui loue son bien aux États‑Unis est, par défaut, imposé à un taux forfaitaire de 30 % sur le loyer brut considéré comme revenu FDAP (Fixed, Determinable, Annual or Periodical). Autrement dit, sans option particulière, les charges (intérêts d’emprunt, taxes foncières, frais de gestion, entretien, amortissement) ne sont pas déductibles : le fisc applique 30 % directement sur les loyers perçus.

Astuce :

Pour éviter l’imposition de 30 % sur le brut, les investisseurs non-résidents peuvent choisir via la Section 871(d) du code fiscal de traiter les loyers comme un revenu effectivement lié à une activité aux États-Unis (ECI). Cela permet de déduire les dépenses (intérêts, taxes foncières, gestion, réparations, amortissement, etc.) et de calculer l’impôt sur le bénéfice net avec un barème progressif proche de celui des résidents. Cette élection se fait généralement avec la première déclaration de revenus et reste valable tant qu’elle n’est pas révoquée.

Les revenus doivent être déclarés chaque année à l’IRS, via une déclaration spécifique (par exemple Form 1040NR pour un non‑résident). Si les revenus sont détenus via une LLC, une société ou une structure plus complexe, d’autres formulaires peuvent s’ajouter. C’est ici que le rôle du CPA spécialisé prend toute son importance.

Bon à savoir :

En cas de revente, les plus‑values immobilières des étrangers sont imposables. Si le bien est détenu plus de 12 mois, la plus‑value à long terme est taxée à 15‑20 % selon les revenus. En dessous de 12 mois, elle est considérée comme un revenu ordinaire avec un taux pouvant atteindre 37 %. Des impôts locaux s’ajoutent dans la plupart des États, sauf ceux sans impôt sur le revenu.

Les résidents étrangers doivent en plus composer avec un dispositif spécifique : FIRPTA (Foreign Investment in Real Property Tax Act). Cette loi impose au BUYER de retenir une partie du prix de vente lorsqu’il achète un bien à un vendeur étranger et de la reverser à l’IRS à titre de retenue à la source. Le taux standard est de 15 % du prix total, pas seulement du gain. Il existe toutefois des aménagements, notamment quand l’acheteur destine le bien à sa résidence personnelle : aucun prélèvement FIRPTA si le prix est inférieur ou égal à 300 000 dollars et que l’acheteur occupe le bien ; 10 % entre 300 001 et 1 million ; 15 % au‑delà ou pour un usage investissement.

Bon à savoir :

Cette retenue est un acompte, pas un impôt définitif. Le vendeur étranger doit déclarer la plus‑value réelle pour obtenir un éventuel remboursement. Il peut aussi demander un certificat de réduction (Form 8288‑B) avant la vente si le gain attendu est faible ou nul.

Dernier volet : l’« estate tax », c’est‑à‑dire l’impôt fédéral sur les successions. Pour un citoyen américain ou un résident fiscalement domicilié, l’exonération est très élevée (de l’ordre de plusieurs millions de dollars). Pour un non‑domicilié étranger, en revanche, l’abattement sur les actifs américains est limité à 60 000 dollars. Au‑delà, les taux peuvent atteindre 40 %. Concrètement, si un non‑domicilié possède un bien immobilier américain de 500 000 dollars à son décès, sa succession pourrait théoriquement être imposée à hauteur de 40 % sur environ 440 000 dollars, sous réserve des conventions fiscales et de la structure de détention.

C’est précisément pour gérer cet enjeu que de nombreux investisseurs étrangers recourent, avec leur conseil, à des structures comme des sociétés étrangères ou des trusts, qui peuvent sortir les actifs américains du périmètre direct de l’« estate tax », tout en générant d’autres conséquences fiscales à bien maîtriser.

10. Choisir son marché et gérer à distance

Savoir comment acheter ne suffit pas : il faut aussi savoir où et comment gérer le bien une fois acquis.

Les grandes destinations traditionnelles des capitaux étrangers restent la Floride, la Californie, le Texas, New York et l’Arizona, qui concentrent une large part des achats internationaux récents. La Floride, par exemple, attire environ un cinquième des acheteurs étrangers, portée par son climat, son tourisme puissant et l’absence d’impôt sur le revenu au niveau de l’État.

Exemple :

De plus en plus d’investisseurs étrangers se tournent vers des villes du Midwest ou du Sud comme Cleveland, Kansas City, Birmingham, Toledo, Tuscaloosa, Chattanooga, Memphis, St. Louis, Cincinnati ou Milwaukee, où les loyers sont solides et les rendements locatifs bruts élevés, dans des États à législation favorable aux propriétaires comme l’Ohio, l’Indiana, le Missouri, le Tennessee ou l’Alabama.

Pour un non‑résident, la clé du succès dans ces marchés moins connus est l’organisation de la gestion à distance. Il est illusoire de penser qu’on pourra gérer directement les locataires, les réparations et les formalités depuis l’étranger. Un gestionnaire de biens professionnel devient alors incontournable. Il s’occupe de la mise en location, du filtrage des candidats, de l’encaissement des loyers, de la coordination des travaux et, si nécessaire, de la gestion des impayés et procédures d’éviction.

Bon à savoir :

Outils numériques inclus : plateformes de paiement de loyers, portails de gestion des baux, suivi en ligne des dépenses et recettes, reporting trimestriel. Les visites, remises de clés, photos d’état des lieux et rapports de maintenance peuvent être dématérialisés pour un pilotage à distance, à condition de bien choisir ses partenaires locaux.

11. Synthèse : une opération immobilière, mais aussi un projet fiscal et patrimonial

Acheter un bien immobilier aux États‑Unis en tant qu’étranger n’est ni réservé à une élite, ni une opération improvisée. Sur le plan juridique, l’accès est étonnamment ouvert : aucun besoin de visa, aucun quota de nationalité, aucune exigence de résidence. Sur le plan pratique, le processus est industrialisé : délais clairs, étapes standardisées, outils éprouvés de protection (assurance‑titre, escrow), procédures rodées de clôture à distance.

Bon à savoir :

La réussite d’un investissement immobilier aux États-Unis repose sur quatre facteurs : préparation fiscale, choix de la structure de détention (nom propre, LLC, société étrangère ou trust), qualité de l’équipe locale et compréhension des dispositifs clés (ITIN, Section 871(d), FIRPTA, estate tax, règles étatiques). La structure choisie détermine des conséquences radicalement différentes sur l’impôt sur les loyers, la plus-value et la succession.

La démarche la plus prudente consiste donc à considérer cet achat non comme un simple coup immobilier isolé, mais comme un projet patrimonial international à part entière. Cela suppose de :

Astuce :

Pour réussir son investissement immobilier, il est essentiel de : clarifier ses objectifs (usage personnel, rendement locatif, diversification en dollar, transmission) ; se faire accompagner par des professionnels qui connaissent à la fois le marché immobilier local et la fiscalité des non‑résidents ; anticiper les flux de trésorerie (apport plus 2–5 % de closing costs, plus fonds de réserve) ; et intégrer dès le départ la fiscalité sur les loyers, la plus‑value et la succession.

Une fois ces bases posées, le marché immobilier américain, avec sa taille, transparence relative et sa profondeur, peut devenir un excellent pilier de diversification pour un investisseur étranger, que ce soit dans les grandes métropoles emblématiques ou dans ces marchés secondaires à haut rendement où de nombreux investisseurs internationaux construisent déjà des portefeuilles de long terme.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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