Vivre aux États-Unis : coût de la vie, qualité de vie et réalités pour les expatriés français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer de l’autre côté de l’Atlantique fait rêver beaucoup de Français. Salaires élevés, impression de « tout est possible », dynamisme économique, rayonnement de villes comme New York, Miami ou San Francisco… Mais derrière l’image de carte postale, la réalité du quotidien peut surprendre, parfois violemment, surtout lorsqu’on vient d’un pays comme la France, où la protection sociale et certains services publics amortissent une bonne partie des chocs financiers.

Bon à savoir :

Vivre aux États-Unis implique de reconstruire son budget, son rapport au travail, à la santé et à la sécurité, et de naviguer entre deux cultures. Basé sur des comparaisons France/USA, des coûts de la vie et des témoignages d’expatriés, cet article offre un panorama nuancé de la réalité pour les Français.

Coût de la vie : un pays riche… et cher

Lorsqu’on regarde les indices globaux, la différence peut sembler modérée. Certains classements placent l’indice du coût de la vie autour de 67–69 pour les deux pays, avec des écarts de l’ordre de 2 à 12 % seulement selon les sources. Mais ces moyennes masquent de très fortes disparités selon les postes de dépenses.

Pour un Français qui arrive, l’impression est souvent double : tout n’est pas forcément plus cher, mais ce qui l’est peut devenir déterminant dans le budget, en particulier le logement, la santé, l’éducation et, dans une moindre mesure, certains services.

Une vision d’ensemble France / États-Unis

Les agrégats montrent une structure assez claire : à revenu moyen plus élevé aux États-Unis correspond un niveau de dépenses sensiblement plus important.

Indicateur (moyenne)FranceÉtats-Unis
Coût mensuel de la vie – 1 personne1 762 $2 515 $
Coût mensuel de la vie – famille4 166 $5 738 $
Salaire net mensuel moyen≈ 2 400–3 000 €≈ 3 700–5 000 $
Rang pays le plus cher (monde)28ᵉ10ᵉ
Pouvoir d’achat local (indice)~121~162

Autrement dit, la vie quotidienne est globalement plus chère aux États-Unis, mais les revenus y sont, en moyenne, nettement plus élevés. Pour un expatrié, tout l’enjeu consiste à savoir si son salaire suit réellement.

Ne pas vivre aussi bien qu’espéré et ressentir un fort stress financier.

Un couple français installé en Floride

Logement : premier poste qui fait exploser le budget

Les loyers et le prix de l’immobilier sont, pour la plupart des expatriés, le choc numéro un. L’écart entre France et États-Unis est particulièrement marqué sur ce point.

Loyer : la facture américaine

Les données comparatives montrent des loyers largement plus élevés aux États-Unis, surtout dans les grandes métropoles.

Indicateur logement (location)FranceÉtats-Unis
Loyer moyen – 1 personne (toutes villes)915 $1 593 $
Loyer moyen 1 ch. centre-ville (moyenne nationale)≈ 898 $≈ 1 671 $
Indice des loyers22,340,7
Part du budget mensuel consacrée au logement (expats)30–50 % selon la villeSouvent > 40–50 % dans les grandes villes

Les exemples par ville donnent une idée plus concrète :

Ville (appartement 1 chambre – centre-ville)Loyer moyen mensuel estimé
Paris1 500–2 400 €
Lyon800–1 300 €
Bordeaux / Toulouse / Montpellier / Nantes700–1 100 €
New York (Manhattan, 1 ch. centre)≈ 3 918 $
San Francisco (1 ch. centre)≈ 4 364 $
Miami (1 ch. centre)≈ 2 395 $
Houston (1 ch. centre)≈ 1 443 $

Un simple regard sur ces quelques villes suffit à comprendre pourquoi un cadre français, même bien payé, peut se sentir « moins riche » à New York qu’à Paris.

1000

Le loyer mensuel moyen dans les États et villes les plus abordables des États-Unis, comme l’Iowa ou la Virginie-Occidentale, est d’environ 900 à 1 000 dollars.

Acheter : prix au m², surface et fiscalité locale

Comparer l’accession à la propriété entre France et États-Unis est plus subtil. Le prix au mètre carré peut être plus élevé en France, mais la surface moyenne des logements américains est bien supérieure.

Indicateur immobilier (achat)FranceÉtats-Unis
Prix moyen au m² (national)≈ 3 141 € / m²≈ 168 $ / sq ft (≈ 1 808 $ / m²)
Surface moyenne d’un logement≈ 112 m²≈ 201 m²
Prix médian maison (national)≈ 240–270 000 €≈ 362 000 $
Taxe foncière annuelle (2 ch. à Paris)< 1 000 €Jusqu’à 12 500 $ pour équivalent CA

Deux réalités frappent particulièrement les Français :

Attention :

Aux États-Unis, le prix médian des logements à San Francisco dépasse 1,3 million de dollars, tandis que certaines villes de l’Ohio affichent moins de 60 000 $.

2. La fiscalité locale américaine (taxes foncières, school taxes, etc.) pèse lourdement, surtout dans les États à fort niveau de services locaux. Payer 10 000–15 000 $ de taxe foncière par an pour une maison confortable n’a rien d’exceptionnel dans certaines zones.

Pour un Français, l’arbitrage n’est donc pas seulement « acheter ici ou là-bas », mais « quelle ville, dans quel État, avec quelles taxes et quelles écoles à proximité ? ».

Santé : le vrai gouffre du rêve américain

Pour de nombreux expatriés français, la découverte du système de santé américain est un choc plus brutal encore que les loyers. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

L’hôpital qui ruine : l’asymétrie France / USA

En France, une consultation de généraliste conventionné tourne autour de 25–26,50 €, remboursée en grande partie par l’Assurance maladie, le reste étant souvent couvert par une mutuelle. Une hospitalisation lourde comme une prothèse de hanche coûte rarement plus de 8 000 €, intégralement prise en charge dans le cadre du système.

Aux États-Unis, les mêmes actes se chiffrent facilement par dizaines de milliers de dollars.

Acte médical (ordre de grandeur)France (reste à charge réel)États-Unis (coût brut)
Consultation généraliste≈ 10 € après remboursement100–200 $
Spécialistevariable, majoritairement remboursé150–300 $
Passage aux urgencesQuelques dizaines d’euros1 000–4 000 $ (dépôt 1 000–3 000 $)
Appendicite (hospitalisation)Quasi rien pour l’assuré15 000–30 000 $
Prothèse de hanche≈ 8 000 €, remboursés20 000–40 000 $
Accouchement (sans complication)Coût hospitalier couvert, ticket modérateur limité10 000–30 000 $ ; 5 000–10 000 $ de reste à charge fréquent

Les enquêtes économiques rappellent que la santé représente plus de 16 % des dépenses mensuelles des ménages américains. L’assurance santé devient un élément central du package de rémunération. Sans couverture adaptée, un simple passage aux urgences peut avoir des conséquences financières durables, au point que les frais médicaux sont cités parmi les principales causes de faillites personnelles aux États-Unis.

Assurance santé : postes obligatoires pour l’expatrié

Pour un expatrié français installé sur place, plusieurs options se combinent :

Astuce :

Aux États-Unis, la couverture employeur est essentielle dans les secteurs qualifiés, car elle prend en charge une partie substantielle de la prime mensuelle, sans quoi attirer des talents est quasi impossible. Pour des contrats individuels sur le marché local, les primes varient selon l’âge, l’État, la formule (HMO, PPO) et la franchise ; comptez 300 à 500 $ par mois pour une personne seule et 1 500 à 2 000 $ pour une famille avec une couverture correcte. Enfin, une combinaison avec la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et des assurances expatriés internationales permet de garder un lien avec le système français, notamment en cas de retour pour des soins lourds.

Les plafonds légaux américains de reste à charge (« out-of-pocket max ») donnent l’ordre de grandeur de l’exposition financière maximale : 9 450 $ par an pour un individu, 18 900 $ pour une famille. Et ces plafonds ne sont pas théoriques : de nombreux ménages les atteignent effectivement en cas de maladie ou d’accident.

Exemple :

Pour un Français habitué à la carte Vitale, la différence de philosophie est radicale. En France, la santé est un service public universel, dont le coût est lissé par le prélèvement obligatoire. Aux États-Unis, c’est un produit d’assurance privé, avec un risque individuel fort si l’on est mal couvert.

Éducation : du quasi-gratuit au hors de prix

L’autre grand poste où l’écart France / États-Unis est abyssal, c’est l’éducation, en particulier l’enseignement supérieur.

Université : deux mondes

En France, les droits annuels en licence restent symboliques dans les universités publiques : environ 170 € par an pour un étudiant français ou européen. Certaines grandes écoles et écoles privées montent évidemment beaucoup plus haut, mais la norme demeure un enseignement supérieur très largement subventionné.

Aux États-Unis, les frais de scolarité moyens se situent à des niveaux sans commune mesure :

Frais universitaires annuels (moyenne)France (université publique)États-Unis
Licence / Bachelor≈ 170 €≈ 10 662 $ (public in-state)
Public out-of-state≈ 23 630 $
Université privée≈ 42 162 $

Pour une famille française expatriée avec des enfants qui envisagent des études aux États-Unis, cette seule ligne suffit à changer le projet de vie. Certaines optent pour le maintien d’un lien avec le système français (études en France ou dans une université francophone), d’autres misent sur des bourses, ou sur un compromis : études de premier cycle en France, spécialisation aux États-Unis.

Scolarité des enfants d’expatriés

En matière de primaire et secondaire, la réalité est également contrastée.

Coût de l’éducation aux États-Unis

Aperçu des frais de scolarité et des disparités selon le type d’établissement et la localisation pour les expatriés.

Écoles publiques

Gratuites mais de qualité variable selon les districts, financés par les taxes foncières locales. Les expatriés choisissent souvent leur quartier en fonction de la réputation de l’école de secteur.

Écoles privées

Frais très élevés, notamment pour les écoles françaises ou bilingues : un lycée français à New York coûte environ 50 000 $ par an, tandis qu’à Austin le tarif est d’environ 25 000 $ par an.

En France, la quasi-totalité des écoles publiques (écoles, collèges, lycées) sont gratuites, la plupart des écoles privées sous contrat ont des frais très modérés, et seul un segment d’écoles internationales ou hors contrat rejoint les montants anglo-saxons.

Pour un expatrié français qui part avec des enfants, ce choix entre école publique américaine, école privée locale ou établissement français/bilingue devient une question centrale, autant éducative que budgétaire.

Vie quotidienne : alimentation, transports, services

Au-delà des grands postes structurants, le coût de la vie se joue aussi dans le quotidien. C’est souvent là que se forge le ressenti subjectif d’« être à l’aise » ou au contraire « de compter chaque dollar ».

Faire ses courses et manger dehors

Les comparaisons fines montrent que les courses alimentaires sont, globalement, un peu plus chères aux États-Unis qu’en France, mais avec des nuances.

– Un ménage français consacre typiquement 500 à 700 € par mois pour les courses de deux adultes qui cuisinent régulièrement.

– Aux États-Unis, une famille moyenne dépense un peu plus de 1 000 $ par mois en alimentation, avec de grandes variations selon l’État (Miami figurant parmi les villes les plus chères, le Midwest parmi les moins chers).

4

Le prix d’une baguette en France se situe entre 1 et 1,20 €, tandis qu’un bon vin local coûte de 4 à 8 € et les fromages ou fruits et légumes de marché de 2 à 4 € le kilo, illustrant un rapport qualité/prix plus avantageux qu’aux États-Unis.

Côté restaurants, les écarts bruts ne sont pas immenses sur l’assiette, mais la culture du pourboire change la donne :

Repas au restaurant (ordre de grandeur)FranceÉtats-Unis
Menu midi simple (plat du jour, semaine)13–18 €15–25 $ (hors pourboire)
Menu complet bistro (3 plats, hors boisson)25–35 € par personne25–40 $ (hors pourboire)
Pourboire standardService inclus, « pourboire » facultatif15–20 % quasi obligatoire

Beaucoup de Français installés à New York ou à Los Angeles expliquent que « sortir au restaurant » devient rapidement un luxe à gérer avec prudence, surtout si l’on ajoute babysitter, transports et taxes locales.

Transports et mobilité : voiture reine

L’autre grande différence du quotidien tient au mode de vie. Là où la plupart des grandes villes françaises permettent de vivre sans voiture, aux États-Unis, la voiture individuelle reste le centre de l’organisation quotidienne dans la majorité des zones.

Bon à savoir :

L’essence est moins chère au litre qu’en Europe, mais les longs trajets, l’usage fréquent et la possession de plusieurs voitures par foyer augmentent le budget transport. Les transports en commun sont développés dans certaines grandes villes (New York, Boston, Chicago, San Francisco), mais restent limités dans la plupart des métropoles et banlieues.

Pour les Français qui appréciaient en France la possibilité de tout faire à pied ou en métro, cette dépendance à la voiture est à la fois un coût et un changement de qualité de vie. Certains y voient une liberté, d’autres une contrainte (embouteillages, coût de l’assurance, entretien, stationnement).

Sécurité et qualité de vie : perceptions et réalités

Les comparaisons France / États-Unis en matière de sécurité donnent un tableau contrasté. Les chiffres de criminalité violente et d’homicides sont nettement plus élevés aux États-Unis, notamment du fait de la diffusion des armes à feu. Dans le même temps, certaines agglomérations américaines proposent un niveau de sécurité très élevé dans leurs banlieues résidentielles, parfois supérieur à des quartiers français socialement fragiles.

Statistiques clés

Indicateur sécurité (moyenne nationale)FranceÉtats-Unis
Homicides pour 100 000 habitants≈ 1,3≈ 5,6
Morts par arme à feu / 100 000 hab.≈ 0,2≈ 4,1
Indice de criminalité global (perception)~55 (modéré)~49–55 (modéré)
Sentiment de sécurité de jourÉlevéÉlevé
Sentiment de sécurité la nuitMoyen à faible selon les zonesMoyen à faible selon les zones

Un Français qui s’installe à New York, Miami ou Houston constate souvent une forte ségrégation spatiale de la criminalité : certains quartiers cumulent pauvreté, trafic de drogue et violence, tandis que les zones résidentielles aisées sont extrêmement sûres. La plupart des expatriés n’habitent pas les quartiers les plus exposés, mais la culture sécuritaire américaine (présence policière, discours médiatique, consignes de prudence) influe sur le ressenti.

Bon à savoir :

En France, la criminalité est principalement marquée par des vols (pickpockets, cambriolages), du vandalisme et autres actes de délinquance, avec un taux d’homicides beaucoup plus bas. Cependant, la perception médiatique d’une insécurité en hausse reste très présente.

Sentiment de qualité de vie

Les indices de qualité de vie placent globalement les deux pays à un niveau élevé, avec de légères variations selon les composantes :

Comparaison France vs États-Unis

Indicateurs clés comparant la France et les États-Unis sur des critères essentiels

Pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat en France est supérieur à celui des États-Unis.

Santé

La France obtient un meilleur score que les États-Unis dans le domaine de la santé.

Climat

La France bénéficie d’un avantage notable dans les index climatiques globaux grâce à une diversité climatique moins extrême.

Pollution

Le niveau de pollution est généralement un peu plus faible aux États-Unis qu’en France.

Pour un expatrié, au-delà des indicateurs, la qualité de vie se mesure aussi au rythme de travail (heures hebdomadaires, congés), à la possibilité de se sentir « en vacances » sans partir loin, et au coût psychologique de la précarité potentielle (santé, emploi).

En France, la combinaison 35 heures, cinq semaines de congés payés minimum, systeme de santé universel crée une base de sécurité qui manque à beaucoup d’Américains. Comme le faisait remarquer une expatriée américaine à Nice, même avec un salaire modeste, « on peut quand même aller au restaurant, partir en week-end, profiter de la vie », ce qu’elle jugeait beaucoup plus difficile avec un petit salaire aux États-Unis.

Être Français aux États-Unis : intégration, culture et chocs du quotidien

Au-delà des chiffres, l’expérience d’un expatrié français repose sur des ajustements culturels permanents. Certains sont amusants, d’autres éprouvants.

Travail, carrière et rapport au risque

Plusieurs entrepreneurs français installés à New York insistent sur un point : les opportunités économiques sont réelles, en particulier dans les secteurs tech, culturels ou créatifs, mais elles s’accompagnent d’une prise de risque personnelle plus élevée.

Un fondateur qui quitte la France pour monter sa start-up à Brooklyn expliquait par exemple :

– en France, la rémunération d’un dirigeant reste encadrée, les charges sociales sont lourdes, mais le système de protection amortit les échecs ;

– aux États-Unis, le fondateur est parfois le moins bien payé de l’équipe au départ, vivant essentiellement de son equity, mais peut, en cas de succès, multiplier par plusieurs la valeur de son patrimoine personnel.

Ce climat « tout est possible » séduit de nombreux Français, notamment dans les métiers de la tech et de la culture. Un entrepreneur soulignait aussi qu’à New York, « on a le sentiment de pouvoir réussir n’importe quoi si l’on lance un projet », sentiment renforcé par le dynamisme du marché et la capacité à lever des capitaux.

Chocs culturels du quotidien

Les témoignages d’expatriés français soulignent des « mini chocs » récurrents :

Exemple :

Les différences incluent la nourriture (texture, goût, « déception alimentaire chronique »), la politesse (formelle en France vs informelle aux États-Unis), l’éducation des enfants (absence d’écran pour une Française de 8 ans en Floride, récompenses financières américaines vs devoir familial), et le travail scolaire (exigence académique stricte en France vs confiance en soi et sports aux États-Unis).

Isolement, amitiés et intégration

Beaucoup de Français constatent qu’il est plus long qu’espéré de se faire de véritables amis américains. Des idées reçues sur « l’hospitalité » ou l’omniprésence de « bandes de potes » vues dans les séries se heurtent à la réalité de vies très organisées, souvent centrées sur la famille et parfois la communauté religieuse.

Personne n’ouvre réellement sa porte pour t’inviter chez lui, et demander de la farine à un voisin n’allait pas de soi.

Une Française arrivée dans le Mississippi

Beaucoup recommandent aux nouveaux arrivants de :

– s’inscrire dans des clubs, associations, salles de sport, groupes Meetup ;

– rejoindre les réseaux d’expatriés (communautés francophones dans les grandes villes, chambres de commerce, associations culturelles) ;

– accepter que la construction de liens profonds prenne des années.

Dans une ville comme New York, la communauté française est très visible : plus de 19 000 personnes nées en France y vivent, de nombreuses écoles bilingues existent et des quartiers comme Carroll Gardens à Brooklyn sont surnommés « Little France ». Pour certains, ce tissu communautaire rend l’intégration plus douce ; pour d’autres, il peut devenir une bulle qui freine l’immersion dans la culture américaine.

Fiscalité et contraintes administratives : l’envers du décor

On l’oublie souvent : s’expatrier aux États-Unis, surtout de manière durable (visa de travail, green card, naturalisation), signifie aussi entrer dans une autre logique fiscale et administrative.

Impôts américains : mondialité et sévérité

Le système américain repose sur deux principes très différents du modèle français :

1. L’auto-déclaration : chacun est responsable de calculer et déclarer lui-même ses impôts. L’erreur, même involontaire, peut coûter cher. 2. La mondialité de l’assiette : dès lors qu’on est considéré comme résident fiscal (ou citoyen, ou détenteur de green card), l’ensemble des revenus mondiaux doit être déclaré, y compris les comptes bancaires et placements restés en France.

Les autorités américaines exigent en particulier :

10 000

Seuil à partir duquel la déclaration des comptes à l’étranger via le formulaire FBAR est obligatoire, pour des comptes cumulés atteignant ce montant.

Les amendes en cas de non-déclaration peuvent être extrêmement élevées (jusqu’à 50 % du montant non déclaré par année dans certains cas), même sans volonté frauduleuse manifeste. De nombreux Français installés depuis longtemps aux États-Unis découvrent ces obligations sur le tard et doivent se tourner vers des dispositifs de « régularisation douce ».

Convention fiscale franco-américaine : éviter la double imposition… en théorie

La bonne nouvelle pour l’expatrié français, c’est l’existence d’une convention fiscale bilatérale couvrant les revenus (et une autre pour les successions et donations). Elle vise à éviter la double imposition et définit quel pays a le droit de taxer tel type de revenu.

Quelques grands principes se dégagent :

Attention :

Les salaires sont imposés dans le pays d’exercice, les retraites US restent taxables aux États-Unis, les dividendes et intérêts subissent une retenue limitée aux États-Unis avant l’imposition française avec crédit, et les plus-values immobilières sont imposées dans le pays du bien.

Cependant, cette convention ne dispense jamais un citoyen américain ou titulaire d’une green card de remplir ses déclarations fédérales. De plus, elle ne règle pas tout : les contributions sociales françaises, par exemple, ne s’articulent pas simplement avec le droit américain, et les impôts d’État (Californie, New York, etc.) n’entrent pas dans le champ du traité.

Pour un Français qui s’installe durablement aux États-Unis et conserve des biens en France, il devient indispensable de se faire accompagner par des fiscalistes qui maîtrisent les deux systèmes.

Au final : qui gagne quoi, et à quels coûts ?

En croisant les données économiques et les témoignages, une image se dessine : les États-Unis offrent des salaires moyens plus élevés, des perspectives professionnelles parfois incomparables, un marché du travail plus fluide, et un environnement où l’entrepreneuriat et la mobilité de carrière sont fortement valorisés. Mais ce « bonus » se paie en forte insécurité sociale, en charge mentale financière, et en un coût de la vie plus élevé sur les postes structurants lorsque l’employeur ne compense pas.

Bon à savoir :

En France, malgré une rémunération brute plus modeste et des charges/impôts élevés, vous bénéficiez d’un système de santé de haut niveau, d’une éducation très peu chère, de congés payés généreux et d’une sécurité élevée, créant un socle de qualité de vie rare.

Pour un expatrié français, la question n’est donc pas de savoir quel pays est objectivement « meilleur », mais plutôt de clarifier :

– quel niveau de risque financier il est prêt à accepter (maladie, chômage, accident de vie) ;

– quelle importance il accorde à la protection sociale, aux congés, au temps libre, à la scolarisation des enfants ;

– à quel point il souhaite tester ses limites professionnelles dans un environnement très compétitif, avec la possibilité de gains considérables mais aussi de revers parfois violents.

Vivre aux États-Unis, quand on vient de France, c’est accepter de troquer une partie de la sécurité contre de la potentialité. Pour certains, ce troc est un formidable moteur, pour d’autres, il devient épuisant au bout de quelques années, au point de déclencher un retour en Europe.

Réflexion d’un expatrié français

La seule erreur serait d’y aller sans lucidité, en imaginant que l’on vivra « comme en France, mais avec plus d’argent ». Les chiffres montrent au contraire qu’il faut recomposer les priorités, négocier finement son package (salaire fixe, bonus, assurance santé, retraite, scolarité), et accepter que le coût de la vie, la qualité de vie et les réalités du quotidien n’ont pas la même grammaire des deux côtés de l’Atlantique.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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