Investir dans l’immobilier à Brindisi : le guide complet pour tirer parti d’un marché sous‑coté

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Brindisi n’a pas la notoriété d’Ostuni ou de Polignano a Mare, mais c’est précisément ce qui en fait aujourd’hui un terrain de jeu intéressant pour les investisseurs. Entre un aéroport international, un port stratégique en pleine reconversion, une dynamique industrielle tournée vers l’énergie verte et un immobilier encore abordable, la ville coche de plus en plus de cases pour qui cherche du rendement sans payer les prix stratosphériques de la Valle d’Itria.

Bon à savoir :

Brindisi n’est pas encore un marché spéculatif, mais représente une opportunité rationnelle. Cette dynamique est soutenue par des loyers solides et une transformation économique profonde, comme le confirment les données récentes et les grands projets en cours.

Sommaire de l'article masquer

Brindisi dans le contexte italien et pugliese

Avant de zoomer sur les quartiers et les chiffres, il faut situer Brindisi dans le paysage immobilier italien.

La région des Pouilles affiche un prix moyen d’environ 1 430–1 440 €/m², bien en dessous de la moyenne nationale, qui tourne autour de 1 700–1 950 €/m² selon les sources. Dans ce cadre, la province de Brindisi fait partie des zones les plus dynamiques de la région : le prix moyen y atteint environ 1 699 €/m², avec une hausse d’environ 3 % en un an, alors que beaucoup de territoires du Sud restent atones.

2200

Prix moyen au mètre carré dépassant 2 200 € dans la ville de Bari, en raison de son attractivité touristique et économique.

Cette accessibilité est renforcée par un autre élément : les grands pôles touristiques de la zone, comme Ostuni ou les stations de la côte de Bari (Monopoli, Polignano a Mare), se paient désormais au prix fort, parfois plus de 2 500 €/m², avec des biens rénovés qui dépassent largement les 6 000 €/m². Brindisi se retrouve ainsi dans une position intermédiaire : moins chère que les superstars de la région, mais située au cœur des flux touristiques et économiques.

Des fondamentaux de prix encore attractifs

Pour un investisseur, la première question reste toujours la même : à combien s’achète le mètre carré, et comment se situent les loyers en face.

Les prix dans la ville de Brindisi

Les données de juillet 2025 permettent de se faire une idée très précise du marché résidentiel intra‑muros. La moyenne des prix affichés pour la vente est de 1 163 €/m², en très léger recul par rapport à l’année précédente (‑0,17 %). La ville a connu un pic récent à 1 191 €/m² fin 2024 et un point bas à 1 120 €/m² à l’automne 2023. On n’est donc pas dans une bulle, mais dans une phase de stabilisation autour d’un plateau.

7.41

Le loyer mensuel moyen par mètre carré, indiquant la stabilité du marché locatif.

Les écarts à l’intérieur de la ville sont toutefois significatifs selon les quartiers.

Tableau 1 – Prix de vente et loyers par zones de Brindisi (juillet 2025)

Zone de BrindisiPrix vente (€/m²)Loyer (€/m²/mois)
Centro Storico – Cappuccini – Commenda1 1427,85
Sant’Elia – La Rosa – Tuturano8656,80
Paradiso – Minnuta – Casale – Materdomini – Betlemme1 3556,84
Bozzano – Santa Chiara – Sant’Angelo1 2056,39
Perrino – San Pietro – San Paolo – Zone industrielle8916,21
Mitrano – Litoranea – Montenegro1 4176,08

On voit immédiatement plusieurs choses utiles pour un investisseur :

Exemple :

L’analyse du marché immobilier de Brindisi révèle trois dynamiques distinctes. Les secteurs en bord de mer (Mitrano, Litoranea, Montenegro) présentent les prix au m² les plus élevés, mais des loyers mensuels relativement contenus, ce qui compresse la rentabilité locative annuelle classique. Le centre historique et les quartiers adjacents (Cappuccini, Commenda) affichent des prix modérés et les loyers les plus élevés de la ville, en faisant un terrain privilégié pour la location nue ou meublée, y compris de moyenne durée. Enfin, les zones plus populaires comme Sant’Elia ou Perrino restent très abordables, avec un potentiel de revalorisation lié à la concrétisation des projets de renouvellement urbain.

Brindisi par rapport au reste de sa province

À l’échelle provinciale, la photographie de septembre 2025 montre un marché en progression, avec un prix moyen de 1 699 €/m² et des loyers moyens de 7,67 €/m²/mois. Le contraste entre communes est frappant : de 463 €/m² à San Donaci à 2 587 €/m² à Ostuni.

Tableau 2 – Prix moyens dans les principales communes de la province de Brindisi

CommuneVente (€/m²)Loyer (€/m²/mois)
Brindisi1 1837,68
Ostuni2 5878,55
Fasano2 0186,36
Carovigno2 1745,90
Ceglie Messapica1 4657,04
Cisternino1 6687,80
San Vito dei Normanni1 39226,61
Francavilla Fontana9596,85
Torchiarolo9935,66
Torre Santa Susanna7896,27
Villa Castelli9314,38

Ostuni, la « ville blanche », se situe clairement dans une catégorie à part, avec des prix qui avoisinent 2 600 €/m² en moyenne et montent bien plus haut sur les trulli rénovés et les masserie de prestige. Fasano et Carovigno suivent une trajectoire similaire : destinations rural‑chic, prix élevés, marché très international.

Brindisi, avec un peu plus de 1 180 €/m², occupe un positionnement médian : plus chère que beaucoup de bourgs de l’arrière‑pays, mais très en dessous des marchés vedettes, alors même qu’elle offre une combinaison rare d’aéroport, port, université et pôles industriels.

Des rendements locatifs bruts rarement vus dans l’Ouest européen

Le grand atout de Brindisi, c’est la relation entre ces prix relativement bas et les loyers pratiqués. Sur la base d’un découpage par typologie d’appartement, les rendements bruts atteignent des niveaux qu’on ne retrouve plus dans les grandes capitales européennes.

Tableau 3 – Prix moyens et rendements par typologie (Brindisi ville)

Type de logementPrix moyen (€)Loyer moyen mensuel (€)Rendement brut estimé
Studio165 000n.d.n.d.
1 chambre77 500550≈ 8,52 %
2 chambres78 000600≈ 9,23 %
3 chambres108 000700≈ 7,78 %
4 chambres et +147 000750≈ 6,12 %

Le cœur de la rentabilité se situe clairement sur les petits et moyens appartements, en particulier les 1‑2 chambres. Avec un ticket d’entrée qui démarre autour de 77–78 000 € et des loyers mensuels de 550–600 €, on dépasse assez largement les 8 % de rendement brut, et les meilleurs quartiers peuvent monter jusqu’à environ 8,6 % selon les calculs de rendement par zone.

8.9

C’est le rendement brut moyen offert par les appartements de 2 pièces dans la province, pour un prix d’achat avoisinant 80 000 €.

Pour se donner un ordre d’idée, de nombreuses études nationales situent le rendement brut moyen de l’immobilier résidentiel italien autour de 4,7 % dans les grandes villes, avec des quartiers prime à Milan qui descendent largement sous les 4 %. Brindisi se trouve donc bien au‑dessus de cette moyenne, sans être pour autant un marché ultra‑risqué ou illiquide : on est dans une ville portuaire de plus de 80 000 habitants, capitale de province, hub de transport et pôle industriel.

Airbnb et locations de courte durée : un potentiel réel, mais très encadré

Le marché des locations touristiques fait souvent la différence dans les villes de bord de mer. À Brindisi, il est déjà bien structuré et fortement réglementé, ce qui limite les excès mais impose de travailler sérieusement.

Les données rassemblées sur la période février 2025 – janvier 2026 recensent 315 annonces actives, dominées très largement par des logements entiers (plus de 77 %), essentiellement des appartements ou condos. La typologie reine est le 1 chambre, qui représente environ la moitié du parc, suivi des 2 chambres ; au total, ces deux segments concentrent près de 74 % de l’offre.

La capacité moyenne est de 3,1 voyageurs, avec une majorité de biens adaptés à 2 ou 4 personnes, ce qui colle parfaitement à la clientèle typique : couples, petites familles, voyageurs d’affaires.

Performance et saisonnalité

Le marché affiche une forte saisonnalité. Le mois d’août est, sans surprise, le sommet absolu de l’année, avec des revenus mensuels qui peuvent atteindre plus de 2 400 dollars pour les meilleures performances, une occupation autour de 60 % et un tarif moyen par nuit d’environ 128 dollars. À l’inverse, janvier est le point le plus bas, avec des revenus qui peuvent descendre autour de 590 dollars et une occupation qui retombe vers 18–20 %.

Astuce :

Sur l’ensemble de l’année, les données moyennes donnent une bonne idée du potentiel d’un projet ou d’une ressource. Elles permettent d’établir une vision globale et fiable, en lissant les variations saisonnières ou ponctuelles, pour faciliter la planification et l’évaluation des performances sur le long terme.

un chiffre d’affaires annuel typique d’environ 18 000–19 500 € pour un logement bien géré, avec un taux d’occupation médian proche de 60–63 % et un tarif quotidien moyen autour de 80–85 € ;

– une répartition très marquée entre saison haute (juillet, août, septembre), avec un taux d’occupation au‑delà de 50 % et un revenu moyen d’environ 1 950 dollars par mois, et une basse saison où l’occupation retombe souvent en dessous de 25 %.

L’essentiel pour un investisseur est de comprendre que l’on n’est pas dans un marché explosif comme Ostuni ou Cisternino, où les tarifs Airbnb moyens dépassent largement les 200 € la nuit, mais dans un environnement intermédiaire : tarifs compétitifs, demande internationale réelle, forte influence de la saison.

Analyse du marché immobilier touristique

Structure du marché et réglementation

La ville se distingue par un encadrement strict des locations de courte durée. Les données montrent qu’environ 85 % des annonces sont déjà licenciées ou déclarées, ce qui indique que la municipalité surveille de près le secteur. En pratique, obtenir une autorisation ou un numéro d’enregistrement est presque incontournable.

Une majorité des annonces propose une politique d’annulation modérée ou flexible, ce qui facilite la réservation pour la clientèle internationale, et beaucoup de logements restent officiellement disponibles plus de 270 jours par an, même si les jours effectivement loués se concentrent sur 3 à 6 mois.

Pour un investisseur, cela implique deux choses :

– il faut intégrer les coûts et délais de mise en conformité réglementaire dans le plan de business ;

– il est souvent judicieux de combiner plusieurs stratégies : haute saison touristique en courte durée, basse saison en moyenne ou longue durée pour sécuriser un flux locatif.

Court séjour, long séjour : arbitrer selon sa stratégie

Brindisi offre la possibilité de jouer sur plusieurs tableaux : locatif traditionnel à l’année, colocation, meublé pour étudiants ou travailleurs, court séjour touristique ou corporate. Chaque segment a ses logiques.

Le locatif longue durée : stabilité et fiscalité avantageuse

Le marché résidentiel classique affiche une demande régulière. Le salaire net moyen se situe autour de 1 675 € par mois, et les loyers moyens pour un 1 chambre en centre tournent autour de 500 €, un 3 chambres autour de 700 € en centre et 550–600 € en périphérie. Les indicateurs macro (Price to Income Ratio de 3,96 ; Price to Rent Ratio entre 13,5 et 15,8) montrent un marché plutôt sain : l’achat est encore abordable par rapport aux revenus locaux, et la propriété reste économiquement rationnelle pour les ménages.

Bon à savoir :

Le régime fiscal italien présente des atouts pour les propriétaires bailleurs : la demande locative est stable et l’option pour la « cedolare secca » (flat tax) permet une imposition à 21% sur les loyers bruts (voire 10% pour certains baux à loyers modérés). De plus, la taxe foncière (IMU) y est modérée comparée à d’autres grands pays européens, chaque commune appliquant un taux compris entre 0,4% et 1,06% de la valeur cadastrale.

Avec des rendements bruts qui montent à 8–9 %, un propriétaire prudent peut viser 5–6 % nets après charges et fiscalité, ce qui est très supérieur à ce que l’on obtient dans les métropoles du Nord du pays sur des biens comparables.

Le court séjour : miser sur la multi‑clientèle

La location de courte durée, à la nuitée ou à la semaine, s’adresse à plusieurs publics à Brindisi :

Profils de visiteurs à Brindisi

La ville de Brindisi, en Italie, attire différents types de visiteurs grâce à ses multiples atouts, allant du patrimoine historique aux infrastructures économiques modernes.

Touristes de découverte

Attirés par le centre historique, la promenade du Lungomare Regina Margherita, la cathédrale, les colonnes romaines et les excursions dans la Valle d’Itria.

Voyageurs d’affaires

Liés aux activités du port, aux entreprises de la zone industrielle, aux chantiers navals et aux grands projets énergétiques de la région.

Digital nomads & travailleurs hybrides

Séduits par des quartiers résidentiels et calmes comme Casale ou Perrino, tout en restant proches de la mer et de l’aéroport pour leur mobilité.

La forte dominance des appartements 1–2 chambres dans les annonces montre qu’il s’agit d’un marché surtout orienté vers cette clientèle mixte. Le délai moyen de réservation (environ 51 jours) et le fait que l’été se réserve beaucoup plus tôt (jusqu’à 76 jours d’anticipation pour un séjour en août) confirment que les visiteurs internationaux planifient leurs voyages, surtout en haute saison.

Pour un investisseur, l’enjeu consiste à calibrer le produit : petit appartement bien rénové, idéalement dans le centre ou à Casale, doté d’une bonne connexion internet, d’un espace de travail et d’un balcon ou d’une terrasse. Ce type de bien peut capter à la fois le flux estival de touristes et une clientèle de moyenne durée hors saison.

Où investir dans Brindisi : lecture quartier par quartier

La donnée chiffrée n’est qu’une partie de l’équation. La perception d’un quartier, ses services, son ambiance, sa connexion aux infrastructures jouent un rôle central, notamment pour les locations meublées.

Casale : la valeur sûre des nomades numériques

Casale est souvent décrit comme un « joyau caché » : quartier verdoyant, calme, proche de la côte, bien relié au centre par le ferry qui traverse le port. C’est aussi une base idéale pour les digital nomads et les familles, avec un accès facile à l’aéroport et au terminal ferry vers la Grèce.

Les chiffres de prix (intégrés dans la grande zone Paradiso–Minnuta–Casale–Materdomini–Betlemme) indiquent un marché déjà un peu plus cher que la moyenne, autour de 1 355 €/m² en vente, mais avec des loyers qui restent raisonnables. C’est typiquement un secteur où l’on paie davantage la qualité de vie que le prestige, avec un bon potentiel pour les locations meublées de moyenne durée, notamment pour des séjours de télétravail.

Centro Storico, Commenda, Cappuccini : le cœur locatif

Le centre historique concentre l’essentiel des attractions touristiques, de la promenade du front de mer aux principales églises, en passant par les ruelles commerçantes. Les zones adjacentes de Commenda et Cappuccini mélangent habitat résidentiel, commerce de proximité et axes de transport efficaces.

7.85

Le loyer moyen au mètre carré par mois dans ce secteur, le plus élevé de la ville.

Des biens comme l’immeuble indépendant avec terrasse panoramique dans la zone Cappuccini – cité dans les annonces locales – illustrent bien le type de produit recherché : immeubles de rapport, appartements avec extérieur, à proximité des services (écoles, structures médicales) et bien desservis.

Sant’Elia, Perrino : l’option « value » dopée par la rénovation urbaine

Sant’Elia est perçu comme un quartier résidentiel calme et abordable, idéal pour des logements à budget modéré. Perrino, décrit comme un secteur authentique avec ses commerces de proximité, fait l’objet d’une stratégie spécifique de régénération urbaine.

Attention :

L’administration a lancé une stratégie pour le quartier, des rénovations avec participation privée, des permis pour du logement social, et le développement de communautés énergétiques renouvelables, dont une première à Sant’Elia.

Dans Perrino, des projets de logements publics ARCA Nord, ainsi que d’autres actions pour achever la régénération, sont déjà enclenchés. Ces programmes ont un double effet : amélioration de la qualité de vie pour les habitants et création de perspectives de revalorisation à moyen terme. Pour un investisseur patient, ce sont des secteurs où acheter à bas prix (souvent autour de 891 €/m² pour Perrino et environ 865 €/m² pour Sant’Elia) peut se transformer en plus‑value intéressante sur 5–10 ans, sans sacrifier la rentabilité locative immédiate.

Mitrano, Litoranea, Montenegro : le pari mer et loisirs

Les zones de Mitrano, de la Litoranea et de Montenegro concentrent une partie des biens les plus chers de la ville en prix au m², autour de 1 417 €/m². C’est logique : proximité directe de la mer, villas, résidences avec vue, attrait pour les résidences secondaires.

Les loyers, en revanche, restent relativement modérés à l’année (6,08 €/m²/mois), ce qui réduit un peu le rendement brut sur le locatif classique. L’intérêt de ces secteurs tient davantage à une stratégie mixte résidence secondaire/location saisonnière ou à la recherche de plus‑value à long terme, dans le cadre d’une montée en gamme progressive de la façade maritime de Brindisi.

Un territoire en pleine transition : l’effet des grands projets sur l’immobilier

L’un des éléments les plus sous‑estimés quand on regarde Brindisi de l’extérieur, c’est la profondeur de sa transformation économique en cours. La ville sort d’une longue période marquée par la mono‑dépendance au charbon et à la chimie lourde et s’engage dans une reconversion vers l’énergie verte, la logistique, la construction navale et l’innovation.

Cette évolution n’est pas seulement un discours politique : elle se traduit en projets, budgets, emplois.

De la ville charbonnière au hub de l’énergie verte

La fermeture progressive des centrales à charbon a provoqué un choc social et économique, avec des pertes d’emplois et un ralentissement des activités portuaires liées aux flux de combustible. Mais ce vide est désormais identifié comme une opportunité pour installer des activités nouvelles.

Projets de Décarbonation

Le comité de coordination a reçu plus de 13 propositions, principalement axées sur la transition énergétique. Voici un projet structurant majeur.

Joint-Venture Eni Storage Systems

Partenariat entre Eni et Seri Industrial pour produire plus de 8 GWh/an de batteries LFP stationnaires dans la zone industrielle de Brindisi.

Production Intégrée

L’usine produira le matériau actif des cathodes et assemblera des systèmes de stockage d’énergie, avec un projet d’unité de recyclage intégrée.

Couplée aux perspectives de développement d’un pôle hydrogène, avec les investissements annoncés de grands groupes italiens (Edison, Saipem, Snam, Alboran, etc.), cette nouvelle filière place Brindisi au cœur de la stratégie italienne de stockage et de distribution d’énergies renouvelables. On est loin de l’image d’une ville de garnison industrielle en déclin : c’est un nouveau cluster technologique qui est en train de naître.

Le port de Brindisi, du charbon aux méga‑yachts

Le port, historiquement structuré autour des flux de charbon et de produits chimiques, se réinvente lui aussi. La proposition du groupe Piloda pour transformer l’aire de l’ancienne centrale à charbon en hub de réparation, de refit et de démolition navale en est l’illustration la plus spectaculaire.

140

Montant de l’investissement prévu pour la construction d’une forme de radoub de 230 mètres à Brindisi.

L’effet sur l’immobilier n’est pas immédiat, mais il est évident : plus d’emplois qualifiés, plus de rotation de techniciens, d’ingénieurs, de marins, plus de demande locative, aussi bien temporaire que permanente. Sans compter les retombées sur les commerces, la restauration, les services.

Urbanisme, culture, université : la ville se recompose

Sur le plan urbain, la municipalité ne reste pas en retrait. Plusieurs chantiers de régénération sont en cours ou programmés :

Attention :

La transformation urbaine inclut la requalification du front de mer via le projet « Smart City Port », la récupération du hangar Montecatini financée par l’Autorité portuaire, l’adaptation du plan d’urbanisme au plan paysager régional, et la réhabilitation de multiples édifices publics (pôles universitaires, logements étudiants, espace culturel, cantine universitaire, centre socio‑sanitaire).

S’y ajoutent des actions plus diffuses, comme la création de « maisons de quartier » reconnues au niveau européen comme bonne pratique, ou la candidature de Brindisi au titre de Capitale italienne de la culture, dotée de budgets conséquents pour soutenir le théâtre, les festivals, l’inclusion sociale.

Cette recomposition du tissu urbain a un impact direct sur l’attractivité résidentielle des quartiers concernés. Un exemple emblématique : Palazzo Guerrieri, ancien bâtiment municipal à l’abandon, est devenu un hub d’innovation sociale et un incubateur de start‑ups. En trois ans, plus de 60 événements, une centaine de manifestations externes et plusieurs jeunes entreprises y ont vu le jour. Ce type de lieu attire un nouveau profil d’habitants : entrepreneurs, travailleurs créatifs, freelances.

Pour un investisseur, cela signifie aussi un changement dans la demande : plus d’intérêt pour des logements bien connectés, avec de bons services numériques, des espaces flexibles pour le télétravail, une proximité avec ces nouveaux points d’ancrage urbains.

Les moteurs régionaux : tourisme, Valle d’Itria et effet de débordement

On ne peut pas comprendre Brindisi sans regarder ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres.

La Valle d’Itria, entre Bari et Brindisi, est devenue l’un des marchés de résidences secondaires les plus compétitifs d’Italie. Ostuni, Cisternino, Carovigno, Fasano ou Ceglie Messapica attirent une clientèle internationale sophistiquée, prête à payer cher pour des trulli rénovés, des lamie et des masserie entourées d’oliviers. Les données Airbnb le confirment : des tarifs journaliers moyens qui montent à plus de 270 € à Ostuni, à près de 280 € à Carovigno, des revenus annuels estimés entre 45 000 € et plus de 60 000 € pour certaines propriétés dotées de piscine.

2000

Le prix moyen du marché immobilier dépasse largement 2000 €/m² dans les communes où il est déjà mûr ou saturé.

les investisseurs au budget plus serré se tournent vers la ville pour bénéficier de rendements supérieurs, même si le ticket d’entrée est moins « sexy » qu’un trullo dans la campagne ;

une partie des flux touristiques irriguant la région se déverse naturellement sur Brindisi, notamment via l’aéroport et le port, générant une demande croissante en hébergements de courte durée à proximité de ces infrastructures.

En clair, Brindisi bénéficie d’un puissant effet de débordement du boom touristique régional, sans en subir (encore) la flambée extrême des prix.

Cadre fiscal et juridique : ce qu’un investisseur étranger doit anticiper

Investir en Italie demande de se familiariser avec un cadre fiscal et juridique assez sophistiqué, mais qui, bien géré, peut se révéler plutôt favorable.

Coût d’acquisition : taxes et frais

Lors de l’achat, les coûts principaux sont :

– l’impôt d’enregistrement (imposta di registro) : 2 % de la valeur cadastrale pour une résidence principale, 9 % pour une résidence secondaire ou un investissement locatif classique ;

– la taxe hypothécaire et la taxe cadastrale : souvent des montants fixes (50 € chacune) lorsque l’on achète à un particulier, ou 200 € chacune si l’on achète à un promoteur assujetti à TVA ;

– les honoraires du notaire, entre 1 et 2,5 % du prix d’achat ;

– la commission de l’agence immobilière, généralement 2 à 4 % plus TVA, souvent partagée entre acheteur et vendeur ;

– les éventuels frais juridiques si l’on mandate un avocat, ce qui est fortement recommandé pour un investisseur non résident.

Au total, il est raisonnable de budgéter entre 7 et 10 % du prix d’acquisition pour couvrir l’ensemble de ces coûts.

Fiscalité des loyers : IRPEF ou flat tax

Les loyers perçus sont imposables en Italie, même pour un non‑résident. Deux régimes existent pour les particuliers :

Astuce :

Pour la location d’un bien immobilier en Italie, deux régimes fiscaux principaux s’offrent au propriétaire. Le régime ordinaire IRPEF intègre les loyers dans le revenu global, imposé selon les tranches (23%, 35%, 43%), mais permet de déduire certaines charges. L’option « cedolare secca » applique un taux unique de 21% sur les loyers bruts (10% pour certains baux à loyer plafonné), sans déduction possible des charges, en contrepartie d’une grande simplicité administrative.

Pour un investisseur étranger qui ne dispose pas d’autres revenus italiens, la flat tax de 21 % sur des rendements bruts de 8–9 % reste très compétitive, surtout si on la compare à d’autres pays d’Europe occidentale où la pression fiscalo‑patrimoniale est beaucoup plus forte.

Risques réglementaires : urbanisme, conformité et locations de courte durée

Comme partout en Italie, il est crucial de vérifier la conformité urbanistique et cadastrale du bien visé : nombreux sont les bâtiments qui ont connu des modifications non déclarées. Acheter un appartement agrandi sans permis ou une terrasse fermée illégalement peut se traduire par des obligations coûteuses de remise en état, voire par l’annulation du contrat.

Bon à savoir :

Un cadre national renforcé permet aux communes d’imposer des contraintes aux locations de courte durée. Brindisi applique déjà des règles strictes de licence et d’enregistrement pour les appartements touristiques, conformément à une récente décision de la Cour constitutionnelle.

La conséquence pour l’investisseur est double :

Il faut systématiquement intégrer un audit technique et juridique avant tout compromis, en mandatant un géomètre ou un ingénieur pour vérifier la conformité du bien, et un avocat pour analyser les titres et autorisations ;

– Dans le cas d’une stratégie Airbnb, il faut se renseigner précisément sur les conditions locales d’octroi de licence, et, le cas échéant, privilégier des biens situés dans des zones où la municipalité souhaite au contraire stimuler l’offre (par exemple des secteurs à revitaliser).

Profils de stratégies gagnantes à Brindisi

À partir de l’ensemble de ces données, plusieurs modèles d’investissement ressortent naturellement.

Le 2 pièces en centre ou quartier voisin : le « cheval de bataille » du rendement

Avec un prix d’achat moyen autour de 78 000 € pour un appartement 2 chambres et un loyer d’environ 600 €/mois, le rendement brut frôle les 9,2 %. En visant les zones comme le Centro Storico, Commenda ou Cappuccini, on peut espérer des loyers légèrement supérieurs et une meilleure liquidité locative.

Ce type de bien:

– se prête à la location longue durée à des couples, travailleurs ou jeunes ménages ;

– peut aussi être exploité en meublé de moyenne durée pour des travailleurs de passage ou des étudiants, compte tenu des projets universitaires en cours ;

– reste facile à revendre si nécessaire, le ticket d’entrée étant accessible pour la demande locale.

Le petit portefeuille Airbnb bien placé

En ciblant 1 ou 2 appartements de 1–2 chambres :

dans le centre historique ou sur la promenade du Lungomare,

ou dans Casale pour la clientèle nomade et business,

19000

Chiffre d’affaires annuel moyen visé par bien après rénovation aux standards internationaux, selon les données Airbnb.

L’idée n’est pas de concurrencer Ostuni sur les tarifs à 250–300 €/nuit, mais de se positionner sur un segment intermédiaire : logements de qualité au tarif de 80–120 €/nuit, très bien notés, avec une gestion professionnelle.

Cette stratégie fonctionne particulièrement bien si :

on est en mesure de coupler haute saison touristique et moyenne saison corporate (techniciens, consultants, marins, ingénieurs) ;

on dispose d’une conciergerie ou d’un gestionnaire local familiarisé avec les règles municipales et la capitalisation des périodes de forte demande (août, événements, congrès, chantiers de grande ampleur).

Le pari sur les quartiers en reconversion

Les quartiers comme Perrino ou Sant’Elia offrent des prix d’entrée très bas, parfois sous les 900 €/m², avec, dans le cas de Perrino, une trajectoire clairement dessinée de régénération urbaine et d’investissements publics.

Astuce :

Une stratégie efficace peut consister à acquérir plusieurs lots, tels que des appartements ou des locaux, au sein d’un même immeuble ou d’un îlot immobilier. Cette approche permet de mutualiser la gestion, de renforcer le contrôle sur la copropriété et de potentiellement bénéficier d’économies d’échelle pour les travaux ou les services.

à rénover en intégrant les nouvelles exigences en matière d’efficacité énergétique (double vitrage, isolation, systèmes de chauffage performants) ;

à viser une clientèle de long séjour avec des loyers abordables, compatible avec les revenus locaux, mais supérieurs aux niveaux actuels du quartier ;

– à se positionner pour une revente dans 7–10 ans, lorsque les interventions publiques et l’arrivée de nouveaux services auront amélioré l’image du secteur.

Les rendements bruts peuvent déjà être attractifs dès l’achat, mais c’est surtout la perspective de plus‑value qui fait l’intérêt de cette approche.

Brindisi : une ville encore sous les radars, mais plus pour longtemps

Si l’on met bout à bout les différents éléments – prix accessibles, rendements élevés, croissance provinciale, projets industriels massifs, régénération urbaine, position stratégique en Méditerranée – Brindisi se distingue comme un marché d’investissement atypique en Italie : ni un « trophy market » saturé comme certains coins des Pouilles, ni une ville en déclin structurel.

La province affiche une hausse de prix de plus de 3 % sur un an, les loyers progressent lentement mais sûrement, et la ville elle‑même reste sur un plateau de prix stable après un cycle de rattrapage. Dans un pays où certaines zones du Sud peinent à attirer des capitaux, Brindisi fait figure de pôle de résistance, bénéficiant à la fois de la dynamique touristique régionale et d’une reconversion industrielle ambitieuse.

Bon à savoir :

Pour réussir, l’investisseur doit effectuer une vérification approfondie des titres de propriété, réaliser un audit de conformité des bâtiments et maîtriser la réglementation spécifique aux locations touristiques.

des rendements locatifs bruts de 8 à 9 % sur les bons segments, là où l’Italie moyenne navigue autour de 4 à 5 % ;

un risque de vacance locative limité dans les zones centrales et bien connectées ;

– une perspective crédible de revalorisation, portée par l’énergie, la logistique et la montée en gamme culturelle de la ville.

Brindisi n’est pas un marché pour spéculateur pressé, mais un terrain pour investisseurs patients et structurés, qui cherchent à combiner cash‑flow, diversification et exposition à un territoire en pleine transition. C’est précisément ce type de marché, encore sous‑coté mais riche en fondamentaux, qui fait souvent les meilleures histoires immobilières sur le long terme.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :