Comment acheter un appartement à l’Île Maurice en 2026 : le guide complet pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement à l’Île Maurice en 2026 n’a plus rien d’une simple “fantaisie tropicale”. Le marché est devenu plus réglementé, plus sélectif et les autorités ont clairement resserré les vis fiscales et juridiques, tout en continuant à attirer les investisseurs étrangers, dont les Français restent les plus nombreux. Résultat : de très belles opportunités existent encore, mais il n’est plus possible d’improviser.

Bon à savoir :

Ce guide, conçu pour un acheteur français, couvre le cadre légal, fiscal, financier et pratique pour acquérir un appartement à l’Île Maurice en 2026. Il inclut les aspects de résidence, fiscalité et revente, afin d’éviter les mauvaises surprises et de bâtir une stratégie claire.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le nouveau cadre légal pour les étrangers

Avant de parler visite d’appartements ou négociation de prix, il faut intégrer une réalité simple : à l’Île Maurice, un étranger ne peut plus acheter ce qu’il veut, où il veut.

Les étrangers ne peuvent acheter que dans des régimes approuvés

Depuis les modifications apportées par la Finance Act 2025 à l’Immigration Act 2022 et au Non-Citizen (Property Restriction) Act, la règle est stricte : un non-citoyen ne peut acquérir un bien immobilier qu’au sein de programmes expressément approuvés par l’Economic Development Board (EDB).

Les principaux régimes ouverts aux étrangers sont :

Régime / SchémaType de biens accessibles aux étrangersStatut en 2026
PDS (Property Development Scheme)Villas, appartements, penthouses, résidences intégréesSchéma de référence pour les nouveaux projets
Smart City Scheme (SCS)Appartements, bureaux, commerces, résidences intégrées dans une “smart city”Actif, très encadré
IRS (Integrated Resort Scheme)Villas et résidences de luxe avec services hôteliersPlus de nouveaux projets, uniquement revente
RES (Real Estate Scheme)Petits ensembles résidentiels haut de gammePlus de nouveaux projets, uniquement revente
Invest Hotel Scheme (IHS)Suites, appartements au sein d’hôtels, avec composante locativeActif, très spécifique
Ground + 2 (G+2)Appartements dans immeubles d’au moins 3 niveauxActif, schéma phare pour les appartements

Par le passé, un étranger pouvait encore, sous certaines conditions, acheter en dehors de ces régimes, par exemple au-dessus d’un certain seuil de valeur. Cette possibilité a été purement et simplement supprimée. Acheter “hors schéma” est désormais réservé à l’acquisition de terrains pour une activité professionnelle, avec autorisations spécifiques.

Focus sur les appartements G+2 : la porte d’entrée la plus courante

Pour un Français qui vise spécifiquement un appartement, le schéma “Ground + 2” est souvent l’option la plus directe. Il s’agit d’appartements situés dans des immeubles comprenant au minimum un rez-de-chaussée et deux étages supplémentaires (soit au moins trois niveaux).

Les principales conditions sont les suivantes :

6000000

Le prix d’achat minimum pour un immeuble approuvé par l’EDB dans le cadre du régime G+2 est de 6 000 000 MUR.

Le G+2 est flexible sur certains aspects (notamment les règles de paiement en devise), mais ne donne pas automatiquement un permis de résidence, ce point est capital pour un Français qui envisage de vivre à l’Île Maurice et non de simplement investir.

Résidence et droit au séjour : ce que permet (ou pas) un achat

L’un des grands attraits d’un achat immobilier à l’Île Maurice, c’est la possibilité d’obtenir un permis de résidence. Mais là aussi, la règle a été durcie et clarifiée.

Pour les étrangers, dont les Français, l’accès à un Residence Permit via l’immobilier repose sur deux conditions majeures :

Le bien doit être situé dans un projet approuvé par l’EDB (PDS, Smart City, certains IRS/RES en revente, IHS, G+2 conforme).

Le montant investi doit atteindre au moins 375 000 USD.

Dans ce cas, le permis de résidence :

Astuce :

Couvre l’investisseur, son conjoint et les enfants à charge (jusqu’à 24 ans selon les sources). Reste valable tant que le bien est détenu. S’éteint en cas de revente du bien, sauf si un autre titre de séjour prend le relais.

Attention au cas particulier de l’appartement G+2 : l’achat en lui‑même ne confère pas systématiquement la résidence. Il faut que le prix atteigne ou dépasse les 375 000 USD pour bénéficier du “package” résidentiel. En dessous de ce seuil, vous pouvez acheter, mais vous devrez vous tourner vers un autre type de permis (permis de retraité, occupation permit, etc.) pour vivre sur place.

Ce qui a changé pour les Français acheteurs

Les textes récents ont aussi supprimé des dispositifs jugés trop souples, notamment la possibilité pour un ministre d’approuver a posteriori une acquisition non conforme. Concrètement, cela veut dire qu’en 2026, tout doit être conforme dès le départ : régime éligible, autorisation de l’EDB, structure d’acquisition.

Autre restriction forte : les étrangers ne peuvent plus acheter d’appartements dans des immeubles construits sur des terres de l’État ou sur les Pas Géométriques (bandes côtières réservées). Là encore, le notaire et l’agent doivent être capables de prouver que le bien est bien en pleine propriété dans un cadre autorisé.

Fiscalité : une fenêtre à saisir avant la hausse massive des droits

Le budget 2025–2026 a profondément remodelé la fiscalité des transactions immobilières réalisées par des non‑citoyens. Pour un Français qui envisage un achat en 2026, ces changements sont stratégiques.

Les droits d’enregistrement et la Land Transfer Tax doublent

Actuellement, jusqu’à la fin juin 2026, la structure est la suivante :

Droits d’enregistrement (acheteur) : 5 %.

Land Transfer Tax (vendeur) : 5 %.

À partir du 1er juillet 2026, les deux taux sont portés à 10 % chacun pour toutes les acquisitions de non‑citoyens dans les schémas EDB (PDS, IRS, RES, Smart City, IHS, G+2). Cela signifie que, sur un appartement acheté après cette date, la charge fiscale “aller-retour” grimpe nettement.

ÉlémentAvant 1er juillet 2026À partir du 1er juillet 2026
Droits d’enregistrement (acheteur)5 % du prix10 % du prix
Land Transfer Tax (vendeur)5 % du prix10 % du prix (ou 30 % de la plus-value pour un non‑citoyen, si plus élevé)
Coût fiscal global (transaction à un étranger)~10 % du prix~20 % du prix

Très important : ce n’est pas la date de signature du compromis ou de la réservation qui compte, mais la date d’enregistrement de l’acte. Un acte signé chez le notaire et enregistré à partir du 1er juillet 2026 sera taxé au nouveau taux, même si le contrat préliminaire date d’avant.

Pour un Français, finaliser l’acquisition avant cette échéance peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de différence.

Autres coûts de transaction à intégrer

Au-delà des deux grandes taxes, il faut prévoir : les taxes supplémentaires pour les services spécifiques.

Frais liés à l’achat immobilier

Synthèse des principaux coûts à prévoir : honoraires, commissions, frais administratifs et bancaires

Honoraires de notaire

Barème dégressif de 0,6 à 1,25 % du prix, TVA 15 % incluse. Forfaits spécifiques possibles pour programmes PDS, Smart City ou G+2.

Frais d’agence immobilière

Commission réglementée de 4 % + TVA 15 % (soit 4,6 % du prix). Généralement à la charge du vendeur, à vérifier dans le contrat.

Frais de dossier EDB

Exemple : traitement de demande de permis de résidence d’environ 25 000 MUR.

Frais bancaires

Incluent le dauphin de change, les coûts de transfert international et les frais de dossier de prêt.

Au total, pour un acheteur français, les coûts “one-shot” d’acquisition tournent autour de 7–10 % du prix de l’appartement dans le régime actuel, et peuvent grimper vers 12 % ou plus avec la nouvelle fiscalité de juillet 2026.

Un environnement fiscal très favorable sur le long terme

Si la fiscalité à l’entrée se durcit, l’Île Maurice conserve un avantage clé : son régime fiscal global très favorable pour la détention et la revente de biens.

Attention :

Un Français peut acheter un appartement à l’Île Maurice, mais doit respecter certaines conditions légales et fiscales spécifiques aux étrangers.

– Il n’y a pas d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) localement.

– Il n’existe pas de taxe foncière annuelle ni de taxe d’habitation.

– La capital gain tax sur la revente immobilière n’existe pas (sauf activité professionnelle de marchand de biens).

– Il n’y a pas de droits de succession sur les biens immobiliers situés à l’Île Maurice pour les résidents mauriciens.

Le taux d’imposition de base sur le revenu est de 15 % pour les personnes physiques et morales, même si, pour les particuliers, un barème progressif allant jusqu’à 20 % s’applique pour certains types de revenus, notamment locatifs.

Pour les revenus locatifs générés par un appartement à l’Île Maurice, le principe de la convention fiscale franco‑mauricienne est clair : les revenus fonciers sont imposables là où se trouve le bien. La France accorde un crédit d’impôt correspondant à l’impôt déjà payé à l’Île Maurice, ce qui évite la double imposition.

Spécificités françaises : convention fiscale et résidence fiscale

Pour un investisseur français, l’achat à l’Île Maurice se joue aussi sur la dimension bilatérale entre les deux pays.

La convention fiscale France – Île Maurice

La convention fiscale signée en 1980, modifiée en 2011 puis révisée en 2021, encadre les relations fiscales entre la France et l’Île Maurice. Elle vise à :

Éviter les doubles impositions.

Organiser l’échange d’informations entre administrations.

Définir quel pays peut imposer quels revenus ou patrimoines.

Pour l’immobilier, plusieurs articles sont essentiels :

Exemple :

Selon l’article, les loyers perçus pour un bien situé à l’Île Maurice sont imposables uniquement dans cet État. De même, les plus-values réalisées lors de la vente de ce bien suivent la même règle : la taxation revient exclusivement au pays où se situe l’immeuble. Enfin, concernant la fortune, les éléments de patrimoine immobilier mauricien ne sont imposables qu’à l’Île Maurice.

Conséquence pour un résident fiscal français qui détient un appartement à l’Île Maurice : il ne paie pas d’IFI sur ce bien (car il est situé hors de France) et les loyers sont taxés à l’Île Maurice, avec mécanisme de crédit d’impôt en France si nécessaire.

Résidence fiscale : rester français ou devenir mauricien ?

Pour bénéficier pleinement de certains avantages, notamment l’exonération durable sur la fortune immobilière et une optimisation globale, certains choisissent de devenir résidents fiscaux mauriciens.

On est en principe résident fiscal à l’Île Maurice si :

– On y vit plus de 183 jours par an.

– Et/ou l’on y situe son centre d’intérêts économiques principal.

Deux grandes situations se dessinent pour un Français :

Rester résident fiscal français : les revenus mondiaux sont déclarés en France, avec application de la convention fiscale pour les revenus et plus‑values mauriciennes.

Devenir résident fiscal mauricien : la fiscalité est alors régie en priorité par le droit mauricien, avec un taux d’impôt généralement plus bas, absence d’IFI, pas de taxe foncière, etc.

Mais cette bascule est surveillée : l’administration française, aidée par la Mauritius Revenue Authority, est attentive à la réalité de la présence physique et au centre d’intérêts. Sans consistance économique réelle à l’Île Maurice (bureaux, direction effective, etc.), le risque de requalification fiscale côté français existe.

Marché 2026 : un cycle plus sélectif, mais toujours porteur

En 2026, l’Île Maurice ne connaît plus l’euphorie des hausses à deux chiffres qui ont marqué les années précédentes. Le marché se structure, se normalise et devient plus exigeant.

– Les experts anticipent une progression des prix plus modérée, entre 8 % et 12 % en moyenne, avec de fortes disparités.

– Les propriétés “exceptionnelles” (emplacement rare, vue, signature architecturale, services haut de gamme) continuent de bien performer.

– Les biens mal situés, mal conçus ou trop chers souffrent davantage, avec des délais de vente plus longs.

Dans ce contexte :

Bon à savoir :

La demande internationale pour l’immobilier mauricien reste forte, portée par des fondamentaux macroéconomiques solides. La pénurie de foncier de qualité s’accentue, particulièrement sur les côtes nord et ouest. La Banque de Maurice juge le risque de correction violente des prix faible, malgré un durcissement progressif de la fiscalité par les autorités.

Pour un investisseur français, cela signifie qu’en 2026, il faut choisir avec soin : la qualité de l’emplacement, le sérieux du promoteur, la conception bioclimatique de l’appartement, la gestion de la copropriété et l’intégration dans un environnement porteur (Smart City, PDS bien géré, etc.) deviennent déterminants.

Étape par étape : le parcours d’achat d’un appartement

Le processus d’acquisition d’un appartement à l’Île Maurice est très encadré et passe quasi systématiquement par les mêmes étapes.

1. Clarifier son projet et son budget

Avant de contacter une agence, il est utile de poser quelques questions simples :

– Objectif principal : résidence principale, semi‑résidence, retraite, investissement locatif, mixte ?

– Besoin de permis de résidence : oui/non, et sous quel régime (investisseur, retraité, professionnel) ?

– Budget global : prix de l’appartement + 7–12 % de frais + éventuels travaux + ameublement.

– Horizon de détention : revente à moyen terme ou transmission long terme.

Cette clarification conditionne le choix du régime (PDS vs G+2 vs Smart City) et l’ampleur de l’investissement (au‑dessus ou non des 375 000 USD).

2. Sélectionner le bon régime et la bonne zone

Pour un appartement, deux grands schémas dominent : G+2 et projets en PDS ou Smart City.

On peut résumer les logiques régionales ainsi :

ZoneProfilIntérêt pour un Français
Nord & OuestCôtier, très touristique, infrastructures maturesMeilleure liquidité à la revente, forte demande locative saisonnière et long terme
CentreUrbain / péri‑urbain, proches des bureaux et écolesRendements locatifs stables, tickets d’entrée plus abordables
Est & SudPlus nature, paysages préservésInvestissement plus patrimonial, pari sur la rareté à long terme

3. Choisir l’agence et enquêter sur le promoteur

Le choix de l’intermédiaire et du promoteur est crucial, surtout pour un achat sur plan (VEFA).

Quelques réflexes :

Vérifier que le promoteur et le projet sont bien enregistrés auprès de l’EDB.

– Étudier le track record du développeur : réalisations antérieures, qualité perçue, respect des délais.

– Chercher des retours d’expérience : articles de presse, avis en ligne, témoignages de propriétaires existants.

– Demander à voir des projets livrés, de préférence dans le même segment (appartements côtiers, résidences urbaines, etc.).

Bon à savoir :

Pour un Français, il est recommandé de choisir une agence bien implantée sur place et habituée aux clients étrangers, notamment français, afin de faciliter les démarches et limiter les malentendus.

4. Visites et due diligence technique

Sur le terrain (ou en visite virtuelle), il ne s’agit pas seulement de se laisser séduire par la vue ou la décoration témoin. Les contrôles techniques sont essentiels, surtout dans un pays où l’humidité, la chaleur et les termites peuvent causer de sérieux dégâts.

Les points clés à vérifier ou à faire vérifier par un professionnel :

Structure et fondations (pas de fissures structurelles, pas d’affaissement).

Toiture, étanchéité, absence de traces d’infiltration (plafonds, murs, encadrements de fenêtres).

– Installation électrique et tableau (conformité, absence de composants obsolètes ou dangereux).

– Plomberie (pas de fuites visibles, bonne pression, chauffe-eau en état).

– Ventilation et climatisation (systèmes correctement dimensionnés, entretien).

– Isolation acoustique (particulièrement en copropriété).

– État des parties communes (escaliers, ascenseurs, parkings, piscine, jardin).

À l’Île Maurice, les autorités disposent d’un pouvoir étendu de contrôle des bâtiments, y compris la possibilité d’interdire leur occupation si les normes de sécurité et de ventilation ne sont pas respectées. D’où l’importance de s’assurer que l’immeuble est en règle et a été réceptionné dans les formes.

5. Offre d’achat et contrat de réservation

Une fois l’appartement choisi, l’acheteur formule une offre écrite. Si le vendeur (ou le promoteur) accepte, on passe au contrat de réservation ou au compromis de vente, généralement établi par un notaire mauricien.

Bon à savoir :

Un dépôt d’environ 10 % est versé sur le compte séquestre du notaire. Le contrat de réservation fixe le prix, le calendrier et les conditions suspensives (financement, autorisation EDB). Il précise aussi la description du bien, les plans, les matériaux et le calendrier des appels de fonds.

À ce stade, toute négociation sur des points sensibles (conditions de livraison, pénalités de retard, qualité des finitions, possibilité de retenir une partie du prix jusqu’à la levée des réserves) doit être tranchée, car le contrat mauricien est engageant.

6. Rôle central du notaire

À l’Île Maurice, le notaire est incontournable et agit comme véritable “officier public” :

Il sécurise la transaction juridiquement (vérification du titre, des charges, de la conformité du projet).

– Il collecte et reverse les droits d’enregistrement, la Land Transfer Tax et diverses taxes.

– Il tient les fonds sur un compte séquestre et ne les libère qu’une fois toutes les conditions remplies.

– Il enregistre l’acte à la Registrar-General’s Department, étape qui consacre officiellement la propriété.

Le notaire est supposé impartial et agit pour garantir la validité de l’acte pour les deux parties. En pratique, un acheteur français peut choisir de se faire assister par son propre conseil (avocat ou notaire de confiance) pour relire les documents et défendre ses intérêts spécifiques.

7. Autorisation de l’EDB

Pour un non‑citoyen, chaque acquisition dans un schéma approuvé doit être validée par l’EDB. Le dossier comprend typiquement :

Documents requis pour l’acquisition

Liste des documents nécessaires pour finaliser l’achat d’un bien immobilier

Pièce d’identité

Copie du passeport en cours de validité du ou des acquéreurs.

Acte d’achat

Contrat préliminaire ou compromis de vente signé par les parties.

Plan de situation

Plan de situation du bien indiquant sa localisation exacte.

Financement

Attestation ou lettre de la banque confirmant la disponibilité des fonds.

Éligibilité notariale

Certifications du notaire confirmant que le bien est éligible (ex : appartement G+2 conforme).

Origine des fonds

Preuves d’origine des fonds conformément aux règles de lutte contre le blanchiment.

L’EDB accuse réception et instruit le dossier. Sans cette autorisation, la vente ne peut pas être finalisée.

8. Signature de l’acte de vente et enregistrement

Une fois :

L’autorisation EDB obtenue.

Le financement en place.

Les vérifications du notaire achevées.

Les parties signent l’acte de vente (“Title Deed”) chez le notaire, ou par procuration. Le solde du prix, les droits d’enregistrement, les honoraires de notaire et autres frais sont réglés à ce moment‑là.

Le notaire dispose ensuite d’un délai légal (15 jours) pour enregistrer l’acte. À l’issue de l’enregistrement, la propriété est officiellement transférée et opposable aux tiers.

9. Demande de permis de résidence le cas échéant

Si le prix d’achat atteint ou dépasse 375 000 USD et que le programme est éligible, l’investisseur et sa famille peuvent demander le permis de résidence lié à l’investissement immobilier.

La procédure se fait également via l’EDB, avec un dossier séparé, mais les agences spécialisées et certains promoteurs accompagnent généralement leurs clients dans ces démarches.

Le permis reste valable tant que l’appartement est détenu, ce qui doit être pris en compte dans toute stratégie de revente.

Financement et gestion du risque de change

Pour beaucoup de Français, même disposant d’un bon apport, le recours au crédit est un levier intéressant, d’autant que les banques mauriciennes prêtent volontiers aux non‑résidents au sein des régimes approuvés.

Financement local : ce que proposent les banques mauriciennes

Les grandes banques locales (MCB, SBM, AfrAsia, Absa, Bank One, etc.) financent les étrangers, sous conditions :

Ratio prêt/valeur (LTV) généralement entre 60 % et 70 %, parfois jusqu’à 80 % pour certains profils ou résidents.

Apport personnel exigé de 20 % à 40 % du prix.

– Durée de prêt souvent limitée à 15–20 ans pour les non‑résidents, plus longue pour les résidents.

– Prêts disponibles en MUR, mais aussi en EUR ou USD auprès de certaines banques.

– Taux d’intérêt moyens en 2025 : autour de 5,75 % à 7,25 % en MUR, légèrement plus bas sur les prêts en devises fortes.

Frais de dossier courants : 1 % environ du montant emprunté.

Il faut noter une règle spécifique pour les ventes en VEFA dans les régimes IRS, RES, PDS, SCS et IHS :

Bon à savoir :

Pour les biens de plus de 750 000 USD, les premiers 750 000 USD doivent être payés sur fonds propres en MUR. Seule la partie excédant ce montant peut être financée par un crédit local. Cette règle ne s’applique pas aux reventes ni aux appartements G+2.

Règle des “85 % en roupies mauriciennes”

Depuis décembre 2024, les autorités mauriciennes imposent une obligation de règlement en MUR (roupie mauricienne) pour les premières ventes dans plusieurs régimes :

– Pour les projets IRS, RES, PDS, IHS, Smart City (en première vente) : au moins 85 % du prix doit être payé en MUR.

– Les 15 % restants peuvent être réglés en devise forte (EUR, USD, GBP…) ou en MUR.

– Les fonds doivent néanmoins être transférés depuis l’étranger en devise, puis convertis localement, souvent par le notaire, au taux interbancaire.

Cette règle ne s’applique pas :

Aux reventes.

Aux appartements G+2.

Concrètement, pour un Français qui achète sur plan dans un projet PDS ou Smart City, le notaire ou la banque gère la conversion de 85 % des fonds en MUR. L’opération est transparente, sans taxe de change spécifique, mais expose naturellement à l’évolution du taux de change EUR/MUR.

Risque de change : à ne surtout pas négliger

En quelques années, la roupie mauricienne s’est dépréciée de plus de 30 % face au dollar (d’environ 35 MUR pour 1 USD en 2019 à plus de 46 MUR au début 2025). Les variations annuelles de 5–10 %, voire plus, ne sont pas rares.

Pour un acheteur français qui :

Fixe un prix d’appartement en USD ou en EUR.

Doit alimenter un séquestre en MUR.

Et étale ses paiements sur plusieurs mois (VEFA, appels de fonds, etc.).

Le risque de change n’est pas théorique. Il peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’écart entre le budget prévu et le coût final.

Plusieurs outils permettent de sécuriser ce risque :

Contrats à terme de change : fixer aujourd’hui un taux de conversion EUR/MUR pour une échéance future (signature de l’acte, appel de fonds), via sa banque ou un spécialiste du change.

Comptes multidevises : pour arbitrer le moment de la conversion en fonction de l’évolution du marché.

– Plateformes spécialisées : certains prestataires (type Wise, OFX, etc.) obtiennent mieux que les taux bancaires standard, réduisant le coût total.

Un acheteur prudent commence à réfléchir au risque de change dès l’acceptation de son offre, pas seulement à la veille de la signature.

Location, rendement et revente : penser dès l’achat à la sortie

Un appartement à l’Île Maurice, surtout dans une zone recherchée, peut générer un double retour : jouissance (résidence principale ou secondaire) et rendement locatif.

Revenus locatifs : fiscalité et réalité de terrain

Les loyers sont encaissés en MUR et, en pratique :

Bon à savoir :

Les loyers perçus à l’Île Maurice sont soumis à un barème progressif (0 %, 10 %, 20 %) ou à un taux d’environ 15 % après déductions. Pour un résident fiscal mauricien, les revenus mondiaux sont déclarés localement à 15 %. Pour un résident fiscal français, ces loyers sont imposés à Maurice et donnent droit à un crédit d’impôt en France égal à l’impôt payé sur place.

Le rendement dépend beaucoup :

De la zone (côtier touristique vs centre urbain vs est/sud).

De la stratégie (location saisonnière courte durée, location meublée longue durée, bail de 12 mois).

De la qualité du produit (services, piscine, sécurité, parking, gestion de résidence).

En général, le centre de l’île offre une rentabilité plus régulière sur de la location longue durée, tandis que le littoral nord et ouest peut permettre des revenus bruts plus élevés, mais avec une gestion plus active (haute et basse saison, rotation de locataires, coûts de gestion plus importants).

Revente : anticiper la fiscalité et la liquidité

Du côté de la revente, plusieurs paramètres à intégrer dès l’achat :

Attention :

À compter de juillet 2026, un non‑citoyen revendant un bien devra payer une Land Transfer Tax équivalente au montant le plus élevé entre 10 % du prix de vente et 30 % de la plus‑value. À cela s’ajoutent les frais d’agence d’environ 4,6 % TTC, et les fluctuations de change entre l’euro, le dollar et la roupie peuvent modifier la plus‑value en devise.

Les régions nord et ouest, déjà très prisées des étrangers, concentrent la majorité des transactions et offrent la meilleure liquidité à la revente. Les programmes bien gérés, dans des ensembles reconnus, avec une bonne tenue des parties communes et une gouvernance de copropriété sérieuse, se revendent plus facilement et avec une décote moindre.

Conseils opérationnels pour un Français en 2026

En synthèse, pour un acheteur français d’appartement à l’Île Maurice en 2026, quelques lignes directrices se dégagent.

Astuce :

Clarifiez votre objectif (investissement locatif, résidence secondaire ou expatriation fiscale). Visez un bien approuvé (G+2, PDS, Smart City). Anticipez la hausse fiscale de juillet 2026 en négociant des délais d’enregistrement. Sécurisez le risque de change via des conversions réfléchies ou contrats à terme. Faites une inspection technique rigoureuse (normes, garanties VEFA). Entourez-vous de partenaires fiables : agence locale, notaire pédagogue, avocat, banquier expert non-résidents.

En acceptant d’entrer dans ce cadre plus exigeant, un Français peut encore, en 2026, acheter un appartement à l’Île Maurice dans des conditions très attractives : fiscalité douce sur la détention et la revente, possibilité de résidence à partir de 375 000 USD, qualité de vie élevée, environnement juridique fondé sur un mix de droit français et anglais, et un marché immobilier qui, malgré le resserrement des règles, continue d’afficher des perspectives de valorisation intéressantes.

Le mot‑clé n’est plus la précipitation, mais la préparation. Ceux qui prennent le temps de monter un dossier solide, de choisir le bon projet et de verrouiller les aspects fiscaux, réglementaires et de change peuvent transformer un simple achat d’appartement à l’Île Maurice en véritable projet de vie – ou en actif patrimonial solide à l’international.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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