Résidence à Bali : comment la nouvelle donne change l’immobilier et les stratégies des investisseurs

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Bali n’est plus seulement un rêve de digital nomad ou de retraité en quête de soleil. Avec l’explosion des visas de long séjour, le durcissement des règles d’urbanisme et le recentrage du marché sur des produits mieux gérés, la résidence à Bali est en train de remodeler en profondeur le marché immobilier local… et la façon dont les investisseurs doivent raisonner.

Bon à savoir :

En 2026, vivre ou investir à Bali implique de maîtriser des aspects techniques tels que les titres fonciers, le zonage, les moratoires, l’intégration des licences Airbnb, la fiscalité sur les loyers, et les visas ‘remote worker’ ou ‘Second Home’, car l’environnement n’est plus le ‘far west’ immobilier d’avant.

Cet article décrypte, à partir de données et de textes réglementaires récents, l’impact concret de la résidence à Bali sur l’immobilier et les investisseurs : structures juridiques possibles, effets des nouveaux visas, mutation de la demande (touristes vs résidents), bascule vers la conformité, rendements réels, risques de suroffre, et nouvelles géographies gagnantes.

De l’île de vacances au territoire de résidence : un changement de fond

Pendant des années, Bali s’est construite sur un modèle simple : des séjours courts, une domination des locations saisonnières et une croissance tirée par le tourisme de masse. Ce schéma reste vrai en partie, mais il se transforme rapidement.

Les chiffres le montrent clairement. En 2025, 6,95 millions de visiteurs étrangers ont débarqué à Bali, soit près de 10 % de plus qu’en 2024. L’île a dépassé ses niveaux pré‑pandémie, et la tendance reste orientée à la hausse. Mais le plus important n’est plus seulement le volume, c’est le type de visiteurs.

Les autorités ont mis en place tout un arsenal de visas de long séjour :

– un visa “Remote Worker” (E33G) permettant de rester un an, renouvelable,

– un visa “Second Home” autorisant jusqu’à dix ans de résidence,

– un Golden Visa offrant 5 à 10 ans de séjour pour les gros investisseurs.

Ces dispositifs, renforcés par un cadre fiscal spécial pour certains “foreign experts”, transforment Bali en base de vie pour des milliers d’étrangers : digital nomads, travailleurs à distance, expatriés de longue durée, retraités aisés.

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Les digital nomads représentent environ 20 % du marché de la location longue durée sur l’île.

Ce basculement vers la résidence a deux effets majeurs sur l’immobilier :

1. Il renforce la demande pour des logements adaptés au long séjour (villas fonctionnelles, fibre, espace de travail, sécurité juridique). 2. Il oblige les investisseurs à raisonner sur des flux de loyers plus stables, mais moins spectaculaires, et sur la valeur patrimoniale à moyen-long terme, plutôt que sur le “coup” de la location courte durée à 20 % de rendement promis sur les brochures.

Un marché immobilier qui se normalise et se professionnalise

Après l’euphorie post‑Covid (2022‑2024), marquée par une explosion des constructions de villas, des milliers de nouvelles annonces sur Airbnb et des prix parfois déconnectés, le marché est entré en 2025‑2026 dans une phase qualifiée de “normalisation”.

Les données montrent que : les tendances actuelles favorisent une croissance continue dans le secteur technologique.

– les prix ont flambé entre 2024 et 2025 (une villa moyenne passant d’environ 321 000 $ à 484 000 $),

– puis la progression s’est calmée : en 2026, la hausse annuelle se situe davantage dans une fourchette de 5 à 10 % dans les zones établies, et 8 à 12 % dans certains secteurs émergents (Seseh, Kedungu, parties d’Uluwatu),

– l’immobilier à Bali est désormais décrit comme l’un des actifs réels les plus résilients d’Asie du Sud‑Est, mais avec des rendements réalistes, pas magiques.

La clé aujourd’hui, pour un résident‑investisseur, n’est plus de trouver “la villa Instagram” mais un actif conforme, bien positionné et exploitable sur plusieurs stratégies (courte et moyenne durée, long séjour), avec un risque juridique maîtrisé.

Résident-investisseur

Le marché se bifurque nettement :

– d’un côté, les biens “clean”, avec titres clairs, permis à jour, licences d’hébergement, zonage conforme,

– de l’autre, un stock considérable de villas “grisées” ou illégales, bâties sur des montages de prête‑nom, en zone agricole verte, ou opérant en location touristique sans licence ni immatriculation.

Les premiers se vendent et se louent avec une prime de prix et de rendement, les seconds subissent remises, baisses d’occupation et risque croissant de sanctions, voire de blocage pur et simple (dé‑listing des OTAs, arrêtés de chantier, impossibilité d’obtenir un certificat d’occupation).

Résidence à Bali : ce que les nouveaux visas changent pour l’immobilier

La possibilité de vivre plusieurs années à Bali change le profil de la demande, mais aussi la nature des produits recherchés.

Les digital nomads et résidents longue durée se concentrent sur quelques zones clés :

Canggu / Berawa / Pererenan pour le surf, les coworkings et la vie sociale,

Ubud pour le bien‑être, la nature et le télétravail au vert,

Uluwatu / Bingin pour les vues, le haut de gamme et les séjours “lifestyle‑plus‑yield”,

Sanur, plus calme, apprécié des familles et retraités.

Ces résidents recherchent des villas meublées avec bonne connexion internet et souvent un espace bureau. Les chiffres montrent que :

– les villas “work‑ready” se louent 30 % plus vite que des biens comparables sans ces aménagements,

– elles obtiennent 15 à 20 % de loyers mensuels en plus.

Exemple :

Pour un investisseur envisageant lui-même la résidence à Bali, deux stratégies émergent donc : soit opter pour une location via un bail à long terme, soit acheter via une société locale ou un trust indonésien.

1. Concevoir ou acheter une villa pensée dès le départ pour une occupation mixte : résidence personnelle une partie de l’année, location moyenne ou longue durée le reste du temps. 2. Se positionner sur des micro‑marchés sous‑offreurs en locatif long terme, où la demande des résidents croît plus vite que l’offre (certaines poches de Canggu, Pererenan, Ubud, Sanur).

La résidence comme “retour à la réalité” des rendements : la présence de locataires de long séjour stabilise les taux d’occupation, mais fait baisser mécaniquement le rendement facial par rapport au tout‑Airbnb haute saison. En contrepartie, la complexité opérationnelle chute (moins de ménage, de marketing, de variations de prix) et l’on obtient un cash‑flow plus prévisible.

Structures légales : ce qu’un résident étranger peut (et ne peut pas) posséder

Sur le plan juridique, la règle de base ne change pas : un étranger, résident ou non, ne peut pas détenir de pleine propriété foncière (Hak Milik) à Bali.

Cette interdiction est ancrée dans la loi agraire de 1960 et n’a pas bougé. Toute tentative de contourner ce principe avec un prête‑nom local est nulle, illégale, et désormais pénalement risquée.

Nominee : un montage désormais toxique

Pendant des années, nombre d’étrangers ont acheté des terrains en mettant le titre au nom d’un Indonésien, assorti de contrats privés garantissant les droits réels du financeur étranger. Ce système de nominee est aujourd’hui le principal piège du marché balinais :

– depuis 1960, la loi considère ces montages comme nuls et non avenus,

– un arrêt de la Cour suprême en 2022 a confirmé l’annulation de ces contrats au profit du titulaire local ou de l’État,

– la Réglementation provinciale de Bali n° 4/2026 a ajouté une dimension pénale (poursuites possibles contre le prête‑nom, l’investisseur et les intermédiaires).

Concrètement, en 2026, la valeur juridique d’un montage nominee est de 0 : aucun droit opposable, pas de protection en cas de conflit, et un risque élevé de voir la propriété bloquée, illiquide, ou perdue.

Attention :

Pour tout résident-investisseur, une nouvelle question de due diligence est devenue critique : l’historique du titre fait-il apparaître un montage nominee ? Si oui, on achète un risque, pas un actif.

Les voies légales pour un résident étranger

En fonction de votre projet (résidence personnelle, investissement locatif, développement commercial), plusieurs options sont possibles.

1. Hak Sewa (leasehold) – la location foncière longue durée

C’est la voie la plus utilisée par les étrangers. Il s’agit d’un bail de longue durée (généralement 25 à 30 ans), éventuellement assorti d’options de renouvellement. Certaines structures prévoient un schéma type 30 + 20 + 20 ans, pouvant porter le contrôle théorique du bien jusqu’à 70 ans.

Points clés :

– pleinement légal, soutenu par les tribunaux,

– adapté aux résidences personnelles et aux petits projets de location (villas, petites résidences),

– ne donne pas la propriété du sol, mais un droit d’usage transmissible selon les clauses du contrat,

– limite la capacité à contrôler le bien très long terme (incertitude sur les conditions de renouvellement, qui doivent être précisément négociées dès le départ).

Pour un résident qui veut “tester” Bali sur 10 ou 20 ans sans immobiliser un capital démesuré, le leasehold bien structuré reste l’option la plus flexible.

2. Hak Pakai – le droit d’usage pour résidence, réservé aux résidents

Le Hak Pakai est l’outil juridique pensé pour l’étranger qui veut résider à Bali et y posséder une maison à son nom.

Conditions principales pour un non‑Indonésien :

Astuce :

Pour acheter un bien à Bali en tant qu’étranger, vous devez détenir un titre de séjour valide (KITAS ou KITAP), acquérir un bien d’une valeur minimale de 5 milliards IDR (environ 300 000 USD) pour une maison, respecter une superficie maximale de 2 000 m², ne posséder qu’un seul terrain par personne ou famille, et utiliser le bien de manière strictement résidentielle, sans aucune activité commerciale ou touristique.

En contrepartie, le Hak Pakai offre :

– un titre enregistré, cessible et transmissible,

– une durée pouvant aller jusqu’à 80 ans (30 ans initiaux + 20 ans d’extension + 30 ans de renouvellement sur terrain d’État ou d’administration),

– la possibilité d’être utilisé comme garantie financière.

Pour un couple ou une famille qui envisage Bali comme résidence principale ou secondaire sur le long terme, le Hak Pakai est une option solide, à condition d’accepter la limite d’usage non commercial et le ticket d’entrée élevé (prix minimal, un seul lot).

3. PT PMA + HGB – l’outil des investisseurs qui veulent exploiter

Pour toute activité commerciale structurée (hôtel, resort, complexe de villas en location quotidienne, coworking, centre de bien‑être), la voie légale est la société à capitaux étrangers PT PMA, qui permet de détenir un droit de construire (Hak Guna Bangunan, HGB) et, le cas échéant, un droit d’usage commercial.

Caractéristiques principales :

Avantages de la PT PMA pour l’hébergement

La PT PMA offre une structure légale et reconnue pour exploiter des activités d’hébergement quotidien en Indonésie.

Durée de détention HGB

La PT PMA peut détenir un HGB jusqu’à 80 ans (30 + 20 + 30).

Structure légale

Structure pleinement légale, enregistrée auprès de l’agence foncière nationale (ATR/BPN).

Obtention de licences

Permet d’obtenir les licences correspondantes à l’activité (codes KBLI).

Voie unique reconnue

Seule voie reconnue pour opérer légalement une activité d’hébergement quotidien (hôtel, boutique hotel, resort de villas).

En 2026, la réglementation a encore durci le cadre :

– pour la location courte durée (quotidienne) via une PT PMA, le seul code KBLI admis est 55110 – hôtel étoilé,

– une villa opérant sous KBLI 55110 doit respecter des standards d’hôtel boutique (sécurité, services, équipements),

– pour des locations mensuelles ou annuelles, l’autorité recommande le code 55900 – “autres services d’hébergement”, réservé à la location, sans droit d’affichage sur Airbnb et autres OTAs,

– un usage détourné du code 55900 pour faire du Airbnb expose à des audits fiscaux lourds et à des retraits de permis.

La PT PMA est également surveillée sous l’angle de la substance : les autorités ciblent désormais les “shell companies” sans vraie activité. Certains codes (68111 – immobilier détenu/ loué, 70209 – conseil de gestion “fourre‑tout”, retail vestimentaire, agences de voyages) sont classés comme “découragés”, avec un niveau de contrôle très élevé.

Pour un résident‑investisseur qui souhaite, par exemple, vivre à Bali et posséder un micro‑resort exploité professionnellement, la PT PMA + HGB est la voie adaptée, mais elle implique :

– un capital minimal (seuil de 10 milliards IDR évoqué pour renforcer la qualité des projets),

– des coûts de création (25 à 50 millions IDR, délais 14 à 35 jours),

– des frais de conformité annuels (2 000 à 4 000 $),

– une discipline stricte sur les licences, les déclarations d’investissement (LKPM) et l’adéquation entre activité, zonage et structure.

Zoning et moratoires : quand le lieu vaut autant que la villa

Pour un résident qui achète “pour la vie”, on pourrait croire que le zonage compte moins que pour un promoteur. C’est faux. À Bali, le RTRW (plan d’affectation des sols) est devenu un outil déterminant, tant pour l’usage quotidien que pour la future revente.

Le zonage se décline principalement en cinq couleurs :

Rose : tourisme,

Orange : mixte (résidentiel + activités),

Jaune : résidentiel,

Vert : agriculture productive / LP2B (terre agricole alimentaire durable),

Bleu : conservation.

Bon à savoir :

Seules les zones rose, orange et jaune peuvent accueillir des villas ou établissements touristiques. Les terrains verts sont légalement non constructibles pour d’autres usages, en vertu de la Perda n° 4/2026 qui interdit la conversion des terres agricoles productives.

Les autorités ont renforcé ces règles avec :

– l’obligation, pour tout acheteur, de vérifier la zone auprès du BPN (bureau foncier),

– l’intégration du zonage dans le système OSS via le numéro unique d’entreprise (NIB) : toute tentative d’enregistrer une villa commerciale en zone résidentielle ou agricole est automatiquement bloquée par le système,

– des moratoires de construction (2025/2026) dans six districts, dont certains secteurs de Badung, Gianyar (Ubud), Denpasar et Tabanan, pour freiner la pression sur les terres productives et les zones saturées.

Pour les investisseurs‑résidents, cela a plusieurs conséquences :

Bon à savoir :

Dans les zones de pénurie foncière comme Berawa, Bingin, Uluwatu et Canggu, le manque de terrains constructibles fait grimper les prix de 10 à 15 % par an. Les inondations de 2025 ont renforcé les réglementations interdisant la construction en zones inadaptées, tandis que les moratoires sur les hôtels et villas en zone agricole limitent l’offre future, ce qui protège la valeur des biens existants conformes.

Pour un résident qui compte transmettre ou revendre plus tard, un terrain en zone jaune / orange / rose, non LP2B, avec accès routier légal devient un critère patrimonial autant qu’un confort de vie.

Conformité, permis et Airbnb : le grand tri

La résidence à Bali ne signifie pas seulement habiter une villa : pour beaucoup d’étrangers, c’est habiter ET exploiter leur bien pendant les périodes où ils voyagent ou rentrent dans leur pays d’origine. Or ce modèle est aujourd’hui au cœur d’un bras de fer réglementaire.

Les autorités ont lancé un mouvement de fond :

Attention :

Le Ministère du Tourisme impose aux hébergeurs d’obtenir des permis d’exploitation avant fin mai. Dès 2026, le système OSS-RBA sera synchronisé avec Airbnb et Booking.com : pour rester listée, une villa devra fournir un NIB valide, un code KBLI adéquat et un certificat de conformité (SLF). Les déclarations du gouverneur sur un ‘bannissement d’Airbnb’ visent en réalité à exclure les annonces non conformes.

Résultat concret pour les investisseurs‑résidents :

– un bien parfaitement en règle (PT PMA ou structure locale adéquate, KBLI 55110 pour de la courte durée, SLF et PBG validés, zonage compatible) peut rester sur les OTAs et capter la demande internationale,

– une villa “non déclarée” ou mal codée peut être déréférencée, avec perte directe de revenus,

– les audits fiscaux et inspections se concentrent sur les structures floues, les faux codages KBLI et les écarts entre adresse de correspondance et adresse d’exploitation.

La conformité n’est donc plus un détail administratif : c’est ce qui fait la différence entre un “asset” et une bombinette juridique impossible à exploiter ou revendre.

Rendements et occupation : ce que la résidence change vraiment pour les chiffres

Sur le papier, les rendements annoncés à Bali font rêver : on voit circuler des promesses de 17 %, voire 20 % de rendement annuel sur certaines plaquettes marketing. La réalité, une fois la résidence et la fiscalité prises en compte, est plus nuancée.

Les données croisées de plusieurs sources indiquent :

18

Les produits intégrés avec gestion hôtelière peuvent atteindre jusqu’à 18 % de rendement locatif brut avec un ticket d’entrée plus élevé.

Là où la résidence change la donne, c’est sur l’arbitrage entre courtes et longues durées.

Bon à savoir :

En mode 100% location touristique à Canggu ou Uluwatu, le revenu brut peut être élevé mais l’occupation est volatile à cause de la suroffre et des contraintes. En mixant séjours courts, moyens et longs, on lisse la saisonnalité et on sécurise l’occupation avec les digital nomads et résidents, réduisant la complexité opérationnelle malgré un rendement facial plus bas.

Le tableau ci‑dessous donne un ordre de grandeur :

Stratégie d’exploitationType de locatairesRendement brut courant estiméProfil de risque / complexité
100 % courte durée (Airbnb)Touristes séjours courts10–18 %Forte saisonnalité, réglementé, complexe
Mix courte + moyenne duréeTouristes + nomads (1–3 mois)8–14 %Plus stable, gestion encore intensive
Longue durée (6–24 mois)Résidents, expats, nomads5–9 %Faible complexité, vacance réduite

Pour un investisseur qui vit une partie de l’année dans sa villa, il faut aussi intégrer l’autoconsommation : quelques mois passés sur place réduisent le nombre de nuits vendables, mais augmentent la valeur “lifestyle” du projet, ce qui est précisément la motivation de nombreux acheteurs.

Zones clés : où vivre, où investir, où faire les deux

La résidence à Bali n’a pas le même impact selon que l’on s’installe en plein cœur de Canggu, sur les falaises d’Uluwatu ou dans un quartier plus tranquille comme Sanur. Or chaque zone a actuellement un profil différent en termes de prix, de demande et de contraintes.

Canggu / Berawa / Pererenan : cœur du marché résidentiel‑locatif

C’est le nœud dur de la transformation de Bali en hub de résidents internationaux : coworkings, cafés, écoles internationales, restaurants, nightlife, surf.

– Les terrains y sont quasi épuisés dans les poches les plus prisées, ce qui explique une hausse foncière de 10 à 15 % par an ces dernières années.

– Les rendements locatifs bruts sur des villas bien gérées peuvent atteindre 12 à 18 %, mais la concurrence est féroce, les standards de design élevés, et la clientèle très exigeante.

– Pour un résident, ces zones offrent un quotidien très pratique, mais aussi une densité, un trafic et des nuisances en hausse.

Exemple :

Pererenan est présenté comme le quartier chic et plus calme de Canggu, avec des prix encore abordables mais en hausse rapide grâce aux nouvelles infrastructures. Il attire les résidents souhaitant rester proches de l’animation tout en profitant d’un cadre plus paisible.

Uluwatu / Bingin : le haut de gamme “lifestyle‑plus‑yield”

La péninsule du Bukit (Uluwatu, Bingin, Padang Padang, Pandawa) est devenue l’une des zones les plus prestigieuses de l’île. Les villas avec vue falaise ou mer atteignent des tarifs nuités record, et les rendements projetés dans certains projets se situent fréquemment entre 12 et 17 % brut.

Les investisseurs adoptent ici une logique “maison de vacances qui s’autofinance” : ils occupent le bien quelques semaines par an et laissent une gestion professionnelle s’occuper du reste. La résidence partielle est donc au cœur du modèle.

La rareté foncière (falaises, côtes limitées) et l’amélioration des accès (projets d’infrastructures majeurs, notamment transports) nourrissent une hausse continue des valeurs, même si la montée de la régulation rend indispensable une maîtrise parfaite du zonage et des permis.

Ubud : capitale du bien‑être et du télétravail créatif

Ubud attire une clientèle spécifique : créatifs, thérapeutes, retraités actifs, digital nomads en quête de nature et de silence. L’entrée de gamme y est plus abordable que sur la côte sud, mais certains produits architecturaux ou “wellness retreats” atteignent des niveaux élevés.

8-12%

Les rendements locatifs dans cette région varient entre 8 et 12 pour cent, favorisés par des occupations longues grâce aux retreats et séjours bien-être.

Pour un résident qui souhaite un rythme plus posé, des loyers ou des prix d’acquisition un peu plus doux, et un marché locatif toujours porteur, Ubud reste une valeur sûre, à condition d’être à distance raisonnable du centre et dans une zone de zonage claire.

Sanur, Nusa Dua, Nord et Est : les “sleeper markets” de la résidence

Sanur est souvent cité comme un marché sous‑valorisé, doté d’une excellente infrastructure (hôpitaux, centres commerciaux), d’une plage familiale et d’une ambiance plus calme. Il attire de plus en plus d’expatriés et de retraités qui veulent une vie quotidienne simple plutôt qu’une scène branchée.

Bon à savoir :

L’offre y est moins concurrentielle qu’à Canggu ou Seminyak, avec des prix plus modérés et de bonnes perspectives de revalorisation à long terme grâce à l’amélioration des connexions et au report de la demande excédentaire de la côte ouest.

Le Nord et l’Est de Bali (Tabanan, Lovina, zones côtières plus éloignées) bénéficient d’une politique publique encourageant le desserrement de la pression au sud. On y voit se développer des projets de glamping, d’éco‑lodges et de retraites de bien‑être, adossés au marché des “conscious travellers”.

Pour un résident‑investisseur avec horizon 5‑10 ans, ces régions offrent des tickets d’entrée plus faibles, des projets plus ancrés dans la nature et une forte composante lifestyle, au prix d’une liquidité moindre à court terme et d’une dépendance plus forte à la montée en puissance des infrastructures.

Due diligence : un passage obligé, surtout pour ceux qui comptent rester

Plus un investisseur envisage de résider durablement à Bali, plus il doit être exigeant sur la qualité juridique de son actif. À la différence d’un investisseur purement financier, il ne peut pas “tourner la page” en revendant rapidement en cas de souci.

Les étapes de vérification deviennent donc cruciales :

Astuce :

Pour sécuriser un achat immobilier, il est impératif de vérifier le titre dans la base du BPN, demander l’historique complet de propriété, contrôler les servitudes d’accès routier, valider le zonage via les cartes ITR et une confirmation de l’office d’urbanisme, examiner les permis de construire et le certificat d’occupation, inspecter les inscriptions hypothécaires, litiges ou saisies, réaliser une analyse géotechnique sommaire du site, et vérifier la disponibilité des réseaux (électricité PLN, eau, gestion des déchets).

Depuis 2026, une couche supplémentaire complique l’équation : la procédure de “relinquishment‑application” pour convertir un Hak Milik (propriété d’un Indonésien) en HGB ou autre titre exploitable par une structure à capitaux étrangers. Ce processus prend 6 à 12 mois et coûte nettement plus cher que les anciennes procédures, ce qui rallonge les délais de transaction et exige des montages financiers (bridge, acomptes, séquestres) plus sophistiqués.

Pour un couple ou une famille qui compte s’installer, il est impératif de mandater un avocat indépendant (pas seulement le notaris proposé par le vendeur) pour sécuriser l’ensemble de ces aspects.

Fiscalité : l’effet “long séjour” sur la rentabilité réelle

Vivre à Bali n’exonère pas de respecter la fiscalité locale, au contraire. Dès lors qu’un résident exploite sa villa en location, il doit faire face à plusieurs couches d’imposition :

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Le taux de TVA sur les constructions neuves (PPN) s’élève à 11 % de la valeur du bâtiment pour les ventes des promoteurs, avec une exonération partielle prévue en 2026.

Pour un résident qui bascule au statut de contribuable indonésien (séjour > 183 jours, KITAS/KITAP, NPWP), la fiscalité devient plus fine :

Bon à savoir :

Le contribuable peut bénéficier d’un régime de territorialité temporaire pendant 4 ans, où seuls les revenus de source indonésienne sont taxés. Au-delà, il est imposé sur son revenu mondial, nécessitant une planification approfondie avec un fiscaliste, notamment pour les salaires ou dividendes étrangers.

L’impact concret sur les rendements est clair : en ajoutant taxe foncière, impôts sur le revenu locatif, PHR, frais de gestion, OTA, entretien, on descend facilement de 12‑18 % brut à 7‑12 % net dans les meilleurs scénarios, et parfois moins pour des biens mal situés ou mal exploités.

Résidence à Bali : opportunité durable ou mirage à court terme ?

En 2026, l’immobilier balinais n’est ni un eldorado sans risque, ni un marché en déclin. C’est un marché mature en phase de consolidation, où la résidence des étrangers joue un rôle structurant.

Quelques tendances se dégagent nettement :

Bon à savoir :

Les touristes restent nombreux mais deviennent des slow travellers et télétravailleurs haut de gamme, augmentant la demande de longs séjours qui réduit la saisonnalité et soutient la valeur des villas bien situées. Le durcissement réglementaire creuse l’écart entre actifs conformes (primes de prix) et illégaux (décote, risques). Dans les zones établies (Canggu, Seminyak, Uluwatu), la hausse est de 5‑10 % annuels, tandis que les zones émergentes (Pererenan, Seseh, Kedungu, Sanur, Nord/Est Bali) offrent un potentiel supérieur mais exigent une analyse fine du zonage et des infrastructures.

Pour un investisseur qui envisage aussi la résidence à Bali, la question n’est plus seulement “combien ça rapporte ?”, mais :

Astuce :

Avant d’acheter, vérifiez la solidité légale du bien (titre, structure, zonage, licences). Assurez-vous que la zone correspond à votre style de vie et à la demande locative. Évaluez votre capacité à adapter le modèle de location (courte, moyenne ou longue durée) face aux changements de régulation ou de marché. Enfin, analysez si la fiscalité locale, combinée à votre statut fiscal international, préserve un rendement net satisfaisant.

Les données disponibles montrent qu’avec une approche rigoureuse, il reste possible de viser des rendements nets de l’ordre de 7 à 12 %, tout en bénéficiant d’une appréciation modérée mais régulière (5‑10 % par an dans les meilleurs micro‑marchés) et d’un cadre de vie difficile à égaler.

La résidence à Bali ne tue donc pas l’investissement immobilier ; elle l’oblige simplement à sortir de la spéculation pour entrer dans une logique de qualité, de conformité et de gestion professionnelle, où l’on achète moins un “buzz” qu’un actif pérenne capable de financer, au moins en partie, la vie que l’on vient chercher sur l’île.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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