Prix de l’immobilier aux Seychelles : comprendre les écarts entre Mahé, Praslin, La Digue et Eden Island

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Les Seychelles ont longtemps été associées à des plages de carte postale. En 2026, l’archipel est aussi devenu un marché immobilier sophistiqué, segmenté et très surveillé par les investisseurs internationaux. Entre Mahé, Praslin, La Digue et Eden Island, les écarts de prix, de rendement locatif et de profil d’acheteurs sont désormais marqués, au point de dessiner quatre micro‑marchés presque distincts.

Bon à savoir :

Selon les données 2026 de CMC Global Estates Research, l’immobilier aux Seychelles présente des différences marquées entre biens locaux et étrangers. L’article détaille les coûts réels, les rendements potentiels et les politiques publiques visant à équilibrer la pression sur le logement tout en autorisant l’investissement étranger.

Un marché 2026 en pleine tension mais porté par la croissance

Le décor macroéconomique explique en grande partie le niveau des prix. L’économie seychelloise repose toujours sur le duo tourisme–pêche, mais la croissance réelle du PIB est projetée autour de 3,3 % à moyen terme, avec un rythme similaire en 2026. Le secteur immobilier fait partie des moteurs, aux côtés de la construction et des technologies de l’information.

15

Le foncier constructible aux Seychelles progresse d’environ 15 % par an en raison de la rareté des terrains disponibles et des contraintes environnementales.

Dans ce contexte, l’indice des prix à la consommation pour le logement, l’eau, l’électricité et le gaz montre la pression sur le coût de l’habitat. Entre 2007 et 2026, l’indice « Housing & Utilities » a grimpé de 44,14 points à un plafond de 145,65 points en août 2022, pour se situer encore à 140,87 points en janvier 2026 et 140,72 en février. Même si la courbe semble se stabiliser, l’inflation passée a renchéri durablement la construction et la rénovation.

Exemple :

Le tableau ci‑dessous résume l’évolution récente de cet indice sectoriel, offrant un aperçu des variations observées.

PériodeIndice logement & services (points)
Février 2007 (point bas)44,14
Moyenne 2007–2026~104,40
Août 2022 (record)145,65
Décembre 2025141,11
Janvier 2026140,87
Février 2026140,72

Parallèlement, l’État seychellois reste très actif dans le logement social et abordable, afin de compenser la flambée des prix du privé. Le budget 2026 prévoit ainsi 489 millions de roupies seychelloises (SR) pour livrer plus de 200 maisons abordables et 120 appartements pour professionnels, tandis que plus de 150 parcelles seront attribuées via le « land bank », avec plus de 100 lots supplémentaires annoncés pour 2027. Au total, le gouvernement vise 2 500 logements livrés d’ici 2028, avec des opérations en cours sur Mahé, Praslin et La Digue.

Mahé : le cœur du marché, cher mais solide

Mahé concentre la capitale Victoria, l’aéroport international, les principaux services, la majorité de la population et l’essentiel des infrastructures. Sans surprise, c’est aussi le cœur du marché immobilier.

Niveaux de prix et rendement

Selon le Property Price Index 2026 de CMC Global Estates Research, Mahé affiche un prix moyen de 10 920 SCR par mètre carré, avec un rendement locatif brut estimé à 4,2 % et une croissance annuelle du capital de +14 %. Le profil d’acheteurs y est qualifié de « UHNW, International », c’est‑à‑dire une clientèle ultra‑fortunée, souvent étrangère.

Zone étudiéePrix moyen au m² (SCR)Rendement locatif brutCroissance annuelle du capitalProfil d’acheteurs
Mahé10 9204,2 %+14 %Ultra‑High‑Net‑Worth, International

Dans certaines zones précises, les niveaux montent nettement au‑dessus de cette moyenne. Le quartier de Cascade, par exemple, atteint 104 969 SCR/m² pour les maisons, avec une hausse annuelle d’environ 2 %. Des secteurs comme Bel Ombre ou les collines du nord de Mahé sont catégorisés haut de gamme, tandis que Beau Vallon et Glacis sont devenus des références pour les investisseurs mêlant résidence secondaire et location touristique.

En termes de budget, les fourchettes observées en 2025 donnent un ordre de grandeur toujours pertinent en 2026 :

Fourchette de prix immobiliers

Aperçu des prix pour différents types de biens dans la région

Appartements 1–2 chambres

Environ 220 000 à 450 000 dollars selon la vue, la proximité de la mer et la qualité de la résidence.

Villas modernes vue mer

De 600 000 à plus de 2,5 millions de dollars dans les secteurs les plus recherchés.

Propriétés en front de mer

Souvent entre 2 et 6 millions de dollars, avec un plafond plus haut pour les biens d’exception.

Terrain résidentiel

100 à 300 dollars par m², selon le zonage (résidentiel, touristique) et la topographie.

Marché locatif : une demande soutenue

Mahé bénéficie d’une demande locative double : population locale et travailleurs expatriés d’un côté, touristes de l’autre. Les loyers moyens renseignent sur le niveau de tension du marché.

Pour un appartement d’une chambre en centre‑ville, le loyer mensuel se situe en moyenne vers 13 670 SCR, avec une fourchette allant de 12 000 à un peu plus de 20 500 SCR. En périphérie, un 1‑chambre se loue généralement autour de 11 700 SCR, avec un plancher à 9 000 SCR.

Si l’on zoome sur certains quartiers côtiers, les loyers se libellent plus souvent en dollars :

Beau Vallon : pour un 1‑chambre, entre 1 000 et 1 550 dollars par mois.

Anse Royale et Takamaka : plutôt 500 à 800 dollars mensuels, positionnés comme options « budget » pour les résidents et certains expatriés.

Astuce :

Ces montants se combinent avec une location de courte durée très active, via Airbnb ou d’autres plateformes, sur des gammes de 50 à 150 dollars la nuit pour un appartement bien placé, selon la saison.

Offre en construction : des choix politiques assumés

Pour le volet résidentiel, la stratégie publique sur Mahé joue un rôle direct dans le paysage des prix. Les nouveaux programmes financés sur fonds publics visent principalement l’accession sociale ou abordable, avec des coûts de construction étudiés au plus serré : un pavillon de trois chambres de 93 m² est chiffré autour de 837 000 SCR, quand une version plus compacte de 81,5 m² descend à 733 500 SCR. La réduction de taille moyenne des logements permet d’augmenter le nombre de maisons construites à budget constant, passant de 2 000 unités possibles à près de 2 342 sans rallonge de crédit.

Cette politique se traduit par un réseau de chantiers sur tout Mahé : 64 unités à Cap Bonn Zan, 72 à Béolière, 81 à Barbarons financées via le Abu Dhabi Fund for Development, ou encore des lotissements à Anse Aux Pins, Aux Cap, Pascal Village, Les Mamelles et Ex‑Desaubin. À moyen terme, une partie de la pression sur les prix pourrait être modérée sur certains segments, mais le luxe proprement dit reste tiré par la rareté foncière, la paix politique et un environnement réglementaire stable.

Praslin : rendement plus élevé, ambiance « lifestyle »

Deuxième île du pays, Praslin combine plages iconiques (Anse Lazio, Anse Volbert), patrimoine naturel (Vallée de Mai classée à l’UNESCO) et une ambiance plus détendue que Mahé, tout en conservant une bonne base d’infrastructures touristiques. C’est aussi l’un des marchés les plus dynamiques du moment.

Indicateurs de prix et de rendement

En 2026, Praslin se situe clairement en dessous de Mahé en prix au mètre carré, mais au‑dessus en rendement locatif.

Zone étudiéePrix moyen au m² (SCR)Rendement locatif brutCroissance annuelle du capitalProfil d’acheteurs
Praslin8 7365,9 %+14 %High‑Net‑Worth, Lifestyle

Avec un prix moyen de 8 736 SCR/m², l’île reste environ 20 % moins chère que Mahé, ce qui est cohérent avec les loyers : d’une manière générale, les locations sur Praslin sont estimées 20 à 30 % moins chères que sur Mahé. Le rendement brut à 5,9 % est significativement supérieur, signe que la demande locative touristique compense les prix d’acquisition inférieurs.

Les fourchettes de prix relevées pour 2025, encore valables à titre indicatif, montrent une gamme large :

5000000

Les villas très haut de gamme peuvent atteindre plus de 5 millions de dollars pour les propriétés d’exception le long des plages les plus célèbres.

Les transactions récentes le confirment : on trouve par exemple un grand domaine familial à Cote Dor (Praslin) de 260 m² habitables pour 3 chambres, à 830 000 dollars, et des propriétés de prestige comme une villa d’architecte à Anse Takamaka affichée à 2,4 millions d’euros.

Locatif touristique : un moteur puissant

Le marché locatif de Praslin est dominé par le tourisme. Les villas de vacances se louent généralement entre 300 et 800 dollars la nuit en haute saison, selon la taille, la piscine et la proximité immédiate de la plage. Sur l’année, la combinaison de haute saison sèche (mai à octobre), de périodes de pointe (Noël, Pâques) et d’un remplissage moins fort en basse saison permet d’atteindre des rendements bruts de 4 à 7 % pour les biens bien gérés.

1 000 à 3 000

Les loyers mensuels pour les locations longue durée destinées aux expatriés, ONG ou retraités varient entre 1 000 et 3 000 dollars pour des logements confortables.

Micro‑marchés à l’intérieur de l’île

Praslin est loin d’être homogène. Quelques zones phares structurent le marché :

Anse Lazio : plage parmi les plus célèbres au monde, destination idéale pour les villas ultra‑luxe, où le foncier est quasi introuvable.

Anse Volbert (Côte d’Or) : pôle touristique principal, concentrant hôtels, restaurants et boutiques, parfait pour les projets locatifs.

– Grand Anse : terrain plus plat, parcelles plus grandes, proximité de l’aéroport, terrain de jeu des investisseurs cherchant à combiner hôtels de charme, résidences ou programmes mixtes.

– Baie Sainte Anne : port et marina de l’île, propice aux projets mixtes résidentiel/commercial.

Le segment revente est lui aussi structuré : villas de style créole rénovées sur la Côte d’Or, maisons contemporaines sur les collines surplombant l’océan, petite copropriété à Grand Anse avec piscine commune et centre de fitness. Ces produits, déjà intégrés dans des programmes de location saisonnière, offrent souvent des rendements nets à deux chiffres en pourcentage pour les meilleurs d’entre eux, sous réserve d’une gestion professionnelle.

La Digue : petit marché, gros rendement

La Digue occupe une place à part. L’île, dépourvue d’aéroport et avec très peu de voitures, reste l’image d’Épinal du paradis « débranché ». Cette particularité se reflète dans les chiffres de 2026 fournis par CMC Global Estates Research.

Des prix plus bas, des rendements records

Zone étudiéePrix moyen au m² (SCR)Rendement locatif brutCroissance annuelle du capitalProfil d’acheteurs
La Digue7 2809,8 %+7 %Investisseurs, Expats

Le prix moyen par mètre carré reste, à 7 280 SCR, inférieur à Mahé et Praslin. En revanche, c’est sur La Digue que les rendements locatifs bruts sont les plus élevés, flirtant avec 10 %. La croissance du capital est plus modérée (+7 % par an) mais situe tout de même l’île dans une phase d’appréciation soutenue, portée par une demande touristique très forte et un stock extrêmement limité.

Attention :

À La Digue, les loyers mensuels d’un appartement d’une chambre varient de 490 à 850 dollars. Combinés à un coût d’acquisition inférieur à celui de Mahé, ils offrent des rendements plus intéressants pour les investisseurs patients, tandis que les prix fonciers récents illustrent la diversité des offres.

Terrain constructible à Grosse Roche de 2 500 m² : 395 000 dollars.

– Parcelle à Anse Gaulette de 4 000 m² : 1,2 million de dollars.

– Terrain en bord de mer à Anse Reunion de 584 m² : 345 000 dollars.

Grand terrain à Anse Banane de plus de 30 000 m² : prix « sur demande », signe d’une valorisation très élevée.

Bon à savoir :

La rareté de l’offre combinée à de grandes surfaces crée un fort potentiel de plus-value, sous réserve de respecter les contraintes environnementales et les limitations pour investisseurs étrangers.

Une clientèle d’expatriés et d’investisseurs de niche

Le profil d’acheteurs identifié pour La Digue en 2026 est « Investors, Expats ». Il s’agit souvent de personnes en quête d’un placement dans une destination très exclusive, avec une logique moins spéculative et plus patrimoniale. Les projets vont de la maison de vacances louée quelques semaines par an à la création de petits établissements d’hébergement haut de gamme, orientés écotourisme.

À l’inverse de Mahé ou d’Eden Island, La Digue reste difficile d’accès au quotidien pour les travailleurs, ce qui limite l’essor d’un marché locatif résidentiel « classique » orienté vers les familles et les salariés. Le rendement élevé provient donc avant tout des flux touristiques et de la rareté extrême des nouveaux projets autorisés.

Eden Island : vitrine internationale et exception réglementaire

Eden Island occupe un statut à part dans l’immobilier seychellois. Cette marina résidentielle artificielle, reliée à Mahé par un pont, constitue l’un des rares endroits où les étrangers peuvent acheter en pleine propriété sans procédure d’agrément spécifique. C’est aussi l’un des marchés les plus chers et les plus liquides.

Prix d’achat : du haut de gamme au très haut de gamme

Les données croisées de 2025–2026 donnent une vision assez précise de la grille de prix sur Eden Island.

Les fourchettes générales mentionnées pour l’archipel positionnent les appartements d’Eden Island entre 400 000 et 3 millions de dollars, les maisons de type « maison » ou townhouses entre 1,2 et 2 millions, et les villas individuelles de 2,5 à 4,5 millions de dollars. Certaines annonces dépassent ces plafonds, avec par exemple une villa de 470 m² et 6 chambres à 4,5 millions de dollars.

Des relevés détaillés par bassins montrent l’éventail des prix de revente pour les appartements :

Secteur Eden IslandSurface (m²) typiqueChambresPrix indicatif (USD)
Appartements Basin 187–2102450 000 à 785 000
Appartements Basin 21412595 000
Appartements Basin 3140–1432550 000 à 645 000
Appartements Basin 488–1782–3435 000 à 825 000
Appartements Basin 588–2152435 000 à 900 000
Appartements Basin 645722 950 000
Peninsula 2126–1732615 000 à 880 000

Pour les maisons de type « maison » (townhouses) :

Secteur Eden IslandSurface (m²) typiqueChambresPrix indicatif (USD)
Maisons Basin 223421 100 000 à 1 200 000
Maisons Basin 4197–31721 350 000 à 1 950 000
Maisons Basin 5271–31721 400 000 à 2 250 000
Maisons Basin 627121 550 000
Peninsula 7356–43722 200 000 à 2 400 000

Et pour les villas :

Secteur Eden IslandSurface (m²)ChambresPrix indicatif (USD)
Villa Basin 531722 895 000
Villa Peninsula 337123 500 000

À l’échelle globale de l’île, les estimations 2025–2026 indiquent que :

Prix de l’immobilier à Singapour par type de bien

Aperçu des fourchettes de prix pour les différents types de propriétés résidentielles.

Appartement 1 chambre

À partir d’environ 450 000 dollars.

Appartement 2–3 chambres

Entre 650 000 et 1,1 million de dollars.

Maison

Majoritairement entre 1,2 et 2 millions de dollars.

Villa individuelle

Entre 2,5 et 4,5 millions de dollars, voire plus pour les propriétés en péninsule.

Les prix d’entrée évoqués ailleurs (un 1‑chambre à partir de 350 000 dollars, des villas dès 800 000 dollars) traduisent plutôt les premières phases du développement ; sur le marché de revente actuel, les niveaux sont nettement supérieurs.

Stabilité des prix et valorisation

Contrairement à d’autres segments où l’offre nouvelle vient régulièrement diluer la rareté, Eden Island est un développement achevé, sans possibilité d’extension. Cette caractéristique, associée à une demande constante en provenance de l’Europe, du Moyen‑Orient et de l’Afrique, contribue à maintenir des prix élevés et stables.

25

Le stock d’environ 25 biens à la vente à un instant donné reflète une liquidité favorable pour ce type d’actif de niche.

Location : des loyers parmi les plus élevés du pays

Eden Island figure en tête du segment « luxury budget » dans les classifications locatives. Les loyers long terme dépassent fréquemment 2 500 dollars par mois, aux côtés des résidences Four Seasons et des propriétés exclusives du nord de Mahé. Les locations de vacances affichées sur les plateformes internationales illustrent ces niveaux : un 1‑chambre peut se louer de 120 à plus de 350 dollars la nuit selon la saison, avec certains produits de très haute gamme approchant les 1 000 dollars hors saison de pointe.

Ce positionnement permet à des investisseurs très patrimoniaux de combiner jouissance personnelle, rendement locatif et valorisation du capital à long terme, dans un cadre juridique clarifié pour la clientèle étrangère.

Comparaison structurée : Mahé, Praslin, La Digue, Eden Island

Pour synthétiser les principales différences de prix et de rendement entre les trois îles habitées principales et la micro‑destination Eden Island, le tableau suivant reprend les indicateurs clés 2026 issus de CMC Global Estates Research (pour Eden Island, la moyenne nationale n’est pas isolée dans le tableau source, mais elle se situe dans la tranche haute du segment luxe).

MarchéPrix moyen au m² (SCR)Rendement locatif brutCroissance annuelle du capitalProfil dominant d’acheteursNiveau de budget typique (USD)
Mahé10 9204,2 %+14 %UHNW, InternationalVillas : 600 000 – 5 M+ ; Appartements : 220 000 – 450 000+
Praslin8 7365,9 %+14 %HNW, LifestyleVillas : 700 000 – 2 M (jusqu’à 5 M+ luxe) ; Appart. : 250–500 k
La Digue7 2809,8 %+7 %Investisseurs, ExpatsVille‑maisons, terrains : 345 000 – 2 M+
Eden Island (segment)2 500+ USD/mois (loyer)3–5 % (appréciation estimée)Investisseurs internationaux très aisésAppartements : 450 000 – 3 M ; Maisons : 1,2–2 M ; Villas : 2,5–4,5 M+

Plusieurs enseignements se dégagent :

Bon à savoir :

Mahé et surtout Eden Island ont les prix les plus élevés, avec des avantages comme l’accès à la marina et une réglementation simplifiée. Praslin est moins chère à l’achat que Mahé mais offre un meilleur rendement brut, intéressant pour des profils lifestyle. La Digue affiche le rendement le plus élevé, mais son marché est étroit et l’accès complexe, ce qui en fait une niche pour investisseurs spécialisés.

Un État qui encadre fortement l’accès à la propriété

L’une des particularités du marché seychellois tient au double encadrement public : d’un côté, un effort massif sur le logement abordable pour les Seychellois ; de l’autre, un système de sanctions, de droits et de limitations destiné à contenir l’impact du capital étranger sur les prix.

Logement abordable : taille des maisons et enveloppes budgétaires

Les chiffres budgétaires 2026 illustrent l’ampleur de la politique de logement public :

489 millions SCR sont consacrés à plus de 200 maisons abordables et 120 appartements pour professionnels.

– 126 millions SCR supplémentaires financent plus de 150 parcelles via le land bank.

– 10 millions SCR sont réservés aux infrastructures nécessaires pour 128 appartements de gamme intermédiaire.

– 75 millions SCR financent 81 logements à Barbarons, via un accord de 8,7 millions de dollars avec l’Abu Dhabi Fund for Development.

– Plusieurs dizaines de millions SCR sont répartis sur Cap Bonn Zan, Béolière, Anse Aux Pins, Aux Cap, Pascal Village, Les Mamelles, Ex‑Desaubin, Corgat Estate, Union Vale.

81,5

La surface d’une maison de trois chambres est réduite de 93 m² à 81,5 m² pour construire plus de logements à budget constant.

Éligibilité et conditions pour les Seychellois

L’accès au logement social ou abordable repose sur une batterie de critères financiers et sociaux. Pour les prêts de la principale institution de financement social, Home Finance Company (HFC), les revenus doivent se situer sous 30 000 SCR mensuels, avec des mensualités de crédit comprises entre 30 et 40 % du revenu. Pour les logements sociaux, le seuil de revenus maximum est de 15 000 SCR par mois. La nouvelle politique impose aussi une capacité financière minimale de 1,2 million SCR pour certains schémas, ce qui traduit un glissement progressif vers davantage d’auto‑financement.

Les règles d’allocation de terrain exigent, une fois l’intrant obtenu, de développer la parcelle en cinq ans au maximum et d’avoir réalisé 75 % de la construction dans ce délai. La revente est interdite avant 15 ans. Ces dispositifs visent à éviter la spéculation sur le foncier subventionné.

Investisseurs étrangers : un cadre plus ouvert mais sélectif

Jusqu’en janvier 2025, un moratoire limitait certains achats résidentiels par les non‑Seychellois. Sa levée a marqué un tournant. Désormais, les étrangers peuvent de nouveau acquérir des terrains et propriétés résidentielles, mais uniquement dans des « Designated Areas » ou des développements approuvés.

Attention :

Les conditions sont strictes

Valeur minimale de 10 millions SCR pour une propriété résidentielle bâtie.

– Pour un terrain nu, valeur minimale de 4 000 SCR par m², avec une surface entre 2 000 et 4 000 m².

– Pour une maison individuelle, parcelle de 1 000 à 4 000 m².

– Pour un appartement en copropriété, valeur minimale de 30 000 SCR par m² pour les non‑Seychellois.

La procédure passe par une demande de « sanction » auprès du Ministère des Terres et du Logement, accompagnée d’un dossier incluant justificatifs d’identité, preuves de fonds, certificats de police, statuts et registres pour les sociétés, etc. Les frais d’étude sont fixes (3 000 SCR pour un achat, 2 000 pour un bail, 1 000 pour une prise de participation dans une société détentrice d’immeuble).

En cas d’accord, plusieurs couches de prélèvements s’appliquent aux non‑Seychellois :

Stamp duty (droit d’enregistrement) de 5 % de la valeur du bien.

Sanction processing fee de 1,5 %.

Sanction duty de 12 % pour les biens résidentiels hors politique « Villas ».

18-20

Les coûts de transaction totaux pour un étranger peuvent atteindre ou dépasser 18 à 20 % du prix d’achat

Une fois propriétaire, un non‑Seychellois doit aussi s’acquitter d’une taxe annuelle sur la propriété immobilière de 0,5 % de la valeur du bien (taux doublé depuis 2024). Une exonération d’un an est toutefois accordée aux primo‑accédants étrangers depuis 2020.

L’exemple d’Eden Island illustre la manière dont un développement entièrement privé peut contourner une partie de ces contraintes, en étant pré‑approuvé et en offrant du foncier en pleine propriété sans sanction individuelle. Cette exception reste toutefois limitée à ce type de complexe intégré, dans l’objectif de canaliser la demande étrangère vers certaines zones sans assécher le stock de logements pour les Seychellois.

Pressions inflationnistes, financement et perspectives 2030

Au‑delà de l’instantané 2026, plusieurs tendances profondes éclairent l’évolution probable des prix sur Mahé, Praslin, La Digue et Eden Island.

D’abord, la dynamique démographique. La population totale est estimée à environ 132 800 habitants mi‑2025, avec une urbanisation projetée au‑delà de 71 000 habitants en zone urbaine fin 2026. Le taux d’urbanisation devrait progresser graduellement pour avoisiner 55 % d’ici 2030. Cette concentration sur quelques poches habitées, en particulier Victoria et sa couronne (dont Eden Island), entretient une pression constante sur les prix fonciers.

3200

Plus de 3 200 personnes attendent un logement abordable via des schémas d’épargne logement.

Enfin, la politique monétaire demeure relativement accommodante, avec un taux directeur maintenu à 1,75 % en 2025 et un environnement où l’inflation, bien que stabilisée autour de 2,5–3 % à moyen terme, reste positive. La croissance du crédit au secteur privé, notamment pour les ménages et les hypothèques, avoisine les 19 à 24 % sur un an pour certains compartiments, preuve d’un appétit soutenu pour l’endettement immobilier.

Bon à savoir :

Les prix devraient fortement augmenter à Victoria et Anse Royale sur Mahé, portés par des investissements d’infrastructure majeurs (routes, ports, équipements). À Praslin et La Digue, la croissance annuelle sera plus modérée qu’à Eden Island, où la rareté de l’offre est extrême.

Pour les investisseurs, l’enjeu consiste alors à arbitrer entre :

– Mahé, pour la combinaison d’appréciation du capital (+14 % par an actuellement), sécurité juridique, liquidité du marché et usage possible en résidence principale.

– Praslin, pour un couple prix/rendement attractif et une exposition plus marquée au tourisme de villégiature.

– La Digue, pour un rendement locatif record et un positionnement de niche, au prix d’une liquidité plus faible.

– Eden Island, pour l’accès facilité aux étrangers, l’image de marque et une offre haut de gamme extrêmement rare, mais avec un ticket d’entrée élevé et des coûts de transaction substantiels.

Conclusion : un marché segmenté, mais cohérent

Pris dans son ensemble, le marché immobilier seychellois en 2026 ne ressemble ni à un eldorado spéculatif sans règle, ni à une forteresse fermée au capital étranger. Les quatre pôles étudiés – Mahé, Praslin, La Digue et Eden Island – dessinent un paysage cohérent : au centre, Mahé, cher mais profond et liquide ; autour, Praslin et La Digue, plus abordables ou plus rentables selon le cas, mais soumis à des contraintes d’offre fortes ; enfin, Eden Island, micro‑marché international polarisant une grande partie de la demande très haut de gamme.

L’État, lui, tente de tenir ensemble deux objectifs parfois contradictoires : protéger l’accès à la propriété pour les Seychellois via une politique ambitieuse de logement et d’encadrement des ventes de terrains publics, tout en maintenant l’attrait de l’archipel pour les capitaux privés qui financent une large part des infrastructures et des emplois liés au tourisme.

Analyse de la politique seychelloise

Dans ce jeu d’équilibres, les chiffres de 2026 plaident pour une poursuite de la hausse des prix dans les zones clés, même si la progression pourrait se calmer par rapport aux années post‑pandémie. Pour qui regarde aujourd’hui Mahé, Praslin, La Digue ou Eden Island, la question n’est donc pas tant de savoir si les prix baisseront, mais plutôt où se situeront, dans dix ans, les nouveaux points d’équilibre entre un littoral rare, une demande mondiale pour le luxe balnéaire, et un État déterminé à ce que le rêve seychellois reste accessible à ses propres citoyens.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :