Seychelles vs Maurice vs Maldives : le match immobilier pour investir en 2026

Dans l’océan Indien, trois destinations cristallisent les envies d’évasion… et de rentabilité : Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ? Derrière les plages de carte postale, ces marchés n’ont pourtant rien de comparable. Niveau de prix, fiscalité, droit de propriété, rendement locatif, contraintes écologiques, place laissée aux étrangers : le trio joue dans la même région, mais pas dans la même catégorie.

Bon à savoir :

En 2026, le marché du luxe mondial explose, les régulations pour non‑résidents se durcissent et les dispositifs fiscaux évoluent. Choisir un paradis fiscal ne relève plus d’un achat impulsif : il faut analyser le cadre juridique, le modèle économique et le risque politique.

Trois marchés, trois logiques d’investissement

Pour comprendre où placer son capital entre Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ?, il faut d’abord regarder la structure de chaque marché. Car derrière l’image de destination de rêve, la logique immobilière n’a rien à voir.

À l’île Maurice, l’immobilier est devenu depuis quinze ans une véritable industrie, structurée autour de programmes encadrés par l’Economic Development Board (IRS, RES, PDS, Smart City, IHS, R+2). Le marché sort d’une phase de hausse fulgurante des prix, et 2026 marque une transition vers une croissance plus maîtrisée, avec en toile de fond un durcissement important de la fiscalité pour les non‑citoyens.

Attention :

Aux Seychelles, l’immobilier est un marché très fermé pour les étrangers, avec un accès longtemps gelé puis rouvert sous conditions drastiques. La priorité absolue est la durabilité environnementale, via le green real estate, le zoning écologique, les taxes climatiques et le Marine Spatial Plan. Chaque construction doit justifier son impact sur la mer et les récifs.

Les Maldives, enfin, s’affirment comme un marché de niche très particulier : quasi uniquement en bail emphytéotique pour les étrangers, centré sur les resorts et les villas de luxe, avec une fiscalité personnelle quasi inexistante (pas d’impôt sur la fortune, ni sur les successions, ni sur les plus-values), mais un droit de propriété beaucoup plus restreint que chez ses concurrentes.

Maurice : un marché mûr, rentable, mais de plus en plus cher pour les étrangers

L’île Maurice a connu entre 2019 et 2024 une phase d’augmentation des prix rarement observée dans une petite économie insulaire. L’indice des prix résidentiels, basé 100 en 2019, a dépassé 237,9 fin 2024 : en cinq ans, les prix ont plus que doublé, avec une hausse cumulée supérieure à 140 %, et une envolée proche de 30 % sur la seule fin d’année 2024.

Un cycle de surchauffe qui se normalise

Le marché mauricien ne s’est pas retourné, mais il change clairement de vitesse. L’économie montre des signes de ralentissement, les coûts de construction restent élevés et le pouvoir d’achat local ne suit plus. Dans ce contexte, 2026 est annoncée comme l’année d’un « refroidissement contrôlé » : les hausses à deux chiffres devraient céder la place à une progression plus modérée, souvent estimée entre 5 et 12 % selon les quartiers et les typologies.

Les zones premium – Grand Baie, côte ouest (Tamarin, Rivière Noire, Le Morne), Smart Cities comme Moka – continuent de tirer le marché, dopées par une clientèle internationale exigeante et des infrastructures de qualité. Les biens bien situés, bien construits et bien gérés conservent leur valeur, tandis que les projets périphériques ou mal conçus commencent à souffrir.

Un afflux massif de capitaux étrangers

Maurice reste, de loin, la championne régionale en matière d’attraction de capitaux immobiliers étrangers. En 2025, les investissements directs venus de l’étranger ont atteint 48 milliards de roupies, contre 32,9 milliards en 2024, soit une progression de 45,6 % en un an. Sur ce total, 21,3 milliards de roupies se sont dirigés vers l’immobilier, qui représente à lui seul près de la moitié du stock d’IDE accumulé de 2006 à 2023 (environ 152 milliards de roupies).

70 %

Les programmes régulés concentrent environ 70 % du stock immobilier destiné aux étrangers, offrant un cadre structuré avec sécurité juridique et services adaptés.

Avantages fiscaux réels, mais fenêtre qui se referme

Maurice conserve en 2026 un atout majeur : une fiscalité simple et relativement douce. Le taux d’imposition sur le revenu (personnes physiques et morales) est de 15 %, sans impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni taxe annuelle sur la propriété immobilière. Les plus-values privées à la revente ne sont pas taxées, hors cas de spéculation professionnelle. La base est territoriale/remise : les revenus de source étrangère ne sont pris en compte que s’ils sont rapatriés.

Exemple :

Le Finance Act 2025 prévoit à partir du 1er juillet 2026 un doublement des droits d’enregistrement et de la Land Transfer Tax pour les étrangers achetant dans les schémas EDB, passant de 5 % à 10 % chacun, ce qui portera le total des droits à 20 % du prix, réparti entre l’acheteur et le vendeur.

Cette hausse vise particulièrement les acquisitions dans les schémas IRS, RES, PDS, Smart City, IHS et appartements R+2 au‑delà de 6 millions de roupies. Les acheteurs étrangers qui signent avant le 1er juillet 2026 peuvent donc économiser jusqu’à 5 % du prix d’achat sur les droits à leur charge, ce qui crée une véritable date butoir pour quiconque regarde Maurice pour 2026.

Des rendements attractifs, surtout dans les segments bien ciblés

Les rendements locatifs bruts à Maurice varient selon la typologie et l’emplacement, mais restent globalement solides pour un marché aussi mature :

Segment mauricien (indicatif) Rendement locatif brut moyen
Villas de luxe en front de mer 3 – 4,5 %
Appartements en resort 4 – 6 %
Résidences en Smart City 5 – 7 %
Immeubles résidentiels de rapport 5 – 8 %
Biens sur golf 3,5 – 5 %
Immobilier commercial (bureaux / retail) 7 – 10 %

Sur cinq ans, les projections de hausse annuelle se situent souvent entre 5 et 9 % selon les zones. Un appartement de vacances haut de gamme à Grand Baie peut, par exemple, viser environ 5 % de rendement locatif et 7 % d’appréciation annuelle, soit un retour cumulé estimé à 60–65 % sur cinq ans. Un appartement dans une Smart City comme Moka, loué à une clientèle professionnelle, peut viser 6 % de rendement et 8 % d’appréciation, pour un potentiel total de 70–75 % sur la même période.

Off‑plan : un outil puissant… et très encadré

Autre particularité de Maurice : le rôle central de la vente sur plan (VEFA). Acheter un bien en construction ou pré‑lancement est devenu un mode d’investissement de plus en plus prisée, soutenu par un arsenal de protections : garantie financière d’achèvement par une banque, versements étalés en fonction de l’avancement, contrôle des étapes de construction par notaire ou architecte.

Astuce :

La plupart des nouveaux programmes pour étrangers (PDS, Smart City, R+2) sont vendus en VEFA. Les prix de lancement sont 10 à 20 % inférieurs à la valeur livrée, l’écart pouvant atteindre 30-35 % lors des premières reventes. Les paiements s’étalent sur 18 à 24 mois pour lisser l’effort financier, mais il faut accepter le risque quasi inévitable de retard de chantier.

Pour quel profil d’investisseur Maurice est‑elle adaptée en 2026 ?

Maurice s’adresse en priorité à un investisseur qui cherche un compromis entre sécurité juridique, rendement régulier et capitalisation à moyen terme. C’est un marché :

où l’on peut structurer une stratégie patrimoniale complète (résidence, location saisonnière, location long terme, bureaux, commerces) ;

où la résidence par investissement reste accessible à partir de 375 000 dollars dans un projet approuvé, avec un permis de résidence valable tant que le bien est détenu ;

– mais où la fenêtre fiscale la plus douce se referme nettement à partir de mi‑2026 pour les acquisitions dans les schémas EDB.

Pour un acheteur étranger disposé à investir sur un horizon de cinq à dix ans, et prêt à supporter 20 % de droits de mutation après juillet 2026, Maurice reste néanmoins un pilier de la région, avec un environnement politique stable et des fondamentaux macroéconomiques solides.

Seychelles : vitrine de l’immobilier vert, marché ultra‑sélectif

Face à cette machine immobilière bien huilée, les Seychelles jouent une tout autre carte. Ici, près de la moitié des terres sont classées en parc national ou zone protégée. Le pays fait de la durabilité un axe stratégique, jusqu’à intégrer l’écologie au cœur même du droit de construire. Pour un investisseur, cela change presque tout.

Green real estate : une obligation plus qu’un argument marketing

Aux Seychelles, la notion de green real estate n’est pas un simple label, mais une exigence réglementaire. Un projet est considéré « vert » s’il est conçu pour minimiser son empreinte écologique, optimiser son efficacité énergétique, recourir autant que possible à des matériaux biosourcés ou recyclés, gérer l’eau de manière durable et s’intégrer harmonieusement dans l’écosystème local.

Depuis 2025, ce cadre s’est encore durci avec la mise en place d’un arsenal de textes :

un Marine Spatial Plan réglementaire, qui découpe l’espace marin en zones et définit, pour chacune, les activités interdites ou soumises à conditions, avec des sanctions à la clé ;

– un Environment Protection Act de 2016, complété en 2025 par un texte introduisant une fiscalité écologique incitative sur les équipements à fort pouvoir de réchauffement global (climatisation, réfrigération…) ;

l’obligation, pour tout projet immobilier, de respecter le zoning écologique, de limiter ou interdire certaines activités polluantes, de prendre en compte systématiquement les solutions fondées sur la nature dans tout aménagement côtier ou d’infrastructure.

La non‑conformité n’est pas théorique : des sanctions administratives et pénales peuvent aller jusqu’à la suspension pure et simple du projet. Dans ce contexte, les autorités recommandent aux promoteurs d’obtenir des certifications reconnues internationalement (EDGE, LEED, BREEAM) et de viser, à terme, un label national en cours d’élaboration avec des partenaires internationaux.

Un arsenal d’incitations pour l’énergie renouvelable

Cette rigueur s’accompagne d’un important volet d’incitations. Les Seychelles ont une feuille de route énergétique qui vise à porter la part du solaire à au moins 19 % de la production d’ici le milieu des années 2020, et plus loin, à atteindre 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2035.

Mobilisation nationale

Le pays s’appuie sur plusieurs leviers pour atteindre ses objectifs

Ressources humaines

Mobilisation des citoyens et des compétences locales

Moyens financiers

Investissements publics et privés stratégiques

Infrastructures

Développement des réseaux et équipements clés

un prêt concessionnel de 25 millions de dollars de la Banque africaine de développement pour des projets solaires, éoliens et hydroélectriques, qui facilite l’accès au capital pour les développeurs publics et privés ;

des subventions et crédits d’impôt pour l’installation de systèmes photovoltaïques raccordés au réseau, d’éoliennes ou de petites centrales hydroélectriques ;

– des exonérations partielles ou totales de droits de douane à l’importation sur les équipements d’énergie renouvelable ;

– des réductions de certaines taxes locales ou foncières pour les bâtiments intégrant des solutions d’énergie verte.

Pour un investisseur immobilier, cela se traduit par des coûts d’exploitation réduits à long terme, mais aussi par une prime de marché : la demande pour des biens combinant charme tropical, confort moderne et performance environnementale est en forte hausse, notamment dans le segment haut de gamme.

Un marché étroit, cher, mais avec des rendements ciblés élevés

Le marché seychellois reste cependant très étroit, avec un accès pour les non‑résidents longtemps gelé par un moratoire, puis rouvert en 2025 sous une forme hautement encadrée. Les autorités ont fixé des seuils clairs :

– pour une maison avec terrain, le prix minimum est de 10 millions de roupies seychelloises (environ 700 000 dollars) et la parcelle doit être comprise entre 1 000 et 4 000 m² ;

– pour un terrain nu résidentiel, la surface doit se situer entre 2 000 et 4 000 m², avec un prix plancher de 4 000 SCR par m² ;

– certaines catégories – logements subventionnés, terres d’État, îles éloignées – sont totalement interdites à l’achat en pleine propriété par des non‑Seychellois, seules des concessions de longue durée étant possibles.

À ces limites physiques s’ajoutent des coûts de transaction élevés. Toute acquisition par un non‑résident nécessite un « sanction » du gouvernement, avec :

18-19

Le coût total de transfert d’un bien immobilier pour un étranger aux Seychelles atteint souvent 18 à 19 % du prix, incluant une duty de 12 % et des droits d’enregistrement

En contrepartie, certains micro‑marchés offrent des rendements locatifs très musclés, notamment sur les villas haut de gamme ou les petites structures touristiques bien positionnées. Des données de recherche indiquent, par exemple, des rendements bruts pouvant approcher les 10 % sur La Digue, avec des croissances de capital à deux chiffres sur Mahé et Praslin.

Un tableau indicatif illustre les ordres de grandeur :

Zone (indicative) Prix moyen au m² (SCR) Rendement locatif brut Croissance annuelle estimée Profil d’acheteurs dominant
Mahé ≈ 10 900 ≈ 4,2 % ≈ +14 % Ultra‑fortunes, clientèle internationale
Praslin ≈ 8 700 ≈ 5,9 % ≈ +14 % Hauts patrimoines, achat plaisir
La Digue ≈ 7 300 ≈ 9,8 % ≈ +7 % Investisseurs, expatriés
Îles privées ≈ 5 800 ≈ 8,4 % ≈ +8 % Investisseurs croissance, ultra‑luxe

Ces chiffres, purement indicatifs, traduisent surtout un élément clé : le marché seychellois est profondément bifurqué. D’un côté, des emplacements prime avec une tension forte sur l’offre, où la rareté et les contraintes environnementales soutiennent les prix. De l’autre, des zones secondaires qui n’ont pas encore pleinement intégré l’amélioration des fondamentaux touristiques et des infrastructures.

Urbanisme durable : l’exemple de l’île Perseverance

Au‑delà des villas de rêve, une transformation plus discrète est en cours : l’émergence de véritables quartiers résidentiels durables. L’île artificielle de Perseverance, à quelques kilomètres au nord‑est de Mahé, en est le symbole. Sur 60 hectares gagnés sur la mer, le pays construit une ville nouvelle conçue comme un laboratoire d’urbanisme vert :

environ 2 000 logements modernes et éco‑conçus, capables d’accueillir près de 8 000 habitants ;

– toitures solaires, récupération des eaux de pluie, espaces verts et équipements de proximité (écoles, centres de santé, commerces) ;

– systèmes de gestion intelligente pour optimiser l’énergie, les déchets, la circulation.

6 à 8

Les rendements bruts annoncés pour ce type de projet se situent entre 6 et 8 %, avec une hausse des prix prévue de 5 à 7 % par an sur dix ans.

Résidence, fiscalité et conditions d’accès

Sur le plan migratoire, les Seychelles proposent plusieurs voies de résidence, mais aucune citoyenneté directe par investissement. Le volet le plus emblématique reste le permis de résidence permanente lié à un investissement d’au moins un million de dollars dans une entreprise seychelloise, assorti de conditions de présence, de durée d’association au pays et d’absence de condamnation.

Pour la propriété, l’étranger doit dans la plupart des cas :

obtenir une sanction du ministère des Terres et du Logement, avec un dossier détaillé (origine des fonds, projet, respect des règles de zonage, parfois étude environnementale) ;

régler une duty de 12 % sur la valeur du bien (hors exceptions) ;

– supporter une taxe annuelle sur les immeubles détenus par des non‑Seychellois.

Le système fiscal est basé sur le principe de territorialité : les revenus de source étrangère ne sont en général pas taxés localement, tandis que les activités réalisées sur place sont imposées. Pour un investisseur international, la combinaison de ce régime, de la stabilité juridique et de la dimension écologique très avancée crée un positionnement unique dans la région.

Seychelles : pour quel type d’investisseur ?

Les Seychelles ne sont clairement pas le marché d’un premier investissement locatif. Le ticket d’entrée est élevé, les règles d’urbanisme strictes, les taxes de transaction substantielles. En revanche, pour un investisseur déjà très capitalisé, qui vise :

un actif ultra‑rare, dans un pays qui limite volontairement le développement et refuse le tourisme de masse ;

une image et un positionnement « green luxury » affirmé, en phase avec les grandes tendances ESG ;

– des rendements élevés sur des niches (villas, micro‑structures touristiques durables, quartiers urbains écologiques),

Le pays offre un levier de différenciation que ni Maurice ni les Maldives ne proposent au même niveau, au prix d’une complexité réglementaire à gérer avec des conseils locaux très solides.

Maldives : rendements touristiques élevés, droit de propriété restreint

Dans le trio Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ?, les Maldives occupent une place très à part. D’un point de vue constitutionnel, la propriété foncière y est quasi intégralement interdite aux étrangers : ces derniers ne peuvent acquérir que des droits de bail (leasehold) de 30 à 50 ans, parfois 99 ans dans certains montages spéciaux, notamment sous le régime des zones économiques spéciales.

Un marché fondé sur le bail et les resorts

Pour un investisseur, cela signifie que l’on ne dispose pas d’un plein titre de propriété au sens classique, sauf cas très spécifiques dans des projets labellisés SEZ avec des engagements d’investissement dépassant généralement 150 millions de dollars. Ces privilèges sont attachés au projet lui‑même, pas aux acquéreurs d’unités individuelles.

En pratique, le marché étranger se concentre autour de quelques axes :

Hulhumalé Phase 2, extension urbaine planifiée reliée à Malé par le pont Sinamalé, qui concentre la majorité des investissements résidentiels et commerciaux destinés aux étrangers, avec des appartements moyen de gamme autour de 200–450 dollars par pied carré et des produits premium jusqu’à 700 dollars par pied carré ;

– certains secteurs d’Addu City et des projets en zone spéciale, plutôt orientés vers la logistique, l’industrie légère ou les services financiers offshore ;

– la propriété fractionnée ou les résidences de marque intégrées à des resorts de luxe.

Bon à savoir :

Les Maldives n’ont pas de programme de résidence par investissement comme Maurice ou les Seychelles. Le visa le plus proche est le Business Resident Visa (3 à 5 ans, renouvelable), qui nécessite une participation active dans une entreprise maldivienne. L’achat de propriété seul ne suffit pas ; un projet d’investissement productif est obligatoire.

Une fiscalité spectaculaire… mais compensée ailleurs

Là où les Maldives se distinguent nettement, c’est sur le plan fiscal. Pour les individus, la combinaison suivante est difficilement égalable :

aucune taxe sur les plus‑values immobilières ;

aucune taxe sur la fortune ;

aucune taxe sur les successions.

Sur le papier, le pays offre donc un environnement idéal pour des investisseurs qui recherchent un maximum de neutralité fiscale. En contrepartie, les contraintes se déplacent sur le droit de propriété (bail, non‑éligibilité à la pleine propriété hors cas massifs), la dépendance extrême au tourisme et l’exposition directe au risque climatique dans un pays dont la surface totale émergée tourne autour de 300 km².

Des performances hôtelières au sommet de la région

Sur le terrain, les chiffres du tourisme parlent d’eux‑mêmes. En 2025, les Maldives ont accueilli environ 2,2 millions de visiteurs, soit une hausse de près de 10 %, pour des recettes qui dépassent 5,5 milliards de dollars. Les resorts ont affiché un taux d’occupation moyen légèrement supérieur à 71 %, avec un revenu par chambre (RevPAR) en nette progression, dans un contexte régional où certains opérateurs ont signalé une croissance de 12 % du RevPAR sur la zone Asie/Océan Indien.

Les hôtels 5 étoiles affichent fréquemment des tarifs journaliers compris entre 800 et 2 500 dollars la nuit. Pour des villas sur pilotis ou en bord de plage bien gérées, les rendements bruts peuvent se situer dans une fourchette de 5 à 8 %, avec des taux d’occupation annuels entre 65 et 70 % (plus de 80 % en haute saison, autour de 60 % en intersaison et au‑delà de 40 % en période creuse).

Une simulation typique pour une villa de plage à 2 millions de dollars, louée 65 % du temps à un tarif moyen de 1 200 dollars la nuit, permet d’envisager :

175000

Le revenu net annuel potentiel de l’opération, offrant un rendement net de 8 à 9 % en année de croisière.

Des études de marché indiquent par ailleurs des taux de rentabilité interne (IRR) compris en général entre 8 et 15 % sur les resorts bien conçus, avec des scénarios dépassant 20 % dans des montages plus agressifs.

Location saisonnière : un marché encore opportuniste

En parallèle de l’hôtellerie traditionnelle, le marché des locations de courte durée se développe progressivement, même s’il reste étroit comparé à d’autres destinations balnéaires. On recense environ 2 500 annonces actives sur les grandes plateformes, avec un tarif moyen autour de 108 dollars la nuit, soit environ 753 dollars la semaine. Les taux d’occupation moyens restent modestes (de l’ordre de 25 % au niveau national), mais les meilleurs biens se distinguent nettement, notamment sur des îles comme Dhigurah ou Hulhumalé.

Quelques ordres de grandeur illustrent cette diversité :

Localisation (Maldives, courte durée) Revenu mensuel moyen Taux d’occupation moyen Tarif journalier moyen
Malé ≈ 665 $ ≈ 25 % ≈ 201 $
Dhigurah (Alif Dhaal) ≈ 981 $ ≈ 28,5 % ≈ 240 $
Hulhumalé ≈ 678 $ ≈ 36,8 % ≈ 89 $
Thulusdhoo ≈ 380–400 $ ≈ 24 % ≈ 112–115 $
Maafushi ≈ 277 $ ≈ 21,4 % ≈ 111 $

Ces revenus moyens, relativement faibles, reflètent à la fois la saisonnalité marquée (avec une haute saison de novembre à avril et un creux tarifaire en été) et l’écart considérable de performance entre les biens « entrée de gamme » et le top 10 % des annonces, qui peuvent dépasser 2 000 dollars de revenu mensuel avec des taux d’occupation de plus de 60 %.

Infrastructures en plein boom, mais vulnérabilité structurelle

La stratégie touristique des Maldives repose sur une extension et une modernisation continues des infrastructures. L’aéroport international de Velana, à Malé, fait l’objet d’un chantier de près d’un milliard de dollars, avec une nouvelle aérogare géante mise en service en 2025, capable de traiter jusqu’à 7,5 millions de passagers par an (contre 1,5 million auparavant), 90 comptoirs d’enregistrement, 12 passerelles avion et un système bagages dimensionné pour 3 000 valises par heure.

Parallèlement, d’autres aéroports régionaux (comme Hanimaadhoo) sont agrandis pour accueillir des appareils de type A320 ou Boeing 737, avec l’appui de partenaires étrangers. Le gouvernement déploie un plan directeur pour que chaque île habitée se trouve à moins de 30 minutes d’un aéroport, via une combinaison d’aérodromes, de seaplanes et de liaisons maritimes rapides.

Ce déploiement soutient la valorisation immobilière, notamment autour de Hulhumalé et des futures zones logistiques et financières du Greater Malé Connectivity Project. Il n’efface toutefois pas la grande fragilité structurelle du pays face à la montée du niveau de la mer et aux événements climatiques extrêmes, un paramètre que tout investisseur de long terme doit intégrer dans ses scénarios de risque.

Pour quel type d’investisseur les Maldives sont‑elles adaptées ?

Les Maldives attirent en priorité :

des investisseurs institutionnels ou développeurs régionaux prêts à engager des capitaux importants (de 10 à plus de 300 millions de dollars) dans des resorts, des projets touristiques intégrés ou des zones logistiques/financières ;

– des family offices du Golfe ou d’Asie du Sud qui arbitrent des considérations fiscales fortes (absence de CGT, d’ISF et de droits de succession) contre un droit de propriété limité à du bail de longue durée et un risque pays plus marqué ;

des investisseurs privés ultra‑aisés cherchant une villa dans un resort de marque, prête à l’emploi, avec un programme de gestion et de location intégré, plus proche d’un produit financier haut de gamme que d’un bien patrimonial classique.

Pour un investisseur particulier européen à la recherche d’une résidence secondaire sécurisée, à transmettre à ses héritiers, Maurice ou les Seychelles offrent, malgré leurs contraintes, un cadre de propriété beaucoup plus lisible.

Comparer Seychelles vs Maurice vs Maldives : grille de lecture pour 2026

Mettre en regard Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ? impose d’aller au‑delà des clichés. Pour un investisseur, les questions structurantes tournent autour de cinq axes : droit de propriété, fiscalité, rendement, barrières à l’entrée et trajectoire réglementaire.

Droit de propriété et accès des étrangers

– À Maurice, les étrangers peuvent acquérir en pleine propriété dans des schémas encadrés (IRS, RES, PDS, Smart City, IHS, R+2) avec un ticket minimum de 375 000 dollars pour l’accès au permis de résidence. En dehors de ces schémas, les portes ont été refermées : la dérogation qui permettait d’acheter hors cadre au‑delà de 500 000 dollars a été supprimée.

– Aux Seychelles, les étrangers peuvent acheter des biens privés sous réserve de sanction gouvernementale, avec des seuils de prix et de surface stricts, une taxe de sanction lourde et un impôt annuel sur les biens détenus par des non‑Seychellois. Sur les terres d’État ou les îles éloignées, l’accès est quasi exclusivement en bail long.

– Aux Maldives, la propriété foncière directe est en principe interdite aux étrangers ; l’investissement se fait presque toujours via des baux de 30 à 50 ans (parfois plus) ou via un véhicule de projet en zone spéciale pour les très gros montants.

En termes de « sécurité patrimoniale classique », Maurice et les Seychelles conservent donc l’avantage sur les Maldives.

Expert en sécurité patrimoniale

Fiscalité immobilière et personnelle

Maurice applique un taux unique d’impôt sur le revenu de 15 %, sans impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni taxe annuelle sur la propriété. Les plus‑values privées ne sont pas taxées hors spéculation. Les revenus locatifs sont imposés à 15 %, après déduction d’intérêts et de charges.

– Les Seychelles fonctionnent sur une base territoriale : les revenus de source étrangère échappent à l’impôt local, mais les biens immobiliers détenus par des étrangers supportent une taxe annuelle spécifique, en plus de droits de sanction et d’enregistrement élevés à l’acquisition.

– Les Maldives se distinguent par l’absence de taxe sur les plus‑values, sur la fortune et sur les successions pour les individus, mais compensent cet avantage par des licences, des redevances et un encadrement des baux qui pèsent surtout sur les opérateurs hôteliers.

Bon à savoir :

Pour un investisseur personne physique, Maurice et les Seychelles allient sécurité et fiscalité modérée. Les Maldives conviennent surtout aux montages d’entreprise ou aux très hauts revenus acceptant le bail comme principal vecteur.

Rendement et dynamique de prix

En 2026, la dynamique est la suivante :

4-8

Les rendements bruts typiques sur le résidentiel à Maurice se situent entre 4 et 8 %, tandis que le commercial peut atteindre 10 %.

Barrières à l’entrée et complexité réglementaire

Maurice est le marché le plus lisible : procédure maîtrisée, cadre juridique stable, schémas standardisés. La contrepartie, c’est une concurrence forte, des prix déjà élevés dans les meilleurs emplacements, et un durcissement programmé de la fiscalité d’acquisition à partir de mi‑2026.

– Les Seychelles demandent une capacité d’exécution supérieure : dossiers de sanction à monter, étude environnementale parfois requise, taxes élevées, normes écologiques strictes. En échange, l’investisseur accède à un marché très rare, où la politique publique freine délibérément toute forme de développement massif.

– Les Maldives sont techniquement plus simples pour un investisseur qui entre via un resort ou un programme de résidences gérées, puisque le cadre du bail et la relation avec l’État passent par l’opérateur. Mais l’environnement politique, géostratégique et climatique exige une appétence au risque plus marquée.

Alors, Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ?

La réponse dépend moins de la beauté des lagons que du profil de l’investisseur et de son horizon de placement.

Un investisseur patrimonial, qui cherche à diversifier hors Europe avec un actif transmissible, aura tendance à privilégier Maurice, voire certaines poches résidentielles des Seychelles, en acceptant un coût d’entrée supérieur. À Maurice, la priorité, en 2026, sera de se positionner avant le plein effet du doublement des droits pour les non‑citoyens, et de se concentrer sur des emplacements éprouvés : nord et ouest littoraux, Smart Cities matures, logistique de la zone Jin Fei–Riche Terre, commerces dominants.

Bon à savoir :

Les Seychelles offrent un terrain de jeu cohérent pour les investisseurs fortunés sensibles à la réputation et aux critères ESG : villas de grand luxe quasi zéro carbone, micro-hôtels éco-conçus, et quartiers urbains durables comme Perseverance. La contrainte écologique y est un filtre protégeant la valeur à long terme.

Les Maldives, enfin, s’adressent surtout à des opérateurs capables de structurer des projets hôteliers ou des résidences de marque, ou à des particuliers déjà très aguerris aux montages en bail, prêts à arbitrer une fiscalité extrêmement avantageuse contre un droit réel moins solide et un environnement plus volatil.

En 2026, Seychelles vs Maurice vs Maldives : où investir en immobilier en 2026 ? n’est donc pas une simple question de rendement à deux décimales près. C’est un choix de modèle : propriété vs bail, croissance régulée vs explosion contrôlée, green luxury assumé vs paradis fiscal sans plus‑values. À l’investisseur d’aligner son capital, son appétence au risque et ses convictions – environnementales autant que financières – avant de trancher entre ces trois visions de l’océan Indien.

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