Comment s’installer au Panama en 2026 : le guide complet pour expatriés francophones

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Panama attire de plus en plus de retraités, de familles, d’investisseurs et de nomades digitaux. Coût de la vie plus bas qu’en Amérique du Nord ou en Europe de l’Ouest, fiscalité territoriale, résidence permanente relativement accessible, économie en dollars américains, système de santé solide… le pays cumule les atouts.

Bon à savoir :

Entre visas, logement, banque, fiscalité, santé et droit du travail, ce guide 2025-2026 propose un déroulé concret et étape par étape pour préparer votre installation.

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Comprendre le “deal Panama” avant de faire ses valises

Avant d’empiler les cartons, il est crucial de saisir ce qui distingue le Panama d’autres destinations d’expatriation.

Le pays fonctionne avec une monnaie indexée au dollar US depuis plus d’un siècle, ce qui élimine le risque de change au quotidien. L’économie est dollarisée, les prix et les contrats sont en USD ou en balboas, à parité parfaite. Pour un expatrié payé en dollars ou en euros, la lecture de son budget est donc très simple.

Astuce :

Le Panama applique un système de territorialité stricte : seuls les revenus générés localement sont imposables. Cela signifie que les salaires versés par un employeur étranger, les loyers de biens situés hors du pays, les dividendes et les pensions perçus à l’étranger sont exclus de l’assiette fiscale panaméenne. Ce régime est particulièrement avantageux pour les retraités et les télétravailleurs rémunérés par des structures étrangères, bien qu’il ne dispense pas de respecter les obligations fiscales dans leur pays d’origine.

Côté immobilier, le cadre légal est l’un des plus ouverts de la région. Un étranger bénéficie, pour l’essentiel, des mêmes droits de propriété qu’un citoyen panaméen. Il peut acheter, vendre, hypothéquer, louer ou léguer un bien à son nom, sans limite de nombre de propriétés ni exigence de partenaire local. L’unique grande restriction concerne une bande de 10 km le long des frontières avec le Costa Rica et la Colombie, où les étrangers ne peuvent pas détenir de terrain titré, ainsi que certaines îles et territoires indigènes. Ailleurs, les étrangers sont pleinement protégés par la Constitution (article 47).

40 à 60

Les actes lourds comme les IRM, interventions chirurgicales ou accouchements sont 40 à 60 % moins chers qu’en Amérique du Nord.

En contrepartie, il ne s’agit pas d’un “paradis tout gratuit” : il faut se plier à un labyrinthe de visas et de procédures (souvent avec avocat), prévoir des assurances santé privées, et accepter un environnement administratif parfois lent.

Choisir le bon visa : retraité, investisseur, salarié ou nomade ?

La première décision structurante concerne le statut de résidence. Le Panama propose plusieurs portes d’entrée, avec des logiques très différentes selon que vous êtes retraité, travailleur en télétravail, investisseur ou salarié d’une entreprise locale.

Les grandes familles de visas de long séjour

Les options réellement utilisées en 2026 se concentrent autour de quelques programmes modernes, la plupart donnant accès à la résidence permanente relativement rapidement.

Le visa Pensionado (retraité) s’adresse aux personnes disposant d’une pension ou rente viagère. Il accorde la résidence permanente d’emblée et ouvre l’accès à un vaste programme de réductions (santé, loisirs, transports…).

Le visa Friendly Nations cible les citoyens d’environ 50 pays “amis” (États‑Unis, Canada, majorité des pays de l’UE, Australie, plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine). Il impose désormais de démontrer un ancrage économique réel (emploi local ou achat immobilier), mais mène à une résidence permanente au bout de deux ans.

Le visa d’investisseur qualifié (Qualified Investor) est conçu pour les gros investisseurs : forte mise de fonds, mais résidence permanente en un temps record (environ un mois de traitement administratif une fois le dossier complet déposé).

Les visas de solvabilité économique / auto‑solvabilité permettent de s’installer en immobilisant un capital significatif (immobilier et/ou dépôt bancaire à terme). Ils donnent aussi, dans la plupart des cas, une résidence permanente immédiate.

À côté de ces programmes de long terme, le visa de court séjour pour télétravailleurs (digital nomad) permet de rester jusqu’à 18 mois en non‑résident, sans chemin direct vers la résidence permanente.

Le visa Pensionado : l’option reine des retraités

Pour un retraité francophone cherchant une résidence stable et peu de tracas, le Visa Pensionado est généralement la voie la plus simple. Il donne une résidence permanente dès l’approbation, sans étape provisoire.

Attention :

Pour être éligible, vous devez justifier d’un revenu de pension à vie d’au moins 1 000 USD par mois, provenant d’une entité reconnue. Pour chaque personne à charge, un revenu supplémentaire de 250 USD par mois est exigé.

Un avantage important : si vous achetez un bien immobilier au Panama d’une valeur d’au moins 100 000 USD, le seuil de pension tombe à 750 USD par mois. Ce mécanisme incite clairement les retraités à devenir propriétaires.

En complément, le programme accorde un ensemble de réductions sur de nombreux postes (santé, transports, loisirs). Dans la pratique, ces rabais peuvent faire économiser entre 200 et 400 USD par mois à certains ménages, selon leur consommation de services médicaux et de loisirs.

Le processus nécessite un dossier lourd mais standardisé : certificat de casier judiciaire apostillé, certificats médicaux émis par un médecin panaméen, preuves de pension, actes civils (mariage, naissance des enfants), le tout légalisé et traduit en espagnol si besoin.

Le visa Friendly Nations : pour les actifs et indépendants de pays “amis”

Le Friendly Nations Visa a beaucoup évolué depuis 2021. Il ne suffit plus d’ouvrir une société “coquille vide” ou de déposer une faible somme sur un compte local. Désormais, l’État panaméen exige un réel ancrage économique.

Pour être éligible, il faut :

– être citoyen d’un des 50 pays listés comme “amis” (dont la plupart des pays occidentaux majeurs) ;

– démontrer des “liens économiques ou professionnels” avec le Panama, via l’une de ces voies :

emploi auprès d’une entreprise panaméenne, avec contrat dûment enregistré ;

achat immobilier d’au moins 200 000 USD ;

– ou, dans certains schémas associés, dépôt bancaire à terme d’un montant significatif (en pratique, on voit surtout les deux premières options).

5 000

Le montant minimum en USD à conserver sur un compte local pour être éligible au visa.

Cette voie convient bien aux actifs qui souhaitent travailler localement (avec un permis de travail) ou à ceux qui de toute façon prévoyaient un achat immobilier substantiel.

Le visa d’investisseur qualifié : résidence express contre gros chèque

Le Qualified Investor Visa s’adresse aux personnes disposant d’un capital élevé et souhaitant sécuriser une résidence permanente rapidement, sans passer par une phase temporaire.

Plusieurs options d’investissement existent, les plus courantes étant :

Immobilier titré : investissement minimum de 300 000 USD jusqu’au 15 octobre 2026, montant devant ensuite passer à 500 000 USD après cette date, selon le décret 193/2024. Le bien doit être titré, inscrit au Registre public au nom du demandeur, et libre de charges, à l’exception d’une hypothèque standard.

Titres financiers : placement d’au moins 500 000 USD dans des valeurs mobilières panaméennes admissibles.

Dépôt bancaire à terme : dépôt à trois ans d’un minimum de 750 000 USD dans une banque locale.

L’atout majeur de ce visa : la résidence permanente est accordée quasiment “jour 1” une fois le dossier validé. L’administration prévoit un délai théorique de 30 jours ouvrables pour l’examen du dossier, même s’il faut, en pratique, compter 30 à 90 jours entre la préparation des documents à l’étranger, l’investissement et l’obtention de la carte de résident.

En contrepartie, l’investissement doit être maintenu au moins cinq ans pour préserver la résidence obtenue par cette voie. Au bout de cinq ans de résidence permanente, il est théoriquement possible de demander la naturalisation, sous réserve de remplir des conditions de langue et de civisme.

Autres programmes : auto‑solvabilité, investissement, famille et travail

Pour ceux qui ne sont pas retraités, ni forcément dans la tranche d’investissement des 500 000 USD et plus, il existe des combinaisons dites de solvabilité économique. Celles‑ci exigent généralement un minimum de 300 000 USD sous forme de bien immobilier, de dépôt bancaire d’au moins trois ans, ou d’un mélange des deux (par exemple, 200 000 USD de bien + 300 000 USD de dépôt pour un total de 500 000 USD dans certaines variantes).

Bon à savoir :

Un investissement d’au moins 160 000 USD dans le capital d’une société panaméenne et la création de plusieurs emplois locaux à temps plein permettent d’obtenir une résidence temporaire, puis permanente après environ deux ans si les conditions sont maintenues.

Les voies familiales sont également présentes : réunification avec un conjoint panaméen (sous conditions de sincérité du mariage), parents d’un enfant né au Panama (demande possible à partir de ses cinq ans), etc.

Enfin, il existe des visas de travail pour les personnes recrutées par une entreprise locale. Mais ces démarches sont plus adaptées à un profil de salarié classique qu’à un retraité ou un investisseur.

Le visa pour télétravailleurs (digital nomad) : rester non‑résident jusqu’à 18 mois

Le visa de court séjour pour travailleur à distance a été instauré par décret exécutif 198/2021 et reste en vigueur en 2026, sans réforme majeure annoncée.

Il s’adresse aux personnes qui :

– travaillent exclusivement pour des employeurs ou clients situés hors du Panama ;

– perçoivent un revenu d’au moins 36 000 USD par an, soit environ 3 000 USD par mois (le montant parfois évoqué de 50 000 USD est erroné selon les données disponibles) ;

– peuvent prouver cette rémunération stable par des contrats, bulletins de salaire ou relevés bancaires.

Ce permis confère un statut de non‑résident pour une durée initiale de neuf mois, renouvelable une fois pour neuf mois supplémentaires, soit 18 mois maximum. Il ne constitue pas une voie directe vers la résidence permanente. C’est un bon outil pour “tester” le pays sur un an, tout en restant affilié fiscalement à son pays d’origine, mais ne remplace pas un vrai projet d’installation.

Coût de la vie : combien prévoir réellement par mois ?

Un des grands attraits du Panama reste son coût de la vie nettement inférieur à celui des pays occidentaux. Les données disponibles indiquent que les dépenses quotidiennes (hors loyer) sont en moyenne environ un tiers plus faibles qu’aux États‑Unis, et que les loyers sont plus de 40 % inférieurs en moyenne.

Les montants varient toutefois fortement selon que l’on vit à Panama City dans un quartier huppé, dans une ville moyenne comme David ou au bord du Pacifique, ou encore dans un village de montagne comme Boquete.

Budgets types par profil

Le tableau suivant synthétise des niveaux de vie moyens (logement compris) recensés pour 2026, à titre indicatif.

Profil / SituationBudget mensuel estimé (USD)Commentaire synthétique
Célibataire – mode “budget” (incl. loyer)dès 1 011Studio modeste, peu de sorties
Célibataire – intérieur (Boquete / Coronado)1 600 – 2 200Appartement 1 ch. + sorties raisonnables
Célibataire – Panama City “modeste”1 500 – 2 000Quartier moyen, cuisine maison, transports publics
Célibataire – Panama City “confort”1 800 – 2 600Bon quartier, resto réguliers, quelques loisirs
Célibataire – Panama City “premium”4 000 – 5 500Immeuble récent, quartier de standing, voyages fréquents
Couple – Panama City milieu de gamme2 800 – 3 8002 ch., sorties hebdo, Uber + métro
Couple – intérieur (Boquete / Coronado, etc.)2 500 – 3 500Coût moindre, peu de climatisation
Famille de 4 – Panama City “premium”4 500 – 6 5003 ch., quartier expat, voiture, école privée
Budget “confort/luxe” – célibatairejusqu’à 4 248Style de vie très confortable
Budget “confort/luxe” – couplejusqu’à 5 929Haut niveau de services et loisirs
Budget “confort/luxe” – famille de 4jusqu’à 8 164Standing élevé, forte consommation de services

Ces fourchettes restent indicatives : un gros poste comme l’école privée (600 à 1 200 USD par enfant et par mois à Panama City) ou une assurance santé haut de gamme peut rapidement faire grimper la facture.

Logement : louer ou acheter, et à quel prix ?

Le marché immobilier panaméen reste globalement moins cher qu’en Amérique du Nord, bien que les prix augmentent.

À l’achat, on trouve :

– des appartements avec vue mer à Panama City à partir de 165 000 USD dans certains quartiers expats ;

– des condos en zones recherchées tournant autour de 150 000 USD en entrée de gamme ;

– des maisons de trois chambres à Boquete autour de 150 000 USD ;

– des maisons individuelles à Coronado ou Pedasí dans une fourchette de 185 000 USD et au‑delà, selon la localisation.

Données sur la location

Informations récentes concernant le marché locatif

Évolution des prix

Les loyers ont augmenté de 3% par rapport à l’année précédente.

Demande locative

Le nombre de demandes de location a bondi de 12% ce trimestre.

Type de logement / LocalisationFourchette de loyer mensuel (USD)
Studio / 1 ch. centre de Panama City800 – 1 870
Studio / 1 ch. hors centre (Panama City)650 – 1 500
1 ch. El Cangrejo (meublé)700 – 1 200
1 ch. San Francisco (meublé)800 – 1 400
1 ch. Punta Pacifica (meublé, standing élevé)1 200 – 2 500
2 ch. quartier correct Panama City (idéal couple retraité)1 200 – 1 800
3 ch. San Francisco / Costa del Este (famille)2 000 – 3 000
1 ch. intérieur (Boquete, Coronado, etc.)700 – 1 000
Petite maison 1–2 ch. dans les petites villes400 – 600

Les baux exigent généralement une caution équivalente à deux mois de loyer. Dans les petites villes, l’eau et l’internet sont parfois inclus dans le loyer, avec des maisons à 800 USD par mois à Boquete par exemple.

Les hôtels et locations saisonnières à Panama City couvrent un spectre très large : de 21 à plus de 200 USD la nuit, avec une moyenne autour de 175–183 USD pour une chambre double. En basse saison (septembre–novembre, ou juin–juillet selon les sources), les tarifs des hôtels 3 et 4 étoiles peuvent baisser sensiblement.

Dépenses du quotidien : alimentation, services, santé, transports

Une personne seule dépense en moyenne entre 300 et 450 USD par mois de courses, davantage si elle fréquente surtout les supermarchés internationaux. Les marchés locaux (“mercados”) permettent souvent d’économiser 30 à 40 % sur les fruits et légumes par rapport aux grandes enseignes.

Côté énergie, l’eau et le gaz restent bon marché, alors que l’électricité peut peser lourd si vous accélérez la climatisation. Un foyer intensif en clim peut dépenser jusqu’à 250 USD par mois d’électricité, tandis que les villes de montagne (Boquete, El Valle) se passent souvent de climatisation, ce qui réduit considérablement la facture. Les abonnements internet fibre (100 à 300 Mbps) tournent autour de 35 à 60 USD mensuels, les forfaits mobiles à données illimitées entre 15 et 30 USD.

400

Le coût d’une consultation spécialiste dans un hôpital haut de gamme à Panama City atteint jusqu’à 120 USD, tandis qu’un IRM se facture jusqu’à 400 USD, soit des tarifs nettement inférieurs à ceux d’Amérique du Nord.

Les assurances santé privées pour expatriés sont fortement recommandées. Pour un adulte vivant à l’intérieur du pays, on trouve des polices de 80 à 150 USD par mois. Pour un couple de plus de 60 ans, il faut plutôt tabler sur 300 à 500 USD. Pour une famille de quatre à Panama City, les primes se situent fréquemment entre 400 et 700 USD mensuels. Les retraités Pensionados profitent par ailleurs de réductions sur de nombreux services médicaux.

Les transports restent modérés : les bus et le métro en ville coûtent 0,35 à 0,50 USD par trajet, les courses Uber ou taxi urbaines oscillent entre 2,50 et 8 USD selon la distance. Un couple retraité à Panama City se contente souvent d’un budget de transport de 150 à 250 USD par mois (mélange Uber + métro), tandis qu’une famille avec voiture et carburant peut dépenser entre 400 et 600 USD.

Se loger à l’arrivée : hôtel, Airbnb puis bail longue durée

Pour une installation en douceur, beaucoup d’expatriés optent pour une stratégie en deux temps : hébergement temporaire (hôtel ou Airbnb) pendant quelques semaines, le temps de repérer les quartiers et de visiter, puis signature d’un bail de long terme.

Panama City offre plus d’un millier d’hôtels, avec des prix allant de 20 à plus de 200 USD la nuit. Les quartiers les plus prisés des expats pour un premier séjour incluent :

Exemple :

Parmi les quartiers de Panama City, on trouve Casco Viejo, centre historique charmant mais cher (prix moyens autour de 250 USD la nuit dans les hôtels de standing), l’Avenida Balboa & Marbella avec sa grande artère en front de mer et ses immeubles de luxe, Obarrio, quartier central pratique mêlant bureaux, commerces et résidences, El Cangrejo, zone plus résidentielle et vivante appréciée pour ses restaurants, et Punta Paitilla & Punta Pacifica, quartiers haut de gamme aux nombreux gratte-ciel résidentiels.

Pour la location long terme, il est prudent de :

visiter le logement et le quartier en personne (évitez d’envoyer des dépôts à des annonces non vérifiées) ;

– vérifier noir sur blanc ce qui est inclus : mobilier, électroménager, charges de copropriété, eau, internet, etc. ;

– examiner attentivement le contrat (durée, conditions de résiliation, augmentations de loyer, état des lieux, dépôt).

Les agences spécialisées dans la clientèle étrangère peuvent simplifier la recherche, mais appliquent souvent des frais. De nombreux expatriés utilisent aussi des plateformes internationales ou locales pour trouver leurs premiers baux.

Acheter un bien immobilier en tant qu’étranger : règles et étapes

Pour un projet d’installation durable, l’acquisition d’un bien peut se justifier, surtout dans un pays où les droits de propriété des étrangers sont solidement protégés.

Ce qu’un étranger a le droit d’acheter

Au Panama, un expatrié peut détenir en pleine propriété (fee simple) :

– un appartement (condominium) à Panama City ;

– une maison individuelle dans une station balnéaire comme Coronado ;

– un terrain de plage titré à Pedasí ;

– ou tout autre bien doté d’un titre inscrit au Registro Público de Panamá avec un numéro de finca.

La Constitution garantit aux étrangers les mêmes droits fonciers qu’aux nationaux. Il n’existe pas de quotas, de limites au nombre de propriétés ni d’obligation d’associer un partenaire panaméen, tant que le bien est titré et hors des zones interdites.

Les principales exceptions concernent :

– la bande de 10 km le long des frontières avec la Colombie et le Costa Rica, où les étrangers (y compris les sociétés contrôlées par des étrangers) ne peuvent pas posséder de foncier titré ;

– certaines îles et terrains insulaires non désignés comme zones de développement, où l’achat est restreint ;

– les terres des communautés indigènes, fermées aux acquisitions étrangères ;

– les terrains en droit de possession (ROP), qui ne constituent pas un titre de propriété sécurisé, ne sont pas hypothécables et n’offrent pas les mêmes garanties.

Astuce :

Il est crucial de n’acheter que des biens titrés, enregistrés et dotés d’un numéro de finca identifiable au registre public. Les schémas utilisant des sociétés pour contourner la limitation des 10 km sont contraires à l’esprit de la Constitution et n’offrent pas une protection juridique solide.

Comment structurer la propriété : nom propre, société, fondation

Un étranger peut détenir un bien :

en son nom propre, ce qui reste la solution la plus simple pour une résidence principale unique ;

– via une société panaméenne (S.A. ou SRL), stratégie répandue pour des biens de rendement, pour des raisons de confidentialité, de limitation de responsabilité ou de planification successorale ;

– via une fondation d’intérêt privé (Private Interest Foundation, PIF), outil avant tout destiné à l’organisation de la succession et de la transmission de patrimoine.

Le choix de la structure a des implications en termes de coûts de gestion, de fiscalité locale, de succession internationale et de banque. Une consultation préalable avec un avocat spécialisé en immobilier et en planification patrimoniale panaméen est fortement recommandée.

Le processus d’achat : de l’offre à l’enregistrement au registre public

Le déroulé type d’un achat immobilier sécurisé suit plusieurs étapes clés.

Tout commence par une lettre d’offre adressée par l’acheteur au vendeur, qui fixe le prix proposé, les modalités de financement, le montant de l’acompte et un calendrier approximatif. Une fois l’accord trouvé, les parties signent une Promesse d’achat‑vente (Promise to Purchase Agreement, PPA).

10

Le dépôt pour un PPA est généralement d’environ 10 % du prix, variant entre 5 et 10 % selon les cas.

Pendant cette phase, l’acheteur mandate un avocat chargé de :

– vérifier le titre de propriété au registre public (absence d’hypothèques non déclarées, de litiges, de dettes de charges, cohérence des limites cadastrales, etc.) ;

– confirmer que le bien est bien titré et non un simple droit de possession ;

– examiner et, le cas échéant, rédiger les contrats (PPA, acte de vente) ;

– organiser l’utilisation d’un compte séquestre (escrow) ou d’un schéma équivalent pour sécuriser le transfert de fonds ;

– préparer l’acte authentique qui sera signé devant notaire, puis enregistré.

Toutes les transactions n’utilisent pas systématiquement un compte d’escrow ; de nombreux closings s’effectuent via les comptes d’avocats des parties ou par virement bancaire direct sous supervision légale. Cependant, pour un étranger, recourir à un mécanisme d’entiercement où les fonds ne sont totalement libérés qu’une fois le titre dûment inscrit au Registro Público est la pratique la plus prudente.

Le schéma classique est le suivant :

Exemple :

1. L’avocat confirme la situation juridique du bien au registre (titre, numéro de finca, absence de charges surprises). 2. Le PPA est signé avec une clause de période de due diligence, pendant laquelle l’acheteur peut se retirer si un problème sérieux apparaît. 3. L’acompte (environ 10 %) est versé. 4. L’acte de vente est passé devant notaire ; les taxes de transfert sont réglées auprès de la DGI, notamment via le formulaire 106. 5. L’acte est présenté au Registro Público pour inscription. 6. Une fois l’inscription effective, le solde du prix est libéré au vendeur. 7. Le registre actualise la fiche du bien : l’acheteur devient officiellement propriétaire.

Selon le mode de paiement (au comptant, financement échelonné, achat sur plan), la chronologie peut varier – certains programmes immobiliers prévoient une série de versements avant ou pendant la construction, puis un solde à la livraison.

Coûts annexes : prévoir 2 à 5 % au‑delà du prix

Aux côtés du prix d’achat, il faut ajouter :

– les honoraires d’avocat ;

– les frais de notaire ;

– les coûts d’enregistrement au registre public ;

– la taxe de transfert immobilière.

Une bonne règle de pouce consiste à prévoir une enveloppe additionnelle d’environ 5 % du prix d’achat pour couvrir ces frais de closing.

Sur le plan fiscal, une évolution importante entre en vigueur au 1er janvier 2026 : la loi 468 d’avril 2025 met fin à l’exonération de plus‑value qui s’appliquait jusqu’alors à la première vente des promoteurs. À partir de 2026, toutes les ventes immobilières, y compris celles réalisées par des développeurs, sont soumises à l’impôt sur les gains en capital, ce qui peut influer sur les prix et sur la façon de structurer une revente.

Ouvrir un compte bancaire : un parcours de patience pour non‑résidents

Les banques panaméennes se montrent de plus en plus exigeantes vis‑à‑vis des étrangers, surtout non résidents. Parmi les grandes institutions, seules quelques‑unes acceptent encore l’ouverture de comptes pour non‑résidents, et les délais s’étendent souvent de 6 à 10 semaines entre la demande et l’activation.

Bon à savoir :

Les banques panaméennes (Banco General, Banistmo, Multibank, BAC Credomatic, Banesco, Towerbank, Canal Bank, Credicorp) exigent un dépôt minimum de 500 à 5 000 USD selon le profil. Les non‑résidents sont acceptés avec une tolérance variable, mais doivent justifier de liens concrets avec le pays : propriété, entreprise ou procédure de résidence en cours.

Les documents habituellement requis incluent :

Bon à savoir :

Pour ouvrir un compte bancaire au Panama, vous devez fournir : un passeport valide (au moins 6 mois) avec une seconde pièce d’identité du même pays, un justificatif de domicile récent, des preuves de revenus sur 3 à 6 mois, deux lettres de référence bancaires de moins de 30 jours, un CV, une description de la source des fonds, et des preuves de lien avec le Panama (acte de propriété, bail longue durée, ou lettre d’avocat).

Presque tous les établissements exigent une présence physique pour la signature : les démarches peuvent être amorcées à distance avec un avocat local, mais la validation finale suppose un entretien avec un “ejecutivo de relaciones”. Une préparation minutieuse réduit les risques de rejet et accélère le processus.

Fiscalité : bénéficier de la territorialité sans faux pas

L’une des raisons majeures pour lesquelles le Panama attire tant d’expatriés est son système fiscal territorial. Il est cependant crucial d’en comprendre les contours pour ne pas en tirer des conclusions erronées.

Ce qui est imposable à Panama… et ce qui ne l’est pas

Le code fiscal panaméen précise que seules sont imposables les revenus de source panaméenne, à savoir :

les revenus liés à des activités économiques exercées sur le territoire ;

les rémunérations de services utilisés ou exploités économiquement au Panama ;

les revenus tirés de biens, droits ou actifs situés ou utilisés au Panama.

À l’inverse, sont considérés comme revenus de source étrangère, et donc non taxables localement :

les salaires versés par un employeur étranger pour des services rendus à l’étranger ;

les loyers de biens immobiliers situés hors du Panama ;

– les dividendes de sociétés étrangères ;

– les pensions de retraite étrangères ;

– les revenus de télétravail dès lors que les clients et l’usage économique se situent hors du pays.

Bon à savoir :

Les nomades digitaux travaillant pour des clients européens ou nord-américains, les retraités percevant des pensions publiques étrangères, et les investisseurs vivant de loyers européens ne paient pas d’impôt au Panama sur ces revenus, même en devenant résidents fiscaux, tant que ces revenus restent en dehors du Panama.

Les barèmes d’imposition pour les revenus réellement locaux restent modérés : taux progressifs pour les particuliers (0 à 25 %, le taux marginal de 25 % s’appliquant aux tranches supérieures), et taux de 25 % pour l’impôt sur les sociétés.

Résidence fiscale et certificat de résidence

Il est fondamental de distinguer :

– la résidence migratoire (visa, carte de résident), gérée par le Servicio Nacional de Migración (SNM) ;

– et la résidence fiscale, reconnue par la Direction générale des impôts (DGI).

Obtenir une carte de résident permanent ne fait pas automatiquement de vous un résident fiscal. Pour que le Panama vous considère comme résident fiscal, l’une des conditions suivantes doit être remplie :

183

Le nombre minimum de jours de présence physique (consécutifs ou non) requis au Panama pendant l’année fiscale pour être considéré comme résident fiscal.

Pour prouver cette résidence fiscale auprès d’un autre pays (par exemple pour activer une convention de non‑double imposition ou pour convaincre son administration d’origine que l’on a changé de résidence), il faut demander un Certificat de résidence fiscale (Certificado de Residencia Fiscal, CRF) à la DGI. Ce certificat :

s’obtient généralement pour une durée d’un an et doit être renouvelé ;

– requiert notamment :

– un relevé des entrées/sorties fourni par le SNM ;

– des copies des pages du passeport comportant les tampons ;

des preuves de logement permanent (titre de propriété ou bail longue durée) ;

– des factures de services, un compte bancaire panaméen, etc. ;

– parfois une déclaration sous serment indiquant que vos revenus sont de source étrangère et donc non imposables ;

ne sera pas délivré si vous ne remplissez pas les critères de présence ou de centre d’intérêts.

À noter : même en étant résident fiscal, si vous ne percevez aucun revenu de source panaméenne, vous n’avez pas d’obligation déclarative locale. En revanche, si vous exercez une activité imposable au Panama (entreprise locale, emploi panaméen, revenus immobiliers locaux), vous devrez déposer une déclaration de revenus annuelle.

Le cas spécifique des nomades digitaux

Le visa de télétravail ne transforme pas automatiquement son détenteur en résident fiscal. De nombreux titulaires restent techniquement non‑résidents aux yeux de la DGI, surtout s’ils limitent leur présence sous la barre des 183 jours annuels.

Ils ne sont alors pas imposés à Panama sur leurs revenus étrangers et ne peuvent pas obtenir de certificat de résidence fiscale panaméen. Ils restent souvent redevables dans leur pays d’origine. Ce statut intermédiaire peut être intéressant pour les personnes souhaitant simplement profiter du pays sans reconfigurer toute leur situation fiscale internationale.

Santé : choisir entre système public et privé

Le système de santé panaméen se compose de trois grands blocs :

– le MINSA, réseau de cliniques et hôpitaux publics géré par le ministère de la Santé ;

– la Caja de Seguro Social (CSS), système de sécurité sociale financé par les cotisations salariales ;

– un secteur privé très développé à Panama City et, dans une moindre mesure, à David.

Bon à savoir :

Les résidents légaux ont accès aux soins publics (MINSA, CSS), mais la plupart des expatriés préfèrent les hôpitaux privés, mieux équipés, moins engorgés et plus souvent anglophones.

Les hôpitaux les plus plébiscités par les expatriés à Panama City incluent :

Pacifica Salud – Hospital Punta Pacífica, affilié à Johns Hopkins Medicine International, considéré comme un établissement de luxe ;

Hospital Nacional, grand groupe privé multi‑spécialités ;

Centro Médico Paitilla / Hospiten Paitilla, autre acteur privé de premier plan.

800-1 200

Le coût d’une nuit dans un hôpital privé haut de gamme comme Punta Pacífica peut atteindre 800 à 1 200 USD.

De nombreux expatriés souscrivent une assurance santé privée locale ou internationale, avec des primes mensuelles se situant en général entre 80 et 700+ USD, selon l’âge, la couverture et la franchise.

Les systèmes publics (MINSA et CSS) restent quant à eux extrêmement bon marché (consultations à quelques dollars), mais les délais, la saturation et la barrière de la langue en limitent l’attrait pour les nouveaux arrivants.

Travailler au Panama : résidence et permis de travail, deux démarches distinctes

Pour ceux qui souhaitent travailler localement (et non simplement télétravailler pour l’étranger), la procédure se déroule en deux volets séparés :

1. Obtenir une résidence (via Friendly Nations, investisseur, regroupement familial, etc.), gérée par le SNM. 2. Demander un permis de travail auprès du ministère du Travail (MITRADEL).

10

Le pourcentage maximal de salariés étrangers autorisé dans l’effectif global d’une entreprise au Panama, sauf dérogations pour certains postes techniques ou de direction.

Pour qu’un employeur puisse recruter un étranger, il doit :

– démontrer qu’aucun candidat local n’est disponible pour le poste ;

– proposer un salaire d’au moins 850 USD par mois au travailleur étranger ;

– respecter les quotas de main‑d’œuvre étrangère (10 %, voire 15 % dans certains régimes spécifiques) ;

– s’engager dans une relation pouvant durer jusqu’à six ans maximum pour un même travailleur sous certains types de permis.

Les démarches pour le permis de travail impliquent une panoplie de documents :

12,25

Le taux de cotisation à la charge de l’employeur pour l’inscription à la Sécurité sociale (CSS) est de 12,25 % du salaire.

L’ensemble du processus (visa + permis) doit être piloté par un avocat panaméen, qui déposera les dossiers auprès du SNM et de MITRADEL. Il est important de noter que le simple fait d’être résident permanent ne donne pas automatiquement le droit de travailler sans permis, hormis dans certains régimes spécifiques.

Démarches pratiques : l’importance de l’avocat et des apostilles

Une constante traverse toutes les étapes d’installation au Panama : l’intervention obligatoire d’un avocat local pour les procédures migratoires et fortement recommandée pour l’immobilier et la banque.

Pour tout visa de résidence, la loi impose de passer par un avocat inscrit au barreau panaméen (Colegio Nacional de Abogados). Celui‑ci :

– vérifie votre éligibilité au visa choisi ;

– prépare la liste de documents à obtenir dans votre pays (actes de naissance, casier judiciaire, certificats de mariage, lettres de pension, preuves de revenus, etc.) ;

– s’assure que tous ces documents sont apostillés ou légalisés auprès d’un consulat panaméen et, si nécessaire, traduits en espagnol par un traducteur public assermenté au Panama ;

– rédige les procurations, formulaires, déclarations sous serment, et les dépose auprès du SNM.

En parallèle, il organise les rendez‑vous sur place : enregistrement auprès des services d’immigration, examens médicaux auprès de médecins panaméens, prise d’empreintes, visites éventuelles pour la carte d’identité de résident (cédula E) auprès du Tribunal électoral.

Le même avocat ou un confrère pourra ensuite vous accompagner pour : accomplir les démarches nécessaires, vous représenter devant les instances judiciaires et vous conseiller sur vos droits et obligations.

la structuration d’un achat immobilier (personnel, société, fondation) ;

l’ouverture de comptes bancaires, en aidant à anticiper les exigences de chaque banque ;

la mise en place d’une structure d’entreprise locale, le cas échéant.

Il est vivement conseillé de séparer clairement les frais gouvernementaux obligatoires (taxes, dépôts de rapatriement, frais de dossier au Trésor national) des honoraires de l’avocat, afin de savoir exactement ce qui est payé à l’État et ce qui rémunère le conseil.

Conclusion : réussir son installation au Panama, une affaire de préparation

S’installer au Panama en 2026 peut offrir une qualité de vie enviable : coûts maîtrisés, fiscalité territoriale favorable, climat chaud, réseau de santé privé performant, droits de propriété sécurisés, et une variété d’options de résidences permanentes ou temporaires adaptées à des profils très différents.

Pour transformer cette promesse en réussite, trois principes ressortent clairement des informations disponibles :

Astuce :

Pour une installation réussie à l’étranger, il est crucial d’anticiper en préparant les documents à apostiller, en réfléchissant à la combinaison visa/structure de détention/stratégie fiscale et en budgétant son coût de vie. Il faut s’entourer d’un avocat expérimenté en immigration et immobilier, d’un fiscaliste international si nécessaire, et d’expats pour des conseils pratiques. Enfin, il est essentiel de vérifier les titres de propriété au registre public, d’éviter les annonces douteuses et de comprendre les limites de chaque visa, comme le caractère non résident et non renouvelable du visa digital nomad au-delà de 18 mois.

Avec ces précautions et une bonne dose de patience pour naviguer la bureaucratie, le Panama peut devenir bien plus qu’une destination de vacances : un véritable pays d’accueil à long terme pour votre retraite, votre activité de télétravail ou votre projet d’investissement.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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