S’installer au Panama attire de plus en plus de retraités, d’entrepreneurs et de nomades digitaux. Le pays combine une fiscalité territoriale très avantageuse, une économie en dollar américain et un coût de la vie sensiblement plus bas que dans la plupart des grandes villes nord-américaines ou européennes. Mais pour profiter pleinement de ces atouts, il faut comprendre deux sujets intimement liés : comment fonctionne l’impôt sur le revenu, et par quels types de visas ou de résidences on peut s’installer légalement.
Cet article présente les données chiffrées pour 2026 et le cadre légal actuel concernant la fiscalité et la résidence au Panama, afin de vous informer de manière pratique sur ce qui vous attend.
Comprendre la fiscalité territoriale du Panama
Le cœur du système fiscal panaméen tient en une phrase : seul le revenu de source panaméenne est imposable. Tout le reste – c’est-à-dire les revenus réellement générés à l’étranger – échappe purement et simplement à l’impôt local, sans plafond de montant, sans restriction de rapatriement et sans durée limitée.
Concrètement, la loi fiscale (notamment l’article 694 du Code fiscal) précise que l’impôt sur le revenu ne frappe que les “rentas de fuente panameña”, c’est‑à‑dire les revenus “générés, produits ou consommés sur le territoire de la République”. Le lieu de résidence, la nationalité ou le fait que l’argent soit transféré ou non sur un compte bancaire au Panama ne changent rien à cette qualification.
Un retraité américain vivant au Panama, un entrepreneur européen avec une clientèle internationale ou un investisseur percevant des dividendes de sociétés étrangères ne paient aucun impôt panaméen sur ces revenus, qu’ils soient touristes, résidents temporaires ou permanents, à condition qu’ils soient réellement de source étrangère.
Ce qui est considéré comme revenu de source panaméenne
La frontière clé, ce n’est pas votre passeport ni le type de visa que vous détenez, mais le lieu où le revenu est généré et utilisé. Sont considérés, de manière classique, comme revenus imposables au Panama :
– Un salaire versé par un employeur panaméen pour un travail effectué au Panama.
– Des honoraires de consultant ou de freelance facturés à des clients locaux pour des services utilisés par des entreprises ou particuliers panaméens.
– Les loyers tirés d’un bien immobilier situé au Panama.
– Les bénéfices d’une entreprise opérant sur le marché intérieur panaméen.
– Les plus-values sur la vente de biens immobiliers situés au Panama.
Que vous soyez résident fiscal ou non, l’impôt est dû sur la part de revenu liée à la source panaméenne.
Ce qui échappe totalement à l’impôt panaméen
À l’inverse, une longue liste de revenus reste en dehors du champ de l’impôt local, même si vous vivez à plein temps au Panama et même si les fonds sont rapatriés sur un compte bancaire panaméen. Parmi les exemples typiques :
Les dividendes de sociétés étrangères, les plus-values sur ventes de portefeuilles internationaux ou d’immobilier étranger, les intérêts d’obligations ou placements hors Panama, les pensions de retraite publiques ou privées versées par un pays étranger (Sécurité sociale américaine, militaire, entreprise), les distributions de plans type IRA, 401(k), Roth ou équivalents européens, les revenus locatifs d’immeubles situés hors Panama, les royalties étrangères, et les salaires de télétravail payés par un employeur étranger pour services utilisés économiquement à l’étranger sont imposables. Les intérêts sur comptes d’épargne ou dépôts à terme dans des banques panaméennes sont exonérés pour tous.
Dans la pratique, la majorité des expatriés qui vivent de revenus provenant d’employeurs étrangers, de retraites étrangères ou de placements internationaux n’ont aucune obligation de déclaration d’impôt au Panama dès lors qu’ils ne génèrent pas de revenus de source locale.
Barème de l’impôt sur le revenu pour les particuliers
Lorsque vous avez, malgré tout, des revenus de source panaméenne (salaire local, loyers au Panama, activité de consultant local, etc.), vous tombez dans un barème progressif simple :
| Tranche de revenu net annuel (USD) | Taux applicable | Commentaire |
|---|---|---|
| Jusqu’à 11 000 | 0 % | Exonéré |
| 11 001 à 50 000 | 15 % sur la partie > 11 000 | Seconde tranche |
| Au‑delà de 50 000 | 5 850 + 25 % de l’excédent | Taux marginal maximal de 25 % |
L’exonération sur les premiers 11 000 USD annuels signifie qu’une petite activité locale peut rester fiscalement neutre ou assez peu taxée. Notons également plusieurs exonérations spécifiques, par exemple pour certains revenus agricoles en dessous de 250 000 PAB de chiffre d’affaires, ou pour des indemnités de fin de contrat de travail jusqu’à 5 000 PAB.
Le Panama ne prélève par ailleurs ni impôt sur la fortune, ni droits de succession ou de donation, ce qui simplifie la planification patrimoniale de long terme.
Résidence fiscale : quand devient‑on résident aux yeux du fisc panaméen ?
La notion de résidence fiscale est moins centrale au Panama que dans les pays de fiscalité mondiale, mais elle reste importante, notamment pour demander un certificat de résidence fiscale à faire valoir dans le cadre d’une convention de non‑double imposition.
On considère en général qu’une personne devient résidente fiscale panaméenne dans l’un des cas suivants :
Une personne est considérée comme résidente fiscale au Panama si elle passe plus de 183 jours (consécutifs ou non) dans le pays au cours d’une année fiscale ou sur une période incluant l’année précédente, y dispose d’un foyer permanent et de ses principaux centres d’intérêts économiques (emploi, entreprise, source principale de revenus), et y a établi des liens familiaux et économiques stables.
En pratique, pour obtenir formellement un certificat de résidence fiscale, il est recommandé de pouvoir justifier au moins 6 mois de présence par an. Mais élément clé : même en tant que résident fiscal, vos revenus de source étrangère restent totalement exonérés. La résidence fiscale n’a donc pas pour effet de “rapatrier” la taxation des revenus mondiaux, contrairement à la France, au Canada ou au Royaume‑Uni.
Double imposition internationale : le rôle des conventions panaméennes
Même si le Panama ne taxe pas vos revenus de source étrangère, votre pays d’origine peut continuer à le faire. Pour éviter une taxation en double sur un même revenu, le Panama a développé un réseau ciblé de conventions fiscales, généralement basées sur le modèle OCDE, mais adaptées à la logique territoriale.
Le pays compte actuellement 17 conventions de non‑double imposition en vigueur, avec notamment :
– Espagne, France, Portugal, Italie.
– Pays‑Bas, Luxembourg, Irlande, Royaume‑Uni.
– Mexique, Corée du Sud, Singapour, Israël, Qatar, Émirats Arabes Unis, Vietnam, Barbade, République tchèque, etc.
Les conventions fiscales déterminent pour chaque type de revenu (dividendes, intérêts, redevances, gains immobiliers, salaires) quel pays a le droit principal d’imposer et dans quelles limites l’autre pays peut appliquer une retenue à la source. Elles incluent aussi des mécanismes d’échange d’informations et des procédures amiables.
À l’inverse, le Panama n’a pas de convention de non‑double imposition avec les États‑Unis ou le Canada. Un citoyen américain vivant au Panama reste donc soumis à l’impôt américain sur ses revenus mondiaux, et utilise les outils internes du droit fiscal américain (Foreign Earned Income Exclusion, crédits d’impôt étrangers, FBAR, FATCA) plutôt qu’un traité bilatéral.
Le Panama a signé la Convention multilatérale (MLI) de l’OCDE contre le BEPS. Les textes synthétisés de 16 conventions (dont avec le Mexique, l’Espagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) ont été publiés. L’une des conséquences clés est l’introduction du test du ‘but principal’ (Principal Purpose Test), permettant de refuser un avantage conventionnel si la structuration visait principalement à obtenir cet avantage.
Pour profiter concrètement d’une convention fiscale, il est indispensable d’établir votre résidence fiscale au Panama et d’obtenir un certificat de résidence auprès de l’administration locale.
Les principaux visas et résidences pour s’installer au Panama
Avoir une fiscalité attractive ne sert à rien si vous ne pouvez pas séjourner légalement dans le pays. Le Panama propose une palette assez large de visas menant à la résidence temporaire ou permanente, adaptés à différents profils : retraités, investisseurs, salariés, entrepreneurs, étudiants.
Le visa Pensionado : la voie royale des retraités
Le programme Pensionado est sans doute l’un des plus célèbres au monde. Il s’adresse à toute personne disposant d’une pension à vie d’au moins 1 000 USD par mois, versée par un gouvernement, une caisse de retraite ou une compagnie d’assurance sérieuse. Cette pension doit être documentée (lettre officielle, relevé de sécurité sociale, contrat d’annuité, etc.) et payable au bénéficiaire.
Si vous achetez un bien immobilier au Panama pour au moins 100 000 USD, le seuil de pension exigé peut être abaissé à 750 USD par mois. Pour chaque personne à charge (conjoint, enfant), il faut ajouter 250 USD de revenu mensuel à justifier.
Le grand avantage de ce visa : il donne immédiatement le statut de résident permanent, avec un ensemble de réductions très généreuses, par exemple :
Profitez de remises avantageuses sur une large gamme de services et produits.
50 % de réduction sur le cinéma, les spectacles et les événements culturels.
25 % de réduction sur les billets d’avion.
20 % de réduction sur les consultations médicales privées.
De 15 à 25 % de réduction dans de nombreux restaurants.
Réductions sur les transports publics et certains services bancaires.
Les porteurs de ce visa sont, par ailleurs, traités comme tout résident au regard de la fiscalité territoriale : pensions étrangères, retraites américaines, revenus de portefeuille étrangers restent à 0 % d’impôt panaméen. Beaucoup de couples retraités vivent ainsi confortablement avec un budget de 2 500 à 3 500 USD par mois à Panama City, ou 1 800 à 2 500 USD dans des villes comme Boquete, Coronado ou David.
Le visa Friendly Nations : la résidence par emploi ou investissement
Le visa “Friendly Nations” cible les ressortissants d’une cinquantaine de pays ayant des liens économiques privilégiés avec le Panama (États‑Unis, Canada, majorité de l’Union européenne, Royaume‑Uni, Australie, etc.). Il permet d’obtenir une résidence d’abord provisoire, puis permanente, en démontrant un “lien économique” avec le pays :
– Soit via un contrat de travail avec une entreprise panaméenne.
– Soit via un achat immobilier d’au moins 200 000 USD.
– Soit via un dépôt à terme de 200 000 USD dans une banque panaméenne.
Le programme prévoit d’abord un permis de résidence temporaire d’environ 2 ans, puis une transformation en résidence permanente sous conditions. Il est donc adapté aux actifs cherchant à combiner emploi local, investissement modéré et installation à moyen terme.
Le visa Investisseur Qualifié (Qualified Investor Visa)
Ce programme s’adresse aux patrimoines plus élevés, en échange d’une voie ultra‑rapide vers la résidence permanente. Trois options d’investissement sont possibles :
– Achat immobilier pour au moins 300 000 USD (seuil valable jusqu’au 15 octobre 2026, puis relevé à 500 000 USD si aucune prolongation n’est décidée).
– Investissement de 500 000 USD en valeurs mobilières cotées sur la bourse de Panama via un courtier agréé.
– Dépôt à terme de 750 000 USD dans une banque panaméenne à licence générale, bloqué pour au moins 5 ans.
L’investissement doit provenir de fonds transférés de l’étranger, avec traçabilité complète. Le bien immobilier doit être dûment titré et enregistré au Registre public, sans charges autres qu’une hypothèque standard, et la part qualifiante (300 000 ou 500 000 USD) doit être libre de toute hypothèque.
Délai d’octroi de la résidence permanente au Panama après dépôt complet du dossier, sans phase provisoire.
Autres options : investisseurs, étudiants, indépendants
Le Panama propose également : une biodiversité unique, des paysages variés, une culture riche et des infrastructures modernes.
– Des visas d’investisseur agricole (à partir de 60 000 USD) et de reforestation (à partir de 80 000 ou 100 000 USD selon le type de projet), certains donnant une résidence temporaire de 2 ans, d’autres une résidence permanente immédiate.
– Le visa de solvabilité économique propre (Self‑Economic Solvency), qui demande un dépôt ou un investissement immobilier d’au moins 300 000 USD, et mène à la résidence permanente après une période temporaire.
– Des visas étudiants (dont la catégorie “Graduated”), qui ouvrent d’abord sur un permis provisoire de 2 ans, puis sur la résidence permanente à l’issue d’un parcours scolaire ou universitaire complet dans des établissements reconnus.
– Des visas basés sur le mariage avec un citoyen panaméen ou le regroupement familial, avec des conditions de revenu minimum (par exemple 1 000 USD par mois plus un supplément par personne à charge).
Dans tous les cas, les demandes doivent être déposées par un avocat panaméen dûment inscrit au Barreau. Les documents étrangers (extraits de casier judiciaire, actes de naissance, de mariage, preuves de revenus) doivent être apostillés ou légalisés et traduits officiellement en espagnol.
Fiscalité des résidents et des non‑résidents : ce qui change (et ce qui ne change pas)
Sur le plan de l’impôt sur le revenu, la différence entre résident et non‑résident est beaucoup moins forte qu’en Europe, puisque la base imposable reste limitée aux revenus de source panaméenne dans les deux cas.
Un non-résident avec un revenu local (ex. prestation ponctuelle) subit une retenue à la source sur 50% du montant brut, aux taux des résidents. Sans revenu panaméen, aucun impôt ni déclaration n’est dû.
Le résident, lui, peut avoir une obligation déclarative s’il cumule plusieurs sources de revenus locaux ou s’il est indépendant. Mais s’il ne vit que de revenus étrangers (pensions, salaires de télétravail, dividendes étrangers, loyers d’immeubles à l’étranger), il reste très fréquent qu’il n’ait pas de déclaration à produire : pas de revenu panaméen, pas d’impôt, pas de déclaration.
Les travailleurs indépendants ou salariés locaux doivent, en revanche, tenir compte des contributions sociales à la Caisse de Sécurité Sociale (CSS), autour de 9,75 % pour la part salariée, qui donnent droit à des prestations et une future pension locale.
Coût de la vie : combien prévoir selon votre profil et votre ville ?
L’attrait du Panama ne se limite pas à sa fiscalité. Le pays reste, en 2026, l’une des destinations offrant le meilleur rapport coût/qualité de vie pour les expatriés, en particulier américains. Globalement, le coût de la vie y est environ 33 % plus bas qu’aux États‑Unis, avec des loyers en moyenne 41 % inférieurs.
Budgets types selon le profil
Les études récentes convergent sur quelques fourchettes de référence pour 2026 :
| Profil | Budget mensuel typique (USD) | Commentaire |
|---|---|---|
| Célibataire (mode de vie modeste) | 1 500 – 2 000 | Hors centre de Panama City ou villes secondaires |
| Célibataire (confort en capitale) | 2 500 – 3 500 | Bel appartement, sorties régulières, santé privée |
| Célibataire (premium capitale) | 4 000 – 5 500 | Quartiers haut de gamme, voiture, vie “haut de gamme” |
| Couple (confort à Panama City) | 2 500 – 3 500 | Quartier moyen/bon, santé privée |
| Couple (intérieur du pays) | 1 800 – 2 500 | Boquete, Coronado, David, etc. |
| Famille de 4 (confort) | 3 000 – 4 500 | Selon niveau d’école et quartier |
| Famille de 4 (premium capitale) | 4 500 – 6 500 | Costa del Este, San Francisco, écoles privées internationales |
Ces budgets incluent généralement logement, alimentation, transports, santé et loisirs. Beaucoup d’expatriés rapportent un confort réel avec 1 800 à 3 000 USD mensuels, selon la localisation et le standing recherché.
Panama City vs villes secondaires
Panama City est logiquement plus chère que le reste du pays, mais reste compétitive par rapport aux capitales nord‑américaines ou européennes. Pour un célibataire, un budget de 1 800 à 2 600 USD par mois permet déjà de bien vivre dans la capitale, même si les quartiers les plus prisés (Punta Pacífica, Costa del Este) tirent les coûts vers le haut.
Les loyers à Boquete, Coronado, David ou la péninsule d’Azuero sont réduits de 20 à 30 % par rapport à la capitale.
En euros, les fourchettes de 2 500 à 3 500 USD se traduisent autour de 2 300 à 3 200 EUR, et les 4 000 à 6 000 USD de budget “haut de gamme” autour de 3 700 à 5 500 EUR.
Logement : location et achat, le gros poste de dépense
Le logement est, sans surprise, le poste budgétaire principal, représentant souvent 35 à 45 % des dépenses d’un expatrié.
Loyers à Panama City et dans les zones prisées
Dans la capitale, les quartiers appréciés des expatriés comme San Francisco, Obarrio, El Cangrejo, Bella Vista, Costa del Este ou Punta Pacífica offrent une large gamme d’appartements modernes, souvent déjà meublés.
On retrouve des ordres de grandeur suivants :
| Localisation / type de bien | Fourchette de loyer mensuel (USD) | Observations |
|---|---|---|
| 1 BR meublé El Cangrejo | 700 – 1 200 | Quartier central, vivant, très populaire expats |
| 1 BR meublé San Francisco | 800 – 1 400 | Résidentiel, proche des commodités |
| 1 BR meublé Punta Pacífica | 1 200 – 2 500 | Haut de gamme, vues mer, immeubles premium |
| 1 BR centre Panama City (général) | ~1 000 | Moyenne toutes zones centrales |
| Appartements modernes (Costa del Este, Punta Pacífica, San Francisco) | 1 200 – 2 500 | Immeubles récents, services, piscines, etc. |
| 1 BR hors centre (capitale) | 500 – 900 | Zones plus excentrées, bon rapport qualité/prix |
Pour une famille de 4 visant un niveau de vie “premium” à Panama City, un appartement de 3 chambres dans Costa del Este ou San Francisco se loue typiquement entre 2 000 et 3 000 USD par mois.
Loyers dans l’intérieur : Boquete, Coronado, David…
En s’éloignant de la capitale, les loyers deviennent nettement plus doux. À Boquete ou Coronado, on estime que les loyers sont 20 à 30 % plus bas que dans des quartiers comparables de Panama City. On peut, par exemple :
Fourchettes de prix pour la location de logements au Panama, en fonction du type et de la localisation.
Louer une maison entière à Boquete coûte entre 600 et 1 200 USD par mois, parfois avec jardin et vue.
Louer un 1 BR meublé à Boquete coûte entre 500 et 800 USD par mois.
Retrouver des 1-2 BR simples dans la province de Chiriquí ou des villes de l’intérieur dès 400 à 600 USD.
Une maison de 3 chambres à Boquete a pu être proposée à la vente pour 150 000 USD, avec des loyers aussi bas que 800 USD par mois, incluant souvent l’eau et internet. À Coronado, des maisons se trouvent autour de 185 000 USD.
Exemple d’achats immobiliers
Le marché immobilier panaméen reste abordable en comparaison des grandes métropoles mondiales, surtout pour des biens à vue mer. On trouve par exemple :
Aperçu des coûts pour appartements et condominiums dans les zones prisées par les expatriés.
Un appartement avec vue sur l’océan à Panama City à partir d’environ 165 000 USD.
Dans les zones prisées expat de la capitale, le prix moyen au mètre carré est compris entre 2 200 et 3 800 USD (environ 2 000 à 3 500 EUR).
Dans des zones comme Punta Pacífica, le prix peut grimper à 3 800 – 5 500 USD le m² (soit 3 500 – 5 100 EUR).
Des condominiums dans des quartiers prisés expats sont disponibles à partir d’environ 150 000 USD.
Les locations exigent généralement un dépôt de garantie équivalent à 2 mois de loyer.
Charges, alimentation, transports : ce que coûtent les autres postes
Pour compléter l’image, il est utile de détailler les coûts des services du quotidien.
Électricité, eau, internet, téléphone
L’électricité est souvent la variable la plus volatile, en fonction de l’usage de la climatisation. Un couple en ville qui limite la clim peut s’en sortir avec 60 à 200 USD par mois. Un usage intensif de la climatisation jour et nuit peut faire grimper la facture jusqu’à 250 USD ou plus. Tant que la consommation mensuelle reste sous 750 kWh, certains témoignages évoquent des factures inférieures à 100 USD.
L’eau, parfois groupée avec les ordures, est relativement bon marché : 5 à 25 USD par mois selon le type de logement et la facturation.
Pour l’internet haut débit, la fibre (100 à 300 Mbps) coûte généralement entre 35 et 60 USD par mois. Les forfaits mobiles avec données illimitées se situent autour de 15 à 30 USD mensuels.
Alimentation et courses
La facture de courses dépend du type de magasin et du mode de consommation. Dans les grandes surfaces et chaînes comme Riba Smith ou PriceSmart, un célibataire en ville dépense en moyenne 300 à 400 USD par mois pour l’épicerie. Dans les zones de plage, certains expatriés rapportent des dépenses de 95 USD par mois pour une personne (y compris nourriture pour animaux et produits ménagers), en achetant beaucoup de produits locaux et en complétant avec les marchés.
Les marchés locaux réduisent la facture des consommateurs de 30 à 40 % par rapport aux grandes enseignes, surtout pour les fruits, légumes et produits de base.
Santé : assurance et médecine privée
Le Panama dispose d’un secteur de santé privé bien développé, nettement moins coûteux que celui des États‑Unis. Une assurance santé privée correcte coûte généralement entre 100 et 300 USD par mois pour un adulte, parfois moins (80 à 150 USD) pour des assurés plus jeunes ou vivant dans des zones moins chères de l’intérieur. Au‑delà de 64 ans, les primes peuvent augmenter.
Les polices familiales coûtent entre 400 et 700 USD par mois pour les couples et familles, selon l’âge, les garanties et les franchises.
Sans assurance, une consultation chez un médecin généraliste peut coûter aussi peu que 20 USD. Certains services de base, comme des vaccins ou la prise en charge de petites blessures, sont parfois proposés gratuitement ou pour des montants symboliques (2 à 5 USD).
Transports : métro, bus, voiture
Les transports publics sont très abordables. Le métro de Panama City facture environ 0,35 USD par trajet, les bus encore moins. La possession d’une petite voiture coûte moins cher que dans beaucoup de pays développés, avec des dépenses de carburant souvent inférieures à 30 USD par mois pour un usage modéré. Un budget transport typique dans l’intérieur varie autour de 100 à 150 USD par mois pour un expatrié.
Exemples de budgets mensuels détaillés
Pour mieux se projeter, voici un exemple de budget pour une personne seule, basé sur des fourchettes constatées :
| Poste | Fourchette mensuelle (USD) |
|---|---|
| Loyer 1 BR meublé | 600 – 1 500 |
| Électricité | 60 – 200 |
| Eau + ordures | 12 – 25 |
| Internet | 35 – 60 |
| Téléphone mobile | 15 – 45 |
| Aide ménagère (3x semaine) | 300 – 360 |
| Assurance santé | 100 – 300 |
| Courses alimentaires | 300 – 450 |
| Sorties / loisirs | 275 – 400 |
| Divers / imprévus | 140 – 190 |
| Total estimé | 1 724 – 3 620 |
On retrouve ainsi la fourchette globale citée pour une personne seule : 1 500 – 2 200 USD par mois dans la plupart des cas, jusqu’à 3 800 USD pour des modes de vie plus confortables ou des quartiers très haut de gamme.
Par exemple, un célibataire vivant à Boquete, Coronado ou David pourrait prévoir un budget incluant le logement, la nourriture, les transports et les loisirs, avec des coûts variables selon la ville choisie.
| Poste | Fourchette mensuelle (USD) |
|---|---|
| Loyer 1 BR meublé | 700 – 1 000 |
| Courses alimentaires | 300 – 400 |
| Énergie + internet | 120 – 180 |
| Santé (assurance privée) | 80 – 150 |
| Transport | 100 – 150 |
| Sorties / loisirs | 250 – 350 |
| Total estimé | 1 550 – 2 230 |
Cas pratique : télétravailleur étranger installé au Panama
Imaginons un développeur français ou canadien qui travaille entièrement à distance pour une entreprise basée en Europe ou en Amérique du Nord. Il s’installe au Panama avec un visa adéquat (digital nomad, Friendly Nations ou autre), passe plus de 183 jours par an dans le pays et devient résident fiscal.
Dans la plupart des pays, il devrait déclarer et payer l’impôt sur son salaire dans le pays où il réside. Au Panama, la logique est différente : tant que le salaire correspond à un travail pour un employeur étranger et que le service est utilisé à l’étranger, ce revenu est considéré comme de source étrangère et n’entre pas dans la base imposable panaméenne. Résultat :
L’impôt sur le revenu est de 0% au Panama. Des contributions sociales peuvent s’appliquer si vous avez un contrat local ; sinon, aucune. Vérifiez votre obligation fiscale dans votre pays d’origine, car certains imposent encore leurs résidents ou citoyens sur leurs revenus mondiaux.
Un citoyen américain dans la même situation reste tenu de déclarer l’ensemble de ses revenus à l’IRS, quel que soit son lieu de résidence. Il pourra combiner la territorialité panaméenne (0 % Panama) avec le mécanisme du Foreign Earned Income Exclusion (environ 132 900 USD d’exonération de revenu du travail en 2026) et des crédits d’impôt pour éviter ou réduire la double imposition. Dans de nombreux cas, surtout avec des revenus moyens, la facture fiscale américaine peut être fortement limitée, voire nulle, tout en gardant 0 % au Panama.
Comment s’y prendre concrètement pour obtenir la résidence
Une fois le programme de résidence choisi (Pensionado, Friendly Nations, Investisseur Qualifié, etc.), la marche à suivre reste relativement standard :
D’abord, engager un avocat d’immigration panaméen inscrit au Colegio Nacional de Abogados de Panamá. Il est conseillé d’avoir une lettre de mission claire détaillant les honoraires et les frais gouvernementaux séparément.
Ensuite, rassembler dans votre pays d’origine les documents nécessaires : passeport valable au moins 6 mois, extrait de casier judiciaire récent (souvent moins de 6 mois), actes de naissance et de mariage pour les membres de la famille, preuves de pension ou de revenus, documents attestant de l’origine licite des fonds, relevés bancaires, lettres de référence bancaires. Tous doivent être apostillés ou légalisés et seront traduits en espagnol par un traducteur assermenté au Panama.
Votre avocat dépose la demande au Servicio Nacional de Migración à Panama City. Selon le visa, vous obtenez une résidence provisoire de 2 ans ou permanente (Qualified Investor, Pensionado). Vous devez vous présenter en personne pour les empreintes, la visite médicale et la carte. Délais : 15–30 jours pour certains visas retraités, 2–4 mois pour les visas Friendly Nations ou professionnels.
Après plusieurs années de résidence permanente (notamment 5 ans pour la voie classique), il est possible de solliciter la naturalisation panaméenne, sous réserve de conditions de présence physique, de maîtrise de l’espagnol et de connaissance de la culture et des institutions du pays.
Ce qu’il faut retenir avant de partir
Vivre au Panama, ce n’est pas seulement profiter d’un climat chaud, de plages et de montagnes verdoyantes. C’est aussi s’inscrire dans l’un des systèmes fiscaux les plus favorables au monde pour les revenus internationaux, à condition de bien comprendre la séparation fondamentale entre revenus de source panaméenne et revenus étrangers.
En pratique, si vous :
– Percevez l’essentiel de vos revenus d’employeurs, de clients ou d’investissements situés hors du Panama.
– Choisissez un visa adapté à votre profil (Pensionado, Friendly Nations, Investisseur Qualifié, digital nomad, etc.).
– Anticipez les obligations éventuelles vis‑à‑vis de votre pays d’origine.
Le coût de la vie mensuel pour une personne ou un couple, hors grand luxe, se situe souvent entre 1 800 et 3 000 USD.
Le Panama reste, en 2026, une destination de premier plan pour les retraités, les télétravailleurs et les investisseurs qui souhaitent optimiser leur fiscalité tout en gagnant en qualité de vie. Mais comme toujours en matière de résidence et d’impôt, chaque situation est unique : avant de boucler vos cartons, il vaut la peine de passer par la case analyse personnalisée avec un avocat d’immigration et un conseiller fiscal international, afin de tirer le meilleur parti du cadre panaméen sans faux pas administratifs ou fiscaux.
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