Comment acheter un appartement en Hongrie : le guide complet pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement en Hongrie attire de plus en plus de Français, que ce soit pour s’y installer, diversifier son patrimoine ou profiter de rendements locatifs encore supérieurs à ceux des grandes villes d’Europe de l’Ouest. Mais entre les règles locales, le fonctionnement du cadastre, les permis pour étrangers, la fiscalité et la question du financement, le parcours peut vite devenir déroutant.

Bon à savoir :

Ce guide détaille toutes les étapes pour un Français souhaitant acheter un appartement en Hongrie en 2026 : préparation du budget, procédure d’achat, rénovation et mise en location.

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Comprendre le contexte immobilier hongrois avant de se lancer

Avant de visiter le moindre bien, comprendre l’environnement de marché en 2026 est indispensable. La Hongrie sort de plusieurs années de hausses soutenues des prix, tirées par la demande locale, les programmes de crédit subventionné et un stock de logements neufs limité.

Les prix ont déjà beaucoup grimpé depuis 2010, en particulier à Budapest, où l’on parle d’une hausse d’environ 260 % sur la période. Les années 2024–2025 ont encore été marquées par un rebond significatif, avec une progression annuelle nationale de l’ordre de 15 à 20 %, et jusqu’à 25 % dans la capitale. Au début de 2026, la Banque centrale hongroise estime même que les prix dépassent d’environ 14 % les fondamentaux économiques (revenus, loyers, coûts de construction).

Attention :

Les acteurs locaux estiment un krach brutal peu probable à court terme grâce au soutien du marché par des prêts bonifiés (Otthon Start), la baisse des taux, la reprise du crédit et la hausse des permis de construire malgré des livraisons étalées.

Un Français qui achète en 2026 doit donc accepter deux réalités contradictoires : les prix sont élevés par rapport à l’historique, mais la probabilité d’une forte correction reste limitée à court terme. La bonne stratégie consiste à bien acheter (emplacement, qualité du bien, prix négocié), plutôt que de spéculer sur un recul massif et généralisé des valeurs.

Ce que les étrangers – et les Français – peuvent acheter en Hongrie

Un point rassurant avant tout : les étrangers peuvent légalement acheter de l’immobilier résidentiel en Hongrie. Il n’existe pas de quota de détention étrangère sur les appartements ou les copropriétés, et la vente de biens résidentiels à des non‑Hongrois est permise sur l’ensemble du territoire.

Les Français relèvent, en tant que citoyens de l’Union européenne, du régime le plus simple. Ils bénéficient, pour les biens résidentiels classiques, de droits d’acquisition très proches de ceux des nationaux.

Types de biens accessibles

En pratique, un Français peut acquérir : un bien immobilier, des actions, des obligations, des devises étrangères et des biens matériels.

des appartements en copropriété (le plus courant à Budapest)

– des maisons individuelles en zone résidentielle

– des maisons de ville, villas, petits immeubles résidentiels

Exemple :

Dans le cas d’un appartement, l’acheteur devient propriétaire de son lot privatif et d’une quote‑part indivise des parties communes et du terrain support du bâtiment. Pour une maison, il détient à la fois la bâtisse et le terrain, à condition que ce dernier soit classé en usage résidentiel.

Certaines catégories de terrains et d’actifs restent en revanche largement verrouillées pour les étrangers, y compris pour les citoyens de l’UE : c’est le cas des terres agricoles, de la plupart des forêts et d’un certain nombre de biens classés « historiques », monuments d’architecture ou zones naturelles protégées. Les annonces rurales très bon marché cachent souvent ce type de contraintes.

Permis d’acquisition : qui est concerné ?

La Hongrie fait une distinction importante entre acheteurs ressortissants de l’UE/EEE et les autres. Pour les Français, point crucial : aucun permis spécifique n’est nécessaire pour acquérir un appartement ou une maison résidentielle.

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Ce mécanisme ajoute généralement deux à quatre mois au calendrier d’achat pour les non-UE/EEE.

Même si vous, Français, n’êtes pas soumis à cette exigence, il est utile de connaître son existence, notamment si vous achetez à plusieurs avec un co‑investisseur non‑UE, ou via une structure.

Étape 1 : préparer son budget et intégrer tous les coûts

Acheter en Hongrie ne se résume pas au prix affiché sur l’annonce. Pour un Français, les coûts annexes – taxes, frais juridiques, éventuels travaux, change de devises – changent la donne budgétaire. Il est raisonnable de prévoir 5 à 8 % du prix d’acquisition pour couvrir les seuls frais de transaction, hors rénovation.

Les principaux postes de coût à l’achat

Le tableau ci‑dessous synthétise les grands postes de dépense pour un achat classique d’appartement :

Poste de coûtMontant / Taux indicatifRemarques
Droit de mutation (taxe de transfert)4 % de la valeur du bienCalculé sur la valeur de marché appréciée par l’administration
Honoraires d’avocatEnviron 0,5 % à 1,5 % du prixSouvent autour de 0,8–1 % pour un acheteur étranger
Frais de notaire (countersignature)0,01 % à 0,05 % du prixRôle limité, l’avocat demeure central
Frais administratifs (cadastre, enregistrement, permis éventuels)Environ 300 € + timbres diversHors permis pour non‑UE/EEE
Frais de permis d’acquisition (non‑UE)50 000 à 65 000 HUF (~130–160 €) par bienNon applicable aux Français
Coûts de traduction / notarisationVariable (quelques centaines d’euros)Selon le volume de documents étrangers
Frais d’expertise / de dossier bancaireVariablePour les acheteurs avec crédit local

Dans l’exemple d’un appartement à 50 millions de HUF (environ 125 000 € au cours de référence utilisé dans les études), le seul droit de mutation représente 2 millions de HUF, soit autour de 5 000 €. C’est l’une des fiscalités d’acquisition les plus élevées d’Europe centrale.

Taxes récurrentes et budget de fonctionnement

Une fois propriétaire, il faut compter quelques charges annuelles :

Astuce :

En Hongrie, la taxe foncière locale (építményadó) est fixée par la commune et peut varier de quasi‑zéro à 1 100 HUF/m² ou 1,8 % de la valeur. Les charges de copropriété et le budget d’entretien annuel représentent environ 1 % de la valeur du bien, soit 400 000 à 800 000 HUF par an pour un appartement moyen à Budapest. Pour les immeubles anciens d’avant‑guerre, ces frais d’entretien grimpent à 600 000–1 200 000 HUF par an, voire plus.

Un bailleur sérieux met en réserve 5 à 10 % du loyer brut pour les petites réparations et la maintenance, avec un pourcentage plus élevé pour le bâti ancien.

Étape 2 : gérer le change euro–forint et la question du financement

La Hongrie n’est pas dans la zone euro : les prix immobiliers sont libellés en forints (HUF), et les flux sont réglés en HUF. Pour un Français, cela crée un double sujet : la gestion du risque de change et l’accès au crédit local.

Évolution du forint et stratégies de change

Au tournant de 2026, le forint se stabilise globalement dans une fourchette 380–390 HUF pour 1 €, avec des épisodes de volatilité autour des annonces de la banque centrale et de l’élection générale prévue en avril 2026. Les scénarios des grandes banques vont d’une stabilité autour de 375 HUF à une possible dépréciation vers 400 HUF d’ici fin 2026.

Pour un acheteur qui convertit ses euros au fil des étapes (acompte, solde, travaux), quelques points de change de plus ou de moins sur 300 000 € de budget peuvent représenter des dizaines de milliers d’euros. C’est la raison pour laquelle les spécialistes recommandent d’anticiper :

contrat à terme (« forward ») : fixer à l’avance le taux de change pour un montant déterminé, jusqu’à 12 ou 24 mois, contre le dépôt d’une marge (5 à 10 %)

– ordres à seuil (« market order ») : déclenchement automatique de la conversion quand un cours cible est atteint

– ordres de protection (« stop loss ») : limitation des pertes en cas d’évolution défavorable rapide

Attention :

La pire approche pour un achat d’appartement est de convertir au dernier moment, sans visibilité sur le coût global en euros.

Accéder à un crédit immobilier hongrois en tant que Français

Les banques hongroises prêtent aux étrangers, y compris aux non‑résidents, mais avec des exigences nettement plus strictes que pour les résidents.

En 2026, les grandes tendances sont les suivantes :

taux d’intérêt pour les étrangers : typiquement entre 6 et 9 % TAEG pour les prêts en HUF

ratio prêt‑valeur (LTV) : 50 à 70 % en pratique pour les non‑résidents, même si la réglementation permet jusqu’à 80 % pour les résidents ; les banques appliquent des politiques internes plus prudentes pour les étrangers

– apport demandé : au moins 30 à 50 % du prix d’acquisition

Les établissements les plus habitués aux dossiers d’étrangers, et de Français notamment, sont OTP Bank, K&H, Erste Bank et Raiffeisen. Ils examinent volontiers les revenus perçus dans un autre pays de l’UE, mais peuvent exiger plus de justificatifs pour des revenus hors UE.

La Banque centrale hongroise encadre aussi le taux d’effort : la mensualité totale du crédit ne peut en général pas dépasser 50 % du revenu net documenté. Cette contrainte s’applique aussi aux emprunteurs français.

Le prêt Otthon Start (FIX 3 %) : un bonus réservé aux résidents

Depuis septembre 2025, un nouveau prêt immobilier bonifié a considérablement animé le marché : Otthon Start, parfois appelé FIX 3 %. Il s’agit d’un crédit à 3 % maximum, sur 25 ans au plus, pour un montant plafonné à 50 millions de HUF (environ 125 000 €), destiné aux primo‑accédants.

Pour en bénéficier, plusieurs conditions s’appliquent :

ne pas avoir possédé plus de 50 % d’un logement en Hongrie au cours des dix dernières années (sauf exceptions limitées)

disposer d’une carte d’adresse hongroise (résidence déclarée)

– être affilié à la sécurité sociale hongroise depuis au moins deux ans, dont les 180 derniers jours en emploi ou activité

– rester sous des plafonds de prix : 100 millions de HUF pour un appartement, 150 millions de HUF pour une maison, et 1,5 million de HUF maximum par mètre carré

Pour un Français non résident, ce dispositif n’est donc accessible que s’il a déjà ancré sa vie en Hongrie (adresse officielle, couverture sociale, parfois résidence permanente). En contrepartie, l’apport exigé baisse à 10 % du prix, ce qui est très attractif.

Même si peu de Français sont éligibles dès l’arrivée, ce programme impacte le marché : les appartements qui respectent ces plafonds attirent un grand nombre d’acheteurs hongrois solvabilisés par le crédit à 3 %, ce qui renforce la demande sur ces segments.

Étape 3 : obtenir un numéro fiscal hongrois et ouvrir un compte bancaire

Pour acheter un appartement en Hongrie, certaines démarches administratives sont incontournables pour un Français, même s’il reste non résident.

Le numéro fiscal hongrois (adóazonosító jel)

Le numéro fiscal hongrois s’obtient auprès de l’administration fiscale, la NAV (Nemzeti Adó‑ és Vámhivatal). C’est une condition quasi systématique pour :

ouvrir un compte bancaire local

apparaître correctement dans les registres fiscaux lors du paiement de la taxe de transfert

– réaliser certaines formalités de propriété

La procédure est relativement simple :

Démarches pour l’obtention d’un document

Voici les conditions et documents nécessaires pour finaliser votre demande.

Documents requis

Fournissez le formulaire T34 dûment rempli (en ligne ou en bureau NAV) ainsi qu’un passeport en cours de validité.

Adresse et domicile

Vous pouvez indiquer une adresse à l’étranger sans obligation de posséder déjà un domicile hongrois.

Délai d’obtention

Le document est généralement obtenu le jour même ou sous quelques jours ouvrés.

Les grands bureaux de la NAV à Budapest, notamment sur Dózsa György út dans le XIVe arrondissement, sont rompus à ces demandes.

Ouvrir un compte bancaire en tant que Français

En pratique, un compte en banque hongrois est quasi indispensable pour :

verser les acomptes et le solde au vendeur ou sur compte séquestre

régler les droits de mutation et autres frais administratifs

payer ensuite les charges de copropriété et factures de services publics

Les banques exigent presque toujours la présence physique du client étranger lors de l’ouverture. Pour un Français, la check‑list standard inclut :

Documents nécessaires pour l’ouverture de compte

Rassemblez les pièces suivantes avant de démarrer votre procédure bancaire en Hongrie

Pièces d’identité et justificatifs de base

Passeport original, preuve d’adresse dans le pays d’origine datant de moins de 3 mois (relevé bancaire, facture ou courrier officiel) et numéro fiscal hongrois.

Justificatifs complémentaires

Si demandé, fournissez une preuve de lien avec la Hongrie : compromis de vente, contrat de location ou courrier explicatif de l’avocat.

Informations de contact

Un numéro de téléphone est requis pour activer la banque en ligne. Un numéro étranger est généralement accepté.

Les exigences sont fortement encadrées par les directives européennes anti‑blanchiment et la loi hongroise LIII de 2017. Arriver sans un seul des documents demandés conduit souvent à un report du rendez‑vous.

L’ouverture d’un compte courant coûte une douzaine d’euros en moyenne ; les frais mensuels oscillent autour de 5 à 8 €. Le délai d’activation varie de 1 à 3 jours, voire jusqu’à deux semaines dans les cas les plus complexes.

Étape 4 : rechercher le bon appartement et s’entourer

La phase de recherche peut être menée seul via les portails d’annonces et agences, ou appuyée par des consultants indépendants qui travaillent exclusivement pour l’acheteur, sans commission de la part du vendeur. Plusieurs structures spécialisées accompagnent les étrangers dans la sélection et la vérification de biens à Budapest, Debrecen ou sur le Balaton.

Le rôle central de l’avocat hongrois

En Hongrie, impossible de devenir propriétaire sans recourir à un avocat local (« ügyvéd »). C’est lui qui :

Bon à savoir :

Le notaire vérifie la situation juridique du bien au registre foncier (tulajdoni lap) pour identifier hypothèques, servitudes, saisies ou droits d’usufruit. Il rédige et contresigne le contrat de vente, puis dépose le dossier au cadastre (Földhivatal) pour inscrire le nouveau propriétaire. Enfin, il s’occupe des notifications fiscales à la NAV.

Le contrat non contresigné par un avocat habilité est tout simplement inopposable au cadastre. Pour un Français, il est crucial de choisir un avocat indépendant de l’agence ou du vendeur, et capable de travailler en français ou en anglais. Les honoraires se situent le plus souvent entre 0,5 et 1 % du prix, avec un minimum de 150 000–200 000 HUF pour les petites surfaces.

Faire une due diligence technique avant de signer

Au‑delà du juridique, nombreux sont les acheteurs étrangers qui font réaliser une inspection technique du logement avant de s’engager. Des sociétés d’ingénierie et de contrôle comme ATROX Engineering ou des inspecteurs indépendants proposent :

Diagnostic technique global

Le diagnostic technique global (DTG) couvre plusieurs aspects essentiels du bâtiment pour évaluer son état général et planifier les travaux.

Structure et gros œuvre

Inspection structurelle des murs porteurs, planchers et fissures pour détecter les désordres.

Toiture et étanchéité

Analyse de la toiture, de l’étanchéité et de l’isolation pour prévenir les infiltrations.

Réseaux techniques

Vérification des réseaux d’eau, gaz, électricité, chauffage et ventilation pour assurer la sécurité et le confort.

Menuiseries et façades

Contrôle des menuiseries, façades et ponts thermiques, souvent via une caméra thermique.

Travaux et coûts

Estimation des travaux nécessaires et des coûts de fonctionnement futurs pour planifier les investissements.

Un diagnostic complet sur un appartement coûte en général entre 150 et 280 € selon la surface, avec remise d’un rapport illustré dans les 24 à 48 heures. Pour une maison, les tarifs grimpent autour de 330 €.

Ce rapport est un levier de négociation très efficace. Il permet aussi d’éviter les mauvaises surprises dans les immeubles anciens de Budapest, où les problèmes d’humidité, d’installations vétustes ou de déperditions thermiques sont fréquents.

Étape 5 : offre, compromis, dépôt et calendrier

Le processus d’achat hongrois suit une séquence assez standard, mais avec quelques spécificités.

Réservation et dépôt

Dans les marchés tendus, un acheteur qui souhaite bloquer un appartement peut signer d’abord un accord de réservation assorti d’un petit dépôt, de l’ordre de 1 à 2 % du prix. Il s’agit d’une somme qui réserve le bien pour une courte période, le temps de finaliser les vérifications et le contrat principal.

Ensuite vient le vrai « avant‑contrat » (pré‑contrat ou directement le contrat définitif), rédigé par l’avocat. À ce stade, la pratique veut que l’acheteur verse un dépôt d’environ 10 % du prix d’achat.

En résumé :

Étape contractuelleMontant typique du dépôtObjectif principal
Accord de réservation (optionnel)1–2 % du prixBloquer le bien quelques jours/semaines
Contrat principal (vente)10 % du prix (dépôt standard en Hongrie)Formaliser la vente, enclencher démarches bancaires

Le solde est payé à la date de clôture définie au contrat, souvent à la signature de l’acte définitif ou à l’issue du processus de prêt pour les achats à crédit.

Sécuriser les paiements

L’usage local permet de structurer les paiements en fonction de jalons de sécurité : un premier versement à la signature, puis le solde après dépôt de la demande d’enregistrement au cadastre, voire après l’obtention effective de l’inscription. Avec un avocat expérimenté, il est possible de conditionner certaines sommes au bon déroulement des formalités.

Bon à savoir :

Pour des travaux, il est recommandé de ne jamais verser plus de 30 à 40 % du prix à un entrepreneur sérieux. Le solde est à répartir en tranches selon les étapes (démolition, réseaux, finitions), et une retenue de 10 à 15 % doit être conservée jusqu’à la réception finale des travaux.

Étape 6 : fiscalité de l’achat et du futur investissement

Outre le droit de mutation de 4 %, plusieurs aspects fiscaux intéressent directement un Français investisseur.

Taxes à l’achat et allègements possibles

La règle de base est simple : tout acheteur – hongrois, européen ou extra‑européen – paie 4 % de taxe de transfert sur la valeur de marché. Pour les biens de très grande valeur (au‑delà d’un milliard de HUF, soit environ 2,6 M€), un taux réduit de 2 % s’applique sur la fraction excédentaire, avec un plafond absolu d’environ 200 millions de HUF de taxe.

Bon à savoir :

Des allègements existent pour résidents jeunes ou mutations de résidence principale, mais un investisseur français non résident doit en général payer les 4 % pleins.

Les achats de logements neufs font aussi intervenir la TVA : en 2026, un taux réduit de 5 % s’applique sur les nouveaux logements jusqu’à un certain plafond de surface (150 m² pour les appartements, 300 m² pour les maisons), avec au‑delà un retour au taux plein de 27 %. Le prix affiché par les promoteurs inclut généralement cette TVA.

Fiscalité lors de la revente

En cas de revente avec plus‑value, la Hongrie applique un impôt sur le revenu à taux unique de 15 % sur le bénéfice net. La base imposable tient compte :

du prix d’acquisition initial

des dépenses de rénovation documentées

des frais de vente (agence, avocat, etc.)

Attention :

Le système hongrois réduit la plus‑value taxable de 10 % par an à partir de la cinquième année de détention, jusqu’à devenir nulle après quinze ans, supprimant alors l’impôt sur la plus‑value.

Un Français résident fiscal en France reste en outre redevable de déclarer ces revenus fonciers et plus‑values dans sa déclaration française, la convention fiscale bilatérale déterminant les mécanismes de crédit d’impôt ou d’élimination de la double imposition.

Étape 7 : rénover intelligemment son appartement hongrois

La rénovation est souvent la grande inconnue pour un acheteur étranger. En Hongrie, et particulièrement à Budapest, beaucoup d’appartements en immeubles anciens nécessitent au minimum un rafraîchissement, et souvent une remise à niveau lourde des réseaux.

Les coûts ont très fortement augmenté après 2021, mais se sont stabilisés d’ici 2026 sans revenir aux niveaux d’avant‑crise. De plus, comme la plupart des matériaux sont importés, les devis sont sensibles aux cours internationaux.

Ordres de grandeur des coûts de rénovation

Les données disponibles permettent de dégager une grille indicative (en euros/m²) :

Type de rénovationContenu principalCoût estimatif (€/m²)
Rafraîchissement cosmétiquePeinture, ponçage/revernissage sol, changement d’appareillages250 – 400
Rénovation légèrePeinture, sols, rafraîchissement général500 – 800
Rénovation intermédiaireSalle de bain refaite, cuisine neuve, MEP partielle, sols, peinture550 – 850
Rénovation complètePlomberie, électricité, cuisine, salles de bain1 200 – 1 800
Rénovation lourde « full gut »Démolition, nouveaux réseaux complets, parquets, finitions premium900 – 1 500
Rénovation haut de gammeMoulures, parquet point de Hongrie, finitions luxe2 000 – 3 000
Rénovation patrimoniale (bâti classé)Restauration moulures, parquets, plâtres d’époque1 300 – 2 200+

Dans Budapest, pour un propriétaire étranger, les fourchettes en HUF par mètre carré se situent couramment entre 150 000 et 400 000 HUF, avec des repères suivants :

Type de rénovation à BudapestCoût estimatif (HUF/m²)
Cosmétique120 000 – 160 000
Complète standard220 000 – 320 000
Premium320 000 – 450 000

Concrètement, cela signifie par exemple :

28–35

Coût en millions de HUF pour une rénovation premium de 80 m² destinée à la location type Airbnb

Détail de quelques postes de travaux

Le découpage par corps de métier aide à affiner un budget. Les ordres de grandeur suivants sont donnés en HUF :

Poste de travauxCoût indicatif
Démolition (murs, sols)3 000 – 6 000 HUF/m²
Électricité (réseaux, prises)5 000 – 15 000 HUF/m²
Maçonnerie / carrelage6 000 – 20 000 HUF/m²
Plomberie (par appareil)8 000 – 25 000 HUF par point
Mise à niveau gaz50 000 – 200 000 HUF
Menuiserie sur mesure30 000 – 200 000 HUF par élément
Peinture murs et plafonds1 500 – 3 500 HUF/m²
Revêtement de sol3 000 – 15 000 HUF/m²
Fenêtres et portes (unité)50 000 – 300 000 HUF
Isolation murs/sol/plafond10 000 – 50 000 HUF/m²
Architecte / designer100 000 – 500 000 HUF
Évacuation gravats20 000 – 80 000 HUF

Les rénovations patrimonialesrestauration d’un parquet à chevrons ou de plafonds stuqués – sont particulièrement onéreuses : 80 à 140 €/m² pour un parquet restauré, 90 à 160 €/m² pour des plâtres de plafond.

Astuce :

Demandez au moins cinq devis détaillés, écartez le plus bas et le plus élevé, puis comparez les trois restants en exigeant une ventilation précise matériaux/main-d’œuvre ainsi qu’un prix au m² hors taxes et toutes taxes comprises.

Gérer les risques de dépassement

Sur le bâti ancien de Budapest, les imprévus sont la norme : poutres ou conduites dégradées, canalisations cachées, épaisseurs de plâtre irrégulières, matériaux manquants. Il est donc recommandé de prévoir une enveloppe de sécurité de 15 à 20 % au‑dessus du devis global pour absorber les aléas.

Les durées de chantier pour un appartement vont, selon la complexité, de 3–4 semaines (simple rafraîchissement) à 3–6 mois pour une rénovation lourde. Un phasage intelligent permet aussi de lisser les dépenses, notamment pour les investisseurs locatifs :

phase 1 : modernisation de la salle de bain, peinture, éclairages de base, matelas, Wi‑Fi (3–4 millions de HUF pour 60 m²)

– phase 2 : amélioration de la cuisine, climatisation, mobilier complémentaire et décoration (1,5–2 millions de HUF)

phase 3 : changement complet des sols, fenêtres, modifications structurelles, souvent financée sur les recettes locatives après 3–5 ans

Étape 8 : louer son appartement et optimiser la rentabilité

Pour un Français investisseur, l’attrait de la Hongrie réside aussi dans des rendements bruts encore élevés : sur un appartement rénové de gamme moyenne, les marchés de Budapest et de Varsovie tournent autour de 7 à 9 % de rendement locatif brut, bien au‑dessus des métropoles d’Europe de l’Ouest.

Marché locatif à Budapest en 2026

Les loyers moyens observés début 2026 à Budapest donnent les repères suivants :

Type de logementLoyer mensuel moyen (HUF)Commentaires
Studio~225 000210 000 – 240 000 selon quartier
1 chambre (T2)~285 000250 000 – 320 000
2 chambres (T3)~390 000Quartiers prisés plus chers
Loyer moyen au m²~6 500 HUF/m²≈ 16 €/m² environ

En province, les loyers restent nettement plus bas : 140 000–180 000 HUF/mois pour un studio, 170 000–230 000 HUF pour un T2.

Facteurs de valorisation locative

Les cinq atouts qui augmentent le plus le loyer d’un bien rénové

Équipement haut de gamme

Des équipements modernes et de qualité supérieure.

Performance énergétique

Une isolation optimale et des systèmes économes en énergie.

Localisation premium

Proximité des transports, commerces et services.

Aménagement extérieur

Balcon, terrasse ou jardin privatif très recherchés.

Stationnement sécurisé

Place de parking privative ou garage inclus.

climatisation : +15 000 à 30 000 HUF de loyer par mois

chauffage moderne et bonne isolation : +10 000 à 20 000 HUF

ascenseur (au‑delà du 3e étage) : +10 000 à 25 000 HUF

balcon ou terrasse : +15 000 à 35 000 HUF

acceptation des animaux : +5 000 à 15 000 HUF

Rénovations à meilleur retour sur investissement

Pour un bailleur français, se concentrer sur cinq types de travaux procure, statistiquement, le meilleur ratio coût / hausse de loyer :

Type de rénovation cibléeCoût estimatif (HUF)Gain de loyer mensuel (HUF)
Rafraîchissement de cuisine800 000 – 1 500 000+20 000 – 40 000
Modernisation de salle de bain600 000 – 1 200 000+15 000 – 30 000
Amélioration des fenêtres / isolation400 000 – 1 000 000+10 000 – 25 000
Ajout de climatisation300 000 – 600 000+15 000 – 30 000
Remise à niveau des sols400 000 – 900 000+10 000 – 20 000

Ces chiffres montrent qu’un investissement de quelques millions de HUF dans une cuisine et une salle de bain peut se récupérer en quelques années de loyer supplémentaire.

Encadrement des locations de courte durée

Les locations de type Airbnb ont subi un durcissement réglementaire, notamment à Budapest. Une règle de gel des nouvelles immatriculations de locations de courte durée est en place jusqu’au 31 décembre 2026. Cela signifie qu’un Français qui achète en comptant sur ce modèle doit vérifier précisément, au niveau du district, la possibilité d’enregistrer son activité.

Attention :

Certaines copropriétés interdisent les locations touristiques par statut ou décision d’assemblée générale. Il est essentiel de demander à un avocat de vérifier ces documents avant de signer un contrat.

Étape 9 : intégrer les évolutions réglementaires locales

En parallèle des règles nationales concernant les étrangers, la Hongrie a adopté une loi sur la « protection de l’identité locale » qui donne aux communes de nouveaux leviers pour contrôler l’installation de nouveaux résidents et l’accès à la propriété.

Pouvoirs accrus des municipalités

Depuis 2025, les conseils municipaux peuvent :

– définir un « niveau de population souhaité » et, une fois atteint, restreindre l’enregistrement de nouveaux résidents

– imposer des conditions aux nouveaux arrivants (participation au coût des réseaux, engagement à respecter certaines règles locales, etc.)

– instaurer un droit de préemption au profit de la commune ou des habitants locaux sur les ventes de biens

– mettre en place une taxe d’installation ponctuelle à la charge des nouveaux propriétaires

Bon à savoir :

Cette loi n’empêche pas un Français d’acheter un bien immobilier, mais dans certaines communes ayant activé des dispositifs spécifiques, l’obtention du droit d’y déclarer sa résidence officielle peut être conditionnée ou refusée.

Les exceptions demeurent pour :

les personnes nées dans la commune ou y ayant vécu dans leur enfance

celles qui rejoignent un emploi local

les étudiants inscrits dans un établissement sur place

les familles achetant avec certains programmes publics de soutien à l’accession

Pour l’instant, ces mécanismes touchent surtout des petites villes et zones touristiques où la pression sur le marché du logement est forte. À Budapest, l’achat d’un appartement par un Français pour y vivre ou louer à long terme reste, à ce stade, peu impacté par cette loi, mais il convient de suivre l’évolution des règlements locaux.

Étape 10 : structurer son projet comme Français – pratique et stratégie

En pratique, comment un Français peut‑il dérouler son projet d’achat d’appartement en Hongrie en 2026 ?

Une séquence réaliste ressemble à ceci :

Astuce :

Suivez ces 12 étapes clés : 1. Définissez le budget en euros avec 5–8 % de frais annexes et un coussin de 10–20 % pour les travaux. 2. Consultez votre banque française ou un courtier de change pour la conversion en HUF. 3. Planifiez un séjour à Budapest pour obtenir le numéro fiscal (adóazonosító jel) à la NAV, ouvrir un compte bancaire, rencontrer un avocat et visiter des biens. 4. Ouvrez un compte dans une grande banque habituée aux étrangers. 5. Choisissez un avocat hongrois indépendant expérimenté avec les étrangers pour vérifier les biens. 6. Faites réaliser une inspection technique, surtout dans l’ancien. 7. Formulez une offre écrite, éventuellement avec un petit dépôt de réservation. 8. Signez le contrat principal avec un dépôt de 10 % après vérification du titre de propriété, hypothèques et règlement de copropriété par l’avocat. 9. Finalisez le financement avec une banque hongroise si nécessaire (justificatifs de revenus français). 10. Versez le solde et laissez l’avocat enregistrer la mutation au cadastre. 11. Lancez les travaux avec un entrepreneur sérieux sur devis détaillés, paiements échelonnés. 12. Mettez en location longue durée en 2026 en priorisant climatisation, isolation et balcon.

Tout au long de ce parcours, l’élément décisif reste la qualité de l’entourage local : avocat, inspecteur technique, éventuellement consultant ou gestionnaire de projet. Dans un marché où les rendements bruts peuvent encore atteindre 7–9 % sur un appartement bien positionné, investir dans un accompagnement solide, quelques centaines à quelques milliers d’euros, est souvent ce qui sépare une opération réussie d’une accumulation d’ennuis.

Bon à savoir :

Pour un Français, la Hongrie n’est plus un eldorado très bon marché, mais reste attractive grâce à une demande locative solide, des loyers en hausse et une fiscalité claire. Pour réussir, il faut maîtriser les spécificités locales et être exigeant sur la qualité du bien et des travaux.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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