Le marché immobilier portugais est en train de changer de visage, mais il reste l’un des terrains de jeu les plus intéressants d’Europe pour un investisseur français. Les prix montent vite, l’afflux d’acheteurs étrangers ne faiblit pas, la fiscalité se réorganise, et les règles du jeu, notamment pour les non-résidents, deviennent plus techniques. Autrement dit : 2026 est une année où l’on ne peut plus investir au Portugal en simple « touriste ». Il faut comprendre les chiffres, les dispositifs fiscaux et la nouvelle réalité du marché… mais les opportunités sont toujours là.
Cet article couvre les points clés pour les investisseurs français : où acheter, les rendements attendus, le financement des projets, les nouvelles règles fiscales, et la compétitivité du Portugal face à l’Espagne et à la France.
Un marché très prisé par les étrangers, avec les Français en première ligne
Le premier point à avoir en tête en 2026, c’est que l’immobilier portugais est clairement porté par la demande internationale. Les données de la plateforme Idealista montrent que certaines régions affichent une part de visites étrangères impressionnante sur les annonces de vente, avec un rôle majeur des acheteurs français.
Dans les districts et îles les plus consultés par les étrangers, les chiffres sont éloquents :
| District / Île | Part des visites étrangères sur les annonces |
|---|---|
| Île de Madère | 42 % |
| Faro (Algarve) | 36 % |
| Île de São Miguel (Açores) | 34 % |
| Viana do Castelo | 30 % |
Durant la période analysée, la France est le pays qui génère le plus de visites internationales sur les biens à vendre au Portugal. Les acheteurs français dominent même la demande étrangère dans huit districts : Viana do Castelo, Bragança, Vila Real, Guarda, Leiria, Braga, Aveiro et Porto. À Porto par exemple, 15 % des visiteurs internationaux viennent de France, devant les États-Unis (12 %) et le Brésil (9 %).
La part de marché des acheteurs britanniques dans la demande étrangère en Algarve, soulignant la diversité des sources d’investissement.
Pour un investisseur français, cela signifie deux choses très concrètes. D’abord, le risque de liquidité est réduit : il existe une profondeur de demande internationale pour revendre ou louer. Ensuite, la concurrence est réelle sur les meilleurs emplacements, ce qui impose d’être bien préparé, notamment sur le plan du financement et de la fiscalité.
Des prix encore compétitifs… mais en forte hausse
Le Portugal reste l’un des marchés immobiliers les plus abordables d’Europe de l’Ouest, surtout comparé au Royaume-Uni ou à la France. Les données de prix montrent toutefois une progression spectaculaire ces dernières années.
Au niveau national, le prix de transaction médian a atteint environ 2 050 à 2 111 €/m² en 2025, avec une hausse annuelle de l’ordre de 16 à 18 %. Sur douze mois, les prix ont bondi d’environ 15 à 18 %, ce qui place le Portugal parmi les marchés les plus dynamiques d’Europe. Les estimations pour 2026 anticipent encore une progression de 5 à 8 % sur l’année, avec un scénario plus prudent à 4 % et un scénario haut autour de 10 % si l’offre reste limitée et que les taux se détendent.
Focus grandes villes et régions phares
Dans les métropoles et zones très demandées, les niveaux de prix et de loyers permettent de se faire une idée tangible de l’effort d’investissement nécessaire. Les données agrégées sur les appartements selon leur taille donnent un panorama utile pour un investisseur français.
Prix moyens d’achat par type de bien
| Ville / Région | 1 chambre (€) | 2 chambres (€) | 3 chambres (€) |
|---|---|---|---|
| Aveiro | 109 000 | 166 000 | 216 000 |
| Braga | 117 000 | 178 000 | 232 000 |
| Cascais | 295 000 | 450 000 | 588 000 |
| Coimbra | 92 000 | 140 000 | 183 000 |
| Faro | 192 000 | 292 000 | 382 000 |
| Funchal / Madère | 195 000 | 298 000 | 389 000 |
| Lagos | 241 000 | 367 000 | 480 000 |
| Lisbonne | 321 000 | 489 000 | 638 000 |
Même en zone prime, comme Lisbonne ou Cascais, les tickets restent souvent inférieurs à ceux de Paris ou de la Côte d’Azur pour des biens comparables, même si certaines micro-zones de Lisbonne (Chiado, Príncipe Real) atteignent désormais des niveaux supérieurs à 5 000 €/m².
Environ 80 % des transactions immobilières nationales (hors zones ultra-primes) se situent dans une fourchette de 120 000 à 350 000 €.
Explosion des prix, mais « atterrissage en douceur » annoncé
Après plusieurs années d’euphorie post-Covid, les experts parlent désormais d’un atterrissage en douceur. La croissance reste forte, mais la dynamique devient plus stable et plus régionale. On observe :
Évolutions prévues des prix par segment géographique
Une hausse annuelle nationale attendue autour de 2 à 5 % à moyen terme.
Une croissance plus soutenue (3 à 7 % par an) dans les zones premium de Lisbonne et de l’Algarve, soutenues par la rareté de l’offre et la clientèle internationale.
Des progressions plus rapides dans les villes secondaires et l’intérieur, dopées par le report des ménages portugais et des acheteurs en quête de valeur.
La clé, c’est le déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. La construction peine à suivre, freinée par les coûts élevés et la pénurie de main-d’œuvre, tandis que la demande reste très forte, portée à la fois par les Portugais et les étrangers.
Des rendements locatifs parmi les plus attractifs d’Europe de l’Ouest
L’autre pilier de l’intérêt du Portugal pour un Français, ce sont les rendements. Les données 2025–2026 montrent des rendements bruts généralement compris entre 5 % et 7,5 % pour la location longue durée, avec des pics nettement plus élevés dans certains segments.
En 2026, Idealista estime le rendement brut moyen des investissements résidentiels autour de 6,3 à 6,9 %. Les rendements nets se situent fréquemment entre 5,4 et 5,8 % au niveau national, une fois les charges et impôts pris en compte. C’est nettement au-dessus de ce que l’on obtient en France sur de nombreuses grandes villes, où les marges sont souvent rognées par la fiscalité et les plafonnements.
Exemples de rendements bruts et nets par ville
| Ville / Type | Rendement brut 1 ch. | Rendement net 1 ch. |
|---|---|---|
| Aveiro | 6,4 % | 5,0 % |
| Braga | 6,0 % | 4,7 % |
| Cascais | 4,6 % | 3,4 % |
| Coimbra | 8,8 % | 6,9 % |
| Faro | 5,2 % | 4,0 % |
| Funchal | 5,7 % | 4,3 % |
| Lagos | 4,5 % | 3,1 % |
| Lisbonne | 4,6 % | 3,5 % |
On voit que les meilleurs rapports prix/loyer ne sont pas forcément là où les Français achètent le plus spontanément. Coimbra, par exemple, combine prix d’achat modérés et loyers solides, avec des rendements nets proches de 7 %. D’autres marchés secondaires comme Braga, Aveiro, Setúbal ou Vila Nova de Gaia affichent aussi des profils très intéressants, avec des entrées de gamme plus faibles que Lisbonne ou Cascais, mais une demande locative crédible.
À l’inverse, Lisbonne, Cascais, Oeiras, Lagos et certains quartiers de Porto sont excellents pour la plus-value, mais moins performants en pur rendement, car les prix d’acquisition ont fortement grimpé.
Longue durée vs courte durée
Les données de 2025–2026 montrent que les locations touristiques (courte durée) dans les zones touristiques peuvent générer des rendements bruts supérieurs de 15 à 35 % aux locations longue durée. À Lisbonne, Porto ou dans l’Algarve, des rendements bruts de 6 à 10 % ne sont pas rares sur de la location saisonnière bien gérée.
Mais ce surcroît de performance va de pair avec :
– une réglementation plus stricte dans certaines villes ;
– une saisonnalité parfois forte (surtout dans l’Algarve et sur certaines îles) ;
– des coûts de gestion plus élevés (ménage, turnover, plateformes de réservation).
Le marché 2026 reste favorable à la courte durée, mais il faut intégrer les risques réglementaires et la dépendance au tourisme. Pour un investisseur français à la recherche de stabilité, la location longue durée, surtout dans des villes universitaires ou des bassins d’emploi en croissance, reste un excellent compromis rendement / risque.
Portugal, Espagne, France : le match immobilier vu d’un investisseur français
Pour un Français en 2026, l’alternative la plus naturelle au Portugal reste l’Espagne, avec la France comme point de comparaison patrimonial. Les trois marchés ont des profils très différents.
Comparaison des prix et des perspectives de croissance
| Pays | Prix moyen grande ville (€/m², ordre de grandeur) | Croissance annuelle attendue | Positionnement |
|---|---|---|---|
| Portugal | Lisbonne ~5 922 €/m² ; Porto ~3 628 €/m² | +4,3 à +5 %/an | Marché à forte croissance, encore sous les prix français |
| Espagne | Barcelone ~5 000 €/m² ; Séville ~3 100 €/m² | +2 à +4 %/an | Marché mûr, très dynamique dans les zones touristiques |
| France | Paris ~10 560 €/m² ; Lyon ~5 950 €/m² | +1 à +2 %/an (stabilisation) | Marché patrimonial, cher et très fiscalisé |
L’Espagne offre des rendements bruts parfois supérieurs (5,2 à 7,8 % sur certaines costas) grâce à un volume touristique massif, mais :
– les coûts d’acquisition y sont plus élevés (frais acheteur souvent 10–14 %) ;
– les taxes à la mutation (ITP) sont plus lourdes (6–10 %, selon la région) ;
– les prix ont déjà beaucoup grimpé dans les hotspots.
Le Portugal affiche des coûts d’achat moyens représentant 6,5 à 9 % du prix des biens résidentiels.
En France, l’investisseur bénéficie d’un cadre juridique ultra protecteur, mais subit :
– une fiscalité lourde sur les revenus immobiliers et les plus-values ;
– une taxe sur la fortune immobilière (IFI) de 0,5 à 1,5 % au-delà de 1,3 M€ ;
– une rentabilité nette souvent amoindrie par les charges et les régimes fiscaux complexes.
D’un point de vue « couple rendement / risque », les enquêtes d’investisseurs citent d’ailleurs l’Espagne comme marché offrant le meilleur ratio rendement / risque en Europe du Sud (45 % des votes), suivie de près par le Portugal (38 %), tandis que la France ne recueille aucun vote dans cette catégorie. Le Portugal apparaît ainsi comme une sorte de « safe haven dynamique », plus petit que l’Espagne mais avec un fort potentiel d’appréciation, et plus rentable que la plupart des marchés français.
Acheter au Portugal : étapes clés et spécificités pour un Français
Malgré la forte demande étrangère, le Portugal reste un pays où les étrangers – y compris les non-résidents – peuvent acheter sans restrictions particulières. Un Français peut acquérir 100 % de la propriété d’un logement en son nom, partout sur le territoire (continent, Madère, Açores), sans quota ni partenaire local imposé.
NIF, compte bancaire, avocat : le trio indispensable
Avant même de faire une offre, trois éléments sont essentiels :
1. Obtenir un NIF (Número de Identificação Fiscal) C’est le numéro fiscal portugais, obligatoire pour toute opération juridique ou financière : achat immobilier, ouverture de compte, contrat d’électricité, etc. Un non-résident doit désigner un représentant fiscal au Portugal, ce qui peut être son avocat ou un prestataire spécialisé (coût annuel souvent entre 80 et 150 €). Le NIF s’obtient auprès de l’administration fiscale (Finanças), directement ou via un mandataire.
Bien que non obligatoire légalement, ouvrir un compte bancaire au Portugal est quasi indispensable pour verser les acomptes, payer l’IMT, le timbre fiscal et les frais de notaire. La banque exige un passeport ou une CNI, le NIF, un justificatif de domicile et des preuves de revenus.
3. S’entourer d’un avocat et d’un agent immobilier bilingues Un avocat portugais est fortement recommandé. Il vérifie la situation juridique du bien (titres, hypothèques, dettes, servitudes), contrôle les contrats et vous représente si vous n’êtes pas sur place. Les honoraires se situent généralement entre 1 et 1,5 % du prix, plus TVA (23 %). Côté agent immobilier, les commissions sont réglées par le vendeur (3 à 6 % du prix + TVA). Pour l’acheteur, l’accompagnement par un agent du vendeur est donc gratuit. Si vous mandatez un chasseur immobilier représentant uniquement vos intérêts, il peut facturer 1 à 2 % du prix.
Le processus d’achat, étape par étape
Une fois ces prérequis remplis, le déroulé classique ressemble à ceci :
Les étapes clés incluent la recherche via des portails comme Idealista.pt, Imovirtual.com ou Casa.sapo.pt, suivie d’une offre d’achat, d’une due diligence par un avocat (vérification au registre foncier, caderneta predial, licences, certificat énergétique, absence de dettes), puis la signature du contrat-promesse (CPCV) avec un dépôt de garantie de 10-20 %, la finalisation du financement, la signature de l’acte définitif devant notaire ou via Casa Pronta avec paiement du solde et des taxes, et enfin l’enregistrement auprès du registre foncier et de l’administration fiscale.
Le CPCV est une particularité très importante du marché portugais. En cas de désistement injustifié :
– si l’acheteur se retire, il perd son dépôt ;
– si le vendeur se retire, il doit restituer le double du dépôt.
Ce mécanisme sécurise fortement le processus pour l’acheteur sérieux.
Financement : comment les banques portugaises traitent un Français en 2026
La bonne nouvelle pour un investisseur français : les banques portugaises financent volontiers les non-résidents, en euros, avec des durées similaires à ce que l’on trouve en France.
Taux, durées et apport minimum
En 2025–2026, les taux moyens sur les nouveaux prêts immobiliers tournent autour de 3 à 3,5 %, avec des pointes à 4–4,5 % selon les profils et des perspectives de normalisation vers 3–3,6 % si la BCE poursuit l’assouplissement monétaire. Les produits proposés sont classiques :
– taux variable indexé Euribor (6 ou 12 mois) + marge bancaire ;
– taux fixes sur quelques années, puis passage en variable (formule mixte).
Côté quotité, les règles sont claires :
Le financement maximum accordé aux non-résidents pour un investissement immobilier, nécessitant un apport de 30 à 40 %.
La durée maximale pour un non-résident est généralement de 30 ans, avec une obligation de remboursement avant 75 ans. Les frais de dossier avoisinent 1 à 1,5 % du montant emprunté, auxquels s’ajoutent la valeur d’expertise du bien (300 à 650 €), une assurance-vie souvent exigée, et un timbre fiscal de 0,6 % sur le montant du prêt.
Les règles de solvabilité sont strictes : le régulateur fixe le plafond du taux d’effort global à 35 % des revenus bruts, et les banques préfèrent souvent rester sous 50 % des revenus nets, dettes incluses.
Coût total d’une acquisition : ne pas sous-estimer les frais
En plus du prix et de l’apport, un Français doit intégrer un budget de frais d’achat qui, pour un bien résidentiel classique, se situe le plus souvent entre 7 et 10 % du prix, avec la possibilité de descendre à 6–8 % sur des petits montants.
Pour un appartement de 300 000 €, par exemple, on observe généralement les caractéristiques et tendances spécifiques liées à ce prix d’achat.
– IMT (taxe de transmission) : entre 16 000 et 20 000 € selon la nature (résidence principale vs secondaire) et la grille applicable ;
– droit de timbre sur l’achat : 0,8 % du prix, soit 2 400 € ;
– notaire et registre foncier : environ 1 000–1 500 € ;
– honoraires d’avocat : autour de 1 à 1,5 % du prix, soit 3 000 à 4 500 € + TVA.
Les simulations montrent un budget de frais totaux autour de 7–9 % pour un bien de 300 000 €, ce qui reste inférieur au coût global d’une acquisition en France ou en Espagne, où l’addition peut grimper à 10–20 % du prix.
Fiscalité 2026 : ce que doit absolument savoir un investisseur français
C’est le grand sujet du moment. Lisbonne a profondément remanié ses régimes fiscaux en 2024–2025. Le fameux statut de Résident Non Habituel (NHR), qui faisait rêver de nombreux Français, est fermé aux nouveaux entrants. Il est remplacé par un dispositif beaucoup plus ciblé, IFICI – parfois appelé NHR 2.0 – réservé à des profils très spécifiques (chercheurs, professionnels de l’innovation, entrepreneurs tech, etc.).
Pour la majorité des investisseurs immobiliers français, ce régime n’est plus accessible ni réellement pertinent : il taxait déjà les revenus locatifs portugais, et le nouveau schéma ne vise que certains revenus professionnels.
Fin du NHR classique et nouveau régime IFICI
Le NHR « historique » offrait pendant 10 ans :
– un taux forfaitaire de 20 % sur les revenus professionnels portugais ;
– des exonérations importantes sur les revenus de source étrangère (dividendes, pensions, loyers étrangers, etc.), sous certaines conditions de double imposition.
Son extinction est progressive mais réelle : il n’est plus ouvert aux nouvelles installations, sauf cas transitoires complexes. Les personnes qui ont obtenu le NHR avant les dates de coupure continuent d’en profiter jusqu’au terme des 10 ans, mais les nouveaux arrivants doivent désormais composer avec :
Au Portugal, vous pouvez opter soit pour le régime standard d’impôt sur le revenu (barème progressif jusqu’à 48 % avec surtaxes pour hauts revenus), soit pour le régime IFICI (NHR 2.0) qui offre un taux fixe de 20 % sur les revenus professionnels éligibles pendant 10 ans, sous conditions d’activité (recherche, innovation, startups). Ce dernier ne s’applique pas aux revenus locatifs ni aux plus-values immobilières.
Autrement dit, acheter un appartement au Portugal en 2026 ne donne plus aucun avantage fiscal automatique. L’investissement immobilier et la question du statut fiscal personnel sont désormais décorrélés.
L’IMT : la grande nouveauté pour les non-résidents
Le gouvernement a introduit une réforme majeure pour 2026 : un taux d’IMT forfaitaire de 7,5 % sur la plupart des acquisitions résidentielles par des non-résidents. Ce taux ne s’applique pas si :
– l’acheteur est déjà résident fiscal portugais ;
– ou s’il le devient dans les deux ans suivant l’achat ;
– ou si le bien est destiné à la location résidentielle avec un loyer mensuel ne dépassant pas 2 300 €, sous réserve de signer un bail dans les 6 mois suivant l’acquisition et de louer au moins 36 mois sur les 5 premières années.
Pour un Français qui achète une résidence secondaire ou un bien de vacances sans projet de résidence fiscale au Portugal, cette réforme renchérit nettement les coûts d’entrée, en particulier au-dessus de certains seuils de prix.
En parallèle, les barèmes de l’IMT restent progressifs pour les résidents, avec des tranches allant de 0 % (en dessous d’environ 106 000 € pour une résidence principale) jusqu’à 7,5 % au-delà d’1,15 M€. L’IMT est donc l’impôt de mutation clé à anticiper dans son montage financier.
Fiscalité des loyers, de la plus-value et de la détention
En portefeuille, la fiscalité reste à surveiller, mais elle n’est pas dissuasive à l’échelle européenne.
Les revenus locatifs sont soumis à un taux forfaitaire de 28 % pour les non-résidents, avec un taux réduit à 10 % prévu à partir de 2026 pour les loyers modérés jusqu’à 2 300 € par mois, et une imposition sur 50 % des revenus pour les personnes morales. L’IMI (taxe foncière) varie entre 0,3 et 0,45 % de la valeur cadastrale, soit généralement 500 à 2 000 € par an. L’AIMI (surtaxe sur les patrimoines immobiliers élevés) s’applique au-delà de 600 000 € de valeur cadastrale par personne, avec des taux progressifs, mais exonère les immeubles commerciaux et terrains agricoles. Les plus-values immobilières sont taxées à 28 % pour les non-résidents, avec des exonérations possibles en cas de réinvestissement dans la location modérée.
Double imposition et convention fiscale France–Portugal
Pour un Français, la convention fiscale franco-portugaise joue un rôle important. Elle prévoit notamment que :
– les revenus immobiliers (loyers, plus-values) provenant de biens situés au Portugal sont imposables uniquement au Portugal ;
– certains revenus financiers français peuvent être exemptés au Portugal s’ils sont déjà imposés à la source en France (avec des taux de retenue réduits sur dividendes et intérêts).
La France, de son côté, conserve la possibilité de taxer les plus-values immobilières sur ses propres biens, mais pas sur les biens portugais d’un résident portugais. Pour un investisseur français non-résident du Portugal, le risque de double imposition sur les loyers et plus-values portugais est donc limité, à condition de bien structurer sa situation fiscale.
Les nouvelles incitations à la location abordable : un angle stratégique pour investir
L’une des grandes orientations de la politique de Lisbonne est de favoriser la location « abordable » ou modérée, dans un contexte de crise de logement pour les ménages locaux. Pour un investisseur français avec une approche long terme, ces dispositifs peuvent transformer la rentabilité nette du projet.
Rents « modérés » et régime RSAA
Deux grands axes caractérisent la réforme 2026 :
Au Portugal, les plafonds de loyers sont dits « modérés » jusqu’à 2 300 €, soit 2,5 fois le SMIC mensuel. Le régime RSAA (Simplified Affordable Rental Regime) offre une exonération totale d’IR ou d’IS sur les loyers pour les baux longs (au moins 3 ans pour résidence principale) ne dépassant pas 80 % du loyer médian au m² de la commune.
En parallèle, les projets qui se contractualisent avec l’IHRU via le nouveau contrat d’investissement locatif (CIA) bénéficient de réductions massives : IMT exonéré à l’achat, IMI exonéré pendant 8 ans puis réduit de 50 %, AIMI annulé, TVA à 6 % sur les travaux, etc., à condition de réserver au moins 70 % de la surface à de la location résidentielle et de respecter les plafonds de loyer.
Pour un investisseur français qui vise une stratégie patrimoniale et locative « sociale » ou intermédiaire, ce cadre peut être redoutablement efficace pour améliorer le rendement net après impôts, tout en s’alignant sur les objectifs de politique publique portugais.
Quels types d’emplacements privilégier en 2026 ?
Le Portugal de 2026 n’est plus le marché uniforme qu’il était il y a dix ans. Il est en train de se segmenter, avec des trajectoires très différentes selon les régions.
1. Les zones ultra-primes : Lisbonne centre, Cascais, Algarve luxe
Dans ces secteurs, les prix sont élevés, la concurrence forte, mais la profondeur de marché internationale reste exceptionnelle. On y trouve :
Sélection de zones à fort potentiel avec rendements locatifs et plus-values attractifs
Quartiers comme Baixa, Chiado, Príncipe Real ou Avenida da Liberdade avec rendements bruts de 3,5 à 4,5 % et appréciations d’environ 50 % sur cinq ans.
Villas et appartements haut de gamme pour expatriés, rendements bruts de 4 à 5,5 % et hausses de valeur proches de 48 % sur cinq ans.
Stations comme Quinta do Lago, Vale do Lobo, Lagos ou Vilamoura : rendements bruts jusqu’à 6–9 % en location touristique, plus-values de 40 % ou plus sur cinq ans.
Ce sont des marchés intéressants pour le capital à long terme et l’usage personnel (résidence secondaire, télétravail, retraite), moins pour une pure logique de cash-flow sauf à viser de la courte durée bien optimisée.
2. Les marchés secondaires à fort rendement : Coimbra, Braga, Aveiro, Viana do Castelo
Ces villes et régions combinent :
– des prix d’achat encore modérés ;
– une demande locative robuste (étudiants, classes moyennes, travailleurs locaux) ;
– des rendements bruts pouvant atteindre 7–9 %, avec des nets autour de 5–7 %.
Les données montrent par exemple :
Présentation des meilleures villes au Portugal pour investir dans l’immobilier locatif, basée sur les rendements et la demande.
Championne du rendement locatif au Portugal, avec des rendements atteignant jusqu’à 8,8 % brut et 6,9 % net sur les appartements d’une chambre.
Offre des rendements bruts attractifs de 5,6 % à 6 %, variant selon la taille du logement.
Se distingue par une demande étrangère notable, avec 30 % de visites internationales, et des rendements solides.
Pour un Français qui cherche une stratégie locative longue durée, diversifiée et moins dépendante du tourisme, ces marchés offrent un très bon équilibre.
3. Les îles et régions à forte dimension « lifestyle » : Madère, Açores
Madère (Funchal) et l’île de São Miguel (Açores) attirent de plus en plus d’acheteurs étrangers, notamment des télétravailleurs et des retraités à la recherche de climat doux et de sécurité. Madère affiche par exemple :
– des prix pour un T1 autour de 195 000 €,
– des rendements bruts de l’ordre de 5,7 % pour un T1,
– une part de visites étrangères très élevée, notamment sur l’île de Madère (42 % des visites sur certaines annonces).
Ces marchés sont intéressants en combinaison usage personnel + location saisonnière, mais exposés à la saisonnalité et à une profondeur de marché moindre pour la revente.
Golden Visa, visas de résidence et réalité pour l’investisseur immobilier français
Un point clé souvent mal compris : le Golden Visa portugais ne donne plus aucun avantage en achetant un bien immobilier depuis octobre 2023. Tous les volets immobiliers (résidentiel, commercial, direct ou via fonds immobiliers) ont été supprimés du programme.
En 2026, le Golden Visa subsiste, mais uniquement via :
– des investissements dans des fonds d’investissement non immobiliers ;
– des dons au patrimoine culturel ou à la recherche ;
– des créations d’emplois ou des investissements dans des sociétés portugaises.
Pour un Français souhaitant acheter un appartement, le louer et y vivre quelques mois, les voies principales de résidence sont désormais à considérer.
– la résidence classique (salarié, entrepreneur, retraité, revenus passifs via le visa D7, etc.) ;
– la résidence fiscale standard (≥183 jours par an au Portugal ou domicile principal au 31 décembre) ;
– le statut IFICI pour certains profils de chercheurs ou professionnels innovants.
L’acquisition immobilière ne confère ni résidence, ni statut fiscal préférentiel. Elle reste cependant un excellent support pour préparer une installation à moyen terme ou diversifier son patrimoine hors de France, avec une voie d’accès à la citoyenneté européenne plus rapide qu’en Espagne (5 ans de résidence au Portugal contre 10 en Espagne).
En résumé : pourquoi le Portugal reste une cible de choix pour un investisseur français en 2026
Pour un investisseur français, l’année 2026 ne ressemble plus à l’époque bénie du NHR et des Golden Visa immobiliers. Le cadre est plus strict, les prix sont plus élevés, l’IMT pour non-résidents a durci les conditions d’entrée, et la concurrence internationale est redoutable sur les zones les plus prisées.
Mais en miroir, les fondamentaux du Portugal restent remarquablement solides :
Le Portugal offre des prix immobiliers compétitifs, des rendements attractifs et un cadre stable pour les investisseurs.
Prix encore inférieurs à l’Espagne et largement en dessous de la France, surtout hors micro-quartiers prime.
Rendements locatifs nets souvent supérieurs à 5 %, jusqu’à 6–7 % dans certains marchés secondaires bien choisis.
Croissance des prix soutenue, même si elle ralentit, dans un contexte de pénurie structurelle de logements.
Environnement sûr et politiquement stable, avec un haut niveau d’anglais et une bonne intégration des communautés étrangères.
Fiscalité immobilière moins confiscatoire que dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest, malgré le coup de frein sur les régimes de faveur.
Pour tirer parti de ce contexte, un investisseur français doit :
Pour optimiser votre investissement, acceptez de regarder au-delà du trio Lisbonne–Cascais–Algarve et explorez des villes comme Coimbra, Braga, Aveiro, Viana do Castelo ou certaines zones émergentes de Porto. Intégrez finement l’impact de l’IMT non-résident et posez-vous la question d’une future résidence fiscale sur place ou du basculement vers de la location « modérée » éligible aux régimes allégés. Travaillez avec un avocat et un agent bilingues pour sécuriser l’opération, maîtriser la due diligence et optimiser la structure d’acquisition. Calculez vos rendements en net après impôts, en prenant en compte l’IMI, les charges de copropriété, les frais de gestion et la fiscalité portugaise et française.
Vu de Paris, Lisbonne n’est plus le secret bien gardé d’il y a dix ans. Mais le Portugal demeure l’un des rares marchés d’Europe occidentale où l’on peut encore combiner :
– prix raisonnables,
– rentabilité attractive,
– plus-value probable,
– et cadre de vie envié.
Pour un Français qui cherche à diversifier son patrimoine, sortir d’une fiscalité nationale lourde, ou préparer une retraite au soleil sans renoncer à la sécurité et à l’euro, investir dans l’immobilier portugais en 2026 reste une stratégie tout à fait pertinente – à condition de l’aborder avec des chiffres, une vision de long terme et des conseils professionnels solides.
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