S’initier à la table islandaise : guide culinaire pour expatriés en Islande

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Islande, c’est d’abord tomber sous le charme des volcans, des glaciers et des fjords. Mais la vraie immersion commence souvent à table. Entre traditions vikings, cuisine nordique ultra-moderne, produits de la mer d’une fraîcheur rare et scène veggie en plein essor, la gastronomie locale peut fasciner… autant qu’elle peut déconcerter un nouvel arrivant.

Bon à savoir :

Ce guide aide les expatriés à s’orienter dans la cuisine islandaise : comprendre ses codes, identifier les plats traditionnels, choisir entre restaurants raffinés et cantines, trouver des adresses locales (avec ou sans viande), et gérer son quotidien entre supermarchés, fermes, marchés alimentaires et événements culinaires.

Comprendre l’ADN de la cuisine islandaise

La cuisine islandaise est née d’un territoire rude : peu de bois, des hivers longs, peu de terres arables (à peine 1 % du territoire) et la nécessité de tout préserver pour survivre. De là viennent trois piliers qui structurent encore aujourd’hui l’alimentation du pays : l’agneau, le poisson et les produits laitiers, en particulier le skyr.

Exemple :

Les premiers colons nordiques vivaient dans des longues maisons chauffées par un feu central, cuisant leurs aliments dans des fosses creusées dans le sol ou en utilisant des pierres brûlantes jetées dans des récipients en bois. À partir du XIVᵉ siècle, l’apparition des maisons en tourbe a introduit une cuisine séparée, équipée d’un foyer en pierre. Malgré ces évolutions architecturales, la base de l’alimentation, composée principalement de mouton, de poisson et de lait, est restée inchangée.

Pour conserver ces ressources sur une année entière, les Islandais ont perfectionné les techniques de fermentation, séchage, fumage et salaison. C’est ce qui explique aujourd’hui des spécialités réputées… déroutantes : requin fermenté (hákarl), tête de mouton bouillie (svið), harðfiskur (poisson séché), saucisses de sang et d’abats (slátur), testicules de bélier saumurés (hrútspungar).

Attention :

L’économie islandaise s’est historiquement développée grâce à la pêche (morue, haddock, hareng, etc.), vitalisant des ports comme Siglufjörður. L’agriculture a ensuite diversifié l’alimentation avec l’introduction de légumes rustiques au XIXᵉ-XXᵉ siècle et le développement de serres géothermiques.

Aujourd’hui, la cuisine islandaise moderne est un mélange singulier :

fondations paysannes et maritimes,

héritage danois très fort dans la boulangerie et les pâtisseries,

– techniques nordiques revisitées,

– ouverture assumée aux influences internationales,

– et un mouvement « farm-to-table » porté par des chefs qui n’hésitent plus à travailler les herbes sauvages, les algues, les baies ou les légumes de serre.

Manger islandais au quotidien : repères pour expatriés

S’installer en Islande, c’est aussi découvrir un rythme de repas et des codes de table assez proches du reste de l’Europe du Nord, mais avec quelques nuances.

Le petit-déjeuner, souvent généreux, joue un rôle clé : pains, fromages, charcuteries, skyr, œufs durs. Dans les fermes-hôtels ou les guesthouses, il compense parfois des déjeuners pris sur le pouce. Le déjeuner reste fréquemment un repas simple (sandwichs, soupe, plat du jour), tandis que le dîner peut devenir un vrai moment social, souvent à la maison, parfois au restaurant.

Astuce :

En Islande, le service en salle est chaleureux mais peu démonstratif : le personnel vous laisse tranquille sans vous oublier. La communication est directe, avec un tutoiement implicite et l’usage des prénoms qui dominent, même avec le personnel. Cette approche reflète l’importance accordée à la qualité des ingrédients, à la saisonnalité et à l’origine locale des produits.

Côté addition, il n’y a ni taxe ajoutée ni pourboire obligatoire : les prix affichés incluent le service. Les salaires étant relativement élevés, le « tip » n’est jamais exigé, même si un petit geste pour un service exceptionnel est apprécié. L’eau du robinet est gratuite, d’une pureté remarquable, et servie spontanément dans quasiment tous les restaurants.

Enfin, une précision rassurante pour les nouveaux venus : l’absence de mot exact pour « s’il vous plaît » en islandais ne signifie pas un manque de politesse. L’usage de « takk » (merci) reste central, notamment pour remercier l’hôte ou le cuisinier.

Les plats emblématiques à connaître

Pour ne pas se perdre dans les cartes — et éviter de dire oui à un plat sans trop savoir de quoi il s’agit — quelques repères s’imposent.

L’agneau, colonne vertébrale de la cuisine

L’agneau islandais est partout. Les moutons paissent en liberté sur des prairies d’herbes sauvages, de baies, d’angélique ou même d’algues, ce qui donne une viande étonnamment tendre et peu forte.

Dans les maisons, le classique des dimanches reste le gigot (lambalæri), servi avec pommes de terre, petits pois en conserve, chou rouge mariné et sauce brune. En plein hiver, l’agneau fumé (hangikjöt), littéralement « viande pendue », occupe le centre des tables de Noël, servi chaud avec béchamel, pommes de terre et laufabrauð (fine galette frite), ou froid sur du pain plat (flatkaka).

Exemple :

La kjötsúpa est une soupe de mouton emblématique de l’Islande, préparée avec des morceaux d’agneau (souvent gras et rustiques), des carottes, du rutabaga, des pommes de terre, et parfois de l’orge ou des herbes, le tout longuement mijoté. On peut la déguster dans des restaurants de campagne ou en ville, ainsi que dans des établissements comme le Café Loki à Reykjavík ou le Vogafjós près du lac Mývatn.

Poisson, langoustine et harðfiskur

Avec une industrie halieutique dominante, il est presque plus difficile de ne pas manger de poisson en Islande. La morue et le haddock sont omniprésents, mais on trouve aussi l’Arctic char (bleikja), la lotte, le saumon ou encore la raie.

Le plokkfiskur est un incontournable pour comprendre la « comfort food » locale : purée de pommes de terre, poisson émietté (souvent morue ou haddock), oignons et sauce blanche, parfois relevée de ciboulette, de curry ou de fromage, servis avec du pain de seigle (rúgbrauð) et du beurre. Des adresses comme Messinn à Reykjavík en ont fait une spécialité familiale, servie à la poêle.

Autre classique : le harðfiskur, poisson séché au vent et au froid depuis l’époque viking, aujourd’hui dégusté en lamelles avec du beurre. On le trouve dans tous les supermarchés, mais aussi au marché aux puces Kolaportið.

Bon à savoir :

La côte sud de l’Islande, notamment Höfn, est réputée pour sa langoustine (humar). Des restaurants emblématiques comme Fjöruborðið à Stokkseyri, Pakkhús et Humarhöfnin à Höfn proposent des spécialités à base de ce crustacé, telles que la soupe de langoustine et les queues sautées au beurre à l’ail.

Skyr, pains noirs et pâtisseries

Le skyr, techniquement un fromage frais mais consommé comme un yaourt hyper protéiné, accompagne petits-déjeuners, desserts et collations. Il sert de base à des panna cotta modernes, comme celles préparées lors des cours de cuisine de Salt Eldhús, ou simplement servi avec des baies fraîches et un filet de miel en été.

Le pain de seigle (rúgbrauð), quant à lui, est dense, très sombre, légèrement sucré, proche d’un pumpernickel. Traditionnellement, on l’enfouissait dans le sol près d’une source chaude pour le cuire à chaleur géothermique — une pratique que certains lieux, comme Vogafjós à Mývatn, perpétuent encore. Ce pain se déguste avec du beurre, du saumon fumé, du hareng mariné ou du hangikjöt.

Exemple :

Les viennoiseries et pâtisseries danoises incluent des spécialités comme le vínarbrauð (un feuilleté à la crème), les kleinur (des beignets torsadés), le snúður (un roulé à la cannelle nappé de glaçage), ainsi que des gâteaux de fête tels que la vínarterta (un gâteau à étages fourré à la confiture de prune) et la randalín.

Street food et « spécialités de courage »

Il est impossible d’évoquer la gastronomie islandaise sans mentionner la hot-dog, une institution. Le pylsa ou pylsur, mélange de porc, bœuf et agneau, se commande « ein með öllu » (un avec tout) : oignons crus, oignons frits, ketchup légèrement sucré, moutarde douce et rémoulade. Le stand Bæjarins Beztu Pylsur, à Reykjavík, revendique le titre de meilleure saucisse de la ville.

Dans un registre plus extrême, le fameux hákarl, requin fermenté six mois pour éliminer ses toxines naturelles, trône sur les buffets de Þorrablót, fête de mi-hiver. On le consomme en minis cubes, souvent avec un shot de Brennivín, l’aquavit local parfumé au carvi, surnommé « Black Death ». D’autres spécialités de cette saison — sour testicles de bélier, tête de mouton, slátur — sont plus facilement appréciées comme expérience culturelle ponctuelle que comme habitudes quotidiennes.

La révolution « New Nordic » : quand l’Islande se met au gastro vert

Depuis une quinzaine d’années, Reykjavík s’est imposée sur la carte de la cuisine nordique créative. Pour un expatrié, ces tables sont des laboratoires idéals pour découvrir les produits locaux sous un jour contemporain, souvent plus accessible au palais moderne.

Dill, pionnier étoilé

Dill, à Reykjavík, est le symbole de cette révolution. Premier restaurant islandais à décrocher une étoile Michelin, il affiche également une étoile verte pour son engagement environnemental. Le chef Gunnar Karl Gíslason y propose des menus dégustation de cinq ou sept plats entièrement centrés sur des ingrédients islandais : poissons, agneaux en liberté, herbes sauvages, légumes de serres géothermiques, produits laitiers comme le skyr ou le brunost islandais (fromage de petit-lait).

La démarche n’est pas de revisiter à la lettre les plats paysans, mais de composer une cuisine qui « raconte l’Islande » : minimaliste dans le dressage, très technique dans les cuissons et les fermentations, profondément ancrée dans le paysage. Pour un expatrié, un repas chez Dill équivaut presque à un cours accéléré de géographie culinaire du pays.

Fine dining réinventé : de Moss à ÓX

La montée en gamme ne s’arrête pas là. Moss, le restaurant gastronomique du Blue Lagoon, propose un menu de saison et une cave impressionnante, avec une table du chef au cœur de la cuisine pour une expérience immersive. À Reykjavík, ÓX pousse l’intimité à l’extrême : 17 places cachées derrière un bar à cocktails, 20 plats servis par trois chefs, tous centrés sur des produits islandais. L’idée : un dîner-spectacle entièrement dédié au terroir.

Le restaurant Brút, installé dans l’un des plus beaux bâtiments de la capitale, se concentre sur les poissons et fruits de mer. Sa cuisine reste ancrée dans les produits du jour, avec une superbe carte des vins.

Ragnar Eiríksson, ancien chef de Dill et premier Islandais étoilé Michelin

New Nordic en chaudron de verre

Les serres géothermiques ne servent pas qu’à produire des tomates ou des concombres. À Hafnarfjörður, Sól Restaurant occupe une serre vitrée dominant la mer. La table propose une cuisine New Nordic locavore : agneau islandais, Arctic char, assiettes végétariennes inventives, cocktails créatifs. Le décor — plantes, vue sur l’océan, lumière naturelle — raconte à lui seul la relation intime entre agriculture de serre, énergie renouvelable et gastronomie.

Exemple :

Située près du Cercle d’Or en Islande, Friðheimar est une ferme familiale qui cultive des tomates toute l’année dans des serres chauffées par géothermie. Les visiteurs peuvent y déjeuner au milieu des plants, avec une carte entièrement dédiée à la tomate (soupe à volonté, pâtes, cocktails, confitures), tout en découvrant les installations de production.

Quand la haute cuisine parle aussi aux végétariens

Au fil des ans, la scène fine dining islandaise a intégré les attentes des végétariens et vegans. Dill propose des menus adaptés, tout comme des adresses comme Kol (près de Hallgrímskirkja), qui s’affiche comme un restaurant de fusion islandaise moderne : filet d’agneau, mais aussi propositions végétariennes et véganes, le tout accompagné d’une carte de cocktails créatifs et d’un brunch « bottomless » le week-end.

Sól, Grillmarket, Fish Market ou encore Rub23 à Akureyri (mariage de fruits de mer islandais et de techniques asiatiques) sont également habitués à travailler des légumes et plantes locales en plats principaux, pas seulement en accompagnement.

Explorer la cuisine islandaise du nord au sud

L’un des atouts majeurs de vivre en Islande, c’est la possibilité d’explorer des tables profondément enracinées dans leurs paysages, des fjords de l’Ouest à la côte est, en passant par le Nord et la Péninsule de Snæfellsnes. Pour un expatrié, ces escapades culinaires sont autant d’occasions de comprendre les régions… et les gens.

Reykjavik : du plus traditionnel au plus pointu

Dans la capitale, l’offre est incroyablement variée pour une ville de cette taille. On peut, dans la même journée, déjeuner d’un plokkfiskur à Café Loki (juste à côté de Hallgrímskirkja), grignoter des harengs et du ragoût de poisson au Settlement Center Restaurant lors d’une excursion à Borgarnes, puis terminer par un menu dégustation chez Dill ou Fish Market.

Le panorama de quelques adresses emblématiques montre bien cette diversité, entre cuisine islandaise pure, fusion, street food et options veg* :

Type d’expérienceAdresseSpécialité mise en avant
Tradition pur jus3 FrakkarBaleine, macareux, requin, plats « durs » islandais
Bistro moderneOld Iceland RestaurantAgneau, cabillaud, char, options véganes, desserts rhubarbe & kleinur
Street food icelandaiseBæjarins Beztu PylsurPylsa með öllu (hot-dog complet)
Cuisine de la mer haut de gammeFish MarketFruits de mer islandais twistés par des influences japonaises
New Nordic créatifSkál!Petites assiettes locales, Bib Gourmand Michelin
Café traditionnelCafé LokiPlokkfiskur, soupe d’agneau, glace au pain de seigle, requin fermenté
Fast-food gourmetLe KocKBurgers et wings avec ingrédients locaux, excellent burger vegan
Bar-restaurant identitaireIslenski BarinnSoupe d’agneau, plokkfiskur, baleine, renne, requin
Cuisine moyen-orientale fusionSümacIngrédients islandais + épices du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
Hot-dogs originauxVíkinga PylsurHot-dog d’agneau effiloché, sauce béarnaise, oignons croustillants

Le tout est complété par des concepts de cuisine indienne (Austur-Indiafjelagid), mexicaine (La Poblana, Tres Locos), tapas à l’islandaise (Tapas Barinn), brasseries contemporaines (Apotek Kitchen + Bar, Solon Islandus), bars à soupes (Svarta Kaffið) ou encore cantines décontractées comme Reykjavik Kitchen ou Hresso, où l’on peut tout autant commander une soupe de poisson que tester tête de mouton ou requin fermenté.

Bon à savoir :

L’école Salt Eldhús propose des ateliers « Cook & Dine » en anglais pour apprendre la cuisine islandaise. Le cours comprend la préparation d’un menu en trois temps (ex. : omble chevalier, gigot rôti, panna cotta au skyr) et la dégustation de produits locaux comme du pain de seigle maison, du poisson séché, de l’agneau fumé et des bières artisanales. C’est une expérience pratique pour découvrir les ingrédients et techniques culinaires d’Islande.

Côte sud et Golden Circle : fermes, bistrots et langoustines

En sortant de la capitale, la côte sud et le Cercle d’Or offrent un concentré de paysages… et de bonnes adresses.

À Hveragerði, The Greenhouse et Mathöll Suðurlands proposent des food halls où se côtoient pizza, cuisine locale moderne, options végétariennes et glaces. Plus loin, près de Skógafoss, Hótel Skógafoss Bistro Bar sert une soupe poireaux-pommes de terre crémeuse décrite comme « perfection réconfortante » : une illustration du rôle des soupes veg-friendly pour ceux qui évitent la viande.

Sur la route de Vík, des haltes comme Eldsto Art Café (galerie-café-bistrot-guesthouse) ou les restaurants Sudur Vik et Halldorskaffi permettent de trouver pizzas, pâtes et plats européens au milieu des paysages de sable noir.

Plus à l’est, à Höfn, la langoustine devient un art de vivre, entre Pakkhús installé dans un ancien entrepôt et les festivités de Humarhátíð, le festival annuel du homard à la fin juin. Les restaurants y déclinent soupes, queues grillées et plats de poissons selon l’arrivage.

Fjords de l’Ouest et Snæfellsnes : royaume du poisson

Au nord-ouest, les fjords de l’Ouest abritent des perles souvent considérées comme les meilleurs restaurants de poisson du pays. À Ísafjörður, Tjöruhúsið, dans une maison historique, fonctionne sans carte : le soir, un buffet de grandes poêles fumantes propose uniquement ce que la mer a offert dans la journée. Les réservations sont indispensables, avec deux services par soir.

Restaurants de la péninsule de Snæfellsnes

Découvrez des établissements mettant en valeur les produits locaux dans des cadres exceptionnels.

Sker à Ólafsvík

Mets en avant la pêche locale, tout en proposant burgers et steaks.

Snjófell

Sert soupes de la mer, agneau et plats végétariens avec vue panoramique sur l’océan, au pied du Snæfellsjökull.

Stykkishólmur, petite ville de la baie de Breiðafjörður, concentre deux adresses emblématiques : Narfeyrarstofa, dans l’une des plus anciennes maisons en bois, et Sjávarpakkhúsið, ancien entrepôt de fruits de mer devenu restaurant créatif. Ce dernier mise sur moules au vin blanc, coquilles Saint-Jacques, soupes de poisson robustes et petites assiettes à partager, le tout avec bière artisanale et vue sur le port.

Plus à l’ouest, Bjargarsteinn Mathús à Grundarfjörður, dans une maison centenaire, marie agneau et poisson locaux avec influences internationales, face à la montagne emblématique Kirkjufell.

Nord et Nord-Est : fjords, sushi islandais et ferme-café

Au nord, Akureyri incarne une forme de capitale culinaire régionale. Strikið, en rooftop, propose vue sur fjord, plats copieux d’agneau et de poisson et options végétariennes créatives, à des tarifs jugés raisonnables pour l’Islande. Rub23, lui, s’est fait une réputation en combinant poissons islandais et techniques asiatiques, notamment un large choix de sushis et de plats aux épices.

Plus loin, Siglufjörður perpétue l’héritage du hareng, célébré chaque année par le festival Síldarævintýri. Le restaurant Siglunes, dans l’hôtel du même nom, surprend avec une touche marocaine : tajines d’agneau, de poisson et de légumes, le tout dans un cadre intimiste très bien noté.

Exemple :

Autour du lac Mývatn, Vogafjós Farm Resort est souvent cité comme l’une des meilleures expériences « farm-to-table » d’Islande. Les clients dînent dans une ancienne étable vitrée avec vue directe sur les vaches. Le menu typique comprend de la soupe d’agneau, de la truite fumée, des fromages locaux et du pain de seigle cuit sous terre dans les roches volcaniques, offrant une immersion totale dans la production locale.

Plus au nord-est, Húsavík, en plus de ses sorties baleines, accueille Gamli Baukar sur le port, restaurant de poissons et de plats de saison avec belle carte de bières et vins.

Fjords de l’Est : maisons de mer et art contemporain

La côte est, plus sauvage et moins fréquentée, recèle plusieurs adresses intimement liées à l’histoire maritime et minière. Eskifjörður abrite Randulff’s Sea House, ancienne maison de pêche de 1890 transformée en restaurant-musée. On y sert cuisine islandaise copieuse, poissons frais, renne, requin fermenté, poisson séché, hareng mariné, le tout entouré d’artefacts maritimes et avec vue sur le fjord.

À Seyðisfjörður, l’Aldan Hotel & Restaurant, sur la rue principale, illustre à merveille la tendance New Nordic appliquée à l’Est : ingrédients locaux, poissons fraîchement pêchés, présentation soignée, déco chaleureuse et café au lait d’avoine impeccablement exécuté. À quelques pas, Skaftfell Bistro, dans un bâtiment en bois de 1907 abritant aussi un centre d’art, joue la carte bistrot : plats islandais et internationaux roboratifs, petites assiettes, pizzas et desserts, dans une ambiance décontractée et créative.

Non loin de là, Egilsstaðir rassemble deux lieux-phare : Nielsen Restaurant, dans la plus vieille maison de la ville, qui sert agneau, poisson et légumes du jardin dans un cadre chaleureux, et Salt Café & Bistro, une adresse simple et familiale au long menu (pizzas, burgers, salades, raviolis vapeur) idéale pour le déjeuner.

En continuant vers le sud-est, Berunes Restaurant, adossé à une auberge HI près de Djúpivogur, organise un service de dîner saisonnier : truite fraîche, agneau, pains maison, toujours avec vue sur le fjord.

Vivre et cuisiner islandais au quotidien

Au-delà des restaurants, la manière la plus durable — financièrement et écologiquement — de s’ancrer dans la gastronomie locale passe par les supermarchés, les marchés de producteurs et la cuisine à la maison.

Supermarchés : où faire ses courses et quoi y trouver

Le pays dispose d’un réseau dense de chaînes aux profils très distincts. Pour un expatrié, les identifier permet d’optimiser budget et qualité.

ChaînePositionnementPoints forts pour expatriés
BónusDiscount nationalPrix bas, produits de base, fruits et légumes, options santé (céréales complètes, lactose free)
KrónanBon rapport qualité/prixLarge choix, accent sur produits bio, sans conservateurs, vegans ; soutien aux petits producteurs locaux
NettoSupermarché mixtePrésent dans plusieurs régions, y compris à l’Est ; parfois ouvert 24/7, ventes en ligne
HagkaupHypermarché haut de gammeImmense choix (alimentation, vêtements, cosmétiques), bonnes options locales et bio, horaires étendus
KrambúðinProximitéPrésente dans de petites villes, pratique en zones rurales (prix plus élevés)
10/11Convenience 24/24Snacks, boissons, plats prêts à consommer, plus cher mais utile en heures tardives
MelabúðinÉpicerie indépendanteTrès bonne boucherie/poissonnerie, produits islandais pointus (svið, spécialités)

À Reykjavik, on trouve en plus des boutiques spécialisées : Vegan búðin (100 % vegan), magasins asiatiques et méditerranéens, épiceries fines comme Taste of Iceland (pains, poissons fumés, épices, spécialités).

Côté produits, malgré le climat, plus de la moitié des légumes consommés en Islande sont cultivés localement, souvent en serres chauffées à la géothermie, sans pesticides, avec parfois recours à des insectes pour la lutte biologique ou à l’aquaponie. Le consommateur moyen peut ainsi trouver :

Produits alimentaires islandais

Découvrez la diversité des produits disponibles en Islande, alliant modernité, tradition et adaptation au climat.

Laitages et alternatives

Laitages variés incluant le Skyr, ainsi que des alternatives végétales comme les boissons, fromages et yaourts vegans.

Viandes et poissons

Viandes locales (agneau, cheval, porc, volaille) et une grande variété de poissons frais.

Légumes et racines

Légumes de serres (tomates, concombres, poivrons, herbes) et racines (pommes de terre, carottes, rutabagas).

Produits traditionnels

Produits emblématiques et emballés comme le harðfiskur, le hangikjöt, le slátur, le hákarl et le pain de seigle.

Les prix restent élevés par rapport à beaucoup de pays d’Europe, mais les produits végétaux (lait d’avoine, fromages végétaux, simili-carnés) ne sont pas systématiquement beaucoup plus chers que leurs équivalents animaux, sous réserve des marques.

Marchés, fermes et circuits courts

Pour mieux comprendre la matière première islandaise, quelques lieux méritent l’attention :

Ljómalind Farmer’s Market, dans l’ouest, vend céramiques, laines, confitures, thés et viandes issues de fermes locales.

Urta Islandica, à Keflavík et Hafnarfjörður, transforme des herbes et fruits islandais en thés, sirops, sels aromatisés, confitures.

– Vallanes Farm (Móðir Jörð), près d’Egilsstaðir, cultive en bio plus de 100 variétés de céréales, légumes et plantes, transformées en huiles, pains, céréales, légumes en pickles.

– Sólheimar, éco-village, associe cantine biologique (Græna Kannan), marché Vala et ateliers d’artisanat.

Bon à savoir :

En Islande, le mouvement Slow Food est actif avec des communautés à Reykjavík et Höfn. Il promeut des produits locaux et traditionnels tels que le sel géothermique des fjords de l’Ouest, les algues de Breiðafjörður (söl/dulse), les fromages, les produits de la mer et des légumes oubliés comme le fjörukál (chou côtier).

Bien gérer son budget alimentaire

La nourriture en Islande coûte cher, surtout si l’on multiplie les restaurants. Pour un expatrié, quelques stratégies simples changent la donne :

privilégier Bónus et Krónan pour les grosses courses,

– cuisiner chez soi la majorité des repas, en réservant les restaurants à quelques occasions ciblées (menus déjeuner, street food, adresses « must »),

– acheter l’alcool au duty-free de l’aéroport ou dans les magasins d’État Vínbúðin (hors restaurants),

– toujours avoir dans la voiture ou le sac des snacks (fruits secs, barres, pain, skyr) pour les longues distances où stations-services et restaurants se font rares,

– utiliser les supermarchés en ville pour préparer des pique-niques lors des road trips.

Végétariens, véganes et flexitariens : manger local sans viande

Contrairement aux clichés, il est devenu nettement plus facile ces dernières années de vivre vegan ou végétarien en Islande, surtout à Reykjavik. La communauté vegane a lancé un site web, une application dédiée, et la capitale compte même un supermarché 100 % végétal. La pratique du « Veganuary » a trouvé son public, et de nombreux restaurants proposent au minimum une option végétarienne, souvent vegane.

Bon à savoir :

Les soupes végétaliennes (tomate, légumes, lentilles) sont fréquentes au menu. Les cafés proposent quasi systématiquement du lait d’avoine. De nombreux plats traditionnels peuvent être adaptés : pain de seigle, laufabrauð, salades de betteraves, chou rouge confit, desserts à la rhubarbe et ragoûts de rutabaga.

Pour ceux qui veulent néanmoins « goûter à l’Islande » sans consommer de chair, de nombreux restaurants New Nordic ou bistrots inventifs, de Grillmarket à Eyri Restaurant au nord (qui sert à la fois cuisine islandaise classique et versions véganes avec produits locaux), savent créer des assiettes végétales ambitieuses : choux caramélisés, sauces au petit-lait (ou alternatives), champignons d’automne, herbes marines, céréales de Vallanes, etc.

Fêtes, saisons et calendrier gourmand

Vivre en Islande, c’est aussi rythmer son année par les fêtes et les saisons culinaires.

Exemple :

La gastronomie islandaise suit un rythme saisonnier marqué. L’hiver est dominé par les fêtes de Jól (Noël) et du Þorrablót, avec des plats comme le hangikjöt (agneau fumé), le laufabrauð (pain feuilleté), le jólagrautur (riz au lait), la soupe de homard, et le skata (raie) pour la Þorláksmessa. En février-mars, les célébrations de Bolludagur, Sprengidagur et Öskudagur apportent pâtisseries et ragoûts. Le printemps voit la pêche à la truite et l’arrivée des légumes de serre. L’été, sous le soleil de minuit, est la saison des barbecues d’agneau, des langoustines grillées, des baies sauvages et des festivals culinaires. L’automne, marqué par les réttir (rassemblement des moutons), ramène les soupes d’agneau, le gibier, les champignons et les conserves.

Ce calendrier, combiné à une production très dépendante des saisons (légumes, baies, champignons, poissons migrateurs), donne à chaque période de l’année une couleur gastronomique différente. Pour un expatrié, s’y adapter et en profiter fait partie intégrante de l’intégration.

En guise de boussole culinaire

S’installer en Islande, ce n’est pas seulement apprendre à prononcer « rúgbrauð » ou « kjötsúpa ». C’est se familiariser avec une histoire de survie et d’inventivité, comprendre que la fermentation et le fumage ne sont pas des bizarreries folkloriques, mais des solutions à un climat extrême, et accepter que la cuisine locale peut être à la fois très rustique et ultra sophistiquée.

C’est aussi réaliser que l’Islande moderne est bien plus qu’un pays de viande et de poisson : serres géothermiques, scene veggie croissante, initiatives Slow Food, écoles de cuisine ouvertes aux étrangers, restaurants qui traitent le champignon, la rhubarbe ou l’algue avec autant de respect que l’agneau.

Pour un expatrié, la meilleure stratégie consiste sans doute à avancer par cercles concentriques : commencer par les soupes, le skyr, les poissons grillés et le pain de seigle ; explorer ensuite les bistrots traditionnels et les adresses New Nordic ; s’immerger enfin dans les buffets de Þorramatur ou les expériences gastronomiques extrêmes comme ÓX ou Moss. Le tout, en gardant toujours un œil curieux sur les étals des fermes, des marchés et des supermarchés, car c’est là, au quotidien, que se lit le mieux la vraie gastronomie islandaise.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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