La vie nocturne en Islande : où sortir le soir

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La nuit tombe, le vent souffle, et les rues se remplissent peu à peu de silhouettes emmitouflées… La vie nocturne en Islande ne ressemble à aucune autre. Entre bars survoltés de Reykjavík, concerts intimistes, bains géothermiques à la lumière des aurores boréales et fêtes sous le soleil de minuit, sortir le soir sur l’île est une expérience à part entière. Encore faut‑il savoir où aller, à quelles heures, et à quoi s’attendre.

Bon à savoir :

La nuit islandaise offre plus que des bars et des clubs. Pour une expérience authentique, découvrez les quartours animés, les établissements préférés des locaux, ainsi que les activités nocturnes alternatives à la simple sortie en boîte.

Comprendre la nuit islandaise

Sortir le soir en Islande demande déjà de comprendre un élément clé : ici, tout commence tard. Les Islandais ont l’habitude de pratiquer le fyllerí, c’est‑à‑dire de boire entre amis à la maison ou dans un bar calme pendant l’happy hour, avant de se lancer dans la grande tournée nocturne. L’alcool est cher, et les bouteilles ne se vendent que dans les magasins d’État Vínbúðin pour ce qui dépasse 2,25 % d’alcool : pré‑boire permet donc d’alléger la facture.

Exemple :

À Reykjavík, la vie nocturne démarre tard. Les premiers verres en centre-ville se prennent rarement avant 22h, et les habitants se rendent sur l’artère principale, Laugavegur, vers minuit ou plus tard. L’ambiance culmine entre 1h et 3h du matin, avec des bars bondés et des rues animées. Les week-ends, de nombreux établissements restent ouverts jusqu’à 4h ou 5h du matin, voire plus tard en été.

La semaine est plus calme, sans être morte pour autant. Lundi et mardi, les soirées se concentrent sur les happy hours et quelques concerts intimistes. Le mercredi, c’est la « nuit des locaux » : les bars sont vivants, mais pas bondés, idéal pour discuter ou observer le quotidien islandais. Le jeudi marque le début du week‑end : la musique monte d’un cran, les pistes se remplissent, et on commence à enchaîner les adresses dans un runtur, cette tournée de bars typiquement islandaise.

L’été, la fête sous le soleil de minuit

Entre la fin mai et le mois d’août, la nuit ne tombe presque plus sur une grande partie du pays. On sort d’un club à 4 h du matin en pleine lumière, on boit un dernier verre sur une terrasse alors que le soleil rase l’horizon, on danse dans la rue après un concert en plein air. Ce phénomène de « midnight sun madness », littéralement la folie du soleil de minuit, donne aux soirées d’été une énergie inépuisable.

10-15

Il s’agit de la température douce, en degrés Celsius, qui règne à Reykjavík en été et attire de nombreux visiteurs.

Au cœur de l’été, les soirées se font aussi en extérieur : rooftops, patios, beer gardens et même plage géothermique. À Nauthólsvík, la plage chauffée de Reykjavík, il n’est pas rare d’assister à un feu de camp en fin de soirée, avec musique, baignades dans les bassins tempérés et discussions les pieds dans le sable.

Tableau – Ambiance nocturne selon les saisons

SaisonLumière & rythmeAmbiance dominanteAtouts pour sortir
Été (juin–août)Soleil de minuit, quasi 24 h de jourTrès énergique, festive, beaucoup d’extérieursFestivals, rooftops, terrasses, bar‑hopping jusqu’à l’aube
Hiver (nov.–mars)Nuits très longues, parfois 20 h d’obscuritéPlus intime, cocooning, concerts en salleAurores boréales, bars chaleureux, jazz, cocktails, iceland Airwaves
Inter‑saison (avril–mai & sept.)Jour/nuit équilibrésMix entre énergie et sérénitéMoins de foule, bonnes chances météo, prix plus doux

L’hiver, entre bars cosy et aurores boréales

D’octobre à mars, l’ambiance change complètement. Les longues nuits et le froid invitent à se réfugier dans des lieux chaleureux : bars feutrés, petites salles de concert, cafés qui se transforment en bars le soir venu. Les bougies, les éclairages doux, les cocktails fumants et les bières artisanales remplacent parfois les grandes tournées de bars sous le soleil. On discute plus, on écoute des groupes locaux, on savoure l’atmosphère.

Astuce :

L’hiver est la saison idéale pour observer les aurores boréales en Islande. De nombreux visiteurs combinent un dîner ou des verres à Reykjavík avec un tour organisé pour « chasser » les lumières du nord, généralement entre 21 h et 2 h du matin. Ces excursions sont souvent guidées par des experts qui surveillent les prévisions de l’office météorologique. Certains circuits incluent des prestations comme du chocolat chaud, des couvertures et des arrêts dans des lieux emblématiques tels que le parc national de Þingvellir ou la péninsule de Reykjanes.

Le mois de novembre est particulièrement apprécié : il reste relativement calme niveau fréquentation, mais offre de belles nuits sombres pour l’observation des aurores, des activités comme la randonnée sur glacier ou la visite de grottes de glace, et un avant‑goût des festivités de décembre.

Les grands temps forts de l’année

Au-delà du simple week‑end, certaines périodes transforment l’Islande en gigantesque terrain de jeu nocturne.

Reykjavík Culture Night, en août, en est un bon exemple. Cette journée‑soirée, qui s’étend de midi à minuit, remplit le centre de spectacles de rue, de concerts, de performances de danse, de food trucks et de feux d’artifice. Bars et cafés restent ouverts tard, beaucoup organisent leur propre programmation, et le centre devient piéton pour l’occasion.

Attention :

L’hiver, le festival Iceland Airwaves anime Reykjavik en investissant divers lieux (cafés, bars, librairies, salles) pour présenter des artistes émergents et internationaux, offrant des expériences musicales variées, des petits concerts intimistes aux grands spectacles à Harpa, jusqu’aux sets de DJ improvisés en fin de soirée.

Le Nouvel An est une autre expérience inoubliable. Les habitants achètent leurs feux d’artifice auprès de stands qui financent les équipes de secours, et le ciel s’embrase littéralement entre environ 22 h 30 et 2 h du matin. On dîne entre amis ou en famille, puis on sort autour des bûchers, avant de finir la nuit dans les bars du centre.

Reykjavík, cœur battant de la nuit islandaise

Impossible de parler de vie nocturne en Islande sans se concentrer sur la capitale. Reykjavík rassemble plus de la moitié de la population du pays et concentre bars, clubs, salles de concert et cafés‑bars dans un centre‑ville très compact et parfaitement praticable à pied.

Vie nocturne à Reykjavik

Découvrez les quartiers animés et les différents types d’établissements qui font vibrer la capitale islandaise après la tombée de la nuit.

L’artère principale

La rue Laugavegur, épicentre de l’animation, concentre pubs, bars à cocktails, clubs et restauration rapide ouverts jusqu’à tard.

Les ruelles adjacentes

Les rues perpendiculaires comme Bankastræti ou Klapparstígur cachent des adresses plus discrètes : caves transformées en clubs ou bars à thème.

Sur Hverfisgata, l’ambiance est un peu plus underground, avec des adresses branchées musique électronique ou scènes alternatives. Austurstræti, de son côté, tend vers un style plus chic : bars à cocktails soignés, décor travaillé, clientèle un peu plus habillée.

Tableau – Principales zones de sortie à Reykjavík

Zone / RueStyle généralPour quel type de soirée ?
LaugavegurRue principale, très animée, bars collés les uns aux autresBar‑hopping, soirées très festives, observation du runtur
HverfisgataVibe alternative, clubs électro, lieux plus discretsTechno, house, ambiances indé et créatives
AusturstrætiBars plus chic, certains clubs, pubs connusCocktails, musique commerciale, soirées habillées
Autour de Bergstaðastræti & KlapparstígurBars intimistes, cafés‑bars, clubs historiquesSoirées plus locales, live DJ, discussions et danse
Zone du vieux port & GrandiBars de brasseries, restaurants, lieux culturelsDîner + bière artisanale, concerts, début ou fin de soirée plus calme

Les bars à ne pas manquer

Les établissements de Reykjavík se renouvellent vite, mais certains noms reviennent sans cesse dans les recommandations des habitués. Ils illustrent aussi la diversité de la scène locale : rock, craft beer, LGBTQIA+, cocktail chic ou dive bar à l’ancienne.

Elly Bar et Litli Barinn, la scène « de quartier »

Sur Laugavegur, Elly Bar attire une clientèle variée avec sa cuisine d’inspiration mexicaine – tacos, burritos, options vegan – et ses cocktails créatifs. Le Gin & Tonic revisité maisons, infusé au romarin, à la menthe et à l’orange, fait partie des incontournables. La journée, l’endroit reste plutôt tranquille, idéal pour un déjeuner tardif. En soirée, l’atmosphère se transforme avec karaoké, soirées piano où tout le monde chante, concerts live et une belle sélection d’une dizaine de bières locales à la pression. Ouvert tous les jours jusqu’à 1 h (2 h le vendredi et le samedi), c’est un excellent point de départ pour la nuit.

Plus discret, Litli Barinn se niche dans le quartier de Ranargata. Ce bar‑restaurant misant sur les produits locaux propose des petites assiettes soignées, une carte de cocktails sérieuse, une sélection de vins et bières et une particularité : ici, on passe uniquement de la musique islandaise. L’ambiance reste posée, presque intimiste, avec une fermeture relativement tôt (en général vers 22 h 30), parfait pour un début de soirée avant de repartir vers Laugavegur.

Litli Barinn, bar-restaurant à Ranargata

Lemmy, le temple du rock et de la bière

À Austurstræti, Lemmy Bar & Live Music Venue occupe l’un des plus anciens bâtiments de la ville, et la déco annonce la couleur : univers rock, affiches, memorabilia, ambiance grinçante mais bon enfant. Les amateurs de houblon y trouvent bonheur : plus de 50 bières à la pression, dont de nombreuses références islandaises, mais aussi une carte de « comfort food » plus qu’assumée : gaufres, fish and chips, saucisses, et même céréales de petit‑déjeuner à volonté.

Ce lieu ne se contente pas de servir à boire : il abrite la seule véritable collection d’arcades classiques de la ville, ce qui renforce son côté terrain de jeu géant pour adultes. Des concerts rock, punk ou metal et des soirées DJ y sont organisés régulièrement. Côté réputation, les notes d’avis en ligne tutoient les sommets, avec une moyenne autour de 4,7/5 sur les principales plateformes.

Bars LGBTQIA+ et bars inclusifs

Reykjavík est considérée comme l’une des capitales les plus LGBTQIA+‑friendly d’Europe. L’épicentre de cette scène se situe sur Laugavegur, dans un bâtiment aux couleurs de l’arc‑en‑ciel où se partagent deux adresses : 22 Bar et Kiki Queer Bar.

22 Bar, ouvert en journée comme en soirée, propose cocktails, bières islandaises et petites choses à grignoter dans une ambiance détendue. Au‑dessus, Kiki Queer Bar prend le relais en mode club avec décoration acidulée, playlists pop et Eurovision, soirées à thème et dancefloor survolté les week‑ends. Pendant la Pride, ces lieux – comme beaucoup d’autres bars – prolongent leurs horaires, organisent des compétitions de drag, des fêtes de rue et des événements spéciaux.

Autre pilier de la scène inclusive, Gaukurinn, sur Tryggvagata, mélange dive bar brut de décoffrage, salle de concert alternative et refuge queer. On y trouve stand‑up en anglais, soirées cinéma, concerts rock ou metal, DJ sets, drag shows et une carte 100 % vegan. L’endroit est réputé pour ses toilettes non genrées et son atmosphère résolument ouverte.

Craft beer et taprooms

Si Reykjavík est célèbre pour ses bars de nuit, elle l’est de plus en plus pour sa scène brassicole. Après la fin de l’interdiction de la bière en 1989, les microbrasseries se sont multipliées : le pays compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de brasseries actives, pour une population d’environ 380 000 habitants. On trouve ainsi en Islande un ratio proche d’une brasserie pour 19 000 personnes, ce qui en fait l’un des pays les plus densément pourvus au monde.

Bon à savoir :

Au centre-ville, MicroBar propose une rotation de bières islandaises et internationales avec des dégustations en « flights ». Non loin, Skúli Craft Bar met à l’honneur les brasseries locales avec 14 bières à la pression et plus de 100 références en bouteille. Son long happy hour de midi à 19h en fait une adresse prisée des amateurs.

La brasserie Ægir, basée dans le quartier du port de Grandi, possède un taproom en centre‑ville, Ægir 101, ouvert récemment. On y boit la production maison, on assiste à des soirées de musique folk ou à des danses traditionnelles Vikivaki. Une autre antenne, Ægir 220, se trouve à Hafnarfjörður, à une quinzaine de minutes de route au sud de la capitale.

Kaldi, pionnière des microbrasseries islandaises, possède aussi son bar sur Klapparstígur, tandis que d’autres brasseries comme Borg Brugghús, Ölverk ou Ölvisholt se visitent lors de circuits plus larges dans le pays, avec dégustations sur place.

Tableau – Quelques bars emblématiques de Reykjavík

ÉtablissementType de lieuParticularités majeuresHoraires indicatifs*
Elly Bar (Laugavegur)Bar & resto festifCuisine mexicaine, karaoké, 10 bières locales à la pression~12 h–1 h (2 h ven./sam.)
Litli BarinnBar de quartierProduits locaux, musique 100 % islandaise~15 h–22 h30
Lemmy BarBar rock & concerts50 bières à la pression, arcades, comfort food~11 h45–23 h ou 2 h selon le jour
MicroBarCraft beer barRotations de bières islandaises et internationalesOuverts fin d’aprèm. jusqu’à tard
Skúli Craft BarCraft beer bar14 pompes, >130 bières, long happy hourMidi–minuit / 1 h

Les horaires varient et peuvent changer, il est prudent de les vérifier avant de sortir.

Clubs et boîtes de nuit : où danser jusqu’au matin

Pour celles et ceux qui veulent vraiment danser, Reykjavík offre plusieurs clubs aux identités bien marquées, surtout autour de Laugavegur, Austurstræti et Hverfisgata. Tous partagent un point commun : l’essentiel de l’action se joue entre minuit et 4 h du matin, avec un afflux massif le vendredi et le samedi.

Exemple :

Le Lux Nightclub présente un style sophistiqué avec un design moderne, des jeux de lumières LED, des tables VIP et des DJs programmant de la house et de la dance grand public. Son atmosphère évoque celle des clubs des grandes capitales, bien que la clientèle conserve une attitude typiquement islandaise pour faire la fête, caractérisée par une approche décontractée et sans prétention.

À quelques rues de là, HAX, installé sur Hverfisgata, s’adresse clairement aux amateurs de musiques électroniques. Le décor est minimaliste, presque industriel, et tout est pensé autour du système son et des lumières. Techno, house, variations plus expérimentales selon les soirées : la programmation s’adresse à un public qui vient d’abord pour la musique.

Auto, logé dans un ancien parking souterrain, joue la carte du club clandestin : on descend un escalier pour entrer dans un espace sans fenêtres, baigné de lumières mouvantes, qui donne l’impression d’entrer dans une autre dimension. Paloma, de son côté, a conquis les noctambules avec son décor de cale de drakkar dans son sous‑sol, ses soirées thématiques et ses invités DJ, islandais comme internationaux.

Pablo Discobar, à Veltusund, mélange bar à cocktails et club latino‑influencé. Décor soigné, clientèle plutôt jeune et branchée, politique d’âge parfois plus stricte (il arrive qu’on n’y entre qu’à partir de 25 ans) : l’adresse séduit ceux qui veulent danser dans une ambiance plus glamour.

Musique live : une capitale de concerts

La vie nocturne islandaise ne se réduit pas aux bars et aux clubs. Reykjavík est aussi le cœur de la scène musicale du pays, avec des milliers de concerts organisés chaque année dans la région. Jazz, blues, rock, folk, électro, classique, expérimental : toutes les variations se retrouvent dans les salles de concert, les cafés, les librairies‑bars et même les disquaires.

Bon à savoir :

Harpa est le principal centre de concerts de la ville, situé en bord de port. Il accueille l’Orchestre symphonique d’Islande, l’Opéra, des grandes productions, mais aussi des concerts de jazz, de musique électronique et de nombreux artistes internationaux. Sa célèbre façade de verre illuminée la nuit est devenue un symbole architectural et un point de repère pour les noctambules.

Plus intimiste, Gamla Bíó – l’« ancien cinéma » – et des lieux comme IÐNÓ ou Tjarnarbíó, au bord de l’étang de Tjörnin, accueillent concerts, jazz nights, jam sessions et spectacles variés. Des endroits moins attendus, comme la librairie‑bar Hús Máls og Menningar sur Laugavegur, programment chaque soir ou presque un groupe « maison », souvent dans un esprit « bookstore band » où l’on reprend des classiques rock et pop avec le public.

Des disquaires comme 12 Tónar ou Lucky Records se transforment eux aussi en mini‑salles de concert, avec des showcases gratuits qui permettent de découvrir des groupes locaux à quelques mètres seulement. Mengi, espace artistique géré par des créateurs, est quant à lui dédié aux musiques plus expérimentales et à la création contemporaine.

Tableau – Types de lieux pour écouter de la musique à Reykjavík

Type de lieuExemplesCe qu’on y trouve
Grande salle de concertHarpa, SalurinnClassique, opéra, jazz, artistes internationaux
Salles / théâtresGamla Bíó, IÐNÓ, TjarnarbíóConcerts pop/rock, jazz, folk, spectacles divers
Bars à musiqueDillon Whiskey Bar, Lemmy, Den Danske KroGroupes locaux, blues, rock, reprises
Librairies & disquairesHús Máls og Menningar, 12 Tónar, Lucky RecordsConcerts intimistes, showcases gratuits
Lieux alternatifsMengi, GaukurinnMusiques expérimentales, metal, drag shows

Au‑delà des bars : activités nocturnes insolites

Sortir le soir en Islande ne se résume pas à boire ou danser. Le pays offre toute une palette d’expériences à vivre après le coucher du soleil – ou du moins quand la montre indique qu’il serait temps de dormir.

L’une des plus prisées reste la chasse aux aurores boréales de septembre à avril. Des circuits partent de Reykjavík en début de soirée et sillonnent les campagnes dans l’obscurité pour atteindre des lieux sans pollution lumineuse. Selon les conditions, il est possible de les observer dès la fin d’après‑midi en plein cœur de l’hiver, mais la fenêtre privilégiée pour en profiter se situe grosso modo entre 22 h 30 et 1 h du matin. Les guides suivent de près les prévisions du bureau météorologique islandais et adaptent les trajets.

Autre grand classique : les bains géothermiques nocturnes. Le Sky Lagoon, tout près de la capitale à Kópavogur, reste ouvert en soirée, avec un bassin à débordement face à l’océan, un rituel en sept étapes (sauna, bain froid, gommage, etc.) et une lumière travaillée. L’iconique Blue Lagoon, entre Reykjavík et l’aéroport, devient beaucoup plus calme en soirée : on y flotte dans des eaux laiteuses chauffées naturellement, parfois sous les étoiles ou dans la lueur des aurores, verre à la main grâce au bar intégré au bassin.

Bon à savoir :

De fin mai à juillet, il est possible de profiter du soleil de minuit pour des randonnées de nuit dans plusieurs régions (Reykjavík, côte sud, péninsule de Snæfellsnes). Des activités nautiques comme le kayak ou l’observation des baleines en soirée sont également organisées, avec des retours souvent après minuit.

Plus insolite encore, la Beer Spa du nord du pays, à Árskógssandur, propose de se plonger dans de grands tonneaux remplis d’eau tiède, de houblon et de levure, avec une tireuse à bière à portée de main. Ou bien le Lava Show, à Reykjavík ou Vík, où l’on peut voir de la lave réelle chauffée à plus de 1 100 °C couler devant soi dans un environnement sécurisé : une sortie atypique, souvent programmée en début de soirée.

Enfin, pour ceux qui veulent rester proches de la capitale mais vivre une nuit différente, les baignades nocturnes dans les rivières chaudes comme Reykjadalur (depuis Hveragerði) ou les feux de camp à Nauthólsvík offrent une ambiance plus nature sans renoncer au confort.

Sécurité, lois et usages : ce qu’il faut savoir

La réputation de sécurité de l’Islande n’est pas usurpée. Reykjavík est considérée comme l’une des capitales les plus sûres au monde, avec un taux de criminalité très bas. Il n’y a pas de « quartiers à éviter » à proprement parler, même si autour de Laugavegur et Austurstræti, les nuits de week‑end peuvent être plus agitées, avec des bagarres alcoolisées ou des vols à la tire occasionnels dans les foules.

Attention :

Dans les bars, il est essentiel de rester vigilant sur ses affaires, d’éviter les conflits et de demander l’aide du personnel en cas de malaise. Les établissements sont généralement réactifs face aux comportements inappropriés, dans une société valorisant le respect et la modestie.

Sur le plan légal, plusieurs points sont cruciaux. L’âge minimum pour acheter de l’alcool est de 20 ans. La limite d’alcoolémie au volant est extrêmement basse (0,05 g/l de sang), et les sanctions peuvent atteindre des amendes très élevées et la suspension du permis. La même règle s’applique à la conduite de trottinettes électriques : rouler en état d’ivresse sur ces engins est traité comme un délit de conduite en état d’ivresse.

Astuce :

L’alcool étant fortement taxé et donc cher, il est conseillé d’en acheter une partie à l’arrivée à la boutique duty free de l’aéroport de Keflavík, où les prix sont plus avantageux que dans les magasins d’État. Pour les consommations sur place, profitez des happy hours, généralement entre 15h et 19h selon les établissements, qui permettent de réduire significativement le coût, par exemple en proposant une pinte à un tarif bien plus abordable que le prix normal.

Côté étiquette, pas besoin de pourboire : les services sont inclus, et les terminaux ne proposent en général pas de ligne de tip. On trinque en regardant les gens dans les yeux, on se présente par le prénom, et l’on évite de se vanter ou de trop s’imposer : la modestie est appréciée. La ponctualité est assez décontractée pour les fêtes – arriver une demi‑heure en retard n’a rien de choquant – mais reste bienvenue pour un dîner réservé.

Se déplacer la nuit

Le centre de Reykjavík est suffisamment compact pour qu’on le parcoure à pied d’un bout à l’autre. La plupart des bars et clubs sont regroupés, ce qui facilite les changements d’ambiance au fil de la nuit. Il n’y a pas de services de type Uber ou Bolt, mais les taxis sont nombreux dans les zones de sortie. Ils restent cependant chers, surtout de nuit.

Bon à savoir :

En semaine, les bus Strætó circulent jusqu’à minuit. Les week-ends, un service de nuit est assuré sur certaines lignes, généralement entre 1h20 et 4h30. Bien que plus chers que le tarif de jour, ces bus nocturnes restent moins onéreux qu’un taxi. Les tickets peuvent être achetés via l’application Klappið ou avec une carte comme la Reykjavík City Card, qui inclut les transports.

Des trottinettes électriques en libre‑service sont également disponibles dans la capitale, louables via des applications dédiées. Il faut cependant garder en tête que les mêmes règles d’alcoolémie qu’en voiture s’appliquent à leur conduite : elles ne sont pas là pour raccompagner les fêtards en état d’ivresse.

Sortir ailleurs qu’à Reykjavík

En dehors de la capitale, la vie nocturne devient plus discrète, mais ne disparaît jamais complètement. La plupart des villes et bourgs ont au moins un pub ou un café‑bar qui sert de point de ralliement. À Akureyri, au nord, des lieux comme Græni Hatturinn, une cave blues très appréciée, programment régulièrement des concerts, tandis que d’autres bars plus modernes brassent bière locale et DJ sets.

Exemple :

Dans les petites villes islandaises comme Vík, la vie nocturne est centrée sur des établissements conviviaux, souvent rattachés à un hôtel ou un restaurant local. Par exemple, le Ströndin Pub à Vík est un endroit typique où les visiteurs peuvent prendre un verre après avoir exploré les plages de sable noir ou les falaises environnantes.

Sur les îles Vestmann, la ville de Heimaey, malgré ses 4 500 habitants environ, propose une scène nocturne à taille humaine, centrée sur des bars où l’on privilégie la conversation et la convivialité à la débâcle. Les excès sont mal vus, et l’ambiance reste familiale, surtout hors grands événements comme les festivals d’été.

Enfin, la bière et les spiritueux islandais se dégustent directement chez certains producteurs. Des distilleries comme Eimverk, qui fabrique le whisky Flóki et des gins comme Vor, ouvrent leurs portes aux visiteurs dans le cadre de tours guidés le soir. Des brasseries comme Bruggsmiðjan Kaldi, avec son Beer Spa dans le nord, ou des microbrasseries régionales (Dokkan dans les Westfjords, Austri dans l’est, Smiðjan à Vík, etc.) complètent la carte des escapades.

L’art de bien vivre la nuit islandaise

Ce qui ressort de toutes ces expériences, c’est que la nuit islandaise ne s’arrête pas aux verres et aux décibels. Elle mêle culture, nature, convivialité et un certain sens de l’improvisation. On peut enchaîner un concert expérimental dans une librairie, une pinte chez un brasseur indépendant, un passage éclair dans un club techno, un hot‑dog chez Bæjarins Beztu à 3 h du matin, puis finir la nuit à regarder le ciel en espérant voir danser les aurores.

Astuce :

Pour profiter pleinement d’une soirée dans les bars, il est conseillé d’adapter ses horaires, en évitant d’arriver trop tôt (comme 21h) surtout le week-end. Il faut également anticiper les changements rapides de météo, même en été, en prévoyant des vêtements en couches et une veste coupe-vent pour les déplacements. Enfin, il est important de garder à l’esprit les lois strictes sur l’alcool au volant et la vente d’alcool, ainsi que le prix élevé des consommations, ce qui rend les happy hours et la modération particulièrement pertinents.

La nuit en Islande est tout à la fois bruyante et douce, démesurée et intime, solaire et polaire. Que l’on vienne pour danser jusqu’au matin sur Laugavegur, pour écouter un quatuor à cordes à Harpa, pour flotter dans un lagon laiteux sous un ciel vert d’aurores, ou pour partager un gin islandais dans un petit bar de quartier, elle garde toujours une part de magie difficile à trouver ailleurs. Sortir le soir en Islande, c’est accepter de se laisser surprendre, de perdre un peu la notion du temps… et de découvrir que la nuit peut avoir mille visages.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :