Poser le pied en Islande, c’est avoir l’impression d’entrer dans un autre monde. Entre glaciers, volcans, plages noires, lagunes d’icebergs, sources chaudes et aurores boréales, le pays accumule les paysages spectaculaires. Beaucoup d’entre eux sont gratuits d’accès, mais souvent éloignés des villes, au bout de routes qui serpentent entre montagnes et champs de lave. Pour organiser un voyage sans rien manquer, mieux vaut connaître les grands itinéraires, les régions phares et les expériences vraiment immanquables.
Comprendre les grands itinéraires : Golden Circle, Côte Sud et Ring Road
Avant de lister les lieux à voir absolument, il est utile de comprendre comment se structure le pays, car la plupart des sites emblématiques s’organisent autour de quelques grands axes routiers.
La capitale, Reykjavík, est le point de départ naturel de la majorité des voyages. Dès que l’on sort de l’agglomération, le trafic disparaît quasiment. La route principale, la Route 1, plus connue sous le nom de Ring Road, fait le tour complet de l’île sur environ 1 300 km. Près de 98 % de ce ruban est asphalté et peut être parcouru avec une simple voiture de location à deux roues motrices, tant qu’on reste sur cet itinéraire principal.
Conduire la Ring Road d’une seule traite, sans arrêt, demanderait entre 10 et 17 heures de route. En réalité, si l’on veut profiter des détours vers les glaciers, les fjords, les plages et les canyons, il faut compter une trentaine d’heures de conduite pure, étalées sur plusieurs jours. Les spécialistes recommandent une à deux semaines pour un tour vraiment confortable, davantage si l’on intègre des régions plus isolées comme les Westfjords.
La route circulaire (Route 1) est structurée par deux parcours incontournables : le Golden Circle, boucle touristique emblématique près de Reykjavík, et la Côte Sud, qui regroupe certains des paysages les plus spectaculaires du pays.
Le Golden Circle, condensé d’Islande à portée de journée
À moins d’une heure de Reykjavík, un circuit d’environ 230 km permet de cocher trois symboles de l’Islande en une seule journée : Þingvellir (Thingvellir) National Park, la zone géothermique de Geysir et la chute de Gullfoss. Les routes y sont bien entretenues, praticables toute l’année, et les agences de la capitale organisent des excursions quotidiennes, été comme hiver.
Ce circuit n’est pas qu’un cliché touristique : il concentre beaucoup de ce qui fait l’essence du pays, entre plaques tectoniques visibles, geysers en éruption, grande cascade glaciaire et site fondateur de la démocratie islandaise. Autour, d’autres arrêts complètent parfaitement l’itinéraire, comme le cratère volcanique Kerið, la petite cascade de Faxafoss, la Secret Lagoon ou encore les bains géothermiques de Laugarvatn Fontana.
La Côte Sud, théâtre de cartes postales
Dans l’autre direction, la Route 1 longe la Côte Sud, une succession de falaises, de plages de sable noir, de glaciers descendant presque jusqu’à la mer, de canyons verts et de cascades monumentales. De Reykjavík au village de Vík, il faut environ deux heures de route, sans compter les arrêts. Poursuivre jusqu’aux lagunes glaciaires de Jökulsárlón et Fjallsárlón transforme ce trajet en un véritable road trip de cinéma.
La région sud de l’Islande concentre une série de sites naturels spectaculaires : les chutes d’eau de Seljalandsfoss et Skógafoss, la plage de sable noir de Reynisfjara et ses colonnes de basalte, la falaise de Dyrhólaey et ses colonies de macareux, le glacier accessible de Sólheimajökull, et enfin le vaste glacier Vatnajökull, le plus grand d’Europe, qui domine des lagunes parsemées d’icebergs.
La Ring Road, colonne vertébrale de tous les grands sites
Au-delà du Golden Circle et de la Côte Sud, la Ring Road relie presque tous les grands paysages du pays. Elle longe les fjords de l’Est, contourne les zones volcaniques du lac Mývatn au nord, traverse les environs d’Akureyri, « capitale du Nord », avant de revenir vers l’ouest et les péninsules spectaculaires comme Snæfellsnes.
Selon la durée du séjour, certains voyageurs se contentent d’un tronçon (par exemple Reykjavík–Vík–Jökulsárlón aller-retour), d’autres font la boucle entière en 7 ou 8 jours (très serré), et les plus prévoyants étalent le voyage sur 10 à 14 jours pour pouvoir s’arrêter dans les lieux vraiment incontournables.
Le tableau suivant résume quelques grandes distances de la Ring Road pour se repérer :
| Tronçon approximatif | Temps de conduite sans arrêt |
|---|---|
| Reykjavík → Vík | ~ 2 h 30 |
| Vík → Höfn | ~ 3 h 30 |
| Höfn → Egilsstaðir | ~ 2 h 45 |
| Egilsstaðir → région du Mývatn | ~ 2 h |
| Mývatn → Akureyri | ~ 1 h 20 |
| Akureyri → Reykjavík | ~ 4 h 30 |
Le Golden Circle : plaques tectoniques, geysers et cascade monumentale
Impossible d’évoquer les sites touristiques incontournables en Islande sans commencer par le Golden Circle, tant cette boucle est devenue un passage obligé des premiers jours de séjour.
Þingvellir, où l’histoire croise la géologie
Premier arrêt habituel : Þingvellir National Park, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. À première vue, on y voit une vaste plaine traversée de falaises et de failles, avec un lac paisible en toile de fond. Mais le décor est bien plus fascinant qu’il n’y paraît.
C’est ici que les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine s’écartent lentement l’une de l’autre, dessinant un véritable fossé sur plusieurs kilomètres. On peut marcher dans la gorge d’Almannagjá, voir les parois sombres de lave refroidie et ressentir physiquement la frontière invisible entre continents. Certaines crevasses sont remplies d’une eau limpide, comme la faille de Silfra, où snorkeling et plongée permettent de flotter littéralement entre deux plaques.
Dès l’an 930, l’Alþingi, l’un des plus anciens parlements du monde, se réunissait ici chaque été. Sur le rocher du Lögberg, le « Rocher de la Loi », les décisions étaient proclamées et les conflits arbitrés. Le lieu cumule valeur géologique et mémoire politique, dans un paysage de forêts de bouleaux et de champs de lave sombres, ponctué de sites comme la petite chute d’Öxarárfoss.
Þingvellir, berceau politique de l’Islande
Geysir et Strokkur, théâtre de l’eau bouillante
Le deuxième pilier du Golden Circle se trouve dans la vallée de Haukadalur : la zone géothermique de Geysir. Le « Grand Geysir » lui-même est aujourd’hui plutôt assoupi, mais son voisin Strokkur assure le spectacle. Toutes les quelques minutes, ce dernier projette une colonne d’eau bouillante à une vingtaine de mètres de hauteur, parfois jusqu’à 30 m, sous les cris d’étonnement des visiteurs.
Le sol est percé d’évents de vapeur, de marmites de boue et de bassins d’eau dont la température peut atteindre 90°C. Il est impératif de rester sur les sentiers pour éviter tout risque de brûlure grave.
Gullfoss, la cascade qui fonce dans le canyon
Dernier grand classique de la boucle : Gullfoss, chute spectaculaire sur la rivière glacière Hvitá. L’eau se jette en deux paliers successifs dans une gorge étroite, le Hvitárgljúfur, sur une hauteur cumulée d’un peu plus de 30 mètres. En été, le débit moyen dépasse les 130 m³ par seconde, ce qui donne une idée de la puissance de l’ensemble.
Les sentiers aménagés offrent différents points de vue sur cette masse d’eau : en surplomb, on a une vision panoramique de la rivière se brisant en deux marches, puis disparaissant brusquement dans la faille. Plus près du bord, les embruns viennent parfois geler en hiver, formant des stalactites sur les parois, même si la cascade ne fige jamais complètement. Par beau temps, des arcs-en-ciel apparaissent régulièrement dans le nuage de gouttelettes.
Autour du Golden Circle : cratères, sources chaudes et serres
En marge de ce trio vedette, plusieurs arrêts secondaires valent largement le détour.
Le cratère Kerið est un exemple d’amphithéâtre naturel aux parois rouge sombre, au centre duquel se trouve un petit lac circulaire. Il est possible d’en faire le tour ou de descendre jusqu’à sa rive pour observer les contrastes de couleurs.
Plus loin, le village de Flúðir abrite la Secret Lagoon, la plus ancienne piscine d’Islande, remplie d’une eau à près de 38–40 °C toute l’année. Loin du luxe des grands complexes, c’est un simple bassin entouré d’herbe, avec un petit geyser qui s’anime toutes les cinq minutes. L’expérience mise sur l’authenticité plutôt que sur le décor instagrammable.
À Laugarvatn, autre bourgade du circuit, les bains géothermiques de Fontana associent bassins chauds de différentes températures, hammams construits juste au-dessus de sources bouillonnantes et baignade possible dans le lac voisin pour un plongeon froid. On y découvre aussi une tradition locale : la cuisson du pain de seigle directement dans le sol chauffé par la géothermie.
Le tableau suivant donne un aperçu comparé de quelques bains géothermiques emblématiques, souvent intégrés aux itinéraires des voyageurs :
| Site de baignade | Région / Itinéraire | Type d’expérience | Prix d’accès de base (ordre de grandeur) | Particularités notables |
|---|---|---|---|---|
| Blue Lagoon | Péninsule de Reykjanes | Spa géothermique emblématique | ~ 90 € | Eau bleu laiteux, complexe hôtelier, luxe |
| Sky Lagoon | Agglomération de Reykjavík | Spa design avec infinity-pool | ~ 7 900 ISK | Vue sur l’océan, rituel en 7 étapes |
| Mývatn Nature Baths | Nord, région du Mývatn | Bassins type « lagon » plus intimistes | ~ 6 490 ISK | Moins touristique, ambiance volcanique |
| Secret Lagoon | Golden Circle (Flúðir) | Piscine historique simple et authentique | ~ 3 300 ISK | Vieux bassin, petit geyser sur place |
| Laugarvatn Fontana | Golden Circle (Laugarvatn) | Bains + hammams + lac | ~ 4 990 ISK | Pain de seigle cuit dans le sol chaud |
| GeoSea | Nord (Húsavík) | Bains d’eau de mer géothermale | Intermédiaire | Vue sur la baie de Skjálfandi, baleines |
| Vök Baths | Est (lac Urriðavatn) | Bassins flottants sur un lac | ~ 6 490 ISK | Plateformes sur l’eau, moitié du prix du Blue Lagoon |
Les cascades emblématiques : de Gullfoss à Skógafoss et Seljalandsfoss
On estime à près de 10 000 le nombre de chutes d’eau en Islande. Certaines, cachées dans des vallées reculées, ne voient presque personne. D’autres sont devenues de véritables icônes tant elles illustrent à elles seules la puissance des éléments islandais.
Seljalandsfoss, l’expérience de passer derrière le rideau d’eau
Située directement le long de la Route 1 sur la Côte Sud, Seljalandsfoss est immédiatement reconnaissable à son filet d’eau qui tombe d’une corniche abrupte de près de 60 m dans le vide. Son originalité tient au sentier qui permet de passer derrière le rideau d’eau, dans une sorte de cavité naturelle creusée dans la falaise, et d’observer le paysage à travers cet écran mouvant.
En été, ce chemin circulaire est accessible, à condition d’accepter d’être copieusement aspergé malgré un imperméable. En hiver en revanche, la glace rend le passage trop dangereux : la partie située derrière la chute est alors souvent fermée. La rivière qui alimente la cascade, Seljalandsá, trouve sa source sur le glacier Eyjafjallajökull, dont le nom reste associé à l’éruption de 2010.
Hauteur en mètres de la cascade Gljúfrabúi, dissimulée au fond d’une gorge étroite en Islande.
Skógafoss, la grande muraille d’eau
Un peu plus loin sur la Côte Sud, toujours le long de la Route 1, Skógafoss impressionne par sa forme presque parfaite : un rideau rectangulaire de 60 m de hauteur pour 25 m de large, qui se déverse à pleine puissance dans un bassin facilement accessible.
Les visiteurs peuvent s’approcher très près de son pied, au prix d’être vite trempés par les embruns. Par temps ensoleillé, des arcs-en-ciel se forment fréquemment au pied de la chute. Pour varier le point de vue, un escalier d’environ 417 marches permet de gagner une plateforme en surplomb, d’où l’on découvre le cours de la rivière Skógá, qui file ensuite vers les hauteurs de l’intérieur des terres.
Skógafoss est aussi liée à un récit populaire : un chef viking y aurait caché un coffre rempli d’or derrière la chute. Selon la légende, la population aurait un jour réussi à saisir l’anneau du coffre, qui se serait ensuite brisé en laissant le trésor hors d’atteinte. Cet anneau serait aujourd’hui conservé au musée folklorique de Skógar, situé à quelques pas de la cascade.
Autres chutes majeures : Godafoss, Dettifoss, Dynjandi, Svartifoss
Si Gullfoss, Seljalandsfoss et Skógafoss figurent dans toutes les listes, d’autres cascades méritent amplement le détour.
La cascade de Godafoss, en Islande, mesure 12 mètres de haut et 30 mètres de large, formant un large fer à cheval. Elle est surnommée « chute des dieux » en référence à un événement de l’an 1000 : selon la tradition, un chef islandais aurait jeté les statues des divinités païennes dans ses eaux pour symboliser la conversion du pays au christianisme.
Plus à l’est, au sein de Vatnajökull National Park, Dettifoss fait figure de mastodonte. Haute d’environ 44 m et large de 100 m, cette chute est souvent considérée comme la plus puissante d’Europe, avec un débit moyen qui avoisine les 193 m³ par seconde. Le grondement y est permanent, et le nuage de gouttelettes se voit de loin.
Dans les Westfjords, la cascade de Dynjandi dévale une falaise en une série de paliers successifs, rappelant la forme d’une grande cape déployée. La marche d’approche permet de passer au pied de plusieurs petites chutes avant d’atteindre le rideau principal.
À Skaftafell, dans la partie sud de Vatnajökull National Park, Svartifoss se distingue par les colonnes de basalte noir qui encadrent son mince filet d’eau. Ces orgues volcaniques ont directement inspiré l’architecte de Hallgrímskirkja, la grande église de Reykjavík, dont la façade reprend la même verticalité.
Plages noires, falaises et lagunes d’icebergs : la Côte Sud en majesté
La Côte Sud est sans doute la portion la plus photogénique du pays, cumulant plages volcaniques, arches rocheuses, promontoires à oiseaux marins, glaciers et lagunes remplies d’icebergs.
Reynisfjara, la plage noire sous surveillance
À quelques kilomètres du village de Vík, Reynisfjara est une plage de sable noir bordée d’impressionnantes colonnes de basalte et d’une grotte, Hálsanefshellir, creusée dans la falaise. Face à la mer se dressent les pics rocheux de Reynisdrangar, assimilés dans le folklore à des trolls pétrifiés par la lumière du jour alors qu’ils tentaient de tirer un navire vers le rivage.
Classée parmi les plus belles plages du monde et célèbre pour avoir servi de décor à des productions comme Game of Thrones, cette plage cache un danger. De puissantes « sneaker waves » (vagues sournoises) peuvent surgir soudainement loin sur le sable et emporter les imprudents vers le large. La baignade y est strictement déconseillée. Les autorités recommandent de surveiller en permanence l’océan et de toujours garder une distance de sécurité importante par rapport à l’eau.
L’érosion y est d’ailleurs un sujet d’inquiétude : une partie de la plage n’était plus accessible à la mi-2026, preuve que le littoral islandais reste un environnement vivant, remodelé année après année.
Dyrhólaey, balcon sur l’Atlantique et refuge de macareux
Non loin de Reynisfjara, le promontoire de Dyrhólaey offre une vue panoramique sur la Côte Sud. Depuis ce cap, on voit s’étirer les plages noires à perte de vue, les falaises et, par temps clair, certains glaciers de l’intérieur. Un immense arc rocheux, large d’environ 120 m, se découpe dans la pointe, au-dessus du ressac.
Les falaises de Dyrhólaey sont aussi un lieu de nidification apprécié des macareux moines en été. Ces petits oiseaux à bec coloré viennent y creuser leurs terriers et peuvent être observés depuis les sentiers balisés, à condition de ne pas s’approcher trop près des lisières friables.
Lagunes glaciaires : Jökulsárlón, Diamond Beach et Fjallsárlón
En poursuivant vers l’est, la silhouette massive de Vatnajökull se rapproche de la route. Plusieurs langues de glace descendent vers la plaine, et certaines se terminent dans des lagunes remplies d’icebergs.
Jökulsárlón est la plus célèbre lagune glaciaire d’Islande. Elle s’est formée au pied du glacier Breiðamerkurjökull, dont des blocs de glace se détachent pour dériver sur cette étendue d’eau, devenue le lac le plus profond du pays. Les icebergs, aux teintes bleutées ou striées de cendres volcaniques, y créent une ambiance irréelle. Ils sont lentement acheminés vers la mer par un chenal étroit, et il est fréquent d’y observer des phoques.
À quelques pas, sur une plage de sable noir appelée Diamond Beach (ou Fellsfjara), ces morceaux de glace viennent s’échouer, sculptés par les vagues en formes cristallines. Le contraste entre le sable sombre, l’écume blanche et la glace translucide donne son nom à ce rivage.
Un peu plus à l’ouest, Fjallsárlón offre une version plus intime de ce type de paysage. Moins fréquentée que sa grande sœur, cette petite lagune au pied d’une langue de glace permet souvent de profiter d’une atmosphère plus silencieuse.
Des excursions en bateau, notamment en Zodiac, partent du bord de ces lagunes pour s’approcher au plus près des blocs de glace, tout en respectant une marge de sécurité.
Glaciers et grottes de glace : le royaume de Vatnajökull et de Sólheimajökull
Les glaciers sont omniprésents dans le paysage islandais. Vatnajökull, le plus grand d’Europe, couvre à lui seul environ 8 % de la superficie du pays et est entouré d’un parc national qui s’étend sur près de 15 % du territoire. D’autres calottes comme Langjökull ou Mýrdalsjökull complètent ce réseau de glace qui nourrit les grandes rivières et les cascades.
Randonnées glaciaires : marcher sur une mer de glace
Plusieurs glaciers sont accessibles pour des randonnées encadrées, accessibles aux débutants en bonne forme physique. Sólheimajökull, langue glaciaire qui descend de Mýrdalsjökull sur la Côte Sud, est particulièrement prisée car elle se trouve à distance raisonnable de Reykjavík. Une marche d’un quart d’heure depuis le parking suffit pour atteindre la glace.
Les paysages y sont marqués par des stries de cendres issues des éruptions passées, qui se mêlent à la neige blanche, créant un patchwork noir et blanc. Guidés par des accompagnateurs certifiés, les marcheurs s’équipent de crampons, casques et piolets pour progresser sur un terrain façonné par les crevasses, les moulins bleutés, les bosses et les vallonnements.
Découvrez les circuits adaptés pour explorer les langues glaciaires comme le Falljökull dans le parc national de Vatnajökull.
Circuits conçus pour une découverte accessible des glaciers, parfaits pour une première expérience.
Circuits plus engagés pour une immersion approfondie dans le paysage glaciaire du Falljökull.
Sur Langjökull, deuxième plus grande calotte du pays, les excursions combinent souvent randonnée ou balade en motoneige avec la visite de tunnels de glace aménagés à l’intérieur même du glacier. L’infrastructure d’« ice tunnel » permet d’accéder en toute saison à des galeries aux parois de glace, dans une optique plus pédagogique que purement aventureuse.
L’accès libre et improvisé à un glacier est fortement déconseillé. Les conditions de neige et de glace sont changeantes, les crevasses parfois invisibles, et la météo peut tourner très vite. Les itinéraires se font donc avec guide, matériel fourni et, souvent, au sein de petits groupes.
Grottes de glace : cathédrales bleues sous la surface
Autre expérience devenue emblématique : la visite de grottes de glace naturelles. Celles-ci ne se forment que dans certaines conditions, lorsque l’eau de fonte creuse temporairement des tunnels au sein des glaciers. Elles sont donc très saisonnières et en constante évolution : un hiver peut voir apparaître une cavité spectaculaire là où l’année précédente, il n’y avait rien.
Plusieurs grottes dites « cristal » sont accessibles en hiver au départ de Jökulsárlón ou de Skaftafell. L’accès se fait par un trajet en super-jeep, suivi d’une marche sur la glace. À l’intérieur, la lumière filtrée donne aux parois des teintes bleues spectaculaires, parfois striées de cendres volcaniques. Les guides prévoient généralement un temps dédié aux photographies tout en surveillant la stabilité des lieux.
Sur Mýrdalsjökull, près de Vík, la fameuse « Katla Ice Cave » peut se visiter quasiment toute l’année. Sa particularité : combiner glace bleutée et dépôts de cendres noires liés à l’activité du volcan Katla, ce qui crée des motifs graphiques dans la glace.
Sur Langjökull, au-delà des tunnels artificiels déjà mentionnés, certaines grottes naturelles, comme Neptune Ice Cave, complètent l’offre pour les voyageurs en quête de nouveautés.
Les tournées vers ces grottes sont très encadrées. Elles incluent généralement crampons, casques, lampes frontales et, parfois, harnais. La plupart durent entre deux et quatre heures sur place, plus le transport depuis la ville de départ. Elles s’adressent aux personnes prêtes à marcher sur un terrain parfois chaotique, dans un froid humide.
Bains géothermiques et lagons : une culture du bain omniprésente
En Islande, la baignade dans une eau naturellement chaude n’est pas une activité de spa occasionnelle, mais presque un mode de vie. Le pays compte des dizaines de piscines municipales alimentées par la géothermie, des lagons aménagés aux quatre coins de l’île et des rivières chaudes sauvages.
Prendre un bain géothermique est souvent perçu comme un passage indispensable lors d’un voyage dans le pays. Au-delà du plaisir de flotter dans de l’eau à 37–40 °C entouré de lave ou de neige, beaucoup attribuent à ces eaux riches en minéraux des vertus apaisantes pour la peau. La plupart des complexes testent régulièrement la qualité de l’eau, et certains lagons se renouvellent intégralement en moins de deux jours.
Avant d’entrer dans les bassins, il est d’usage de se doucher complètement nu dans les vestiaires. Ne pas le faire est considéré comme un véritable faux pas social. Les eaux pouvant ternir les bijoux en argent et laisser un léger film sur les maillots, mieux vaut retirer bagues et colliers, et éviter son plus beau bikini.
Blue Lagoon, vitrine planétaire de l’Islande
Installé au milieu d’un champ de lave vieux de 800 ans, sur la péninsule de Reykjanes, le Blue Lagoon est devenu l’icône des lagons islandais. Son eau bleu laiteux, due à une forte concentration de silice qui réfléchit la lumière, s’étend dans un décor de roches volcaniques noires recouvertes par endroits de mousses vertes. Le site figure même dans une liste des 25 merveilles du monde établie par National Geographic.
Le lagon, à l’origine, est pourtant le fruit d’un hasard industriel : il s’est formé en 1976 à partir des rejets d’eau chaude d’une centrale géothermique voisine. Aujourd’hui, la structure, largement agrandie, inclut un spa principal, un espace haut de gamme appelé Retreat Lagoon réservé aux clients du Retreat Hotel, et un lagon plus intimiste lié au Silica Hotel.
Les visiteurs du lagon principal profitent d’une eau à 37–39 °C, d’un masque de boue de silice inclus dans le ticket de base, de saunas, de hammams et de petites cascades massantes. Restaurants, boutiques de cosmétiques, hôtels design complètent l’ensemble. En contrepartie, le lieu est cher et très fréquenté : l’entrée tourne autour de 90 euros pour la formule la plus simple, les créneaux horaires doivent être réservés à l’avance, et l’enregistrement peut parfois prendre une trentaine de minutes les jours de forte affluence.
La proximité de l’aéroport international de Keflavík en fait une escale logique à l’arrivée ou au départ de l’Islande, malgré un côté très « machine marketing » qui lui vaut des critiques, y compris de la part de responsables politiques islandais.
Sky Lagoon, alternative design avec vue sur l’Atlantique
Dans la périphérie de Reykjavík, à Kópavogur, Sky Lagoon propose une version plus intimiste du lagon géothermique. Creusé dans une falaise face à l’océan, le bassin principal se termine par un bord à débordement de 70 m de long qui semble se fondre dans la mer. Le design mise sur des lignes épurées, des matériaux naturels, des murs de tourbe et de lave recouverts de mousse pour s’inspirer de l’architecture traditionnelle islandaise.
L’eau y est maintenue entre 38 et 40 °C. La particularité de l’expérience est un rituel en sept étapes qui alterne chaud et froid : immersion dans le lagon, bain glacé, sauna panoramique, brume froide, gommage corporel, hammam, puis boisson aux baies de camarine avant de retourner dans l’eau chaude. Ce parcours, présenté comme bénéfique pour la circulation et la relaxation, n’est pas inclus dans le billet d’entrée de base et nécessite un supplément.
L’accès, en revanche, est plus simple que pour Blue Lagoon : le site est relié au centre de Reykjavík par bus urbain. L’atmosphère, décrite comme plus calme et plus tourné vers le bien-être que vers la consommation de masse, attire ceux qui recherchent une expérience un peu moins touristique.
D’autres lagons à travers le pays : ambiance locale et authenticité
En s’éloignant de Reykjavík, l’offre se diversifie. Dans le nord, les Mývatn Nature Baths reprennent l’idée d’un grand bassin bleu laiteux entouré de volcans, mais dans une version plus modeste et moins onéreuse. Le souffre y est plus présent, tant dans l’odeur qu’en termes d’effets sur les bijoux, mais l’ambiance générale est plus tranquille que dans les grands complexes du sud.
Au nord de l’Islande, GeoSea à Húsavík utilise de l’eau de mer chauffée par géothermie et offre une vue sur la baie de Skjálfandi, où l’on peut parfois observer des baleines. Près d’Akureyri, Forest Lagoon propose des bassins intégrés dans une zone boisée rare avec vue sur le fjord.
Dans l’est, Vök Baths a installé des bassins flottants sur le lac Urriðavatn : depuis ces plateformes d’eau chaude, on contemple la surface du lac et les collines alentours, avant de passer au sauna ou au hammam sur la terre ferme.
Enfin, l’Islande regorge de petites piscines municipales à prix dérisoire, en particulier à Reykjavík, où Laugardalslaug, Sundhöllin ou Vesturbæjarlaug permettent de s’immerger dans le quotidien des habitants pour quelques euros à peine. À l’échelle d’un budget voyage, privilégier ces piscines plutôt qu’un lagon très touristique peut faire une énorme différence.
Reykjavík et ses environs : entre modernité, histoire et nature accessible
Même si l’Islande est surtout connue pour ses paysages, sa capitale mérite davantage qu’un simple transit. Reykjavik concentre musées, architecture contemporaine inspirée par la géologie, vie culturelle animée et accès rapide à la nature.
Hallgrímskirkja, Harpa et Sun Voyager : les symboles de la ville
Dès l’arrivée en centre-ville, la silhouette de Hallgrímskirkja s’impose. Cette église luthérienne, haute de 74,5 m, est l’un des plus hauts édifices du pays. Son architecte, Guðjón Samúelsson, s’est inspiré des colonnes de basalte que l’on retrouve à Svartifoss ou Reynisfjara pour dessiner une façade en gradins, à la fois massive et verticale. Certains y voient aussi un clin d’œil au marteau de Thor. Un ascenseur mène à un belvédère offrant une vue à 360° sur la ville, la baie et le mont Esja.
Sur le front de mer, Harpa, salle de concert et centre de conférences, prolonge ce dialogue avec la géologie. Sa façade en verre, découpée en modules rappelant les structures de lave, réfléchit la lumière changeante du ciel et de la mer. Le bâtiment abrite l’Orchestre symphonique islandais, l’Opéra, des cafés et des boutiques, et s’est imposé comme un lieu de rendez-vous autant culturel que social.
Sur la promenade côtière de Reykjavik, la sculpture Sun Voyager (Sólfar) représente un drakkar stylisé en acier. Conçue comme une ode au soleil et non comme une réplique historique, elle est devenue un lieu de prédilection pour les photographies, particulièrement au coucher du soleil.
Musées, histoire et patrimoine vivant
Reykjavík compte plus de soixante musées, galeries et espaces d’exposition. Parmi eux, plusieurs sites permettent de mieux comprendre l’histoire du pays sans tomber dans le cours magistral.
Le National Museum retrace l’évolution de la société islandaise, des premiers colons vikings à l’époque moderne, à travers des milliers d’objets : armes, outils, bijoux, pièces religieuses comme la porte sculptée de Valthjófsstaður, œuvres plus contemporaines.
La Settlement Exhibition, installée autour des vestiges d’une maison longue viking mise au jour au centre-ville, utilise projections et dispositifs interactifs pour reconstituer la vie dans ces premières habitations, avec un discours accessible aux non-spécialistes.
Le Saga Museum exploite un tout autre registre, avec des personnages en cire reconstituant scènes et figures majeures des sagas islandaises, dans une approche très visuelle. Le Reykjavík Maritime Museum, lui, installé dans un ancien entrepôt de poisson, raconte le rôle central de la pêche dans l’économie et la culture locales, avec la visite possible d’un navire des garde-côtes.
Le Phallological Museum se distingue par son thème unique et assumé. Par ailleurs, le Reykjavík Art Museum ne se trouve pas en un seul lieu, mais répartit ses collections d’art moderne et contemporain à travers trois sites distincts.
Nature et culture à quelques minutes du centre
L’un des atouts de la capitale est la proximité immédiate de la nature. En quelques minutes de marche, on quitte l’animation du centre pour longer le lac Tjörnin entouré de parcs, puis rejoindre des quartiers résidentiels aux maisons en bois colorées.
Sur la colline d’Öskjuhlíð, autour du bâtiment circulaire de Perlan – ancienne réserve d’eau transformée en centre d’exposition sur la nature islandaise – des sentiers boisés permettent de se promener parmi de vieux ouvrages militaires et d’atteindre la plage géothermique de Nauthólsvík, où un bassin chaud jouxte l’océan.
Un court trajet en bus suffit pour rejoindre des espaces verts plus vastes comme Elliðaárdalur, vallée verte traversée de rivières et de petits rapides, ou Laugardalur, où se côtoient jardins botaniques et piscines.
Enfin, en prenant un bateau, on accède à Viðey, petite île inhabitée parsemée de chemins pédestres, de bâtiments historiques et d’œuvres d’art, dont le faisceau lumineux de l’Imagine Peace Tower, œuvre de Yoko Ono en hommage à John Lennon.
Nord, Est, Ouest : d’autres régions à ne pas manquer
Si beaucoup de visiteurs concentrent leur séjour sur Reykjavík, le Golden Circle et la Côte Sud, les autres régions de l’île recèlent des sites tout aussi remarquables, souvent dans un cadre plus tranquille.
Nord de l’Islande : Mývatn, Goðafoss, Húsavík et Akureyri
Autour du lac Mývatn, les paysages volcaniques se succèdent : champs de lave de Dimmuborgir aux formes étranges, pseudo-cratères de Skútustaðir, cratère noir de Hverfjall, zone géothermique de Hverir où la boue bouillonne et la vapeur s’échappe du sol. Le lac lui-même, né d’une éruption vieille de plus de 2 300 ans, est aujourd’hui un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux.
Non loin de là, les Mývatn Nature Baths offrent un bain chaud en plein air au milieu de cette ambiance lunaire, avec vue sur le paysage. Plus à l’ouest, Goðafoss, déjà évoquée, marque l’entrée vers la région d’Akureyri.
Akureyri, souvent qualifiée de « capitale du Nord », propose à la fois des services urbains (restos, hébergements, piscine géothermique) et un accès rapide à la nature environnante : Eyjafjörður, long fjord protégé des vagues de l’Atlantique, sentiers sur les montagnes environnantes, vallées agricoles comme Eyjafjarðarsveit.
Húsavík, au nord de l’Islande, est réputée comme la capitale européenne de l’observation des baleines. Les excursions en bateau partent explorer la baie de Skjálfandi, très riche en plancton et donc en nourriture pour les cétacés. En saison, les chances d’observation avoisinent les 99%, avec notamment des baleines à bosse, parfois accompagnées de rorquals bleus, de dauphins ou de marsouins. La visite peut être complétée par le musée local consacré aux baleines.
Est et Westfjords : fjords, falaises et isolement
Les fjords de l’Est, moins fréquentés que la Côte Sud, s’ouvrent en éventail le long de la mer, avec de petites villes colorées comme Seyðisfjörður ou Djúpivogur, reliées par des routes sinueuses entre montagnes et rivages. Des sites comme la cascade de Hengifoss, avec ses strates rouges dans la falaise, ou les légendes liées au lac Lagarfljót ajoutent une touche de mystère à ces paysages.
À l’opposé, dans les Westfjords, l’impression d’isolement est encore plus marquée. Loin de la Ring Road, la route serpente entre bras de mer et falaises. Dynjandi, déjà citée, y trône comme la grande cascade de la région. Au bout de la péninsule de Látrabjarg, des falaises abruptes, parmi les plus importantes d’Europe pour les oiseaux marins, accueillent en été des milliers de macareux, mouettes tridactyles et guillemots, accessibles en marchant prudemment le long du bord.
Rauðasandur, plage de sable rouge orangé, offre un contraste saisissant avec les plages noires du sud, tandis que Breiðavík, parfois appelée « Golden Beach », déroule un long croissant de sable clair.
Péninsule de Snæfellsnes : l’Islande en miniature
Souvent surnommée « l’Islande en miniature », la péninsule de Snæfellsnes concentre, sur un espace relativement réduit, volcans, champs de lave, plages de galets noirs, falaises, petits villages de pêcheurs et glacier coiffant un stratovolcan.
Au centre, le Snæfellsjökull, rendu célèbre par Jules Verne dans Voyage au centre de la Terre, domine un parc national qui mêle coulées de lave, formations comme les falaises de Lóndrangar, plages comme Djúpalónssandur, grottes de lave comme Vatnshellir.
Sur la côte nord, la montagne conique de Kirkjufell, haute de 463 m, est devenue l’un des reliefs les plus photographiés du pays, notamment en combinaison avec la chute voisine de Kirkjufellsfoss. Les villages de Grundarfjörður ou Stykkishólmur servent de base pour explorer la région.
Snæfellsnes est également une excellente zone pour l’observation des baleines, avec des départs depuis Ólafsvík, où orques, cachalots, dauphins et baleines à bosse peuvent apparaître, surtout au printemps et au début de l’été.
Aurores boréales, saisons et expériences phares
Au-delà des lieux, certains phénomènes naturels font partie des expériences jugées incontournables en Islande. C’est le cas des aurores boréales, des baleines et, dans une moindre mesure, des grandes randonnées et des séjours prolongés à la campagne.
Aurores boréales : chasser les lumières dans la nuit arctique
Entre fin août et début avril, lorsque la nuit est suffisamment noire, le ciel islandais peut s’illuminer de voiles verts, parfois teintés de rose ou de violet : les aurores boréales. Le cœur de la saison se situe en général entre octobre et mars, avec des mois de transition comme septembre et mars souvent cités comme idéaux grâce à une météo un peu plus clémente.
Pour maximiser ses chances, il faut s’éloigner des sources de pollution lumineuse (donc sortir de Reykjavík), surveiller la couverture nuageuse et l’activité solaire. De nombreuses agences, certaines avec plusieurs décennies d’expérience, organisent des excursions nocturnes en bus, super-jeep ou bateau, au départ de Reykjavík ou d’Akureyri. La plupart proposent une « seconde chance » gratuite si, lors de la sortie, aucune aurore n’est visible.
Un séjour de 4 à 7 nuits est souvent recommandé pour augmenter les probabilités de rencontrer le phénomène au moins une fois, sachant qu’il reste par nature imprévisible. Certaines formules combinent chasse aux aurores et découverte de sites majeurs le jour (Golden Circle, Côte Sud, lagunes glaciaires, bains géothermiques), ou encore randonnées sur glacier.
Baleines et macareux : la vie marine en toile de fond
L’observation des baleines est possible toute l’année autour de l’île, mais la période la plus favorable s’étend du printemps à l’automne, en particulier de juin à août. En été, de nombreuses espèces de baleines à fanons migratrices remontent vers les hautes latitudes pour se nourrir, augmentant fortement la probabilité de rencontres.
Taux de succès pour observer au moins une baleine en saison dans les zones de Húsavík et Akureyri.
Les macareux, eux, n’occupent les côtes islandaises que de fin avril à la mi-août environ, avant de repartir en pleine mer. Ils nichent par colonies entières sur des falaises comme Látrabjarg dans les Westfjords, sur la péninsule de Dyrhólaey, autour de certaines îles comme les Westman ou Grímsey, et sur des îlots au large de Reykjavík. Beaucoup de sorties baleines incluent un détour par des rochers occupés par ces oiseaux au vol battu si caractéristique.
Saisons : comment le choix de la période modifie l’expérience
Le visage de l’Islande change radicalement selon la saison. L’été, de juin à août, apporte les journées interminables, parfois presque 24 heures de lumière en juin, une végétation verdoyante, des lupins violets qui colonisent les bords de route, des cascades gorgées d’eau par la fonte des glaces. C’est aussi le moment où toutes les routes sont ouvertes, y compris celles des Hautes Terres, où les campings fonctionnent à plein régime et où les activités comme les randonnées longues ou les excursions maritimes sont les plus nombreuses. En contrepartie, c’est la haute saison touristique : les prix des vols, hébergements et locations de voiture peuvent être jusqu’à trois fois plus élevés qu’en hiver, et les sites les plus prisés connaissent une forte affluence aux heures centrales de la journée.
De novembre à mars, l’Islande offre un paysage hivernal avec des journées très courtes (4-5h de jour en décembre). Cette saison est moins fréquentée et les coûts de voyage sont réduits de moitié environ. Elle permet des activités spécifiques comme l’exploration de grottes de glace, les randonnées sur glacier et les safaris en super-jeep. C’est la période idéale pour observer les aurores boréales. Attention : la météo instable peut entraîner la fermeture de routes ou d’accès à certaines cascades pour des raisons de sécurité.
Les saisons intermédiaires, printemps (mars–mai) et automne (septembre–novembre), offrent un compromis intéressant : moins de monde qu’en été, plus de lumière qu’en hiver, paysages en transition – verdure naissante, retour des oiseaux migrateurs et agneaux dans les prés au printemps, couleurs dorées des feuillages et premières nuits propices aux aurores en automne. Les prix des hébergements et des billets d’avion y sont souvent plus doux, et bon nombre de voyageurs considèrent ces « saisons d’épaule » comme le moment idéal pour venir.
Synthèse des grands traits de quatre périodes historiques en termes d’expérience de visite sur les sites incontournables.
Voyages périlleux et longs, réservés aux érudits, marchands et pèlerins. Expérience basée sur les récits oraux et les guides locaux.
Développement des pèlerinages. Début des récits de voyage écrits. Accès restreint à une élite aisée et curieuse.
Naissance du ‘Grand Tour’ pour les jeunes aristocrates. Apparition des premiers guides touristiques imprimés et structuration des itinéraires.
Démocratisation massive grâce aux transports. Tourisme de masse, digitalisation (avis en ligne, réservations) et recherche d’expériences personnalisées.
| Saison | Lumière & météo | Affluence & prix | Points forts pour les sites touristiques |
|---|---|---|---|
| Été (juin–août) | Journées très longues, 10–20 °C, météo variable mais plus clémente | Très forte, prix au plus haut | Toutes routes ouvertes, paysages verts, baleines & macareux, randonnées longues |
| Automne | Lumière décroissante, 0–10 °C | Moyenne, tarifs plus abordables | Couleurs d’automne, début des aurores, moins de foules |
| Hiver | 4–7 h de jour, -1 à +5 °C, neige, verglas | Faible, tarifs bas, sites parfois déserts | Aurores boréales, grottes de glace, atmosphère hivernale sur cascades et lagunes |
| Printemps | Lumière croissante, 0–10 °C | Moyenne à faible | Grosses cascades de fonte, retour des oiseaux, paysages qui verdissent |
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À travers ces itinéraires, ces régions et ces expériences, se dessine une évidence : les sites touristiques incontournables en Islande sont d’abord des lieux où la nature garde la main. Cascades, glaciers, vallées volcaniques, plages noires, fjords, geysers et bassins géothermiques ne sont pas des décors figés, mais des environnements en mouvement, soumis aux colères des volcans, à la fonte des glaces et à l’érosion marine. Voyager dans ce pays, c’est accepter de s’adapter à ces forces, de vérifier un bulletin météo avant de prendre la route, de respecter les sentiers pour protéger une végétation fragile, de reculer de quelques mètres face à une vague plus forte que prévu.
C’est aussi ce qui rend chaque visite unique : une aurore ne ressemble jamais à une autre, une grotte de glace change de forme d’une année sur l’autre, un iceberg de Diamond Beach ne se laisse voir que quelques heures avant de se désagréger. Plus que cocher des cases, parcourir l’Islande consiste à multiplier ces rencontres éphémères avec des lieux qui, eux, continueront à se transformer bien après le départ des voyageurs.
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