S’installer en Islande pour ses études supérieures, c’est accepter une double aventure : académique et climatique. Entre universités publiques sans frais de scolarité, climat polaire tempéré par le Gulf Stream, nuits d’hiver interminables et soleil quasi permanent en été, le pays offre un cadre unique pour étudier… à condition de bien se préparer.
Ce guide couvre l’essentiel pour étudier en Islande : le système universitaire, le coût de la vie, le climat, le logement, les démarches de visa et de permis de travail, les possibilités de bourses et les débouchés professionnels après l’obtention du diplôme.
Comprendre le contexte islandais avant de partir
S’installer en Islande sans comprendre son environnement, c’est courir au-devant des difficultés. Le pays cumule spécificités géographiques, climatiques, économiques et institutionnelles qui impactent directement le quotidien des étudiants étrangers.
L’Islande se situe juste au sud du cercle polaire arctique, à environ 64° de latitude nord, dans l’Atlantique Nord. Sur le papier, on pourrait s’attendre à des hivers extrêmes. En pratique, un puissant courant chaud – une branche du Gulf Stream – longe les côtes sud et ouest et adoucit considérablement le climat. Résultat : un pays « froid, mais tempéré », avec des hivers bien plus doux que dans d’autres régions situées à la même latitude.
Un climat plus doux que prévu, mais très instable
Le Gulf Stream amène de l’air atlantique relativement doux au contact de l’air arctique. Cette confrontation provoque une météo extrêmement changeante, caractérisée par des alternances rapides de pluie, neige, vent, soleil, voire de grésil au cours d’une même journée.
La température moyenne annuelle en Islande entre 1991 et 2020 était d’environ 5,6 °C.
En revanche, les précipitations et le vent sont omniprésents. Le pays reçoit en moyenne autour de 120 mm de précipitations par an dans certaines séries, mais avec de fortes variations géographiques : au sud et à l’ouest, le temps est plus doux, mais aussi plus humide et plus venteux que dans le nord. Les hautes terres centrales, où se concentrent les grands glaciers continentaux, sont plus arrosées et exposées aux tempêtes.
Pour un étudiant en Islande, une journée peut passer d’un ciel bleu à un blizzard en quelques heures. Les habitants, habitués, maintiennent un rythme normal : faire du vélo sous une pluie glacée ou laisser les enfants jouer dehors sous la neige mêlée de pluie. Cette résilience, trait culturel marquant, surprend fréquemment les nouveaux arrivants.
Lumière, obscurité et horloge biologique
Le second choc pour un étudiant étranger n’est pas la température, mais la lumière.
L’Islande connaît de très longues nuits en hiver et de très longues journées en été. Au cœur de l’hiver, la luminosité se réduit à quelques heures par jour. En été, le soleil ne se couche quasiment plus dans certaines régions, et à Reykjavík les nuits sont très claires.
Le changement saisonnier de luminosité peut perturber le rythme de sommeil, entraînant fatigue, difficultés de concentration et baisse de moral. Pour les nouveaux arrivants, les recommandations locales sont concrètes : utiliser un masque de sommeil en début d’automne et à la fin du printemps pour se protéger de la lumière, et s’aider d’une lampe puissante ou de luminothérapie pour faciliter le réveil pendant les mois sombres. Bien que de nombreux Nordiques apprennent à dormir malgré la lumière sans stores occultants, cette adaptation nécessite une période d’ajustement.
S’habiller et s’équiper : une question de sécurité
À cette latitude, le vent et l’humidité peuvent entraîner rapidement une hypothermie si l’on est mal équipé. Les Islandais ne misent pas sur l’ombrelle – jugée à la fois inefficace et dangereuse dans les coups de vent – mais sur le système de couches.
La tenue type recommandée aux étudiants rassemble : des vêtements confortables et pratiques, adaptés aux activités académiques et à la vie quotidienne sur le campus.
| Équipement recommandé | Rôle principal | Détails pratiques |
|---|---|---|
| Sous-couche thermique (laine ou synthétique) | Garder la chaleur même humide | Éviter le coton, privilégier laine et fibres techniques |
| Pull en laine / polaire épaisse | Isolation | À superposer sur la sous-couche |
| Veste imperméable (shell) | Protection pluie/vent | À porter au-dessus de la couche chaude |
| Pantalon de pluie | Protection jambes | Indispensable pour sorties fréquentes |
| Chaussures imperméables | Sécurité et confort | Semelles antidérapantes recommandées |
| Bonnet, écharpe, gants | Protection extrémités | Prévoir plusieurs paires de gants ou moufles |
| Crampons (nanospikes / microspikes) | Marche sur la glace | Nanospikes pour la ville, microspikes pour la randonnée |
| Lampe frontale | Sécurité en hiver | Utile en ville comme en pleine nature |
S’ajoutent un maillot de bain et une serviette de voyage : les piscines géothermiques et les « hot pots » font partie intégrante du quotidien. De nombreuses activités sociales se déroulent dans ces bains chauds, été comme hiver.
Un principe revient constamment dans les conseils locaux : toujours emporter des couches chaudes et une veste imperméable, même si le soleil brille au départ. Les sorties universitaires, visites de terrain ou simples promenades peuvent se transformer soudainement sous l’effet du vent ou d’une averse. Les Islandais attendent des gens qu’ils fassent preuve de bon sens et évitent les situations dangereuses (falaises, zones exposées, météo instable ignorée).
Le système d’enseignement supérieur islandais
Pour comprendre ce qui vous attend sur le plan académique, il faut se pencher sur l’architecture du système universitaire islandais, largement aligné sur le processus de Bologne.
Une petite constellation d’institutions spécialisées
Le pays compte sept établissements d’enseignement supérieur accrédités, contrôlés par le ministère de la Culture, de l’Innovation et de l’Enseignement supérieur. Quatre sont publics, trois sont privés. On y trouve :
– des universités généralistes comme l’Université d’Islande (Háskóli Íslands) à Reykjavík ou l’Université d’Akureyri,
– des institutions spécialisées en agriculture,
– une académie des arts,
– un centre universitaire dédié aux études côtières et marines dans les fjords de l’Ouest,
– ainsi que Reykjavík University, très active en ingénierie, informatique, business et énergie durable.
Les diplômes suivent la logique Licence (Bachelor) – Master – Doctorat, avec un système de crédits ECTS standard (60 ECTS pour une année à temps plein).
Premier cycle : la Licence
Pour intégrer un premier cycle, l’exigence de base est l’équivalent du stúdentspróf islandais, c’est‑à‑dire un diplôme de fin d’études secondaires permettant l’accès à l’université. Les universités peuvent, dans certains cas, admettre des candidats sans ce diplôme mais pouvant démontrer un niveau de maturité, de connaissances et d’expérience jugé équivalent.
Dans certaines filières comme la médecine, l’économie ou le droit, les places peuvent être limitées. L’admission repose alors sur un classement des candidats, établi principalement à partir de leurs notes antérieures et parfois complété par des examens spécifiques.
Pour un étudiant étranger, plusieurs voies sont possibles :
– avoir déjà obtenu dans son pays un diplôme donnant accès à l’enseignement supérieur,
– effectuer une année d’études universitaires dans son pays avant de candidater en Islande,
– passer un examen de fin d’études secondaires islandais ou un programme préparatoire de type A‑Levels.
La langue est une barrière majeure : la plupart des licences sont enseignées en islandais, avec une exigence de niveau B2 pour suivre les cours. Quelques exceptions existent, mais l’essentiel de l’offre anglophone se situe au niveau master.
Deuxième cycle : les masters
Les masters, classés comme « second cycle », durent généralement deux ans et représentent 90 à 120 ECTS. Ils se déclinent sous deux formes :
Découvrez les deux principales voies proposées pour obtenir un diplôme de master, chacune adaptée à des objectifs professionnels ou académiques spécifiques.
Formation structurée autour de modules, séminaires, travaux de groupe, évaluations continues et la rédaction d’un mémoire de fin d’études.
Parcours centré sur un projet scientifique personnel, réalisé sous la direction et l’encadrement d’un directeur de recherche.
Les domaines couverts sont vastes : ingénierie mécanique et énergie géothermique, informatique, intelligence artificielle, droit polaire, psychologie, gestion des ressources naturelles, études internationales, énergies durables, etc. De nombreuses formations au niveau master sont disponibles entièrement en anglais, notamment à Reykjavík University, au Centre universitaire des fjords de l’Ouest et dans certaines facultés de l’Université d’Islande ou de l’Université d’Akureyri.
Les conditions d’admission combinent en général :
– un diplôme de licence pertinent,
– un niveau minimal de résultats (par exemple une moyenne de 6,5 sur 10 pour certains programmes d’ingénierie),
– des tests de langue (TOEFL, IELTS, PTE…) pour les non‑anglophones,
– parfois une expérience professionnelle dans les domaines du management ou de l’ingénierie de projet.
Pour les masters à forte composante recherche, il est fréquent d’exiger un projet de recherche préliminaire et un accord de principe d’un directeur avant l’acceptation officielle.
Troisième cycle : le doctorat
Les doctorats s’adressent aux titulaires d’un master pertinent, même si certains établissements acceptent des candidatures en fin de master. Là encore, l’accord préalable d’un encadrant et la définition des objectifs scientifiques sont centraux.
Les programmes doctoraux sont structurés autour d’un projet de recherche, pouvant représenter 180 à 240 ECTS sur 3 à 4 ans, et s’achèvent par une soutenance publique. Particularité importante : en Islande, le doctorat est souvent considéré comme un emploi à temps plein, ce qui impacte directement les conditions des permis de travail et de séjour pour les étudiants internationaux.
Frais d’inscription : public gratuit, privé onéreux
La répartition des coûts est très contrastée selon le statut de l’établissement.
| Type d’établissement | Frais de scolarité annuels | Particularités |
|---|---|---|
| Université publique | Pas de frais de scolarité classiques | Frais d’inscription annuels d’environ 500 € |
| Université privée | 4 290 à 15 880 € par an selon le programme | Montants plus élevés pour les MBA et certains masters spécialisés |
Quelques exemples concrets illustrent cet écart :
– plusieurs masters (MA, MSc, LLM) à l’Université d’Islande ne facturent pas de frais de scolarité, uniquement l’inscription annuelle,
– le MBA de Reykjavík University coûte de l’ordre de 17 500 € par an,
– d’autres MSc à Reykjavík University se situent entre 6 500 et 9 000 € par an.
Pour les étudiants hors UE/EEE, certains établissements pratiquent des barèmes spécifiques en couronnes islandaises (ISK), pouvant aller de 1,1 à 3,2 millions d’ISK par an selon la discipline et l’université.
Coût de la vie et budget étudiant en Islande
L’Islande figure parmi les pays les plus chers au monde. Reykjavík, où se concentrent plus de 60 % de la population et la majorité des universités, affiche un indice du coût de la vie élevé et un marché locatif tendu. Pour un étudiant étranger, anticiper son budget n’est pas une option, mais une condition de survie financière.
Vue d’ensemble des dépenses mensuelles
En agrégeant les données du rapport, on obtient des fourchettes assez cohérentes pour un étudiant à Reykjavík :
| Poste de dépense mensuelle | Fourchette indicative (ISK) | Commentaires |
|---|---|---|
| Loyer (chambre en colocation) | 160 000 – 230 000 | Chambre avec cuisine et salle de bains partagées |
| Loyer (studio ou petit appart.) | 180 000 – 250 000+ | Studio individuel ou plus grand logement |
| Nourriture et dépenses courantes | 56 000 – 100 000 | Selon cuisine à domicile ou repas extérieurs |
| Transports locaux (abonnement) | 10 400 – 13 000 | Bus Strætó à Reykjavík et environs |
| Loisirs, sport, sorties | 22 000+ | Cinéma, piscine, bars, activités |
| Internet & téléphone mobile | 13 000 – 14 500 | Internet fixe + forfait mobile |
| Électricité & chauffage (85 m², à partager) | 7 500 – 25 000 | En pratique souvent inclus dans les résidences étudiantes |
En convertissant ces montants, les études convergent vers un coût de vie total (logement compris) d’environ 1 450 à 2 200 USD par mois pour un étudiant à Reykjavík, selon le style de vie (colocation et cuisine maison ou appartement privé et restaurants fréquents). En euros, beaucoup de sources citées placent le budget minimal autour de 1 200–1 500 €/mois pour un mode de vie étudiant relativement frugal.
Les comparaisons entre villes montrent également que Reykjavík est la plus coûteuse, mais que des villes comme Akureyri, Kópavogur ou Hafnarfjörður peuvent être légèrement moins chères, surtout sur le plan du logement.
Logement : rare, cher, mais de plus en plus structuré
Le logement est de loin le poste le plus lourd. L’offre universitaire officielle ne couvre qu’une fraction de la demande, et nombre d’étudiants doivent se tourner vers le marché privé.
Pour se repérer, quelques prix de marché à Reykjavík :
| Type de logement à Reykjavík | Fourchette de prix (EUR / mois) | Détails |
|---|---|---|
| Chambre privée en colocation | 390 – 600 | Souvent meublée, charges parfois incluses |
| Chambre double en colocation | ~400 – 480 | À partager avec un autre étudiant |
| Studio en périphérie | ~520 – 1 000 | Selon surface et quartier |
| Studio centre-ville | 710 – 1 300 | Forte pression touristique et Airbnbs |
| Appartement 2 pièces en centre | 1 550 – 1 700 | À partager pour réduire le coût |
Les résidences étudiantes (« corridors ») sont en général 20 à 30 % moins chères que les locations privées, mais l’accès y est très concurrentiel. Des sociétés comme Icelandic Student Services (FS), Byggingafélag Námsmanna (BN) ou la Students’ Building Association développent progressivement de nouveaux appartements, souvent à proximité des campus.
Pour un étudiant étranger, plusieurs stratégies sont régulièrement recommandées :
Pour sécuriser votre hébergement, il est recommandé de postuler tôt, dès la confirmation de votre admission. Élargissez vos recherches aux communes voisines de Reykjavík comme Kópavogur, Garðabær, Hafnarfjörður et Seltjarnarnes. Utilisez des plateformes sécurisées (ex: HousingAnywhere, Erasmus Play) pour éviter les arnaques. Prévoyez enfin un logement temporaire (auberge, Airbnb) à votre arrivée, le temps de finaliser une location à long terme.
Nourriture, transports et vie quotidienne
La nourriture est coûteuse, mais cuisiner chez soi permet de limiter la facture. Un budget de 300 à 500 USD par mois pour les courses est courant, auquel s’ajoutent 200 à 400 USD si l’on mange régulièrement à l’extérieur.
Quelques repères de prix en couronnes islandaises :
– repas simple au restaurant bon marché : 2 500 – 3 500 ISK,
– menu dans un fast-food international : 2 500 – 2 800 ISK,
– bière pression locale : 1 500 ISK environ,
– litre de lait : 180 – 240 ISK,
– pain : 450 – 490 ISK,
– douzaine d’œufs : 730 – 830 ISK.
Côté transports, le bus urbain Strætó dessert Reykjavík et sa périphérie. Un ticket simple se situe autour de 630–670 ISK, l’abonnement mensuel autour de 10 400–13 000 ISK. En dehors de la capitale, la voiture devient quasiment indispensable, ce qui renchérit fortement le budget.
S’adapter aux études et à la langue en Islande
Pour réussir son projet d’études en Islande, il ne suffit pas d’obtenir une lettre d’admission : il faut aussi maîtriser ou contourner la dimension linguistique.
L’islandais, langue de la majorité des cursus
La langue d’enseignement principale est l’islandais, notamment au niveau licence. Pour suivre des cours en islandais, les universités exigent en général un niveau B2 selon le Cadre européen, à confirmer par un test ou un entretien. Pour se préparer, plusieurs dispositifs existent :
Différents parcours pour apprendre l’islandais, allant des diplômes universitaires complets aux cours pratiques et en ligne.
Un BA complet en islandais langue seconde à l’Université d’Islande, combinant grammaire, morphologie, phonologie, littérature ancienne et moderne, culture, histoire et études de traduction.
Un programme orienté sur le développement des compétences de communication écrite et orale, la compréhension et la vie quotidienne.
Des formations intensives dans des centres spécialisés comme Mímir (Reykjavík), SÍMEY (Akureyri) ou au Centre universitaire des fjords de l’Ouest.
Les programmes « Icelandic Online 1 et 2 » de l’Université d’Islande, couvrant les niveaux A1 à C1.
Certaines bourses gouvernementales exigent d’ailleurs une maîtrise de base de l’islandais, équivalente à la complétion d’« Icelandic Online 1 et 2 », avant de pouvoir s’inscrire pleinement dans le BA en islandais langue seconde.
L’anglais, porte d’entrée pour de nombreux masters
À partir du master, l’offre de programmes en anglais s’élargit fortement, en particulier dans :
Découvrez les principaux champs de compétences et d’études couverts, allant des sciences techniques aux sciences humaines et sociales.
Géothermie, énergies renouvelables, mécanique et mécatronique.
Domaines de l’informatique et de l’analyse des données.
Application des principes psychologiques dans divers contextes.
Management, gestion de projet et finance.
Études marines, côtières et développement régional.
Droit spécifique aux régions polaires et relations entre États.
Pour ces cursus, les universités exigent des preuves de compétence anglaise : TOEFL iBT (généralement à partir de 79), IELTS Academic (souvent 6,5), PTE ou Cambridge (CAE/CPE). Les résultats doivent être vérifiables en ligne et dater de moins de deux ans. La simple mention d’anglais comme langue d’enseignement dans le pays d’origine n’est pas toujours suffisante ; seules certaines exceptions sont reconnues pour les pays anglophones majoritaires (Royaume‑Uni, États‑Unis, Irlande, Canada anglophone, Australie, Nouvelle‑Zélande).
Démarches administratives : visa, permis de séjour, travail
Pour tout étudiant hors UE/EEE qui envisage de rester plus de 90 jours, l’obtention d’un permis de séjour pour études est un passage obligé.
Permis de séjour pour études : conditions et procédure
Le fondement juridique principal se trouve dans la loi sur les étrangers et ses règlements d’application. Les exigences clés pour un candidat non européen sont les suivantes :
– être admis dans un programme d’études à temps plein (au moins 30 ECTS par semestre) dans un établissement reconnu,
– avoir 18 ans ou plus (avec quelques exceptions pour les programmes d’échange secondaire),
– disposer de ressources financières suffisantes pour toute la durée du séjour (au moins 247 572 ISK par mois pour une personne seule, montants supérieurs pour un couple ou une famille),
– présenter un casier judiciaire vierge (ou sans condamnation significative) du pays de résidence,
– souscrire une assurance maladie valable en Islande, avec un plafond d’indemnisation minimum d’environ 2 000 000 ISK,
– fournir un passeport valide au moins 90 jours au‑delà de la durée prévue du permis, avec des pages libres.
Frais de traitement non remboursables pour une demande de permis étudiant en Islande.
Les pièces demandées incluent :
– une photo d’identité récente,
– la copie du passeport,
– la lettre d’admission,
– un extrait de casier judiciaire (traduit si nécessaire),
– un justificatif d’assurance privée,
– des relevés bancaires au nom de l’étudiant prouvant les moyens financiers,
– des preuves de logement ou, au minimum, un plan crédible d’hébergement.
Les délais annoncés varient de 6 à 12 semaines, parfois davantage en période de forte demande. Les autorités examinent d’abord la complétude du dossier, puis statuent sur le fond. En cas de refus, un délai de 15 jours est laissé pour faire appel.
Pour certains pays soumis à visa, il n’est pas possible de se trouver en Islande au moment du dépôt ou de l’instruction de la demande. Pour les ressortissants exonérés de visa Schengen (États‑Unis, Canada, etc.), un séjour de courte durée est possible pendant le traitement, mais dans la limite des 90 jours sur 180.
Droit au travail pendant les études
Le permis de séjour étudiant ne suffit pas pour travailler : un permis de travail spécifique doit être demandé par l’employeur auprès de la Direction du travail, sur la base d’un contrat écrit.
Les règles essentielles :
– les étudiants hors UE/AELE peuvent travailler à temps partiel pendant l’année académique, en général jusqu’à 22,5 heures par semaine (soit 60 % d’un temps plein),
– pendant les vacances officielles (été, Noël), le temps plein est possible sous réserve de validité du permis,
– le permis de travail est lié à un employeur et un poste précis ; changer d’employeur impose une nouvelle demande,
– chaque emploi nécessite un permis distinct : deux employeurs = deux permis.
Le contrat de travail doit préciser la quotité d’emploi, les horaires, le salaire (conforme aux conventions collectives), ainsi que les cotisations sociales et de retraite. Un syndicat professionnel émet un avis sur le respect de ces standards, intégré au dossier de permis.
Pour les étudiants de doctorat, considérés comme employés à temps plein, les règles diffèrent : ils peuvent solliciter un permis de travail pour « personnel qualifié/expert », plus favorable et contribuant à l’accumulation de droits pour une éventuelle résidence permanente.
Après le diplôme : rester travailler en Islande
À l’issue des études, les diplômés non européens disposent d’une possibilité précieuse : prolonger leur séjour pour chercher un emploi lié à leur domaine de formation.
Un mécanisme de prolongation, pouvant atteindre six mois après l’obtention du diplôme, est prévu pour trouver un emploi. La demande doit être déposée au moins quatre semaines avant l’expiration du permis étudiant et est soumise à conditions.
– la preuve de ressources financières,
– une assurance santé valide,
– un casier judiciaire satisfaisant.
Dès qu’un employeur propose un contrat, l’ancien étudiant bascule vers un permis de travail de type « professionnel qualifié » ou « pénurie de main‑d’œuvre », avec des durées de validité plus longues (un à deux ans en général) et renouvelables.
Sur le long terme, la résidence permanente devient envisageable après quatre ans de séjour continu avec permis temporaire, en combinant au maximum deux ans de permis étudiant avec deux ans ou plus de permis de travail. Une fois la résidence permanente obtenue, les droits se rapprochent de ceux des citoyens locaux : liberté de changer d’emploi sans autorisation, séjours prolongés à l’étranger, etc. La naturalisation comme citoyen islandais est en principe accessible après sept ans de résidence continue, avec quelques aménagements pour les conjoints d’Islandais.
Bourses et financements : que peut espérer un étudiant étranger ?
Si les universités publiques islandaises ne facturent pas de droits de scolarité classiques, le coût de la vie exige souvent un soutien financier. Plusieurs dispositifs existent, à la croisée des politiques nationales, européennes et internationales.
Bourses gouvernementales pour la langue et la culture islandaises
Le ministère islandais de la Culture, de l’Innovation et de l’Enseignant supérieur finance un programme emblématique de bourses destiné aux étudiants étrangers souhaitant suivre le BA en islandais langue seconde à l’Université d’Islande.
Administrées par l’Institut Árni Magnússon pour les études islandaises, ces bourses :
Le nombre de bourses attribuées annuellement pour couvrir les frais d’inscription, une allocation mensuelle, l’accès aux ressources académiques et une éventuelle prolongation sur trois ans.
Les conditions d’éligibilité reflètent la nature linguistique de la formation :
– avoir déjà validé au moins une année d’études universitaires en sciences humaines,
– maîtriser les bases de l’islandais (niveau équivalent à « Icelandic Online 1 et 2 »),
– prouver sa compétence en anglais, langue secondaire d’enseignement,
– être citoyen d’un pays figurant sur une liste déterminée (plusieurs pays européens, le Canada, les États‑Unis, le Japon, la Russie, etc.).
Les candidatures doivent être envoyées par courrier postal à l’Institut. Le dossier doit inclure : un dossier académique, des lettres de recommandation, une preuve du niveau linguistique et une copie du passeport. Pour les citoyens américains, la candidature doit être effectuée via le programme Fulbright U.S. Student.
Autres soutiens : Erasmus+, fonds de recherche, écoles d’été
Pour les citoyens de l’UE/EEE, les bourses Erasmus+ demeurent un levier important, finançant une partie des frais de voyage et de séjour pendant un semestre ou une année en Islande. L’Islande participe également aux programmes nordiques de mobilité (Nordplus).
Côté recherche, plusieurs fonds nationaux peuvent soutenir des projets au niveau master ou doctorat :
– l’Icelandic Research Fund (IRF), qui finance prioritairement des doctorants mais peut aussi soutenir des projets de master,
– l’Icelandic Student Innovation Fund, orienté vers des projets de recherche d’été supervisés.
À cela s’ajoutent une multitude de programmes internationaux (bourses thématiques, fellowship d’instituts, fondations privées), qui ne sont pas spécifiques à l’Islande mais peuvent être combinés à une inscription dans une université islandaise.
Vie étudiante et organisation du temps
Les programmes en Islande, en particulier ceux gérés par des organismes comme SIT (School for International Training) ou des masters très structurés, se caractérisent souvent par un emploi du temps intense.
Le programme combine diverses méthodes d’enseignement (cours, séminaires, travaux pratiques, sorties terrain) et peut inclure un projet de recherche indépendant avec des échéances régulières. Cela laisse peu de temps pour les loisirs ou les voyages personnels, un aspect crucial à anticiper avant le départ.
Dans un contexte de météo imprévisible, la planification académique est souvent flexible. Des sorties peuvent être avancées ou reportées en fonction des alertes émises par le service météorologique islandais. Il n’est pas rare que des étudiants apprennent à gérer leur communication avec leurs proches en conséquence, en fixant par exemple des créneaux hebdomadaires pour les appels vidéo, plutôt que de compter sur une disponibilité quotidienne stable.
Un laboratoire naturel pour le climat, l’énergie et l’environnement
Pour de nombreux étudiants étrangers, l’Islande représente un terrains d’étude inégalé en matière de climat, d’énergie et d’environnement.
Glaciers, volcanisme et changement climatique
Glaciers couvrent environ 10–11 % du territoire islandais. Vatnajökull, le plus vaste d’entre eux et plus grand glacier d’Europe, s’étend sur plus de 8 000 km². Ces masses de glace sculptent les vallées, façonnent le relief et alimentent des systèmes hydrologiques complexes.
Tous les glaciers islandais reculent actuellement à un rythme accéléré. L’exemple de la calotte du Snæfellsjökull, visible depuis Reykjavík par temps clair et célèbre pour avoir inspiré Jules Verne dans « Voyage au centre de la Terre », illustre ce phénomène : son épaisseur moyenne a nettement diminué en quelques décennies.
Les conséquences de cette fonte sont multiples :
La fonte des glaciers entraîne un rebond isostasique de la croûte terrestre, provoquant un soulèvement dans de larges zones et une subsidence dans certaines parties urbaines du sud‑ouest. Elle modifie également les régimes des rivières glaciaires, avec une saison de fonte plus précoce et plus intense en fin d’été. Cela génère une augmentation temporaire du potentiel hydroélectrique, mais s’accompagne d’une érosion accrue, de risques pour les infrastructures et, à terme, d’une diminution de la ressource en eau si les glaciers disparaissent.
Pour un étudiant en sciences de l’environnement, en géophysique ou en ingénierie hydique, ces dynamiques font du pays un « laboratoire naturel » à ciel ouvert. Des projets d’éducation scientifique sont d’ailleurs développés autour des glaciers, avec panneaux d’information sur les sentiers, supports de formation pour les guides de parc et programmes pédagogiques visant à rendre visible l’évolution de la masse glaciaire.
Écosystèmes, agriculture et pêche en mutation
Le réchauffement observé en Islande au cours des dernières décennies – avec une tendance de l’ordre de 0,7 °C par siècle sur deux siècles, mais une accélération récente – affecte la biodiversité, l’agriculture et la pêche.
Les limites forestières progressent en altitude et la productivité végétale augmente. De nouvelles espèces de poissons, comme le haddock, le lieu noir ou la lotte, apparaissent dans les eaux islandaises, tandis que les stocks traditionnels se déplacent vers le nord. Ces changements, combinés au réchauffement et à l’acidification de l’océan, rendent difficile la prévision de la productivité future des pêcheries.
En agriculture, le réchauffement et l’allongement de la saison de croissance améliorent la production de fourrage et ouvrent la possibilité de cultiver de nouvelles espèces (céréales, petits fruits), tout en augmentant les risques liés à l’arrivée de ravageurs non indigènes. Les filières traditionnelles (élevage ovin, laitier, maraîchage sous serre) se retrouvent à la fois bénéficiaires et menacées par ces évolutions.
Pour des étudiants en sciences naturelles, en agronomie, en économie des ressources, en droit environnemental ou en études polaires, l’Islande offre un terrain d’analyse direct des enjeux de l’adaptation au changement climatique.
Faut‑il partir étudier en Islande ?
Décider de poursuivre des études supérieures à l’étranger, en Islande, suppose de mettre en balance atouts et contraintes.
Du côté des atouts, on retrouve :
Le système universitaire norvégien, aligné sur les standards européens, propose des masters spécialisés (énergie durable, climat, droit polaire, etc.). Les universités publiques sont gratuites (hors frais d’inscription) pour de nombreux programmes. Le pays offre une grande sécurité et une qualité de vie élevée, avec une population maîtrisant largement l’anglais. Son environnement naturel exceptionnel est propice aux études en sciences de la Terre, océanographie ou écosystèmes nordiques. Les opportunités d’emploi sont croissantes dans les géosciences, la finance, les technologies et les énergies renouvelables, avec la possibilité d’obtenir un permis de séjour pour travailler après l’obtention du diplôme.
Du côté des défis :
L’Islande présente plusieurs difficultés spécifiques : un coût de la vie très élevé, un climat rigoureux avec vent et pluie, une alternance extrême de lumière et d’obscurité, une offre limitée de licences en anglais, une bureaucratie migratoire stricte et des emplois étudiants possibles mais encadrés par des limitations horaires et des formalités administratives.
Pour celles et ceux qui sont attirés par le Nord, par les questions d’énergie propre, de climat, de droit arctique ou de gestion des ressources naturelles, et qui acceptent l’effort d’adaptation climatique, linguistique et budgétaire, l’Islande peut toutefois représenter un choix à très forte valeur ajoutée académique et personnelle.
La clé du succès réside dans la préparation : commencer tôt les démarches, clarifier son projet (niveau d’études, langue, spécialité), se renseigner précisément sur les conditions financières et administratives, et se préparer mentalement et matériellement à vivre dans un pays où l’on peut, sincèrement, connaître quatre saisons en une seule journée.
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