Expatriation en Islande avec des animaux de compagnie : démarches et conseils pratiques

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Islande avec son chien ou son chat ne s’improvise absolument pas. Le pays applique parmi les règles les plus strictes d’Europe pour l’importation d’animaux. Objectif assumé : protéger un écosystème insulaire fragile et préserver un statut envié de territoire indemne de rage et de nombreuses maladies animales. Résultat : procédure longue, coûteuse, imposant une quarantaine obligatoire et excluant carrément certaines espèces ou races.

Bon à savoir :

Il est possible d’emmener son animal de compagnie en Islande, mais cela nécessite une préparation rigoureuse plusieurs mois à l’avance. Le projet doit être considéré comme un véritable dossier d’expatriation à part entière, avec des démarches spécifiques et détaillées à suivre.

Comprendre le cadre islandais : un pays rabies-free très protecteur

L’autorité qui encadre toute importation d’animaux est la Icelandic Food and Veterinary Authority, plus connue sous le sigle MAST. C’est elle qui définit les règles, délivre les permis d’importation, contrôle les quarantaines et peut, le cas échéant, refuser l’entrée d’un animal qui ne respecte pas le protocole.

En Islande, tout chien ou chat arrivant sur le territoire est juridiquement considéré comme une importation, qu’il s’agisse d’un déménagement définitif ou d’un séjour théoriquement temporaire. Il n’existe pas de « laissez-passer vacances » ni de système simplifié pour les courts séjours. Le pays n’est pas intégré au dispositif européen de libre circulation des animaux de compagnie : un passeport européen ne suffit donc pas.

Attention :

La politique islandaise repose sur trois idées clés : maintenir un statut sanitaire exceptionnel (exempt de rage et de certains parasites), protéger la faune locale fragile dans un écosystème insulaire vulnérable, et assurer la sécurité publique, justifiant des règles strictes pour certaines races de chiens.

Il en résulte que l’Islande n’est pas une destination adaptée pour des voyages touristiques avec un animal. La lourdeur des démarches, le coût global et surtout la quarantaine de 14 jours rendent l’opération disproportionnée pour un simple séjour. En revanche, pour une expatriation liée à un emploi, des études ou un projet de vie à long terme, ces efforts prennent davantage de sens.

Pays d’origine, catégories et éligibilité de votre animal

MAST ne permet l’importation que depuis des pays jugés suffisamment sûrs d’un point de vue rabique. La liste, révisée deux fois par an, est divisée en deux grands groupes.

Les pays dits de Catégorie 1 sont considérés comme indemnes de rage chez les animaux. On y retrouve notamment la plupart des États de l’Union européenne, mais aussi l’Australie, la Norvège (hors Svalbard), le Royaume‑Uni, le Japon, Singapour, les Émirats arabes unis ou encore la Suisse.

Exemple :

Les pays de Catégorie 2 sont ceux où la rage circule encore mais reste bien contrôlée. Cette catégorie inclut par exemple les États‑Unis, le Canada, la Turquie, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, le Groenland, la Bosnie‑Herzégovine, Taïwan et la Hongrie.

Dans tous les cas, un principe fondamental s’applique : le chien ou le chat doit avoir vécu de façon ininterrompue dans un pays approuvé (Catégorie 1 ou 2) pendant au moins six mois avant l’importation, ou depuis sa naissance s’il est plus jeune. Si l’animal arrive d’un pays non approuvé, la règle est encore plus stricte : il faut soit passer par une étape de résidence de six mois dans un pays de Catégorie 1 ou 2, soit demander une autorisation très spécifique à MAST, réservée aux personnes qui se relocalisent en Islande après avoir vécu avec leur animal au moins six mois dans ce pays non approuvé.

Logique des Catégories

Un aperçu simplifié de l’organisation et de la structure des catégories pour une compréhension intuitive.

Structure Hiérarchique

Présente l’organisation des catégories en niveaux, des plus générales aux plus spécifiques, formant une arborescence claire.

Principes de Classement

Décrit les règles et la logique utilisées pour affecter un élément à une catégorie précise.

Navigation et Recherche

Explique comment la logique des catégories facilite la recherche et la découverte d’informations.

Gestion et Maintenance

Couvre les bonnes pratiques pour maintenir la cohérence et la pertinence des catégories dans le temps.

ÉlémentCatégorie 1 (pays indemnes)Catégorie 2 (rage contrôlée)
Exemple de paysFrance, Allemagne, Norvège, Japon, Royaume‑UniUSA, Canada, Turquie, Pologne, Roumanie, Singapour
Attente après test rabiquePas de délai imposé après titer réussi*90 jours obligatoires après prélèvement sanguin
Complexité globale des démarchesUn peu allégéePlus lourde, surtout pour les chiens

À condition que tous les autres critères soient remplis.

Cette classification n’est pas un simple détail administratif : elle détermine la durée minimale de préparation, notamment via l’attente après le test de sérologie de la rage pour les pays de Catégorie 2.

Races, espèces et animaux interdits : des interdictions à prendre au sérieux

Avant même d’entamer la moindre démarche, il faut vérifier que l’animal est éligible. En Islande, certaines espèces et de nombreuses races de chiens sont tout bonnement interdites d’importation, sans exception pour les séjours temporaires ni pour les animaux d’assistance émotionnelle.

Parmi les espèces, les reptiles (principalement serpents, lézards, tortues) sont bannis comme animaux de compagnie. Ces interdictions reposent sur deux craintes : le risque de maladies comme la salmonellose, et la possibilité d’introduire des espèces envahissantes dans un environnement qui n’y est pas préparé.

Bon à savoir :

Plusieurs races de chiens sont considérées comme dangereuses et interdites, notamment l’American Pit Bull Terrier, le Staffordshire Bull Terrier, l’American Staffordshire Terrier, le Tosa Inu, le Dogo Argentino, le Fila Brasileiro, l’American Bulldog, le Cane Corso, le Boerboel, le Presa Canario et des types comme le Bandog. Le Bull Terrier anglais est parfois également mentionné. L’interdiction s’applique aussi aux chiens croisés avec ces races, souvent jusqu’à la cinquième génération.

Les hybrides chien‑loup sont encore plus sévèrement encadrés : toute descendance comportant du sang de loup jusqu’à dix générations est prohibée. L’importation de semence de chiens issus de ces races bannies est également interdite.

Attention :

En pratique, toute tentative d’introduire un chien de race interdite ou un croisé concerné sera bloquée à l’entrée. L’animal sera très probablement renvoyé à ses frais ou, s’il est déjà sur le territoire, saisi avec un risque réel d’euthanasie. Des sanctions financières peuvent également s’appliquer. Les autorités rappellent que les demandes d’exception au cas par cas n’ont quasiment aucune chance d’aboutir.

Mieux vaut donc demander noir sur blanc à MAST, avant tout projet, si la race ou le type de votre chien est autorisé. Ce courriel préliminaire simple peut éviter une situation dramatique.

Permis d’importation MAST : le sésame obligatoire

Pour tout chien ou chat, un permis d’importation délivré par MAST est indispensable. Sans lui, aucun animal ne sera autorisé à débarquer.

La demande doit être déposée au minimum 30 jours avant la date envisagée d’arrivée. Le permis est en principe valable un an à compter de sa délivrance, ce qui offre une certaine marge pour ajuster les billets et la réservation de quarantaine. Il ne suffit toutefois pas d’obtenir le permis : encore faut‑il remplir l’ensemble des conditions sanitaires et administratives, faute de quoi le permis peut rester lettre morte.

39600

Le coût de base d’un permis d’importation d’animal en Islande est d’environ 39 600 ISK.

Le rôle de MAST ne se limite pas à encaisser des frais. L’organisme contrôle aussi tous les documents de santé, valide le certificat final, coordonne avec les vétérinaires officiels et donne le feu vert aux postes de quarantaine. C’est aussi MAST qui assume la responsabilité d’ordonner un renvoi à l’expéditeur si les conditions ne sont pas réunies.

Microchip, vaccins, tests : la « check‑list » santé avant le départ

Avant de penser billets d’avion et hôtel, il faut bâtir le dossier sanitaire de votre animal. En Islande, les exigences en la matière sont parmi les plus complètes d’Europe.

Identification électronique : la base du dossier

Tout commence par la pose d’une puce électronique. Elle doit être non cryptée, à 15 chiffres, compatible avec les normes ISO 11784 ou 11785. Cette étape doit impérativement précéder l’ensemble des vaccinations et des tests. Le numéro de puce sert de fil conducteur : il doit figurer sur chaque document, chaque résultat d’analyse, chaque certificat.

Si la puce déjà posée n’est pas lisible par les lecteurs ISO classiques, le propriétaire a l’obligation de fournir un lecteur compatible à l’arrivée. Dans la pratique, il est souvent plus simple de refaire implanter une puce conforme avant d’entamer le processus islandais.

Vaccination antirabique et sérologie : le cœur du dispositif

Le vaccin contre la rage est non négociable. Le chien ou le chat doit être âgé d’au moins 12 semaines au moment de l’injection. Pour être acceptable par MAST, la vaccination doit intervenir entre 30 jours et 12 mois avant l’entrée en Islande, avec une règle spécifique plus stricte pour certains pays comme les États‑Unis où un délai de 120 jours est évoqué dans plusieurs documents.

Astuce :

Au moins 30 jours après la vaccination contre la rage, un prélèvement sanguin est requis pour un test sérologique (titrage d’anticorps). L’échantillon doit être analysé par un laboratoire agréé par l’Union européenne (par exemple, la Kansas State University pour les animaux en provenance des États-Unis). Pour être valide, le résultat doit indiquer un taux d’anticorps d’au moins 0,5 UI/ml.

Pour les animaux en provenance de pays de Catégorie 2, une attente supplémentaire de 90 jours à compter de la date du prélèvement est imposée avant l’entrée possible en Islande. C’est cette fenêtre qui fait mécaniquement grimper la durée minimale de préparation totale à environ quatre à six mois.

Tant que les rappels antirabiques restent à jour selon les recommandations officielles, la sérologie reste valable. Mais en cas de rupture, tout est à recommencer : nouvelle vaccination, nouveau prélèvement, nouvelle attente.

Autres vaccins et tests pour les chiens

Les chiens doivent être à jour d’un ensemble de vaccins dits « de base » (distemper, hépatite contagieuse canine, parvovirose) souvent regroupés dans un même produit (DHPP). Ces injections doivent être réalisées au plus tôt un an et au plus tard deux semaines avant l’importation.

Bon à savoir :

Pour importer un chien en France, la vaccination contre la leptospirose est requise dans une fenêtre de 2 semaines à 6 mois avant l’arrivée. Pour les chiens provenant des États‑Unis, du Canada ou de Singapour, la vaccination contre la grippe canine est également obligatoire et doit être effectuée au moins 14 jours avant le départ, conformément aux recommandations du fabricant.

Côté examens, plusieurs tests sont requis dans les 30 jours qui précèdent l’importation : dépistage de Brucella canis, analyse ou traitement ciblé contre Angiostrongylus vasorum (ver pulmonaire), et parfois recherche de Leishmania pour les chiens non stérilisés.

Vaccins et dépistages pour les chats

Les chats ne sont pas épargnés par les contraintes, même si la liste est un peu différente. Ils doivent être protégés contre la panleucopénie, la rhinotrachéite virale féline et le calicivirus, souvent via un vaccin combiné type FVRCP, administré dans les six semaines précédant l’importation. Une vaccination contre la leucémie féline est aussi mentionnée dans certains documents.

Bon à savoir :

Dans les 30 jours précédant le départ, votre chat doit subir des tests de dépistage du FIV (virus de l’immunodéficience féline) et du FeLV (virus de la leucémie féline). Les tests rapides effectués en cabinet vétérinaire sont généralement acceptés, à condition qu’ils soient clairement documentés et tracés dans le dossier médical de l’animal.

Traitements antiparasitaires obligatoires

La lutte contre les parasites internes et externes est un pilier du dispositif islandais. Deux traitements complets sont imposés avant le voyage. Le premier doit être administré entre 21 et 28 jours avant l’importation, le second entre 5 et 10 jours avant l’arrivée prévue. Ils doivent couvrir à la fois les parasites externes (puces, tiques, poux) et internes (ascaris, ténias).

Pour les chiens d’assistance autorisés à voyager en cabine, un traitement spécifique contre les parasites externes est exigé entre 24 et 120 heures avant le vol, avec mention dans le passeport ou le carnet de santé.

Certificat de santé et validation MAST : le volet administratif vétérinaire

Une fois les vaccins et tests effectués, il reste une étape administrative clé : l’établissement du certificat vétérinaire officiel de santé et d’origine. L’Islande utilise ses propres formulaires, distincts des certificats standards de nombreux pays. Pour les chiens, par exemple, on parle des formulaires D1 ou D2 selon la catégorie du pays d’origine ; pour les chats, de C1 ou C2.

Bon à savoir :

Ce document officiel doit être complété par un vétérinaire agréé (et accrédité USDA pour les États-Unis) dans un délai de 5 à 10 jours avant l’importation. Il doit contenir l’identité complète de l’animal, son numéro de puce électronique, ses antécédents de résidence, le détail de toutes les vaccinations (avec dates et numéros de lot), les résultats de la sérologie de la rage, les résultats de divers tests ainsi que les preuves des traitements antiparasitaires administrés.

Une fois complété et signé, le certificat et l’ensemble des résultats de laboratoire doivent être scannés et envoyés à MAST à l’adresse petimport@mast.is au moins cinq jours avant l’arrivée prévue. Les équipes de MAST vérifient alors les éléments, signent le certificat si tout est conforme et renvoient une confirmation. C’est cette validation en amont qui conditionne l’autorisation d’entrer.

Ce pré‑contrôle n’est pas une formalité. Les refus les plus fréquents sont liés à des dates incohérentes (vaccin ou test réalisé trop tôt ou trop tard), à un numéro de microchip absent sur un compte‑rendu ou à un résultat de titer rabique inférieur au seuil requis.

Arrivée en Islande : aéroport unique et logistique de transport

Les règles islandaises n’autorisent l’arrivée d’animaux que par voie aérienne, et uniquement via Keflavík International Airport. Les aéroports domestiques comme celui de Reykjavik ou d’Akureyri ne peuvent pas servir de point d’entrée initial.

Attention :

Depuis novembre 2024, le transport d’animaux de compagnie vers l’Islande est strictement réglementé. Les compagnies aériennes n’acceptent plus les chiens et chats, ni en cabine ni en soute comme bagage accompagné. Leur transport doit obligatoirement passer par un fret aérien (cargo) via des services spécialisés. La seule exception concerne les chiens d’assistance certifiés, qui doivent avoir obtenu une approbation préalable de l’autorité MAST pour voyager en cabine.

Concrètement, cela implique de réserver un vol cargo auprès d’une compagnie comme Icelandair Cargo, souvent au départ de hubs comme Los Angeles, New York ou Chicago. Le transport se fait dans une caisse rigide homologuée par l’Association internationale du transport aérien (IATA), suffisamment grande pour que l’animal puisse se tenir debout, se retourner et s’allonger.

Astuce :

Pour les voyages en avion, les chiens et chats doivent être transportés sans contact avec d’autres animaux. Privilégiez un vol direct depuis le pays d’origine. Si une escale est inévitable, elle doit avoir lieu dans un pays offrant de bonnes garanties sanitaires. La correspondance doit être courte et s’effectuer sans quitter la zone internationale de transit. Notez que pour une escale dans un pays de l’Union Européenne, des exigences supplémentaires liées au transit européen peuvent s’appliquer.

À l’arrivée à Keflavík, un agent agréé (par exemple la société Avior) prend en charge la caisse, en lien avec les services vétérinaires. Le propriétaire ne voit pas son animal : ce dernier est conduit directement vers la station de quarantaine.

Quarantaine obligatoire : 14 jours de séparation stricte

L’un des aspects les plus difficiles à accepter pour de nombreux expatriés est l’obligation de quarantaine en station spécialisée. Chaque chien et chaque chat doit y séjourner 14 jours, sans aucune exception pour les animaux âgés, craintifs, d’intérieur ou pour les motifs émotionnels.

Il existe deux stations de quarantaine agréées en Islande, dont l’une est située à Hafnir, non loin de Keflavík. Elles fonctionnent par vagues d’admission, généralement sur une fenêtre de trois jours consécutifs toutes les trois semaines. Il faut donc caler la date de vol cargo sur cette fenêtre, avec une arrivée entre 6 h et 17 h pour que la station puisse réceptionner les animaux.

Bon à savoir :

À l’arrivée à l’aéroport, un vétérinaire inspecte les chiens et chats et vérifie les documents originaux (permis MAST, certificat de santé signé et résultats de laboratoire) avant d’autoriser le transfert vers la quarantaine. Sur place, les animaux sont placés en box individuel, nourris, surveillés et soumis à des contrôles complémentaires, comme des analyses de selles ou des traitements antiparasitaires de renforcement.

Le propriétaire, lui, n’a pas le droit de venir les voir pendant la durée du séjour. Cette règle, dure à vivre, vise à limiter les va‑et‑vient et à maintenir un protocole sanitaire strict. À la sortie, tout le petit matériel utilisé (collier, laisse, couverture, lit) est détruit pour des raisons de biosécurité. Il est donc conseillé d’apporter de nouveaux accessoires le jour de la récupération.

220000

C’est le coût en couronnes islandaises (ISK) de la quarantaine pour un chien à la station de Reykjanesbær, incluant transport, pension et soins de base.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu simplifié de la structure de coûts pour un chien.

Poste de dépenseMontant indicatif
Permis d’importation MAST~ 39 600 ISK (≈ 290 USD)
Quarantaine (chien)~ 220 000 ISK (≈ 1 600 USD)
Acompte quarantaine50 000 ISK (inclus dans le total)
Vaccins et tests (pays d’origine)Variable, plusieurs centaines de dollars
Frais cargo international2 000 à 5 000 USD ou plus

Il est recommandé de réserver la quarantaine dès que possible, même avant d’avoir finalisé sa propre date de voyage, car les places sont limitées et les créneaux vite remplis.

Animaux d’assistance : quelques aménagements, mais des règles strictes

Les chiens d’assistance bénéficiant d’une reconnaissance officielle (chiens guides pour aveugles, chiens pour malentendants, chiens d’assistance pour personnes à mobilité réduite, épileptiques ou diabétiques) font l’objet d’un traitement un peu particulier.

Astuce :

Pour importer un animal de compagnie en France, les conditions sanitaires classiques restent obligatoires : identification par puce électronique ISO, vaccination antirabique à jour avec contrôle sérologique, autres vaccins requis, tests spécifiques, traitements antiparasitaires et certificat de santé vétérinaire. Cependant, deux assouplissements sont possibles. Premièrement, avec l’accord préalable de l’administration (MAST), l’animal peut voyager en cabine avec son propriétaire sur certains vols. Deuxièmement, sous réserve de l’obtention d’une autorisation spécifique, l’animal peut effectuer sa période de quarantaine à domicile, chez son propriétaire, au lieu d’être placé dans une station de quarantaine fermée.

En revanche, les animaux de soutien émotionnel ne sont pas assimilés à des chiens d’assistance au sens islandais. Ils restent soumis aux règles ordinaires, sans privilège de cabine ni quarantaine domestique.

Vivre avec un animal en Islande : logement, ville et culture animale

Passé le choc de la quarantaine, une autre réalité s’impose : la vie quotidienne avec un animal en Islande ne ressemble pas forcément à celle que l’on connaît ailleurs.

Dans la capitale, un long passé de méfiance vis‑à‑vis des chiens a laissé des traces. Reykjavik a connu une interdiction quasi totale des chiens pendant des décennies, instaurée dans les années 1920 pour lutter contre un parasite transmissible à l’homme. La levée progressive de ce bannissement, finalisée seulement en 2007, s’est accompagnée de règles très encadrées.

Bon à savoir :

Les chiens sont autorisés mais doivent être inscrits auprès de la municipalité avec paiement d’une redevance annuelle. Les maîtres sont responsables de la propreté et du respect des espaces publics. Des zones dédiées pour les promenades et jeux existent, mais sont encadrées. Des règlements spécifiques peuvent s’appliquer selon les quartiers.

Les chats ont historiquement été mieux tolérés, au point que beaucoup vivent semi‑libres, nourris par leur foyer mais circulant dans les rues. Reykjavik compte même un café à chats où des félins adoptables cohabitent avec les visiteurs, ainsi qu’une offre touristique construite autour de cette culture féline (par exemple des visites guidées thématiques).

Exemple :

Sur l’île de Grímsey, qui dépend de la municipalité d’Akureyri en Islande, des règles très spécifiques interdisent la détention et même la simple visite de chiens. Cet exemple illustre comment certaines petites municipalités peuvent adopter des réglementations locales très strictes et particulières.

Pour trouver un logement compatible avec un animal, il faut souvent faire preuve de patience. Sur le marché locatif, de nombreux propriétaires imposent des restrictions, surtout dans les immeubles collectifs. Les plateformes de location saisonnière recensent toutefois des logements acceptant les animaux, y compris quelques dizaines d’hébergements identifiés comme « pet‑friendly » dans la région de Reykjavik. Là encore, mieux vaut signaler la présence de son compagnon dès la prise de contact.

Coût global d’une expatriation avec animal : un budget à part entière

Amener un animal de compagnie en Islande représente une ligne de budget significative. Au‑delà de la quarantaine et du permis d’importation, il faut additionner la pose de la microchip (si nécessaire), les vaccins et rappels, la sérologie de la rage, les tests divers, les traitements antiparasitaires, la consultation pour le certificat de santé, les frais vétérinaires pour la préparation du dossier, et surtout le prix du transport cargo international.

2000-5000

Le fret aérien transatlantique peut ajouter ce coût supplémentaire, en dollars, pour le transport d’un animal de compagnie.

En parallèle, le coût de la vie islandais étant élevé, les dépenses courantes liées à un animal (nourriture, assurances, soins vétérinaires de routine) restent supérieures à la moyenne de nombreux autres pays. Des outils de planification budgétaire comme certains comparateurs de quartiers ou d’assurances peuvent aider à anticiper ces postes, mais il est prudent d’intégrer votre animal dans votre simulation de budget d’expatriation dès le début.

Services vétérinaires et fournitures : un niveau de soin élevé

L’Islande dispose d’un réseau vétérinaire de bon niveau, surtout dans et autour de Reykjavik. Des établissements comme Dýraspítalinn í Víðidal, le plus grand hôpital vétérinaire de la capitale, proposent un panel complet de services : urgences 24 h/24, médecine générale, chirurgie, prise en charge des animaux nouvellement importés.

On trouve également des cliniques spécialisées (ophtalmologie, cardiologie, neurologie) ou des cabinets offrant des services innovants, notamment en médecine équine ou pour les animaux de ferme. L’Association vétérinaire islandaise (IVA), basée à Reykjavik, coordonne la profession, encourage la formation continue et collabore avec les autorités sur les questions de bien‑être animal.

Bon à savoir :

Pour les propriétaires expatriés, il est rassurant de savoir que le personnel des cliniques vétérinaires parle souvent anglais, facilitant la communication en cas d’urgence. Cependant, il faut noter que les vétérinaires sont globalement moins nombreux dans les zones rurales sur l’ensemble du territoire. Il est donc essentiel de bien repérer les cabinets les plus proches de son futur lieu de résidence.

Côté fournitures, plusieurs enseignes spécialisées en animalerie opèrent à Reykjavik et livrent dans l’agglomération. On trouve aussi des boutiques en ligne livrant sur tout le territoire, avec un éventail de produits allant des aliments premium aux friandises fabriquées localement (par exemple des peaux de morue séchées) en passant par les shampoings, harnais et jouets. Des plateformes internationales proposent également la livraison en Islande, gérant pour le client les aspects de douanes et de taxes.

Climat islandais : bien préparer son animal au froid

Le climat islandais, plus doux qu’on ne l’imagine en termes de températures extrêmes grâce à l’influence océanique, reste éprouvant pour de nombreux animaux, en particulier à cause du vent, de l’humidité, de la pluie fréquente et de périodes hivernales longues avec peu de lumière.

Bon à savoir :

La résistance d’un chien au froid dépend de sa race, de son type de pelage, de son âge et de son état de santé. Les chiens nordiques à double pelage sont mieux protégés que les petits chiens à poil ras ou les animaux souffrant d’arthrose. Attention : même les races rustiques ne doivent pas rester exposées longtemps à un froid glacial, particulièrement si elles sont immobiles.

Dans la pratique, il est utile d’envisager des manteaux ou pulls pour les chiens sensibles, en veillant à ce que les vêtements restent secs. Les coussinets doivent être protégés contre le sel et la glace, avec éventuellement l’usage de bottines ou de baumes vétérinaires, et un rinçage systématique des pattes au retour de promenade.

Bon à savoir :

À l’intérieur, le chauffage et l’air sec peuvent causer des démangeaisons ou des problèmes cutanés. Pour y remédier, il est conseillé d’ajouter des acides gras oméga-3 à la ration, d’utiliser ponctuellement un humidificateur et des shampoings adaptés. Pour l’hydratation à l’extérieur, il est recommandé d’utiliser des gamelles chauffantes ou de l’eau légèrement tiède pour éviter que l’eau ne gèle.

Le rythme de vie change aussi : les promenades longues et dynamiques sont parfois remplacées par des sorties plus courtes par grand froid, compensées par davantage de jeux et d’enrichissement à l’intérieur pour éviter l’ennui et la prise de poids.

Planifier son projet : un rétroplanning sur plusieurs mois

Pour réussir une expatriation avec un animal en Islande, la clé réside dans l’anticipation. La séquence suivante, inspirée des exigences de MAST, permet de visualiser les grandes étapes.

D’abord, six mois au moins avant la date cible, il faut vérifier la catégorie de votre pays, la race de votre chien, et s’assurer que votre animal réside dans un pays approuvé depuis suffisamment longtemps. C’est le bon moment pour faire poser une microchip ISO si ce n’est pas déjà le cas.

Attention :

Pour un voyage en Islande, la vaccination antirabique doit être programmée 5 à 6 mois avant le départ, suivie d’une prise de sang pour la sérologie 30 jours après. Si vous venez d’un pays de Catégorie 2, un délai de 90 jours après le prélèvement est ensuite obligatoire avant l’entrée sur le territoire islandais.

Parallèlement, quatre à cinq mois avant l’arrivée, la réservation de la quarantaine doit être initiée, en choisissant un créneau d’admission réaliste par rapport aux délais de laboratoire. La demande de permis d’importation MAST doit être déposée au moins 30 jours avant la date choisie.

Astuce :

Dans le mois précédant le départ, planifiez les tests vétérinaires spécifiques et les traitements antiparasitaires en deux temps. Prenez rendez-vous chez le vétérinaire pour l’examen clinique et l’établissement du certificat officiel, requis 5 à 10 jours avant le vol. Une fois ce certificat validé par la MAST, finalisez la réservation du vol cargo pour l’animal et votre propre billet d’avion. Il est conseillé d’arriver à destination un jour ou deux après votre animal afin de pouvoir le récupérer immédiatement à sa sortie de quarantaine.

Faut‑il vraiment venir en Islande avec son animal ?

Au terme de ce panorama, une question se pose inévitablement : est‑il raisonnable de s’expatrier en Islande avec un chien ou un chat ? Dans bien des cas, la réponse dépend de la durée de votre projet, de l’état de santé et de la sensibilité de votre compagnon, de vos moyens financiers et de votre capacité à supporter la séparation imposée par la quarantaine.

Bon à savoir :

Pour un déménagement de longue durée, emmener son animal peut être justifié si celui-ci est éligible, robuste et capable de supporter le voyage en cargo, la quarantaine et un nouveau climat. Pour un séjour court ou incertain, une solution de garde dans le pays d’origine est souvent plus protectrice pour le bien-être de l’animal et la tranquillité du propriétaire.

Dans tous les cas, la règle d’or reste la même : ne jamais se reposer sur des suppositions, mais vérifier chaque point directement auprès de MAST, de votre vétérinaire exportateur et des stations de quarantaine. L’Islande est un pays où l’on vit bien avec des animaux, mais c’est aussi l’un des plus exigeants pour qu’ils puissent franchir légalement ses frontières.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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