Les soins de santé pour les expatriés en Islande : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Islande, c’est accepter des hivers rudes, des paysages spectaculaires… et un système de santé très particulier, à la fois ultra performant et fortement encadré par l’État. Pour un expatrié, tout l’enjeu est de comprendre comment fonctionne ce système, qui y a droit, combien cela coûte, et à quels services on peut réellement accéder en pratique, que l’on vive à Reykjavik ou dans un fjord isolé.

Bon à savoir :

Le système de santé islandais repose sur les centres publics Heilsugæsla, complétés par des cliniques privées. La carte européenne d’assurance maladie est utile pour les ressortissants de l’UE/Espace Économique Européen. Il est crucial de connaître les numéros d’urgence, les coûts associés aux soins et les bonnes pratiques pour éviter les surprises financières.

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Un système universel, public et très performant

L’Islande a fait le choix d’un système de santé universel, financé principalement par l’impôt et géré au niveau national. La quasi‑totalité des hôpitaux sont publics, il n’existe pas d’hôpitaux privés, et l’offre privée se limite à des cliniques spécialisées, essentiellement à Reykjavik et dans sa périphérie.

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L’indice de couverture effective du système de santé islandais, le classant parmi les plus efficaces au monde selon The Lancet.

Le pays est découpé en sept régions de santé, avec environ 60 centres de soins locaux. Deux grands pôles hospitaliers structurent l’offre : le Landspítali – l’hôpital universitaire national à Reykjavik – et l’hôpital d’Akureyri dans le nord. À cela s’ajoutent plusieurs hôpitaux régionaux et institutions de santé répartis sur le territoire, avec une forte concentration de l’offre dans la région capitale où vit environ 65 % de la population.

Pour un expatrié, ce contexte a une conséquence directe : partout dans le pays, vous trouverez un accès minimal à des soins publics, mais l’éventail des spécialités et la rapidité de prise en charge seront nettement plus favorables dans l’aire urbaine de Reykjavik que dans les zones rurales.

Public, privé, urgence : qui fait quoi en Islande ?

Le cœur du système repose sur la médecine de premier recours organisée autour des centres de santé Heilsugæsla (ou Heilsugæslustöð). Ces structures, présentes dans tout le pays, sont l’équivalent des maisons de santé ou cabinets de médecins généralistes dans d’autres pays européens.

À Reykjavik, ce réseau est regroupé sous l’appellation Heilsugæsla Reykjavíkur, avec plusieurs centres dont Heilsugæslan Miðbær en plein centre‑ville. C’est généralement là que les expatriés installés dans la capitale s’inscrivent en premier pour avoir un médecin traitant.

Le tableau ci‑dessous résume les principaux types de structures de soins auxquelles un expatrié peut être confronté.

Type de structureRôle principalStatutParticularités pour les expatriés
Heilsugæsla / Heilsugæslustöð (centres de santé)Médecine générale, suivi de base, orientation vers spécialistesPublicPorte d’entrée principale dans le système public
Landspítali University Hospital (Reykjavik)Hôpital universitaire, urgences, spécialités lourdesPublicPlus grand hôpital du pays, personnel anglophone
Hôpitaux régionaux (HSS, SAK, HSU, HSA, HVE, HVEST)Soins hospitaliers régionaux, urgences localesPublicPersonnel parlant généralement anglais
Læknavaktin (Reykjavik)Médecine d’urgence de ville, hors horaires de bureauPublic / conventionnéSans rendez‑vous, payant, staff anglophone
Cliniques privées (Domus Medica, Laeknasetrid, Miðstöðin, MediCare Iceland…)Consultations rapides, accès direct à des spécialistesPrivéPaiement intégral, service souvent en anglais

Dans la capitale, la densité d’offre est telle que la plupart des spécialités sont accessibles soit à l’hôpital universitaire, soit via des cliniques privées comme Domus Medica ou Laeknasetrid Medical Center. Ces établissements privés sont très prisés des expatriés qui souhaitent réduire les délais pour voir un spécialiste ou bénéficier d’un accompagnement plus personnalisé, souvent entièrement en anglais.

Attention :

En province, le parcours de soins débute généralement au centre de santé local, puis se poursuit à l’hôpital régional si nécessaire. Toutes ces structures référencées sont publiques et disposent de personnel anglophone.

Établissement publicAdresseTéléphoneZone couverte principale
Landspítali (Reykjavik)Hringbraut, 101 Reykjavík+354 543 1000Région capitale, référence nationale
HSSSkólavegur 6, 230 Reykjanesbær+354 422 0500Sud‑Ouest (Reykjanesbær, aéroport)
SAKEyrarlandsvegur, 600 Akureyri+354 463 0100Nord (Akureyri et environs)
HSUÁrvegi, 800 Selfoss+354 432 2000Sud (Selfoss et région)
HSALagarás 17‑19, 700 Egilsstaðir+354 470 3000Est du pays
HVEMerkigata 9, 300 Akranes+354 432 1000Ouest (Akranes et région)
HVESTTorfnesi, 400 Ísafjörður+354 450 4500Fjords de l’Ouest

Cette carte hospitalière est précieuse à connaître, surtout si vous vivez en dehors de Reykjavik ou si vous prévoyez de longs trajets dans le pays.

Comment fonctionne l’assurance maladie publique pour les expatriés ?

L’assurance maladie nationale islandaise – Sjúkratryggingar Íslands (souvent abrégée IHI en anglais) – est au cœur du financement des soins. Le principe est simple : le système prend en charge environ 84–85 % des coûts, le reste étant assumé par les patients sous forme de tickets modérateurs (co‑paiements). Mais pour un expatrié, l’accès à cette couverture n’est ni automatique, ni immédiat.

Le principe de résidence et le délai de six mois

Pour bénéficier des soins publics à tarif subventionné, il faut être résident légal et avoir vécu en Islande de façon continue pendant six mois. Ce délai d’attente est la règle générale pour les non‑Islandais arrivant de pays hors EEE.

La démarche suit en pratique plusieurs étapes :

1. Obtenir une kennitala, le numéro d’identification national à dix chiffres, indispensable pour tout : contrat de travail, banque… et santé. 2. Enregistrer son domicile légal auprès de Registers Iceland. 3. Déposer une demande d’assurance santé auprès de Sjúkratryggingar Íslands, idéalement dès que le domicile est enregistré. 4. Patienter : l’instruction du dossier prend en général entre 4 et 6 semaines, mais la prise d’effet de la couverture ne commence qu’après les six mois de résidence continue.

Astuce :

Pendant le délai d’attente avant l’entrée en vigueur de votre assurance maladie islandaise, vous n’êtes pas considéré comme assuré. Vous pouvez toujours consulter un médecin ou être hospitalisé, mais vous devrez payer le tarif plein, sans bénéficier d’aucune subvention.

Exemptions partielles pour Européens et Nordiques

Les ressortissants de l’Espace économique européen (EEE), du Royaume‑Uni, de la Suisse, du Groenland et des Îles Féroé peuvent, sous conditions, éviter tout ou partie du délai de six mois en transférant leurs droits d’assurance depuis leur pays d’origine.

Concrètement, cela passe par la fourniture de formulaires délivrés par la caisse de sécurité sociale du pays de départ (par exemple E‑104 ou S041), prouvant qu’ils étaient bien couverts dans ce pays avant de s’installer en Islande. Une fois ces documents enregistrés par l’assurance islandaise, les droits peuvent démarrer sans délai d’attente.

Exemple :

Les conditions pour transférer ses droits de sécurité sociale en Islande varient selon la provenance. Les citoyens des pays nordiques (Danemark, Norvège, Suède, Finlande) bénéficient de règles très souples : ils peuvent demander leur affiliation dès l’enregistrement de leur résidence légale, à condition d’avoir quitté leur pays d’origine il y a moins de 12 mois. Pour les expatriés d’autres pays, comme la France, l’Allemagne ou l’Italie, le transfert est également possible, mais il est impératif d’avoir été préalablement couvert par un régime public de sécurité sociale, et non par une assurance privée uniquement.

Les conjoints et enfants de moins de 18 ans d’un assuré EEE peuvent parfois bénéficier eux aussi d’une exemption de délai, mais ces cas sont examinés au cas par cas.

Obligation d’assurance privée pour les non‑EEE et les séjours courts

Pour les ressortissants de pays hors EEE, le délai de six mois est incompressible. L’obtention d’un permis de séjour est d’ailleurs conditionnée à la souscription préalable d’une assurance santé privée valable au moins six mois, auprès d’un assureur habilité en Islande, avec un niveau de couverture minimal d’environ 2 000 000 ISK de frais médicaux.

Les digital nomads disposent de visas spécifiques, mais ils ne deviennent pas pour autant affiliés au régime public : ils doivent rester couverts par une assurance privée pendant tout leur séjour.

Touristes et visiteurs de moins de six mois, quelle que soit leur nationalité (hors mécanismes EHIC dont nous parlons plus loin), ne peuvent pas accéder à l’assurance islandaise. Ils sont considérés comme auto‑payeurs et doivent se munir d’une assurance voyage ou internationale couvrant les coûts de santé sur place.

Le tableau suivant résume grossièrement la situation selon les profils.

Profil d’expatrié / visiteurDroit à l’assurance publique islandaiseDélai / condition principaleAssurance privée requise
Résident EEE / Suisse / UK, transfert de droits validéOuiPossible sans délai, si assuré dans le pays d’origineRecommandée au début
Citoyen nordique s’installant en IslandeOuiDès l’enregistrement de la résidenceOptionnelle
Résident non‑EEE (permis de séjour)OuiAprès 6 mois de résidence continueObligatoire 6 premiers mois
Digital nomad avec visa spécifiqueNon (sauf évolution future)Non éligible comme résident au sens de la loiObligatoire pendant tout le séjour
Touriste / séjour < 6 moisNonPas de droit à l’assurance publiqueFortement recommandée

Ce que couvre (et ne couvre pas) l’assurance islandaise

Une fois le délai de carence passé, un expatrié affilié à l’assurance islandaise bénéficie à peu près des mêmes droits qu’un citoyen local. La couverture est large et englobe la plupart des besoins courants et lourds.

Prestations prises en charge

Les services suivants sont inclus dans le champ de la couverture publique :

Services couverts par l’assurance maladie

Découvrez les principaux services et soins de santé pris en charge par le système d’assurance maladie, incluant consultations, hospitalisations, maternité et bien d’autres prestations.

Consultations et hospitalisations

Consultations de médecine générale et de spécialistes, ainsi que les hospitalisations et soins en service d’hospitalisation.

Maternité et imagerie

Suivi de grossesse, accouchement, soins postnataux, et examens d’imagerie (radiographies, scanners, IRM) et radiothérapies.

Médicaments et transport

Médicaments prescrits (avec contribution du patient) et transport pour raison médicale, y compris certains frais de déplacement.

Matériel et rééducation

Aides techniques et matériels médicaux, ainsi que soins de kinésithérapie et de rééducation (avec limites et co‑paiements).

Soins à domicile et EHPAD

Services infirmiers à domicile, et prise en charge en maisons de retraite (EHPAD) et pour les soins de longue durée.

Soins à l’étranger et dentaires

Frais de traitement hospitalier hors du pays dans certains cas, et soins dentaires et orthodontiques pour les enfants et partiellement pour les retraités.

Certaines catégories bénéficient d’exonérations supplémentaires : les enfants de moins de deux ans ne paient pas de frais de consultation, les soins pour les moins de 18 ans avec orientation du médecin traitant sont gratuits, et les personnes de plus de 67 ans ou en situation de handicap peuvent être totalement exemptées de ticket modérateur pour les consultations.

Domaines peu ou pas couverts

En revanche, plusieurs postes restent peu ou pas pris en charge, ce qui explique le recours fréquent à une assurance privée complémentaire :

Soins partiellement remboursés

Certains soins de santé ne sont pas entièrement pris en charge par l’assurance maladie de base. Voici quelques exemples courants où une participation financière personnelle est souvent nécessaire.

Soins dentaires pour adultes

Hors cas particuliers et pensionnés, les soins dentaires courants pour adultes (détartrage, soins conservateurs) ne sont que partiellement remboursés.

Kinésithérapie en ville

Une grande partie des séances de kinésithérapie effectuées en cabinet libéral font l’objet d’un remboursement partiel par l’assurance de base.

Optique et confort visuel

Les lunettes, lentilles de contact et les soins optiques considérés comme de confort sont généralement mal remboursés, nécessitant souvent une complémentaire santé.

Santé mentale

Certaines prises en charge en psychologie ou psychothérapie peuvent ne bénéficier que d’un remboursement partiel, selon le praticien et le type de suivi.

Chirurgie esthétique

Les actes de chirurgie purement esthétique ou les interventions électives, non médicalement nécessaires, ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie obligatoire.

Pour un expatrié habitué à un système prenant largement en charge le dentaire ou l’optique, le choc peut être important : en Islande, ces domaines relèvent davantage de la responsabilité individuelle ou de contrats privés que de la solidarité collective, sauf pour les enfants et les personnes âgées sous conditions.

Tickets modérateurs, plafonds et coûts : à quoi s’attendre ?

Le système islandais n’est pas gratuit au point de service : chaque consultation, examen ou acte génère une participation financière du patient. Ces montants restent en général raisonnables pour les assurés, mais ils grimpent vite pour les non‑affiliés ou ceux qui utilisent des cliniques privées.

Co‑paiements et plafonds mensuels

Le cadre islandais repose sur l’idée d’un « bouclier de coûts » (kostnaðarþak) : au‑delà d’un certain montant cumulé de tickets modérateurs par mois, l’assurance prend le relais et la participation de l’assuré chute fortement.

Les montants exacts varient selon les textes et les mises à jour, mais les ordres de grandeur suivants ressortent :

Plafond mensuel général pour un adulte : autour de 25 000 à 35 000 ISK

Plafond plus bas pour les enfants, les retraités et les personnes en situation de handicap : entre 16 700 et 23 000 ISK selon les sources

300000

Plafond annuel global du reste à charge pour une personne en Islande, limitant le risque financier en cas de dépenses de santé importantes.

Sur les médicaments, un autre mécanisme de plafonnement existe : après un certain niveau de dépenses sur une période de 12 mois (autour de 62 000 ISK), la prise en charge par l’État augmente et peut monter à 100 % pour les traitements chroniques coûteux.

Exemples de tarifs pour consultations et examens

Pour se faire une idée concrète, il est utile de regarder quelques tarifs typiques, côté public et côté privé. Voici une synthèse indicative des coûts courants, pour un patient couvert par l’assurance islandaise, sauf mention contraire.

Prestations courantesCoût approximatif (en ISK)Remarques
Consultation programmée en centre de santé (GP)≈ 500 à 1 000Pendant les heures de bureau
Consultation plus complexe / urgente en journée≈ 3 400Ticket modérateur plus élevé
Consultation de spécialiste (avec lettre du GP)≈ 2 500Dans le système public
Analyse de laboratoire≈ 3 591Hors actes très spécialisés
Test de grossesse≈ 904En centre de santé
Passage aux urgences (ER)≈ 5 000Pour les assurés, hors hospitalisation ultérieure
Consultation médecin privée (Míðstöðin, GP)≈ 12 000Tarif intégral, non subventionné
Consultation à Læknavaktin sans assurance≈ 15 000Soins d’urgence de ville à Reykjavik

Pour un expatrié non encore affilié à l’assurance islandaise, ces montants peuvent être nettement plus élevés, notamment à l’hôpital, puisqu’il n’y a alors aucune subvention : d’où l’importance d’une assurance voyage ou internationale solide durant les premiers mois.

Financement et cotisations

Au‑delà des tickets modérateurs, l’assurance publique est financée par l’impôt et des contributions sociales obligatoires. Pour les salariés, l’employeur prélève automatiquement une contribution (de l’ordre de 6,10 % du salaire) destinée au fonds d’assurance, dans la limite d’un plafond mensuel (autour de 25 000 à 35 000 ISK selon les catégories). Les personnes sans emploi ou retraitées doivent régler directement leur contribution dans le cadre du système social islandais.

Bon à savoir :

Il n’est pas possible de se retirer du système public de santé. Toute personne résidente et assurée y participe financièrement, et ce, même si elle dispose également d’une assurance privée internationale en parallèle.

La carte européenne d’assurance maladie (EHIC) et son rôle en Islande

Pour les ressortissants de l’UE, de l’EEE, du Royaume‑Uni et de la Suisse, la carte européenne d’assurance maladie (EHIC) – ou son équivalent britannique GHIC – est un outil clé pour les séjours temporaires en Islande. Elle ne remplace pas une assurance voyage, mais elle permet d’être traité comme un assuré local pour les soins jugés médicalement nécessaires pendant le séjour.

Concrètement, présenter une EHIC valide et un passeport à un hôpital ou un cabinet permet :

d’être facturé au même tarif qu’un assuré islandais (co‑paiements identiques) plutôt qu’au tarif plein touriste ;

de faire prendre en charge certaines prestations lourdes, comme la dialyse, l’oxygénothérapie ou la chimiothérapie, à condition qu’elles aient été pré‑réservées auprès d’un établissement public.

Si vous êtes citoyen européen et que vous arrivez en Islande avec une EHIC, elle joue donc un rôle de filet de sécurité durant les premiers mois, avant même un éventuel transfert de droits vers l’assurance islandaise. Mais elle ne couvre ni les rapatriements, ni les pertes de bagages, ni beaucoup de frais annexes : une assurance complémentaire reste indispensable.

En cas de facturation intégrale alors que vous aviez une EHIC valide, il est possible de demander un remboursement a posteriori soit à l’Icelandic Health Insurance, soit à votre organisme dans le pays d’origine, en fournissant factures originales, preuve de paiement, EHIC et pièce d’identité.

Assurances privées : indispensables au début, utiles ensuite

Pour la plupart des expatriés, l’assurance privée n’est pas qu’un confort : c’est une nécessité, au moins pendant la période d’attente de l’affiliation publique.

Pourquoi une assurance privée est incontournable

Plusieurs raisons rendent cette couverture privée pratiquement obligatoire :

Attention :

Pour les nouveaux résidents hors EEE, un délai de six mois est requis avant d’accéder aux subventions publiques. Les digital nomads et les séjours de moins de six mois sont totalement exclus. Le système ne couvre pas intégralement certains soins (dentaire adulte, optique, certaines psychothérapies, actes de confort). De plus, les délais d’attente pour consulter un spécialiste dans le secteur public sont souvent longs, pouvant aller de 1 à 6 mois.

Les autorités islandaises imposent d’ailleurs que les non‑EEE disposent d’une assurance privée répondant à des critères stricts (valable au moins six mois, minimum de couverture d’environ 2 000 000 ISK, assureur agréé) pour délivrer un permis de résidence.

Combien ça coûte et que couvre une assurance privée ?

Les plans d’assurance santé privés commercialisés en Islande affichent, en moyenne, les niveaux de coût suivants : niveau de coût.

Contrats de base : 15 000 à 30 000 ISK par mois

Contrats plus complets incluant dentaire, optique et garanties étendues : 40 000 ISK par mois ou plus

Assurance Santé en Islande

Panorama des principales options d’assurance santé disponibles pour les résidents et expatriés en Islande.

Assureurs Locaux

Les compagnies comme Sjóvá et VÍS dominent le marché intérieur islandais, offrant des couvertures adaptées aux résidents.

Assureurs Internationaux

Des groupes comme AXA ou Cigna Global proposent des contrats pour expatriés, incluant couverture mondiale, options maternité et évacuation sanitaire.

Services Spécifiques

Ces contrats expatriés incluent souvent des services avancés comme le deuxième avis médical et la téléconsultation.

Les avantages typiques de ces contrats pour un expatrié en Islande incluent :

La prise en charge des coûts élevés avant affiliation à l’assurance publique

Une réduction des restes à charge sur les co‑paiements publics

– L’accès plus rapide aux spécialistes via des cliniques privées

– La couverture de soins peu ou pas subventionnés (dentaire adulte, lunettes, certains soins psychologiques)

– La continuité de la couverture en dehors de l’Islande (voyages professionnels, retours au pays, etc.)

Pour choisir une police, il faut examiner de près le niveau de franchise, le pourcentage remboursé par acte, les exclusions (en particulier pour les conditions préexistantes) et les services d’assistance (traduction, ligne médicale 24/7…).

Accéder concrètement aux soins : démarches et outils utiles

Une fois sur place, l’accès aux soins se structure autour de quelques démarches et outils incontournables.

S’enregistrer dans un centre de santé Heilsugæsla

Après avoir obtenu sa kennitala et, si possible, commencé la démarche d’affiliation, la première étape pratique est de s’inscrire auprès du centre de santé le plus proche de son domicile. C’est là que vous demanderez un médecin traitant (généraliste) qui deviendra votre point de contact principal dans le système public.

Ce médecin est celui qui délivre la plupart des ordonnances et des lettres d’orientation vers les spécialistes du système public. Sans cette lettre, de nombreux spécialistes publics ne seront pas accessibles, sauf à payer un tarif plus élevé.

Au moment de l’inscription, il est conseillé :

d’autoriser le centre à accéder à vos anciens dossiers médicaux si nécessaire ;

– de signaler immédiatement si vous avez besoin d’un interprète pour les consultations ;

– de vérifier quelles langues parlent les médecins, surtout si vous vous installez hors de Reykjavik.

Heilsuvera : le portail numérique de santé islandais

La plateforme Heilsuvera (site web et application) joue un rôle central dans l’organisation des soins. Elle permet, pour les assurés : de gérer leur dossier médical, de prendre des rendez-vous en ligne, et d’accéder à des informations sur leurs traitements et prescriptions.

de prendre des rendez‑vous en ligne avec leur centre de santé ;

d’envoyer des messages à l’équipe soignante ;

de consulter certaines informations médicales et prescriptions.

Bon à savoir :

Pour utiliser pleinement ce service, il est nécessaire de posséder une e‑ID islandaise (identité électronique liée à la kennitala) et d’être déjà inscrit dans le système. Pour un expatrié récemment arrivé, cet outil devient donc principalement utile une fois la première phase administrative accomplie. En attendant, la prise de rendez-vous doit se faire par téléphone.

Numéros de téléphone et lignes d’aide médicales

Outre le 112, numéro unique pour toutes les urgences (police, pompiers, ambulances, secours en montagne), l’Islande dispose de plusieurs lignes dédiées à l’orientation médicale.

Les numéros les plus utiles à garder dans son téléphone sont : les contacts d’urgence, les médecins, les amis proches, la famille, le service client de votre banque, les services de dépannage (plomberie, électricité), le médecin de famille, et les numéros d’assistance pour votre voiture.

ServiceNuméro / accèsRôle principal
Urgences générales112Appels d’urgence, ambulances, sauvetages
Conseil médical général et orientation1700Conseils 24/7, orientation vers centres ou urgences
Ligne infirmière / Læknavaktin (hors heures)1770Conseil infirmier, organisation de visites ou d’envoi aux urgences
Læknavaktin – accueil téléphonique élargi1700 / 1770Soins de garde dans la région de Reykjavik
Service d’urgence pédiatrique (lien téléphonique)563 1010Ligne dédiée pour les enfants et adolescents

Les horaires de fonctionnement de Læknavaktin à Reykjavik sont assez étendus : en semaine, de 17 h à 22–23 h environ, et en journée entière les week‑ends et jours fériés. Une consultation peut s’y faire sans rendez‑vous, en tirant un ticket sur place et en acquittant un forfait.

Téléconsultation et services en anglais

Les options de télémédecine se développent en Islande : outre la messagerie de Heilsuvera, plusieurs acteurs privés proposent des consultations vidéo, notamment MediCare Iceland qui cible spécifiquement une clientèle anglophone. Par ailleurs, de grandes plateformes internationales comme Teladoc peuvent intervenir pour des expatriés selon leur contrat d’assurance.

Bon à savoir :

Pour les expatriés non islandophones, la maîtrise de l’anglais est très répandue chez les professionnels de santé, en particulier à Reykjavik et dans les principales villes. Dans les établissements comme l’hôpital Landspítali, le service Læknavaktin et les grandes cliniques privées de la capitale (Domus Medica, Laeknasetrid Medical Center, etc.), il est rare de rencontrer un praticien ne parlant pas couramment anglais.

Dans les zones rurales, le niveau d’anglais peut être plus variable, mais la plupart des médecins ont au moins un niveau fonctionnel. Lors de la prise de rendez‑vous, il est prudent de préciser que vous ne parlez pas islandais et de demander si une consultation en anglais est possible, ou un interprète si nécessaire.

Urgences, soins hors horaires et situations particulières

Même bien assuré, un expatrié peut se retrouver un jour confronté à une urgence médicale. Savoir vers qui se tourner et comment fonctionne la chaîne d’urgence islandaise peut faire gagner un temps précieux.

En cas de situation vitale

En cas de danger immédiat (perte de connaissance, douleur thoracique intense, traumatisme grave, détresse respiratoire), le réflexe est le même partout dans le pays : appeler le 112. La centrale oriente l’appel, dépêche éventuellement une ambulance et coordonne l’acheminement vers le service d’urgence le plus proche.

Dans la région capitale, l’hôpital universitaire Landspítali à Fossvogur assure la prise en charge des urgences 24 heures sur 24, avec des équipes anglophones. Les numéros directs du service d’urgence sont notamment +354 525 1700 et +354 543 1000, mais dans la pratique, c’est le 112 qui reste l’entrée unique.

L’ambulance est prise en charge par le système public pour les assurés ; sans assurance ou sans EHIC, une participation forfaitaire est facturée, voire la totalité du coût en cas de statut purement touristique, mais ce n’est jamais un motif de non‑prise en charge en situation vitale.

Urgences non vitales : Læknavaktin et médecine de garde

Pour des urgences mineures ou des problèmes survenant en soirée ou le week‑end (forte fièvre, crise douloureuse nécessitant un avis rapide, infection aiguë sans danger vital immédiat), la solution est souvent de s’adresser au service de garde de Læknavaktin.

À Reykjavik, ce centre d’urgence de ville se situe à Austurver (Háaleitisbraut 68, 103 Reykjavík). Ses horaires varient légèrement selon les sources, mais en pratique :

– En semaine : fin d’après‑midi jusqu’en fin de soirée (typiquement 17 h–22/23 h)

– Week‑ends et jours fériés : généralement en continu de la matinée à la soirée (9 h–22/23 h)

On peut s’y présenter sans rendez‑vous, prendre un ticket et attendre son tour. Une ligne de conseil infirmier au 1770 permet de filtrer les situations, donner des conseils de premiers secours, proposer un rendez‑vous ou recommander d’aller directement aux urgences hospitalières.

Pour les enfants, une structure pédiatrique spécifique est installée à Orkuhúsið, Urðarhvarf 8, avec des plages horaires dédiées en fin de journée et le week‑end, sur orientation téléphonique via le 563 1010.

Pré‑réserver certains traitements lourds avant d’arriver

Pour des patients expatriés nécessitant des traitements lourds et programmés comme la dialyse ou l’oxygénothérapie longue durée, il est impératif d’anticiper avant même de poser le pied en Islande. Ces soins doivent être pré‑arrangés avec les unités spécialisées du Landspítali à Reykjavik, par exemple :

Unité de dialyse : Eiríksgata 5, 101 Reykjavik, téléphone +354 543 6311

Unité d’oxygénothérapie (3‑A) : Eiríksgata 5, 101 Reykjavik, téléphone +354 543 6049

Pour les titulaires d’une EHIC, ces traitements peuvent être couverts au tarif local, à condition qu’ils aient été réservés auprès d’un prestataire public et que les justificatifs aient été fournis à l’avance.

Vivre en dehors de Reykjavik : spécificités et précautions

L’immense majorité de l’offre de spécialistes et de cliniques privées se concentre à Reykjavik. Pour un expatrié basé à Akureyri, Selfoss, Egilsstaðir ou dans des localités plus reculées, l’accès aux soins suit une logique différente.

Les centres de santé locaux assurent une présence médicale, parfois avec des horaires limités en dehors des villes. Certains ne sont ouverts que certains jours de la semaine pour les consultations de médecine générale. Les hôpitaux régionaux prennent le relais pour les soins plus lourds et les urgences.

Les principaux points à garder en tête si l’on vit hors de la région capitale sont les suivants :

Astuce :

Pour une prise en charge médicale efficace en Grèce, il est conseillé de : vérifier les horaires d’ouverture du centre de santé local et les plages de permanence téléphonique de son médecin ; se renseigner sur les solutions de garde en dehors de ces créneaux (médecin d’astreinte, numéro d’appel local, renvoi vers le 1700 ou 1770) ; anticiper les trajets vers l’hôpital régional le plus proche pour accéder à des spécialistes ou des examens lourds ; confirmer la possibilité d’une consultation en anglais lors de la prise de rendez-vous ; et toujours garder sur soi les coordonnées du 112, du 1700 et de l’hôpital régional.

La plateforme Heilsuvera propose une carte des services qui permet de visualiser les centres de santé, hôpitaux et structures de garde sur l’ensemble du territoire, un outil particulièrement utile pour préparer ses déplacements ou randonnées dans des zones isolées.

Soins en anglais et ressources pour trouver un médecin

Pour un nouvel arrivant, trouver rapidement un praticien anglophone peut être un défi si l’on ne sait pas où chercher. Plusieurs ressources peuvent être mobilisées.

Les ambassades installées à Reykjavik, dont l’ambassade britannique, tiennent généralement à jour une liste de médecins, dentistes et hôpitaux disposant de personnel parfaitement anglophone. L’ambassade du Royaume‑Uni, par exemple, est située Laufásvegur 31, 101 Reykjavík et peut être contactée au +354 550 5100 ou via un formulaire en ligne.

La plupart des grands établissements publics (Landspítali, HSS, SAK, etc.) indiquent clairement qu’ils disposent de personnel parlant anglais. Dans les cliniques privées de Reykjavik comme Domus Medica, Laeknasetrid ou MediCare Iceland, l’anglais est souvent la langue de travail courante avec les patients internationaux.

Bon à savoir :

De nombreux médecins islandais, dans toutes les spécialités (chirurgie, psychiatrie, dermatologie, etc.), sont référencés comme étant capables de consulter en anglais. Pour un expatrié, c’est l’information essentielle à retenir parmi les listes complètes disponibles.

la communication en anglais avec le corps médical ne pose généralement aucun problème à Reykjavik et dans les grandes villes ;

– en province, il est utile de vérifier à l’avance les compétences linguistiques du praticien, surtout pour des consultations spécialisées ou des sujets sensibles (santé mentale, pédiatrie, gynécologie) ;

– si nécessaire, les centres de santé peuvent organiser la présence d’un interprète, à condition de le signaler au moment de la prise de rendez‑vous.

Bonnes pratiques pour les expatriés : dossiers, reçus, identité et médicaments

Au‑delà des grands principes, quelques réflexes simples facilitent énormément la vie d’un expatrié dans le système de santé islandais.

Toujours avoir sur soi sa kennitala (ou au moins le numéro), ainsi que sa carte d’assurance (islandaise ou EHIC) et une pièce d’identité. Ces éléments sont systématiquement demandés à l’accueil des centres de santé, des hôpitaux et des pharmacies.

Toujours conserver les factures et reçus de soins. Ils serviront :

Exemple :

La facture médicale peut être utilisée pour trois raisons principales : pour le suivi de vos plafonds de co‑paiement, pour d’éventuelles demandes de remboursement auprès de votre assurance privée internationale, et pour corriger une éventuelle erreur de facturation, par exemple si votre statut d’assuré n’a pas été correctement pris en compte.

Pour les médicaments réguliers, se renseigner en amont sur leur disponibilité en Islande, notamment pour des traitements très spécifiques. Les pharmacies (Apótek) sont bien fournies, mais les noms commerciaux peuvent différer, et certaines molécules très particulières nécessitent une anticipation ou une coordination avec un spécialiste.

Enfin, pour les problèmes de santé complexes ou chroniques, il est utile d’arriver en Islande avec un résumé médical en anglais (ou islandais) établi par votre médecin précédent, mentionnant vos antécédents, traitements en cours et allergies. Ce document facilitera le travail de votre nouveau médecin islandais et accélérera la mise en place du bon schéma de soins.

En résumé

Les soins de santé pour les expatriés en Islande s’inscrivent dans un cadre très structuré, performant, mais exigeant sur le plan administratif. Le système public, organisé autour des centres Heilsugæsla et de l’hôpital universitaire Landspítali, offre un niveau de qualité parmi les meilleurs au monde, avec un financement largement mutualisé via l’impôt et des co‑paiements plafonnés.

Pour profiter pleinement de cette protection, un expatrié doit toutefois franchir plusieurs étapes : obtention de la kennitala, enregistrement du domicile, demande d’affiliation, éventuel transfert de droits pour les Européens. Les six premiers mois constituent une période charnière, où l’assurance privée – souvent obligatoire – joue un rôle crucial pour éviter des dépenses lourdes.

Bon à savoir :

Une fois enregistré, l’expatrié accède au même système que les locaux : inscription dans un centre de santé, suivi par un médecin généraliste, orientation vers des spécialistes si besoin. Il est possible d’utiliser des cliniques privées pour des rendez-vous plus rapides et la plateforme en ligne Heilsuvera pour les démarches administratives. La plupart des soins peuvent être effectués en anglais.

En combinant une bonne préparation en amont, une couverture assurantielle adaptée et une connaissance minimale des structures et numéros clés, il est possible de bénéficier en Islande d’un niveau de soins très élevé, sans transformation de chaque visite médicale en casse‑tête administratif ou financier.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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