Investir dans l’immobilier à Kenitra : guide complet pour tirer parti d’un marché en pleine mutation

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Kenitra n’a plus grand-chose à voir avec la ville de garnison et de petites exploitations agricoles qu’elle a longtemps été. Accrochée au corridor industriel atlantique, à mi-chemin entre Rabat et Tanger, connectée au reste du pays par le train à grande vitesse et portée par une zone franche géante tournée vers l’automobile, la ville est devenue en quelques années l’un des marchés immobiliers les plus prometteurs du Maroc.

Bon à savoir :

L’investissement immobilier au Maroc présente un potentiel réel, mais nécessite une analyse rigoureuse. Il est crucial de s’appuyer sur des données concrètes (prix, loyers, rendements) et de bien comprendre le cadre légal local pour évaluer les opportunités et éviter les risques, au-delà des simples discours promotionnels.

Un marché immobilier porté par l’industrie et les infrastructures

Kenitra se situe dans la région Rabat‑Salé‑Kénitra, à une quarantaine de minutes de Rabat en train et à seulement 12 kilomètres de l’Atlantique. La ville aligne plus de 500 000 habitants et figure parmi les pôles industriels majeurs du pays. Elle est souvent décrite comme l’une des villes à la croissance la plus rapide, avec une transformation urbaine et économique spectaculaire.

des centaines

La Kenitra Atlantic Free Zone s’étend sur des centaines d’hectares, en faisant l’une des plus grandes zones industrielles d’Afrique.

À ce socle industriel s’ajoute un effort massif d’infrastructures. Kenitra est une gare majeure de la LGV “Al Boraq”, première ligne à grande vitesse du continent africain, qui relie Tanger, Rabat et Casablanca, avec un temps de trajet d’environ 40 minutes jusqu’à Rabat. La ville est également bien connectée par autoroute (A1, routes nationales) et profite de l’extension du port Kenitra Atlantique, destiné à devenir l’un des plus grands ports du pays pour les conteneurs, les vracs et l’export automobile.

Attention :

Le Maroc connaît une combinaison rare : un hub industriel en croissance et connecté, adossé à un port en développement, soutenu par des politiques publiques visant à renforcer les villes secondaires pour désengorger les métropoles. Pour l’immobilier, ce contexte est favorable mais ne garantit pas automatiquement de bons rendements ni une appréciation linéaire des prix.

Prix, salaires et accessibilité : Kenitra est‑elle “abordable” ?

Les chiffres montrent un marché dynamique mais déjà tendu pour les ménages locaux. Le ratio prix/revenu à Kenitra atteint 16,27, ce qui signifie que le prix d’un logement représente plus de seize années de revenu net moyen. Le salaire mensuel net après impôts tourne en moyenne autour de 3 057,50 MAD, alors que l’achat d’un appartement nécessite souvent plusieurs centaines de milliers de dirhams.

Le tableau ci‑dessus résume les principaux indicateurs de solvabilité résidentielle relevés sur les 18 derniers mois, sur la base de données Numbeo et d’autres plateformes, consolidées fin 2024.

IndicateurValeur à Kenitra
Ratio prix / revenu16,27
Crédit hypothécaire en % du revenu108,27 %
Indice d’accessibilité au crédit (Loan index)0,92
Salaire net moyen mensuel3 057,50 MAD
Taux d’intérêt hypothécaire fixe sur 20 ans3,00 % / an

Le ratio “crédit en % du revenu” au-dessus de 100 % traduit un effort financier très lourd pour les ménages qui empruntent localement. Autrement dit, pour un résident moyen qui achète pour habiter, l’accession à la propriété reste difficile, même si le taux d’intérêt théorique de 3 % (sur 20 ans dans cette base de données) est modéré. Dans la pratique, au niveau national, les taux immobiliers observés tournent plutôt autour de 4 à 6 %, et les non‑résidents se voient en général proposer des conditions un peu moins favorables.

Astuce :

Pour un investisseur, la pression sur le pouvoir d’achat des ménages a une double conséquence sur le marché locatif. D’une part, elle maintient une demande locative forte, car de nombreux ménages n’ont pas les moyens d’accéder à la propriété. D’autre part, elle impose une limite aux bailleurs : les loyers ne peuvent être fixés de manière totalement déconnectée des niveaux de salaire, ce qui limite mécaniquement les rendements locatifs.

Loyers, prix au m² et rendements à Kenitra

L’intérêt d’un marché pour un investisseur ne se mesure pas uniquement à la croissance des prix, mais aussi au rendement locatif brut, c’est‑à‑dire le rapport entre les loyers annuels et le prix d’achat.

À Kenitra, les loyers moyens se situent dans une fourchette intermédiaire à l’échelle marocaine. Le tableau suivant synthétise les niveaux de loyer mensuel par type de bien et localisation (centre vs périphérie).

Niveaux de loyers à Kenitra

Type de bienLocalisationLoyer moyen (MAD/mois)Fourchette courante (MAD/mois)
Appartement 1 chambreCentre‑ville3 1252 500 – 3 500
Appartement 1 chambreHors centre1 562,501 000 – 2 000
Appartement 3 chambresCentre‑ville5 0004 000 – 6 000
Appartement 3 chambresHors centre3 083,332 000 – 4 500

Les prix d’achat, quant à eux, restent plus bas que dans les capitales économiques du pays, mais ont déjà entamé leur rattrapage. Le prix moyen par mètre carré est estimé autour de 6 590 MAD, avec de fortes variations selon les quartiers, le standing et la proximité des axes structurants.

Base de données Numbeo

Ordres de grandeur des prix au pied carré pour le logement, exprimés en dollars américains.

Ville la moins chère

Prix moyen au pied carré en centre-ville : environ 200 $

Ville moyenne

Prix moyen au pied carré en centre-ville : environ 400 $

Ville la plus chère

Prix moyen au pied carré en centre-ville : environ 1200 $

Prix d’achat des appartements à Kenitra

LocalisationPrix moyen au pied carré (MAD)Fourchette (MAD)
Appartement centre‑ville1 105,15899,99 – 1 207,73
Appartement hors centre743,22n.c.

Converti en , cela place les secteurs centraux dans une zone qui, selon diverses sources (Agenz, Properstar, FazWaz), oscille grosso modo entre 9 000 et plus de 14 000 MAD/m² pour les produits les plus prisés, avec des fourchettes encore plus élevées sur la côte (Mehdia, Plage des Nations, Jardins de la Mer, etc.).

Exemple :

L’analyse croisée des loyers et des prix à Kenitra révèle des rendements locatifs bruts d’environ 5,44 % en centre-ville et 4,45 % en périphérie. Ces chiffres, bien qu’inférieurs à la moyenne nationale des appartements (6,72 % au T2-2025), se montrent compétitifs comparés à certaines villes balnéaires comme Agadir, où le rendement moyen est de 4,82 %.

Rendements locatifs bruts à Kenitra (appartements)

ZoneRendement brut moyen
Centre‑ville5,44 %
Hors centre4,45 %

Si l’on tient compte des frais d’acquisition (en général 8 à 15 % du prix de base en additionnant droits d’enregistrement, notaire, intermédiaires, éventuelles rénovations) et des charges récurrentes (impôts, entretien, gestion, vacances locatives), la rentabilité nette se situe généralement 1,5 à 2 points en dessous du brut. Un 5,44 % brut peut donc se transformer en quelque chose comme 3,5 à 4 % net, en fonction de la structure de coûts.

Pour un investisseur qui recherche un pur rendement, d’autres villes marocaines comme Tanger ou Casablanca offrent aujourd’hui des niveaux bruts plus élevés sur certains segments (jusqu’à 8–9 % sur des petits appartements bien placés). Kenitra, elle, se positionne davantage comme un mix rendement + potentiel de plus‑value, dans une ville en rattrapage.

Kenitra dans le paysage immobilier marocain

Pour évaluer l’intérêt de Kenitra, il faut la comparer aux grands pôles immobiliers du pays, dont les rendements et les prix sont relativement bien documentés.

Au niveau national, les appartements offrent en général les meilleurs rendements locatifs, entre 6 et 9 % bruts selon les villes et la taille des unités. Les studios et T1 au centre des grandes agglomérations performent mieux que les grands logements, comme le montre par exemple le cas de Casablanca, où les une‑chambre affichent plus de 8 % de rendement contre moins de 6 % pour les quatre‑chambres.

8

Tanger affiche le rendement locatif moyen le plus élevé au Maroc, autour de 8 %.

Un point clé : les fortes variations régionales de rendement au Maroc s’expliquent par la combinaison de facteurs locaux (tourisme, connectivité, dynamisme économique, disponibilité du foncier) et par la typologie de la demande. Kenitra repose davantage sur une demande résidentielle et de travail (ouvriers, cadres, prestataires) que sur un tourisme de masse, ce qui pousse plutôt vers des stratégies de location longue durée ou de moyenne durée à des actifs en mission, plutôt que du pur saisonnier balnéaire à la manière de Marrakech ou Agadir.

Quartiers et segments à fort potentiel à Kenitra

L’un des points forts de Kenitra, c’est la diversité de son offre immobilière : du logement social subventionné aux villas haut de gamme, en passant par les appartements de standing dans des résidences sécurisées. Pour un investisseur, le choix du quartier pèse souvent plus que la ville elle‑même.

Centre‑ville et ville haute : cœur commercial et administratif

Le centre‑ville et la “Ville Haute” concentrent une grande partie de l’activité commerciale, des services, des administrations, des écoles et des transports. C’est là que l’on trouve des projets de standing comme Sammy Suites, présenté comme un des premiers programmes au style “américain moderne” au cœur de la ville, ou encore des résidences modernes proches de la gare TGV.

Ces secteurs sont prisés par les cadres, les familles souhaitant se passer de voiture au quotidien, ainsi que par les étudiants pour la proximité des établissements d’enseignement. Les appartements à 2 ou 3 chambres avec ascenseur, parking en sous‑sol, matériaux corrects et bonne desserte transport y trouvent facilement preneur en location.

Les rendements y sont supérieurs à la périphérie, avec des loyers 1‑chambre autour de 3 000 MAD et des 3‑chambres vers 5 000 MAD, mais les prix d’acquisition y sont également plus élevés. Pour un investisseur, c’est le terrain de jeu du ‘bon père de famille’ : flux locatif plutôt stable, vacance réduite, mais une rentabilité souvent moyenne.

Investisseur immobilier

Maamora, Mimosas, El Hadadda : résidentiel recherché

Des quartiers comme Maamora et Mimosas sont souvent cités comme très attractifs pour des acquéreurs cherchant le compromis entre qualité de vie et rendement. Maamora profite de sa proximité avec la forêt du même nom, d’un environnement relativement vert et calme, et d’un bâti récent. On y trouve de nombreux appartements meublés ou non, loués à des prix intermédiaires, par exemple autour de 3 200 à 5 200 MAD pour des 2 ou 3 chambres dans des résidences avec ascenseur, concierge et parking.

Mimosas et El Hadadda se distinguent par des projets à usage mixte (résidentiel + commerces), des immeubles plus haut de gamme, souvent bien desservis. Les prix y sont un peu plus élevés, mais la demande locative suit, notamment de la part de familles et de jeunes couples qui travaillent en ville ou dans la zone franche.

Bir Rami, Ouled Oujih et nouveaux pôles

Bir Rami (Est et Sud) est en pleine mutation, avec le fameux projet “ATTAWFIQ” de MANAFIAA INVESTISSEMENTS, qui regroupe plus de 1 800 logements, près de 300 cellules commerciales et plus de 21 000 m² de bureaux, le tout dans des résidences fermées avec ascenseurs. L’emplacement, en bordure du boulevard Mohammed V et de la route nationale N°1 vers Rabat et Tanger, en fait une porte d’entrée stratégique sur la ville.

Ce type de programme mixte, combinant logements sociaux, logements de standing, commerces et bureaux, vise explicitement la demande générée par l’industrialisation et le développement des services. En tant qu’investisseur, miser sur ces zones en expansion revient à parier sur la montée en puissance du tissu économique local, avec à la clé un potentiel d’appréciation des valeurs foncières si les infrastructures suivent (voiries, transports publics, écoles).

Ouled Oujih, de son côté, propose encore des opportunités plus abordables, parfois sous forme de petites maisons ou d’appartements de taille modeste, qui peuvent intéresser les investisseurs à budget limité cherchant à constituer un portefeuille locatif populaire.

Mehdia, Plage des Nations et Jardins de la Mer : l’axe balnéaire

À quelques kilomètres de Kenitra, Mehdia plage et la Plage des Nations offrent un visage totalement différent : résidences en bord de mer, appartements lumineux avec terrasses, vues sur l’Atlantique, villas avec piscine, complexes de standing entourés de verdure (Jardins de la Mer, par exemple). Ces secteurs ciblent plutôt les familles aisées, les expatriés, les MRE (Marocains Résidant à l’Étranger) en quête de résidence secondaire et la clientèle de location saisonnière.

8500

Le loyer mensuel maximum pour un appartement meublé de 80 à 120 m² avec terrasse et piscine à Mehdia en location longue durée.

Pour un investisseur, il s’agit plutôt d’un pari saisonnier : rendements potentiellement supérieurs en haute saison, mais besoin d’une gestion plus active (rotation de locataires, ménage, maintenance) et d’une bonne maîtrise de la réglementation sur les locations meublées touristiques – encore relativement souple, mais en voie de structuration dans les grandes villes marocaines.

Location longue durée ou courte durée : quelles stratégies à Kenitra ?

Le marché locatif de Kenitra est nourri à la fois par une clientèle locale (ménages, étudiants, fonctionnaires), par des travailleurs liés à la KAFZ et aux zones industrielles de la région, ainsi que par un flux plus confidentiel mais en croissance de visiteurs de passage et de touristes de proximité attirés par Mehdia et les plages atlantiques.

96

Plus de 96 % des annonces Airbnb dans ce marché sont des appartements.

Cette saisonnalité est marquée : le mois de juillet affiche généralement les meilleurs revenus, quand février ou mars représentent les creux de l’année. Les taux d’occupation moyens dépassent rarement 45‑50 %, mais les meilleurs biens grimpent à plus de 70 % d’occupation, avec des tarifs journaliers supérieurs à la médiane.

Pour un investisseur, ce constat suggère que la location courte durée peut être très intéressante si l’on dispose :

Bon à savoir :

Pour être compétitive, une location saisonnière doit idéalement combiner trois éléments : un emplacement privilégié (comme Mehdia, près d’une gare TGV ou dans un quartier recherché), un standing adapté à une clientèle internationale (avec Wi-Fi, climatisation, parking, décoration soignée et un atout comme une belle vue), et un système de gestion professionnel pour l’accueil, le ménage et la maintenance.

En revanche, pour une stratégie plus passive et prévisible, la location longue durée reste la valeur sûre : taux d’occupation supérieurs à 90 % dans les bons quartiers, contrats annuels, dépôts de garantie, rendements bruts certes plus modestes mais stables.

Un modèle hybride, avec location au mois pour des ingénieurs, consultants ou travailleurs détachés sur des missions de plusieurs mois ladite “moyenne durée”, peut aussi tirer parti de la forte présence de grands groupes industriels tout en limitant le turn‑over propre au pur saisonnier.

Typologies de biens : petites surfaces ou grands logements ?

Comme dans le reste du Maroc, les appartements sont la typologie qui offre le meilleur rapport rendement/risque à Kenitra. À l’échelle nationale, ce sont les petites surfaces (1 à 2 chambres) situées en centre‑ville qui dégagent les meilleurs pourcentages de rendement brut, souvent entre 7 et 9 % dans les grandes villes dynamiques.

Les villas et les grands appartements, eux, offrent généralement des rendements bruts plus faibles, tout en nécessitant des tickets d’entrée plus élevés et des charges d’entretien supérieures. À Marrakech, certaines villas de luxe bien positionnées peuvent néanmoins atteindre des rendements allant jusqu’à 10–12 % en haute gamme, mais il s’agit d’un marché très spécifique, lié au tourisme international.

À Kenitra, où le moteur principal est industriel et administratif, une stratégie rationnelle consiste à cibler :

des appartements de 1 ou 2 chambres en centre‑ville ou dans des quartiers appréciés (Mimosas, Maamora, Ville Haute, proximité de la gare) ;

– des 2 ou 3 chambres meublés pour la clientèle de cadres, d’ingénieurs ou de familles, bien connectés à la KAFZ ou aux axes routiers ;

– ou encore des logements de taille moyenne en résidence sécurisée près de la plage ou des zones vertes (Mehdia, Jardins de la Mer) pour une stratégie location mixte longue/saisonnière.

Les grandes superficies familiales (3–4 chambres de plus de 120 m²) peuvent se justifier si l’objectif est patrimonial (y habiter à terme) ou de valorisation à long terme, mais elles tendent à diluer le rendement locatif en pourcentage.

Coûts d’acquisition, fiscalité et cadre légal : à quoi s’attendre ?

Investir à Kenitra, comme partout au Maroc, ne se résume pas au simple prix affiché du m². Entre les frais de transaction, les taxes, les obligations légales et la future réglementation, le coût global et la sécurité juridique de l’opération doivent être soigneusement étudiés.

Frais à l’achat

En pratique, l’achat d’un bien immobilier au Maroc entraîne une série de coûts additionnels, parmi lesquels :

droits d’enregistrement, généralement de 4 à 6 % du prix d’achat ;

– honoraires de notaire autour de 1 % ;

commissions d’agence immobilière de 2 à 5 % ;

– frais de dossier bancaire, assurance, éventuelle expertise ou évaluation ;

– et, pour les biens neufs, la TVA applicable sur certaines opérations de promotion ou de construction.

Dans la plupart des cas, ces coûts additionnels représentent 8 à 15 % du prix de base du bien. Ils réduisent à la fois le rendement locatif net (en augmentant l’investissement initial) et le gain net en cas de revente à court ou moyen terme.

Impôts sur la détention et la location

Une fois propriétaire, plusieurs taxes s’appliquent, de manière différente selon que l’on soit particulier ou société.

Bon à savoir :

Pour un particulier, les loyers perçus sont des revenus fonciers imposables à l’IR après un abattement forfaitaire (généralement 40%). L’imposition suit le barème progressif (jusqu’à 37%), avec une option possible pour une imposition forfaitaire à 20% du revenu brut dans certains cas. Si le locataire est une entreprise, celle-ci doit retenir à la source 15% du loyer (pour un bailleur personne physique) et le reverser au fisc, le propriétaire devant ensuite régulariser sa situation fiscale.

La détention d’un bien peut également entraîner le paiement de taxes locales type taxe d’habitation et taxe urbaine, calculées sur une valeur locative cadastrale, avec des taux variant selon les tranches et les villes. Les premières résidences bénéficient d’abattements, et certaines villes appliquent des surcoûts spécifiques.

Bon à savoir :

Pour une société, les loyers perçus constituent un bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés. Le taux global est d’environ 20 %, mais il est plus élevé pour les grandes entreprises dont le bénéfice dépasse 100 millions de dirhams, ainsi que pour certains secteurs régulés comme les banques et les assurances. Les charges liées au bien (entretien, intérêts d’emprunt, amortissement du bâti) sont, en contrepartie, déductibles.

Taxe sur la plus‑value à la revente

En cas de cession, la plus‑value immobilière réalisée par un particulier est, en règle générale, taxée à 20 %, avec un minimum de perception de 3 % du prix de vente. Des exonérations existent pour la résidence principale conservée depuis plus de cinq ans (avec un seuil de valeur), et pour des plus‑values modestes (jusqu’à un certain montant annuel).

Pour les sociétés, la plus‑value s’intègre dans le résultat imposable à l’IS. Des incitations fiscales spécifiques peuvent exister selon les zones (projets touristiques, zones industrielles, etc.), mais elles doivent être étudiées au cas par cas.

Réformes à venir : vers plus de transparence et moins de cash

L’une des évolutions majeures à anticiper pour les investisseurs, y compris à Kenitra, est la réforme annoncée du cadre transactionnel immobilier à partir de 2026. Le gouvernement prévoit en effet un durcissement du traitement des paiements en espèces et un renforcement de la transparence fiscale.

Attention :

Une surtaxe de 2 % s’appliquerait sur la partie du prix de vente non justifiée par un paiement traçable. Par ailleurs, le vendeur doit obligatoirement obtenir un quitus fiscal attestant qu’il est à jour de ses impôts liés au bien avant la vente.

Le notaire ou l’“adoul” deviendrait de fait le gardien de cette transparence, ne pouvant plus authentifier une vente si le fichier fiscal n’est pas “propre”. Pour l’investisseur, cela représente une double conséquence : à court terme, un risque de ralentissement du marché pendant la phase d’adaptation ; à moyen terme, une sécurisation beaucoup plus forte des transactions, avec un risque réduit d’acheter un bien grevé de dettes cachées ou de situations juridiques troubles.

Les propriétés dûment titrées et en règle vis‑à‑vis du fisc devraient ainsi gagner en liquidité et en valeur relative, alors que les biens non titrés ou gérés dans l’informel pourraient perdre de l’attrait.

Risques spécifiques à Kenitra et moyens de les maîtriser

Si le potentiel de Kenitra est indéniable, le marché n’est pas exempt de risques. Certains sont propres à la ville, d’autres relèvent du contexte marocain en général.

L’un des dangers est l’urbanisation parfois rapide, voire désordonnée, avec un risque de “surconstruction” dans certaines poches, qui pourrait peser sur les loyers ou sur la qualité du bâti si la maîtrise d’ouvrage n’est pas au rendez‑vous. Des quartiers en frange urbaine, encore mal desservis en assainissement, en routes secondaires ou en transport collectif, peuvent voir leurs prix stagner le temps que les infrastructures rattrapent.

Astuce :

L’autre vulnérabilité majeure tient à la dépendance au cycle industriel. Une grande partie de la demande locative et d’achat récente est alimentée par l’écosystème de la KAFZ et des zones industrielles. En cas de choc sur le secteur automobile ou de délocalisation partielle de certains acteurs, une partie de la demande pourrait se tarir, surtout dans les segments proches de l’entrée de gamme. C’est pourquoi il est souvent recommandé de viser des localisations qui conservent une attractivité propre (proximité de la gare TGV, du centre‑ville, des établissements scolaires, du littoral) plutôt que de miser exclusivement sur la proximité immédiate des usines.

Les risques juridiques et administratifs ne doivent pas non plus être sous‑estimés. Le système foncier marocain distingue les terrains enregistrés (avec titre foncier) et ceux qui ne le sont pas (régime melk), ces derniers étant plus sujets aux litiges (indivision familiale, droits d’usage, servitudes, hypothèques cachées). Pour un étranger, il est impératif de privilégier les biens titrés et de faire vérifier par un notaire et, idéalement, par un avocat, que le bien n’est grevé d’aucun droit ou dette.

Bon à savoir :

Kenitra est classée en exposition « élevée » au changement climatique, avec des enjeux actuels de canicule, de gestion des eaux et de résilience des infrastructures. À horizon de 10 à 20 ans, intégrer des critères de durabilité (orientation, matériaux, efficacité énergétique, gestion de l’eau) pourrait devenir un avantage concurrentiel, notamment dans le cadre des nouvelles normes « vertes » nationales.

Comment structurer un investissement à Kenitra ?

Pour un particulier marocain, la voie classique consiste à acheter en nom propre, à recourir éventuellement à un crédit immobilier (avec un apport de 10 à 20 % au minimum), puis à mettre le bien en location nue ou meublée. Pour un investisseur plus conséquent, marocain ou étranger, plusieurs structures juridiques peuvent être envisagées (SARL, SCI, voire OPCI pour les très grands portefeuilles), chacune avec ses implications fiscales et comptables.

Bon à savoir :

Les étrangers peuvent acheter librement en zone urbaine, sous réserve des formalités de change (compte en dirhams convertibles) et des restrictions sur certains terrains (agricoles notamment). Les banques marocaines accordent des crédits aux non-résidents, mais avec des conditions plus strictes (taux plus élevés, exigences de revenus, durée plus courte). Le financement depuis le pays d’origine ou l’achat comptant sont souvent les solutions les plus simples.

Dans tous les cas, la démarche conseillée est de :

1. définir clairement l’objectif (rendement locatif, résidence secondaire, revente à moyen terme, diversification patrimoniale) ; 2. sélectionner le segment et le quartier cohérents avec cet objectif (centre‑ville, littoral, proximité zones industrielles ou gare) ; 3. comparer attentivement les projets et programmes (promoteur, qualité du bâti, niveau de charges, plan de développement du quartier) ; 4. vérifier la solidité juridique (titre foncier, absence d’hypothèques, conformité urbanistique) ; 5. modéliser la rentabilité en intégrant tous les coûts (acquisition, frais, entretien, taxation, vacance, gestion) ; 6. prévoir un horizon de détention suffisamment long pour lisser les cycles (5 à 10 ans minimum pour un achat d’investissement).

Kenitra : pour quel profil d’investisseur ?

Ville industrielle en plein essor, bien connectée, encore relativement abordable et appuyée par des politiques publiques volontaristes : Kenitra coche beaucoup de cases pour un investisseur qui cherche un compromis entre risque et potentiel.

Elle sera particulièrement pertinente pour :

Exemple :

Plusieurs profils illustrent les stratégies d’investissement actuelles au Maroc : un investisseur marocain ciblant les villes secondaires en forte croissance pour éviter les prix élevés des métropoles ; un MRE recherchant une résidence principale entre Rabat et Tanger avec un pied-à-terre locatif à Mehdia ; un investisseur étranger adoptant une approche de long terme sur ce marché en rattrapage, préférant se former au cadre local plutôt que de spéculer ; et enfin un promoteur professionnel visant des opérations mixtes (logement, commerce, bureaux) dans des quartiers en développement comme Bir Rami Est ou près des pôles LGV.

À l’inverse, Kenitra sera moins adaptée à :

– ceux qui recherchent des rendements locatifs bruts instantanément très élevés (au‑delà de 8–9 %), plus faciles à trouver dans certains segments de Tanger, Casablanca ou Marrakech ;

– des investisseurs peu enclins à accepter la complexité administrative, fiscale et juridique d’un marché en phase de modernisation.

Bon à savoir :

Malgré les fluctuations du marché, la dynamique nationale du Maroc (urbanisation, événements majeurs comme la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030, investissements en infrastructures) et les atouts spécifiques de Kenitra (LGV, port, Zone Franche KAFZ) positionnent la ville comme un point chaud de l’investissement immobilier pour la prochaine décennie.

En résumé, investir dans l’immobilier à Kenitra, c’est accepter une part de complexité et de risques propres à un marché encore en cours de structuration, en échange d’un accès à un territoire industriel et résidentiel à haute dynamique, où le foncier et le bâti ont encore, dans de nombreux secteurs, une marge de progression significative. Pour qui prend le temps de bien choisir son emplacement, son type de bien et sa stratégie locative, la ville peut constituer un pilier solide d’un portefeuille immobilier marocain diversifié.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Kénitra, Maroc pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dirham. Budget alloué : 2,5 à 3,5 millions de dirhams, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs villes marocaines (Rabat, Tanger, Casablanca), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en plein développement de Kénitra, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8 à 9 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 3 millions de dirhams. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, conseiller fiscal), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société marocaine) et définition d’un plan de diversification dans le temps permettant de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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