Investir dans l’immobilier à Pécs : mode d’emploi pour un marché étudiant, culturel et encore abordable

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Située dans le sud-ouest de la Hongrie, au pied des collines du Mecsek et à deux heures et demie de route de Budapest, Pécs coche tranquillement toutes les cases que recherchent les investisseurs prudents : une université historique de plus de 20 000 étudiants, un patrimoine culturel massif, des prix au mètre carré bien inférieurs à la capitale, et une demande locative étonnamment stable. Ce n’est pas une place spéculative qui s’enflamme en quelques mois, mais une ville de rendement et de préservation de capital, adossée à un marché national en pleine reprise.

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Pécs dans le marché immobilier hongrois

La Hongrie sort d’une phase de ralentissement et entre dans un cycle de reprise. Les prix résidentiels ont plus que triplé depuis 2015, et rien qu’au premier trimestre 2025, l’indice des prix de la Banque nationale hongroise montrait une hausse annuelle d’environ 15 %, dont près de 10 % en termes réels. L’année 2025 reste marquée par une croissance à deux chiffres, même si la dynamique se normalise progressivement.

Bon à savoir :

Le marché immobilier hongrois présente d’importants écarts régionaux. Budapest reste la zone la plus chère et la plus concurrentielle, suivie des régions de Pest, de Transdanubie centrale et occidentale. Cependant, les villes de Transdanubie méridionale, notamment autour de Pécs, connaissent actuellement les plus fortes progressions de prix, particulièrement pour les appartements.

Pécs se distingue toutefois par un environnement singulièrement favorable aux acheteurs. En janvier 2026, 88 % des transactions y ont été conclues sous le prix affiché, avec des rabais à deux chiffres courants sur certains appartements en panneaux. Dans un cas documenté, la négociation sur un bien est passée de 39 à 34 millions de forints, soit près de 13 % de réduction. À l’échelle nationale, les marges de négociation en dehors de Budapest tournent plutôt autour de 7 %. Autrement dit, à Pécs, l’investisseur qui sait négocier a objectivement l’avantage.

Prix, rendements et dynamiques locales

Le discours dominant sur Pécs tient en trois mots : abordable, rentable, stable. Les données disponibles permettent de quantifier ce triptyque.

Niveaux de prix : une grande ville à prix de province

Les prix au mètre carré restent nettement en dessous des grandes métropoles hongroises. Là où Budapest dépasse en moyenne 1,35 million de forints/m², Pécs tourne beaucoup plus bas, tout en affichant une hausse soutenue ces dernières années.

On peut résumer ainsi les fourchettes de prix par type de bien :

Type de bienLocalisation / étatPrix indicatif au m²
Appartement ancien centre-villeBelváros / Vieille ville1 400 – 1 800 € / m²
Appartement en panneaux (Uránváros)Quartiers de grands ensembles1 000 – 1 300 € / m²
Appartement neufProgrammes récents, offre limitée1 800 – 2 400 € / m²
Maison individuellePériphérie / collines du Mecsekprix très variables, plus élevé en vue panoramique

En forints, les données agrégées montrent un prix moyen autour de 900 000 HUF/m², avec un prix moyen de transaction d’environ 36,5 millions HUF début 2025, soit une hausse de 27 % du prix au m² en un an. Sur la période 2019–2022, les prix réels ont pris près de 30 % à Pécs, contre 16 % seulement pour l’ensemble du comitat de Baranya. La ville s’est donc clairement détachée du reste de sa région.

Rendements locatifs : entre 5 et 8 % brut selon la stratégie

Sur le papier, les chiffres de rendement à Pécs paraissent modestes. Les bases internationales calculent une rentabilité brute moyenne autour de 4,9 %, légèrement en dessous de Debrecen ou Budapest. Mais ce chiffre lisse une réalité beaucoup plus contrastée : les biens bien situés et bien gérés, notamment ceux ciblant les étudiants ou la courte durée, dépassent régulièrement la barre des 6–8 % brut.

Exemple :

Plusieurs scénarios d’investissement illustrent ce potentiel, par exemple des projets dans les énergies renouvelables, l’innovation technologique ou l’immobilier durable, qui démontrent concrètement les opportunités de rendement et d’impact.

Scénario d’investissementPrix d’achatLoyer mensuelRendement brut approximatif
T1 centre-ville, locataire expat / universitaire85 000 €550 €/mois≈ 7,8 %
Appartement 2 pièces partagé par des étudiants, proche campus100 000 €600 €/mois≈ 7,2 %
F2 rénové à Uránváros, bail long terme70 000 €430 €/mois≈ 7,3 %
Maison individuelle en banlieue, louée à une famille160 000 €800 €/mois≈ 6 %

Si l’on raisonne par taille de logement, les données moyennes pour Pécs donnent les ordres de grandeur suivants :

Type d’appartementCoût d’acquisition moyenLoyer mensuel estiméRendement brut moyen
Studio90 500 €375 €4,97 %
1 chambre106 300 €480 €5,42 %
2 chambres159 800 €650 €4,88 %
3 chambres210 000 €775 €4,43 %

Ces chiffres agrégés intègrent des biens médians, parfois mal optimisés, et ne reflètent pas le surcroît de rentabilité possible sur un produit bien positionné pour les étudiants ou pour la courte durée.

Loyers : un marché tiré par l’université

Dans la pratique, les niveaux de loyers observés confirment un vrai pouvoir de fixation pour les propriétaires sur les segments les plus tendus : centre-ville, secteurs universitaires, biens modernes ou fraîchement rénovés.

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Aucun montant spécifique n’est fourni dans le contenu pour résumer les repères de loyers mensuels.

Type de locationLocalisationFourchette de loyer mensuel (hors charges)
T1 (40 m²) centre-villeBelváros / vieille ville120 000 – 200 000 HUF (≈ 320 – 540 €)
T1 hors centreQuartiers résidentiels100 000 – 150 000 HUF (≈ 270 – 405 €)
T3 centre (80 m²)Proche centre / université196 000 – 400 000 HUF (≈ 520 – 1 060 €)
Chambre en colocation étudianteProche campuspart de loyer dans les fourchettes ci‑dessus
Studio meublé pour étudiant internationalCentre et facs de médecinevers le haut des fourchettes locales

Les étudiants qui n’accèdent pas aux dortoirs universitaires se tournent massivement vers le marché privé. Pour un petit appartement meublé près du centre et des facultés, les loyers usuels se situent entre 120 000 et 200 000 HUF par mois, toujours hors charges. Les internationaux en particulier sont prêts à payer plus cher pour un logement moderne, bien équipé, avec balcon ou vue, ce qui pousse les loyers à la hausse sur ce segment.

Le moteur de la demande : une ville universitaire et culturelle

Pécs ne se résume pas à un tableau Excel de rentabilités. C’est d’abord une ville universitaire historique, ancienne capitale européenne de la Culture, avec une ambiance méditerranéenne, une vie artistique intense et une programmation de festivals qui remplit la ville du printemps à l’automne.

L’université de Pécs : un gisement de locataires

L’Université de Pécs, parmi les plus anciennes du pays, accueille plus de 20 000 étudiants. Sa faculté de médecine et ses programmes de santé sont particulièrement réputés et attirent largement au-delà de la région, y compris depuis Budapest et d’autres grandes villes. La population étudiante crée une demande locative quasi permanente, structurée autour de plusieurs profils :

Profils des Résidents

Découvrez les différents profils d’étudiants et de jeunes professionnels qui composent notre communauté résidentielle.

Étudiants Hongrois

Étudiants originaires de la région et d’autres comitats de Hongrie.

Étudiants Internationaux

Étudiants Erasmus et internationaux, dont le nombre est en forte progression.

Doctorants & Chercheurs

Doctorants et jeunes chercheurs, souvent exclus des dortoirs universitaires classiques.

Jeunes Professionnels de Santé

Jeunes professionnels travaillant dans les hôpitaux universitaires environnants.

L’université dispose certes d’une dizaine de résidences étudiantes, souvent rénovées, avec des chambres meublées et des tarifs raisonnables (de l’ordre de 72 600 à 94 100 HUF par mois). Mais ces capacités restent insuffisantes et ne couvrent pas tous les publics. De nombreux doctorants, étudiants ayant déjà séjourné en Hongrie ou inscrits à des programmes spécifiques n’ont pas de place garantie en dortoir. Ils se reportent donc sur le parc privé, où la demande est soutenue toute l’année.

Cette tension est structurante pour un investisseur : même lorsque le tourisme saisonnier se tasse, la demande étudiante continue de remplir les appartements bien situés.

Une ville de culture, de vin et de loisirs

Pécs aligne un patrimoine impressionnant pour une ville de taille moyenne : cathédrale, vestiges paléochrétiens, mosquée ottomane, synagogue, palais épiscopal, musées, théâtre national, sans oublier le Quartier culturel Zsolnay, vaste ensemble muséal et créatif autour de la fameuse porcelaine locale, qui attire des centaines de milliers de visiteurs annuels.

Attention :

La ville de Pécs propose une vie culturelle riche et continue, avec de multiples festivals (lumières, danse folklorique, vin), des commémorations historiques et des concerts en plein air sur sa place principale de mars à fin octobre.

Pour un investisseur, cela signifie un flux régulier de touristes culturels, de congressistes, de familles en week‑end, qui vient compléter la demande étudiante. Pécs n’est pas un spot balnéaire comme le Balaton, mais un centre culturel qui tourne toute l’année, ce qui lisse les risques sur la saisonnalité.

Quartiers et types de biens : où et quoi acheter à Pécs ?

L’un des atouts de Pécs est la clarté de sa carte immobilière. Chaque quartier majeur correspond à un positionnement d’investissement assez lisible.

Belváros et vieille ville : cœur historique, rendement mixte tourisme–étudiants

Le centre historique (Belváros et vieille ville) concentre les atouts touristiques et une partie de la vie universitaire. Bâtiments anciens, ambiance de cafés, proximité des musées et des théâtres, tout y favorise une demande locative intense, à la fois de la part des touristes et des étudiants prêts à payer pour la centralité.

Les avantages sont évidents : accès à pied aux principales attractions, excellente desserte, forte attractivité pour les courts séjours. La contrepartie, ce sont des prix plus élevés et un environnement potentiellement bruyant, avec une concurrence plus forte sur Airbnb et un encadrement réglementaire plus strict pour les locations de courte durée.

Pour un investisseur, ce secteur se prête bien :

aux appartements T1 et T2 destinés aux étudiants, aux jeunes actifs et aux expats universitaires ;

aux petites surfaces bien décorées dédiées à la location touristique sur des plateformes type Airbnb ou Booking, à condition de respecter les règles locales.

Uránváros : panneaux, prix serrés et rendements robustes

Uránváros incarne la logique des grands ensembles socialistes : immeubles en panneaux, urbanisme fonctionnel, commerces de proximité, transports en commun efficaces vers le centre. C’est un quartier typique pour des investissements « rendement » plutôt que « coup de cœur ».

Astuce :

Les prix au mètre carré dans ce secteur figurent parmi les plus bas de la ville, généralement situés entre 1 000 € et 1 300 € en fonction de l’état du bien. La demande locative ou d’achat provient majoritairement d’une clientèle spécifique, dont la composition est à préciser selon le contexte local (par exemple : étudiants, jeunes actifs, ou ménages modestes).

étudiants cherchant des loyers plus abordables ;

ménages modestes ou classes moyennes locales ;

familles à la recherche de surfaces correctes à prix raisonnables.

Dans un contexte de hausse générale des coûts de l’énergie, les appartements en panneaux mieux isolés et aux charges maîtrisées restent attractifs, et les données nationales montrent que ce type de produit résiste bien, avec des décotes limitées même en phase de négociation. À Pécs, les investisseurs peuvent même obtenir des rabais significatifs à l’achat sur certains panneaux, ce qui renforce d’autant la rentabilité.

Kertváros : vaste quartier résidentiel familial

Kertváros est l’un des plus grands quartiers résidentiels de Pécs. Il mélange maisons familiales, petits immeubles et grands espaces verts. On y trouve de nombreuses écoles, jardins d’enfants, commerces de proximité, ce qui en fait la destination naturelle des familles locales.

Les loyers y sont un peu inférieurs au centre, mais la demande de la part des ménages stables et des « revenants » (habitants de retour à Pécs) s’y renforce. Pour un investisseur, Kertváros convient bien :

aux appartements familiaux T3/T4 destinés à la location longue durée ;

aux maisons mitoyennes ou petites maisons individuelles pour familles avec enfants.

La contrepartie est une distance légèrement plus grande au centre et aux campus, avec un risque plus faible de plus-value rapide, mais un taux d’occupation très stable.

Mecsekoldal et Tettye : vue panoramique et positionnement haut de gamme

Les pentes des collines du Mecsek (Mecsekoldal) et le secteur de Tettye constituent le versant résidentiel prestigieux de Pécs. Vue sur la ville, sentiers de promenade, ruines romantiques, atmosphère calme : les biens y sont plus chers, mais se prêtent bien à des projets de location haut de gamme ou à usage propre.

On y trouve :

des villas et maisons individuelles pour familles aisées ;

des appartements de standing avec terrasses et vues dégagées ;

quelques biens avec potentiel de location saisonnière « nature + bien‑être ».

Exemple :

Certaines locations de courte durée dites « premium » ciblent déjà une clientèle privilégiée et rencontrent du succès, malgré les inconvénients du lieu (accès difficile aux parkings, offre de services limitée, prix d’entrée élevé). Ces exemples concrets incluent des villas wellness situées en hauteur ou des cottages modernes avec vue panoramique, qui attirent des retraités aisés, des expatriés, des cadres locaux ou des clients en quête d’un séjour haut de gamme avec des équipements comme un jacuzzi.

Zsolnay Quarter, quartier culturel et nuit

Autour du Quartier culturel Zsolnay, devenu l’un des principaux pôles culturels de la ville, se dessine un micro‑marché tendance : lofts, petites surfaces créatives, logements atypiques appréciés des artistes, des digital nomads et des touristes amateurs d’art et de design.

Dans ce périmètre, comme dans les rues animées de la « nightlife » de Pécs, les petites surfaces bien décorées, avec un storytelling fort (maison historique, loft industriel, appartement artistique) peuvent générer des revenus supérieurs à la moyenne, notamment sur la courte durée.

Périphérie, collines du Mecsek et zone de Kozármisleny

Autour de Pécs, la suburbanisation reste concentrée sur quelques communes bien connectées, dont Kozármisleny, qui affiche un profil de banlieue résidentielle dynamique. L’essentiel des nouvelles constructions du comitat de Baranya se concentre de toute façon à Pécs et dans son agglomération immédiate (50 à 60 % des nouveaux logements, jusqu’à plus de 70 % pour les programmes commerciaux).

Les maisons individuelles en périphérie, notamment sur les versants des collines ou dans les zones vertes, se prêtent à : l’aspiration à un cadre de vie plus agréable et proche de la nature.

des locations familiales longue durée ;

des projets de location saisonnière « nature » (maisons avec jardin, vue, proximité des sentiers).

C’est un segment plus capitalistique, moins liquide que l’appartement urbain, mais qui peut compléter un portefeuille centré sur les petites surfaces en ville.

Le marché de la courte durée à Pécs : un créneau de niche mais dynamique

Contrairement à Budapest, Pécs n’est pas saturée de locations saisonnières. Le marché de type Airbnb reste un créneau de niche, avec 186 annonces actives sur une année d’analyse récente. Il se caractérise par une domination nette des appartements entiers, un positionnement plutôt urbain, et une réglementation jugée stricte.

Structure de l’offre et des capacités

Les chiffres disponibles sur les annonces actives montrent une structure très claire :

IndicateurValeur observée
Nombre d’annonces Airbnb actives186
Part des logements entiers94,1 %
Part des appartements / condos81,2 %
Studios et 1 chambre dans l’offre totale62,4 %
Biens de 3 chambres et plus8,1 %
Capacité la plus fréquente4 personnes (35,5 % des annonces)
Part des logements 2 ou 4 personnes58,6 % des annonces
Parts hôtels / boutiques / séjours uniques≈ 5,4 %

Autrement dit, la concurrence est forte sur les petites surfaces classiques (studios, 1 chambre pour 2–4 personnes), tandis que les grands logements (3 chambres et plus) constituent une niche encore peu exploitée, notamment pour les groupes, familles élargies ou week‑ends touristiques entre amis.

Performances financières : ce qu’on peut raisonnablement attendre

Sur douze mois d’observation, la saisonnalité et les écarts de performance entre opérateurs se lisent nettement dans les données de revenus, d’occupation et de prix moyen par nuit.

On peut résumer les « paliers » de performance ainsi :

Indicateur / TierTop 10 %Top 25 %MédianBas 25 %
Revenu mensuel moyen≥ 1 336 $≥ 929 $≈ 564 $≈ 309 $
Taux d’occupation≥ 76 %≥ 59 %≈ 36 %≈ 19 %
Prix moyen par nuit (ADR)≥ 113 $≥ 69 $≈ 48 $≈ 36 $

La saisonnalité est marquée, avec un pic de fréquentation en août, et des creux en février pour la demande et en décembre pour les prix à la nuit. Si l’on distingue haute saison, intersaison et mois de pointe absolu, on obtient :

PériodeRevenu mensuel moyenTaux d’occupation moyenADR moyen
Haute saison (août, juillet, octobre)882 $47,1 %58 $
Saisons intermédiaires700 $39,3 %61 $
Mois de pointe absolu964 $51,2 %66 $

Pour un investisseur, la lecture est double :

Bon à savoir :

Les biens bien situés et gérés, avec un positionnement clair (bien-être, vue, caractère), offrent des rendements compétitifs grâce à des revenus mensuels élevés par rapport à des prix d’achat encore raisonnables. Cependant, un bien mal conçu ou mal promu peut voir son taux d’occupation chuter sous les 20%, générant des revenus très modestes. Sur ce marché régulé, la compétence de gestion et le respect de la réglementation sont donc déterminants pour la performance.

Segments encore sous‑exploités

Au regard des chiffres, deux segments apparaissent particulièrement intéressants :

Les logements de 3 chambres et plus : seulement 8,1 % de l’offre alors qu’ils répondent bien à la demande des groupes, familles, événements culturels ou séjours d’équipes universitaires.

Les séjours « uniques » ou de type nature / bien‑être : cabanes, cottages modernes avec vue, villas de colline avec spa, qui représentent encore une petite partie du marché mais concentrent souvent les meilleures notes et les meilleurs tarifs à la nuit.

Quel type de locataire viser à Pécs ?

À Pécs, les profils de locataires sont bien identifiés, ce qui permet de concevoir des produits immobiliers très ciblés.

Étudiants : la colonne vertébrale du marché

Les étudiants sont le groupe le plus nombreux sur le marché locatif. Ils recherchent : des logements abordables, bien situés près des universités, et avec des commodités adaptées à leur mode de vie.

des studios et petits appartements proches des facultés ;

des colocs dans des T2 ou T3, idéalement meublés, avec internet haut débit ;

des loyers compatibles avec des revenus modestes, mais les internationaux payent volontiers un premium pour de la qualité.

Bon à savoir :

Pour cette cible, les secteurs prioritaires sont le district universitaire, les abords des dortoirs (pour les étudiants non-résidents) et les quartiers bien desservis par les bus. Des acteurs spécialisés, comme Student Housing, partenaire officiel de la faculté de médecine, facilitent la mise en relation et contribuent à structurer ce marché.

Jeunes actifs, familles et retraités

Les jeunes professionnels (médecins, chercheurs, employés des hôpitaux universitaires, cadres de l’administration ou des services) plébiscitent :

les appartements modernes près du centre ou des grands pôles de santé ;

les logements bien desservis par les transports publics.

Les familles recherchent :

des quartiers calmes avec écoles et espaces verts (Kertváros, certaines zones d’Uránváros, périphérie) ;

des surfaces plus grandes (T3, T4, maisons individuelles).

Les retraités, locaux ou étrangers, se tournent vers : les destinations ensoleillées, les services de santé de qualité, et le coût de la vie avantageux.

des logements confortables mais calmes, avec bon accès aux soins ;

idéalement des quartiers de collines ou des maisons en périphérie dans un environnement vert.

Touristes, digital nomads et voyageurs culturels

La clientèle touristique de Pécs se compose de :

voyageurs intéressés par l’histoire, la culture, les festivals ;

visiteurs du Quartier Zsolnay, du théâtre, des musées d’art moderne ;

digital nomads attirés par un coût de vie bas, un univers étudiant dynamique, et une bonne qualité de vie.

Pour ces profils, ce sont les petites surfaces stylées près du centre, des zones culturelles et de la nightlife, qui fonctionnent le mieux, ainsi que certains produits plus niches sur les collines (villas avec spa, cottages panoramiques).

Un environnement économique local en renforcement

Investir à Pécs, c’est aussi miser sur une ville qui travaille activement à renforcer sa base économique. La municipalité multiplie les projets d’infrastructures, d’industrialisation légère, de mobilité et de culture. Ces investissements publics, portés notamment par la société de développement urbain PUD, soutiennent indirectement la demande immobilière.

Parmi les chantiers structurants :

Projets d’aménagement et de développement

Initiatives clés visant à dynamiser l’économie, le cadre de vie et les infrastructures de la ville.

Parc industriel sud

Création de halls industriels, voiries, réseaux, parkings et desserte par bus. Partenaires implantés : Hanon Systems et le groupe Raben. Objectif : attirer et étendre les activités productives et logistiques.

Nouveau marché couvert et réaménagement urbain

Construction d’une halle moderne, d’un transformateur public, de parkings et de nouveaux aménagements routiers pour renforcer l’attractivité du secteur.

Rénovation de l’ancien Casino national

Transformation en centre de talents géré par le Mathias Corvinus Collegium. Comprend un internat pour 100+ étudiants, des espaces événementiels, une bibliothèque, un passage piéton et une cour verte aménagée.

Tüskésrét sports et loisirs

Masterplan incluant un aquaparc, une piscine, une salle multi‑fonction, un hôtel de grande hauteur et un vaste parking. Volet résidentiel avec logements collectifs et maisons, et objectifs ambitieux en énergie durable.

À cela s’ajoutent des programmes transversaux (pistes cyclables, bus électriques, centrales solaires, rénovation énergétique de dizaines d’écoles, crèches et centres médicaux, création de nouveaux parcs urbains). Pour l’investisseur immobilier, ces projets se traduisent à moyen terme par :

Bon à savoir :

Un projet d’aménagement peut générer plusieurs bénéfices : une amélioration de la qualité de vie perçue par les habitants, un renforcement de l’attractivité du territoire pour les étudiants, les familles et les touristes, et une hausse potentielle des valeurs foncières dans les secteurs directement impactés, comme ceux bénéficiant de nouvelles dessertes ou accueillant de nouveaux pôles d’emplois ou de loisirs.

Cadre national : financement, fiscalité et règles pour les étrangers

Même si la dynamique locale est fondamentale, un investisseur étranger doit composer avec le cadre juridique et financier hongrois.

Acheter en tant qu’étranger : permis, limites et process

Pour les non‑résidents hors UE/EEE/Suisse, l’achat d’un bien immobilier (non agricole) en Hongrie nécessite généralement un permis d’acquisition délivré par l’administration du comitat. Le coût se situe habituellement autour de 130–160 €, le délai de traitement autour d’un mois, même si la procédure légale peut aller jusqu’à 45–90 jours.

Les principales caractéristiques :

les ressortissants de l’UE, de l’EEE et de la Suisse sont dispensés de ce permis ;

– les étrangers ne peuvent pas acheter de terres agricoles ou forestières (vignobles, vergers, pâturages, etc.) ;

– les biens résidentiels, commerciaux ou situés en zone constructible (appartements, maisons, garages, locaux d’activité) sont en revanche accessibles.

6 à 8

Les coûts de clôture lors d’un achat immobilier en Hongrie représentent généralement entre 6 et 8 % du prix d’achat.

Financement : ce qu’un investisseur peut raisonnablement obtenir

Pour un étranger, les banques hongroises accordent des crédits, mais avec des conditions plus strictes qu’aux résidents. En pratique :

– les banques prêtent souvent entre 50 et 70 % de la valeur du bien, avec des ratios prêt‑valeur pouvant monter à 70–80 % pour du neuf ;

– une mise de fonds de 20 à 30 % est le plus souvent exigée, voire davantage pour les non‑résidents ;

– les prêts sont majoritairement libellés en forints (HUF), parfois en euros, avec des taux plus élevés ;

– les taux hypothécaires de marché se situent autour de 6,5–8 %, pour une base de la banque centrale à 6,5 % fin 2025, ce qui renchérit le coût du levier.

Pour certains profils (revenus élevés, bonne situation patrimoniale), il peut être plus simple et plus avantageux de se financer dans son pays d’origine, notamment pour neutraliser le risque de change lié à la dépréciation structurelle du forint.

Programmes publics : l’effet Otthon Start et consorts

Une partie de la vigueur du marché hongrois vient des programmes publics de soutien à l’accession, en particulier Otthon Start, qui propose des prêts à taux fixe de 3 % pour un premier achat. Le plafond de prix est fixé à 100 millions HUF pour un appartement (150 millions pour une maison), avec un plafond de 1,5 million HUF/m². Même si ce programme vise d’abord les résidents intégrés dans le système social hongrois, il influe sur l’ensemble du marché :

en élargissant la base de la demande solvable ;

en intensifiant la concurrence sur les produits abordables, notamment les petits appartements en ville ;

en limitant le risque de correction abrupte des prix.

Pour un investisseur étranger, l’accès à ces dispositifs reste conditionné à un statut de résident durable, ce qui nécessite une stratégie de long terme (résidence, activité, intégration fiscale).

Fiscalité de la location : 15 % d’IR, options de déduction et TVA

Les revenus locatifs perçus en Hongrie par un non‑résident sont imposables localement, mais uniquement sur la base des revenus de source hongroise. Le régime de base repose sur :

– un impôt sur le revenu à taux unique de 15 % ;

– le choix entre deux méthodes de calcul pour un particulier :

abattement forfaitaire de 10 % sur les recettes (taxation de 90 % du loyer brut, sans justificatifs de charges) ;

– déduction des charges réelles (intérêts, travaux, charges, amortissements, etc.) sous condition de justificatifs.

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Taux de l’impôt social applicable à la location de courte durée en tant qu’activité commerciale pour un entrepreneur individuel hors régime forfaitaire.

Sur le plan de la TVA :

– la location longue durée de logements est en principe exonérée de TVA (pas de TVA facturée, pas de droit à déduction) ;

– le bailleur peut choisir d’opter pour l’assujettissement à la TVA, ce qui permet de récupérer la TVA sur certains investissements, mais impose ensuite de facturer la TVA et de tenir une comptabilité plus lourde ;

– la location de courte durée de type hôtelier/para‑hôtelier est en revanche systématiquement soumise à la TVA, avec un taux réduit de 5 %, complété par une contribution au développement touristique de 4 %, et potentiellement une taxe de séjour municipale.

Enfin, un bailleur étranger doit obtenir un numéro fiscal hongrois, et déposer une déclaration annuelle de revenus locatifs. Des services spécialisés existent pour gérer ces aspects pour les non‑résidents.

Stratégies d’investissement à Pécs : cas concrets

Avec l’ensemble de ces paramètres, plusieurs stratégies cohérentes se dessinent pour un investisseur qui souhaite se positionner à Pécs.

1. Le portefeuille « étudiant long terme »

C’est la stratégie la plus naturelle : acheter de petits appartements bien placés par rapport aux campus et aux transports, les meubler intelligemment, et viser une occupation quasi continue par des étudiants ou jeunes actifs.

Concrètement, cela peut passer par :

un T1 ou T2 dans le district universitaire ou à proximité de la faculté de médecine, à 1 400–1 800 €/m², pour un coût total entre 70 000 et 110 000 € ;

– un ameublement fonctionnel mais robuste, avec bonne connexion internet, espace de travail, kitchenette efficace ;

un partenariat avec des agences spécialisées type Student Housing ou des plateformes étudiantes (Facebook, Erasmus) pour limiter la vacance.

Avec des loyers entre 400 et 650 € selon taille, standing et localisation, et un usage continu de septembre à juin, complété par des locations de courte durée l’été, les rendements bruts peuvent raisonnablement se situer entre 6 et 8 %, voire davantage si l’achat est bien négocié.

2. Le panachage courte durée / étudiant

Dans le centre historique et les zones à forte intensité culturelle, un modèle hybride peut être pertinent :

Bon à savoir :

Pour optimiser les revenus, il est possible de louer l’appartement à des étudiants avec un bail de 9 à 10 mois pendant l’année universitaire, puis de basculer en location saisonnière à la nuitée, à des tarifs plus élevés, pendant l’été ou lors de grands événements et festivals.

Ce modèle suppose une organisation logistique plus lourde (ménage, check‑in/out, double contractualisation), mais permet de profiter des pics de demande touristique (août, festivals, événements au Quartier Zsolnay, etc.) tout en sécurisant des revenus réguliers le reste du temps.

Les données de performance Airbnb montrent que les biens les mieux gérés peuvent atteindre des occupations supérieures à 70 % et des ADR dépassant 100 $ dans le haut du segment. En combinant ces périodes avec un semestre étudiant correctement tarifé, on obtient des rendements globaux très compétitifs, au prix toutefois d’une complexité de gestion accrue.

3. La maison familiale en périphérie

Pour un investisseur avec un horizon plus long et une aversion à la rotation de locataires, la maison individuelle en périphérie (pentes du Mecsek, Kozármisleny, quartiers résidentiels en développement) peut constituer un socle patrimonial :

Bon à savoir :

Ce segment cible principalement les familles avec enfants, les cadres locaux et parfois les expatriés longue durée. Les baux sont généralement plus longs et les périodes de vacance plus faibles, mais les loyers évoluent moins rapidement. Le rendement brut est d’environ 6 %, avec un potentiel de plus-value à long terme lié à la densification continue de l’agglomération.

L’avantage de Pécs est que les prix des maisons restent significativement inférieurs à ceux des grandes villes comme Győr ou les communes aisées de la région de Pest, tout en bénéficiant d’un environnement culturel et universitaire qui limite la dépréciation.

4. Le pari « signature » sur un bien atypique

Enfin, pour des investisseurs plus enclins à prendre des risques créatifs, Pécs offre un terrain intéressant pour des projets de « signature » : loft dans le Quartier Zsolnay, maison de ville historique transformée en résidence de charme, cottage contemporain avec jacuzzi et vue sur la ville, etc.

Les exemples de locations saisonnières les plus performantes cités (villas wellness sur les hauteurs, maisons anciennes rénovées, lofts verts avec parking gratuit, maisons polyvalentes en centre‑ville) montrent qu’un concept fort, bien exécuté, peut prendre la tête du marché Airbnb local en revenus et en taux d’occupation.

Ce segment est par nature plus risqué et plus dépendant des goûts du tourisme, mais dans une ville comme Pécs, où la concurrence sur ce créneau reste limitée, il peut offrir des retours très supérieurs à la moyenne.

Pécs dans la trajectoire du marché hongrois : quels risques, quelles perspectives ?

Au regard des projections nationales, la Hongrie devrait encore enregistrer une croissance des prix autour de 6–10 % en 2026, après les 15–18 % de 2025, avant de se stabiliser sur une trajectoire de 3–5 % par an en moyenne sur dix ans. Pécs, ville universitaire et centre régional, bénéficie de plusieurs amortisseurs :

une demande locative structurelle portée par l’université et les services publics ;

une offre neuve limitée, ce qui met une pression haussière sur le parc existant ;

– des prix encore nettement en dessous de Budapest, ce qui laisse de la marge avant d’atteindre des ratios totalement déraisonnables.

Les risques à surveiller restent néanmoins réels :

Attention :

L’évolution des politiques de crédit et la baisse démographique régionale pourraient freiner la demande locale, tandis qu’une régulation accrue des locations touristiques, similaire à Budapest, pourrait impacter les investisseurs si des tensions sociales apparaissent.

Malgré ces incertitudes, les analystes ne voient pas, à ce stade, de risque majeur de correction brutale, la Banque nationale elle‑même estimant la surévaluation nationale autour de 14 %, ce qui reste modéré pour un marché en forte convergence économique.

Conclusion : pourquoi Pécs mérite une place dans un portefeuille immobilier européen

Investir dans l’immobilier à Pécs, c’est accepter de renoncer aux coups spectaculaires pour privilégier un triptyque plus discret mais solide : accessibilité à l’achat, rendement locatif régulier, et potentiel de valorisation soutenu par des fondamentaux tangibles.

Dans une Europe centrale où des marchés comme Budapest, Debrecen ou les bords du Balaton attirent à juste titre l’attention, Pécs offre une alternative moins saturée, mieux équilibrée, où la négociation reste possible, le ticket d’entrée raisonnable et les locataires – étudiants, familles, touristes culturels – au rendez‑vous.

Astuce :

Pour un investisseur étranger, il est essentiel de maîtriser le cadre réglementaire hongrois et de s’appuyer sur un avocat local. Une réflexion sur le financement (local ou d’origine) et un choix stratégique clair (ciblant étudiants, familles, séjours courts ou segment haut de gamme) sont nécessaires. À moyen-long terme, Pécs présente un potentiel attractif grâce à son marché étudiant étendu, son patrimoine culturel dynamique et une politique urbaine active, le tout avec des prix encore avantageux comparés aux autres grands pôles universitaires hongrois.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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