Investir dans l’immobilier en Argentine : le guide complet pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’Argentine est longtemps restée un marché immobilier à part dans le paysage latino‑américain : ultra ouvert aux étrangers, dollarisé, souvent bradé en termes réels, mais plombé par l’inflation et l’instabilité. En 2026, la photographie a changé. L’économie s’est stabilisée, l’inflation a nettement ralenti, les crédits immobiliers sont de retour et les loyers ont été largement libéralisés. Pour un Français qui gagne en euros, le pays combine aujourd’hui des prix au mètre carré encore décotés, un coût de la vie 30 à 40 % inférieur à celui de la France et un cadre légal étonnamment simple pour acheter en tant qu’étranger.

Bon à savoir :

Ce guide explique concrètement ce que signifie investir en immobilier en Argentine en 2026 pour un résident fiscal français ou un expatrié francophone : droits des étrangers, fiscalité, rendement, prix par ville, démarches administratives, crédits, ainsi que les quartiers et la stratégie à adopter pour entrer sur le marché sans se brûler les ailes.

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Un cadre juridique très ouvert pour les acheteurs français

L’un des grands atouts du pays, c’est que le droit de propriété ne fait quasiment aucune distinction entre Argentins et étrangers. L’article 20 de la Constitution argentine place les non‑nationaux au même niveau que les citoyens pour les droits civils, y compris l’achat et la vente de biens immobiliers.

Concrètement, un Français, même non‑résident, peut acheter un appartement à Buenos Aires, une maison à Córdoba ou un logement en centre‑ville de Mendoza avec les mêmes droits qu’un Argentin. Il peut détenir 100 % de la pleine propriété en son nom, occuper, louer, revendre, transmettre, hypothéquer son bien, sans quotas ni obligation de s’associer à un partenaire local. Il n’existe pas de plafond de propriétaires étrangers par immeuble, ni de montant minimal d’investissement pour pouvoir acheter un logement.

La seule vraie différence tient au statut fiscal et aux formalités d’identification. Le pays distingue très clairement :

les résidents fiscaux, imposés sur leurs revenus mondiaux et assujettis à l’impôt sur le patrimoine pour l’ensemble de leurs actifs ;

les non‑résidents, imposés uniquement sur leurs revenus de source argentine et sur leurs biens situés sur le territoire.

Attention :

L’achat d’un appartement à Buenos Aires ne donne aucun droit automatique à un titre de séjour ou à la citoyenneté. La propriété peut servir de preuve de solvabilité ou de rattachement pour un dossier de résidence, mais il ne s’agit ni d’un visa doré ni d’un passeport accéléré. À l’inverse, aucun visa spécifique n’est exigé pour acheter : de nombreux étrangers signent chez le notaire alors qu’ils sont entrés comme simples touristes.

Urban vs rural : deux mondes juridiques

Pour l’immobilier urbain — appartements, maisons de ville, PH (propriété horizontale) et locaux commerciaux en ville — les règles sont simples : aucune restriction particulière sur la nationalité, ni sur la surface totale détenue par des étrangers. À Buenos Aires, Córdoba, Rosario ou Mendoza, un Français achète le même « dominio » (pleine propriété inscrite au registre) qu’un Argentin.

En revanche, deux catégories de biens restent soumises à des limites spécifiques :

les terres rurales, encadrées par la loi 26.737 (loi sur les terres) ;

les « zones de sécurité de frontières » (Zonas de Seguridad de Fronteras), autour des frontières terrestres et de certains grands plans d’eau.

Astuce :

Pour une stratégie d’investissement résidentiel classique — appartement à Buenos Aires ou logement dans une grande ville — ces restrictions ne jouent pratiquement jamais. Elles deviennent déterminantes si l’on vise une estancia en Patagonie, un grand terrain agricole dans la Pampa Húmeda ou une maison au bord d’un lac frontalier : il faudra alors vérifier la nature « rurale » de la parcelle, la présence de cours d’eau ou la localisation en zone de frontière, et parfois passer par une autorisation spéciale du ministère de l’Intérieur ou du Registro Nacional de Tierras Rurales.

Les limites sur les terres rurales en 2026

La loi 26.737, adoptée en 2011, plafonne la mainmise étrangère sur le foncier rural : au niveau national, provincial et municipal, les non‑résidents ne peuvent pas dépasser 15 % de la surface totale de terres rurales ; aucune nationalité ne peut représenter plus de 30 % de ce quota (soit environ 4,5 % du total). Un même investisseur ne peut, en outre, excéder 1 000 hectares dans la zone agricole centrale (Pampa Húmeda), avec des équivalents par région.

Cette loi s’applique à « toute propriété située hors zone urbaine », quel que soit l’usage prévu. Elle vise donc autant les grandes fermes que certains projets touristiques sur de grands terrains. Elle interdit ou restreint aussi l’accès à des terrains attenants à des plans d’eau permanents (lacs, rivières, glaciers) et aux secteurs stratégiques proches des frontières.

Attention :

Le gouvernement de Javier Milei souhaite assouplir ou abroger les limites imposées aux investisseurs privés étrangers et placer ces derniers sur un pied d’égalité avec les nationaux pour la propriété rurale. Toutefois, début 2026, un recours en justice a suspendu cette abrogation, de sorte que les plafonds de la loi 26.737 continuent de s’appliquer. Pour un Français envisageant une importante opération agricole ou un lodge en montagne, il est indispensable de faire vérifier le dossier par un avocat local avant tout versement de dépôt.

Les zones de sécurité de frontières

Autre verrou : les Zonas de Seguridad de Fronteras, encadrées par la loi 23.554. Dans un rayon de 50 à 150 km des frontières avec le Chili, la Bolivie, le Paraguay, le Brésil et l’Uruguay, ainsi que dans certains secteurs stratégiques de Patagonie ou à proximité de grands lacs et de sites militaires, un étranger ne peut pas acheter sans obtenir une « Previa Conformidad » du ministère de l’Intérieur.

Dans des villes comme Bariloche ou certains secteurs de Salta, cette autorisation peut rallonger de plusieurs semaines ou mois le calendrier de la transaction. Dans la pratique, elle ne touche pas les acquisitions à Buenos Aires ni la grande majorité des achats urbains.

Quand une opération se heurte à une interdiction stricte (par exemple un terrain riverain classé stratégique), des solutions alternatives existent : bail de longue durée (jusqu’à 20 ans) ou droit de superficie (derecho de superficie), qui permet de construire et d’exploiter des bâtiments sans être propriétaire du sol.

Les démarches d’achat : comment un Français devient propriétaire

Sur le papier, un Français peut acheter sans titre de séjour. Dans la pratique, deux acteurs sont incontournables : l’administration fiscale argentine, via le CDI/CUIT, et l’escribano, le notaire public argentin qui centralise l’ensemble des contrôles.

Obtenir un numéro fiscal argentin (CDI / CUIT)

Pour signer une escritura pública et inscrire son bien au Registro de la Propiedad Inmueble, il faut disposer d’un identifiant fiscal argentin.

Deux dispositifs coexistent :

– le CUIT (Clave Única de Identificación Tributaria), l’équivalent d’un numéro fiscal complet, utilisé par les résidents, les entreprises et certains étrangers installés ;

– le CDI (Clave de Identificación), mieux adapté aux non‑résidents qui n’ont ni CUIT ni CUIL.

Dans les faits, un Français non‑résident qui achète un appartement se voit attribuer un CDI, délivré par l’administration fiscale ARCA (anciennement AFIP). Cette formalité se fait soit en personne, soit par l’intermédiaire d’un représentant fiscal domicilié en Argentine.

La procédure classique comprend :

3

Le coût approximatif du Certificado de Domicilio auprès du commissariat, nécessaire pour lancer la procédure d’achat.

Important : disposer d’un CDI ou d’un CUIT n’implique pas automatiquement une résidence fiscale en Argentine. C’est un identifiant administratif, pas un changement de statut fiscal.

Un processus de vente très encadré par le notaire

Une fois le projet défini, le parcours type est relativement standardisé, même si les usages locaux peuvent surprendre un Français.

La recherche de biens passe principalement par : les annonces immobilières, les réseaux sociaux, les sites spécialisés, et le bouche-à-oreille.

les portails en ligne comme ZonaProp ou ArgenProp, qui concentrent l’essentiel du marché ;

des agences immobilières locales (inmobiliarias), souvent spécialisées par quartier ;

– parfois des ventes de particulier à particulier, mais elles restent minoritaires dans les grandes villes.

Une fois un bien identifié et le prix négocié — quasi systématiquement en dollars — on entre dans une séquence en plusieurs temps.

Exemple :

L’acheteur verse une somme d’argent pour réserver le bien et le retirer du marché. Cette réserve peut être un acompte fixe de 1 000 à 10 000 USD en espèces, ou une seña formalisée représentant généralement entre 1 % et 5 % du prix proposé. Si le vendeur se rétracte après acceptation, il doit restituer le double de la somme. Si l’acheteur renonce sans motif prévu au contrat, il perd en général sa mise.

– 2. Boleto de Compraventa C’est un avant‑contrat, très engageant, signé après les premières vérifications juridiques. On y fixe :

– le prix définitif,

– la date de signature de l’escritura,

– les conditions suspensives,

– un acompte, fréquemment autour de 30 % du montant total. À ce stade, la plupart des honoraires d’agence sont déjà dus. Une annulation ultérieure sans cause légitime peut entraîner la perte du dépôt, voire le paiement du double au vendeur selon les clauses prévues.

Bon à savoir :

L’escribano choisi par l’acheteur réalise un examen complet du bien : étude des titres sur au moins 20 ans ; recherche d’hypothèques, de servitudes et de saisies ; vérification des permis et de la conformité de l’immeuble ; contrôle anti‑blanchiment sur l’origine des fonds, avec pièces justificatives à fournir par l’acheteur.

– 4. Escritura Traslativa de Dominio C’est l’acte authentique, signé chez le notaire. On y règle :

– le solde du prix (souvent en dollars, sur place ou par virement international) ;

– les frais de notaire, taxes d’enregistrement, commissions éventuelles. À la signature, le transfert de propriété est acté et les clés sont remises.

5. Enregistrement au registre foncier Le notaire se charge ensuite d’inscrire la vente au Registro de la Propiedad Inmueble, ce qui officialise l’opération aux yeux de l’État et garantit le titre de l’acheteur.

Entre l’offre acceptée et la signature de l’escritura, il faut compter en moyenne de deux à quatre mois, parfois davantage en cas d’autorisation spécifique (zone de frontière, terrain rural).

Coût total d’acquisition : 6 à 9 % du prix

À la différence de la France, où les frais de notaire intègrent l’essentiel des droits d’enregistrement, le ticket d’entrée argentin est éclaté en plusieurs postes mais se situe, au total, dans une fourchette cohérente avec les standards internationaux.

Pour un achat classique de 100 000 USD, il faut prévoir :

Poste de coûtFourchette usuelleCommentaire
Taxe de timbre (impuesto de sellos)2,5 % – 3,5 %Varie selon la province
Honoraires de l’escribano1 % – 2 % (+ 21 % TVA)À la charge de l’acheteur
Enregistrement et certificats0,5 % – 1 %Registre foncier, inhibitions, etc.
Commission d’agent immobilier3 % – 4 % (+ 21 % TVA)Négociable, surtout pour les reventes
Total estimatif6 % – 9 %Soit 6 000 à 9 000 USD sur 100 000 USD

Il n’existe pas de surtaxe spéciale pour les étrangers : un Français paie les mêmes taux qu’un Argentin.

Le marché 2026 : stabilisation, reprise et opportunités ciblées

Après près d’une décennie de chute en dollars réels, l’immobilier argentin est entré dans une phase de rattrapage modéré. Les prix ont cessé de baisser, le nombre de ventes a fortement rebondi, et le crédit hypothécaire, indexé sur l’inflation, a amorcé un retour remarqué.

Prix au mètre carré : où en est Buenos Aires ?

En 2026, Buenos Aires reste l’épicentre du marché, avec un niveau de prix très hétérogène selon les quartiers.

Les données compilées par Zonaprop et différentes études convergent sur un ordre de grandeur : le prix moyen au mètre carré pour un appartement à usage résidentiel dans la capitale (CABA) oscille entre 2 400 et 2 500 USD. La médiane de certaines études pour août 2026 se situe autour de 2 630 USD/m², avec de fortes disparités :

Zone / quartier (CABA)Prix médian ou moyen au m² (USD)
Puerto Madero5 500 – 6 300
Núñez~3 100 – 3 400
Palermo~3 100 – 3 400
Belgrano~3 000
Recoleta~2 600 – 3 000
Villa Urquiza~2 400 – 2 500
Caballito~2 200 – 2 300
Villa Crespo~2 100 – 2 300
Almagro~1 950 – 2 000
Balvanera / San Nicolás~1 650 – 1 800
La Boca, Lugano, Pompeya1 050 – 1 600

Sur le haut de la fourchette, Puerto Madero affiche des valeurs comparables à certains arrondissements parisiens, autour de 5 500 à 6 000 USD/m², voire davantage pour les tours les plus luxueuses. À l’autre extrémité, des quartiers encore populaires comme Balvanera, San Nicolás ou certaines zones du sud (Constitución, La Boca, Lugano) restent sous les 2 000 USD/m², parfois proches de 1 100 USD/m².

Exemple :

Cette dispersion reflète à la fois la ségrégation socio‑spatiale de la ville, la qualité du bâti, la proximité des transports et le degré de gentrification. Pour un investisseur français, elle ouvre une palette de stratégies, de l’appartement premium « clé en main » dans Palermo à l’achat opportuniste dans un quartier en mutation comme Villa Crespo ou Chacarita.

Autres grandes villes : des prix plus doux

En dehors de Buenos Aires, les valeurs au mètre carré restent nettement inférieures, tout en offrant de bonnes bases pour une expatriation ou une diversification géographique.

Quelques repères (appartements en centre‑ville) :

Ville (centre)Prix moyen approximatif au m² (EUR)
Buenos Aires~2 480
Córdoba~1 750
Rosario~1 550
Mendoza~1 400

Convertis en dollars, ces chiffres confirment qu’un budget qui ne permettrait qu’un studio dans un quartier moyen de la capitale peut financer un grand T3 à Córdoba ou un bel appartement à Mendoza.

Évolution récente et perspectives

Selon les rapports 2025–2026 :

– à Buenos Aires, les prix en dollars ont progressé d’environ 5 à 8 % sur un an dans les zones centrales et nord (Palermo, Belgrano, Recoleta, GBA Nord) ;

– sur l’ensemble des segments (en construction, neufs, anciens), les hausses constatées sur 2025 allaient de 5 à 11 %, de manière plus homogène qu’en 2024 ;

– les appartements ont mieux performé que les maisons, tirés par la demande solvabilisée par le crédit hypothécaire ;

– les maisons restent souvent valorisées en dessous de leur coût de reconstruction, ce qui laisse un potentiel de rattrapage.

5 à 8

Les projections pour les 12 prochains mois tablent sur une augmentation générale des prix de l’ordre de 5 à 8 % en dollars, avec un potentiel de 8 à 12 % dans les quartiers premium de Buenos Aires (Palermo, Recoleta), et sur un horizon de 3 à 5 ans, beaucoup d’analystes parlent d’une trajectoire probable de 5 à 8 % de hausse annuelle en USD, à condition que la stabilisation macroéconomique se poursuive et que le marché hypothécaire se renforce.

Activité : des volumes de ventes revenus au plus haut depuis 2008

Les chiffres de la Ciudad de Buenos Aires illustrent bien la reprise :

– en juillet 2026, 6 051 actes de vente ont été enregistrés, légèrement au‑dessus de juin (5 990), mais 9 % en dessous de juillet 2025 (6 651) ;

– malgré ce recul annuel, le Collège des notaires de Buenos Aires souligne qu’il faut remonter à 2008 pour trouver des niveaux aussi élevés sur des mois d’hiver ;

– sur la période janvier–juillet 2026, 35 528 ventes ont été conclues, soit seulement 1,8 % de moins que sur la même période de 2025, ce qui confirme une stabilisation à un niveau élevé par rapport à 2020–2023.

La structure des ventes reste dominée par les appartements (environ 70 % des actes), loin devant les maisons (20 %) et les PH (environ 7 %). Les opérations au comptant demeurent majoritaires, même si la part des achats avec crédit a nettement augmenté par rapport à la période 2019–2023.

Crédits immobiliers UVA : un retour décisif, mais encore fragile

L’une des grandes nouveautés de 2025 a été le retour en force des prêts hypothécaires indexés sur l’unité UVA (Unidad de Valor Adquisitivo), index monétaire ajustée sur l’inflation. Après des années de marché quasi exclusivement cash, les banques ont rouvert des lignes de financement à long terme (15–30 ans), finançant 70 à 80 % du prix du bien.

15

En 2025, le ratio prêts / actes de vente a dépassé 15 %, soit le double de la moyenne des cinq années précédentes et un plus haut depuis 2018, ce qui a fait un effet de levier immédiat sur la demande pour la classe moyenne argentine.

En 2026, ce mouvement marque toutefois le pas :

– en juillet 2026, 959 actes financés par un crédit ont été signés à Buenos Aires, soit 31,2 % de moins qu’un an plus tôt, représentant environ 16 % des transactions ;

– sur les sept premiers mois de l’année, 14 715 crédits ont été octroyés, contre 24 271 l’année précédente, soit une chute de 39 % ;

– les décaissements sur prêts UVA ont toutefois atteint 202 millions de dollars en juillet, meilleur mois depuis décembre, mais encore 28 % en dessous de la moyenne 2025.

Les spécialistes estiment que si les taux nominaux en UVA (UVA + marge fixe) descendent sous 8 points, le crédit pourrait repartir, mettant une pression forte sur les biens sous 150 000 USD, notamment les T2 et T3 en quartiers moyens. Cette dimension est importante pour un investisseur français : même si lui‑même achète cash, la hausse de la capacité d’emprunt locale soutient les prix de revente.

Rentes locatives : un marché libéralisé, mais à analyser avec nuance

Depuis la fin 2023, la loi sur les loyers a été abrogée et les baux sont redevenus largement libres, à la durée et à l’indexation négociée (souvent 2 ans avec révision tous les 3 ou 4 mois sur l’inflation IPC). Le gouvernement a ensuite introduit en 2026 une exonération totale d’impôt fédéral sur les loyers de logements utilisés comme résidence principale du locataire, ce qui a redonné de l’attrait à la location longue durée.

Niveaux de loyers à Buenos Aires

Dans la capitale, les données 2026 donnent les ordres de grandeur suivants :

Type de bien (CABA)Loyer mensuel moyen (ARS)Fourchette approximative en USD
Studio (monoambiente)~450 000 – 550 000~315 – 385
2 pièces (un dormitorio)~550 000 – 700 000~385 – 490
3 pièces~750 000 – 950 000~525 – 665

En pratique, dans les quartiers recherchés comme Palermo ou Recoleta, un T2 meublé peut facilement se louer entre 400 et 700 euros par mois, parfois davantage pour un standard élevé.

Les écarts par quartier sont très marqués. En pesos argentins, en 2026 :

Puerto Madero dépasse 1,25 million ARS par mois en moyenne ;

Núñez et Palermo gravitent autour de 1 million ARS ;

– des quartiers périphériques du sud comme Lugano ou Nueva Pompeya tournent autour de 650 000 à 700 000 ARS.

Rendements bruts et nets : la réalité du terrain

Selon les sources, les rendements bruts moyens à Buenos Aires varient énormément. Deux grandes familles de chiffres ressortent :

5 à 7

Estimations prudentes du rendement brut annuel en 2026, avec une rentabilité nette souvent ramenée à 3,5–4,5 % après charges.

En réalité, la plupart des petits propriétaires, une fois intégrées les périodes de vacance, les travaux et les frais de gestion, se retrouvent souvent plutôt vers 2,5–4 % net par an. C’est là que la perception française peut être trompeuse : voir un 10 % brut sur le papier ne signifie pas toucher 10 % en poche.

À l’échelle de la ville, des études récentes montrent que le rendement brut moyen s’établit autour de 5,8 %, soit un plus haut depuis une douzaine d’années, et que dans certains secteurs — notamment les quartiers en cours de gentrification (Almagro, Villa Crespo, Caballito, San Telmo) — le rendement peut dépasser 6–7 % brut avec une bonne sélection de biens.

Attention :

Certains observateurs estiment que le marché est saturé d’offres, en longue comme en courte durée (Airbnb), avec des rendements compressés et des taux de vacance élevés hors emplacements ultra prime. La vérité dépend du micro‑quartier, du type de bien, de la qualité de gestion et de la capacité à fixer un loyer réaliste.

Location courte durée : un levier, pas un eldorado

Sur le segment Airbnb‑like, Buenos Aires affiche en 2026 :

environ 41 000 annonces actives, avec un rythme de croissance proche de 8 % par an ;

– un taux d’occupation moyen de 64–66 % ;

– un tarif journalier moyen de 55 à 80 USD selon le quartier et la qualité.

Un appartement bien géré dans Palermo peut générer 7 000 à 8 500 USD de chiffre d’affaires annuel, là où une location longue traditionnelle rapporterait plutôt 5 000 à 6 500 USD. Mais une fois soustraits les frais de plateforme, le ménage, la rotation des locataires, l’usure plus rapide du mobilier et le temps de gestion (ou les honoraires d’un gestionnaire), les rendements nets tendent à converger avec la location classique, tout en comportant plus de volatilité réglementaire.

Pour un Français non résident, la courte durée peut fonctionner à condition de traiter l’investissement comme une petite entreprise (ou de déléguer à une agence spécialisée) et de bien mesurer la fiscalité et les obligations locales. Elle n’est pas adaptée à un investisseur totalement passif qui espère « encaisser sans s’en occuper ».

Fiscalité : ce que paie vraiment un propriétaire français

La fiscalité argentine sur l’immobilier a été bouleversée en 2026, avec deux changements majeurs pour un investisseur étranger :

l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les loyers de logements occupés en résidence principale par le locataire ;

la suppression de l’impôt sur la plus‑value immobilière pour les ventes réalisées à partir du 1er janvier 2026, dans la plupart des cas.

À cela s’ajoutent la taxe sur le patrimoine (Bienes Personales), la taxe foncière locale et, pour les non‑résidents qui louent, un mécanisme de retenue à la source.

Impôt sur les loyers

Pour un propriétaire non résident qui met son bien en location longue durée, deux situations doivent être distinguées :

– si le logement est loué à un ménage qui en fait sa résidence principale, les revenus sont, depuis 2026, exonérés d’impôt fédéral sur le revenu (et également de TVA) ;

– en revanche, les locations commerciales, saisonnières ou de courte durée (Airbnb et assimilés) restent imposables.

Bon à savoir :

Hors exonération résidence principale, le régime classique pour un non-résident repose sur une retenue à la source : environ 60 % du loyer brut est considéré comme revenu net présumé, taxé à 35 %, soit un taux effectif d’environ 21 % du loyer brut. Dans certains textes, une base de 90 % est mentionnée pour le calcul du revenu imposable présumé, ce qui conduit dans la pratique, via la mécanique des retenues, à un prélèvement d’un ordre similaire (environ un cinquième des loyers).

Le locataire (ou l’administrateur local) est normalement tenu de pratiquer cette retenue et de la reverser à l’administration fiscale au titre de l’Impôt sur le revenu des non‑résidents.

Pour un Français résident fiscal en France, il faut en outre tenir compte de la convention fiscale franco‑argentine. Celle‑ci prévoit que l’Argentine a le droit de taxer les revenus immobiliers situés sur son territoire et que la France élimine la double imposition via un crédit d’impôt, en gros équivalent à l’impôt français théorique sur ces revenus. Résultat : dans la plupart des cas, vous payez l’impôt dans le pays du bien, et la France n’ajoute pas d’impôt supplémentaire, même si le revenu reste à déclarer.

Taxe sur la fortune (Bienes Personales / Personal Assets Tax)

L’Argentine maintient un impôt sur le patrimoine, mais son effet concret sur un Français propriétaire d’un seul appartement locatif reste limité.

Les grands principes :

les résidents sont imposés sur la totalité de leurs actifs mondiaux ;

les non‑résidents ne le sont que sur leurs biens situés en Argentine ;

– un seuil d’exonération relativement élevé a été instauré et rehaussé entre 2024 et 2026, au‑delà duquel des taux progressifs (de 0,5 à 1,25 %, voire 1,5 % selon les sources) s’appliquent sur la fraction taxable.

Astuce :

Pour un non-résident français détenant un seul appartement à Palermo, Recoleta ou Belgrano, la pratique montre qu’il se situe souvent sous le seuil d’imposition ou paie une somme modeste via le régime du « contribuable substitut » : un résident argentin (généralement l’administrateur ou le représentant fiscal) déclare et acquitte l’impôt de 0,5 % sur la valeur fiscale du bien, sans possibilité de déduction.

Autrement dit, la taxe sur le patrimoine est un paramètre à intégrer, mais rarement un facteur dissuasif pour un petit ou moyen investisseur.

Taxe foncière locale et charges

Chaque province lève un impôt immobilier (Impuesto Inmobiliario, parfois appelé ABL à Buenos Aires) sur la base d’une valeur cadastrale du bien, généralement plafonnée à 80 % de sa valeur de marché.

Selon les provinces, les taux varient, mais on tourne habituellement autour de 0,1 à 0,3 % de la valeur de marché pour un appartement moyen. Sur un bien valorisé 150 000 USD, il faut donc compter entre 150 et 450 USD par an de taxe foncière.

À ces impôts s’ajoutent :

les expensas (charges de copropriété), très variables, mais pouvant facilement dépasser l’équivalent de 100 000 ARS / mois dans les immeubles premium ;

– les services (eau, électricité, gaz, internet), plus modérés : une facture globale de l’ordre de 80 à 150 USD par mois pour un T2 locatif, soit 15 à 25 % du loyer.

Plus‑values immobilières : un régime redevenu très favorable

Jusqu’en 2025, les plus‑values réalisées par des non‑résidents sur la vente de leurs biens immobiliers étaient en principe taxées à 15 %, avec des règles différentes selon la date d’acquisition (avant ou après 2018) et l’éventuelle application d’une retenue forfaitaire de 1,5 % du prix (ITI).

À partir du 1er janvier 2026, la réforme fiscale a profondément simplifié les choses :

les gains de cession d’immeubles sont, en règle générale, exonérés d’impôt sur le revenu des personnes physiques, pour les résidents comme pour les non‑résidents, dès lors qu’il ne s’agit pas d’une activité habituelle d’achat‑revente ;

– les ventes par les personnes morales (sociétés) et les opérateurs professionnels de l’immobilier restent soumises à l’impôt sur les bénéfices ;

– pour les biens acquis avant 2018, un prélèvement de 1,5 % du prix peut continuer à s’appliquer dans certains cas, mais la réforme ouvre la possibilité de bénéficier de l’exonération si certaines conditions sont remplies.

Autrement dit, pour un Français qui achète en 2026 et revend dans quelques années, le scénario de base est une plus‑value nette d’impôt en Argentine. Reste la question du traitement en France : là encore, la convention fiscale prévoit que la France reconnaît l’imposition (ou l’exonération) du pays de situation du bien, avec un mécanisme de crédit d’impôt qui évite la double imposition. Le principe OCDE veut que la plus‑value immobilière soit taxée — ou exonérée — dans l’État où se trouve l’immeuble, et la France ne vient pas normalement surtaxer par‑dessus.

Coût de la vie : pourquoi l’Argentine reste bon marché pour un Français

Au‑delà de la seule rentabilité, un argument pèse lourd pour un investisseur qui envisage d’utiliser personnellement son bien une partie de l’année : le coût de la vie.

En 2026, les comparaisons internationales montrent :

un coût de la vie global environ 29 % plus bas qu’en France ;

un coût du logement (loyers, abonnements, charges) en moyenne 48 % inférieur ;

– pour un célibataire vivant seul en centre‑ville, un budget autour de 1 000 euros par mois à Buenos Aires, contre près de 1 700 euros en France pour un niveau de vie comparable.

Répartition des grands postes de dépense

Aperçu des principaux postes de dépense et de leur ventilation approximative.

Logement

Premier poste de dépense, comprenant le loyer ou le remboursement de crédit, les charges et l’énergie.

Alimentation

Dépenses courantes liées aux courses, aux repas et aux produits de consommation alimentaire.

Transport

Frais de déplacement : carburant, transports en commun, entretien du véhicule ou abonnements.

Santé

Dépenses de santé, mutuelle, consultations médicales et achats de médicaments.

Loisirs et divers

Sorties, abonnements, équipements et autres dépenses non classées ailleurs.

Poste de dépensePart dans le budget moyen
Logement~43 %
Alimentation~24 %
Restaurants / bars~13 %
Transports~2 %
Services (énergie, etc.)~13 %
Loisirs~5 %

Les écarts avec la France sont flagrants sur :

les loyers (350–550 €/mois pour un T1 en centre argentin, vs 700–1 100 € en France) ;

– la restauration (un repas correct à 8–15 €, un menu du midi à 5–8 €) ;

– les transports (un ticket de bus/metro à 0,30–0,50 €, un abonnement autour de 20–40 €/mois) ;

– l’essence (1,10–1,30 €/L contre 1,80–1,95 € en France).

Pour un Français qui perçoit ses revenus en euros, le pays offre donc un rapport pouvoir d’achat / qualité de vie très avantageux, même avec une inflation encore supérieure à la moyenne mondiale. Cette dimension est essentielle si l’on envisage un projet mixte résidence secondaire + location, ou une expatriation.

Financement local : possible, mais surtout pour les résidents

Pour un Français qui vit encore en France et souhaite investir en Argentine, les banques argentines ne constitueront pas une source de financement réaliste : elles ciblent prioritairement les emprunteurs disposant d’un DNI (document national d’identité), d’un revenu local formel et d’un historique bancaire interne.

Les crédits UVA, en 2026, sont généralement structurés de la façon suivante :

prêt en UVA, indexé sur l’inflation, avec un taux fixe ajouté (UVA + 5 à 15 % selon les banques et les profils) ;

quotité financée entre 70 et 80 % du prix du bien ;

– durée typique de 15 à 30 ans ;

– mensualité initiale limitée à 25–30 % du revenu familial net ;

– conditions d’âge (moins de 70–75 ans en fin de prêt) et de stabilité de revenu (au moins 1 à 2 ans d’activité vérifiable).

Bon à savoir :

Le Fonds de Garantie de Soutenabilité (FGS) d’Anses propose des programmes publics destinés à certaines banques, avec des taux plafonnés à UVA + 7,5 % maximum et des montants pouvant atteindre 150 000 UVA (environ 200 000 USD). Toutefois, ces lignes s’adressent en priorité aux ménages résidents et requièrent un niveau de revenu relativement élevé.

En pratique, un investisseur français qui souhaite se financer devra le faire : obtenant des fonds par le biais de prêts bancaires, d’émissions d’obligations ou d’autres moyens de financement comme le capital-risque ou le crowdfunding.

– soit via son système bancaire en France (crédit patrimonial, hypothèque sur un bien français, prêt conso long terme) ;

– soit en fonds propres ou quasi‑fonds propres (assurances vie, PEA, liquidités).

Cela n’empêche pas d’ouvrir un compte local — condition quasi indispensable pour gérer les flux locatifs et les charges — mais n’offre pas, à court terme, un effet de levier significatif sur place.

Où investir : lecture des quartiers et stratégies pour un Français

En 2026, le marché argentin est suffisamment mature pour ne plus se résumer à « acheter un appartement à Palermo ». La granularité par quartier (et parfois par micro‑secteur d’un même quartier) devient déterminante.

Les quartiers premium : sécurité, liquidité, valorisation

Dans Buenos Aires, les valeurs sûres pour un investisseur étranger restent :

Palermo (et ses sous‑quartiers : Soho, Hollywood, Palermo Chico) Densité de commerces, restaurants, vie culturelle, proximité des parcs et du métro. Forte demande locative, aussi bien en longue durée qu’en courte. Prix de 2 800 à 3 500 USD/m² pour de bons produits, davantage pour des immeubles neufs haut de gamme.

Recoleta / Barrio Norte Bâtiments anciens de caractère, bonnes écoles, perception de sécurité élevée. Prix souvent entre 2 600 et 4 500 USD/m² selon l’emplacement précis et la qualité d’immeuble.

Belgrano, Núñez, Colegiales Quartiers « familiaux » aisés, bien desservis par les transports, stock important de grands appartements et de quelques maisons. Prix fréquemment entre 2 500 et 3 300 USD/m², plus pour les maisons.

Ces secteurs offrent :

8

Le potentiel d’appréciation annuel projeté se situe entre 5 et 8 %, soutenu par une forte liquidité à la revente et une demande locative structurelle émanant des classes moyennes et supérieures argentines, des expatriés et des étudiants aisés.

Le revers de la médaille : des rendements bruts parfois plus comprimés, surtout dans les immeubles aux charges élevées.

Les quartiers en gentrification : rendements supérieurs, plus de risque

Pour un investisseur qui accepte un peu plus de volatilité et de travail, les zones en mutation offrent un meilleur couple rendement / plus‑value potentielle :

Villa Crespo, Chacarita, Almagro, Caballito, Flores Ces quartiers voient arriver une nouvelle population de jeunes actifs, d’artistes, de travailleurs du numérique, attirés par des loyers encore abordables et une bonne accessibilité. Les prix, souvent compris entre 1 700 et 2 300 USD/m², restent nettement inférieurs à ceux des quartiers premium voisins.

Les données 2026 montrent que certains de ces secteurs ont enregistré les plus fortes hausses de loyers et de prix au mètre carré sur un an (Flores +5,1 %, Colegiales +4,3 %, Villa Crespo +4,1 % sur un trimestre dans certaines études). Ils cumulent :

7

Un rendement brut potentiellement supérieur est proche de 7 % sur des biens bien choisis, avec un potentiel de rerating si la gentrification se poursuit, mais un risque plus élevé de vacance ou de décote en cas de retournement et une perception de sécurité plus hétérogène selon les rues.

Pour un Français, ces quartiers peuvent constituer une cible intéressante à condition de travailler avec un agent local de confiance, de visiter finement les micro‑zones et de rester très discipliné sur le prix d’achat.

Puerto Madero : vitrine chère, paris sur le long terme

Puerto Madero occupe un statut à part : c’est le quartier le plus cher du pays, construit quasi ex nihilo sur les anciens docks, avec des tours neuves, des vues sur le fleuve, des prestations à l’américaine. Les prix dépassent aisément 5 500 USD/m², pour des loyers très élevés mais plombés par des charges d’immeuble (expensas) qui mangent une bonne partie du rendement.

3-3,5

Rendements bruts typiques des études 2026, avec des nets parfois ramenés à 2-2,5 %.

Les autres villes : Mendoza, Córdoba, Rosario, Bariloche

En dehors de Buenos Aires, les stratégies varient :

Mendoza : bonne combinaison coût de la vie / attractivité touristique (vignobles, Andes, climat sec). Prix du m² estimés autour de 1 400 EUR en centre, 950 EUR en périphérie. Marché locatif dynamique mais plus petit ; intéressant pour un projet mixte résidence secondaire + location saisonnière ou pour une retraite.

Córdoba : deuxième ville du pays, grande population étudiante, économie diversifiée. Prix approximatifs autour de 1 750 EUR/m² centre, 1 175 EUR hors centre. Bon terrain pour des petits appartements à louer à des étudiants ou jeunes actifs.

Rosario : grande ville fluviale, marché immobilier moins cher (environ 1 550 EUR/m² centre, 850 EUR hors centre). Peut offrir de bons rendements, mais la perception de sécurité et certains enjeux économiques doivent être soigneusement évalués.

Bariloche : destination touristique majeure de Patagonie andine, où les prix du centre peuvent grimper entre 2 500 et 4 000 USD/m². Intéressant pour des locations saisonnières, mais soumis aux contraintes potentielles de zones de frontière et aux soubresauts du tourisme.

Points de vigilance pour un investisseur français

Même si le tableau général est séduisant — prix décotés, marché en reprise, fiscalité assouplie — l’Argentine reste un environnement complexe. Quelques lignes rouges à garder en tête :

Inflation et change : l’inflation, autour de 33–35 % en rythme annuel mi‑2026 (contre plus de 200 % un an plus tôt), reste élevée et impose de raisonner en dollars ou en euros pour toute projection. La convergence entre taux de change officiel et parallèle a réduit le risque de distorsion, mais la mémoire des dévaluations reste vive.

Attention :

La plupart des transactions immobilières se concluent encore en billets verts, physiquement échangés chez le notaire ou via des montages bancaires spécifiques. Cela nécessite une préparation avec sa banque française (ordre de virement international, justification de l’origine des fonds) et une vigilance extrême sur la sécurité et la conformité.

Risque politique et réglementaire : les lois évoluent vite. La tentative d’abrogation de la loi 26.737 puis sa restauration par la justice en est un bon exemple. De même, les exonérations fiscales sur les loyers et les plus‑values, favorables en 2026, pourraient être revues à moyen terme en fonction du contexte budgétaire.

Attention :

De nombreux immeubles, surtout dans les quartiers anciens ou populaires, présentent une documentation lacunaire, des travaux non déclarés ou des assemblées de copropriété peu structurées. Le rôle de l’escribano et, idéalement, d’un avocat spécialisé est essentiel pour éviter les vices cachés juridiques.

Temps de vente : si un bien est correctement positionné en prix à Palermo ou Belgrano, il peut se vendre en 60 à 120 jours. Mais la moyenne nationale tourne autour de 450 jours (15 mois), et des biens surévalués ou mal documentés peuvent rester deux ans sur le marché. Il faut intégrer cette lenteur potentielle dans sa stratégie de sortie.

En synthèse : pour qui et pourquoi l’Argentine en 2026 ?

Investir en immobilier en Argentine en 2026 a du sens pour plusieurs profils de Français :

ceux qui recherchent un pied‑à‑terre dans une grande métropole culturelle au coût de la vie très inférieur à la France, avec la possibilité de louer le bien le reste de l’année ;

ceux qui veulent diversifier leur patrimoine en dollars, sur un marché encore en rattrapage après une longue phase de baisse réelle ;

– des investisseurs plus opportunistes, prêts à se positionner sur des quartiers en mutation avec une vision de 5–10 ans.

Les points forts à retenir :

Bon à savoir :

Un cadre légal très ouvert permet aux étrangers d’acheter sans exigence de résidence ni de visa spécifique. La fiscalité 2026 est nettement adoucie sur les loyers d’habitation et les plus‑values immobilières des particuliers. Les prix au mètre carré restent 35 à 45 % sous leurs pics de 2017 à Buenos Aires, avec un potentiel de remontée graduelle. Enfin, le coût de la vie est 30 à 40 % plus bas qu’en France, ce qui permet de profiter réellement de son investissement si l’on passe du temps sur place.

Les limites et risques :

une rentabilité locative qui, une fois tout intégré, dépasse rarement 3–5 % net, sauf cas très ciblés ;

des incertitudes persistantes sur la trajectoire politique, budgétaire et réglementaire du pays ;

– la nécessité de naviguer dans un système bancaire et administratif très spécifique, où le cash dollar et les procédures anti‑blanchiment cohabitent avec une bureaucratie parfois lourde.

Bon à savoir :

Pour un Français prêt à se former sérieusement, à s’entourer (escribano, avocat, agent immobilier local) et à accepter une dose de complexité, l’Argentine offre en 2026 un moment rare : un marché en fin de cycle baissier, une économie qui se normalise, une fiscalité temporairement très accueillante et un environnement urbain — notamment à Buenos Aires — qui reste l’un des plus séduisants du continent pour qui aime investir là où il aime vivre.

La clé n’est pas de chasser le rendement mirifique, mais de viser un triptyque plus réaliste : conservation de valeur en dollars, plus‑value raisonnable sur le moyen terme, et possibilité de jouir, à titre personnel, d’un bien situé dans un pays où 1 000 à 1 200 euros par mois suffisent encore, en 2026, à mener une vie confortable au rythme des cafés, des milongas et de la douceur des hivers australs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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