Résidence en Grèce : le vrai impact sur l’immobilier et les investisseurs

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Depuis que le dispositif de résidence par investissement a pris une place centrale dans la stratégie économique du pays, Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? n’est plus une simple question de marketing migratoire. C’est devenu un sujet structurant pour les prix, les rendements, la fiscalité et, plus largement, pour l’équilibre entre attractivité internationale et accès au logement pour les locaux.

Bon à savoir :

Comprendre le fonctionnement réel du programme de résidence par investissement et évaluer s’il stimule encore la performance immobilière ou s’il se limite à une protection de capital.

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Une résidence de 5 ans, sans obligation de séjour, adossée à la pierre

Le cœur du système est simple : un non‑ressortissant de l’UE qui achète un bien éligible peut obtenir un titre de séjour renouvelable de cinq ans. Cette carte couvre le conjoint ou partenaire enregistré, les enfants (jusqu’à 21 ans, extensible à 24 ans pour les étudiants à temps plein) ainsi que les parents des deux conjoints. Le tout sans obligation de résidence effective : aucune durée minimale de présence n’est exigée pour conserver ou renouveler le titre.

Attention :

Ce permis accorde un droit de séjour en Grèce pour vivre, travailler et étudier, permet la libre circulation dans l’espace Schengen jusqu’à 90 jours sur 180 jours dans 29 pays, et exempte des formalités EES et ETIAS pour l’entrée des ressortissants de pays tiers en Europe.

Pour la plupart des familles non européennes, la proposition est donc limpide : acheter un bien et obtenir, en échange, une solution de mobilité européenne pour plusieurs générations, sans obligation de déménager.

Une passerelle vers la citoyenneté, mais sous conditions

Au bout de sept années de résidence légale, les titulaires peuvent, en théorie, demander la nationalité grecque. Dans les faits, il ne s’agit plus d’un « simple » prolongement automatique du permis de résidence. Il faut démontrer une présence réelle (au moins 183 jours par an), une maîtrise suffisante de la langue grecque et des critères d’intégration (connaissance des institutions, attache au pays). L’accès à la citoyenneté est donc un projet distinct de l’usage « pur investissement » du programme.

Astuce :

Les investisseurs peuvent conserver indéfiniment la résidence grecque même en ne séjournant quasiment jamais dans le pays, à condition de maintenir le bien immobilier. En revanche, il est impossible d’obtenir le passeport européen sans une présence effective en Grèce.

Un programme entièrement recentré sur l’immobilier, mais beaucoup plus encadré

L’un des aspects les plus marquants de Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? tient au fait que, contrairement au Portugal ou à l’Espagne qui ont fermé la porte à l’immobilier dans leurs programmes de résidence par investissement, la Grèce reste, en 2026, le dernier grand pays de l’UE offrant encore une résidence par l’achat direct de biens. Mais le « ticket d’entrée » et les règles d’exploitation n’ont plus rien à voir avec la version low‑cost des années 2010.

Trois zones, trois seuils : 250 000 €, 400 000 €, 800 000 €

La réforme structurante (loi 5100/2024 puis ajustements en 2026) a acté une segmentation géographique claire des investissements éligibles. On ne parle plus d’un seuil unique à 250 000 €, mais d’un système à trois niveaux.

Zone / Type de bienSeuil minimum d’investissementLocalisation principaleConditions clés
Zone A (prime)800 000 €Attique (Athènes, Piraeus, Riviera athénienne), Thessalonique, Mykonos, Santorin, îles > 3 100 hab.Un seul bien, min. 120 m², usage résidentiel (ou certains usages commerciaux)
Zone B (reste du pays)400 000 €Autres régions, y compris la majeure partie de la Crète, du Péloponnèse et de nombreuses îlesUn seul bien, min. 120 m², résidentiel ou commercial
Zone C (projets spéciaux)250 000 €Partout en GrèceUn seul bien, conversion commerce→habitation ou restauration de bâtiment classé

Dans les zones A et B, l’investissement doit porter sur une seule unité d’au moins 120 m². On ne peut plus « empiler » plusieurs petits appartements pour atteindre le seuil. Balcons, parkings et caves sont exclus du calcul de la surface. Cette exigence limite mécaniquement l’accès aux couples ou familles cherchant un bien familial, et pousse les investisseurs à viser des appartements ou villas de taille supérieure.

Exemple :

La zone C, avec un plafond à 250 000 €, cible des profils spécifiques : elle concerne uniquement l’achat de bâtiments non résidentiels transformés en logement (avec changement d’usage officiel) ou l’acquisition de bâtiments historiques classés, sous condition de restauration complète. Ces projets de niche relèvent plus de la réhabilitation patrimoniale que d’une acquisition locative classique.

La fin de l’Airbnb « dopé » par la résidence

L’autre pivot qui transforme profondément Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? est l’interdiction explicite de louer en courte durée les biens acquis dans le cadre du programme. Toute location de moins de 30 jours – typiquement via les grandes plateformes – est proscrite pour ces propriétés. Le législateur a aligné la sanction sur la gravité de l’enjeu : amende de 50 000 € par bien et révocation pure et simple du titre de séjour.

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Les rendements bruts générés par la location de courte durée ne sont plus autorisés pour le bien résidence par investissement.

Dans un contexte où, à Athènes, les taux de rendement brut des locations Airbnb avaient déjà compressé ceux des quartiers les plus prisés (3,8–4 % sur la Riviera athénienne), la mesure entérine un repositionnement clair du programme : moins de « cash‑flow immédiat », davantage de préservation du capital et de rendement locatif « classique ».

Une résidence de 5 ans comptée à partir de l’émission réelle de la carte

Autre détail technique qui pèse sur la chronologie des investisseurs : la durée de cinq ans ne court plus à partir du dépôt de la demande, mais de la date d’émission effective de la carte. La réforme de 2026 a mis fin aux retards pénalisants, en imposant un délai légal de 90 jours pour le traitement des dossiers et en clarifiant la date de départ. Pour les investisseurs, cela sécurise la durée réelle du titre mais rend aussi plus rigoureux le calendrier entre achat, dépôt et obtention.

Un marché immobilier porté par la demande étrangère… mais en phase de normalisation

Sur le terrain, Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? se lit d’abord dans les chiffres de marché. Les prix des appartements ont augmenté en moyenne de 7,8 % en 2025, après 9,1 % en 2024. Le rythme se modère mais reste très supérieur à la progression des revenus des ménages. Le pays arrive en 2026 après huit années continues de hausse – une véritable remontée post‑crise, qui a ramené les prix environ 7 % au‑dessus de leur sommet de 2008 en termes nominaux, même si, en valeur réelle, le niveau reste inférieur.

Des hausses spectaculaires dans les grands pôles

Athènes et Thessalonique sont les vitrines de cette dynamique.

Ville / ZonePrix moyen 2019 (€/m²)Prix 2023 (€/m²)Prix 2026 (€/m²)Hausse 2019‑2026
Athènes (moyenne ville)~1 450~2 050~2 350+62 %
Thessalonique (moyenne ville)~1 150~1 480~1 680+46 %
Moyenne nationale~1 050~1 320~1 490+42 %

Dans le centre d’Athènes, certaines micromarchés comme Plaka, Koukaki ou Kolonaki ont vu les prix bondir de près de 80 % depuis 2019. Sur la Riviera athénienne, le paysage est encore plus extrême : des appartements en front de mer se négocient à 10 000–12 000 €/m², voire davantage pour les villas « trophées ».

Thessalonique, portée par l’essor de la tech et l’arrivée de nomades numériques, a pris jusqu’à 10–11 % sur la seule année 2025, avec une hausse cumulée d’environ 85 % depuis 2019 dans certains quartiers.

Une demande étrangère structurante

Un élément clé du récit Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? tient au poids des acheteurs étrangers. Selon les données de la banque centrale et des professionnels, ils représentent près de 40 % des transactions nationales, bien davantage dans les centres urbains et les destinations de vacances emblématiques (Cyclades, îles Ioniennes, Halkidiki, Péloponnèse côtier).

Dans certaines micromarchés d’îles, les acheteurs internationaux peuvent peser plus de 70 % de la demande. Les profils évoluent : longtemps dominé par les investissements chinois et moyen‑orientaux, le flux se diversifie. Américains, Britanniques, Israéliens, Allemands et Nord‑Européens progressent fortement, avec une préférence marquée des Américains pour des biens à plus d’un million d’euros, notamment sur la Riviera athénienne et la côte de Piraeus.

Cette base internationale n’est plus uniquement mue par la quête de la résidence. Les statistiques montrent une chute d’environ 80 % des demandes strictement liées au programme de résidence par investissement, après le relèvement des seuils. En parallèle, l’intérêt « pur immobilier » venu d’Europe occidentale se maintient, voire progresse : style de vie, maison secondaire, diversification patrimoniale dans un pays encore moins cher que Lisbonne ou Madrid en moyenne.

Analyste du marché immobilier

Yields : encore attractifs, mais sous pression dans les poches les plus chères

Les rendements locatifs bruts nationaux oscillent globalement entre 4,5 % et 5,6 % selon les études, avec des pointes à 6,5 % dans certains marchés étudiants (Patras, Thessalonique) et 8–10 % en saison haute pour les villas et appartements premium des grandes îles touristiques (Crète, Rhodes, Mykonos, Santorin) lorsqu’ils ne sont pas contraints par les règles du programme.

Bon à savoir :

Dans les zones ultra prime saturées de capital comme la Riviera sud d’Athènes, les rendements bruts ont été rognés autour de 3,8–4 %, ce qui signifie que l’acheteur paie parfois l’équivalent de 25–26 années de loyer d’avance. L’interdiction d’utiliser les biens de résidence par investissement en courte durée renforce cet étau : sur ces segments, la logique est celle d’un pari sur l’appréciation du capital, plus que sur le cash-flow.

Une offre structurellement limitée

La tension ne vient pas seulement des acheteurs étrangers ou des investisseurs locaux. La construction est freinée par une série de facteurs : coûts en hausse, pénuries de main‑d’œuvre, procédures de permis longues, contraintes environnementales et rareté foncière sur les îles. La banque centrale évoque un déficit d’environ 5 000 logements par an entre les besoins du marché et les livraisons effectives.

L’État tente de corriger la trajectoire : programmes « Renovate‑and‑Rent » pour remettre en état des logements anciens et les flécher vers le locatif abordable ; incitations fiscales pour les promoteurs (suspension de TVA à 24 % sur les constructions neuves au profit d’un simple droit de mutation à 3,09 %, maintien des « valeurs objectives » de référence jusqu’en 2027 pour éviter un choc de fiscalité) ; soutien aux conversions de bureaux et locaux industriels en habitation.

Mais la mécanique reste lente et, en 2026, le marché reste clairement orienté vendeurs dans les zones les plus recherchées.

Le programme de résidence comme moteur (et frein) de la demande immobilière

Dans ce contexte tendu, Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? ne peut se comprendre sans regarder la part exacte du programme de résidence dans les flux de capitaux. Les chiffres disponibles montrent que, sur la période récente, les achats liés à la résidence par investissement ont représenté autour de 10,8 % des transactions totales. Autrement dit, ce n’est pas la totalité du marché – mais c’est un bloc suffisant pour influencer les prix dans certains quartiers.

Depuis 2013, le dispositif a généré plus de 8,5 milliards d’euros et soutenu près de 100 000 emplois directs et indirects. En 2024, les investissements étrangers dans l’immobilier atteignaient environ 2,75 milliards d’euros, plus de dix fois le niveau observé une décennie plus tôt, avant de se contracter d’environ 20–25 % en 2025, sous l’effet des nouveaux seuils et des interdictions sur la courte durée.

Une concentration extrême sur l’Attique

Les données administratives révèlent un biais géographique massif : plus de 79 % des dossiers en attente concernent l’Attique (la grande région d’Athènes). C’est précisément ici que les nouvelles règles ont été durcies : passage à 800 000 €, obligation de surface minimale, interdiction de la courte durée.

Attention :

L’État vise à réduire la pression des investissements résidentiels dans les quartiers centraux saturés, tout en orientant les flux vers les régions ayant encore de la capacité d’accueil et des besoins en capitaux, comme la Crète, le Péloponnèse ou les îles moins connues.

De l’effet « accélérateur de prix » à l’effet « normalisateur »

Dans la première phase post‑crise (2013–2019), la résidence par investissement a agi en puissant accélérateur : afflux de capitaux étrangers dans un marché encore bradé, achats massifs d’appartements en centre‑ville pour les transformer en locations saisonnières, multiplication des chantiers de rénovation. Le rebond spectaculaire des prix à Athènes (+47 % depuis 2019, +80 % dans certains micro‑quartiers) et à Thessalonique (+35 à +85 % selon les zones) doit beaucoup à ce choc d’investissement.

Évolution du programme en 2026

Le rôle du programme change en 2026, avec des modifications clés qui affectent l’attrait « cash-flow » et le profil opportuniste.

Nouveaux seuils et restrictions

Les seuils augmentent vers 400 000–800 000 € et la location courte durée est interdite, recentrant l’offre sur des biens plus grands.

Impact fiscal et marché

Combiné aux nouvelles règles fiscales sur les locations, l’effet sur le marché est double : réduction de l’attrait cash-flow et limitation du profil purement opportuniste.

– Les investisseurs les plus agressifs sur les prix se déplacent vers d’autres créneaux (projets hors programme, micro‑marchés encore abordables, îles moins réglementées).

– Les flux liés à la résidence se stabilisent autour d’un profil d’investisseur plus patrimonial, qui vise la combinaison stabilité du pays / valorisation long terme / usage personnel ou familial.

Pour le marché, cela signifie une normalisation : la résidence reste un moteur de la demande, mais n’est plus un carburant massif de bulles locales alimentées par la courte durée.

Un cadre fiscal qui renforce l’attrait… et complexifie la stratégie

La fiscalité immobilière grecque joue un rôle central dans Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ?. Pour un non‑résident, l’architecture fiscale est à double tranchant : attractive sur certains aspects, exigeante sur d’autres.

Coût d’acquisition : faible droit de mutation, TVA suspendue

Sur le front des coûts d’entrée, la Grèce est compétitive :

Poste de coût à l’achatTaux ou fourchette indicative
Droit de mutation (FMA)3 % de la valeur objective
Surtaxe municipale sur ce droit0,09 %
Frais de notaire~1–2 % du prix
Frais d’enregistrement / cadastre~0,5 % du prix
Total (hors commission agence)~5–7 % de la valeur du bien

Pour les constructions neuves, la TVA standard de 24 % est théoriquement applicable, mais elle est suspendue pour l’essentiel du marché jusqu’à fin 2026. Les promoteurs peuvent obtenir une suspension, permettant à l’acheteur de ne payer que le droit de mutation à 3,09 % au lieu de la TVA. C’est un avantage majeur par rapport à de nombreuses juridictions européennes.

À cela s’ajoute une exonération de fait de la taxe sur les plus‑values pour les particuliers jusqu’au 31 décembre 2026 (une suspension renouvelée quasi automatiquement depuis 2013). Tant qu’elle reste en vigueur, un investisseur privé qui revend avec plus‑value ne paye pas d’impôt sur ce gain en Grèce, ce qui renforce l’attrait de stratégies de revente à moyen terme.

Imposition des loyers : entre 15 % et 45 %, avec abattement forfaitaire

Les revenus locatifs sont taxés selon une échelle spécifique, distincte des salaires ou revenus d’activité :

Tranche de revenus locatifs annuelsTaux d’imposition
Jusqu’à 12 000 €15 %
12 001 – 35 000 €35 %
Au‑delà de 35 000 €45 %

Un abattement forfaitaire de 5 % est appliqué sur les loyers bruts, en lieu et place de la déduction des charges réelles. Pour un non‑résident, les revenus grecs ne sont imposables qu’en Grèce, mais des conventions de non‑double imposition et le statut fiscal dans le pays d’origine peuvent modifier l’impact global.

Bon à savoir :

Les loyers sont inclus dans le bénéfice imposable des entreprises à un taux uniforme de 22 %. Pour les véhicules corporate, l’équilibre entre rendement et coût fiscal dépend fortement du niveau de levier et du profil de l’investisseur.

Fiscalité annuelle : ENFIA, TAP et incitations ciblées

La taxe foncière annuelle (ENFIA) repose sur une base par mètre carré, modulée par une quinzaine de coefficients (zone, type, ancienneté, étage, etc.), avec des valeurs allant de 2 à 16,20 €/m² pour les constructions et de 0,0037 à 9,25 €/m² pour les terrains. Pour un pavillon de 100 m² en zone rurale, on parle typiquement de 300–400 € par an.

Au‑delà d’un certain seuil de valeur (500 000 € de valeur taxable pour l’ensemble du patrimoine), une surtaxe progressive entre 0,1 % et 1,15 % peut s’ajouter. La plupart des investisseurs haut de gamme entrent dans ce champ.

Le TAP, prélèvement municipal distinct, est en général modeste (0,025–0,035 % de la valeur).

L’État introduit toutefois des incitations ciblées à partir de 2026 :

Bon à savoir :

Une réduction de 50 % de l’ENFIA est accordée pour les résidences principales dans les villages de moins de 1 500 habitants (1 700 dans l’Evros), avec exonération totale dès 2027 pour les biens jusqu’à 400 000 €. Les logements assurés contre l’incendie, les inondations et les tremblements de terre bénéficient d’une réduction allant jusqu’à 20 % pour une valeur maximale de 500 000 €. Des exonérations temporaires s’appliquent aux bâtiments historiques et zones spécifiques.

Ces mesures visent autant à corriger les déséquilibres territoriaux qu’à encourager la mise à niveau énergétique et la réhabilitation du patrimoine.

Avantages fiscaux ciblant la réorientation du marché

Un dispositif intéressant pour les investisseurs se détourne explicitement de la courte durée pour encourager le long terme : les propriétaires qui réaffectent un logement précédemment vacant ou exploité en location courte durée vers un bail de trois ans minimum signé entre septembre 2024 et fin 2026 peuvent bénéficier d’une exonération d’IR sur ces loyers, sous conditions (surface inférieure ou égale à 120 m², historique de vacance ou de location saisonnière, etc.).

Pour un investisseur qui sort de la courte durée contrainte par la réglementation (suspension d’enregistrements Airbnb dans certains quartiers, interdiction pour les biens du programme), c’est une carotte qui amortit la baisse de rendement brut.

Des rendements et des risques très différents selon les stratégies

Pour un acheteur qui s’interroge : Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? la réponse dépend en réalité du profil de jeu choisi.

Stratégie « prime + résidence » : barrière haute, rendement comprimé

Dans les zones A (Athènes, Thessalonique, Mykonos, Santorin, grandes îles touristiques avec plus de 3 100 habitants), l’entrée à 800 000 € sur un unique bien de 120 m² minimum est clairement un filtre. Les prix au mètre carré y sont déjà parmi les plus élevés du pays, la concurrence internationale forte, et les rendements locatifs bruts souvent autour de 3,5–4 % pour la longue durée.

Pour un investisseur motivé avant tout par la résidence et par un placement dans un environnement perçu comme sûr et liquide, cela reste cohérent : exposition à des micro‑marchés très prisés (Riviera athénienne, centres historiques), perspective de progression des prix de 4–6 % par an selon les prévisions consensuelles, protection contre la volatilité géopolitique d’autres régions.

Astuce :

Pour un chasseur de rendement, le rapport prix/loyer et la contrainte de location longue durée rendent ce segment nettement moins séduisant qu’au temps des Airbnbs non encadrés.

Stratégie « zone B + long terme » : équilibre prix / rendement

Les régions soumises au seuil de 400 000 € (Crète, grande partie du Péloponnèse, îles hors hyper‑prime, périphéries de Thessalonique, Grèce continentale) offrent un équilibre différent. Les prix d’entrée au mètre carré y restent souvent inférieurs à ceux de Lisbonne ou Madrid, avec des rendements bruts de l’ordre de 4,5–6 % sur le long terme et des perspectives de croissance de 4–7 % par an selon les zones.

Des marchés comme la Crète – notamment autour de Chania, Rethymno ou Agios Nikolaos – combinent :

Des prix encore compétitifs (à partir de 2 100 €/m² pour des produits non prime, 3 800–4 500 €/m² pour des villas neuves avec piscine vendues sur plan).

– Un allongement de la saison touristique grâce au climat et aux connexions aériennes.

– Une demande internationale en forte progression (plus d’un tiers des investisseurs étrangers s’y intéressent selon certaines agences).

Bon à savoir :

Pour un investisseur cherchant à la fois une résidence, un revenu locatif modéré et un usage saisonnier, ces zones offrent le meilleur équilibre.

Stratégie « 250 k€ conversion ou patrimoine » : rendement potentiel, complexité réelle

Le maintien du seuil de 250 000 € pour les conversions commerce → logement et la restauration de bâtiments listés peut donner l’impression d’une voie d’accès « à l’ancienne ». En pratique, ces projets sont tout sauf passifs. Il faut :

Trouver un actif réellement convertible, dans une zone où la demande de logement existe.

– Obtenir et finaliser le changement d’usage avant le dépôt de dossier.

– Gérer des travaux de restauration souvent lourds, avec des coûts élevés (les acheteurs de logements des années 1980–1990 prévoient déjà 600–800 €/m² pour la seule modernisation énergétique de base).

Pour les profils habitués au développement ou aux opérations de requalification, la combinaison « entrée plus basse + valorisation forte sur un marché en tension » peut être très intéressante. Pour un investisseur purement financier, à distance, sans ancrage local, le risque opérationnel est non négligeable.

Un environnement macro‑économique qui renforce l’attrait immobilière

La question Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? ne peut être isolée du contexte macro. Or, celui‑ci est favorable : la dette publique a reculé de plus de 55 points de PIB depuis 2020, le pays a retrouvé une note investment grade (Baa3 chez Moody’s, BBB chez DBRS et Fitch, perspective stable), la croissance attendue de 2 % en 2026–2027 dépasse celle de la moyenne de la zone euro.

70

La participation étrangère représente près de 70 % du capital de la Bourse d’Athènes, avec plus de 70 % de la liquidité quotidienne.

Ce climat se répercute sur l’immobilier : afflux d’IDE (investissements directs étrangers) atteignant 4,8 % du PIB en 2025, poids très important de la pierre (plus de la moitié des IDE orientés vers l’immobilier et l’hôtellerie), conforté par un tourisme record (près de 37 millions de visiteurs et plus de 20 milliards d’euros de recettes en 2025). Pour un investisseur immobilier, le pari n’est donc pas seulement sur un marché résidentiel isolé, mais sur un pays entier en phase de requalification économique.

Vers quel équilibre entre investisseurs et accès au logement ?

En toile de fond de Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? se dessine une tension politique classique : comment attirer des capitaux internationaux sans sacrifier l’accessibilité du logement pour les résidents ?

Les autorités ont clairement ajusté le curseur depuis 2024–2026 :

Bon à savoir :

Les nouvelles règles restreignent la résidence par investissement aux zones chères (800 000 €) et aux biens de 120 m², réduisant l’éviction sur les petits logements. L’interdiction de la courte durée pour ces biens coupe le lien avec la hausse des loyers touristiques. Des incitations fiscales pour les locations longue durée et la réhabilitation orientent les capitaux vers la production de logements plutôt que la spéculation.

Pour les investisseurs, cela signifie que le temps de la « résidence bon marché couplée à un Airbnb hyper rentable » est révolu. Le nouveau paysage est celui d’un marché structurellement porteur, mais de plus en plus sélectif : les meilleurs couples rendement / risque ne se trouvent plus sur les cartes postales les plus connues, mais dans les marchés secondaires bien connectés, les projets de rénovation ciblés et les opérations alignées avec les priorités publiques (conversion, logement abordable, efficacité énergétique).

En résumé, Résidence en Grèce : quel impact concret sur l’immobilier et les investisseurs ? se traduit aujourd’hui par trois réalités simultanées :

Investissement immobilier en Grèce en 2026

Le marché grec de la résidence par l’immobilier évolue : plus sélectif, plus encadré, avec un permis de 5 ans sans séjour obligatoire et une possible passerelle vers la citoyenneté. Les investisseurs avertis y trouvent prix attractifs, rendements solides et un environnement fiscal pragmatique, faisant de la Grèce une valeur sûre dans la zone euro.

Permis de résidence attractif

La Grèce reste un bastion européen avec un permis de 5 ans sans obligation de séjour et une passerelle possible vers la citoyenneté.

Marché plus régulé

Le programme immobilier est devenu plus cher, plus sélectif et plus encadré, glissant de la spéculation à la consolidation du marché.

Opportunités en 2026

Pour les investisseurs, prix attractifs, rendements solides hors ultra-prime, fiscalité pragmatique et statut de valeur sûre dans la zone euro.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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