Grèce vs Portugal vs Espagne : le match immobilier des investisseurs

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Grèce vs Portugal vs Espagne : où placer son argent en immobilier en 2026 quand on est investisseur européen, souvent français, à la recherche de rendement, de fiscalité maîtrisée et de perspectives de valorisation à dix ans ? Les trois pays partagent un soleil généreux, un tourisme massif et une demande locative solide. Mais derrière cette apparente proximité, leurs marchés suivent aujourd’hui des trajectoires très différentes.

Bon à savoir :

En 2026, le marché résidentiel européen connaît une divergence structurelle : d’un côté, une crise durable du logement et des écarts d’accessibilité records ; de l’autre, des rendements nets très contrastés. La Grèce, le Portugal et l’Espagne offrent des rendements nets supérieurs à 4–5 %, bien plus attractifs que les 3–4 % bruts des grandes métropoles d’Europe du Nord.

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Trois marchés méditerranéens, trois histoires différentes

Grèce, Portugal et Espagne ont en commun d’avoir beaucoup monté depuis 2015, mais pas pour les mêmes raisons. Le Portugal a vécu un véritable bull‑run alimenté par le tourisme, les expatriés et le régime RNH (résident non habituel). L’Espagne a digéré l’éclatement de sa bulle de 2008 et s’est relancée grâce à une demande étrangère massive et une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro. La Grèce, elle, sort tout juste d’une décennie de crise, avec une remontée des prix spectaculaire mais à partir de niveaux très déprimés.

Grèce : l’outsider encore abordable

La Grèce reste le marché le plus accessible des trois. Selon plusieurs sources de marché, le prix moyen se situe globalement autour de 2 400 à 2 600 €/m², quand la France tourne autour de 3 300 €/m² et que des pays comme l’Allemagne ou le Royaume‑Uni dépassent largement les 4 000 €/m². Dans certaines régions, on trouve encore des opportunités dès 1 000 €/m².

50

Le pays a vu ses prix résidentiels progresser de plus de 50 % entre 2017 et 2023.

Portugal : après l’euphorie, l’atterrissage en douceur

Au Portugal, l’histoire est différente. Le marché a connu une flambée spectaculaire à partir de 2015, portée par le tourisme, le statut RNH et les Golden Visa. Entre 2015 et 2022, certaines zones de Lisbonne et de Porto ont vu les prix bondir jusqu’à +90 %. En 2024–2025, le marché a commencé à corriger : baisse de 5 à 12 % selon les segments, avant une stabilisation en 2026.

La médiane nationale a franchi 2 000 €/m² fin 2025, avec une valeur autour de 2 111 €/m² et, selon d’autres analyses, une fourchette moyenne de 2 300 à 2 600 €/m². Les grandes villes restent très chères : plus de 5 000 €/m² à Lisbonne en moyenne début 2026, autour de 4 000 €/m² à Porto selon certaines sources. Les rendements bruts tournent entre 4 et 7 % selon la ville et le type de location, avec une moyenne nationale de 6,3 % en début de 2026, en baisse par rapport aux 7,3 % de 2024.

Attention :

Les autorités ont supprimé le Golden Visa immobilier, modifié le régime RNH, renforcé l’encadrement des locations touristiques et instauré des fiscalités ciblant le loyer modéré. Les analystes anticipent un atterrissage en douceur avec des hausses nationales de 2 à 4 % par an, voire plus dans certaines villes secondaires.

Espagne : profondeur de marché et forte polarisation

L’Espagne s’est imposée comme le géant du trio. Depuis 2013, les transactions résidentielles ont progressé de 138 %. Le pays a profité d’une croissance du PIB de 3,3 % en 2024 (contre 0,7 % en moyenne dans la zone euro), d’une demande étrangère massive (près de 100 000 achats par des non‑résidents chaque année, soit environ 20 % des transactions) et d’un marché très diversifié, des micro‑villages de Castille aux métropoles globales que sont Madrid et Barcelone.

En 2026, le prix moyen espagnol gravite autour de 2 000 à 2 200 €/m², en hausse d’environ 18,4 % en glissement annuel au début de l’année selon certains indicateurs. Les grands réseaux de notaires évoquent une progression moyenne des prix de 7,5 % en 2025 après 6,9 % en 2024, avec des pointes à +15 % dans la Communauté de Madrid ou la Communauté valencienne. Les rendements locatifs bruts oscillent entre 5 et 7 % en moyenne, avec des pics au‑delà de 8 % dans certaines villes moyennes.

Espagne et Portugal ont tous deux refermé la page des Golden Visa immobiliers. La Grèce, elle, maintient son dispositif mais en le durcissant.

Panorama comparatif des prix : qui est vraiment bon marché ?

La première question d’un investisseur reste le ticket d’entrée. Là encore, la comparaison est loin d’être homogène à l’intérieur de chaque pays.

Prix moyens et écarts internes

On peut synthétiser certains ordres de grandeur (valeurs moyennes ou fourchettes usuelles) pour 2025‑2026 :

Pays / ZonePrix moyen ou fourchette indicative €/m²Commentaire clé
Grèce (national)2 400 – 2 600Le plus abordable des trois pays
Athènes (moyenne)2 500 – 3 000Encore sous le niveau de nombreuses capitales EU
Athènes centre/sud prime3 500 – 5 500Quartiers historiques et Riviera athénienne
Crète (cités & côtes)1 500 – 3 000Fort potentiel touristique
Peloponnèse1 400 – 2 500Forte dispersion, villages très bon marché
Îles prime (Mykonos, Santorin)6 000 – 10 000+Marché ultra‑prime
Portugal (national médian)≈ 2 100 – 2 600Après une hausse de plus de 16 % en 2025
Lisbonne (centre)≈ 5 000 – 6 100Pic > 7 000 €/m² sur certains quartiers prime
Porto (centre)3 500 – 5 000Marché de rendement et de flips
Algarve4 000 – 6 500Destination premium touristique
Espagne (national)≈ 2 000 – 2 200En forte hausse depuis 2024
Madrid / Barcelone (centre)≈ 4 000Métropoles globales, rendements plus modérés
Valence (ville)≈ 3 400Forte croissance, marché locatif solide
Malaga≈ 2 500« Silicon Valley » méditerranéenne
Villes moyennes (Murcia, etc)900 – 1 700Fort potentiel de cash‑flow

En termes de simple accessibilité, la Grèce domine encore, surtout en dehors d’Athènes et des îles les plus cotées. Les opportunités à 1 000 €/m², voire moins dans certains villages ou quartiers secondaires, sont presque introuvables au Portugal dans les zones dynamiques, et beaucoup plus rares en Espagne sur les côtes recherchées.

Bon à savoir :

Le prix au mètre carré n’est qu’une donnée. Ce qui compte vraiment pour l’investisseur, c’est le couple rendement / potentiel de plus-value, avec la fiscalité en toile de fond.

Rendements locatifs : où le cash‑flow est‑il le plus facile ?

Sur la rentabilité brute, les trois marchés se situent globalement dans une fourchette de 4 à 8 %, avec des variations importantes selon la ville, le type de location (long terme ou saisonnier) et le niveau de gamme.

Grèce : rendement intéressant, mais très contrasté

Les études sur la Grèce montrent des rendements locatifs qui varient globalement entre 3 et 7 % selon l’emplacement. Une analyse fine d’une quatre‑vingt‑taine de quartiers donne un rendement brut moyen proche de 4,7 %, pour un rendement net autour de 3,2 %, avec un prix médian d’environ 238 000 € et un loyer moyen de 1 050 €/mois.

Dans Athènes, on observe : les institutions politiques, la culture philosophique, les avancées architecturales et le commerce dynamique.

Des rendements de 5–6 % bruts sur des locations résidentielles classiques dans plusieurs quartiers de la capitale.

Des micro‑marchés avec des rendements à deux chiffres, en particulier sur les segments touristiques très tendus ou la location étudiante, quand le prix d’acquisition est resté bas.

1500

Le prix d’achat au mètre carré dans certains secteurs touristiques comme la Crète peut démarrer à partir de 1 500 €.

En résumé : la Grèce offre un spectre de rendements très large, avec un cœur de marché autour de 4,5–6 % brut, mais des pics bien plus élevés sur des niches touristiques ou étudiantes ciblées.

Portugal : rendement solide mais en baisse, très dépendant de la fiscalité

Au Portugal, les rendements varient généralement de 4 à 7 % selon les zones, avec une moyenne nationale de 6,3 % début 2026, contre 7,3 % en 2024 et 7,5 % en 2019. Le recul est net : les prix ont augmenté plus vite que les loyers.

Quelques repères :

Ville / Région portugaiseRendement brut typique (ordre de grandeur)Commentaire
Lisbonne (centre)3,5 – 4,5 % (LT)Fort potentiel patrimonial
Lisbonne (quartiers en mutation)jusqu’à 6 % (LT)Marvila, Beato, etc.
Lisbonne (AL régulé, licence existante)5 – 7 % (ST)Marché très encadré
Porto (centre historique)5,5 – 7 % (LT)Rendement élevé mais gestion plus lourde
Porto (saisonnier)9 – 13 % (ST sur marchés optimisés)Fortement dépendant des règles locales
Coimbra, Santarém, Évora, Leiria6,5 – 7,5 %Villes moyennes universitaires
Algarve5 – 8 % (principalement saisonnier)Forte saisonnalité
Petites villes (Bragança, etc.)jusqu’à 8 %Vacance plus risquée

Le Portugal reste compétitif en Europe sur le plan du rendement, mais l’investisseur doit intégrer deux éléments clefs :

Astuce :

La raréfaction et la régulation stricte des licences de location touristique (Alojamento Local) dans les grandes villes entraînent une baisse progressive de la rentabilité moyenne, en particulier à Lisbonne, où la rentabilité brute autour de 3,5–4,5 % se rapproche désormais de celles de certaines capitales européennes.

Espagne : champion du rapport rendement / profondeur de marché

Les données comparatives montrent que l’Espagne affiche, en moyenne, de meilleurs rendements que la France : 7,16 % brut contre 5,90 %. Au niveau des grandes villes européennes, Alicante (6,3 %), Rome (6 %) ou Valence (5,8 %) figurent parmi les têtes de classement, alors que Paris, Londres ou Munich ferment la marche avec 3–4 %.

En 2026, les rendements bruts espagnols se situent globalement entre 5 et 7 %, avec des pointes supérieures à 8 % dans les villes moyennes bien choisies : Murcia, Saragosse, Alicante, certaines périphéries de Madrid et Barcelone.

Quelques ordres de grandeur :

Ville / Région espagnolePrix indicatif €/m²Rendement brut estiméProfil de marché
Madrid (intra‑muros)2 200 – 2 300≈ 4,5 %Capitale, valorisation long terme
Barcelone (intra‑muros)≈ 4 0003,8 – 4,8 % (périph.)Régulation stricte, marché patrimonial
Valence (ville)1 800 – 1 9005,5 – 6 %Marché « complet » (expats, tech, tourisme)
Malaga≈ 2 5005 – 6 %Forte croissance, techno‑touristique
Villes moyennes (Murcia, etc.)900 – 1 7005,5 – 6,5 % et +Cash‑flow, risque locatif plus élevé

Pour un investisseur à la recherche de cash‑flow immédiat avec un budget modéré (moins de 150 000 €), l’Espagne propose sans doute aujourd’hui la plus grande variété d’options : colocation dans les villes universitaires, familles dans les banlieues bien desservies, meublé moyen terme pour télétravailleurs et nomades digitaux sur certaines côtes.

Fiscalité : le Portugal creuse, la Grèce séduit, l’Espagne encadre

Dès que l’on passe de la carte postale à l’Excel, la fiscalité devient déterminante. Les trois pays ont profondément modifié leurs régimes ces dernières années, notamment sur les permis de résidence par investissement et l’imposition des revenus locatifs.

Portugal : un arsenal fiscal sophistiqué mais plus sélectif

Pour les investisseurs, la fiscalité portugaise s’articule autour de plusieurs briques majeures.

Impôt sur le revenu locatif (IRS)

– Non‑résidents : flat tax de 28 % sur les revenus locatifs.

– Résidents : possibilité d’un taux fixe de 25 % sur les locations longue durée.

– Régime du loyer modéré :

Taux réduit de 10 % d’IRS sur les loyers éligibles, au lieu des 25 % habituels.

– Pour les sociétés, seulement 50 % des loyers éligibles sont soumis à l’IRC (impôt sur les sociétés), l’autre moitié étant exonérée.

– Décret‑loi n° 97/2026 (20 mai 2026) :

– Instauration du taux réduit de 10 % sur les revenus de baux résidentiels standards respectant certains plafonds.

Exonération de 50 % d’IRS (ou IRC catégorie B) sur les revenus issus de certains baux résidentiels.

Concrètement, un investisseur qui accepte de pratiquer un loyer inférieur aux valeurs de marché dans les zones ciblées peut diviser par plus de deux son impôt sur le revenu locatif. Pour un portefeuille détenu en société, l’assiette imposable est en plus divisée par deux.

Fiscalité locale sur le patrimoine

IMI (Imposto Municipal sobre Imóveis, taxe foncière annuelle) :

– Taux entre 0,3 et 0,45 %, voire jusqu’à 0,8 % selon les municipalités, calculé sur la valeur cadastrale.

Exonération de 3 ans pour les biens achetés moins de 125 000 € (y compris à Lisbonne) pour un premier achat de résidence principale par des acquéreurs de moins de 35 ans.

– Réductions possibles pour les biens rénovés ou situés dans certaines zones.

AIMI (taxe additionnelle sur les patrimoines immobiliers élevés) :

0,7 % au‑delà de 600 000 € de valeur cadastrale,

– 1 % à partir de 1 million,

– 2 % au‑delà de 2 millions,

– Exonération envisageable pour les biens éligibles au régime du loyer modéré.

Taxe de mutation (IMT) et droits de timbre (IS)

IMT : principal coût fiscal à l’achat ; barème progressif pouvant aller jusqu’à 8 %.

– Plusieurs dispositifs d’exonération :

Résidence principale jusqu’à 106 346 € (continent) ou 132 933 € (Açores, Madère).

– Exonérations renforcées pour les primo‑accédants de moins de 35 ans depuis l’été 2024.

– Plafond à 660 982 € pour ces exonérations en 2026, avec un mécanisme d’exonération totale jusqu’à 330 539 €, puis partielle jusqu’au plafond.

– Taux spécifique pour non‑résidents :

– Depuis le décret‑loi n° 97/2026, les acquisitions résidentielles par des non‑résidents sont taxées à 7,5 % d’IMT, en remplacement des taux progressifs, ce qui renchérit sensiblement l’entrée pour un investisseur étranger.

– Majoration de 10 % pour les investisseurs provenant de paradis fiscaux.

IS (Imposto do Selo) : 0,8 % du prix ou de la valeur cadastrale (le plus élevé), avec des exonérations possibles dans certains contrats d’investissement locatif (CIA).

Plus‑values

50 % de la plus‑value immobilière sont intégrés dans la base imposable et taxés au barème progressif (jusqu’à 48 %).

– Exonération pour la résidence principale si la plus‑value est réinvestie dans une autre résidence principale dans l’UE/EEE.

– Après la réforme de 2023, ce régime s’applique de manière harmonisée aux résidents et non‑résidents : seuls 50 % du gain sont soumis au barème.

– Le décret‑loi n° 97/2026 introduit une exonération d’IRS sur les plus‑values réinvesties dans des biens destinés à la location résidentielle.

Exemple :

Pour un investisseur français, la convention fiscale franco-portugaise de 1971 impose les revenus immobiliers au Portugal, avec un crédit d’impôt en France pour éviter la double imposition. De plus, si l’investisseur reste résident fiscal français, ces biens sont inclus dans le calcul de l’IFI dès lors que le total des actifs immobiliers mondiaux dépasse 1,3 million d’euros.

Grèce : fiscalité simple à l’entrée, pression croissante sur la détention

La recherche fournie détaille surtout la fiscalité de transaction en Grèce.

À l’achat :

Taxe de transfert immobilière (environ 3,09 %) :

3 % pour l’État + 0,09 % pour la commune, calculés sur la valeur cadastrale (et non le simple prix de vente).

Frais annexes (ordres de grandeur) :

– Avocat : 1 à 2 % HT du prix,

– Notaire : 0,8–1 % HT,

– Registre foncier / cadastre : 0,475–0,575 % HT,

– Agence immobilière : 2 à 3 % HT à la charge de l’acheteur selon les pratiques locales.

Au total, les coûts d’acquisition se situent typiquement entre 8 et 12 % du prix du bien, ce qui reste inférieur à certains marchés d’Europe de l’Ouest mais plus élevé que la moyenne portugaise (6–8 %).

La fiscalité annuelle repose principalement sur une taxe foncière (ENFIA) dont le taux, pour un non‑résident, se traduit en pratique par une charge de 0,1 à 0,5 % de la valeur estimée du bien. Le coût de la vie environ 35 % plus bas qu’en France vient légèrement compenser cette pression fiscale et rend la rentabilité nette des placements plus intéressante pour un investisseur qui gère sur place.

À noter enfin : la Grèce maintient un programme de Golden Visa – mais profondément remanié. Les niveaux d’investissement ont été segmentés :

Zone / Type de bienTicket d’entrée Golden Visa
Zones très demandées (Athènes, Thessalonique, grandes îles > 3 100 hab.)800 000 €
Régions secondaires400 000 €
Conversions / restauration (bâtiments historiques, industriels)250 000 €

Et l’usage locatif est désormais encadré : la location type Airbnb est interdite pour les biens détenus dans le cadre du Golden Visa, ce qui transforme la stratégie des candidats en logique de conservation du capital ou de location longue durée, plutôt que de rendement saisonnier agressif.

Espagne : fin de la Golden Visa mais régime locatif encore compétitif

L’Espagne a supprimé purement et simplement son régime de Golden Visa immobilier le 3 avril 2025. Plus aucun permis de résidence n’est délivré sur la base d’un simple ticket d’investissement de 500 000 € en biens. Les investisseurs étrangers doivent désormais passer par les visas entrepreneurs, talents hautement qualifiés, transferts intra‑groupe ou projets stratégiques. L’immobilier redevient un investissement patrimonial, non un « passeport résidentiel ».

Sur le plan fiscal :

IRNR (impôt sur le revenu des non‑résidents) sur les loyers :

19 % pour les résidents UE (après déduction des charges),

24 % pour les non‑UE (sans droit aux mêmes déductions).

– Taxation fictive des résidences secondaires non louées :

24 % (ou 19 % UE) sur 1,1 % de la valeur cadastrale.

– Taxes à l’achat :

– Marché ancien : ITP (Impuesto de Transmisiones Patrimoniales), entre 6 et 10 %, voire jusqu’à 13 % selon la région et le prix.

– Marché neuf : TVA + AJD (droit d’actes juridiques documentés), à des taux également régionaux.

– Taxation annuelle :

IBI (taxe foncière), plus différentes taxes locales (déchets, etc.) et parfois surtaxation des logements vides.

Plusieurs communautés autonomes ont ajusté leurs taxes :

Baisse de l’ITP en Communauté valencienne (de 10 à 9 % à partir du 1er juin 2026).

– Taux réduit en Andalousie (5 % pour investisseurs revendant dans les deux ans sur des biens jusqu’à 500 000 €).

– Allègements ciblés en Galice, Cantabrie, etc.

– Hausse des taux en Catalogne pour les acquisitions de plus de 600 000 € (jusqu’à 13 % au‑delà de 1,5 M€).

En parallèle, l’UE a adopté le règlement 2024/1028 imposant l’enregistrement obligatoire des locations courte durée à partir du 20 mai 2026. L’Espagne applique déjà une loi logement nationale qui plafonne la révision des loyers via un nouvel indice et impose que les honoraires d’agence pour les baux longue durée soient supportés par les propriétaires, non par les locataires. La combinaison de ces règles renforce la sécurité juridique des locataires mais impose aux investisseurs de mieux calibrer leur cash‑flow.

Perspectives de prix : lesquels ont encore du carburant ?

Les trois marchés ont déjà beaucoup monté. Faut‑il craindre une bulle ?

Grèce : cycle de rattrapage, mais signes de tension

Les prix grecs ont progressé de plus de 80 % entre 2017 et 2025, et dépassé leur pic de 2008 d’un peu plus de 7 % fin 2025. Les hausses annuelles à deux chiffres de 2023 (près de +13,9 %) se sont déjà normalisées à 7–8 %. Pour 2026, la plupart des analyses évoquent une progression attendue de 3 à 6 %, durable mais moins explosive.

En arrière‑plan, la dynamique reste robuste :

Rôle moteur du tourisme (Athènes, Cyclades, Crète, Rhodes…),

Appétit d’investisseurs étrangers, notamment en résidences secondaires haut de gamme,

– Offre limitée de logements neufs (chute de 24 % des surfaces en chantier au T1 2025 par rapport à l’année précédente),

– Faible disponibilité du parc existant, grippé par des procédures juridiques complexes, l’Airbnbisation et le manque de constructions neuves.

Attention :

La Banque de Grèce alerte sur une contraction de l’offre plutôt qu’une hausse de la demande, créant des tensions sur les prix et les loyers, avec des risques systémiques cycliques en cas de choc économique majeur, bien qu’à court terme une hausse modérée des prix soit attendue grâce aux fondamentaux solides.

Portugal : une hausse plus lente, sous surveillance des autorités

Au Portugal, les grandes institutions (Fitch, DBRS, Banque du Portugal) partagent un diagnostic nuancé :

– Le pays souffre d’un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, avec un déficit de logements disponibles face à une demande domestique et étrangère soutenue.

– La hausse des coûts de construction (environ +4,7 % en glissement annuel début 2026) bride la production neuve.

– Les prix ont largement dépassé la capacité financière des ménages portugais, créant un problème d’accessibilité majeur.

La Banque du Portugal parle explicitement d’un « risque de correction des prix résidentiels ». Des scénarios d’« ajustement brutal » en cas de ralentissement économique ou de tension sur les marchés financiers sont évoqués. Néanmoins, l’agence DBRS estime que les prix resteront élevés tant que l’offre ne se détendra pas, et que les fondamentaux resteront corrects.

Bon à savoir :

Les prévisions raisonnables indiquent une progression nationale de 2 à 4 % par an, jusqu’à 7 % dans les segments dynamiques (villes universitaires, littoral abordable). L’investisseur doit miser sur un mix de rendement locatif et de plus-value modérée, sans compter sur les hausses annuelles de 15-20 % observées entre 2015 et 2019.

Espagne : croissance vigoureuse mais en voie de modération

L’Espagne conjugue une croissance économique supérieure à la moyenne européenne, une pénurie estimée à 1,2 million de logements et une forte demande étrangère. Les projections pour 2026 parlent de hausses de prix de 5 à 9 % selon les instituts (BBVA Research, CaixaBank Research, Singular Bank), après près de 9 % de hausse moyenne en 2025.

À plus long terme, certains scénarios tablent encore sur environ 5 % par an dans les villes et régions les plus dynamiques, avec un ralentissement attendu à mesure que le pouvoir d’achat local sature et que le crédit devient plus sélectif.

Les zones à plus forte tension (Madrid, Barcelone, Baléares, certaines parties de Malaga et de la Costa Blanca) peuvent connaître une croissance légèrement supérieure à la moyenne, mais le gouvernement espagnol a clairement affiché sa volonté de replacer le logement comme un droit plutôt qu’un véhicule de spéculation. Cela se traduit déjà par la suppression de la Golden Visa, l’encadrement partiel des loyers en « zones tendues » et des projets de taxation ou de restrictions ciblant les achats par des non‑résidents extra‑européens.

Quel pays pour quel profil d’investisseur ?

Une fois ce panorama dressé, comment arbitrer concrètement entre Grèce, Portugal et Espagne en 2026 ?

Investisseur orienté cash‑flow

Pour un investisseur qui vise avant tout un rendement locatif brut élevé, quitte à accepter plus de gestion et un risque de vacance :

Espagne arrive en tête, notamment :

– Villes moyennes (Murcia, Saragosse, Alicante périphérie, certaines zones de Valence),

– Colocation étudiante ou coliving dans les grandes villes universitaires,

Location meublée à moyen terme dans des quartiers bien connectés.

Grèce peut être très attractive sur certains segments :

– Locations étudiantes à Athènes et Thessalonique,

Saisonnier sur des îles ou en Crète, avec des rendements bruts pouvant dépasser 10 % sur des biens bien choisis.

Portugal reste intéressant dans ses villes moyennes (Coimbra, Braga, Santarém, Évora, Leiria) ou certains quartiers en cours de gentrification, mais le cœur Lisbonne / Porto offre aujourd’hui des rendements plus modérés (3,5–5,5 % bruts en longue durée).

Investisseur patrimonial long terme

Pour l’investisseur qui recherche surtout une valorisation progressive, une bonne liquidité à la revente et une stabilité juridique :

Bon à savoir :

Le Portugal séduit par sa stabilité juridique et fiscale, Lisbonne et Porto restant des valeurs sûres. L’Espagne bénéficie d’un marché profond, avec des investissements institutionnels massifs dépassant 6,3 milliards € au premier trimestre. La Grèce offre un potentiel de rattrapage mais avec une volatilité plus élevée, une dette publique importante et un système politique instable ; elle nécessite une approche sélective et un horizon long terme.

Investisseur « résidence + rendement »

De nombreux investisseurs ne cherchent pas seulement un actif financier mais aussi un pied‑à‑terre :

Bon à savoir :

La Grèce offre le meilleur rapport prix, qualité et cadre de vie pour une résidence secondaire, avec des prix bien inférieurs à l’Italie ou l’Espagne, et un bon potentiel locatif estival. Le Portugal séduit pour la retraite ou le télétravail grâce à son climat et sa sécurité, malgré la fin de l’avantage fiscal des retraités. L’Espagne propose une large gamme de prix, mais ses zones touristiques sont plus régulées pour les locations saisonnières.

Conclusion : un trio complémentaire plutôt qu’un vainqueur unique

En 2026, choisir entre Grèce, Portugal et Espagne ne se résume pas à désigner un « gagnant » absolu. Les trois marchés sont entrés dans une nouvelle phase : moins de promesses de plus‑values exponentielles à court terme, davantage de sélectivité, de fiscalité fine et de cohérence entre emplacement, stratégie locative et horizon de détention.

Grèce séduit par ses prix encore bas (en moyenne 40 % sous ceux de la France), des rendements potentiellement très élevés sur des niches bien ciblées et un formidable potentiel de rattrapage dans ses villes secondaires et ses îles. À l’inverse, la dette publique record, la tension sociale liée à la crise du logement et la dépendance au tourisme exigent une approche prudente, fondée sur la qualité des emplacements et une bonne connaissance du contexte local.

Astuce :

Le Portugal séduit par sa sécurité juridique, son marché dynamique et des outils fiscaux avantageux (loyer modéré, CIA, RCPBI, TVA à 6 %). Les villes secondaires offrent des rentabilités compétitives. Attention toutefois : les plus-values faciles à Lisbonne et Porto ont disparu. L’investisseur doit tenir compte d’un coût d’entrée élevé, de rendements en baisse dans les hyper-centres et d’un risque de correction modérée à moyen terme.

Espagne se positionne comme le marché le plus profond et le plus lisible pour un investisseur qui raisonne à l’échelle de portefeuilles : forte liquidité, diversité géographique et sectorielle, croissance économique supérieure à la moyenne européenne et rendement locatif moyen parmi les meilleurs d’Europe. La contrepartie est une régulation croissante (loi logement, fin de la Golden Visa, enregistrement obligatoire des locations courte durée) et un débat politique permanent sur la place de l’investisseur étranger dans le résidentiel.

La vraie question n’est donc pas seulement « Grèce vs Portugal vs Espagne : où investir en immobilier en 2026 ? », mais plutôt : quel mix de ces trois marchés correspond au mieux à votre profil de risque, à votre horizon de temps et à votre fiscalité personnelle ?

Analyse comparative de l’investissement immobilier

Un investisseur français très patrimonial pourra par exemple combiner un appartement à Lisbonne ou Madrid pour la sécurité et la liquidité, avec un bien à fort rendement dans une ville moyenne espagnole ou grecque pour booster le cash‑flow. Un autre, plus orienté qualité de vie, privilégiera une résidence secondaire en Crète ou dans le Péloponnèse, en acceptant un rendement modéré mais un usage personnel étendu.

Dans tous les cas, la clé de 2026 n’est plus la simple chasse aux m² bon marché, mais la capacité à lire finement les micro‑marchés, à intégrer les nouvelles règles fiscales et à raisonner en rendement net, après impôts et après charges, sur une durée d’au moins dix ans. C’est à cette condition que Grèce, Portugal et Espagne resteront, pour les investisseurs avisés, bien plus qu’une carte postale : un véritable pilier de leur stratégie patrimoniale européenne.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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