Rénover pour louer à Tuvalu : stratégies gagnantes et vraie rentabilité

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Rénover pour louer à Tuvalu ne ressemble ni à un projet européen classique ni à un simple « flip » immobilier dans une grande métropole. Entre un système foncier très encadré, des risques climatiques extrêmes, l’absence de taxe foncière et un marché locatif encore peu profond mais capable d’offrir des rendements bruts très élevés, l’équation est singulière. Pourtant, pour un investisseur patient, capable de composer avec le droit local et la réalité du terrain, la rénovation locative peut devenir un instrument puissant de création de revenus… et d’adaptation au changement climatique.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le terrain de jeu : marché locatif et cadre général

Avant même de parler chantiers, matériaux ou financement, il faut prendre la mesure de ce qu’est investir pour louer à Tuvalu.

Sur le plan économique, le pays affiche un coût de la vie environ 1,6 fois inférieur à la moyenne mondiale, mais les salaires restent modestes. Le revenu moyen après impôts tourne autour de 353 dollars par mois, ce qui ne couvre qu’environ la moitié des dépenses mensuelles types. Les loyers, eux, sont loin d’être négligeables dans ce contexte.

20

La rentabilité brute annoncée pour un logement hors centre dépasse 20 % grâce à des prix d’achat très bas et des loyers attractifs.

Le tableau ci‑dessous résume quelques ordres de grandeur utiles.

IndicateurValeur indicative
Loyer 1 chambre centre300 € / mois
Loyer 1 chambre hors centre200 € / mois
Loyer 3 chambres hors centre300 € / mois
Prix achat centre (€/m²)92,90 €
Prix achat hors centre (€/m²)18,58 €
Price‑to‑rent hors centre4,95
Rendement brut hors centre20,18 %

Même si ces chiffres doivent être maniés avec prudence — petits volumes, forte hétérogénéité, quelques biens seulement peuvent suffire à déformer les moyennes — ils donnent le ton : la clé n’est pas tant le niveau de loyers que la maîtrise du foncier, de la réglementation et des risques physiques.

Propriété, baux et coutumes : ce que tout investisseur doit intégrer

Tuvalu n’est pas un marché où l’on « achète un appartement sur plan » en quelques signatures. Le système foncier, profondément marqué par le droit coutumier et des textes inspirés du common law britannique, impose une stratégie d’implantation à long terme.

Un système foncier dominé par la coutume

La plupart des terres sont dites « coutumières » : elles appartiennent à des familles étendues ou des communautés (kaitasi), et leur utilisation est régie par les usages locaux plutôt que par de simples titres individuels. Ces parcelles ne se vendent pas librement, encore moins à des étrangers. La loi interdit d’ailleurs la vente pure et simple de terres ou de fossoirs pour de l’argent : on peut les échanger ou les louer, mais pas les aliéner pour toujours.

À côté de ce bloc majoritaire, on trouve trois grands régimes :

– le freehold, propriété pleine et entière, mais sur des surfaces limitées ;

– le leasehold (baux de 30 à 99 ans), très utilisé pour les projets résidentiels ou commerciaux ;

– les terres d’État et trust lands, gérées par l’État pour des usages publics, culturels ou communautaires.

Bon à savoir :

Les investisseurs étrangers ne peuvent pas détenir la pleine propriété. Seuls les baux de longue durée sont autorisés, sous réserve de l’approbation des autorités traditionnelles et de l’État.

Un encadrement serré des baux… qui sécurise aussi la rénovation

La loi sur les terres, le Native Lands Act et ses règlements, posent un formalisme strict : tout bail ou sous‑bail sur terre « native » doit être rédigé selon des formulaires officiels, signé par toutes les parties, accompagné d’un plan et approuvé par les instances compétentes, notamment la Lands Court et le ministre concerné pour les durées ou surfaces importantes.

Ce dispositif, très procédural, a deux implications fortes pour une stratégie de rénovation locative :

– il allonge et complexifie l’amont du projet (négociations communautaires, plans, validations) ;

– mais il offre en retour une grande sécurité juridique une fois le bail enregistré, les titres de terres coutumières étant réputés « indéfectibles » après inscription.

Attention :

Même les baux de moins de 21 ans et 5 acres (native leases) nécessitent enregistrement et contrôle. Les sous‑baux, fréquents lorsqu’un bailleur principal cède une partie de son terrain, requièrent une autorisation ministérielle.

Des obligations implicites qui influencent la rentabilité

Les règlements fonciers vont jusqu’à intégrer, dans tout bail ou sous‑bail, des obligations implicites pour le locataire : payer le loyer et les taxes éventuelles, entretenir le bien et le rendre en bon état (hors force majeure et usure normale), ne pas sous‑louer sans accord écrit.

Pour un investisseur qui rénove pour louer, ces clauses sont utiles : elles facilitent la gestion et la valorisation du patrimoine sur un horizon long. À l’inverse, le contrôle des loyers n’est pas structurel, mais le juge foncier peut s’interposer si l’usage d’un bien met en péril les moyens de subsistance des descendants d’un propriétaire coutumier.

Enfin, point clé : Tuvalu ne prélève pas de taxe foncière récurrente. Il existe des frais de dossier et de registre (unités symboliques pour la préparation de baux, la pose de bornes, etc.), mais pas d’impôt annuel sur la détention. Cela améliore mécaniquement la rentabilité nette d’un projet locatif à condition de maîtriser les autres risques.

Risques climatiques, adaptation et impact sur la stratégie de rénovation

Rénover pour louer à Tuvalu sans intégrer le climat serait un contresens économique. Le pays est en première ligne de la montée des eaux et des tempêtes : le cyclone Pam a par exemple déplacé 45 % de la population en 2015. Les risques de submersion, d’érosion côtière, de salinisation des nappes ou de sécheresses prolongées sont au cœur des politiques publiques.

Des plans nationaux qui redessinent la carte des investissements

Le Gouvernement élabore un Plan national d’adaptation (NAP) et un plan d’adaptation à long terme baptisé Te Lafiga o Tuvalu (« le refuge de Tuvalu »). Cette feuille de route prévoit, à horizon très lointain, la création d’environ 3,6 km² de terres surélevées, destinées à accueillir progressivement population et infrastructures.

Exemple :

Le TCAP, financé à hauteur de 36 millions de dollars par le Green Climate Fund et 2,9 millions de cofinancement national, vise à protéger près de 2,8 km de côtes sur trois îles (Funafuti, Nanumea, Nanumaga) en combinant digues en enrochement, rechargement de plages, ouvrages en géotextile et solutions fondées sur la nature.

Le schéma suivant illustre les ordres de grandeur financiers de cette politique côtière.

ÉlémentValeur approximative
Longueur de côtes protégées2 780 m
Coût GCF (don)36 M USD
Co‑financement Tuvalu2,9 M USD
Population bénéficiaire directe3 100 personnes
Pertes annuelles évitées (40 ans)jusqu’à 667 000 USD / an

Pour un bailleur privé, ces données ne sont pas théoriques. Elles déterminent directement : la rentabilité de l’investissement, la valorisation du bien, les orientations de stratégie de gestion et de développement, ainsi que la qualité et la solvabilité des locataires.

les zones où l’État concentrera ses protections lourdes ;

les secteurs où les projets seront encouragés (terre surélevée, quartiers à relocaliser) ;

les zones résidentielles appelées, au contraire, à être peu à peu abandonnées.

Intégrer la logique coût‑bénéfice dans ses arbitrages

Les études menées pour dimensionner les digues nationales reposent sur des analyses économiques sophistiquées, combinant estimation des dommages annuels attendus (EAD), coût d’investissement, coût d’entretien, scénarios climatiques (RCP 4.5 et 8.5) et différents objectifs d’adaptation (« risque absolu constant », « optimisation » des investissements, etc.).

Sans entrer dans les équations, un enseignement ressort : dans des environnements très exposés, les investissements physiques les plus chers peuvent être les plus rentables à long terme, en évitant des dégâts répétés et en stabilisant la valeur d’usage des biens.

Dans un projet de rénovation locative, cette logique se traduit concrètement :

Astuce :

Sur un terrain peu protégé, une rénovation légère à bas coût avec un horizon de rentabilité court peut être cohérente. En revanche, sur un site amené à rester habitable à long terme — par exemple du foncier créé ou surélevé, ou proche d’un ouvrage de protection majeur du TCAP — investir dans une rénovation plus robuste (fondations renforcées, matériaux résistants à la corrosion saline, élévation du plancher habitable) a du sens.

L’analyse de type « cycle de vie » coûte davantage en études et en chantier, mais elle maximise le retour sur investissement sur 20, 30 ou 40 ans, d’autant plus dans un pays sans taxe foncière.

Eau, sécheresse et confort locatif : un angle rentable

Autre contrainte structurante : Tuvalu n’a pas de sources d’eau de surface. L’essentiel de l’alimentation repose sur l’eau de pluie, stockée en citernes, complétée par du dessalement et un peu d’eau souterraine, fragilisée par la salinité.

4-5

Les citernes de pluie des ménages de Lofeagai à Funafuti sont à sec quatre à cinq mois par an.

Une analyse coûts‑bénéfices conduite sur la construction d’une grande citerne communautaire a mis en évidence plusieurs effets économiques :

économies directes pour les ménages, qui achètent moins d’eau dessalée ou en bouteilles ;

économies pour l’État, qui fournit moins d’eau subventionnée ;

– gains en temps et en frais de déplacement pour aller chercher l’eau ;

– meilleure résilience en période de sécheresse, dont la fréquence augmente avec les événements ENSO.

Pour un projet de rénovation destiné à la location, intégrer cette dimension est doublement payant :

un logement doté d’une citerne de capacité suffisante, raccordée à une toiture bien conçue, apporte un confort décisif aux locataires ;

il réduit leur facture d’eau, ce qui améliore leur capacité à payer le loyer et à rester en place.

La citerne, même si elle renchérit le budget initial, relève clairement de l’investissement d’adaptation rentable.

Financement de la rénovation : arbitrer entre equity, dette et montages alternatifs

Les données disponibles sur les mécanismes de financement à Tuvalu sont limitées, mais deux réalités se combinent.

Crédit local : contraintes et opportunités

La Banque nationale de Tuvalu affiche des horaires d’ouverture réduits et des critères stricts pour certains prêts, notamment ceux adossés à l’épargne retraite. Pour accéder à un dispositif de crédit spécifique, il faut être cotisant actif et disposer d’au moins 400 AUD de solde sur son compte de retraite. C’est modeste, mais suffisant pour exclure une partie de la population active informelle.

L’absence de marché hypothécaire sophistiqué, conjuguée au caractère coutumier des terres, rend les modèles classiques de crédits à long terme plus difficiles à reproduire que dans les pays développés.

Dans ce contexte, l’investisseur qui souhaite rénover pour louer à Tuvalu doit réfléchir en plusieurs couches :

Financement de l’immobilier pour les étrangers

Stratégies pour contourner les restrictions sur le bail à terre coutumière, en utilisant un apport personnel, des lignes de crédit ou des montages juridiques adaptés

Apport personnel élevé

Privilégier un apport propre conséquent ou intégral, notamment pour les étrangers qui ne peuvent pas hypothéquer facilement un bail sur terre coutumière.

Lignes de crédit alternatives

Recourir à des lignes de crédit ou refinancements basés sur d’autres actifs, comme un bien immobilier détenu dans un pays tiers.

Montages juridiques sécurisés

Exploiter des partenariats avec des familles locales ou des sociétés co-détenues, en veillant à la sécurité juridique de chaque montage.

Financements innovants : inspiration internationale, adaptation locale

Le rapport de recherche évoque de nombreux instruments de financement pour la rénovation ailleurs dans le monde : prêts hypothécaires rénovation type HomeStyle ou CHOICERenovation, prêts « fix and flip » à ARV, hard money loans, prêts basés sur le cash‑flow locatif (DSCR loans), crowdfunding ou prêts P2P.

La plupart ne sont pas directement transposables à Tuvalu, faute de marché secondaire, de titrisation ou de profondeur financière. Pourtant, certains principes peuvent être adaptés à petite échelle :

Bon à savoir :

Pour optimiser un projet de rénovation, utilisez l’analyse de la valeur après rénovation (ARV) pour dimensionner l’enveloppe travaux sans nuire au rendement. Structurez les décaissements par étapes comme un compte séquestre afin de limiter les risques de surcoûts. Envisagez des partenariats bailleur-locataire où le futur occupant participe aux aménagements (jardinage, finitions, solaire) en échange de loyers réduits ou d’un bail plus long, allégeant ainsi l’investissement initial.

Parallèlement, les stratégies nationales d’adaptation prévoient la mise en place de mécanismes de financement durables pour les infrastructures de résilience. Des fonds de type « adaptation » ou des subventions de petites tailles (jusqu’à 0,1 million de dollars dans le cadre du Tuvalu Survival Fund, par exemple) peuvent parfois être mobilisés pour des projets locaux associant réhabilitation et protection contre les aléas. Intégrer une composante d’adaptation visible (rehaussement, gestion de l’eau, efficacité énergétique) dans son projet augmente les chances de bénéficier de ces dispositifs.

Choisir sa cible : quels biens rénover pour louer à Tuvalu ?

Contrairement aux capitales où l’on grappille un point de rendement en changeant d’arrondissement, la question à Tuvalu est beaucoup plus structurelle : quel îlot, quel type de droit et quel niveau d’exposition au climat ?

Funafuti : cœur administratif, tensions foncières et rendements potentiels

Funafuti concentre l’essentiel des emplois formels, des administrations, des services et du petit tourisme (moins de 1 000 touristes par an en moyenne). Les logements y sont rares, beaucoup de familles vivent sur des terres coutumières densifiées, et l’aéroport ou les infrastructures côtières occupent une bonne partie de la surface.

Dans ce contexte, la rénovation d’un bâti existant, idéalement sur un terrain bénéficiant ou appelé à bénéficier de protections TCAP, peut viser plusieurs segments :

location longue durée à des fonctionnaires, personnels de projets d’aide internationale, ONG ;

location meublée à moyen terme à des consultants, techniciens ou volontaires ;

– location courte durée limitée (quelques unités) à des visiteurs, en s’appuyant sur des plateformes comme Airbnb ou Booking, déjà présentes dans le pays.

Les données de coût de la vie montrent que Funafuti est plus cher que certaines villes européennes sur le logement et les transports, ce qui traduit une tension sur l’offre. Cela renforce l’intérêt d’une stratégie de rénovation bien ciblée.

Îles extérieures : parier sur la protection côtière et les nouveaux terrains

Les îles de Nanumea et Nanumaga, ciblées par les ouvrages côtiers, ou celles appelées à accueillir des terres gagnées sur la mer, peuvent offrir d’autres profils de projets : maisons familiales solides pour des locations longues à des ménages locaux, petits ensembles locatifs pour des agents publics ou des enseignants.

Dans ces zones, le bailleur doit composer étroitement avec les communautés et le Falekaupule (assemblée traditionnelle). En contrepartie, il peut miser sur le fait que la protection côtière financée par des fonds internationaux stabilisera la valeur d’usage de ses biens sur plusieurs décennies.

Bailleur

Foncier coutumier vs terres d’État : deux jeux différents

Sur terres d’État, les baux seront souvent plus « administratifs », avec un interlocuteur unique : le gouvernement ou une agence. Sur terres coutumières, il faudra gérer des dynamiques familiales, communautaires, et veiller à ce que les décisions soient validées par la Lands Court et enregistrées pour éviter les contestations.

Dans tous les cas, le critère clé reste la durée résiduelle du bail : un bail restant de 10 ans n’acceptera pas les mêmes niveaux de travaux qu’un bail de 50 ou 99 ans. Le coût de rénovation doit se calibrer sur cet horizon pour préserver la rentabilité.

Chiffrer la rentabilité : un exercice nuancé mais prometteur

Les indicateurs bruts de Tuvalu — rendements supérieurs à 20 % hors centre, ratios prix/loyers extrêmement bas — laissent entrevoir des opportunités rares. Mais la réalité du terrain, les coûts d’importation de matériaux, les contraintes réglementaires et les risques climatiques obligent à affiner.

Approche simple : rendement locatif brut et net

En théorie, un appartement acheté 20 000 euros et loué 2 400 euros par an (200 €/mois) affiche un rendement brut de 12 %. Si l’investissement initial concerne davantage un bail rénové que l’achat d’un droit de propriété, il faut reconstituer un « capital immobilisé » : droit au bail, travaux, honoraires, etc.

Dans un pays sans taxe foncière, les principaux postes de charges seront :

entretien courant et réparations ;

maintenance renforcée liée au climat (corrosion, salinité, événements extrêmes) ;

assurance (si disponible) ;

– éventuelle gestion locative.

Bon à savoir :

Le coût du financement s’ajoute si l’investisseur se refinance à l’étranger.

Intégrer l’adaptation comme un coût… et comme une source de valeur

Les méthodes d’analyse économique utilisées pour les grandes infrastructures d’adaptation (digues, bermes, protections côtières) — type analyse coûts‑bénéfices sur 40 ou 80 ans, avec calcul de valeur actuelle nette et taux de rentabilité — peuvent inspirer une approche microéconomique.

Par exemple, rehausser une maison, renforcer sa structure, installer des châssis résistants aux tempêtes et une citerne dimensionnée pour la sécheresse :

augmente le coût initial de rénovation ;

– mais réduit le risque de dommages graves à chaque événement majeur, donc les dépenses futures ;

– et permet de maintenir le loyer dans le temps, là où un logement vulnérable deviendra rapidement inhabitable ou inhabité.

On peut voir ces dépenses d’adaptation comme un « investissement d’assurance » : elles réduisent le flux des dépenses futures et le risque de perte totale de l’actif, ce que les modèles de coût‑bénéfice macro montrent déjà au niveau des digues nationales.

Analyse macroéconomique

Effet d’absence de taxe foncière et de fiscalité peu lourde sur les loyers

L’absence de taxe foncière annuelle est un facteur puissant pour la rentabilité nette. Là où un investisseur dans un pays développé devra soustraire chaque année 1 à 2 % de la valeur du bien en impôts locaux, le bailleur à Tuvalu échappe à cette ponction.

Les revenus locatifs peuvent être imposés comme revenus d’activité ou de patrimoine, mais le système ne comporte pas de gravité comparable à celle de certains marchés matures, et la faible sophistication du secteur formel signifie aussi que beaucoup de petites locations restent informelles.

Cette réalité ne doit pas inciter à l’opacité — à long terme, la régularité fiscale est un argument face aux autorités –, mais elle améliore le profil de rendement net si le projet est structuré proprement.

Construire une stratégie de rénovation‑location adaptée au contexte tuvaluan

À ce stade, comment transformer ces éléments éparsdroit foncier, climat, marché locatif, financement — en stratégie opérationnelle ?

Miser sur la complémentarité « logement + adaptation »

Les exemples de politiques nationales d’eau et de protection côtière montrent que les investissements hybrides, à la fois productifs et adaptatifs, présentent de bons profils coût‑bénéfice. Un projet de rénovation locative à Tuvalu peut adopter la même logique :

intégrer systématiquement une solution de stockage d’eau de pluie de bonne capacité ;

– prévoir des dispositifs de ventilation naturelle et de protection solaire, pour limiter le recours à la climatisation ;

– utiliser des matériaux et techniques tolérant l’humidité, la salinité et le vent fort ;

– si le site est proche du littoral, envisager des micro‑ouvrages de protection (murets, végétation littorale, nivellement) compatibles avec les plans locaux et l’environnement.

Cela renforce la désirabilité du logement pour des locataires rationnels, et aligne le projet sur les priorités des autorités.

Rester modeste et progressif

Le marché immobilier et locatif de Tuvalu est trop étroit pour absorber des opérations spéculatives massives. Il est plus pertinent de penser en termes de :

Stratégie d’investissement prudente à Tuvalu

Approche par étapes axée sur la durabilité et l’adaptation aux risques

Portefeuille limité et ciblé

Quelques logements sur Funafuti, avec possibilité d’un petit projet sur une île extérieure protégée, pour un impact maîtrisé.

Investissement progressif

Rénovations par phases plutôt que transformation totale, permettant une gestion flexible des coûts et des risques.

Dialogue communautaire constant

Échanges réguliers avec les communautés coutumières et les autorités pour aligner le projet sur les plans d’urbanisme et l’évolution des risques.

S’inspirer des marchés touristiques… sans les copier

Ailleurs dans le monde, la vogue du court séjour et des plateformes comme Airbnb a alimenté des rendements élevés, au prix de tensions sociales et de régulations croissantes. Tuvalu possède déjà quelques locations meublées de courte durée, mais le flux touristique (moins de 1 000 visiteurs par an) reste faible.

Il serait illusoire de bâtir une stratégie de rénovation purement sur cette clientèle. En revanche, on peut :

Astuce :

Prévoir une flexibilité dans l’usage en concevant des logements pour des locations longue durée, mais modulables pour accueillir occasionnellement des missions de courte durée (experts, volontaires, techniciens). Assurez-vous que les biens répondent à des standards de confort et de sécurité compatibles avec ces profils (connexion, literie, eau, ventilation).

Anticiper le long terme : relocalisation et terres surélevées

Le plan Te Lafiga o Tuvalu projette une trajectoire de relocalisation progressive de population et d’activités vers des terres plus sûres, créées ou rehaussées. Les premières opérations de remblai se sont déjà matérialisées à Funafuti, où le gouvernement gagne des hectares de terrain sur le lagon, dimensionnés pour rester au‑dessus du niveau marin projeté en 2100.

Pour un investisseur qui vise un horizon supérieur à 15‑20 ans, il est pertinent d’identifier, avec les autorités, les secteurs appelés à bénéficier de ces travaux. Rénover aujourd’hui un bâti existant en zone haute (ou appelée à être rehaussée) est une manière de se placer dans la trajectoire du futur « refuge » du pays.

Conclusion : rénover pour louer à Tuvalu, une stratégie de niche au cœur de l’adaptation

Rénover pour louer à Tuvalu n’est ni un Eldorado instantané ni un pari insensé. C’est un exercice d’orfèvre, à la croisée de trois logiques :

Bon à savoir :

Investir au Sénégal exige de maîtriser des aspects juridiques et fonciers (terre communautaire, baux négociés stables), climatiques et infrastructurels (adaptation aux risques, projets nationaux comme le TCAP), ainsi qu’économiques et sociaux (forte demande de logements décents, absence de taxe foncière, rendements nets soutenables).

Dans ce cadre, les stratégies les plus pertinentes combinent :

rénovation fonctionnelle mais robuste, orientée vers la résilience (eau, structure, ventilation) ;

financement patient, mobilisant principalement des capitaux propres ou des dettes sécurisées hors du pays ;

ancrage communautaire fort, indispensable pour travailler sur des terres coutumières et pour gérer les biens dans la durée.

En assumant ces contraintes et en les transformant en leviers, rénover pour louer à Tuvalu devient bien plus qu’une opération patrimoniale : c’est participer concrètement, à petite échelle, au projet collectif de survie et de réinvention d’un archipel confronté de plein fouet au changement climatique, tout en construisant un flux de revenus à long terme.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :