Où investir à Madère : la carte des quartiers vraiment porteurs

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Madère coche presque toutes les cases de l’investisseur immobilier exigeant : marché en forte progression, offre limitée, demande touristique solide douze mois par an, rendements locatifs attractifs, fiscalité compétitive. Mais comme toujours dans l’immobilier, tout se joue à l’emplacement. Sur une île montagneuse où chaque vallée a son microclimat, choisir le bon quartier peut faire la différence entre un simple pied-à-terre agréable et un actif très rentable.

Bon à savoir :

Pour investir à Madère, il est crucial d’analyser plusieurs facteurs clés : le prix au mètre carré, la performance locative (en location longue durée et saisonnière), le profil de la demande (touristes, nomades digitaux, familles, retraités) et la dynamique de valorisation des biens. Une évaluation croisée de ces éléments permet d’identifier les meilleurs secteurs.

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Comprendre le terrain de jeu : pourquoi l’emplacement compte encore plus à Madère

L’île est belle, mais elle n’est ni plate ni extensible. Le relief abrupt, les zones à risque et les contraintes environnementales limitent fortement les surfaces constructibles. La plupart des habitations se concentrent le long du littoral, et la règle locale non officielle du « banana line » recommande de rester sous 200–300 mètres d’altitude pour allier accessibilité, confort thermique et potentiel locatif.

Cette rareté structurelle de foncier est au cœur du story-telling immobilier de Madère. Les données récentes montrent une hausse très marquée des prix :

Indicateur cléValeur récenteÉvolution
Prix moyen Madère (février 2026)3 825 €/m²+17,3 % / an
Prix médian (T3 2025)2 512 €/m²+16,8 % / an
Croissance annuelle moyenne (tous segments)9,2 %
Hausse top 10 % des biens (2024)+21,7 % / an

En parallèle, les loyers progressent fortement. La région affiche l’un des loyers médians les plus élevés du pays, à 10,44 €/m² pour les nouveaux baux, soit environ 27 % au-dessus de la moyenne nationale. L’écart entre revenu moyen et coût du logement se creuse, mais, pour un investisseur, cela se traduit par une tension locative durable.

70

Taux d’occupation annuel dépassé par de nombreux marchés de l’immobilier locatif à Madère.

Dans ce contexte global très porteur, tous les secteurs n’offrent pas la même combinaison prix / rendement / liquidité. Passons en revue les zones les plus intéressantes.

Funchal : le cœur battant du marché, entre rendement et liquidité

Impossible de parler investissement à Madère sans commencer par Funchal, capitale administrative et poumon économique. Plus de 60 % du parc de logements de l’île se trouve ici ; c’est le premier pôle touristique, commercial et de transports.

Un marché cher, mais dynamique et liquide

Funchal est la ville la plus chère de l’archipel, mais aussi l’une des plus actives du pays :

Funchal – chiffres clésValeur
Prix moyen (récent)~3 600 €/m²
Prix moyen observé (fourchette)3 346–3 993 €/m²
Hausse annuelle (T3 2025, médiane)+15 %
Rendement locatif brut moyen4,56 %
Rendement centre-ville6,61 %
Rendement hors centre7,74 %
Loyers moyens~15 €/m²/mois

Pour un appartement de 80 m², on se situe autour de 1 200 €/mois en location longue durée, et nettement plus en saisonnier. Le cœur touristique de Funchal procure 5,5–6,2 % de rendement brut en courte durée, tandis que la location longue durée tourne autour de 4,2–4,8 %.

Le marché est également ultra-liquide : en plus des locaux, Funchal attire retraités européens, digital nomads, expatriés avec télétravail et jeunes actifs portugais. C’est aussi l’un des rares marchés portugais où la hausse de prix récente a dépassé les grandes métropoles, avec un pic de croissance annuelle de +42 points de pourcentage entre deux trimestres.

Sé, São Pedro, Santa Maria Maior : le centre historique premium

Le « centre historique élargi » de Funchal — paroisses de Sé, São Pedro et Santa Maria Maior — concentre patrimoine, animation et prix élevés. On y retrouve le Mercado dos Lavradores, la cathédrale Sé, la Zona Velha, les restaurants et bars à la mode, les musées et la marina.

7500

Dans certains projets de luxe, les prix au mètre carré peuvent grimper jusqu’à 7 500 €.

Ce secteur présente plusieurs avantages pour un investisseur :

une demande touristique très stable pour les locations de courte durée ;

un fort potentiel de valorisation sur les immeubles anciens rénovés ;

une excellente liquidité à la revente.

En contrepartie, les rendements bruts peuvent être légèrement comprimés par le niveau de prix d’entrée. Les investisseurs recherchant surtout du capital gain à long terme (5–10 ans) et un actif « trophy » apprécieront ce segment.

São Martinho, Lido, Ajuda, Amparo : la fabrique à rendements mer & piscine

À l’ouest du centre, la grande paroisse de São Martinho est la star du marché locatif moderne. C’est ici que l’on trouve :

Exemple :

La zone Lido illustre l’orientation touristique avec ses hôtels, promenades et complexes balnéaires. Les sous-secteurs Ajuda et Amparo montrent une dynamique résidentielle récente avec de nombreux immeubles neufs ou en construction. Enfin, la plage de Praia Formosa, bien desservie par la route et les bus, représente un pôle de loisirs facilement accessible.

Les prix observés à São Martinho se situent en moyenne entre 3 200 et 3 800 €/m². Pour le front de mer, notamment Lido et Estrada Monumental, les meilleures adresses dépassent largement cette fourchette, avec des villas et appartements dépassant fréquemment 2 M€.

Côté location saisonnière, Funchal est en tête du marché de l’île :

Indicateur Airbnb – FunchalValeur
Annonces actives2 440
Revenu mensuel moyen4 299 $
Prix moyen par nuit269 $
Taux d’occupation58,1 %
Niveau de régulation (AL)Élevé

On atteint sans difficulté 95–150 € la nuit en haute saison pour un T1 bien placé, avec 72–80 % d’occupation annuelle et un retour de 6–8 %. Les T2 avec licence touristique montent à 140–220 € la nuit pour 7–9 % de rendement, et les villas avec piscine dépassent les 250–450 € la nuit pour des rendements de 9–12 %.

Pour un investisseur, São Martinho et ses micro-quartiers (Lido, Ajuda, Amparo, Casa Branca) sont aujourd’hui l’un des meilleurs compromis de l’île : très forte liquidité, demande locative robuste, projets neufs avec vues mer et parkings, et rendements qui restent élevés malgré la hausse des prix.

Monte, São Gonçalo, Santa Luzia : les collines vue mer et prix plus doux

Les quartiers perchés comme Monte et São Gonçalo offrent un autre profil : plus frais, très verts, calmes, avec de superbes panoramas sur la baie. Les prix y sont globalement plus bas qu’en centre historique, Monte étant même cité comme la zone la moins chère de la ville.

Astuce :

Le quartier propose un mélange de quintas, de maisons anciennes et d’immeubles résidentiels modernes. Il attire principalement les familles et les retraités. Cette diversité en fait une option idéale pour la location longue durée destinée à des résidents à l’année, ou pour acquérir un pied-à-terre personnel que l’on peut mettre en location de manière ponctuelle ou saisonnière.

Santa Luzia et les zones plus traditionnelles proches du centre, avec architecture typique et ambiance de quartier, restent quant à elles très attractives pour les familles locales et les expatriés installés, avec des loyers stables et une vacance limitée.

Sélectionner son segment à Funchal

En pratique, Funchal se découpe en « sous-marchés » assez clairs :

Sous-marché FunchalProfil d’investissementPrix indicatif (m²)
Vieille ville (Sé / Santa Maria Maior)Capital gain + courte durée premium4 200–5 000 € (rénové)
Lido, Estrada MonumentalCourte durée haut de gamme, rendement + valorisation3 800–4 500 € (apparts)
São Martinho « large »Mix courte durée / longue durée, bon rendement3 200–3 800 €
Monte, São GonçaloLongue durée, retraités, budget plus contenu<3 200 € (selon bien)

Pour un premier investissement axé cash-flow, l’ouest de Funchal (São Martinho et Lido élargi) est souvent plus pertinent que l’hyper-centre, car les rendements y sont mécaniquement meilleurs pour un ticket d’entrée comparable.

Calheta : plage de sable, villas de luxe et rendement saisonnier

Sur la côte sud-ouest, Calheta s’est imposée comme l’autre grand pôle d’investissement résidentiel et touristique de l’île. La commune coche plusieurs atouts rarement réunis ailleurs à Madère :

une des seules plages de sable jaune de l’archipel, aménagée avec du sable importé ;

une marina bien équipée ;

une promenade rénovée ;

un positionnement résolument haut de gamme, visant une clientèle plus aisée.

Un marché en surperformance

Les chiffres confirment l’engouement :

Calheta – indicateurs clésValeur
Prix moyen (fourchette)2 800–3 500 €/m²
Prix observé (juillet 2024)3 339 €/m²
Hausse annuelle (juillet 2024)+19,9 %
Rendement moyen (toutes typologies)1,83 % (moyenne simple, tous biens)
Rendement premium courte durée≈ 7 %
Annonces Airbnb actives1 031
Revenu mensuel moyen3 097 $
Prix moyen par nuit207 $
Taux d’occupation57,8 %

Les villas contemporaines avec piscine et vue mer se vendent typiquement de 400 000 € à plus de 1,3 M€. Les nouveaux programmes d’appartements de 70–120 m² offrent quasi systématiquement des vues sur l’océan et des équipements modernes.

Attention :

Les développements côtiers de l’ouest, notamment autour de Calheta, présentent une forte rentabilité avec des taux d’occupation annuels d’environ 78 % et des rendements pouvant atteindre 7 % pour les propriétés premium, en faisant des investissements à court terme très lucratifs.

Estreito da Calheta, Arco da Calheta : micro-marchés à explorer

Plusieurs paroisses au sein de la commune méritent une attention particulière :

Investissement à Madère : Secteurs Prometteurs

Analyse des performances locatives et du potentiel de deux zones côtières de Calheta, basée sur les données du marché.

Estreito da Calheta

Secteur premium avec un prix au pied carré élevé. Caractérisé par des villas neuves avec piscine. Revenu locatif moyen : 3 013 $/mois. ADR : 208 $. Taux d’occupation : 54,6 %.

Arco da Calheta

Secteur en développement avec un positionnement luxe. ADR très élevé (environ 467 $) pour un taux d’occupation d’environ 50 %, indiquant une forte valorisation potentielle.

Pour un investisseur, Calheta s’adresse clairement à une cible « villa avec piscine vue mer » et séjour familial ou entre amis. Le ticket d’entrée est plus élevé que dans le nord de l’île, mais la demande internationale est forte, notamment chez les résidents fortunés du nord de l’Europe et les expatriés recherchant un second domicile ensoleillé.

Ponta do Sol : la Silicon Valley des digital nomads

À quelques kilomètres de Calheta, Ponta do Sol est devenue, en quelques années, la vitrine mondiale de Madère auprès des télétravailleurs. Le projet « Digital Nomads Village » lancé en 2021 a attiré plus de 9 000 remote workers par an, créant un écosystème unique.

Un village solaire… et ultra-performant en locatif

Souvent considéré comme le village le plus ensoleillé de l’île, Ponta do Sol combine :

– un centre historique en bord de mer, très photogénique, avec façades colorées, terrasses et promenade ;

– une ambiance de « village chic » cosmopolite, animée sans être bruyante ;

– des coworkings gratuits ou peu chers, avec vue sur l’océan ;

– une communauté permanente de nomades et d’expatriés.

Les chiffres du marché locatif de courte durée sont impressionnants :

Airbnb – Ponta do Sol (jeu de données AirROI 2026)Valeur
Annonces actives320
Revenu annuel moyen42 009 $
Revenu mensuel médian2 835 $
Prix moyen par nuit198 $
Taux d’occupation63,0 %
RevPAR moyen129 $
Croissance du revenu (an)+13,2 %
Croissance de l’offre (an)+86 %

Les meilleurs 10 % d’annonces dépassent 6 800 $ de revenu mensuel, quand les 25 % supérieurs tournent au-dessus de 4 300 $. On note aussi un effet « amenities » très concret : un simple équipement comme une baignoire pour bébé peut générer, dans les données, une hausse de revenu de plus de 200 % pour un bien positionné famille, signe d’un marché encore peu standardisé et donc riche en opportunités d’optimisation.

Sur le plan des prix de vente, Ponta do Sol se situe en milieu-haut de gamme :

Ponta do Sol – ventesValeur
Prix moyen (fourchette)2 700–3 200 €/m²
Prix moyen (nov. 2023)2 757 €/m²
Hausse annuelle (juillet 2024)+30,3 %

Ce secteur a été le champion de la croissance des prix sur toute l’île, avec plus de 30 % de hausse annuelle sur certaines périodes. Les villas modernes avec piscine et vue mer, parfois très spectaculaires, s’affichent souvent entre 350 000 € et 900 000 €, avec des exemples de propriétés dépassant largement le million.

Une logistique parfois exigeante, mais un profil d’occupants unique

Le centre en bas de la vallée est piéton et agréable, mais la majorité des hébergements se trouve sur les hauteurs (Lombada, Canhas, Lombo de São João). Les routes peuvent y atteindre 25 % de pente, avec des accès étroits et des défis de stationnement.

Astuce :

Cet aspect ne rebute pas la clientèle type — digital nomads, randonneurs, profils « slow travel » — qui privilégie la vue, le soleil et le calme. En revanche, il suppose de bien penser le produit immobilier.

prévoir des parkings privés ou aisés ;

soigner la connexion internet (même si la fibre couvre 96 % de l’île) ;

valoriser bureaux, espaces de travail, terrasses au soleil, etc.

Pour des investisseurs ciblant spécifiquement la clientèle remote, Ponta do Sol est aujourd’hui l’un des laboratoires les plus intéressants d’Europe, avec une prime locative de 15–20 % observée sur les biens pensés pour les digital nomads.

Ribeira Brava et Câmara de Lobos : l’ouest en pleine accélération

Entre Funchal et Calheta, deux communes de la côte sud se distinguent par une combinaison particulièrement séduisante prix / rendement : Ribeira Brava et Câmara de Lobos.

Ribeira Brava : un marché équilibré, belles vues et très bon ADR

Ribeira Brava est une petite ville côtière qui attire les acheteurs en quête de villas avec vue mer sans le prix de Funchal. Les données montrent :

Ribeira Brava – courte duréeValeur
Annonces Airbnb actives258
Revenu mensuel moyen3 677 $
Prix moyen par nuit210 $
Taux d’occupation61,4 %
Prix moyen au m² (ventes)3 912 €/m²
Prix moyen par nuit (toutes annonces)111 €

Avec un ADR supérieur à 200 $ et un taux d’occupation solide, la commune se positionne dans le top 3 de l’île pour le prix moyen par nuit (avec Calheta et Funchal). Les villas avec piscine et vue dégagée sur l’Atlantique y sont très recherchées.

Câmara de Lobos : fishing village trendy aux portes de Funchal

Juste à l’ouest de la capitale, Câmara de Lobos est un ancien village de pêcheurs devenu carte postale — et désormais, marché immobilier en pleine mutation. Les chiffres :

Câmara de Lobos – indicateursValeur
Prix moyen (fourchette)2 500–3 000 €/m²
Revenu mensuel Airbnb moyen3 649 $
Prix moyen par nuit243 $
Taux d’occupation60,2 %
Rendement locatif long terme (€/m²)3,81 €/m²

Sa proximité immédiate avec Funchal en fait une alternative logique pour ceux qui veulent s’approcher de la capitale sans en payer le plein tarif. Le front de mer et les rues surplombant la baie offrent un excellent potentiel de location saisonnière, tandis que l’intérieur de la commune reste plus abordable.

Bon à savoir :

La multiplication des projets immobiliers neufs à Funchal est principalement due à deux facteurs : la rareté du foncier disponible dans la ville et l’amélioration de l’accessibilité, notamment grâce aux routes rapides et aux tunnels rénovés.

Santa Cruz, Caniço, Gaula : l’est familial, proche de l’aéroport

À l’est de Funchal, Santa Cruz, Machico et leurs paroisses voisines ont longtemps été perçues comme les « bons plans » de l’île : plus calmes, légèrement moins chères, bien connectées (aéroport, voies rapides), tout en restant attractives pour les touristes.

Santa Cruz et Caniço : mix familles, retraités et saisonnier

Santa Cruz affiche un profil équilibré :

Santa Cruz – indicateursValeur
Prix moyen (fourchette)2 100–2 900 €/m²
Revenu mensuel Airbnb moyen3 243 $
Prix moyen par nuit213 $
Taux d’occupation55,9 %
Rendement long terme4,46 €/m²

La paroisse de Caniço, rattachée à Santa Cruz, est souvent décrite comme un secteur résidentiel calme, idéal pour les familles. Proche de l’aéroport, avec de nombreuses commodités et une communauté d’expatriés bien installée, Caniço propose un prix au mètre carré inférieur à Funchal tout en offrant un modèle économique intéressant.

1

Caniço enregistre une courte durée.

Caniço – courte duréeValeur
Annonces actives44
Revenu mensuel moyen2 121 $
ADR moyen176 $
Taux d’occupation48,6 %

Surtout, Caniço bénéficie d’une clientèle spécifique très fidèle : le marché germanique. Certains biens générant environ 1 200 €/semaine en saison courte durée grâce à cette niche. Pour un investisseur acceptant de viser un peu moins de rendement brut qu’à Calheta, mais davantage de stabilité et une clientèle plus familiale, le duo Santa Cruz / Caniço mérite d’être sur la short list.

Bon à savoir :

La paroisse de Gaula, avec seulement 18 annonces, démontre qu’un petit marché peu saturé peut être rentable. Malgré un faible volume, elle affiche un revenu médian de 2 301 $, un prix moyen quotidien (ADR) élevé à 227 $ et un taux d’occupation de 47,8 %. Cela souligne l’opportunité de se positionner dans des niches peu concurrentielles grâce à une stratégie de différenciation efficace.

Machico : ex-capitale, prix plus doux et proximité maximale de l’aéroport

Machico, première capitale historique de Madère et ville la plus proche de l’aéroport, offre des prix plus accessibles :

Machico – chiffres clésValeur
Prix moyen (fourchette)2 200–2 600 €/m²
Revenu mensuel Airbnb moyen1 949 $
ADR moyen137 $
Taux d’occupation57,5 %
Rendement long terme3,68 €/m²

C’est un choix pertinent pour les investisseurs qui acceptent un rendement saisonnier légèrement inférieur en échange d’un ticket d’entrée inférieur, d’une bonne demande locale et d’une logistique idéale (notamment pour des locations longues à des travailleurs de l’aéroport ou du secteur touristique).

Les maisons mitoyennes ou appartements récents autour de 100–150 m² se négocient à 2 500–3 200 €/m², avec des loyers qui assurent des rendements souvent supérieurs à 5 % sur des produits bien calibrés.

Nord de l’île : nature, écotourisme et tickets d’entrée plus faibles

La côte nord — Santana, São Vicente, Porto Moniz — est la moins urbanisée, la plus sauvage, et aussi la plus humide. Les prix au mètre carré y sont nettement plus bas, souvent entre 1 500 et 2 000 €/m², voire moins dans certains villages.

Santana, São Vicente, Porto Moniz : marché de niche, potentiel écotourisme

Santana, célèbre pour ses maisons traditionnelles au toit de chaume, présente les prix moyens les plus bas de l’île en matière de vente, avec environ 1 463 €/m² et une progression annuelle très modérée (1,1 %). En courte durée, le revenu mensuel moyen se situe autour de 1 875 $, avec un ADR de 133 $ et une occupation de 54,3 %.

À São Vicente, la situation est plus dynamique :

São Vicente – courte duréeValeur
Annonces actives282
Revenu mensuel moyen2 724 $
ADR moyen179 $
Taux d’occupation59,1 %

Les maisons y sont pourtant parmi les plus chères de l’île en prix au pied carré, ce qui traduit un intérêt croissant pour ce coin de nature authentique. Les éco-maisons y coûtent typiquement entre 1 800 et 2 400 €/m² pour 100–160 m².

2014

Porto Moniz enregistre un revenu mensuel moyen de 2 014 $ grâce à son écotourisme centré sur les piscines naturelles volcaniques.

Ces secteurs exigent en revanche presque systématiquement une voiture (transports publics limités), et la liquidité à la revente est plus réduite. Ce sont des marchés de niche, adaptés à :

des projets de tourisme de nature (gîtes, éco-lodges) ;

des investisseurs à horizon long, misant sur la montée en gamme progressive du tourisme vert ;

– des budgets plus serrés qui cherchent un ticket d’entrée bas, quitte à accepter une rotation des locataires plus saisonnière.

Porto Santo : une autre île, un autre cycle

Porto Santo, île sœur de Madère, dispose d’une plage de sable doré spectaculaire et encore d’un potentiel de développement important. Les chiffres de courte durée y sont plus contrastés :

Porto Santo – courte duréeValeur
Annonces actives179
Revenu mensuel moyen2 430 $
ADR moyen244 $
Taux d’occupation42,8 %

Un ADR élevé, mais une occupation faible : cela illustre un marché davantage centré sur une saison estivale courte, moins adapté à une stratégie de rendement lissé sur douze mois que l’île principale. En revanche, la perspective de nouveaux projets (et un traitement fiscal un peu spécifique pour les grands investissements) peut intéresser les profils plus spéculatifs, notamment sur l’hôtellerie ou les grandes résidences secondaires.

Comment arbitrer entre rendement, valorisation et style de vie

Face à cette mosaïque de marchés locaux, l’investisseur doit clarifier ses priorités avant de sélectionner un quartier ou une commune.

Objectif rendement court terme : viser l’ouest et le cœur touristique

Pour maximiser le cash-flow et les taux d’occupation en courte durée, les données convergent :

Funchal (centre touristique, Lido, São Martinho) pour une stratégie mixte ville / mer, très liquide ;

– Calheta et ses paroisses (Estreito, Arco) pour les villas de vacances avec piscine, où les rendements premium atteignent autour de 7 % ;

– Ponta do Sol pour un positionnement « digital nomad » assumé, avec une demande quasi permanente et une prime de 15–20 % sur les loyers pour les biens adaptés.

Bon à savoir :

Les trois zones identifiées forment un triangle d’or pour la location saisonnière. Le choix entre elles dépend principalement de trois critères : votre budget, votre tolérance à la logistique (comme les routes pentues et le stationnement), et votre préférence entre gérer une grande villa familiale ou un appartement.

Objectif valorisation long terme : parier sur les secteurs en rattrapage

Pour jouer la carte de l’appréciation du capital sur 5–10 ans, plusieurs signaux sont intéressants :

la montée en gamme continue de Ponta do Sol, championne de la hausse des prix ;

– l’urbanisation progressive (mais encadrée) de l’ouest, notamment autour de Calheta, Ribeira Brava et Ponta do Pargo, renforcée par les projets d’infrastructures (golf signé Nick Faldo, amélioration des routes, discussions autour d’un deuxième aéroport) ;

– les communes de Santa Cruz et São Vicente, qui ont enregistré des hausses annuelles très élevées, traduisant un rééquilibrage de l’île au-delà de Funchal.

À l’inverse, des zones comme Santana, bien que très abordables, affichent pour l’instant une progression beaucoup plus timide, ce qui en fait davantage un marché de rendement ou de résidence principale qu’un pari de plus-value spectaculaire.

Objectif résidence / semi-résidence avec location partielle

De nombreux acheteurs à Madère cherchent un compromis : un bien utilisable quelques mois par an, le reste du temps mis en location afin de couvrir charges, taxes et éventuellement une partie du financement.

Dans cette optique, les zones suivantes ressortent :

Funchal (Sé, São Pedro, Santa Luzia) pour une vie urbaine à pied, toutes commodités, et un très bon potentiel locatif lorsque le bien est vacant ;

São Martinho et Praia Formosa pour un mix ville / plage, avec centre commercial, écoles et services ;

– Santa Cruz, Caniço, Machico pour un rythme de vie plus tranquille, des prix un peu plus doux et un accès rapide à l’aéroport.

Il faut alors arbitrer entre la tentation de sur-dimensionner pour sa propre utilisation (grande villa, vaste appartement) et l’optimisation de la rentabilité locative (les studios et T1 affichent des rendements moyens supérieurs à 5,5 %, contre 4,3–4,7 % pour les 2–3 chambres dans les statistiques globales de l’île).

Le contexte réglementaire et fiscal : un atout pour Madère

Madère bénéficie de plusieurs particularités réglementaires et fiscales qui renforcent l’attractivité de certains quartiers :

Bon à savoir :

La fin du Golden Visa immobilier a réduit la pression spéculative, mais des alternatives existent (fonds, tourisme, etc.) pour le marché haut de gamme. L’International Business Centre propose un taux d’IS à 5% pour attirer une clientèle aisée, concentrée à Funchal et sur la côte sud. Les taxes locales (IMI 0,3–0,45%) sont modérées. La régulation de l’Alojamento Local est stricte, avec des quotas par quartier (ex: 30% max à Funchal) pour limiter la sur-offre.

Pour un investisseur non résident, l’impôt sur les revenus locatifs est de 28 % sur le net, mais le régime des nouveaux résidents peut abaisser le taux global d’imposition personnelle à 10 % pendant dix ans dans certains cas, ce qui change sensiblement le calcul de rentabilité nette pour ceux qui envisagent de s’installer.

En pratique : quels secteurs privilégier selon le profil d’investisseur

Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut résumer les grands profils de quartiers porteurs à Madère ainsi :

Investisseur orienté cash-flow courte durée Funchal (Lido, São Martinho), Calheta (front de mer, villas), Ponta do Sol (centres et hauteurs), Ribeira Brava ; ticket d’entrée moyen à élevé, forte composante internationale.

Investisseur orienté rendement longue durée et stabilité Caniço, Santa Cruz, Machico, Monte, Santa Luzia ; loyers réguliers, demande locale et expatriée, prix d’acquisition plus doux que Funchal centre ou Calheta.

Investisseur « value add » / réhabilitation Vieille ville de Funchal (Sé, Santa Maria Maior), certaines rues de Câmara de Lobos, centre de Ponta do Sol ; potentiel de plus-value en rénovant du bâti ancien pour le repositionner sur le marché touristique (Airbnb, guesthouses).

Exemple :

Des investisseurs ciblent des niches dans l’écotourisme à Madère, notamment dans les communes de São Vicente, Porto Moniz et l’arrière-pays de Santana. Ils parient sur la croissance du tourisme de nature. Leur stratégie consiste souvent à acquérir de grandes parcelles pour les convertir en éco-lodges ou à réhabiliter d’anciennes quintas (domaines agricoles) pour en faire des hébergements durables.

Investisseur haut de gamme / résidence secondaire de prestige Villas front de mer à Funchal, Calheta, Câmara de Lobos et Ponta do Sol ; prix au mètre carré élevé, mais rendement locatif de 9–12 % possible sur les propriétés très bien gérées, plus plus-value potentielle.

Dans tous les cas, une constante revient : la demande excède l’offre neuve. En 2024, seulement 27 % du stock à la vente provenait de programmes neufs, le reste du marché étant alimenté par le secondaire (années 1980–2000, souvent rénové). Combiné à une hausse continue du foncier (15–20 % par an) et à un déficit national de main-d’œuvre dans le bâtiment, ce déséquilibre laisse penser que les emplacements de qualité devraient continuer à bien se tenir.

Conclusion : Madère, une île de micro-marchés à analyser finement

Investir à Madère n’est pas simplement « acheter sur une île ensoleillée ». C’est entrer sur un marché sophistiqué, où la rareté de foncier, la montée en gamme touristique, l’essor des digital nomads et les politiques publiques d’infrastructures se combinent.

Les chiffres sont clairs : l’île surperforme le reste du pays en croissance de prix, en niveaux de loyers et en rendement court terme. Mais la dispersion est grande entre une villa avec piscine à Calheta, un T1 rénové dans la vieille ville de Funchal, un appartement familial à Caniço ou une maison de campagne à São Vicente.

Pour qui prend le temps de cartographier ces micro-marchés — en regardant de près prix au mètre carré par commune, taux d’occupation Airbnb, ADR, rendements théoriques et profil de la demande — Madère offre probablement aujourd’hui l’un des mix les plus intéressants d’Europe entre plaisir d’usage et performance économique.

Analyse du marché immobilier de Madère

La clé reste de ne jamais raisonner « île » en bloc, mais bien « quartier par quartier ». À Madère plus qu’ailleurs, c’est la vallée, la route d’accès, l’orientation et la vue qui décident du succès d’un investissement. Et sur ce terrain, Funchal, Calheta, Ponta do Sol, Ribeira Brava, Câmara de Lobos et, dans une moindre mesure, Santa Cruz et Caniço, se détachent clairement comme les grands gagnants du moment.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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