Créer son entreprise en Slovaquie quand on est expatrié : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’idée de lancer sa propre activité en Slovaquie séduit de plus en plus d’expatriés. Membre de l’Union européenne, de la zone euro et de l’espace Schengen, le pays combine fiscalité compétitive, main‑d’œuvre qualifiée, coûts de fonctionnement modérés et véritable dynamique start-up, particulièrement à Bratislava. Mais pour transformer une envie d’entreprendre en projet viable, il faut comprendre à la fois le cadre juridique, fiscal, bancaire et migratoire, et la réalité du terrain pour un étranger.

Bon à savoir :

Ce guide pratique pour expatriés détaille les aspects clés pour créer et développer une entreprise en Slovaquie. Il couvre le choix de la forme juridique, les étapes d’immatriculation, la fiscalité, l’ouverture d’un compte bancaire, les conditions de résidence, l’emploi, l’écosystème entrepreneurial local, les coûts de vie et les pièges courants à éviter.

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Pourquoi la Slovaquie attire les entrepreneurs étrangers

La Slovaquie est un petit pays d’Europe centrale d’environ 5,5 millions d’habitants, mais avec une économie classée parmi les plus dynamiques de la zone euro au cours de la dernière décennie. Membre de l’UE, de la zone euro, de l’OCDE, de l’OTAN et de l’espace Schengen, elle offre un accès direct au marché unique européen et à un bassin de plus de 740 millions de consommateurs dans un rayon de 2 000 km.

2009

L’euro est devenu la monnaie officielle de la Slovaquie en 2009, simplifiant les transactions pour les entreprises opérant en Europe.

L’environnement des affaires est décrit comme relativement simple : pas de lois spécifiques restreignant l’investissement étranger, système fiscal clair, accès à des aides régionales et à des incitations à l’investissement, large réseau de conventions de non‑double imposition (environ 60–70 États). Les étrangers peuvent détenir 100 % du capital d’une société slovaque, sans obligation générale de partenaire local.

La capitale, Bratislava, concentre une grande partie de l’activité économique et de l’écosystème start-up, tout en affichant un coût de la vie inférieur à celui de grandes voisines comme Vienne. Le pays est par ailleurs considéré comme sûr, démocratique, avec une bonne qualité d’éducation et d’infrastructures.

Choisir la bonne forme d’entreprise en tant qu’expatrié

Le droit slovaque offre plusieurs formes juridiques aux entrepreneurs, régies par le Code de commerce (Acte n° 513/1991 Coll.). En pratique, deux options dominent pour un étranger : l’entreprise individuelle (sole trader / živnostník) et la société à responsabilité limitée, la spoločnosť s ručením obmedzeným (s.r.o.).

La s.r.o., format roi pour les PME et les expatriés

Pour la majorité des entrepreneurs étrangers, la s.r.o. est la structure la plus adaptée. Elle présente des avantages proches d’une SARL française ou d’une GmbH allemande : responsabilité limitée au montant des apports, image plus professionnelle, possibilité d’avoir jusqu’à 50 associés, flexibilité dans l’entrée d’investisseurs.

Attention :

Le capital social minimum est de 5 000 €, avec une contribution minimale de 750 € par associé. Au moins 2 500 € doivent être déposés sur un compte bancaire local lors de l’immatriculation. Les apports, en numéraire ou en nature (immeuble, brevet, etc.), doivent être valorisés par un expert.

Le dirigeant (gérant/statutaire) n’a pas besoin d’être slovaque, mais s’il n’est pas citoyen de l’UE, un titre de séjour approprié est nécessaire. Il est possible d’opérer via une filiale slovaque ou une succursale d’une société étrangère.

Autres formes possibles

D’autres structures existent pour des projets plus spécifiques :

Formes juridiques d’entreprise en Slovaquie

Panorama des principales structures adaptées aux entrepreneurs et expatriés, avec leurs caractéristiques clés.

Société par actions (a.s.)

Capital minimum de 25 000 €. Adaptée aux gros projets et aux levées de fonds importantes.

Société par actions simplifiée (j.s.a.)

Capital à partir de 1 €. Pensée pour les start-up à fort potentiel, mais plus complexe à structurer.

Partenariats (v.o.s., k.s.) et coopératives

Formes plus rares chez les expatriés, avec des régimes de responsabilité parfois illimitée.

Succursale de société étrangère

Permet d’exercer sous la bannière d’une entreprise mère non slovaque, mais sans personnalité morale distincte.

Pour un entrepreneur individuel, le statut de živnostník (travailleur indépendant) reste possible, mais implique une responsabilité illimitée sur le patrimoine personnel et des règles spécifiques en matière de permis de séjour.

Conditions pour être fondateur ou dirigeant

Pour créer une société en Slovaquie, il faut remplir plusieurs critères de base :

Astuce :

Pour créer une société à responsabilité limitée (s.r.o.) en Slovaquie, plusieurs conditions légales doivent être remplies. Le fondateur doit être âgé d’au moins 18 ans et disposer de la pleine capacité juridique. Il doit justifier d’une « intégrité », ce qui implique un casier judiciaire vierge pour les délits liés à l’activité envisagée. Il ne doit pas avoir d’arriérés significatifs auprès de l’administration fiscale ou de l’agence de sécurité sociale slovaques. Enfin, si le fondateur est associé unique, il doit attester ne pas déjà contrôler plus de trois autres s.r.o. détenues chacune par un associé unique.

Les administrateurs n’ont pas l’obligation d’être résidents, mais si le représentant légal n’a pas de résidence en Slovaquie, il doit mandater une personne disposant d’une e‑ID slovaque pour gérer la boîte aux lettres électronique officielle de l’entreprise sur le portail slovensko.sk.

Les grandes étapes pour immatriculer sa société

Créer une entreprise en Slovaquie suit un enchaînement assez standard, mais avec quelques particularités à bien anticiper.

1. Définir le projet et choisir la structure

La première étape reste classique : étude de marché, business plan, choix de la forme juridique (s.r.o., entreprise individuelle, succursale…), arbitrage fiscal et migratoire (surtout pour les non‑EU). Les secteurs visés – IT, e‑commerce, industrie, énergie verte, tourisme, services B2B – doivent être examinés à l’aune de la concurrence locale et régionale.

2. Choisir un nom et une adresse de siège

La dénomination sociale doit être unique au regard du Registre du commerce (consultable sur www.orsr.sk). Il faut aussi déclarer un siège social en Slovaquie : bureau, local commercial, voire appartement, à condition de disposer d’un titre d’occupation (acte de propriété ou bail avec accord formel du propriétaire). Beaucoup d’expatriés optent au départ pour un service de bureau virtuel (environ 50 €/mois).

3. Obtenir la licence commerciale (trade licence)

Toute activité économique nécessite une autorisation de commerce (živnostenské oprávnenie) délivrée par le bureau des licences commerciales ou un guichet unique (Point of Single Contact).

Les activités sont réparties en trois catégories :

Exemple :

En France, les activités pour créer une entreprise se divisent en trois catégories principales. Les activités non réglementées (ou libres) bénéficient d’une délivrance simplifiée de l’autorisation d’exercice et ne nécessitent pas de qualification particulière. Les métiers artisanaux exigent, quant à eux, soit un diplôme spécifique, une pratique professionnelle attestée, soit la désignation d’un « garant » déjà qualifié dans le métier. Enfin, les activités réglementées concernent les professions ou secteurs sensibles (comme la santé, la sécurité ou la finance) et sont soumises à des conditions de qualification strictes et contrôlées.

Les frais sont modestes : environ 5 € par activité non réglementée en présentiel (gratuit en ligne) et 15 € pour une activité artisanale ou réglementée (7,50 € en ligne). La licence est généralement délivrée sous trois jours ouvrables.

4. Rédiger les statuts et constituer le capital

Selon le nombre d’associés, on rédige un acte fondateur (associé unique) ou un contrat de société (plusieurs associés). Ces documents précisent la structure du capital, la répartition des parts, l’objet social, les règles de gouvernance et de cession de parts, etc. Les signatures doivent être authentifiées.

Le capital en numéraire est déposé sur un compte bancaire de pré‑ouverture, avec attestation de la banque. Pour les apports en nature, un rapport d’expertise est obligatoire.

5. Enregistrer la société au Registre du commerce

Le dépôt se fait auprès du tribunal compétent, souvent par voie électronique ou via un notaire. Une fois le dossier complet, le délai légal est d’environ deux jours ouvrables. Les frais d’inscription pour une s.r.o. tournent autour de 150 €. Pour une a.s., ils sont de l’ordre de 375 €. Une succursale coûte environ 150 € à immatriculer.

Bon à savoir :

L’inscription au Registre déclenche automatiquement la création de la boîte aux lettres électronique officielle de la société sur slovensko.sk. Cette boîte aux lettres devient le canal obligatoire pour tous les échanges avec l’administration.

6. Immatriculation fiscale et obligations sociales

Dans les 30 jours suivant le début d’activité, l’entreprise doit se déclarer auprès de l’administration fiscale pour obtenir un numéro d’identification fiscale (DIČ). L’enregistrement TVA devient obligatoire au‑delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires annuel (voir plus loin), mais peut aussi être demandé volontairement.

Dès qu’elle emploie au moins un salarié, la société doit s’enregistrer auprès d’une caisse d’assurance santé et de l’Agence d’assurance sociale dans les 8 jours suivant la conclusion du premier contrat de travail.

Beaucoup de fondateurs font appel à un cabinet d’expertise comptable (tarifs d’entrée autour de 100 €/mois) ou à un conseil juridique pour sécuriser ces démarches. Des sociétés de création clé en main proposent des packs entre 450 € et 1 500–3 500 € selon l’étendue des services.

7. Délais globaux à prévoir

Si les documents sont bien préparés, on peut raisonnablement compter : un déroulement fluide du projet, une meilleure coordination entre les équipes, et une réduction des erreurs.

ÉtapeDélai indicatif
Licence commerciale~3 jours ouvrables
Inscription au Registre du commerce~2 jours ouvrables après dépôt complet
Attribution du DIČ (fiscal)Jusqu’à 30 jours
Ouverture de compte bancaire définitifEnviron 13 à 33 jours selon la banque

En pratique, la création d’une s.r.o. avec compte bancaire pleinement opérationnel prend souvent entre une et trois semaines, hors complexités migratoires pour les non‑EU.

Fiscalité des sociétés et des entrepreneurs

La Slovaquie propose un cadre fiscal plutôt attractif pour les entreprises, mais qui s’est complexifié avec l’introduction d’un impôt minimum et de tranches progressives.

Impôt sur les sociétés (CIT)

Depuis 2025, le barème est progressif :

Base imposable annuelleTaux CIT
Jusqu’à 100 000 €10 %
De 100 000 € à 5 M€21 %
Au‑delà de 5 M€24 %

Il n’existe pas d’impôt sur les sociétés au niveau régional ou local, ce qui simplifie la donne.

Parallèlement, un impôt minimum sur les sociétés s’applique quel que soit le résultat, avec des montants croissants selon le chiffre d’affaires (par exemple, 340 € en dessous de 50 000 €, puis plusieurs paliers jusqu’à plus de 11 500 € pour les très grandes entreprises). Les entrepreneurs individuels (self‑employed) bénéficiant d’un revenu jusqu’à 100 000 € conservent un taux de 15 %.

Les conventions de non‑double imposition permettent généralement d’éviter les doubles prélèvements pour les groupes opérant dans plusieurs pays.

TVA : nouveaux taux et seuils

À partir de 2025, la TVA slovaque est structurée ainsi :

Type de tauxNiveauExemples (liste non exhaustive)
Taux normal23 %La plupart des biens et services, alcool en restauration, remontées mécaniques…
Taux réduit19 % (puis 23 % en 2026 pour certains produits sucrés/salés)Aliments divers, électricité…
Taux super réduit5 %Aliments de base, médicaments, livres, hébergement, restauration (hors alcool)…

Le seuil standard de franchise TVA pour les entités établies en Slovaquie est un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 000 €. Au‑delà de 62 500 €, l’enregistrement immédiat devient obligatoire. Des régimes particuliers (reverse charge local pour certains secteurs, comptabilité de caisse, OSS/IOSS pour le e‑commerce) sont également en place.

À partir de 2026, la déduction de TVA sur les véhicules de tourisme utilisés à la fois professionnellement et à titre privé sera plafonnée à 50 %, sauf preuve d’usage 100 % professionnel sous conditions contraignantes.

Autres impositions à anticiper

Les entrepreneurs expatriés doivent intégrer dans leur business plan plusieurs prélèvements complémentaires :

Bon à savoir :

À partir de 2025, un impôt sur les transactions financières (0,4%, plafonné à 40€) s’applique à certaines opérations par carte, puis uniquement aux personnes morales à partir de 2026. Les impôts locaux sur l’immobilier (foncier, bâtiments) dépendent de la surface, de la localisation et des taux communaux, avec une possible contribution au développement local (3 à 35€/m²). Une taxe sur les boissons sucrées emballées est en vigueur depuis 2025, majorée pour les boissons très caféinées. Des taxes sectorielles spécifiques existent également, comme un prélèvement sur les industries régulées (énergie, télécoms) ou une taxe spéciale sur les banques.

Pour les dirigeants et salariés expatriés, la fiscalité personnelle s’applique selon un barème progressif, avec un taux de 19 % puis 25 % (et de nouvelles tranches plus hautes prévues à partir de 2026), assorti de contributions sociales et de santé significatives.

Banque et financement : ouvrir un compte professionnel

Le système bancaire slovaque suit le modèle européen, avec supervision par la Banque nationale de Slovaquie (NBS) et, pour les grandes banques, par la Banque centrale européenne dans le cadre du mécanisme de supervision unique. Le secteur est jugé stable, bien capitalisé, avec un rôle important joué par des groupes étrangers (Raiffeisen, UniCredit, etc.).

Pourquoi un compte en Slovaquie est quasi indispensable

Même si certains entrepreneurs gèrent leurs flux internationaux via des fintechs (Wise, Satchel, MultiPass…), un compte bancaire professionnel slovaque facilite grandement :

les démarches d’immatriculation (attestation de dépôt de capital pour une s.r.o.) ;

les paiements locaux (SEPA, prélèvements, salaires, charges sociales) ;

la perception de subventions ou financements publics ;

la crédibilité vis‑à‑vis des partenaires, administrations et investisseurs locaux.

Bon à savoir :

Les banques proposent des comptes multi‑devises (ex. : EUR, CZK, HUF, PLN, GBP, JPY, CHF). Les virements en euros utilisent le réseau SEPA, et les virements internationaux le réseau SWIFT. Aucun contrôle des changes spécifique n’est appliqué.

Banques et fintechs utiles pour un expatrié

Parmi les établissements offrant des comptes professionnels :

Tatra banka

UniCredit Bank

Slovenská Sporiteľňa (SLSP)

VÚB Banka

ČSOB

365.bank (profil plus fintech)

Côté prestataires de monnaie électronique et banques en ligne, on retrouve des acteurs comme Satchel ou MultiPass, avec ouverture à distance, IBAN multidevises, cartes virtuelles/physiques, intégration SEPA/SWIFT et programmes de paie.

Tatra banka, par exemple, propose un service en anglais (conseillers, application mobile, e‑banking, distributeurs automatiques), un compte « blue planet » incluant carte VISA, virements SEPA illimités via les canaux digitaux et un retrait gratuit par mois dans les autres DAB du pays.

Coûts et délais d’ouverture

Les frais varient selon les banques et la complexité du dossier (structure capitalistique, pays d’origine, activité, volume attendu). On peut esquisser les ordres de grandeur suivants :

Type de fraisFourchette indicative
Frais d’ouverture de compte pro0 à 500 € selon la banque
Frais mensuels de tenue de compteEn général 7 à 15 € (souvent remisés sous conditions)
Délai d’ouverture (compte pro)13 à 33 jours selon la banque et les contrôles AML/KYC
Fintech MultiPassFrais d’ouverture à partir de 500 GBP, puis 100 GBP/mois

Les virements SEPA sont souvent gratuits ou peu coûteux, alors que les transferts SWIFT et les conversions de devises génèrent des commissions.

Les principaux obstacles rencontrés par les étrangers restent la barrière linguistique (même si l’anglais progresse), la lourdeur documentaire (statuts, registre du commerce, pièces d’identité, justificatifs de domicile, documentation sur les bénéficiaires effectifs, description d’activité détaillée) et des délais parfois longs en raison des obligations de lutte contre le blanchiment (AML).

À noter : les dépôts sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts jusqu’à 100 000 € par déposant et par banque, avec remboursement sous sept jours ouvrables en cas de défaillance, et une protection temporaire augmentée possible pour certains dépôts (ex. vente d’un bien immobilier) pendant 12 mois.

Résidence et droit de séjour pour les entrepreneurs

Créer une entreprise en Slovaquie et y vivre durablement suppose de distinguer la situation des citoyens de l’UE/EEE et celle des ressortissants de pays tiers.

Pour les citoyens de l’UE/EEE

Les citoyens de l’Union européenne et de l’Espace économique européen n’ont pas besoin de visa ni de permis de travail pour s’installer et travailler en Slovaquie. Ils doivent toutefois respecter les règles de séjour (notamment s’enregistrer au‑delà de trois mois), justifier de moyens de subsistance et, selon leur statut, s’enregistrer ou non comme entrepreneurs ou salariés.

Pour eux, la création de société n’est pas conditionnée à un visa. Les questions sont surtout fiscales (résidence fiscale, sécurité sociale) et administratives (enregistrement, ouverture de compte, etc.).

Pour les ressortissants de pays tiers

Les non‑EU sont soumis à un cadre beaucoup plus structuré, qui a récemment été durci. La Slovaquie ne propose pas de « visa nomade digital » au sens strict, mais un ensemble de permis de séjour pour emploi, affaires, études ou regroupement familial.

Pour entreprendre, deux grandes options existent :

100

Montant d’investissement en millions d’euros requis pour bénéficier d’un dispositif de type investisseur significatif avec procédure accélérée.

Depuis le 1er juillet 2025, des changements importants sont entrés en vigueur pour les permis de séjour à but commercial, avec notamment :

Bon à savoir :

Le permis pour entrepreneurs en Slovaquie est désormais soumis à un quota annuel mondial strict de 700 demandes. La première demande doit être déposée exclusivement auprès d’une ambassade ou d’un consulat slovaque à l’étranger et doit inclure un business plan détaillé, évalué par le ministère de l’Économie. Le permis est délivré pour une durée fixe de trois ans. Il est impossible de changer la base d’un titre de séjour existant pour un motif ‘entreprise’ avant au moins deux ans de résidence. Le visa national de type D est étendu de 90 à 120 jours pour faciliter l’installation.

Exigences financières pour un permis d’affaires

Les autorités exigent une preuve de moyens financiers séparant la couverture des besoins personnels et celle de l’activité. Les montants sont indexés sur le niveau officiel de subsistance (284,13 € mensuels pour la période mi‑2025 – mi‑2026).

À titre d’ordre de grandeur :

ObjetMontant minimal (référence subsistance 2025–2026)
Ressources personnelles (séjour > 1 an)12 × 284,13 € ≈ 3 409,56 €
Capital d’activité pour un entrepreneur individuel20 × 284,13 € ≈ 5 682,60 €
Capital d’activité pour le dirigeant d’une s.r.o.100 × 284,13 € ≈ 28 413 €

Ces sommes doivent être attestées par des relevés ou certificats bancaires, sur des comptes distincts (personnel vs. professionnel), généralement dans une banque slovaque. D’autres éléments sont requis : hébergement, assurance maladie, extrait de casier judiciaire, diplômes et attestations d’expérience, etc.

Le délai d’instruction pour un permis de séjour commercial est, en principe, de 90 jours après dépôt, auquel s’ajoutent les 60 jours dont dispose le ministère de l’Économie pour se prononcer sur le business plan, ce qui impose une bonne anticipation pour un expatrié.

Marché du travail, droit du travail et embauche

Une fois l’entreprise créée, beaucoup d’expatriés envisagent d’embaucher localement. Le droit du travail slovaque, principalement régi par le Code du travail (Acte n° 311/2001 Coll.), est protecteur mais assez clair.

Contrats de travail et durée

Le contrat de travail doit être écrit, en slovaque, avec possibilité de version bilingue pour un salarié étranger. Il précise a minima : type de poste, lieu de travail, date de début et rémunération. Des informations complémentaires peuvent être fournies séparément dans un délai de quelques jours.

Les deux grandes catégories sont : les catégories d’actifs et les catégories de passifs.

contrat à durée indéterminée (forme de droit commun) ;

contrat à durée déterminée, limité à deux ans et renouvelable au maximum deux fois sur cette période.

Astuce :

Pour tester un marché ou recruter des freelances locaux, il existe des formules de contrats plus légers comme le contrat de travail occasionnel, le contrat d’activités ou le job étudiant. Ces dispositifs sont encadrés par des plafonds d’heures, annuels ou hebdomadaires, offrant ainsi une flexibilité aux employeurs.

Temps de travail, rémunération et charges

La durée de travail standard est de 40 heures par semaine (légèrement abaissée pour les systèmes d’équipes en continu). Le plafond d’heures supplémentaires annuelles est de 400 heures, dont 150 h peuvent être imposées par l’employeur, le reste nécessitant l’accord du salarié.

La rémunération minimale mensuelle est réévaluée chaque année par le gouvernement. À titre indicatif, elle se situait à 816 € en 2025 pour le degré de difficulté le plus bas, avec un taux horaire minimum correspondant autour de 4,69 €/h. Des majorations sont prévues pour le travail de nuit, le week-end ou jours fériés.

36.2

Pourcentage du salaire brut représenté par les cotisations patronales aux assurances sociales en Suisse.

Embauche de salariés étrangers

Les entreprises slovaques peuvent recruter des talents étrangers, mais pour les ressortissants de pays tiers, un permis de travail et/ou un titre de séjour adapté sont nécessaires (permis unique, carte bleue UE, permis de transfert intra‑groupe, permis saisonnier…). La procédure combine inscription de l’offre à l’Office du travail, examen de la situation de l’emploi, dépôt de la demande par le candidat (souvent à l’ambassade) et délai global de plusieurs mois.

Pour des structures en phase de lancement, beaucoup d’expatriés recourent temporairement à des prestataires de type Employer of Record (EOR), qui emploient juridiquement les salariés et gèrent la paie et la conformité, le temps de mettre en place une entité locale.

Coût de la vie et budget prévisionnel à Bratislava

Comprendre le coût de la vie en Slovaquie est essentiel pour bâtir un business plan, négocier son salaire de dirigeant et fixer une politique de rémunération.

À Bratislava, on estime qu’un expatrié a besoin en moyenne d’environ 1 500 à 1 800 € par mois, logement inclus, pour un niveau de vie confortable, quand un local peut s’en sortir autour de 900–1 000 € selon son style de vie. Les familles de quatre personnes dépensent plutôt entre 3 000 et 3 500 € par mois, logement compris.

Côté logement, les loyers mensuels moyens se situent autour de :

Type de logementZoneFourchette mensuelle
1 chambreCentre600–1 200 € (moyenne ~710–850 €)
1 chambrePériphérie500–850 € (moyenne ~560–630 €)
3 chambresCentre1 000–1 850 € (moyenne ~1 230–1 350 €)
3 chambresPériphérie780–1 300 € (moyenne ~900–1 010 €)

Les charges (électricité, chauffage, eau, déchets) pour un appartement de 85 m² oscillent généralement entre 120 et 340 € par mois, avec une moyenne autour de 220 €. Internet haut débit coûte 13–25 € mensuels, et un forfait mobile avec plus de 10 Go de données tourne autour de 10–30 €.

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C’est le prix mensuel moyen en euros d’un abonnement aux transports publics, rendant la ville abordable et praticable.

Pour un entrepreneur, ces niveaux de prix, combinés à des salaires moyens nets autour de 1 400 € à Bratislava, permettent d’envisager un positionnement compétitif en termes de coûts de main‑d’œuvre, tout en maintenant des marges correctes.

Écosystème entrepreneurial : coworking, start-up et réseaux

La Slovaquie a vu émerger, depuis le début des années 2010, un écosystème start‑up très dynamique. Bratislava en est le cœur, avec une scène coworking et innovation particulièrement dense.

Espaces de coworking et bureaux flexibles

Les espaces de coworking ont remplacé bon nombre de bureaux traditionnels, répondant aux besoins de flexibilité des freelances, des start-up et même des grandes entreprises. À Bratislava, on trouve des acteurs comme HubHub, The Spot, Impact Hub, SPACE UP, Base4work, Dvojbodka, Smart City HUB, ou encore de nombreux centres signés Regus et d’autres opérateurs.

Les offres vont du simple poste en open space à des bureaux privés clé en main, avec Wi‑Fi haut débit, salles de réunion, cuisine équipée, services de réception, gestion du courrier et parfois des extras comme cafés de spécialité, espaces de sieste ou studios de fitness. Les formules sont très flexibles, de la journée au mois, sans engagements longs.

Côté prix, les données compilées montrent par exemple :

ProduitExemple de prix mensuel (Bratislava)
Poste nomade à la journée~25 € / jour
Poste dédié en open space~79 € / mois
Bureau privé (par poste)À partir de ~85 € / mois dans certains centres
Coworking premium (Regus Nivy Tower, etc.)169–249 € / mois selon localisation

Pour un expatrié qui arrive sans bureau, ces solutions permettent de démarrer très vite, de bénéficier d’une adresse physique crédible et de se connecter à une communauté d’entrepreneurs, souvent anglophones.

Start-up, success stories et secteurs porteurs

Le pays a vu naître plusieurs champions technologiques de stature internationale : ESET dans la cybersécurité, Sygic dans la navigation GPS, Pixel Federation dans le jeu vidéo, WebSupport dans l’hébergement, Sli.do dans l’événementiel interactif, ou encore AeroMobil et ses prototypes de voitures volantes.

Plus récemment, une nouvelle vague de start-up s’est développée dans l’IA, la fintech, la santé numérique, l’IoT, les biotechs ou l’énergie, avec des levées de fonds significatives pour certains acteurs (InoBat dans les batteries, Sensible Biotechnologies dans l’ARN messager, CloudTalk dans les centres d’appels cloud, etc.).

Pour un expatrié, cet environnement offre : un accès à de nombreuses opportunités professionnelles, une diversité culturelle enrichissante, et un cadre de vie souvent agréable.

Avantages de l’écosystème

Principaux atouts offerts par un écosystème d’innovation pour les projets internationaux

Partenariats stratégiques

Accès à des opportunités de partenariats technologiques ou commerciaux pour accélérer le développement et la croissance.

Talent international

Accès à un vivier de talents (développeurs, data scientists, designers…) habitués aux contextes internationaux.

Programmes d’accélération

Accès à des programmes d’accélération sectoriels (fintech, biotech, healthtech, urbain, économie créative…) souvent ouverts aux fondateurs étrangers.

Programmes de soutien et financements

La Slovaquie dispose d’un arsenal de structures d’accompagnement : agences publiques (SARIO, Slovak Business Agency, National Business Center), incubateurs universitaires (STU Bratislava, TUKE Košice, UNIZA Žilina), accélérateurs privés ou thématiques (Challenger, Perry Talents, HealthCareLab, Lifbee, Fintech Hub, etc.).

Ces dispositifs proposent mentorat, formations, mise en réseau, parfois tickets financiers ou accompagnement à la levée de fonds. Des fonds privés comme Crowdberry ou Neulogy Ventures interviennent également sur des tours seed ou growth, souvent aux côtés d’investisseurs internationaux.

Pour un expatrié, se rapprocher de ces structures dès l’amont du projet permet d’affiner son business plan, de crédibiliser sa demande de permis de séjour d’affaires et d’accéder plus facilement aux financements européens et nationaux.

Culture business et intégration : ce qu’un expatrié doit savoir

Au‑delà des textes de loi, réussir en affaires en Slovaquie suppose de comprendre les codes culturels.

Les relations professionnelles sont marquées par une certaine formalités, surtout dans les grandes entreprises et l’administration : on accorde beaucoup d’importance aux titres (académiques et professionnels), à la ponctualité, à la hiérarchie. Les décisions importantes se prennent souvent au sommet, après un processus interne qui peut sembler lent à des entrepreneurs habitués à des environnements très agiles.

Bon à savoir :

Les réunions débutent souvent par des échanges informels avant d’aborder le sujet principal. La communication, bien que directe sur le fond, reste polie et non conflictuelle. Pour un expatrié, il est essentiel d’arriver bien préparé, de soutenir ses propositions avec des données factuelles et de faire preuve de constance, car la confiance se construit sur la durée.

L’anglais est largement pratiqué dans les milieux d’affaires, surtout chez les jeunes générations et les diplômés du supérieur, mais quelques phrases de base en slovaque sont toujours appréciées et facilitent le lien. L’écrit (e‑mails, contrats) reste très important et doit être soigneusement rédigé, en particulier lorsqu’il s’agit de formaliser des accords.

Enfin, le réseau joue un rôle clé. Participer à des événements professionnels, conférences, meetups, rejoindre des organisations comme les chambres de commerce bilatérales, les associations d’entrepreneurs ou des hubs sectoriels est un bon moyen d’accélérer son intégration.

Risques, complexités et bonnes pratiques pour expatriés

Malgré ses atouts, la Slovaquie n’est pas un eldorado sans contraintes. Plusieurs points de vigilance s’imposent aux entrepreneurs étrangers.

Sur le plan réglementaire, les règles migratoires pour les non‑UE se sont nettement durcies, avec le quota très limité de permis de résidence d’affaires et l’examen approfondi des business plans par le ministère de l’Économie. Les délais de traitement (jusqu’à plusieurs mois) exigent une planification minutieuse et, souvent, l’accompagnement par un avocat local spécialisé.

Attention :

L’introduction d’un impôt minimum, la hausse de la TVA, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et le plafonnement des déductions TVA sur les véhicules indiquent une tendance à la consolidation budgétaire. Les entrepreneurs doivent s’attendre à une pression fiscale légèrement croissante, bien qu’elle demeure compétitive à l’échelle européenne.

La bureaucratie peut être ressentie comme lourde, en particulier pour les permis de construire et certains dossiers administratifs : des exemples extrêmes citent des projets immobiliers ayant mis plus de 20 ans à aboutir, ce qui pèse sur l’offre de logements et de bureaux. Dans le même temps, le pays accélère sa transformation digitale, même si ses services publics en ligne restent encore en deçà de la moyenne européenne.

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Score de la Slovaquie à l’indice de perception de la corruption 2024 de Transparency International, sur une échelle de 0 à 100.

Pour limiter les risques, il est fortement recommandé de :

travailler avec un cabinet comptable et fiscal local dès le départ ;

faire auditer toute cible d’acquisition ou de rachat de société (dettes fiscales et sociales, litiges, licences, propriété intellectuelle) ;

– consigner par écrit tous les accords importants et vérifier que les contrats sont conformes au droit slovaque et européen ;

– anticiper les obligations en matière de protection des données (RGPD et loi slovaque sur la protection des données) si l’activité implique des données personnelles.

En résumé : un terrain attractif, mais qui se prépare

Lancer une entreprise en Slovaquie offre de réelles perspectives aux expatriés : environnement économique relativement stable, coûts de fonctionnement raisonnables, main‑d’œuvre qualifiée, hub start‑up en pleine croissance, intégration à l’euro et au marché unique. Bratislava, en particulier, combine taille humaine, sécurité, infrastructures correctes et proximité de grands centres comme Vienne ou Budapest, tout en restant plus abordable.

Bon à savoir :

Pour les ressortissants de pays tiers, l’installation entrepreneuriale exige une préparation minutieuse. Cela implique de bien comprendre les règles de séjour, d’élaborer un business plan solide, de construire un montage juridique et bancaire adapté, et de respecter strictement les exigences fiscales, sociales et de conformité.

Pour un expatrié prêt à investir du temps dans cette phase de préparation, à s’appuyer sur des professionnels locaux et à s’immerger dans la culture d’affaires slovaque, la Slovaquie peut se révéler un excellent point de chute pour créer et développer une entreprise tournée vers l’Europe centrale et occidentale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovaquie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovaquie pour sa fiscalité modérée sur les revenus et les retraites, l’absence d’impôt sur la fortune, son appartenance à la zone euro et un coût de vie plus faible que la France (Bratislava ~30% moins chère que Paris) tout en restant au cœur de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, coordination avec avocat et experts locaux bilingues, et intégration patrimoniale (analyse, restructuration ciblée). Cet accompagnement lui permet d’obtenir des économies fiscales significatives et d’optimiser sa transmission tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition via convention FR‑SK, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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