Située au cœur de l’Europe, membre de l’Union européenne et de la zone euro, la Slovaquie attire de plus en plus d’expatriés en quête d’un marché immobilier accessible, d’une fiscalité modérée et de perspectives de rendement correctes. Entre Bratislava, capitale dynamique tournée vers l’Autriche et le reste de l’UE, et les montagnes des Tatras prisées des touristes, le pays offre un éventail de profils d’investissement rarement aussi lisible pour un marché encore « secondaire » en Europe.
Pour un expatrié, l’investissement immobilier en Slovaquie peut servir à diversifier son patrimoine, acquérir un pied-à-terre ou générer des revenus locatifs en euros. Il est essentiel de bien comprendre les règles d’accès au marché, les coûts réels, les risques spécifiques et la méthodologie pour structurer son projet à distance.
Ce guide propose une vision claire, concrète et chiffrée de l’investissement immobilier en Slovaquie pour un non‑résident, en s’appuyant sur le cadre légal, la fiscalité, le financement, les principaux marchés urbains et les bonnes pratiques de due diligence.
Pourquoi la Slovaquie intéresse les expatriés investisseurs
La Slovaquie coche plusieurs cases recherchées par les investisseurs étrangers : stabilité politique et économique liée à l’UE, croissance modérée mais régulière, fiscalité immobilière relativement légère et prix encore sensiblement inférieurs à ceux des grandes capitales d’Europe de l’Ouest.
Le taux de propriétaires en Slovaquie dépasse 90 %, l’un des plus élevés d’Europe.
Les prix ont fortement progressé ces dernières années, avec une hausse moyenne de 8 à 10 % par an sur six ans et un pic à près de 18,7 % en 2021, avant une phase de stabilisation plus récente. Malgré cette dynamique, les valeurs au mètre carré restent bien en deçà de celles observées à Vienne, Munich ou Paris.
Pour les expatriés, la Slovaquie apparaît donc comme un compromis intéressant : entrée de gamme financièrement abordable, revenus locatifs en euros, cadre juridique structuré et marché encore loin de la saturation.
Ce qu’un étranger a réellement le droit d’acheter
Le premier réflexe d’un expatrié est souvent de se demander si, en tant que non‑résident, il peut réellement devenir propriétaire. En Slovaquie, la réponse est globalement oui, mais avec quelques nuances.
Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse disposent pratiquement des mêmes droits que les Slovaques pour l’achat de logements, bureaux, commerces et terrains constructibles. Ils peuvent acquérir des appartements, maisons, immeubles ou locaux commerciaux sans quotas ni plafonds de propriétaires étrangers par immeuble ou quartier.
Les ressortissants de pays tiers peuvent librement acheter des appartements, maisons, bâtiments commerciaux ou chalets, sans avoir besoin d’un permis de séjour ou d’un visa de longue durée, y compris en tant que touristes. Cependant, l’acquisition de terres agricoles, de forêts et de parcelles situées dans des zones naturelles protégées est soumise à des règles de réciprocité et à des conditions de résidence ou d’activité locale. Pour ces biens restreints, une solution courante est de passer par une société slovaque de type s.r.o. (équivalent d’une SARL), qui nécessite un capital social minimum de 5 000 euros.
Ce point est essentiel pour les expatriés : il n’existe aucun programme de type « Golden Visa » associé à l’immobilier. Devenir propriétaire d’un appartement à Bratislava n’ouvre pas de voie rapide vers la résidence permanente ou la nationalité. La propriété peut servir de preuve de logement dans un dossier de séjour, mais ne suffit jamais à elle seule.
Le cadre juridique : un cadastre robuste, mais à manier avec méthode
La Slovaquie appartient à la tradition de droit civil, avec un socle juridique relativement clair pour la propriété immobilière. Les textes principaux sont le Code civil, la loi sur le cadastre immobilier et une loi spécifique pour la copropriété (appartements et locaux non résidentiels).
Le pays compte 72 bureaux cadastraux gérés par les autorités de district. L’enregistrement de toute propriété y est obligatoire. Pour un investisseur étranger, il est crucial de savoir que le transfert de propriété n’est effectif juridiquement qu’au moment de son inscription au registre foncier, et non lors de la signature du compromis ou de l’acte de vente.
L’extrait cadastral, appelé « List vlastníctva », mentionne le propriétaire, la description de l’immeuble ou de la parcelle, ainsi que les droits réels attachés (servitudes, hypothèques, droits de passage, etc.). Une partie des informations est consultable gratuitement en ligne, mais les actes juridiques sous-jacents ne sont accessibles qu’aux parties concernées ou à leurs représentants.
En Slovaquie, la propriété d’un bâtiment et celle du terrain qu’il occupe peuvent être distinctes. Acquérir une maison ne confère donc pas automatiquement la propriété du sol, et vice-versa. Dans le cadre d’une copropriété, chaque propriétaire détient un lot privatif ainsi qu’une quote-part des parties communes, lesquelles sont gérées par une association de copropriétaires ou un syndic.
Le système cadastral actuel est considéré comme fiable, mais il traîne encore des traces de l’époque socialiste : erreurs d’inscription, incohérences sur certaines parcelles, successions non réglées. C’est une des raisons pour lesquelles les avocats locaux recommandent de remonter au moins dix ans de chaîne de propriété lors d’une due diligence, voire davantage sur les terrains complexes.
Comment se déroule concrètement un achat pour un expatrié
Dans les grandes lignes, la procédure slovaque ne dépaysera pas un Européen habitué aux marchés continentaux. Les étapes se succèdent dans un ordre classique, avec toutefois quelques spécificités.
La recherche de bien peut se faire via les portails d’annonces, les agences locales ou le bouche‑à‑oreille. À Bratislava, les quartiers les plus ciblés par les expatriés sont Staré Mesto (centre historique), Ružinov, Nové Mesto ou encore Petržalka. Dans le reste du pays, Košice, Žilina, Trnava, Nitra ou les zones touristiques des Hautes Tatras et de Liptov concentrent nombre d’opportunités.
Lorsqu’un acheteur émet une offre sur un bien, elle est généralement formalisée par un contrat de réservation accompagné d’un dépôt de 5 à 10 % du prix. Cette somme est bloquée sur un compte séquestre (chez un avocat ou un notaire) jusqu’à la levée des conditions suspensives. Il est essentiel de noter que les professionnels sérieux refusent tout versement direct sur le compte personnel du vendeur avant la mise en place des garanties légales.
La signature du contrat de vente définitif (« kúpna zmluva ») est impérativement écrite. Le document doit comporter l’identité complète des parties, la description cadastrale précise du bien, le prix, les modalités de paiement et les droits accessoires (servitudes, parkings, caves, etc.). Les contrats peuvent être rédigés en version bilingue, mais le texte déposé au cadastre doit être en slovaque ou en tchèque.
Pour l’enregistrement d’un acte au cadastre, l’authentification de la signature du vendeur par un notaire ou un avocat habilité est obligatoire. Celle de l’acheteur, bien que non systématiquement exigée, est fortement recommandée pour garantir la sécurité juridique de la transaction. Une fois le dossier complet déposé au bureau cadastral compétent, le délai d’instruction est de 30 jours. Il existe une procédure accélérée, soumise à des frais plus élevés, permettant d’obtenir une décision dans un délai de 15 jours.
Un étranger qui ne peut se déplacer peut mandater un représentant local par procuration, à condition que ce pouvoir soit légalisé (apostille ou légalisation consulaire) et traduit officiellement en slovaque. En pratique, nombre d’expatriés gèrent l’intégralité de l’opération à distance via un avocat et un agent de confiance, tout en réalisant au moins une visite physique pour éviter les mauvaises surprises.
Une fois l’inscription validée au registre foncier, la propriété est juridiquement transférée et les fonds peuvent être libérés au profit du vendeur.
Combien ça coûte vraiment : frais, taxes et charges
L’un des atouts de la Slovaquie tient à un niveau de coûts de transaction assez contenu. Au‑delà du prix d’achat, il faut toutefois prévoir plusieurs postes obligatoires ou fortement recommandés.
Il n’existe plus de taxe de mutation immobilière (droit de transfert) depuis le milieu des années 2000. L’absence de « stamp duty » place le pays dans une position avantageuse par rapport à nombre de voisins européens. En revanche, les frais annexes représentent en pratique entre 3 % et 9 % du prix, avec une fourchette fréquente autour de 5 à 7 %.
Le cadastre facture un droit fixe de 66 euros pour un enregistrement standard. Le traitement accéléré à 15 jours porte ce montant à 266 euros, réduit de moitié en cas de dépôt électronique (33 et 133 euros). S’y ajoutent souvent une centaine d’euros de frais administratifs divers.
Honoraires courants d’un avocat pour une transaction immobilière de 250 000 euros, représentant 0,6 à 0,8% du prix.
Les notaires interviennent principalement pour l’authentification des signatures et, le cas échéant, la gestion d’un séquestre. Chaque signature certifiée coûte généralement entre 20 et 40 euros. Un contrat d’entiercement spécifique peut être facturé aux alentours de 66 euros.
Les agences immobilières appliquent des commissions allant en moyenne de 3 à 5 % du prix, avec une fourchette possible de 2 à 6 %. Par convention, c’est souvent le vendeur qui règle cette commission, mais dans certains montages, l’acheteur supporte tout ou partie de la rémunération de son propre agent. Pour une mission de conseil intégral (recherche, vérifications, négociation, suivi du financement, gestion de la remise des clés), des packages autour de 6 000 euros TTC sont mentionnés.
Coût fixe pour l’inscription de l’hypothèque au registre lors d’un achat financé par un prêt slovaque.
Une fois propriétaire, l’investisseur doit régler un impôt foncier local, modeste mais incontournable. Il est calculé sur la surface (en m²) et l’usage, non sur la valeur de marché. Le barème de base tourne autour de quelques dizaines de centimes au m², chaque commune appliquant ses multiplicateurs. Concrètement, un appartement standard supporte souvent entre 40 et 200 euros de taxe annuelle, un pavillon de 120 à 450 euros, les montants les plus élevés se rencontrant à Bratislava.
En parallèle, il faut provisionner l’entretien courant et les travaux lourds. Les bonnes pratiques conseillent de mettre de côté chaque année entre 1 % et 2 % de la valeur du bien, en distinguant environ 0,5 à 1 % pour la maintenance annuelle (petites réparations, rafraîchissements) et 0,5 à 1 % pour un fonds travaux (rénovation de toiture, ravalement, remplacement d’installations techniques). Sur un appartement évalué à 200 000 euros, cela représente 2 000 à 4 000 euros de budget annuel à planifier, charges de copropriété incluses.
Fiscalité : ce que gagne et perd un propriétaire étranger
Sur le plan fiscal, la Slovaquie adopte une approche plutôt favorables à l’investissement immobilier. Pas de taxe sur la fortune immobilière, pas de droits de succession ni de donation depuis 2004, pas de taxe de mutation : le cadre est d’emblée plus léger que dans plusieurs grands pays de l’UE.
Les revenus locatifs sont imposés dans la catégorie des revenus des personnes physiques, selon un barème progressif : 19 % jusqu’à un seuil annuel (environ 41 000–47 000 €) puis 25 % au-delà. Le propriétaire peut déduire ses charges effectives (intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion, taxe foncière, assurance…) ou opter, sous conditions, pour un forfait de dépenses (par exemple 40 % des loyers, dans une limite annuelle). Un petit abattement annuel spécifique sur une fraction des loyers existe mais reste marginal.
Les plus‑values immobilières ne font pas l’objet d’un impôt autonome : elles sont intégrées au revenu imposable. Cependant, deux exemptions majeures rendent la fiscalité des cessions relativement douce pour qui investit à moyen terme. D’une part, la revente d’un bien détenu plus de cinq ans et non utilisé à des fins commerciales est totalement exonérée pour un particulier. D’autre part, la vente de la résidence principale bénéficie d’une franchise dès lors que le logement a été occupé au moins deux ans et n’a pas servi d’outil professionnel au cours des cinq dernières années. En dehors de ces hypothèses, la plus‑value nette est taxée au barème de 19 % ou 25 %.
Pour les sociétés, les gains immobiliers sont soumis à l’impôt sur les sociétés avec un taux standard de 21 % et des taux progressifs (10 % pour les petites structures sous un seuil, 24 % pour les très hauts profits). L’avantage réside dans la possibilité d’amortir le bien et de déduire plus largement les coûts, ce qui est intéressant pour un portefeuille important ou des projets de développement.
Pour un expatrié français, ces mécanismes se combinent avec la convention fiscale de non‑double imposition conclue entre la France et l’ancienne Tchécoslovaquie, toujours applicable à la Slovaquie. Les loyers et plus‑values provenant d’un immeuble slovaque sont imposables en Slovaquie et doivent être déclarés en France, mais un crédit d’impôt permet d’éviter une double imposition effective, dans la limite de l’impôt français correspondant à ces revenus.
Financer son achat : quelles options pour un non‑résident
Les banques slovaques ne ferment pas la porte aux étrangers, mais appliquent des critères plus stricts qu’aux résidents locaux. Le marché est encadré par la Banque nationale slovaque, qui fixe des limites sur le ratio endettement/revenu et les quotités de financement.
Pour un résident slovaque, certains établissements peuvent accorder un prêt allant jusqu’à 90 % de la valeur du bien. Pour un non-résident, le ratio prêt/valeur (LTV) se situe généralement entre 70 % et 80 %. Il est donc nécessaire de prévoir un apport personnel minimum de 20 % à 30 %. Ce pourcentage peut être plus élevé si le profil est jugé plus risqué, par exemple en cas de revenus hors zone euro ou d’historique de crédit limité.
Les critères d’octroi restent classiques : âge d’au moins 18 ans, fin de remboursement avant 65–70 ans, ancienneté professionnelle (6 à 12 mois pour un salarié, 1 à 2 années fiscales pour un indépendant), contrôle de l’historique de crédit, ratio de service de la dette plafonné à une fraction du revenu net. La banque examine également le pays de résidence et la nature des revenus. Les citoyens de l’UE percevant un salaire stable en euros sont clairement les plus favorisés.
Pour un financement jusqu’à 80%, les taux fixes de 3 à 5 ans pour les étrangers varient généralement entre 3% et 4,6%. Les prêts sur 20 ans avoisinent en moyenne un peu plus de 4%, avec des ajustements selon le profil de l’emprunteur. Une assurance emprunteur, couvrant au minimum le décès et l’invalidité, et parfois la perte d’emploi, est obligatoire.
Un élément à ne pas négliger : chaque demande de prêt refusée laisse une trace dans les bases de données de crédit, ce qui peut pénaliser un futur dossier. Il est souvent pertinent de passer par un courtier spécialisé dans l’accompagnement d’étrangers, qui connaît les établissements les plus ouverts et les types de dossiers qu’ils privilégient.
Où investir : panorama des principaux marchés slovaques
Pour un expatrié, choisir la bonne ville – et le bon quartier – pèse au moins autant que la qualité de l’actif lui‑même. La Slovaquie offre plusieurs scènes immobilières aux profils très différents.
Bratislava, capitale économique et politique, est sans surprise le marché le plus cher du pays. Les prix des appartements y tournent autour de 2 700 à 3 000 euros le mètre carré en moyenne, avec des pointes entre 4 000 et 7 500 euros dans les secteurs les plus prisés. Les loyers dans la vieille ville se situent entre 11 et 14 euros par m² et par mois, contre 9 à 12,5 euros dans des quartiers comme Ružinov ou Nové Mesto. Les rendements bruts pour des petits lots bien situés se fixent autour de 5 %, légèrement moins pour des surfaces plus grandes.
Bien que moins chère que les grandes métropoles occidentales, Bratislava présente un marché immobilier tendu. Un deux-pièces en centre-ville coûte généralement entre 200 000 et 300 000 €. La demande locative est forte, portée par les cadres locaux, expatriés, étudiants et touristes. Un déficit annuel de plusieurs dizaines de milliers de logements neufs laisse présager une tension durable sur le marché.
Košice, deuxième ville du pays et pôle universitaire et IT, affiche des niveaux bien plus accessibles. Le prix moyen au mètre carré pour un appartement oscille entre 1 200 et 1 350 euros. Les rendements bruts y dépassent fréquemment 5 %, pouvant atteindre 6 % sur certains segments, avec des loyers long terme plus bas qu’à Bratislava mais un ratio prix/loyer nettement plus favorable.
Dans certaines zones universitaires comme Trnava, les loyers ont augmenté de près de 18 % par an ces dernières années.
Pour les amateurs de résidence secondaire et de locations saisonnières, les régions de Liptov ou des Hautes Tatras proposent un marché de chalets, appartements de montagne et maisons rurales à des niveaux hétérogènes : de petits appartements de station peuvent se négocier dès 20 000 à 30 000 euros, tandis que des programmes haut de gamme dépassent largement les 500 000 euros. Les rendements bruts sur des locations touristiques bien gérées peuvent se situer entre 5 et 7 %, avec des périodes d’occupation élevées en haute saison mais une plus grande volatilité sur l’année.
Le tableau suivant illustre des ordres de grandeur de prix et de rendements selon plusieurs grandes villes et régions.
| Ville / Région | Prix moyen appart. (€/m²) | Rendement brut estimé | Profil dominant |
|---|---|---|---|
| Bratislava | 2 700 – 3 000 | 4 – 5 % | Capitale, cadres, expats |
| Košice | 1 200 – 1 350 | 5 – 6 % | Ville universitaire, IT |
| Trnava | ~1 500 | 5 – 5,5 % | Étudiants, industrie |
| Žilina | ~1 400 | ~5,5 % | Industrie, logistique |
| Prešov | < 1 000 | variable, en hausse | Ville moyenne, locatif long |
| Tatras / Liptov | 900 – 3 000+ | 5 – 7 % (touristique) | Résidences de vacances |
Typologies de biens et budgets indicatifs
Le marché slovaque propose une palette de produits allant du micro‑appartement en centre‑ville à la ferme rurale, en passant par les maisons de banlieue et les immeubles de rapport. Pour un expatrié, les typologies les plus couramment ciblées sont les appartements urbains et les petites maisons de ville.
Les appartements en ville restent la norme pour les jeunes actifs et une bonne partie de la classe moyenne. À Bratislava, un studio ou un deux‑pièces ancien peut se trouver sous 200 000 euros en périphérie, quand un bien rénové dans la vieille ville ou une résidence récente dépasse rapidement ce seuil. Dans les autres villes, le prix global des mêmes surfaces est souvent divisé par deux, voire plus.
Le prix des maisons modernes proches de Bratislava ou dans les stations de montagne peut dépasser ce montant en euros.
Le tableau ci‑dessous donne quelques exemples de fourchettes de prix pour un appartement standard selon la localisation, sur la base de prix moyens au m² et d’une surface de 60 m².
| Localisation | Prix moyen (€/m²) | Prix indicatif appart. 60 m² |
|---|---|---|
| Bratislava | 2 700 – 3 000 | 162 000 – 180 000 € |
| Košice | 1 200 – 1 350 | 72 000 – 81 000 € |
| Trnava | ~1 500 | ~90 000 € |
| Žilina | ~1 400 | ~84 000 € |
| Prešov | < 1 000 | < 60 000 € |
Ces ordres de grandeur doivent bien sûr être affinés par une analyse micro‑locale (rue, immeuble, état, étage, parking, etc.), mais donnent une vision claire de l’écart de ticket d’entrée entre la capitale et les villes régionales.
Rentabilité locative : ce qu’on peut attendre en pratique
Les rendements bruts annoncés sur le marché slovaque – en particulier dans les centres urbains – oscillent généralement entre 4,5 et 5,5 % par an, avec des pointes plus élevées dans certains secteurs (jusqu’à 6 % à Košice, 5,7 % à Bratislava sur des petites surfaces bien ciblées).
La question pour un expatrié n’est pas seulement de regarder le brut mais le net après charges, fiscalité et vacance locative. À Bratislava, les données disponibles indiquent des rendements nets plutôt compris entre 2,5 et 3,5 %, tandis que des villes comme Košice, Žilina ou Trnava permettent fréquemment de viser des nets de 3 à 4,5 % si la gestion est optimisée.
Pour les projets opportunistes comme la rénovation-revente (« fix and flip ») ou le développement de terrain, les marges peuvent être significatives : de 20 à 30 % pour des opérations d’achat-rénovation-revente bien menées, et entre 30 et 70 % pour des projets de lotissement ou de promotion structurés. Ces montages nécessitent toutefois une maîtrise locale approfondie, notamment sur la réglementation d’urbanisme, l’environnement bancaire, les coûts de construction et les risques de commercialisation.
À l’échelle d’un investisseur expatrié individuel, la plupart des stratégies restent orientées vers la détention longue, avec des objectifs combinant revenus locatifs récurrents (5 à 8 % brut visés) et plus‑value potentielle à dix ans et plus, dans un pays encore en rattrapage par rapport à ses voisins occidentaux.
Due diligence et risques : les points de vigilance pour un étranger
Sous ses allures de marché « facile », la Slovaquie présente plusieurs pièges que les professionnels locaux voient régulièrement se refermer sur les investisseurs étrangers peu préparés.
Le premier concerne la vérification du titre de propriété. L’inscription au cadastre fait foi, mais n’offre pas une garantie absolue d’absence de contestation. Erreurs historiques, successions non liquidées, droits de préemption non respectés (co‑indivisaires, conjoint, État pour certains monuments classés), servitudes non formalisées peuvent entraîner des litiges après achat. C’est pourquoi les avocats sérieux reconstituent systématiquement au moins dix années de chaîne de propriété, analysent les anciennes décisions de justice et comparent les données cadastrales à la réalité de terrain.
Avant d’acheter, vérifiez impérativement la classification officielle du terrain (agricole ou autre) et l’existence de droits de passage légaux, notamment si l’accès traverse une parcelle privée. Consultez le plan d’urbanisme et, si nécessaire, faites réaliser un bornage par un géomètre pour confirmer les surfaces.
Les arnaques plus directes ne sont pas absentes du paysage : annonces pour des biens grevés d’hypothèques non révélées, promesses de vente signées par de faux propriétaires ou par des représentants sans pouvoir valide, demandes de dépôt sur des comptes douteux, interférences sur les instructions de virement. Un contrôle rigoureux de l’identité des vendeurs, des procurations, des coordonnées bancaires et des inscriptions hypothécaires via le cadastre permet de neutraliser une grande partie de ces risques.
Un investisseur a négocié le prix d’un bien de 250 000 € à 140 000 € après qu’un expert en bâtiment (« statik ») a révélé des défauts majeurs nécessitant 150 000 € de rénovation. Après travaux, la valeur du bien a été estimée à 250 000 € deux ans plus tard, illustrant l’importance d’une inspection approfondie pour la négociation et la plus-value.
Gestion à distance : comment piloter son bien depuis l’étranger
Pour un expatrié qui n’habite pas en Slovaquie, la question de la gestion quotidienne est centrale. Encaisser les loyers, traiter les réparations, gérer la rotation des locataires ou des touristes n’est pas envisageable en mode « auto‑gestion » à des centaines ou milliers de kilomètres.
Deux piliers s’imposent donc : un gestionnaire local et des outils numériques fiables. Sur place, un administrateur de biens ou une agence de location prend en charge la mise en location, l’état des lieux, la collecte des loyers, le suivi des impayés et la coordination des artisans. Les honoraires tournent généralement autour de 3 à 6 % des loyers perçus pour la gestion locative long terme, plus pour des locations de courte durée type Airbnb.
Taux de remplissage élevé pouvant être atteint en haute saison dans les zones très touristiques grâce à une gestion complète.
Côté outils, l’utilisation de logiciels ou plates‑formes de gestion (inscription des paiements, suivi des charges, rapports trimestriels) facilite l’arbitrage à distance. Certaines agences en ligne proposent des modèles hybrides, combinant visites virtuelles, signature électronique, reporting digital et présence physique via des partenaires.
L’essentiel pour un expatrié reste de choisir soigneusement son interlocuteur principal, de vérifier ses références, son expérience et sa capacité à communiquer dans une langue partagée (anglais, parfois français ou allemand), et de formaliser la relation par un mandat de gestion détaillé, encadrant honoraires, périmètre de mission et niveau d’autonomie dans la prise de décision.
Structurer son investissement : en nom propre ou via société
La loi slovaque permet à un étranger d’acheter en son nom propre ou via une structure locale, le plus souvent une s.r.o. (société à responsabilité limitée). Le choix dépend du profil patrimonial, du volume d’investissement et de la stratégie à long terme.
Pour un premier achat de taille modeste, destiné à un usage mixte (pied‑à‑terre et location occasionnelle), l’acquisition en nom propre est généralement la voie la plus simple. La fiscalité reste lisible, les démarches administratives limitées, et les exonérations sur les plus‑values à cinq ans ou sur la résidence principale sont pleinement accessibles.
Pour un expatrié qui envisage d’acquérir plusieurs biens, de développer une activité locative professionnelle ou de monter de petits projets de promotion, le choix d’une structure sociétale présente plusieurs atouts. Elle permet notamment de déduire un spectre plus large de charges (comme celles liées à un véhicule, les frais généraux ou les amortissements), offre une gestion plus souple pour la transmission de parts et peut donner accès à certains régimes d’exonération fiscale lors de la cession de participations, sous réserve de respecter les conditions de détention requises.
En contrepartie, la complexité comptable augmente, l’impôt sur les sociétés s’applique sur les bénéfices, et la sortie vers le patrimoine personnel peut entraîner une taxation sur les dividendes, même si les taux restent modérés par rapport à d’autres pays.
Pour les non‑résidents issus de pays soumis à des restrictions sur l’achat de terres agricoles ou certains types de foncier, la détention via une société slovaque est en outre un moyen fréquent de contourner des limitations, tout en respectant le droit local.
Résidence, fiscalité personnelle et projet de vie
Un rappel important s’impose pour tout expatrié : posséder un bien en Slovaquie ne fait pas de vous un résident fiscal slovaque, ni un résident au sens du droit des étrangers. La résidence fiscale se détermine en fonction de critères comme la durée de séjour annuelle (à partir de 183 jours), la présence d’un foyer permanent, le centre des intérêts économiques et personnels. Tant que vous vivez ailleurs et que vous passez la majeure partie de votre temps dans un autre pays, la Slovaquie vous considérera comme non‑résident fiscal, imposable uniquement sur les revenus de source slovaque (loyers, plus‑values, éventuellement activité professionnelle locale).
Pour un séjour dépassant 90 jours sur 180, un permis de séjour (travail, études, regroupement familial, etc.) est obligatoire. La possession d’un bien immobilier peut appuyer le dossier en attestant d’un hébergement et d’une stabilité financière, mais ne constitue pas un motif valide à elle seule pour obtenir un titre de séjour.
Dans une stratégie globale d’expatriation, le choix de la Slovaquie comme pays de résidence peut présenter des atouts (coût de la vie modéré, fiscalité raisonnable, environnement européen), mais suppose de prendre en compte les conventions fiscales avec le pays d’origine, les éventuelles législations anti‑optimisation qui s’y développent, et la réalité d’une installation (langue, intégration, emploi ou activité sur place).
Comment aborder son premier investissement : méthode en trois temps
Pour un expatrié qui découvre la Slovaquie, il est utile d’aborder le projet de façon structurée.
La première étape consiste à clarifier ses objectifs : recherche‑t‑on principalement un rendement locatif, une plus‑value à long terme, un usage personnel, ou un mélange des trois ? L’horizon de détention, le niveau de risque accepté et le degré de disponibilité pour la gestion vont orienter le choix de la ville, du type de bien et de la stratégie (longue durée, meublé étudiant, saisonnier, rénovation, etc.).
La deuxième étape consiste à analyser plusieurs villes (comme Bratislava, Košice et éventuellement une ville régionale). Il faut comparer les prix au mètre carré, les loyers observés, le taux de vacance, la dynamique économique locale et les infrastructures (universités, zones industrielles, présence d’entreprises internationales). L’objectif est de sélectionner un ou deux micro‑marchés où la combinaison prix, loyer et perspectives de croissance apparaît la plus intéressante.
La troisième passe par la constitution d’une « équipe locale » : un agent immobilier qui chasse et négocie, un avocat qui sécurise, un éventuel courtier pour le financement et, déjà, un interlocuteur en gestion pour préparer l’après‑signature. C’est ce maillage qui fera souvent la différence entre un investissement serein et un casse‑tête administratif.
En filigrane, l’investisseur doit garder à l’esprit deux contraintes budgétaires : prévoir jusqu’à 5 % du prix pour les frais d’acquisition hors taxe et agence, et réserver chaque année 1 à 2 % de la valeur du bien pour les dépenses d’exploitation et de maintien en état. Ce réalisme financier permet de ne pas surestimer les rendements et de garder une vision claire de la rentabilité nette.
En résumé : un marché européen ouvert, mais exigeant
Pour un expatrié, la Slovaquie offre aujourd’hui un rare mélange de stabilité, d’accessibilité et de potentiel. L’absence de taxe de mutation, la fiscalité clémente sur le long terme, les prix encore abordables et des rendements locatifs décents font du pays une candidate sérieuse dans une stratégie de diversification immobilière en Europe centrale.
L’attractivité du marché ne doit pas faire oublier les exigences de rigueur : le système cadastral requiert une lecture experte, la distinction entre propriété du sol et du bâti exige une attention particulière, certaines terres nécessitent des structures juridiques adaptées, et la distance géographique rend le choix des intermédiaires crucial.
Pour un expatrié prêt à s’entourer d’un avocat local, d’un agent expérimenté et d’un gestionnaire fiable, l’investissement immobilier en Slovaquie peut s’intégrer harmonieusement dans un portefeuille européen, en apportant à la fois revenus en euros, exposition à un marché encore en phase de rattrapage et options de séjour dans un pays à taille humaine, au cœur de l’Union.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Slovaquie pour rechercher du rendement locatif et une exposition à une économie d’Europe centrale en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Bratislava, Košice, Žilina), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Bratislava, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8–10 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 €. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure de détention (propriété directe ou société slovaque) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.