Investir dans l’immobilier à Mountain View, au cœur de la Silicon Valley, revient à se positionner sur l’un des marchés les plus chers, les plus compétitifs et les plus structurés des États-Unis. Entre la présence de Google, une majorité de locataires, des loyers qui explosent et un cadre réglementaire sophistiqué (fiscalité, contrôle des loyers, règles sur les locations de courte durée…), chaque décision a un impact financier majeur.
Cet article fournit une analyse complète du marché immobilier local, incluant les prix, les rendements locatifs et les risques associés. Il aborde également la réglementation en vigueur, présente une analyse des quartiers et des projets urbains en cours, et détaille les stratégies de financement possibles. L’objectif est d’offrir une vision claire et chiffrée aux investisseurs, qu’ils souhaitent acheter, mettre en location ou construire un placement à long terme.
Mountain View, centre névralgique de la Silicon Valley
Mountain View se trouve en plein Santa Clara County, au centre de la Silicon Valley. La ville est littéralement construite autour de l’économie technologique : Google y a son siège mondial, tout comme Intuit ou Mozilla, tandis que Microsoft, LinkedIn et d’autres géants occupent de grands campus à proximité. L’économie locale est ultra-qualifiée : le revenu médian des ménages tourne autour de 180 000 à 190 000 dollars et plus de 70 % des adultes ont un diplôme universitaire.
La population de la ville dépasse 120 000 personnes en journée avec l’afflux des navetteurs et employés de la tech.
Autre trait structurant pour l’investisseur : Mountain View est majoritairement locative. Selon les données agrégées, environ 38 à 42 % des logements sont occupés par leur propriétaire, ce qui signifie que près de 60 % sont occupés par des locataires. Dans certains segments et quartiers, le pourcentage de locataires est même plus élevé. Pour un investisseur, cela se traduit par une demande locative continue, portée par des salariés très solvables, mais aussi par un cadre réglementaire protecteur pour les locataires qu’il faut bien maîtriser.
Un marché vendeurs, rapide et très cher
Le marché des ventes résidentielles à Mountain View n’a rien de tiède. Les études convergent pour qualifier ce marché de « très actif », « fortement vendeur » et « compétitif ». Le Redfin Compete Score, indicateur de tension, se situe dans le haut de l’échelle, tandis que plusieurs chiffres clés illustrent la difficulté d’y entrer.
En moyenne, une maison reçoit autour de cinq offres. Dans de nombreux cas, les acheteurs renoncent aux clauses suspensives classiques (financement, inspection, etc.) pour rester dans la course. La plupart des transactions se concluent au‑dessus du prix affiché : les données récentes indiquent que la maison « moyenne » se vend environ 1 à 3 % au‑dessus du prix de mise en vente, et que les biens considérés comme « hot » se négocient 6 à 9 % au‑dessus, parfois en moins de 10 jours.
Fin 2025, le marché immobilier des maisons individuelles était caractérisé par une offre extrêmement rare. En décembre, on ne comptait que 4 annonces actives pour 12 ventes conclues dans le mois, ce qui représentait à peine 10 jours de stock disponible. Cette tension a conduit à une forte pression sur les prix : le ratio prix de vente / prix affiché dépassait 105 %, et plus de 70 % des transactions se sont conclues au-dessus du prix initialement demandé.
Des prix parmi les plus élevés du pays
Les niveaux de prix sont à la hauteur de cette tension. Les sources varient un peu selon qu’il s’agit de prix médians, moyens, valeurs estimées ou segments spécifiques, mais l’ordre de grandeur est limpide : il faut compter plusieurs millions de dollars pour une maison individuelle et autour de 1,3 à 1,6 million pour une grande partie des copropriétés.
On peut résumer quelques repères structurants dans un premier tableau.
| Indicateur clé (résidentiel) | Valeur approximative / récente |
|---|---|
| Valeur typique d’un logement (ZHVI) | ≈ 1,93 M$ (baisse d’environ 1,4 % sur un an) |
| Prix médian d’une maison à Mountain View (2025) | ≈ 1,8 M$ |
| Prix médian de vente – maisons (déc. 2025) | 3,34 M$ (hausse de 13,1 % sur un an) |
| Prix moyen de vente – maisons (déc. 2025) | 3,23 M$ |
| Prix médian de vente – condos / townhouses (déc. 2025) | 1,53 M$ (hausse de 36,2 % sur un an) |
| Prix moyen de vente – condos / townhouses (déc. 2025) | 1,32 M$ |
| Prix médian au m² (approx., converti depuis $/sq ft) | Entre 11 000 et 14 000 $/m² selon la source et le segment |
Le contraste entre certaines sources (prix global médian autour de 1,7–1,9 M$) et prix médian des maisons individuelles en décembre 2025 à plus de 3,3 M$ s’explique par la composition du parc : les maisons individuelles vendues en fin d’année 2025 appartiennent clairement au haut de gamme (surface, localisation, état…), tandis que les données agrégées intègrent des biens plus modestes, des condos et des townhouses.
Le prix de vente minimum d’un appartement d’une chambre à Miami, en dollars.
Pour les maisons individuelles récentes dans les meilleurs quartiers, la barre des 2,5 M$ est largement franchie, avec de nombreuses ventes documentées au‑delà de 3 M$ et des exemples spectaculaires : une maison de quatre chambres et plus de 3 300 pieds carrés sur un terrain de 10 000 pieds carrés s’est ainsi vendue 5,58 M$.
Une vitesse de rotation impressionnante
Le temps de commercialisation est court, voire très court. En moyenne, une maison passe en « pending » en 12 à 18 jours, avec un médian de 8 à 13 jours selon les trimestres. Au deuxième trimestre 2024, les maisons individuelles et les condos affichaient tous deux environ 17 jours sur le marché.
La fin 2025 confirme cette rapidité :
| Indicateur de vitesse (Q4 2025) | Maisons individuelles | Condos / Townhouses |
|---|---|---|
| Médiane de jours sur le marché | 8 jours | 34 jours |
| Moyenne de jours sur le marché | 12 jours | – |
| Jours de stock (déc. 2025) | 10 jours | 21 jours |
L’écart entre maisons et copropriétés en décembre 2025 est notable : les condos se vendent plus lentement (34 jours de médiane), mais restent tout de même très liquides comparés à d’autres marchés américains.
Loyer, rendement et arbitrage acheter / louer
Sur le volet locatif, Mountain View figure clairement parmi les villes les plus chères des États‑Unis. En 2023, la ville a même été citée comme ayant la médiane de loyer d’un appartement une chambre la plus élevée du pays, autour de 3 525 dollars, soit une hausse d’environ 41 % sur un an.
En janvier 2026, les différentes plateformes de données locatives convergent autour d’un loyer moyen global entre 3 250 et 3 700 dollars par mois, selon le type de bien et la source. Pour les appartements, un ordre de grandeur réaliste est le suivant :
| Type de logement (appartements) | Loyer moyen approximatif (janvier 2026) |
|---|---|
| Studio | 2 600 à 2 800 $ |
| 1 chambre | ≈ 3 200 à 3 300 $ |
| 2 chambres | ≈ 4 000 à 4 200 $ |
| 3 chambres | ≈ 4 800 à 5 000 $ |
| 4 chambres | ≈ 7 000 $ |
Pour les maisons mises en location, le ticket moyen est plus élevé, autour de 4 000 à 5 000 dollars par mois, voire davantage pour les grandes propriétés familiales dans les quartiers les plus recherchés.
Le taux d’occupation est d’environ 95 %, avec une douzaine de candidats par logement vacant dans l’aire Mountain View/Palo Alto et plus de 60 % des logements occupés par des locataires. Cette faible vacance limite le risque d’impayés, mais s’accompagne généralement d’un rendement brut modeste.
Des rendements bruts souvent faibles mais très sécurisés
Les données chiffrées de rendement long terme sont assez parlantes. Un calcul médian indique que les locations longue durée génèrent autour de 61 200 dollars de revenus bruts annuels (environ 5 100 $ par mois), pour des dépenses d’exploitation estimées à 33 675 dollars. Cela aboutit à un taux de capitalisation brut d’environ 1,45 % sur la valeur du bien.
L’achat d’un bien à 2 M$ pour un loyer de 5 000 $ par mois génère rarement un cash-flow confortable. Il faut intégrer tous les coûts : les impôts fonciers (environ 1,2% de la valeur, soit 24 000 $/an), les charges de copropriété (200 à plus de 1 000 $/mois), l’entretien (budget recommandé de 1% de la valeur par an, soit 20 000 $), l’assurance, la gestion locative et le service de la dette en cas d’emprunt. Ces frais significatifs réduisent souvent fortement la marge nette.
Un exemple de comparaison sur 5 ans entre location et achat d’un bien médian (autre analyse à l’appui) aboutit à un coût total d’environ 262 000 dollars pour louer, contre près de 950 000 dollars pour acheter sur la même période, une différence largement due aux intérêts de prêt, aux taxes foncières et à l’entretien. L’achat devient vraiment intéressant sur un horizon long (10 ans et plus), lorsque l’amortissement du capital commence à peser lourd, que la valeur du bien s’apprécie et que l’effet de levier du crédit joue pleinement.
Fiscalité locale : ce que doit prévoir un investisseur
La fiscalité immobilière est un élément incontournable dans un marché aussi cher. Mountain View se situe dans le cadre général californien, marqué par la célèbre Proposition 13, mais avec des nuances locales importantes.
Impôts fonciers : un poids lourd dans le budget
À Mountain View, le taux effectif médian d’impôt foncier est d’environ 1,21 % de la valeur imposable, soit un niveau comparable à la médiane californienne mais supérieur à la moyenne nationale. Dans la pratique, on conseille souvent d’estimer les taxes en multipliant le prix d’achat par 1,25 %, cette majoration incluant le taux de base de 1 % plafonné par la Proposition 13 et les surtaxes locales (écoles, services d’urgence…).
Taux de taxe foncière moyen à Mountain View, variant de 1,18% à 1,22% selon le code postal.
La Proposition 13 limite néanmoins la hausse annuelle de la base imposable à 2 % ou au rythme de l’inflation si celui‑ci est inférieur. Cela protège les propriétaires de longue date d’une dérive trop rapide de leur taxe foncière, mais fige aussi des écarts importants entre nouveaux acheteurs et voisins installés depuis longtemps.
Taxe de transfert : un coût à l’entrée et à la sortie
Depuis fin 2024, la ville applique une taxe de transfert immobilière à deux niveaux. Pour les transactions jusqu’à 6 M$, le taux est de 1,65 dollar pour 500 dollars de prix de vente. Au‑delà de 6 M$, il passe à 15 dollars pour 1 000 dollars de valeur, ce qui représente un coût significatif sur les plus grosses transactions.
Pour un investisseur prévoyant une revente à moyen terme, il est essentiel d’inclure la taxe de cession dans le calcul du rendement global, au même titre que les frais d’acquisition (closing costs, généralement entre 2 et 5 % du prix en Californie) et les commissions d’agence.
Règles du jeu locatif : contrôle des loyers, expulsions et locations de courte durée
Mountain View se distingue par un dispositif réglementaire très complet autour de la location, avec une double couche locale et étatique. Pour un investisseur, ignorer ces règles serait une erreur coûteuse.
La Community Stabilization and Fair Rent Act (CSFRA)
La CSFRA, entrée en vigueur fin 2016, est la pierre angulaire du contrôle des loyers local. Elle s’applique aux immeubles d’au moins trois logements construits avant février 1995. Ces logements bénéficient à la fois d’un plafond annuel de hausse de loyer et de protections fortes contre les expulsions sans motif valable.
Ce plafond, appelé Annual General Adjustment (AGA), est indexé sur l’indice des prix à la consommation de la région de la baie. Le propriétaire ne peut augmenter le loyer qu’une fois par an et doit notifier l’augmentation par écrit au moins 30 jours à l’avance. Il existe un mécanisme dit de « banking » qui autorise, sous conditions, à rattraper des hausses non appliquées les années précédentes, mais dès qu’on dépasse 10 % sur 12 mois, une pétition et un examen par la commission sont nécessaires.
Environ 69 % du parc locatif de Mountain View est couvert par un dispositif de contrôle des loyers ou de protection contre les expulsions.
Les « just causes » d’expulsion sont précisément encadrées : impayés, violation majeure du bail, nuisances, activités criminelles, refus de signer un bail conforme, ou encore motifs sans faute du locataire comme reprise pour occupation personnelle, retrait du marché (Ellis Act), démolition ou rénovation lourde. Dans les cas sans faute, le locataire peut bénéficier d’aides à la relocalisation, notamment en fonction de son revenu et de sa situation (âge supérieur à 62 ans, handicap, enfants à charge…).
AB 1482, le garde‑fou à l’échelle californienne
La loi étatique AB 1482 (Tenant Protection Act) complète ce dispositif en fixant un plafond d’augmentation pour les logements non couverts par des lois locales plus strictes. Ce plafond est défini comme 5 % + inflation, avec un maximum de 10 % par an. Il s’applique à de nombreux logements construits après 1995 mais avant 2008, notamment certains immeubles, duplex ou maisons détenues par des sociétés.
Pour les investisseurs, la liberté d’augmenter les loyers annuellement est limitée, même en dehors des zones de contrôle strict. La stratégie de rachat d’un immeuble pour réaligner brutalement les loyers sur les prix du marché se heurte à des plafonds légaux ainsi qu’à des obligations d’information des locataires et de relogement.
Locations de courte durée : encadrées mais possibles
Mountain View a adopté dès 2018 une ordonnance spécifique sur les locations de courte durée (type Airbnb). Tout propriétaire souhaitant louer un logement ou une unité accessoire pour des séjours de 30 jours ou moins doit s’enregistrer auprès de la ville, obtenir une licence d’activité (avec le bon code d’activité), remplir un formulaire de certification, puis déposer une demande de location de courte durée sur le portail dédié.
La ville prélève une taxe de séjour de 10% sur les revenus des locations. Bien que certaines plateformes la collectent, la responsabilité finale et l’obligation de dépôt des déclarations trimestrielles incombent à l’hôte.
Les règles distinguent les locations « hostées » (propriétaire ou locataire présent sur place) des locations « non hostées ». Pour ces dernières, la durée annuelle est limitée à 60 jours par an, avec obligation de fournir un contact local disponible en moins d’une heure en cas de problème. Les événements type mariages ou grandes réceptions sont explicitement interdits dans ces logements. Le nombre d’occupants est plafonné à 10 personnes.
Ce cadre rend les locations de courte durée faisables mais loin d’être un Eldorado incontrôlé. Pour un investisseur, il s’agit davantage d’un complément de stratégie, par exemple pour une résidence principale ou un bien partiellement occupé, que d’un modèle de rendement massif pur Airbnb.
Quartiers et micro‑marchés : où investir à Mountain View ?
Mountain View est une mosaïque de quartiers très différenciés en termes de prix, de style urbain, de qualité d’écoles et de clientèle cible. Pour un investisseur, l’enjeu est de faire coïncider stratégie et localisation.
Centre-ville et Castro Street : densité et liquidité maximales
Le centre se structure autour de Castro Street, avec restaurants, cafés, commerces, théâtre et une offre culturelle dense. Downtown Mountain View combine une excellente accessibilité (Caltrain, VTA, navettes locales) et une forte attractivité pour les cadres qui veulent vivre sans voiture ou presque.
Les logements y sont en majorité des appartements et condos, parfois dans des complexes récents avec piscine, salle de sport et espaces communs. Les loyers y atteignent des sommets : dans certains sous‑quartiers comme Old Mountain View ou San Antonio – Rengstorff – del Medio, le loyer médian d’un une‑chambre dépasse fréquemment 3 700 à 4 000 dollars. La demande locative y est structurellement forte, avec un turn‑over rapide.
Pour un investisseur, ces secteurs offrent une très bonne liquidité à la revente et une vacance quasi nulle, mais les rendements restent compressés par le niveau de prix d’acquisition.
Quartiers résidentiels haut de gamme : Blossom Valley, Miramonte/Springer, Cuesta Park
Des quartiers comme Blossom Valley, Miramonte‑Springer ou Cuesta Park concentrent de grandes maisons individuelles, de généreux terrains, une forte densité d’espaces verts et des écoles très bien notées. Blossom Valley, par exemple, affiche un prix moyen de l’ordre de 3,5 à 3,8 M$ pour une maison, avec des annonces souvent entre 2,9 et 5,7 M$. Ce sont des secteurs de « executive living » où le pourcentage de cadres supérieurs et de professions très bien rémunérées est exceptionnellement élevé.
Ces quartiers attirent principalement des acheteurs occupants. Pour un investisseur locatif pur, l’attrait est limité, sauf dans le cadre d’une stratégie à très long terme ou pour un patrimoine familial. Bien qu’une demande locative existe, les niveaux de loyer et le budget global y rendent le rendement brut particulièrement faible.
Monta Loma, Shoreline West, Castro City : mix locatif très recherché
Des quartiers comme Monta Loma, Shoreline West ou Castro City constituent des zones particulièrement appréciées des locataires. Monta Loma, par exemple, est connu pour ses maisons mid‑century de style Eichler, très prisées des amateurs d’architecture. Shoreline West offre un mélange de ranchs, petits immeubles et appartements à proximité des parcs littoraux. Castro City combine un tissu de maisons modestes et de petites copropriétés avec une excellente accessibilité.
Ces secteurs proposent des loyers élevés mais plus accessibles qu’en hyper-centre, avec une clientèle stable de jeunes actifs de la tech recherchant la proximité des campus et des transports. Pour un investissement à long terme, ils offrent un bon compromis entre prix d’achat, niveau de loyer et potentiel de plus-value, malgré un rendement net qui demeure modeste.
East Whisman, North Bayshore : la grande vague des projets Google
East Whisman et North Bayshore représentent des zones de transformation majeure. La ville a autorisé jusqu’à 5 000 nouveaux logements et 2,3 millions de pieds carrés de bureaux à East Whisman, et près de 9 850 unités résidentielles à North Bayshore. Google porte une partie de ces projets à travers des plans d’ensemble, avec plusieurs milliers de logements prévus à long terme (dont environ 15 % de logements abordables).
Une première résidence 100 % abordable d’une centaine de logements a déjà été livrée à North Bayshore, tandis que d’autres projets (Middlefield Park, notamment) ont vu leur calendrier rallongé ou leur montage révisé. Pour l’instant, il s’agit plus de perspectives structurantes que d’opportunités d’investissement direct pour particuliers, mais à horizon 10 à 30 ans, ces zones pourraient devenir de nouveaux pôles résidentiels majeurs, avec un impact sur le marché global.
Coûts de détention : charges, entretien, HOA
Au‑delà des prix d’achat et des impôts fonciers, investir à Mountain View implique des charges de détention élevées.
Les copropriétés et certains lotissements facturent des charges HOA (Homeowners Association) généralement comprises entre 200 et plus de 1 000 dollars par mois. Ces montants incluent souvent l’entretien paysager, la maintenance extérieure, parfois piscine, salle de sport, club house, voire certains services comme les ordures ou une partie des utilités.
Montant annuel recommandé pour la maintenance d’un bien immobilier d’une valeur de 1,8 million de dollars, soit 1% de sa valeur.
Additionnés, ces coûts réduisent sensiblement le cash‑flow locatif si le bien est fortement endetté, et renforcent l’idée que l’investissement à Mountain View est souvent un pari d’appréciation du capital plutôt qu’une machine à revenus immédiats.
Financement : prêts, taux et contraintes pour les investisseurs
Le niveau de prix impose presque systématiquement d’avoir recours à des prêts « jumbo », au‑delà des limites de prêts standards. Les banques exigent alors généralement 20 à 30 % d’apport personnel, un excellent score de crédit (souvent 700–740 et plus) et des ratios d’endettement serrés.
Pour un prêt de 320 000 $ sur 30 ans, un taux à 6,5 % pour une résidence principale entraîne une mensualité d’environ 2 023 $ et un total d’intérêts dépassant 408 000 $. Pour le même montant en prêt investissement à 7,25 %, la mensualité s’élève à environ 2 183 $ et le total d’intérêts à 465 000 $. Cet écart de taux, généralement de 1 à 2 points, génère une différence de coût totale qui devient considérable sur des montants plus élevés, comme pour un prêt dépassant 1 million de dollars.
Pour contourner certaines contraintes, des investisseurs recourent à des produits plus spécialisés : prêts fondés sur le ratio de couverture du service de la dette (DSCR), prêts de portefeuilles, lignes de crédit sur la valeur nette de la résidence principale, voire prêts privés ou hard money pour des opérations de rénovation rapide. Ces solutions offrent plus de flexibilité mais au prix d’un coût plus élevé ou d’un risque accru. Là encore, l’effet de levier n’a de sens que si l’horizon est suffisamment long et la capacité financière solide.
Perspectives de prix : entre prudence à court terme et optimisme à long terme
Les données de projection et d’historique donnent une image nuancée. À court terme, certaines analyses pointent une légère baisse ou une quasi‑stagnation des prix : un recul d’environ 1,4 % sur un an pour la valeur typique, une stabilité du prix médian autour de 1,7–1,9 M$, et même des prévisions à la baisse pour l’ensemble de la région de la baie (jusqu’à –6 % sur un an selon certaines projections).
C’est la progression projetée des prix de l’immobilier à Mountain View sur les 10 prochaines années selon Walletinvestor.
L’environnement structurel (économie tech très puissante, contraintes foncières, forte demande internationale, revenus élevés) reste de toute façon de nature à soutenir les prix, même en cas de turbulences temporaires dues aux taux d’intérêt ou aux cycles de l’emploi dans la tech.
Comment aborder une stratégie d’investissement à Mountain View ?
Dans un marché aussi exigeant, la clé n’est pas simplement de « trouver une bonne affaire », mais de définir une stratégie claire.
Un investisseur patrimonial, avec horizon de 10 à 20 ans, peut raisonnablement viser l’acquisition d’une copropriété de qualité dans un quartier très liquide, proche des grands employeurs et des transports, même avec un rendement brut initial faible. L’enjeu est alors la sécurité locative, la préservation du capital et l’appréciation future, en acceptant un cash‑flow neutre ou légèrement négatif pendant les premières années.
Pour maximiser le rendement, l’investisseur doit se tourner vers des créneaux spécifiques : l’acquisition de petits immeubles construits avant 1995 et sous contrôle des loyers, mais offrant un potentiel de plus-value par des améliorations graduelles ; le repositionnement de biens sous-gérés ; ou l’exploitation rigoureuse de locations de courte durée. Cette approche nécessite une maîtrise parfaite d’un cadre réglementaire complexe (incluant la CSFRA, la loi AB 1482, les procédures d’expulsion et les obligations de relogement), ce qui impose de s’entourer de conseils juridiques spécialisés.
Enfin, pour des investisseurs moins capitalisés ou réticents à immobiliser plusieurs millions dans un seul actif, une approche indirecte via des véhicules type REIT, des fonds spécialisés dans la région de la baie, ou des opérations de type turnkey en dehors de Mountain View mais adossées à la dynamique économique californienne peut offrir une exposition plus diversifiée, avec un ticket d’entrée moindre.
Conclusion : un marché réservé aux stratégies solides et à la patience
Investir dans l’immobilier à Mountain View, c’est jouer dans la cour des grands. Les prix d’entrée, les coûts de détention et la complexité réglementaire écartent de fait les stratégies opportunistes à court terme. En revanche, pour des investisseurs dotés de capitaux importants, d’une tolérance au risque mesurée et d’un horizon de détention long, ce marché offre un triptyque rare : une demande structurellement forte, une économie locale d’une puissance exceptionnelle et une rareté chronique de l’offre.
La réussite repose sur une préparation minutieuse : analyse des micro-marchés, modélisation complète du cash-flow, maîtrise des règles de contrôle des loyers et des procédures d’expulsion, choix stratégique du financement. Il faut privilégier l’appréciation du capital à long terme plutôt qu’un rendement locatif immédiat.
Dans la Silicon Valley, la patience et la discipline d’investissement restent, plus que jamais, les meilleurs alliés de ceux qui décident de s’exposer à l’immobilier de Mountain View.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel aux États-Unis, et plus particulièrement à Mountain View, Silicon Valley, Californie, pour rechercher du rendement locatif et une exposition en dollars. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Floride, Texas, Tennessee), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison de ville à Mountain View, dans un quartier recherché par les salariés de la tech (proximité des sièges de grandes entreprises), combinant rendement locatif brut cible de 6–7 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et fort potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via LLC) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin d’intégrer cet actif californien dans une stratégie patrimoniale globale.
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