Investir dans l’immobilier à Santa Monica : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Santa Monica concentre tout ce que recherchent les investisseurs : rareté foncière, économie solide, cadre de vie exceptionnel et marché immobilier historiquement résilient. Mais derrière la carte postale, le terrain de jeu est complexe, fortement réglementé, très cher et de plus en plus technique, surtout pour l’immobilier commercial. Pour ne pas se brûler les ailes, il faut comprendre finement les chiffres, les quartiers, les règles locales et… la fiscalité spécifique de la ville.

Bon à savoir :

Cet article détaille l’investissement immobilier à Santa Monica, en se concentrant sur le secteur commercial. Il aborde également les liens avec le résidentiel, la location et les enjeux réglementaires locaux.

Un marché porté par la rareté et une économie surpuissante

Santa Monica ne fait que 8,3 km², coincée entre l’océan Pacifique et les quartiers déjà denses de Los Angeles. Impossible d’étendre la ville, alors que la demande, elle, continue de grimper, portée par une économie locale très diversifiée.

La ville est au cœur de « Silicon Beach », l’un des clusters tech les plus dynamiques des États-Unis, avec des dizaines d’entreprises technologiques, de médias et de divertissement. Hulu, Activision Blizzard, Universal Music Group, Lionsgate, Illumination, ou encore Amazon et Sony font partie des grands employeurs du secteur. À cela s’ajoutent le tourisme, la santé (UCLA Health, St John’s Hospital), les agences créatives, et un secteur éducatif solide avec, notamment, Santa Monica College.

Attention :

La combinaison des secteurs de la tech, des loisirs, du tourisme, de la santé et de l’enseignement génère une demande constante pour les bureaux, commerces, logements et hôtels, assurant la stabilité du marché. Cette résilience a été confirmée même pendant la période Covid, avec un ralentissement temporaire suivi d’un rebond, particulièrement marqué pour les maisons individuelles avec espace extérieur.

Hausse des valeurs et solidité de long terme

En résidentiel, sur dix ans, les prix ont plus que doublé, avec une appréciation cumulée d’environ 108,8 % et un taux annuel moyen de 7,64 %. L’un des derniers chiffres de valeur médiane (selon diverses sources) tourne autour de 1,6 à 1,8 million de dollars pour une maison typique, avec un prix au mètre carré (ou plutôt au square foot) médian autour de 1 120 à 1 200 dollars.

Même si les dernières années ont vu quelques corrections (certains indicateurs parlent de –2 à –5 % sur douze mois à certains moments), la tendance à long terme reste clairement haussière, avec des prévisions de croissance modérée, de l’ordre de 2 à 5 % par an, dans un contexte de forte concurrence pour un foncier limité.

L’immobilier commercial : un marché profond, mais sélectif

Pour un investisseur, l’une des forces de Santa Monica est l’épaisseur de son marché commercial. Les plateformes spécialisées recensent de l’ordre de 166 à près de 190 biens commerciaux à vendre, avec environ 480 espaces disponibles à la location. Sur certaines recherches, on trouve jusqu’à 256 annonces mixant vente et location, preuve d’un marché très actif.

Exemple :

Le marché immobilier commercial comprend une large gamme de biens, allant des typologies traditionnelles comme les bureaux, les commerces, les entrepôts, les hôtels et les immeubles multifamiliaux, à des actifs plus spécialisés tels que les espaces de coworking, les terrains commerciaux, les studios d’artistes, les galeries, les kiosques de vente ou encore les espaces de hangar dans les aéroports.

Quelques repères chiffrés

Le marché commercial se caractérise par :

Indicateur cléValeur indicative
Prix moyen au sq ft (commercial)~883 $
Surface moyenne des annonces14 776 sq ft
Plus grande surface disponible100 700 sq ft
Cap rate moyen (commercial Santa Monica)~4,72 %
Nombre d’annonces en vente (selon sources)166 à 189
Biens en location (commercial)~480

Ce cap rate moyen d’environ 4,72 % illustre immédiatement la philosophie du marché : on est davantage sur un actif de préservation du capital et de création de valeur patrimoniale à long terme que sur un « cash cow » à haut rendement. Les investisseurs qui cherchent du 7–8 % net devront regarder ailleurs ; ceux qui visent la sécurité, l’emplacement et la rareté trouvent ici un terrain de jeu cohérent.

Les grandes familles de biens commerciaux disponibles

L’offre commerciale à Santa Monica est foisonnante, mais très segmentée. On y trouve notamment :

– Des immeubles de bureaux classiques, allant de petits plateaux de 450–1 000 sq ft à des ensembles de plus de 30 000 sq ft.

– Des commerces de pied d’immeuble, avec une concentration sur les artères stratégiques (3rd Street Promenade, Santa Monica Boulevard, Main Street, Wilshire, Pico, etc.).

– Des espaces industriels ou « creative office » y compris vers l’aéroport ou sur certaines avenues (Colorado, Cloverfield, Euclid).

– Des hôtels, immeubles d’appartements et ensembles multifamiliaux, souvent prisés pour leur stabilité locative.

– Des espaces flexibles type coworking, bureaux partagés, studios d’art, kiosques sur le Pier, etc.

Exemples de biens disponibles

Un aperçu non exhaustif de la diversité des biens proposés, avec leurs usages typiques et les conditions associées à leur location ou leur vente.

Appartements meublés

Loués pour de courtes ou longues durées, souvent avec un équipement complet et des services inclus (internet, ménage).

Maisons individuelles

Disponibles à la location saisonnière ou à l’année, et à l’achat. Certaines incluent jardins ou piscines.

Locaux commerciaux

Bureaux, boutiques ou entrepôts à louer ou à vendre, avec des surfaces et des aménagements variables.

Parkings et box

Places de stationnement ou boxes sécurisés en location, souvent en complément d’un logement ou de manière indépendante.

Terrains constructibles

Biens de prestige

Propriétés exceptionnelles (châteaux, manoirs, villas de luxe) à la vente ou à la location pour des événements.

Exemples de bureaux et commerces

Adresse / QuartierTypeTaille (sq ft)Conditions (ordre de grandeur)
1617 Broadway (Mid-City)Bureaux à vendre16 236Également 7 espaces à louer (811–4 197)
2224 Main St (Ocean Park)Bureaux à vendre16 188Prix demandé : 10 395 000 $
3221 Pico Blvd (Pico)Commerce à vendre2 250Prix demandé : 2 195 000 $
2221 20th St (Sunset Park)« Autre » à vendre7 0861 675 000 $ (bâti en 1970)
201 Santa Monica Blvd (Downtown)Bureaux à louer3 8076,15 $/sq ft/mois
1330 4th Street (Downtown)Commerce à louer7 3632,95 $/sq ft/mois
402 Santa Monica Blvd (Downtown)Commerce à louer15 430 & 17 5004,15 $/sq ft/mois
902 Colorado Ave (Mid-City)Industriel à louer2 1673,15 $/sq ft/mois
1650 Euclid St (Pico)Bureaux à louer990–14 5675,45 $/sq ft/mois
2730 Wilshire Blvd (Mid-City)Bureaux à louer502–10 2095,50 $/sq ft/mois
401 Wilshire Blvd (Wilshire-Montana)Bureaux à louer1 044–17 8726,15–6,65 $/sq ft/mois
2444 Wilshire Blvd (Mid-City)Bureaux à louer800–2 1072,75–3,25 $/sq ft/mois

Les valeurs locatives varient fortement selon l’emplacement, la qualité de l’immeuble, la vue, le standing et le type de bail (brut, net, triple net, etc.). Mais pour un investisseur, ces chiffres permettent d’esquisser des scénarios de revenus et de comparer différentes stratégies.

Espaces flexibles et coworking

Santa Monica est également un terrain de jeu majeur pour les espaces flexibles, très prisés par les startups, freelances et petites équipes tech.

Opérateur / LieuType d’espacePrix d’entréeCapacité indicative
WeWork – 312 Arizona AveBureaux privésÀ partir de 990 $/mois1 à 100 personnes
Spaces Santa MonicaBureaux privésÀ partir de 809 $/mois1 à 15 personnes
Spaces Water GardenBureaux privésÀ partir de 44 691 $/mois1 à 120 personnes
BLANKSPACES – Santa Monica Main StBureaux / desksÀ partir de 30 $/jourJusqu’à 20 personnes

Ces espaces offrent une autre voie d’investissement : soit en possédant l’immeuble loué à un opérateur de coworking, soit en opérant soi-même ce type de concept, à condition d’avoir l’expertise et une compréhension fine de la demande locale.

Les opportunités liées aux biens détenus par la Ville

Particularité importante : la Ville de Santa Monica détient un parc non négligeable de biens commerciaux – commerces, restaurants, parkings de surface, espaces culturels – principalement au centre-ville et autour du front de mer (Downtown, Pier et plage).

Plusieurs opportunités existent :

Bon à savoir :

Plusieurs types d’espaces sont disponibles à la location à Santa Monica. À l’aéroport, des hangars, bureaux et studios d’artistes se louent via l’Airport Property Management. Le Bergamot Station Arts Center propose une galerie culturelle de 2 300 pieds carrés. Des kiosques et emplacements pour vendeurs sont aussi disponibles sur le Santa Monica Pier. Enfin, des espaces sont ouverts aux agriculteurs, vendeurs et artistes sur les quatre marchés fermiers (Farmers Markets) de la ville.

Un cas très emblématique pour un investisseur commercial : la Ville propose un espace de 4 112 sq ft sur le Pier (256 SM Pier), destiné à une activité « visitor-serving » – autrement dit tournée vers les visiteurs, typiquement restauration, retail à forte valeur touristique, loisirs. C’est une opportunité rare, au cœur d’un flux piéton massif, mais qui nécessite un projet solide, conforme à la vision de la Ville et validé via un processus de sélection.

1.64

Superficie en acres du terrain excédentaire mis en vente par la Ville au 1632–1636 5th Street.

Enfin, trois sites ont fait l’objet d’une notification officielle (NOA) pour le développement de logements abordables : 1333 4th/1324 5th Street, 1234 4th Street et 2525 Michigan Avenue. Là, l’investisseur est plus un opérateur/partenaire d’un programme social que dans une logique purement spéculative, mais ces projets bénéficient souvent de financements et d’incitations spécifiques.

Les investisseurs intéressés peuvent s’inscrire sur la plateforme ProcureNow de la Ville pour être alertés sur les futurs appels d’offres, ou contacter le service de développement économique (econdev@santamonica.gov, +1 310 458 8906) pour des informations plus larges sur les opportunités publiques.

Quartiers commerciaux stratégiques : où investir ?

Santa Monica fonctionne comme un patchwork de micro-marchés. En immobilier commercial, certains secteurs se distinguent particulièrement.

Downtown Santa Monica et 3rd Street Promenade

C’est le cœur urbain : bureaux, commerces, restauration, loisirs, proximité immédiate du Pier et de l’Expo Line vers Downtown Los Angeles. On y trouve des surfaces de bureaux dès 700–800 sq ft jusqu’à des plateaux de plus de 20 000 sq ft (par exemple au 302 Colorado Ave, avec des espaces de 20 287 et 27 242 sq ft, ou au 520 Broadway).

Côté retail, 3rd Street Promenade et Santa Monica Place restent des emplacements de premier plan, même si la vacance y est devenue plus visible : environ un quart des vitrines étaient vides à certaines périodes récentes. La Ville a d’ailleurs assoupli de nombreuses règles pour encourager l’arrivée de nouveaux concepts : plus de flexibilité sur les usages, sur la taille des cellulles, sur les enseignes, réduction des exigences de parking (plus de minimum de stationnement dans cette zone), procédures plus légères pour les restaurants servant de l’alcool, etc.

Astuce :

Pour investir dans une rue commerçante en repositionnement, anticipez que les loyers demeurent élevés. Pour attirer des locataires solides, les propriétaires doivent souvent accepter des concessions telles que des périodes de franchise (loyer réduit ou nul au démarrage), des contributions financières aux travaux d’aménagement, ou des clauses de bail plus flexibles. Intégrez ces éléments dans votre stratégie de négociation.

Wilshire-Montana et Montana Avenue

Ce secteur mêle résidentiel de standing (notamment le quartier Wilshire-Montana et le zip 90403) et un tissu de commerces de proximité haut de gamme : cafés, boutiques, services. Les bureaux sur Wilshire Boulevard (par exemple le 401 ou le 201 Wilshire) s’adressent à une clientèle de professionnels, cabinets, sociétés de services, avec des loyers qui peuvent dépasser 6 $/sq ft par mois pour des surfaces bien placées.

À Montana Avenue, les rez-de-chaussée commerciaux profitent d’une clientèle locale aisée et très fidèle, avec une forte fréquentation piétonne. C’est plus un marché de pérennité que de rendement spectaculaire, mais la vacance y est généralement moindre que dans les zones purement touristiques.

Main Street, Ocean Park, Sunset Park, Pico

Main Street, à Ocean Park, propose un mélange de boutiques indépendantes, cafés branchés, studios de yoga, coworking et petits bureaux créatifs. Les valeurs locatives y sont élevées, mais inférieures aux emplacements prime du centre, avec parfois une meilleure stabilité des locataires.

Bon à savoir :

Dans les quartiers de Pico, Mid-City et Sunset Park, l’immobilier commercial se caractérise par un mélange de commerces de services (restauration locale, distribution de proximité), d’espaces industriels légers et de bureaux créatifs. Cette diversité est illustrée par des biens comme 3221 Pico Blvd (commerce à vendre), 2925 Santa Monica Blvd (local commercial) et 902 Colorado (industriel à louer). Ces quartiers offrent également certains des prix d’entrée les plus accessibles pour un investisseur individuel.

Aéroport et zones industrielles

Autour de l’aéroport et dans certains secteurs de Mid-City, on trouve encore des espaces industriels et de stockage, parfois convertis en bureaux créatifs ou en studios. La demande pour ce type d’espace est forte : logistique du « dernier kilomètre », studios de production, labs, etc. Les taux de vacance sont faibles, et les loyers ont tendance à se maintenir, soutenus par une offre limitée en plein Westside.

Réglementation : un environnement dense qu’il faut maîtriser

Impossible d’aborder l’investissement à Santa Monica sans parler de réglementation. La ville est connue pour avoir l’un des cadres les plus stricts du pays :

Zoning très détaillé, avec de nombreux districts de base (résidentiels, mixtes, commerciaux, emploi, Bergamot, Downtown, front de mer, etc.) et des overlay districts (parking, conservation de quartier, plage, modéré de revenus, etc.).

Normes d’urbanisme précises : hauteur, emprise au sol, densité, stationnement, espaces paysagers, design architectural, contribution culturelle (Private Developer Cultural Arts Requirement), etc.

– Règles complexes sur les usages autorisés, conditionnels ou prohibés dans chaque zone.

– Processus d’Architectural Review pour de nombreux projets, avec exigences en matière d’intégration urbaine et de qualité architecturale.

– Programmes de développement spécifiques, comme l’Adaptive Reuse pour transformer certains bâtiments en logements, ou les programmes d’outdoor dining et parklets pour soutenir l’activité commerciale.

Pour un investisseur commercial, cela signifie deux choses : la difficulté de développer du neuf (ce qui soutient la valeur des biens existants), mais aussi la nécessité de s’entourer de professionnels (architectes, urbanistes, avocats spécialisés, courtiers locaux) pour monter un projet conforme, et éviter des retards coûteux.

Rent control, SB 9, ADU : impact sur les immeubles revenus

Même si le cœur de cet article porte sur le commercial, beaucoup d’investisseurs opèrent sur des immeubles mixtes ou multifamiliaux, qui sont fortement impactés par :

Bon à savoir :

La réglementation locative de San Francisco est l’une des plus strictes des États-Unis, plafonnant les augmentations de loyer pour les logements construits avant 1979 (ex: 2,8% en 2023). Des lois californiennes spécifiques s’appliquent, comme le Ellis Act qui encadre les sorties du marché locatif et impose un délai de cinq ans avant de relouer, ainsi que des lois facilitant la construction d’unités secondaires (ADU) pour densifier les lots. La loi SB 9 permet, sous conditions strictes (pas d’historique locatif récent, pas d’éviction, contraintes de stationnement), de subdiviser des parcelles et de construire des duplex dans certaines zones résidentielles.

Ces éléments pèsent sur le potentiel de revalorisation des loyers dans les immeubles anciens, mais renforcent aussi l’intérêt des constructions plus récentes, souvent exemptes de rent control, et des emplacements où des ADU ou subdivisions sont possibles.

Fiscalité locale : propriétés chères, taxes élevées, mansion tax

Côté fiscalité, Santa Monica n’est pas une ville « légère ». Entre les taxes foncières et la taxe sur les mutations (transfer tax), le coût réel pour un investisseur est significatif.

Taxes foncières : un poids structurel à intégrer

La médiane du taux effectif de taxe foncière à Santa Monica est d’environ 1,22 %, légèrement supérieure à la moyenne californienne (1,21 %) et au-dessus de la moyenne nationale (1,02 %). La valeur médiane de maison retenue dans une des études est d’environ 884 564 $, avec un impôt foncier médian autour de 10 460 $ par an – soit plus de quatre fois la médiane nationale.

Par code postal, les différences sont nettes :

ZIPTaux effectif médianValeur médianeTaxe annuelle médiane
904011,24 %776 869 $9 653 $
904021,21 %1 823 781 $20 829 $
904031,23 %865 601 $10 717 $
904041,25 %685 815 $8 496 $
904051,24 %830 663 $10 321 $

Pour l’investisseur, ces montants amputent naturellement le cash-flow. La bonne nouvelle : en vertu de la Proposition 13, la valeur fiscale est plafonnée en progression (2 % par an au maximum), et reste souvent inférieure à la valeur de marché, d’autant qu’il existe diverses exonérations (résidents âgés, résidence principale, etc.). La Ville ne conserve qu’environ 14 % de la taxe foncière perçue, le reste alimentant le comté et d’autres organismes.

Measure GS : la « mansion tax » qui change le jeu au-dessus de 8 M$

Depuis le 1er mars 2023, Santa Monica applique une nouvelle couche de taxe de mutation municipale, votée par référendum (Measure GS), destinée à financer la prévention de l’itinérance, le logement abordable et les écoles publiques.

Le barème est progressif :

Tranche de prix (valeur de cession)Taux ville (par 1 000 $)Taux ville (%)
Moins de 5 M$3 $0,3 %
De 5 M$ à 7 999 999,99 $6 $0,6 %
À partir de 8 M$56 $5,6 %

À cela s’ajoutent la taxe d’État (1,10 $/1 000 $) et la taxe de comté (0,55 $/500 $). Concrètement, la note explose au-dessus de 8 M$ : un bien vendu 8 millions de dollars engendre environ 448 000 $ de taxe municipale, contre environ 48 000 $ si le prix reste une fraction en dessous (7,999 M$), soit près de 400 000 $ de différence.

Les effets ont été immédiats :

53

Les ventes résidentielles de luxe (plus de 8 M$) ont chuté de 53 % sur un an.

Pour un investisseur commercial, cette mesure a un impact majeur sur :

Les sorties (revente de l’actif au-dessus de 8 M$).

– La structure des deals (clause de partage de la taxe avec l’acheteur, négociation du prix, éventuellement fractionnement d’actifs).

– L’arbitrage géographique (certains développeurs préférant désormais des villes voisines sans taxe aussi lourde sur les grosses transactions).

Des tentatives d’exemption partielle, notamment pour les immeubles multifamiliaux, ont été discutées politiquement, mais n’ont pas (à la date des données) abouti. Certaines opérations de logement abordable portées par des organismes à but non lucratif ou des community land trusts peuvent en revanche bénéficier d’exonérations partielles des tranches 2 et 3, sous conditions et via un processus de certification.

Rentabilité, financement et gestion : ce qu’un investisseur doit vérifier

Avec un prix moyen au sq ft autour de 883 $ et des cap rates dans la fourchette 3–5 % (4,72 % en moyenne pour le commercial), la clé à Santa Monica n’est pas de faire exploser le cash-flow dès l’année 1. Le jeu se joue sur :

– La stabilité du revenu (baux commerciaux longs, locataires solides).

– L’indexation des loyers (inflation, clauses d’augmentation fixe).

– La valorisation à long terme (appréciation foncière, repositionnement, restructuration).

– L’optimisation fiscale (amortissements, déductions de charges, étalement de la plus-value, 1031 exchange aux États-Unis si applicable pour les investisseurs américains, etc.).

Financement : banques, SBA, prêts commerciaux

Pour les immeubles de rapport et biens commerciaux, les banques se focalisent d’abord sur les flux générés par le bien (revenus locatifs effectifs et prévisionnels). Les types de financement courants incluent :

Options de financement immobilier

Différentes solutions pour financer l’acquisition ou le développement de biens immobiliers professionnels.

Prêts bancaires classiques

Prêts commerciaux standards proposés par les banques pour des projets immobiliers.

Prêts SBA

Prêts garantis par l’Administration des petites entreprises pour les entreprises qui occupent une partie des locaux.

Hypothèques commerciales

Prêts hypothécaires spécifiques auprès d’institutions financières spécialisées dans l’immobilier.

Financement privé

Investissements provenant d’investisseurs privés, de club deals ou de plateformes de crowdfunding immobilier.

À des taux d’intérêt autour de 6,7 % (ordre de grandeur en 2025), la charge d’intérêt est lourde, surtout sur des actifs peu rentables en taux net. D’où l’importance d’apporter un apport conséquent (souvent 30–40 % en commercial), et de modéliser soigneusement la dernière ligne de compte.

Gestion locative et frais

Les frais de gestion pour les biens commerciaux se situent généralement entre 5 et 10 % des loyers encaissés. Pour du résidentiel locatif, certaines sources mentionnent 8–10 %. Certaines sociétés – comme Muselli Commercial Realtors, RPM Real Estate Services, Lotus Properties, ou encore des groupes spécialisés en gestion de centres commerciaux ou de portefeuilles multifamiliaux – opèrent à Santa Monica et sur l’ensemble du Westside.

À cela s’ajoutent :

Taxes foncières (1,22 % environ de la valeur),

Assurance (souvent en hausse, notamment pour les risques incendie et climatiques),

– Entretien et réparations (aggravés par la corrosion saline en bord de mer),

Frais de conformité (mise aux normes sismiques, sécurité incendie, accessibilité, etc.),

– Honoraires juridiques et comptables.

Dans de nombreux baux commerciaux triple net (NNN), une partie significative de ces charges est refacturée aux locataires (taxes, assurance, entretien). Mais pour les petites surfaces, ou selon les usages, le propriétaire peut en conserver une partie.

Stratégies d’investissement : du core au value-add

Sur un marché aussi cher et encadré, toutes les stratégies ne se valent pas. Plusieurs approches ressortent :

Attention :

Quatre stratégies distinctes sont présentées : la stratégie « core » pour des actifs sûrs à faible rendement, la stratégie « value-add » pour la rénovation et le repositionnement d’actifs sous-performants, la stratégie « opportuniste » pour le développement avec un risque plus élevé, et une stratégie mixte résidentiel/commercial nécessitant une attention particulière sur la réglementation des loyers.

Le choix dépendra du profil de risque de l’investisseur, de son horizon de temps, de ses compétences (gestion de projet, relation avec la municipalité, marketing commercial, etc.) et de sa capacité à absorber les chocs réglementaires ou fiscaux (comme Measure GS).

Se constituer une équipe locale : indispensable

À Santa Monica, la différence se joue souvent sur les détails : comprendre quel usage est autorisé par le zoning, anticiper les critères de l’Architectural Review, négocier avec la Ville pour un bail sur un bien public, structurer un bail NNN performant, ou monter un dossier pour une galerie à Bergamot Station.

Les acteurs suivants sont presque incontournables :

Intervenants clés pour un investissement à Santa Monica

Pour réussir un investissement immobilier commercial à Santa Monica, il est essentiel de s’entourer d’une équipe d’experts locaux. Voici les quatre professionnels indispensables.

Courtier commercial local

Expert des loyers réels, des propriétaires institutionnels et des transactions off-market. Exemples : Muselli Commercial Realtors ou RPM Real Estate Services.

Avocat spécialisé en droit immobilier

Connaît le droit californien et les règlements locaux de Santa Monica (rent control, Ellis Act, Measure GS, zonage).

Architecte/Urbaniste local

Habitué à travailler avec le City Planning, les plans locaux (LUCE, Local Coastal Program) et les différentes divisions de la ville.

Gestionnaire d’actifs (Property Manager)

Indispensable si l’investisseur ne souhaite pas gérer l’immobilier en direct.

Conclusion : un marché exigeant, mais rare et profond

Investir dans l’immobilier à Santa Monica – et en particulier dans l’immobilier commercial – n’a rien d’un placement passif. Entre les prix stratosphériques, la fiscalité lourde (notamment au-dessus de 8 millions), les réglementations d’urbanisme, le rent control et les exigences architecturales, le ticket d’entrée intellectuel et financier est élevé.

Mais, en contrepartie, la ville offre :

Bon à savoir :

La région bénéficie d’un socle économique puissant (Silicon Beach, tourisme, santé, éducation), d’une attractivité mondiale et d’une image de marque exceptionnelle. Le marché est caractérisé par une rareté chronique du foncier, soutenue par des règles d’urbanisme protectrices, mais offre une profondeur de marché avec des centaines d’actifs commerciaux disponibles. Des opportunités uniques existent via les biens détenus par la Ville (Pier, aéroport, Bergamot, terrains excédentaires).

Pour un investisseur patient, bien entouré, avec une vision de long terme, Santa Monica reste l’un des marchés les plus intéressants de la côte ouest pour un portefeuille « blue chip » en immobilier. L’enjeu n’est pas de trouver un « coup » facile, mais de bâtir une stratégie cohérente, alignée sur les fondamentaux durables de la ville : rareté, qualité, réglementation… et océan à deux pas.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie à Santa Monica, Californie
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel aux États-Unis pour obtenir un rendement locatif en dollars et une exposition à un marché premium de la côte ouest. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Los Angeles, San Diego, Orange County), la stratégie retenue a consisté à cibler un condo ou petite maison à Santa Monica, à forte demande locative (proximité plage, tech, universités), combinant rendement locatif brut réaliste de 4–5 % et fort potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuelle rénovation légère) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du quartier (Downtown, Ocean Park, etc.), mise en relation avec un réseau local (agent, avocat, fiscaliste), choix de la structure (achat en direct ou via LLC) et planification d’une stratégie de diversification progressive.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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