Investir dans l’immobilier à Cambridge : mode d’emploi d’un marché premium

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Investir dans l’immobilier à Cambridge, c’est miser sur l’un des marchés résidentiels les plus chers et les plus sophistiqués du Royaume‑Uni. La ville cumule tous les ingrédients d’un marché “knowledge economy” : deux universités de rang mondial, un cluster technologique surnommé “Silicon Fen”, un campus biomédical parmi les plus importants d’Europe, une création d’emplois soutenue et une pénurie chronique de logements. Résultat : des prix très élevés, des rendements locatifs comprimés, mais une trajectoire de valorisation à long terme difficile à ignorer.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète du marché immobilier parisien, incluant ses chiffres clés, la situation par quartiers, les rendements potentiels et les principaux risques, en s’appuyant sur les données les plus récentes disponibles jusqu’au début de l’année 2026.

Sommaire de l'article masquer

Un marché fondé sur la connaissance et l’emploi hautement qualifié

Cambridge n’est pas une ville moyenne qui surf sur un cycle immobilier passager. C’est un écosystème économique structuré autour du savoir et de l’innovation, qui tire la demande immobilière bien au‑delà de la moyenne britannique.

17,6

Hausse de la population entre 2011 et 2021, la plus forte de la région East of England.

Près de 76,3 % de la population active occupe un poste de niveau “professional”, contre 53,3 % au niveau national. Autrement dit, Cambridge concentre les catégories socio‑professionnelles les mieux rémunérées, celles qui alimentent la capacité à payer des loyers élevés ou à acheter cher.

Attention :

La demande est portée par des acteurs majeurs : l’Université de Cambridge, Anglia Ruskin University, le cluster high-tech ‘Silicon Fen’ (plus de 5 000 entreprises), des géants comme AstraZeneca, ARM, Microsoft, Apple, Amazon, Google, et le Cambridge Biomedical Campus, pôle médical européen majeur. Le secteur tech emploie directement plus de 65 000 personnes avec une croissance annuelle de l’emploi estimée à 5 %.

À cette base économique robuste s’ajoute un facteur structurel : le Royaume‑Uni construit environ 210 000 logements par an, quand les besoins sont évalués autour de 300 000. À Cambridge, la production de nouveaux logements reste systématiquement inférieure aux objectifs. La pression sur l’offre est renforcée par les contraintes de planification, la protection de la green belt et des limitations d’infrastructure. Dans ce contexte, investir à Cambridge revient clairement à acheter de la rareté.

Niveaux de prix à Cambridge : le coût du “premium”

Les chiffres confirment cette dimension haut de gamme. L’Office for National Statistics et le Land Registry convergent sur un ordre de grandeur : l’acheteur type se situe autour de 495 000 à 507 000 £ pour une propriété à Cambridge fin 2025.

Un indicateur issu d’une mise à jour de janvier 2026 situe le prix moyen des ventes à 495 517 £. Ce niveau est environ 70 % au‑dessus de la moyenne anglaise (291 515 £) et 46 % au‑dessus de la moyenne de l’Est de l’Angleterre (340 037 £). Une autre série, basée sur les prix de mars 2025, monte même jusqu’à 507 000 £ pour la ville.

Exemple :

Le marché immobilier de Cambridge, avec des prix médians avoisinant les 430 000 £, est nettement plus cher que celui d’autres villes universitaires comme Oxford (environ 479 000 £) ou Durham (entre 180 000 et 200 000 £). Cette position le place parmi les marchés résidentiels les plus chers du pays, juste derrière Londres et à un niveau comparable à des marchés de niche comme certaines zones du Surrey ou du sud-est de l’Angleterre.

Prix par type de bien : le grand écart

Les moyennes globales masquent des écarts très marqués selon le type de bien. Les dernières données consolidées pour l’automne 2025 donnent l’image suivante.

Type de bienPrix moyen Cambridge (approx.)Commentaire
Maison individuelle1 009 000 – 1 017 000 £+115 % vs moyenne anglaise, forte progression annuelle
Maison jumelée (semi)~627 000 – 634 000 £+116 % vs moyenne anglaise
Maison en bande (terraced)~512 000 – 519 000 £+110 %, plus forte hausse annuelle (≈ +8,2 %)
Appartement / maisonnette316 000 – 331 000 £+44 % vs Angleterre, croissance plus modérée

Le ticket d’entrée pour une maison individuelle dépasse donc fréquemment le million de livres. Pour une maison en bande, on tourne autour d’un demi‑million. Les appartements restent plus “accessibles” en valeur absolue, mais à un niveau qui reste très élevé par rapport aux revenus locaux.

Une histoire de croissance à long terme… avec des corrections

L’attractivité de Cambridge se lit dans la trajectoire des prix sur plusieurs décennies. Si l’on prend comme référence un prix moyen actuel autour de 495 500 £, la croissance cumulée est éloquente :

Période (années)Croissance cumulée estimée
5 ans (2020–2025)+9,5 %
10 ans (2015–2025)+15,9 %
15 ans (2010–2025)+71,6 %
20 ans (2005–2025)+114,2 %
30 ans (1995–2025)+529,6 %

La courbe n’est pas linéaire. Durant la crise financière de 2008, les prix ont chuté de près de 20,7 %, passant d’environ 291 830 £ fin 2007 à 231 276 £ en mars 2009. Il a fallu attendre la fin 2013 pour revenir au niveau d’avant‑crise. Plus récemment, après un boom entre 2020 et 2022 marqué par des hausses à deux chiffres, les prix ont corrigé d’environ 7,2 % entre le pic de novembre 2022 (521 404 £) et septembre 2023 (484 079 £), avant de remonter vers 495 517 £ à l’automne 2025.

Astuce :

Le marché immobilier de Cambridge n’est pas à l’abri des cycles économiques. Les fortes hausses post-pandémie ont été partiellement effacées par la remontée des taux d’intérêt et les difficultés d’accession à la propriété. Cependant, sur le moyen et le long terme, la tendance de fond reste clairement orientée à la hausse, soutenue par des fondamentaux économiques solides.

Les principales maisons d’analystes tablent d’ailleurs sur une croissance annuelle modérée, souvent située entre 2 et 4 % par an jusqu’en 2026, plutôt dans un scénario de normalisation que de bulle.

Affordabilité : un marché réservé aux très hauts revenus

Les niveaux de prix posent un problème majeur d’accessibilité. La médiane des revenus bruts annuels à Cambridge est d’environ 45 800 £, mais le ratio prix/revenu médian grimpe autour de 10,9, avec des variations importantes selon les secteurs postaux.

Les données par code postal donnent un aperçu de cette tension.

Code postalRatio prix/revenu médian estimé
CB2114,6x
CB2213,8x
CB312,5x
CB210,3x
CB510,4x
CB110,0x
CB49,3x
CB249,2x

Dans les secteurs les plus chers comme CB21 ou CB3, il faut donc plus de 14 fois le revenu médian pour acquérir le bien médian. À titre de comparaison, la moyenne anglaise se situe autour de 8,4. Pour financer le prix moyen de la ville, les analyses indiquent qu’un ménage doit souvent dépasser les 100 000 £ de revenus annuels pour acheter de manière “confortable”.

31

Plus de 31 % des foyers britanniques louent dans le secteur privé, une part en hausse par rapport à 2011.

Des quartiers très contrastés : où investir à Cambridge ?

L’un des points forts de Cambridge pour l’investisseur averti, c’est la diversité de ses micro‑marchés. Derrière la moyenne à 500 000 £, chaque code postal raconte une histoire différente en termes de prix, de rendement et de dynamique.

Centre‑ville (CB1, CB2, CB3) : prestige, liquidité, pression des prix

CB1 englobe le centre et le secteur de la gare. C’est ici que les volumes de transactions sont les plus élevés, avec environ 41 ventes par mois, ce qui traduit une bonne liquidité. Les loyers y sont élevés et les rendements bruts tournent autour de 4,3–4,4 %. CB1 concentre les immeubles d’appartements modernes, appréciés des jeunes actifs qui se déplacent en train vers Londres ou les parcs d’affaires.

4.7

Il s’agit du rendement brut moyen, en pourcentage, des codes postaux centraux du secteur CB2 à Cambridge.

CB3, à l’ouest, regroupe les quartiers prisés comme Newnham ou les abords de West Cambridge. Le prix au pied carré y est le plus haut de la région, autour de 577 £/sq ft, avec des maisons qui dépassent fréquemment le million. Le revers : des rendements bruts comprimés, autour de 3,8 %, et une croissance des prix récente plus heurtée, avec une baisse sur un an d’environ 15,9 % dans ce secteur, signe d’un marché très haut de gamme sensible aux retournements.

Nord et est de la ville (CB4, CB5) : accessibilité relative et potentiel de croissance

CB4, au nord, intègre Chesterton et des zones en transformation. L’entrée de gamme y est plus abordable : le prix moyen demandé gravite autour de 425 700 £, avec une rentabilité brute d’environ 4,3 % et des loyers moyens à 1 540 £. Le ratio prix/revenu (9,3x) est plus “raisonnable” à l’échelle de Cambridge. Ce secteur est souvent cité comme un bon compromis pour les investisseurs qui recherchent un équilibre entre prix d’achat, liquidité et rendement.

Secteur CB5 – Est (Abbey et alentours)

Analyse des performances et des caractéristiques du secteur immobilier CB5.

Rendement

Offre des rendements attractifs, autour de 4.2 %.

Volume & Liquidité

Volume de ventes modéré (environ 6 transactions/mois), impliquant une liquidité plus limitée.

Dynamique & Accessibilité

Profite d’une dynamique de régénération et d’une bonne accessibilité au centre-ville.

Couronne de villages (CB21 à CB25) : capitalisation plus que cash‑flow

En périphérie, les codes postaux CB21 à CB25 couvrent des villages comme Fulbourn, Great Shelford, Cambourne, Histon, Cottenham ou Waterbeach. On y trouve souvent des prix d’affichage encore plus élevés que dans certains secteurs centraux, car il s’agit principalement de marchés de propriétaires occupants recherchant de grandes maisons familiales.

Les données montrent par exemple des prix moyens demandés autour de 670 250 £ en CB21 (Fulbourn), 631 936 £ en CB22 (Great Shelford…), et un plancher à 421 622 £ en CB24 (Histon, Cottenham), qui reste le point d’entrée le plus “abordable” en termes de multiples de revenus (9,2x). En revanche, ces secteurs disposent de peu de données locatives fiables : le marché y est largement résidentiel, avec une proportion faible de locations, ce qui limite leur intérêt pour le buy‑to‑let classique, mais pas pour une stratégie purement patrimoniale.

Cambourne (CB23) illustre bien ce positionnement : zone de lotissements récents, elle a mené la croissance à cinq ans avec environ +20,7 %. Histon et Cottenham (CB24) ont enregistré une hausse annuelle de l’ordre de 9,2 % dans certaines séries de données. Ce sont des options à considérer pour des investisseurs visant d’abord la plus‑value à long terme.

Le marché locatif : forte demande, rendements mesurés

Cambridge est unanimement décrite comme un marché de croissance en capital plutôt qu’un marché de cash‑flow. Les rendements y sont inférieurs à ceux que l’on peut trouver dans des villes régionales comme Norwich ou Peterborough, où les rendements bruts oscillent volontiers entre 5 et 7 %.

Les données les plus récentes évaluent le loyer moyen du secteur privé à 1 783 £ par mois en novembre 2025, soit une progression d’environ 2,6 % sur un an. Une autre série de données montre un passage de 1 257 £ en 2020 à 1 645 £ en 2025, soit une hausse d’environ 30 % en cinq ans, ce qui illustre la vigueur du marché locatif malgré un léger “refroidissement” récent.

Détail intéressant, les loyers augmentent très nettement avec la taille du logement.

Taille du logementLoyer mensuel moyen (nov. 2025)
1 chambre~1 240 £
2 chambres~1 592 £
3 chambres~1 878 £
4+ chambres~2 637 £

Par type de bien, les loyers moyens se situent autour de 1 438 £ pour un appartement/maisonnette, 2 320 £ pour une maison individuelle. Ces niveaux reflètent bien la capacité de paiement d’une population à haut revenu, mais ils restent très lourds : le loyer médian absorbe entre 40,3 % et 48,4 % du revenu annuel brut moyen (45 800 £), selon le code postal. En CB2, les loyers représentent ainsi près de la moitié du revenu brut.

Rendements bruts : 3,8 % à 4,7 % selon les zones

Les rendements bruts calculés à partir des loyers et des prix par code postal confirment la nature “capital‑growth” du marché.

Code postalLoyer moyen mensuelRendement brut estimé
CB21 849 £~4,7 %
CB31 830 £~3,8 %
CB11 678 £~4,3–4,4 %
CB51 676 £~4,2 %
CB41 540 £~4,3 %

Difficile donc d’atteindre 5 % de rendement brut sur des biens standards dans la ville, sauf à viser des stratégies plus spécialisées (HMO, colocation, short‑let), qui viennent toutefois avec une complexité réglementaire et opérationnelle plus forte.

Étudiant·e·s et logement : un facteur clé de la demande

La pression étudiante est un élément structurant du marché locatif. Une étude mandatée par Cambridge City Council et Oxford City Council pour l’année universitaire 2015/16 recensait déjà 49 426 étudiants dans la ville, dont 36 712 à temps plein. Environ 46 132 d’entre eux avaient besoin d’un logement.

Près de 22 410 étudiants étaient logés en résidences dédiées (PBSA – Purpose‑Built Student Accommodation), tandis que plus de 9 000 vivaient en colocation dans des maisons du parc privé. L’Université de Cambridge logeait 91 % de ses undergraduates et 55 % de ses postgraduates en logement universitaire ou de collège, contre seulement 11 % et 15 % pour Anglia Ruskin. Rien que cette dernière occupait plus de 1 000 maisons partagées pour environ 5 070 étudiants.

1200-1700

Nombre de maisons partagées qui pourraient être libérées pour le marché général si suffisamment de résidences étudiantes étaient construites pour absorber la demande.

Pour les investisseurs, cette réalité signifie deux choses. D’abord, la demande locative étudiante est structurellement forte à proximité des collèges et à distance de vélo des campus. Ensuite, la montée en puissance des résidences étudiantes privées (PBSA) et la volonté des autorités de canaliser les HMO peuvent changer la donne à moyen terme, en rééquilibrant peu à peu le parc entre colocation, résidences dédiées et logements familiaux.

Projets d’infrastructure et de régénération : où se situent les prochains leviers de valeur ?

La dynamique de prix et de loyers ne dépend pas uniquement de l’offre actuelle : elle est aussi portée par les grands projets urbains et de transport.

Cambridge South Station et Cambridge Biomedical Campus

Symbole de cette stratégie, la nouvelle gare Cambridge South, un projet à 200 millions de livres, doit ouvrir avec quatre quais pour desservir le Cambridge Biomedical Campus. Elle offrira des liaisons directes vers London King’s Cross, Brighton, Birmingham et Stansted Airport, et est dimensionnée pour accueillir environ 1,8 million de passagers par an.

Pour les quartiers de Trumpington, Great Shelford (CB22) et, plus largement, le sud de la ville, cette infrastructure devrait renforcer encore l’attrait auprès des professionnels de la santé, des chercheurs et des cadres qui combinent déplacements régionaux et nationaux. Les biens situés dans le rayon de marche ou de vélo de la gare sont bien placés pour bénéficier d’une prime de valeur et d’une demande locative forte.

20000

Plus de 20 000 personnes travaillent déjà sur le campus biomédical, en faisant un aimant pour la demande locative à haute solvabilité.

The Grafton Centre et la reconversion en hub sciences de la vie

Autre signal fort : la reconversion du Grafton Centre en pôle de sciences de la vie. Le projet, validé en 2024, prévoit 47 000 m² de laboratoires et 11 000 m² de commerces conservés, avec des fouilles archéologiques démarrées en 2025. Pour les quartiers alentours (est du centre‑ville, CB1/CB5), cette mutation va accroître encore la concentration d’emplois qualifiés, donc la demande de logements locatifs pour chercheurs, techniciens et cadres des biotech.

North East Cambridge : potentiel à long terme mais incertitudes de court terme

Le vaste projet de régénération de North East Cambridge, qui devait accueillir 8 500 logements, illustre les tensions sur la planification. Le retrait de financements du Housing Infrastructure Fund en 2025 a mis le schéma à l’arrêt, dans l’attente de solutions sur la capacité en eau et le financement. Les conclusions sur ces points ne sont pas attendues avant 2026.

Bon à savoir :

Pour les investisseurs, l’absence de hausses significatives de l’offre à court terme dans cette zone maintient paradoxalement la pression sur le parc existant. Les secteurs déjà bien desservis du nord, notamment le long de l’A14 améliorée et autour de la gare de Waterbeach, constituent des cibles intéressantes pour une valorisation à moyen terme.

Régénérations locales : l’exemple du nord de Cambridge

Au‑delà des grands axes, la ville investit aussi dans ses quartiers. Un plan de 80 millions de livres annoncé en 2025 vise la régénération de secteurs comme Arbury Court et Kingsway, avec plus de 400 nouveaux logements (dont 200+ logements sociaux), une refonte des commerces, des espaces verts et des équipements publics.

Ces opérations n’ont pas l’ampleur d’un quartier neuf complet, mais elles améliorent l’attractivité résidentielle, la perception de sécurité et la qualité de vie dans des zones où les prix et les rendements restent plus accessibles qu’en hypercentre. Pour un investisseur patient, suivre ces projets de régénération et anticiper les effets de revalorisation progressive fait partie de la stratégie.

Financement et buy‑to‑let : un environnement en mouvement

La remontée des taux d’intérêt depuis 2022 a fortement reconfiguré la donne pour les investisseurs endettés. En juin 2025, certains emprunteurs rapportaient des taux de l’ordre de 6,8–7 % sur des prêts fixes longue durée, avant que les anticipations de baisse des taux directeurs ne fassent progressivement baisser les offres.

La Banque d’Angleterre a réduit son taux directeur à 4,25 % au printemps 2025, puis à 3,75 % en décembre 2025. Début janvier 2026, les taux moyens de marché pour les particuliers se situaient autour de 4,29 % pour un fixe 2 ans et 4,38 % pour un fixe 5 ans. De nombreux prêteurs sont descendus sous les 4,5 % sur les meilleurs profils, alimentant ce que certains appellent une ‘guerre des taux’ sur les nouveaux dossiers.

Banque d’Angleterre

Pour un bien à 507 000 £ financé avec 20 % d’apport, les mensualités s’alignent facilement autour de 2 600–2 700 £ à des taux proches de 6–7 % ; elles diminuent à mesure que les taux se détendent, mais restent très lourdes face à des loyers moyens autour de 1 700–1 800 £. C’est l’une des raisons pour lesquelles les rendements nets à Cambridge sont maigres une fois intégrés le coût de la dette, la fiscalité et les charges.

40

Le pourcentage d’apport minimum requis pour bénéficier des meilleurs taux sur un prêt immobilier locatif.

Dépôts exigés : l’addition initiale

Les simulations par code postal avec un apport de 30 % donnent une idée du “ticket d’entrée” pour un investisseur locatif.

Code postalDépôt estimé (30 % du prix moyen)
CB24~126 487 £
CB4~127 723 £
CB1~137 194 £
CB23~138 600 £
CB2~141 495 £
CB5~143 028 £
CB25~143 440 £
CB3~171 525 £
CB22~189 581 £
CB21~201 075 £

Pour un investisseur non‑résident, il faut ajouter la surtaxe de 2 % sur les droits de timbre (SDLT) et des critères de crédit plus sévères. La mise de fonds initiale, entre dépôt, droits, frais de dossier, notaire et études, dépasse extrêmement vite les 150 000–200 000 £ sur un bien moyen.

Fiscalité et réglementation : un cadre de plus en plus exigeant

Outre les coûts d’acquisition, la fiscalité britannique pèse fortement sur la rentabilité nette d’un investissement à Cambridge.

Les droits de timbre (SDLT) sur un bien d’investissement incluent une surtaxe de 5 % pour les résidences secondaires et les biens locatifs, après l’augmentation intervenue en 2024 (contre 3 % auparavant). Les non‑résidents acquittent une surtaxe supplémentaire de 2 %. Sur un bien autour de 500 000–600 000 £, la facture de droits de timbre peut donc se compter en dizaines de milliers de livres.

Bon à savoir :

Les revenus locatifs sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu (taux de 20%, 40% ou 45%). Depuis 2020, les intérêts d’emprunt ne sont plus déductibles du revenu ; ils donnent droit à un crédit d’impôt limité au taux de base de 20%. Cette mesure réduit la rentabilité nette pour les investisseurs fortement endettés, surtout ceux soumis aux tranches à 40% ou 45%. C’est pourquoi l’investissement via une société, malgré l’imposition ultérieure des dividendes, est une stratégie de plus en plus adoptée.

Côté plus‑value, la vente d’un bien résidentiel d’investissement déclenche la Capital Gains Tax, avec un abattement modeste (3 000 £ par an) et des taux de 18 % ou 24 % pour les particuliers selon la tranche, sur la partie du gain excédant l’abattement.

Bon à savoir :

Le Renters’ Rights Act, adopté fin 2025, entre en vigueur progressivement à partir de mai 2026. Il supprime les expulsions sans faute (section 21), généralise les baux périodiques et renforce les protections des locataires. De plus, les logements doivent respecter des normes minimales de performance énergétique (MEES), avec un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) au moins de classe E, sauf exemption.

Pour l’investisseur à Cambridge, ces évolutions accentuent un virage déjà engagé : l’immobilier locatif n’est plus une source de cash‑flow facile et peu fiscalisée. Il devient un actif patrimonial, régulé, qui doit être géré comme une petite entreprise.

Stratégies d’investissement : capitalisation ou spécialisation ?

Face à ce tableau, la question n’est pas seulement “faut‑il investir à Cambridge ?”, mais “comment y investir de manière cohérente avec ce marché ?”.

Deux grandes logiques se dégagent.

La première, majoritaire, consiste à accepter des rendements bruts modestes, souvent autour de 3,5–4,5 %, en échange d’une exposition à la valorisation à long terme d’un marché rare, tiré par la science et la technologie. C’est une approche patrimoniale, qui fait sens pour des investisseurs bien capitalisés, capables de mobiliser de gros apports et de supporter des flux de trésorerie serrés dans les premières années.

Astuce :

La seconde stratégie consiste à cibler des niches spécifiques pour améliorer la rentabilité. Cela inclut la colocation (HMO), la location meublée de courte durée, ou le ciblage de segments particuliers comme les jeunes professionnels du numérique, les chercheurs étrangers ou les familles en transition. Ces approches peuvent augmenter significativement les revenus locatifs, mais elles requièrent une gestion plus intensive, sont soumises à des réglementations spécifiques (licences HMO, règles des locations saisonnières) et présentent des risques plus élevés. À noter : l’attrait fiscal de certaines locations de courte durée diminuera à partir de 2025 avec la suppression du régime avantageux des « furnished holiday lets ».

Ce qui fait la spécificité de Cambridge, c’est que même sans viser ces stratégies sophistiquées, la demande locative de base reste extrêmement solide. Entre étudiants, chercheurs, cadres de la tech, médecins, familles attirées par les écoles et migrants “post‑Londres”, le réservoir de locataires solvables est large et diversifié. Mais la capacité à générer du cash‑flow net positif reste, elle, limitée par la cherté du foncier et la fiscalité.

Cambridge vs alternatives : pourquoi choisir un marché aussi cher ?

Beaucoup d’investisseurs se demandent s’il ne vaut pas mieux s’orienter vers des villes régionales où les rendements dépassent facilement 5 % et où les mises de départ sont plus modestes. D’un strict point de vue de flux de trésorerie, Norwich, Peterborough, voire des villes du nord de l’Angleterre ou des Midlands paraissent plus attrayantes.

30000000000

L’Université de Cambridge génère près de 30 milliards de livres d’impact économique net annuel pour le Royaume-Uni.

Pour un investisseur à horizon long, ces éléments plaident pour une trajectoire de demande soutenue, y compris dans les phases de ralentissement économique. C’est cette résilience qui explique que, malgré des corrections ponctuelles, les prix de Cambridge aient progressé de plus de 500 % en trente ans.

La question devient alors celle‑ci : êtes‑vous prêt à accepter des rendements de départ faibles, une fiscalité lourde et un marché très concurrentiel, en échange d’une probabilité élevée que la valeur de vos actifs suive – voire dépasse – la croissance de long terme du pays ?

Conclusion : un marché exigeant, mais structurellement porteur

Investir dans l’immobilier à Cambridge ne s’adresse pas à tout le monde. Le niveau de prix impose un capital initial conséquent, les rendements bruts sont modestes, la réglementation serrée et la concurrence rude. Mais peu de marchés britanniques offrent une combinaison aussi forte de facteurs structurels : surabondance d’emplois qualifiés, universités de rang mondial, pénurie chronique de logements, projets d’infrastructure de grande ampleur et positionnement au cœur d’un arc scientifique nationalement prioritaire.

Pour les investisseurs capables de raisonner à 10 ou 20 ans, de supporter un cash‑flow parfois neutre voire légèrement négatif, et de sécuriser un financement solide, Cambridge reste l’un des rares marchés où l’on peut acheter non seulement des briques, mais aussi une part de “Silicon Fen” et de la croissance de la science britannique.

Pour les investisseurs à long terme

La clé, dans ce contexte, n’est pas de chercher des miracles de rendement, mais de choisir avec soin le secteur, le type de bien et la stratégie de location, en intégrant dès le départ les coûts de transaction, la fiscalité et l’évolution probable des règles locatives. Dans un marché aussi tendu et sophistiqué, l’immobilier cesse d’être un simple placement pour devenir une véritable stratégie d’allocation de capital.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Cambridge, Royaume‑Uni, pour rechercher du rendement locatif et une exposition en livres sterling. Budget alloué : 400 000 à 600 000 £, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés britanniques (Manchester, Birmingham, Bristol), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison de ville dans un quartier étudiant ou de recherche en forte demande locative à Cambridge, combinant un rendement locatif brut cible de 6 à 7 %plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuelles rénovations légères) d’environ 500 000 £. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, solicitor, conseiller fiscal), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via SPV britannique) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :