Comment acheter un appartement en Thaïlande en 2026 : le guide complet pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement en Thaïlande attire de plus en plus de Français, qu’il s’agisse de préparer une retraite au soleil, diversifier un patrimoine immobilier ou profiter d’un marché locatif jugé très rentable. Mais derrière les photos de piscines à débordement et de vues sur mer, la réalité juridique et administrative est stricte, surtout depuis le durcissement des contrôles en 2025–2026.

Bon à savoir :

Ce guide en français détaille les règles légales, les pratiques bancaires et la fiscalité actuelle pour acheter un appartement en Thaïlande en 2026, en s’appuyant sur les informations en vigueur.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre légal avant de se lancer

Avant même de choisir un quartier à Bangkok ou une résidence à Phuket, il est essentiel de comprendre ce que la loi thaïlandaise permet – et surtout interdit – à un acheteur étranger.

Attention :

La loi thaïlandaise interdit aux étrangers d’être propriétaires de terrains, sauf exceptions rares et très contrôlées comme un investissement de 40 millions de bahts pour 1 rai maximum, les dispositifs BOI, ou l’héritage strictement encadré. Aucun traité bilatéral ne permet aux Français de déroger à cette règle.

En revanche, la loi offre une vraie porte d’entrée aux étrangers depuis l’amendement de 1992 de la Condominium Act : un Français peut posséder en pleine propriété un appartement en condominium, à son nom, avec un titre de propriété officiel, à condition de respecter deux grands principes. D’abord, le fameux « quota étranger » : dans chaque immeuble enregistré comme condominium, au maximum 49 % de la surface vendable totale peut être détenue par des étrangers. Le reste doit appartenir à des Thaïlandais (personnes physiques ou sociétés réellement thaïes). Ensuite, l’argent utilisé pour l’achat doit provenir de l’étranger et entrer en Thaïlande en devise étrangère, via le circuit bancaire officiel.

Astuce :

Un étranger peut détenir des droits réels comme l’usufruit ou la superficie, mais pour un Français cherchant un appartement, le condominium en pleine propriété (freehold) dans la limite du quota de 49 % est la solution la plus simple, sécurisée et répandue.

Freehold, leasehold, droits réels : ce que peut réellement posséder un Français

Pour acheter intelligemment, il faut distinguer clairement les différentes structures juridiques autorisées aux étrangers. Chacune a ses avantages, ses contraintes et son niveau de sécurité juridique.

Le condominium en pleine propriété : l’option reine pour les Français

Le condominium en freehold est la voie la plus simple et la plus sûre pour un Français qui souhaite acheter un appartement en Thaïlande. La Condominium Act de 1979, modifiée notamment en 1992, autorise un étranger à posséder en pleine propriété une unité dans un immeuble officiellement enregistré comme condominium, à condition que :

la part détenue par les étrangers dans l’immeuble ne dépasse pas 49 % de la surface vendable totale ;

la totalité du prix d’achat soit apportée de l’étranger, en devise (EUR, USD, etc.), et convertie en baht par une banque thaïlandaise, avec émission d’un document bancaire spécifique (Foreign Exchange Transaction Form, souvent appelé FET ou TT3).

Bon à savoir :

Le propriétaire reçoit un titre de propriété officiel (chanote de condominium) délivré par le Land Office, mentionnant l’unité (numéro, étage, surface). Ce titre confère des droits complets et permanents : vendre, louer, hypothéquer (sous conditions) ou transmettre aux héritiers, sans limitation dans le temps.

Cette formule évite au Français d’entrer dans des montages risqués via des sociétés thaïlandaises aux actionnaires « prête-noms », aujourd’hui dans le collimateur des autorités. En 2026, les contrôles sur ces structures deviennent extrêmement serrés : la Department of Business Development impose des preuves de provenance des fonds pour tout actionnaire, et croise ses données avec le Land Department pour repérer les montages illégaux.

Le leasehold : un droit d’usage limité dans le temps

Quand le quota étranger de 49 % est déjà rempli dans un immeuble donné, ou lorsqu’il s’agit d’une villa sur terrain, les promoteurs proposent souvent un bail de longue durée enregistré au Land Office : 30 ans maximum en une fois. On parle de leasehold.

Attention :

La loi ne garantit que les 30 premières années ; les renouvellements nécessitent un nouvel acte au Land Office avec l’accord du propriétaire, sans automaticité malgré les affirmations commerciales.

Pour un appartement, le leasehold peut être une solution si l’on accepte cette limitation de durée et si le contrat est solidement rédigé et enregistré. Pour une villa, il est fréquent de combiner un bail sur le terrain avec un droit de superficie ou un acte séparé sur la construction, afin que le bâtiment lui-même soit reconnu comme propriété de l’étranger.

Usufruit, superficie, habitation : des droits complémentaires

En plus du bail, la loi thaïlandaise permet de greffer des droits réels comme :

l’usufruit (droit d’usage et de jouissance pour une durée maximale, souvent 30 ans, ou à vie, mais non transmissible) ;

le droit de superficie (propriété des constructions dissociée du terrain, pour 30 ans ou à vie, et en principe cessible) ;

– certains droits plus récents comme le « Sap-Ing-Sith », permettant une utilisation renforcée du bien.

Ces outils sont utiles surtout pour des maisons sur terrain loué, mais pour un Français qui vise un appartement en Thaïlande, ils jouent un rôle plus marginal que le condominium freehold.

Pourquoi les Français se tournent massivement vers le condo

Pour un acheteur français, le condominium coche plusieurs cases à la fois : sécurité juridique, simplicité du processus, fiscalité relativement attractive et accès facile au marché locatif.

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Le rendement locatif moyen annuel en Thaïlande est d’environ 7 %, selon Global Property Guide.

Les destinations phares des Français sont bien identifiées : Bangkok (quartiers comme Silom/Sathorn), Phuket, Koh Samui, Hua Hin, Chiang Mai. Ces villes offrent un mélange d’usages possibles : résidence principale ou secondaire, location saisonnière ou annuelle, voire petit projet de boutique-hôtel ou de résidence de services via des montages commerciaux spécifiques.

Étape 1 : définir son projet et choisir son type de bien

Avant toute chose, un Français qui envisage d’acheter un appartement en Thaïlande doit clarifier son objectif : vivre sur place à l’année, passer l’hiver au soleil, louer sur Airbnb, préparer une retraite, ou simplement diversifier son portefeuille en investissant sur un marché étranger.

Cette clarification conditionne le choix entre :

Exemple :

Un condominium en freehold permet un usage mixte et une revente facile; un appartement en leasehold est plus accessible quand le quota étranger est saturé; à la marge, une maison avec bail et superficie convient pour une villa.

À ce stade, il faut également intégrer la question du visa. Acheter un appartement en Thaïlande ne donne aucun droit automatique à un visa longue durée : retraite (O-A), mariage (O), LTR-Wealthy, Thailand Elite, DTV pour les digital nomads, etc. Les Français sont éligibles à ces programmes mais devront en faire la démarche distinctement.

Pour les investisseurs qui ne comptent venir que ponctuellement, la bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un visa long séjour pour acheter un condo. Il suffit d’entrer légalement dans le pays (visa touriste ou exemption) pour signer, à condition que l’argent arrive de l’étranger et que le quota étranger soit respecté.

Étape 2 : repérer, visiter et vérifier l’appartement

Une fois le projet clarifié, vient l’étape du repérage et de la sélection du bien. Beaucoup de Français découvrent le marché via des portails immobiliers, des groupes Facebook ou des agences francophones spécialisées. Pour un achat sérieux, il est préférable de travailler avec une agence indépendante et un avocat thaïlandais, distincts du promoteur.

Parallèlement au choix du type d’appartement (studio, 1 chambre, penthouse) et de l’emplacement, il est crucial de vérifier deux éléments juridiques majeurs dès le départ :

que l’immeuble est bien enregistré comme condominium au sens de la Condominium Act, et non comme simple « apartment » ou hôtel ;

que le quota étranger de 49 % de la surface vendable n’est pas dépassé.

Astuce :

Confirmez par écrit auprès de la gestion de copropriété (le « juristic person ») la disponibilité du quota étranger, et idéalement faites valider cette information au Land Office. Un simple accord oral d’un agent ou d’un vendeur ne suffit pas. Le juristic person doit tenir à jour le registre du quota et fournir un certificat indiquant la surface totale étrangère par rapport à la surface totale.

En parallèle, il faut déjà penser au titre foncier du terrain supportant l’immeuble : en Thaïlande, tous les titres ne se valent pas. Le plus sûr est le Chanote (Nor Sor 4 Jor), avec des limites cadastrales précises et des droits pleinement opposables. Des titres plus faibles (Nor Sor 3, Nor Sor 3 Gor, Sor Kor 1) existent, mais comportent des risques accrus : contestations possibles, problèmes de servitudes, difficultés en cas de revente ou de financement. Pour un appartement dans un projet sérieux, on attend que le terrain soit en Chanote ou en Nor Sor 3 Gor entièrement régularisé.

Exemple de vérifications de base à ce stade

Pour chaque appartement repéré, il est pertinent de demander :

Documents obligatoires pour une copropriété

Liste des documents requis pour la vente ou l’achat d’une parcelle en copropriété en Thaïlande

Copie du titre de la parcelle

Fournir une copie du Chanote ou équivalent.

Copie du chanote de l’unité

Inclure le chanote de l’unité, ou le projeté pour les ventes off-plan.

Lettre du Juristic Person

Document officiel indiquant la répartition propriétaire thaï/étranger.

Règlement et charges

Transmettre le règlement de copropriété, les charges communes exactes, et l’état de la caisse de réserve (sinking fund).

Un bon réflexe pour un Français est aussi de regarder les comptes de la copropriété sur deux ans : déficits récurrents, gros contentieux, copropriétaires en retard de paiement, tout cela donne un signal sur la santé du projet.

Étape 3 : la due diligence juridique, clé de voûte d’un achat sécurisé

La due diligence n’est pas un détail administratif, c’est l’assurance-vie de votre investissement. En Thaïlande, la pratique sérieuse consiste à mandater un avocat thaïlandais indépendant, qui ne dépend ni du promoteur, ni de l’agent qui vous a trouvé le bien.

Cette vérification approfondie couvre plusieurs axes.

Vérification du titre et des charges

L’avocat se rend au Land Office compétent pour :

obtenir une copie récente du titre de propriété (pour un condo, le chanote d’unité) ;

vérifier le nom du propriétaire ou de la société vendeuse ;

– contrôler l’absence d’hypothèques en cours, de saisies, de servitudes ou de baux déjà enregistrés sur l’unité ;

– vérifier les limites et la surface de l’unité par rapport à ce qui est commercialisé.

30000

Le coût d’une due diligence de base pour un condominium est d’environ 30 000 THB.

Zoning, permis de construire et conformité

Pour un projet neuf ou récent, il faut : établir un planning, définir un budget, choisir des matériaux adaptés, et réunir une équipe compétente.

vérifier que l’immeuble est construit conformément au permis de construire (Bai Anuyat Kor Sang) déposé ;

s’assurer qu’un éventuel rapport d’impact environnemental (EIA) a été validé lorsque la loi l’impose (projets de plus de 80 unités ou plus de 4 000 m² de surface utile, projets balnéaires, etc.) ;

– contrôler que la zone (résidentielle, commerciale, etc.) autorise bien ce type de construction et d’usage.

Attention :

Des différences majeures comme un étage supplémentaire, une surface excédentaire, ou le non-respect des hauteurs et retraits en zone côtière peuvent entraîner des ordres de mise en conformité, de démolition et de lourdes amendes. Pour un investisseur, il est crucial d’éliminer ce risque avant tout paiement.

Vérification du vendeur et de la gestion de l’immeuble

L’avocat doit également s’assurer que :

le vendeur individuel est bien le propriétaire inscrit sur le titre, que son état civil concorde, et qu’il n’est pas en faillite ou sous le coup d’une interdiction ;

– s’il s’agit d’une société, qu’elle est en règle au registre du commerce, que le conseil d’administration a bien autorisé la vente, et qu’elle n’est pas en dissolution ou en procédure collective ;

– la copropriété est correctement gérée : comptes approuvés, sinking fund suffisant, absence de dettes majeures, pas de contentieux massif opposant copropriétaires et gestionnaire.

Tant que l’avocat n’a pas donné un feu vert écrit, l’acheteur français a intérêt à bloquer tout virement significatif. Les recommandations issues des rapports d’experts sur le marché thaïlandais sont claires : un dossier qui doit être abandonné doit l’être avant le dépôt, pas après la signature au Land Office.

Étape 4 : réservation et compromis de vente

Une fois les éléments principaux validés et le bien choisi, vient le temps de « bloquer » l’appartement.

En pratique, la réservation prend la forme d’un petit contrat (reservation agreement) assorti d’un dépôt. Sur le marché des condos, le montant est très souvent compris entre 50 000 et 200 000 THB, parfois davantage sur des biens très haut de gamme. Dans certains schémas, ce dépôt peut aussi représenter 3 à 5 % du prix, voire jusqu’à 10 % dans des programmes neufs très structurés.

Pour un Français, deux précautions sont essentielles :

Bon à savoir :

Faites insérer une clause de remboursement du dépôt si la due diligence révèle un défaut juridique (titre contestable, quota étranger dépassé, absence de permis). Vérifiez que le contrat précise clairement le prix, le numéro d’unité, la surface, les délais de signature définitive et les conditions de partage des frais de transfert.

Un point souvent négligé par les acheteurs pressés est la langue du contrat. En Thaïlande, c’est la version thaïe qui fait foi devant les tribunaux. La version anglaise n’est qu’une traduction à valeur indicative. Pour un Français, il est donc prudent de :

demander une version anglaise claire ;

faire relire/l’expliquer par un avocat thaïlandais, avec si besoin un interprète francophone ;

s’assurer que les éventuelles divergences entre les deux langues sont repérées et corrigées.

Étape 5 : le contrat de vente (SPA) et l’échelonnement des paiements

Après la réservation, le vendeur ou le promoteur prépare le contrat de vente définitif (Sale and Purchase Agreement, SPA). C’est ce document qui fixe le calendrier des paiements, la date de transfert, les pénalités en cas de retard, les équipements livrés, et la répartition des différents frais et taxes au Land Office.

Exemple :

Exemple de structuration des versements : un dépôt initial à la réservation, puis 10 à 20 % à la signature du contrat de vente (SPA), suivis de paiements échelonnés selon les étapes de construction (fondations, gros œuvre, structure, finitions), et enfin un solde de 70 à 80 % à la remise des clés.

Le tableau ci-dessous illustre, à titre indicatif, un calendrier de paiements fréquemment rencontré pour un condominium neuf.

ÉtapeMoment approximatifPourcentage du prix
RéservationJour de signature du reservation1–5 % ou somme fixe
Signature du SPA7–30 jours après réservation10–20 %
Tranches de constructionTous les 3–6 mois / par jalons20–40 %
Remise des clés & transfertFin de chantier40–70 %

Quelle que soit la structure, le contrat doit indiquer noir sur blanc :

qui paie les 2 % de frais de transfert (souvent 50/50, mais négociable) ;

qui supporte la specific business tax (3,3 %) ou le stamp duty (0,5 %) côté vendeur, et comment est traité le withholding tax (retenue d’impôt à la source) ;

– ce qui se passe en cas de retard significatif du promoteur (pénalités journalières, droit de résiliation, remboursement) pour un achat sur plan.

Il est vivement conseillé de faire passer ce contrat au crible d’un avocat pour vérifier la conformité au Condominium Act et aux règles de protection des consommateurs (notamment pour les contrats standardisés O.C.22 en off-plan).

Étape 6 : transférer les fonds depuis la France (et obtenir le FET/TT3)

Le volet bancaire est un point crucial, souvent mal compris. Pour qu’un Français puisse inscrire son nom sur un titre de condo en tant que propriétaire étranger, l’administration foncière exige la preuve qu’il a apporté la totalité (ou au moins un montant égal au prix) depuis l’étranger en devise.

Concrètement, le schéma standard est le suivant :

Exemple :

Un Français demande à sa banque en France d’effectuer un virement SWIFT en devise étrangère (EUR ou USD) vers une banque thaïlandaise pour acheter un bien immobilier. La banque thaïlandaise convertit les fonds en bahts et délivre un Foreign Exchange Transaction Form (FET, anciennement Tor Tor 3) qui mentionne le bénéficiaire, le montant, la devise d’origine, la date de conversion et l’objet du virement, par exemple ‘condominium purchase’ avec le nom du projet et le numéro d’unité.

Pour tout transfert égal ou supérieur à l’équivalent de 50 000 USD, la banque thaïlandaise doit émettre un FET officiel. En dessous, certains Land Offices acceptent un « credit advice » ou une lettre SWIFT détaillée indiquant clairement que les fonds viennent de l’étranger et sont destinés à l’achat du condo. Dans la pratique, de nombreux acheteurs préfèrent concentrer les envois en deux ou trois virements de plus de 50 000 USD pour obtenir un FET complet, document plus standardisé et rassurant.

Attention :

Sans un FET ou équivalent, le Land Office refuse l’enregistrement comme propriétaire étranger en freehold. Les fonds déjà en Thaïlande ou issus d’une revente locale ne suffisent pas ; seul l’argent frais en provenance de l’étranger satisfait la Condominium Act.

Pour un achat sur le marché secondaire, la pratique la plus propre consiste à envoyer les fonds sur un compte à votre nom dans une banque locale, récupérer le FET, puis faire un chèque de banque (cashier’s check) à l’ordre du vendeur pour la journée du transfert au Land Office.

Étape 7 : le jour J au Land Office

Le transfert de propriété d’un appartement en Thaïlande se formalise exclusivement au Land Office territorialement compétent. C’est là que le titre est modifié pour faire apparaître le nom du nouvel acquéreur.

Le jour de l’enregistrement, sont généralement présents :

l’acheteur (ou son représentant muni d’une procuration légalisée) ;

le vendeur (ou son représentant) ;

l’avocat de l’acheteur, parfois un représentant de l’agence ou du promoteur.

Les documents principaux qui doivent être apportés incluent : un passeport valide, un permis de conduire, et une preuve de résidence.

Bon à savoir :

L’acheteur doit fournir : passeport avec visa ou tampon d’entrée valide, FET ou SWIFT montrant le flux de devises, une lettre certifiant que le quota étranger de 49 % n’est pas dépassé et que les charges de copropriété sont à jour, le contrat de vente (SPA) signé, ainsi que le titre de propriété (chanote) fourni par le vendeur.

Sur place, l’officier du Land Office vérifie les documents, prépare un formulaire de transfert (en thaï), calcule les taxes et frais dus, et encaisse les montants correspondants, généralement via chèque de banque. L’ensemble de la procédure prend en général de une à trois heures. À l’issue, le chanote de l’unité est mis à jour avec le nom du nouveau propriétaire. Une copie peut être remise immédiatement, ou quelques jours plus tard selon les bureaux.

Frais d’achat immobilier

Principaux frais à prévoir pour un acheteur français le jour de l’acquisition

Frais de notaire

Comprenant les droits de mutation, la rémunération du notaire et les débours. Ils représentent généralement 7 à 8 % du prix d’achat dans l’ancien.

Dépôt de garantie

Somme versée lors de la signature du compromis, souvent comprise entre 5 et 10 % du prix, déduite du montant final.

Frais d’agence

Commission due à l’agence immobilière, si applicable, souvent incluse dans le prix de vente ou à régler séparément.

Taxe foncière

Partie de la taxe foncière restant à la charge de l’acheteur, au prorata du nombre de jours dans l’année.

Nature du coûtTaux / Montant typiqueQui paie en pratique ?
Frais de transfert2 % de la valeur cadastraleSouvent 50/50, mais négociable
Specific Business Tax (SBT)3,3 % (si bien détenu < 5 ans)Vendeur
Stamp duty0,5 % (si SBT non applicable)Vendeur
Withholding tax (impôt retenu à la source)1 % (société) ou barème progressif (personne physique)Vendeur
Honoraires d’avocat20 000–50 000 THB (ordre de grandeur)Acheteur

En 2026, des mesures temporaires réduisant certains frais de transfert à 0,01 % existent pour des achats résidentiels jusqu’à 7 millions de THB, mais ces dispositifs sont réservés aux acheteurs thaïlandais. Un Français ne peut pas en bénéficier et doit tabler sur le plein tarif de 2 % pour ses propres calculs.

Étape 8 : après la signature – gestion, charges et fiscalité locale

Une fois l’appartement officiellement à votre nom, il reste quelques formalités et obligations à régler.

Mise à jour des services et copropriété

Le nouveau propriétaire doit :

faire changer les contrats d’électricité, d’eau et d’internet à son nom, en présentant une copie du chanote ou du bail enregistré ;

notifier l’office de gestion du condominium (juristic person) pour la mise à jour du registre des copropriétaires ;

– mettre en place les prélèvements automatiques pour les charges mensuelles de copropriété (Common Area Maintenance, CAM).

Les charges de copropriété se situent fréquemment entre 40 et 80 THB par m² et par mois, selon le standing de la résidence. À cela s’ajoute un « sinking fund » (fonds de réserve pour gros travaux), souvent exigé en une fois à l’achat, sur une base de 500 à 1 000 THB par m².

Taxe foncière annuelle (Land & Building Tax)

Depuis 2020, la Thaïlande applique une taxe foncière annuelle calculée sur la valeur cadastrale, et non plus sur un loyer théorique. Pour un Français propriétaire d’un appartement, la catégorie la plus probable est celle des biens « résidentiels non occupés à titre de résidence principale par un Thaïlandais », avec des taux usuels de 0,02 % à 0,10 %.

50%

La valeur cadastrale détermine la moitié du montant de la taxe foncière annuelle.

Valeur cadastrale approximativeTaux indicatif (résidentiel autre)Taxe annuelle estimative
3 M THB (studio)0,02 %600 THB
10 M THB (1 chambre haut de gamme)0,02 %2 000 THB
20 M THB (2–3 chambres premium)0,02 %4 000 THB
50 M THB (penthouse)0,03 %15 000 THB

Il n’existe pas, pour un étranger, d’abattement type « résidence principale » comme pour un citoyen thaï enregistré sur le Tabien Baan bleu. Un Thaï peut bénéficier d’une exonération jusqu’à 50 M THB pour sa résidence principale, mais cette niche ne s’applique pas au Français non résident ou sans enregistrement local.

À côté de la Land & Building Tax, certaines municipalités appliquent une petite taxe sur les ordures ménagères, de l’ordre de quelques dizaines d’euros par an.

Fiscalité à la revente et sur les loyers

La Thaïlande ne taxe pas séparément la plus-value immobilière des particuliers ; le gain est intégré dans le calcul du withholding tax et dans l’impôt sur le revenu du vendeur, au moment de la revente. En pratique, la retenue d’impôt calculée par le Land Office tient compte de la durée de détention et de la valeur cadastrale.

Bon à savoir :

Les revenus locatifs d’un appartement en Thaïlande sont imposés à l’impôt sur le revenu personnel si le propriétaire est résident fiscal (≥180 jours/an). Pour un non-résident, une retenue à la source d’environ 15 % s’applique. Des déductions forfaitaires (ex. 30 % de charges) ou réelles sont possibles, ce qui ramène le taux effectif souvent sous 10–15 % des loyers bruts.

À noter qu’à partir de 2026, l’administration fiscale thaïlandaise renforce aussi ses règles de résidence fiscale : un étranger passant 180 jours ou plus dans le pays peut être imposable sur certains revenus perçus à l’étranger, même non rapatriés, selon les critères désormais mieux appliqués. La situation d’un Français retraité vivant quasiment à l’année dans son condo mérite donc une analyse fiscale croisée France/Thaïlande avec un professionnel.

Financement : quelles options pour un Français en 2026 ?

La grande majorité des étrangers achètent leur appartement en Thaïlande comptant, ou en combinant épargne et financement hypothécaire dans leur pays d’origine. Les financements locaux pour étrangers existent, mais restent l’exception et sont soumis à des critères stricts.

Crédits des banques thaïlandaises : possibles mais difficiles

Les banques locales se montrent très prudentes avec les non-ressortissants. Les probabilités d’obtention d’un crédit immobilier pour un étranger sans résidence ni travail en Thaïlande sont évaluées autour de 30–40 % au mieux, souvent moins.

Pour avoir une chance d’obtenir un prêt local, un profil-type serait :

un étranger titulaire d’un permis de travail (work permit) ;

– au moins 12 mois de salaire régulier versé sur un compte bancaire thaïlandais ;

– un revenu net mensuel supérieur à 80 000 THB ;

– un historique de crédit local propre ;

– un achat de condominium freehold bien situé (Bangkok, Phuket, Pattaya, Koh Samui).

70

Les banques peuvent prêter jusqu’à 70 % de la valeur du bien immobilier pour les acheteurs éligibles.

Pour un Français non résident, sans visa long séjour ni revenus locaux, il reste quelques pistes ponctuelles : certaines filiales de banques régionales (Bangkok Bank Singapour, UOB, ICBC) ou acteurs spécialisés comme MBK Guarantee proposent des financements aux étrangers pour des condos, souvent avec des conditions standardisées (environ 50 % de LTV, taux 7,5–9 %, durée 10–15 ans). Mais ces produits demandent un dossier solide et un apport conséquent.

Financer depuis la France ou via un centre financier étranger

Pour beaucoup de Français, le levier le plus réaliste consiste à :

Astuce :

Pour financer un bien immobilier en France, plusieurs solutions sont envisageables : le refinancement via un crédit hypothécaire adossé à une résidence principale ou locative, l’utilisation d’un prêt Lombard garanti par un portefeuille de valeurs mobilières, ou encore la souscription d’un crédit immobilier international par l’intermédiaire d’une banque privée active en Europe et en Asie.

Les fonds ainsi débloqués sont ensuite transférés en Thaïlande comme pour un achat au comptant, avec émission d’un FET ou d’une attestation SWIFT, permettant de respecter les exigences de la Condominium Act.

Plans de paiement promoteur (developer financing)

Sur le marché du neuf, beaucoup de projets proposent des plans de paiement étalés, parfois avec une part significative réglée après la remise des clés. Ces schémas ne sont pas des crédits bancaires au sens strict, mais des financements vendeurs :

versement de 10–30 % pendant la construction, par tranches ;

solde de 70–80 % à la livraison, ou étalé sur 12–36 mois, parfois sans intérêts, parfois avec un taux modéré (0 à 3–5 %).

Pour un Français sans accès aux prêts thaïlandais, ces plans promoteur sont souvent la seule forme de « levier » local, notamment à Phuket, où on estime que 70–80 % des ventes à étrangers passent par un tel étalement.

Stratégie patrimoniale : fiscalité, héritage, revente

Au-delà de l’achat lui-même, un Français doit réfléchir en amont à l’après : transmission, plus-value, succession.

En Thaïlande, il n’y a pas d’impôt sur les successions pour des patrimoines inférieurs à 100 millions de bahts. Au-delà, une taxation de 5 à 10 % existe, mais elle ne concerne que des patrimoines très élevés (environ 2,6 M€ et plus). Pour la plupart des acheteurs français, l’enjeu principal reste la bonne rédaction d’un testament.

Les praticiens recommandent souvent de : adopter une approche holistique pour le bien-être.

rédiger un testament en France mentionnant les biens en Thaïlande ;

– et, idéalement, établir un testament spécifique en Thaïlande, rédigé en thaï et enregistré, couvrant les biens locaux (condo, comptes bancaires, etc.).

Bon à savoir :

Cela évite des blocages administratifs en cas de décès, et facilite la transmission à des héritiers français, qui devront eux-mêmes satisfaire aux conditions de la Condominium Act (notamment sur l’origine des fonds) s’ils veulent conserver le bien en leur nom propre.

Côté revente, le marché permet à un Français de céder son condo à un Thaï ou à un autre étranger, tant que le quota étranger n’est pas saturé. Dans un immeuble où les 49 % sont déjà atteints, le vendeur étranger ne pourra céder qu’à un acheteur thaï ou une entité qualifiée, ou devra attendre qu’un étranger vende sa propre unité pour « libérer » du quota. C’est un paramètre à garder en tête dans le choix initial du projet.

Particularités 2026 : quota étranger, durcissement contre les nominees, numérique

Au-delà des règles de fond, 2026 est marquée par plusieurs évolutions de contexte qu’un acheteur français doit connaître.

D’abord, malgré des rumeurs récurrentes, le quota étranger de 49 % n’a pas été relevé. Des scénarios de passage à 70 ou 75 % ont été évoqués dans la presse et au gouvernement, mais aucune modification législative n’a été adoptée à ce jour. Inversement, certains projets de réduction ciblée du quota dans les zones très touristiques (Phuket, Koh Samui, Pattaya) ont été discutés. En mars–juin 2026, la situation légale reste inchangée : 49 % de la surface vendable par immeuble, calculée en m², hors parties communes.

Bon à savoir :

En 2026, la DBD impose des preuves bancaires du financement réel des actionnaires thaïs à la création et à chaque modification de société. Les Land Offices collaborent en temps réel pour détecter les structures suspectes détenant terrains ou villas pour étrangers. Pour un Français, cela renforce l’intérêt d’un condo en freehold plutôt que de contourner la loi par une société de façade.

Enfin, les démarches deviennent plus numérisées : le Land Department modernise ses systèmes, notamment pour la gestion des baux et de certaines formalités. Cela ne change pas les règles au fond, mais peut simplifier à terme certains renouvellements ou vérifications.

Conclusion : comment un Français peut acheter sereinement un appartement en Thaïlande en 2026

En 2026, acheter un appartement en Thaïlande reste tout à fait possible et légal pour un Français, à condition de respecter un cadre clair :

Astuce :

Privilégiez un condominium en freehold dans la limite du quota étranger de 49 %. Faites vérifier le titre, le quota, les permis et la situation de la copropriété par un avocat thaïlandais indépendant avant tout acompte. Envoyez l’intégralité des fonds depuis l’étranger en devise via le réseau bancaire, en précisant l’objet du virement « achat du condo » pour obtenir le FET/TT3. Formalisez la vente au Land Office avec tous les documents requis, en anticipant les frais (2 % de transfert, charges de copropriété, taxe foncière annuelle très modérée). Réfléchissez en amont aux questions de succession, de fiscalité locative et aux contraintes de résidence fiscale liées à un séjour prolongé.

En s’appuyant sur ces principes et en s’entourant des bons professionnels (avocat, agent sérieux, éventuellement conseil fiscal), un Français peut utiliser le condominium thaïlandais comme un outil patrimonial efficace : résidence secondaire tropicale, pied-à-terre d’hiver, ou actif locatif offrant des rendements qui restent, d’après les données disponibles, parmi les plus attractifs de la région.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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