Investir dans l’immobilier à Manaus : le pari audacieux au cœur de l’Amazonie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Située au milieu de la forêt amazonienne et posée sur les rives du Rio Negro, Manaus n’est plus seulement la « porte d’entrée de l’Amazonie » pour les voyageurs. La ville est devenue un véritable laboratoire économique, portée par sa zone franche industrielle, une croissance immobilière supérieure à la moyenne brésilienne et un marché encore nettement plus abordable que São Paulo ou Rio de Janeiro. Pour un investisseur, local ou étranger, investir dans l’immobilier à Manaus, c’est prendre position sur une métropole de plus de 2 millions d’habitants qui combine industrie, logistique, tourisme de nature et forte demande résidentielle.

Bon à savoir :

Pour investir à Manaus, il est crucial de dépasser l’attrait exotique de la ville amazonienne. Il faut se concentrer sur une analyse approfondie des données économiques, de la géographie des quartiers, de la réglementation locale et des risques spécifiques liés à son isolement géographique.

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Manaus : une économie singulière qui tire le marché immobilier

Manaus est la capitale de l’État d’Amazonas et la septième ville du Brésil par la population. Entre 2 et 2,2 millions d’habitants selon les sources, une classe moyenne en expansion, un PIB supérieur à 23 milliards de dollars et un rôle de « poumon industriel » du Nord du pays : le contexte macroéconomique local explique en grande partie la dynamique de son marché immobilier.

Une zone franche qui sécurise la demande

Le moteur principal de la ville est la Zona Franca de Manaus (ZFM), une vaste zone économique spéciale d’environ 10 000 km² qui englobe Manaus et deux municipalités voisines. Créée en 1967, cette zone bénéficie d’exemptions massives de taxes fédérales et régionales sur l’importation, la production et la circulation de biens. Elle abrite près de 500 entreprises industrielles et environ 80 000 emplois directs. On y assemble de l’électronique, des téléviseurs, des climatiseurs, des motos, des micro-ondes, des cartes électroniques… L’essentiel de cette production est ensuite envoyé vers le reste du Brésil.

2073

Les incitations fiscales pour la zone industrielle de Manaus sont prolongées jusqu’en 2073, offrant une visibilité exceptionnelle au tissu productif.

Une économie régionale très tournée vers le marché intérieur

Fait marquant, la zone franche de Manaus ne fonctionne pas comme un hub d’exportation tourné vers l’international, mais comme « usine du Brésil ». Plus de la moitié de la production locale est vendue aux autres États brésiliens, notamment São Paulo, principal partenaire commercial. L’Amazonas enregistre un excédent commercial interne massif, alors même que, sur le plan international, l’État importe beaucoup plus qu’il n’exporte.

Cette structure économique a deux conséquences directes pour l’immobilier local. D’abord, une demande de logements relativement décorrélée des cycles d’exportation mondiaux, donc moins exposée à certains chocs externes. Ensuite, un tissu de PME de logistique, de services et de commerce qui alimentent la demande en bureaux, entrepôts et locaux commerciaux.

Une ville isolée… mais en pleine modernisation

Manaus reste pourtant une « île au milieu de la forêt » : aucune route directe ne la relie au Sud industriel du pays, et une bonne partie des biens de consommation arrivent par bateau ou via des trajets multimodaux extrêmement longs. Résultat : les coûts de la vie peuvent être plus élevés que dans le Sud-Est pour certains produits, ce qu’illustrent les témoignages d’expatriés qui évoquent un « prix d’île » pour l’alimentation ou l’électronique.

Exemple :

Pour contrebalancer son isolement géographique, la municipalité de Manaus a lancé le programme « Asfalta Manaus », ayant permis la réfection ou le bitumage de milliers de rues, y compris en périphérie et en zone rurale. Cet effort d’infrastructure inclut également la construction d’échangeurs, un terminal d’intégration de bus, de nouvelles voies, des couloirs de bus planifiés, des pistes cyclables, un système de feux intelligents modernisé et le renouvellement de la flotte d’autobus. De plus, la ville est passée entièrement à un éclairage public LED, étendu aux infrastructures sportives et de loisirs.

Ces investissements renforcent la qualité de vie dans certains quartiers et, à moyen terme, créent des primes de localisation sur les axes mieux desservis. Pour l’investisseur immobilier, suivre ces chantiers devient presque aussi important que surveiller les statistiques de prix.

Un marché immobilier en hausse, encore abordable

Sur le plan national, le Brésil connaît depuis plusieurs années une hausse soutenue des prix résidentiels. L’indice FIPEZAP affichait près de 8 % de progression annuelle en 2025, et la plupart des grandes villes ont vu leurs prix grimper. Manaus se distingue avec une croissance encore plus forte.

Des prix en forte progression, mais inférieurs aux grandes métropoles

Les données disponibles montrent que les prix des logements à Manaus ont augmenté d’environ 19 % entre 2019 et 2021, puis de plus de 29 % entre 2021 et 2024. En avril 2025, la hausse annuelle atteignait 9,15 %, au-dessus de la moyenne nationale. Cette dynamique s’inscrit dans un marché décrit comme globalement stable, soutenu par une demande solide et une offre de qualité qui reste limitée dans les quartiers les plus prisés.

9000

Le prix moyen du mètre carré dépasse 9 000 R$ dans certaines capitales brésiliennes.

Un tableau permet de visualiser ce différentiel de prix :

Ville / zonePrix moyen approximatif (R$/m²)Commentaire
São Paulo (moyenne ville)~10 500Grande métropole, marché mature
Rio de Janeiro (moyenne)~9 800Forte disparité entre quartiers
Florianópolis~8 200Ville côtière très recherchée
Salvador~5 500Secondaire mais en forte hausse
Manaus – centre~7 800–8 000 (≈ 1 450 USD/m²)Plus abordable que SP et Rio
Manaus – périphérie~4 700–5 000 (≈ 850–900 USD/m²)Fort potentiel de rattrapage

Ces chiffres font de Manaus une ville où il est possible d’acquérir un bien de qualité à un coût bien moindre que dans les grandes capitales du Sud-Est, tout en profitant d’une croissance des prix plus rapide que la moyenne brésilienne.

Rendements locatifs : des niveaux attractifs

Les indicateurs de rendement brut confirment l’intérêt de la ville pour l’investisseur locatif. Les estimations donnent des rendements moyens proches de 5,9 % dans le centre et de 6,5 % en périphérie. Dans certains quartiers résidentiels de standing comme Adrianópolis, les rendements moyens se situent autour de 5–6 %, ce qui, dans le contexte de prix encore relativement bas, reste compétitif.

Ratios Clés Financiers

Synthèse des principaux indicateurs financiers pour l’analyse de la performance et de la santé de l’entreprise.

Liquidité Générale

Mesure la capacité de l’entreprise à honorer ses dettes à court terme avec ses actifs courants. Un ratio supérieur à 1 est généralement sain.

Ratio d’Endettement

Évalue la proportion des actifs de l’entreprise financée par la dette. Indique le niveau de risque financier.

Marge Nette

Exprime le pourcentage du chiffre d’affaires qui reste comme bénéfice après toutes les charges. Reflète l’efficacité opérationnelle.

Rotation des Stocks

Indique combien de fois les stocks sont renouvelés sur une période. Un ratio élevé peut signaler une bonne gestion.

Retour sur Investissement (ROI)

Mesure la rentabilité générée par rapport au montant investi. Un indicateur clé de performance.

Indicateur (Manaus)Valeur estimée
Rendement locatif brut – centre~5,86 %
Rendement locatif brut – hors centre~6,54 %
Ratio prix / loyer (centre, appartement)~17,1
Ratio prix / loyer (hors centre, appartement)~15,3
Taux intérêt hypothécaire moyen (20 ans, local)~9,8 % / an

Ces chiffres montrent qu’à Manaus, l’immobilier produit des rendements comparables, voire supérieurs, à la moyenne nationale, tout en offrant une perspective de plus-value portée par la croissance de la ville et de sa zone franche.

Les meilleurs quartiers pour investir à Manaus

L’un des atouts de la ville est la diversité de ses quartiers, chacun avec son positionnement en termes de prix, de profil de locataires et de potentiel de valorisation. Pour un investissement locatif ou de capitalisation, il est essentiel de comprendre ces nuances.

Centre / Centro et Centro Historico : cœur économique et culturel

Le centre de Manaus, souvent indiqué comme « Centro » ou « Centro Historique », est le cœur commercial et administratif. On y trouve le Teatro Amazonas, les bâtiments coloniaux de la Belle Époque, le Mercado Adolpho Lisboa, des administrations et un tissu commercial dense.

C’est un secteur très adapté à des investissements résidentiels urbains (appartements) ou à des projets mixtes (commerces au rez-de-chaussée, bureaux ou logements aux étages). Un cas intéressant est celui d’un expatrié propriétaire d’un appartement de 150 m² dans un immeuble ancien du centre, avec un loyer de marché autour de 3 500 R$ par mois pour des unités similaires et un IPTU annuel inférieur à 1 000 R$. Ce type de bien, bien rénové, peut offrir un bon équilibre entre capitalisation et revenus locatifs.

Astuce :

Plusieurs opérations privées restaurent des maisons historiques autour de la place Dom Pedro II pour les convertir en bureaux, résidences de charme ou boutique-hôtels. Ces projets s’appuient sur le développement d’un quartier muséal et d’un terminal pour les croisières, ce qui peut augmenter à terme la valeur de ces immeubles.

Ponta Negra : vitrine résidentielle haut de gamme

Ponta Negra est le quartier emblématique du haut de gamme à Manaus. Situé le long du Rio Negro, il combine plage urbaine, promenade, restaurants, bars et résidences de standing avec vue imprenable sur le fleuve. Les prix y sont logiquement parmi les plus élevés de la ville, avec des estimations entre 10 000 et 18 000 R$/m² pour les meilleurs produits.

Ce secteur cible clairement les familles aisées, les cadres de la zone industrielle et les expatriés, mais aussi une clientèle court séjour attirée par la proximité de la plage et des départs d’excursions fluviales. Pour un investisseur, Ponta Negra permet de viser :

des loyers mensuels élevés pour du locatif longue durée,

des revenus plus volatils mais souvent supérieurs via des locations de courte durée type Airbnb, grâce à l’attrait touristique.

Adrianópolis : résidentiel sophistiqué et centre commercial

Adrianópolis se positionne comme un quartier résidentiel de standing, avec un mélange d’immeubles modernes et de maisons, de bonnes écoles, des parcs et des centres commerciaux comme Manauara Shopping. Les prix au mètre carré sont comparables ou légèrement supérieurs à Ponta Negra (environ 12 000 à 20 000 R$/m² selon les projets).

Attention :

Ce secteur attire une clientèle aisée recherchant confort et proximité, offrant des rendements locatifs de 5 à 6% avec une bonne occupation. Il est typiquement destiné à l’achat pour résidence principale, location longue durée ou un mix des deux.

Vieiralves, Dom Pedro, Parque 10 : segments intermédiaires à fort potentiel

Plusieurs quartiers intermédiaires cumulent bonne qualité de vie, prix encore raisonnables et potentiel de croissance :

Vieiralves : quartier animé, avec restaurants branchés, bars, boutiques. Il attire les jeunes actifs et les professionnels. Les prix au mètre carré oscillent entre 9 000 et 16 000 R$/m². C’est un bon choix pour des studios et T2 destinés à la colocation, au locatif meublé ou à des locations de courte durée ciblant les voyageurs d’affaires.

Dom Pedro : secteur résidentiel plus calme, très apprécié des familles et retraités, avec de nombreux parcs et écoles. Les prix moyens (8 000 à 15 000 R$/m²) restent nettement en dessous des quartiers premium. Idéal pour des maisons de ville ou des appartements familiaux à louer à long terme.

Parque 10 de Novembro : quartier de classe moyenne avec bonnes commodités et ambiance relativement paisible. On y trouve un large éventail d’appartements et de maisons. Pour un investisseur, ce secteur permet de viser un équilibre intéressant entre coût d’acquisition modéré et demande locative stable, notamment de familles.

Aleixo, Cidade Nova, São Jorge : options plus abordables

Pour des budgets plus limités ou une stratégie de diversification, certains quartiers offrent des prix d’entrée plus bas mais restent bien connectés :

Bon à savoir :

Le quartier d’Aleixo est en plein essor, bénéficiant d’une localisation proche du centre-ville et d’une bonne desservie par les transports. Les prix de l’immobilier y sont plus abordables, offrant un potentiel de rendements intéressants. Cependant, cette opportunité est conditionnée par un choix minutieux de l’emplacement précis au sein du quartier.

Cidade Nova : l’un des plus grands quartiers de Manaus, mêlant habitations et commerces. Les prix restent abordables et les services de proximité nombreux. C’est un vivier intéressant pour des investissements de volume (petits appartements ou maisons de rangée).

São Jorge : quartier traditionnel à forte identité locale, avec de nombreuses facilités de voisinage et des prix encore bas. Un terrain intéressant pour l’investisseur qui connaît la ville et accepte un environnement plus populaire.

Zone industrielle et logistique : entrepôts et plateformes

La zone industrielle de Manaus, qui abrite la majorité des usines de la zone franche, est le principal pôle pour les entrepôts, usines et plates-formes logistiques. La vente par Hines à XP Asset d’un portefeuille d’entrepôts triple A, incluant un grand site à Manaus, illustre l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour l’immobilier logistique local. Ce segment, plus technique, nécessite une approche professionnelle mais peut offrir des rendements attractifs dans un contexte de croissance de la production et du e‑commerce.

Location longue durée ou courte durée : quelle stratégie privilégier ?

Manaus présente deux marchés locatifs bien distincts : la location traditionnelle à l’année, portée par les résidents permanents, et la location de courte durée, liée au tourisme nature et aux voyages d’affaires.

Marché locatif résidentiel : une demande soutenue

Les loyers moyens donnent une bonne idée de l’accessibilité du marché :

Type de bien (longue durée)Centre (BRL/mois)Hors centre (BRL/mois)
Appartement 1 chambre~2 200~1 333
Appartement 3 chambres~3 733~2 767

Rapportés aux salaires moyens nets (environ 2 300–2 650 R$/mois), ces loyers restent élevés pour une partie de la population, mais la montée de la classe moyenne et la présence d’une population salariée stable dans la zone franche soutiennent la demande.

500 à 900

C’est le coût mensuel des factures de base (électricité, eau, déchets) pour un appartement d’environ 85 m².

Location de courte durée : potentiel intéressant mais sélectif

Le marché des locations touristiques de type Airbnb à Manaus compte environ 800 annonces actives. Les statistiques montrent :

Indicateur Airbnb – ManausValeur médiane approx.
Revenu mensuel médian~390 USD
Revenu mensuel top 25 %≥ 708 USD
Revenu mensuel top 10 %≥ 1 115 USD
Taux d’occupation médian~42 %
Taux d’occupation top 25 %≥ 70 %
Taux d’occupation top 10 %≥ 86 %
Tarif journalier moyen (ADR)~26 USD
ADR top 25 %≥ 42 USD
ADR top 10 %≥ 68 USD

On voit donc un marché très hétérogène : une grande majorité de biens génèrent des revenus modestes, alors qu’un quart environ parvient à des taux d’occupation et des niveaux de prix nettement supérieurs. Sans surprise, ces meilleures performances se concentrent dans des quartiers comme Ponta Negra, Centro historique, Adrianópolis, ou des zones proches des attractions touristiques et des points de départ d’excursions en forêt.

Bon à savoir :

La saisonnalité est modérée, avec un pic d’activité d’avril à juin, mais un niveau correct toute l’année. Le cadre réglementaire est actuellement peu contraignant, mais les municipalités brésiliennes pourraient à l’avenir imposer des règles plus strictes (enregistrement, taxes, quotas) pour les locations touristiques.

Pour un investisseur, la question est donc de savoir s’il préfère :

sécuriser un revenu régulier avec un bail classique annuel,

– ou chercher une rentabilité nette plus élevée via la courte durée, au prix d’une gestion plus active, de revenus plus volatils et d’un risque réglementaire futur.

Investir en tant qu’étranger : cadre juridique et fiscal

L’un des points forts du Brésil est de permettre aux étrangers d’acheter de l’immobilier dans des conditions assez proches de celles des résidents, en particulier en zone urbaine. Manaus n’échappe pas à cette règle.

Achat urbain : droits quasi équivalents à ceux des Brésiliens

En milieu urbain comme Manaus, un investisseur étranger peut acquérir librement des appartements, maisons, bureaux, commerces ou entrepôts, sans obligation de résidence ni visa spécifique. Les conditions principales sont :

obtenir un numéro fiscal brésilien (CPF),

fournir un passeport valide et des documents d’état civil,

– faire légaliser et traduire ces documents en portugais par un traducteur assermenté,

– signer un acte notarié (escritura pública) devant un cartório,

– enregistrer l’acte au registre foncier (Registro de Imóveis).

L’étape d’enregistrement est cruciale : c’est elle qui confère la propriété effective. Il est courant pour les acheteurs étrangers de mandater un avocat local via une procuration pour gérer l’ensemble du processus à distance.

Bon à savoir :

Les restrictions brésiliennes sur les achats de terres par des étrangers s’appliquent principalement aux zones rurales et aux zones stratégiques comme les régions frontalières et certaines zones côtières. Dans la région de Manaus, ces règles concernent surtout les grands terrains à usage agricole ou forestier, et non les appartements en milieu urbain.

Financement : possible, mais plus compliqué

Les banques brésiliennes proposent des prêts immobiliers aux étrangers, mais les conditions sont plus strictes que pour les résidents :

apport souvent élevé (au moins 20 %, et parfois jusqu’à 40–50 % pour un non-résident),

– taux d’intérêt relativement élevés (généralement entre 8 et 12 % pour des profils solides, parfois plus pour les non-résidents),

– durée maximale de l’ordre de 30 ans,

– exigence fréquente de visa de séjour de longue durée ou de preuve de revenus stables au Brésil.

À l’échelle nationale, les taux directeurs (Selic) sont restés élevés ces dernières années, ce qui entretient un coût du crédit important. Cela représente une contrainte pour les emprunteurs locaux, mais une opportunité pour un investisseur en fonds propres : moins de concurrence de la part des acheteurs très endettés, et donc plus de marge de négociation.

Attention :

Les transferts de fonds depuis l’étranger doivent être déclarés à la Banque centrale du Brésil (Banco Central do Brasil). Cette formalité est essentielle pour pouvoir rapatrier le capital et les plus-values à l’avenir.

Fiscalité à l’achat et à la détention

La fiscalité des transactions immobilières au Brésil est principalement municipale et relativement lisible.

À l’achat, l’investisseur doit prévoir :

l’ITBI (taxe de mutation immobilière), en général entre 2 et 4 % du prix, à Manaus dans la moyenne brésilienne,

– les frais de notaire et d’enregistrement, souvent entre 1 et 1,5 % du prix,

– les honoraires d’avocat, couramment entre 1 et 3 %.

Au total, les coûts d’acquisition pour l’acheteur représentent en pratique 4 à 7 % du prix d’achat. En ajoutant la commission de l’agent immobilier (en principe à la charge du vendeur, autour de 4–6 %), le coût « aller-retour » complet d’une opération peut atteindre 8–13 %.

Ensuite, l’investisseur paie chaque année l’IPTU, taxe foncière urbaine prélevée par la municipalité, généralement entre 0,3 et 1,5 % de la valeur cadastrale, souvent inférieure à la valeur de marché. Certains programmes neufs ou projets d’intérêt public peuvent bénéficier d’exonérations temporaires.

Fiscalité des loyers et des plus-values

Pour un non-résident, les loyers perçus au Brésil sont imposés à un taux forfaitaire de 15 % sur le revenu brut, porté à 25 % si l’investisseur réside dans une juridiction considérée comme à fiscalité privilégiée. Les résidents, eux, relèvent du barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec possibilité de déduire une partie des charges (entretien, IPTU, intérêts d’emprunt, etc.).

Bon à savoir :

Les non-résidents paient généralement un impôt de 15% sur le gain net (parfois 25%). Les résidents sont soumis à un barème progressif et peuvent bénéficier d’exonérations, notamment en cas de réinvestissement dans une résidence principale dans un délai spécifique.

Les revenus et plus-values doivent être déclarés et les impôts versés au moment de la transaction, y compris via des mécanismes de retenue à la source effectués par le notaire dans certains cas.

En parallèle, l’investisseur doit, le cas échéant, tenir compte de la fiscalité de son pays de résidence, même si le Brésil a signé de nombreuses conventions de non‑double imposition.

Avantages spécifiques et risques propres à Manaus

Investir dans l’immobilier à Manaus ne consiste pas seulement à appliquer mécaniquement une grille d’analyse utilisée pour São Paulo ou Rio. La position géographique, l’environnement amazonien et la structure économique créent un profil de risque/opportunité très particulier.

Les atouts pour l’investisseur

Plusieurs facteurs jouent clairement en faveur de la ville :

Prix encore bas par rapport aux grandes capitales : l’écart de prix au mètre carré offre un potentiel de rattrapage sur le long terme, surtout dans les quartiers proches des grands axes modernisés ou des pôles culturels en rénovation.

Croissance des prix déjà démontrée : près de 50 % de hausse cumulée entre 2019 et 2024 sur certains segments, avec une progression annuelle récente d’environ 9 %.

Rendements locatifs corrects : des taux de 5,5 à 6,5 % bruts sont fréquents, légèrement supérieurs à la moyenne nationale dans certains secteurs.

Stabilité économique de la zone franche : le renouvellement des incitations fiscales jusqu’en 2073 rassure sur la pérennité des activités industrielles et logistiques qui emploient une large partie de la population.

800

Le marché de la location touristique à courte durée compte environ 800 biens actifs, avec les 25% les plus performants affichant des résultats solides à Ponta Negra et dans le centre historique.

Coût de la vie et des services encore modéré : même si certains biens de consommation sont plus chers qu’ailleurs au Brésil, les coûts de main-d’œuvre (ménage, gestion locative, petits travaux) et les loyers restent raisonnables par rapport aux revenus potentiels.

Les risques à ne pas sous-estimer

En contrepartie, plusieurs éléments imposent prudence et sélection :

Isolement logistique : les coûts de construction, de rénovation et de maintenance peuvent être plus élevés que dans le Sud du pays. Les délais de livraison de matériaux ou d’équipements sont souvent plus longs. Un investisseur doit intégrer ces frais dans ses simulations.

Sécurité et perception internationale : la ville est souvent décrite comme peu sûre, avec des inquiétudes particulières pour les femmes, et une réputation mitigée en matière de vie nocturne. Cela peut freiner certains profils de locataires internationaux, même si la population locale note un taux de criminalité relativement contenu pour une grande métropole.

98

Pourcentage d’habitants ayant accès à l’eau potable, bien que la collecte et le traitement des eaux usées accusent un retard important.

Bureaucratie et aléas administratifs : comme ailleurs au Brésil, les procédures peuvent être lentes et parfois opaques. Des projets de modernisation, y compris la digitalisation des registres fonciers, sont en cours, mais la réalité sur le terrain reste hétérogène.

Vulnérabilité climatique : la région amazonienne est particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique et de la déforestation. Crues, chaleur extrême, qualité de l’air variable peuvent à terme influer sur l’attractivité résidentielle de certaines zones.

Risque réglementaire sur les locations touristiques : le cadre est encore souple, mais les grandes villes brésiliennes tendent à encadrer de plus en plus strictement les locations de courte durée. Manaus pourrait suivre la même trajectoire.

Un marché qui exige une approche segmentée

La conclusion logique est que Manaus convient surtout :

– aux investisseurs prêts à adopter une perspective de long terme,

– à ceux qui s’intéressent à des biens bien situés dans quelques quartiers clefs,

– et à ceux qui acceptent la complexité supplémentaire liée à l’éloignement géographique et administratif.

En clair, ce n’est pas un marché de « flip » rapide pour spéculateurs, mais un terrain favorable à des stratégies de rente et de capitalisation sur 5, 10 ou 15 ans.

Comment structurer une stratégie d’investissement à Manaus

Face à cette combinaison d’opportunités et de risques, plusieurs grandes lignes se dégagent pour structurer une stratégie efficace.

Privilégier les petits appartements bien localisés

Les tendances nationales montrent que les studios et appartements d’une chambre sont les formats connaissant la plus forte appréciation, tirés par la hausse du coût du crédit et la réduction de la taille des foyers. À Manaus, cette logique se retrouve dans les quartiers comme Vieiralves, Adrianópolis, Ponta Negra et certaines parties du centre.

Un portefeuille composé majoritairement de petites unités bien situées peut offrir :

une liquidité supérieure à la revente,

un risque de vacance locative plus faible,

une flexibilité pour la location longue durée ou, selon le cas, la courte durée.

Miser sur les axes d’infrastructure et les pôles culturels

Les propriétés situées le long des axes récemment modernisés, près des nouveaux échangeurs ou dans le périmètre des projets de réhabilitation (comme le centre historique) bénéficient souvent d’un effet d’aubaine. À l’échelle du Brésil, on observe régulièrement des hausses de valeurs de 10 à 25 % dans les années suivant la livraison de ce type d’infrastructures.

Astuce :

Pour bien comprendre et explorer Manaus, il est recommandé de suivre des programmes dédiés à cette ville, comme ceux mentionnés dans les sources disponibles.

les extensions de voies structurantes,

les nouveaux terminaux de transport,

les projets de quartier culturel autour de la place Dom Pedro II et du Museu da Cidade Manaus,

permet de repérer des micro‑zones susceptibles de surperformer la moyenne de la ville.

Sécuriser le juridique et la gestion

Dans un environnement où la documentation foncière peut parfois être lacunaire, la première dépense doit être un bon avocat spécialisé en immobilier, idéalement familier de Manaus. Vérification minutieuse des titres, des éventuelles hypothèques, des litiges, mais aussi des aspects de copropriété (charges, travaux prévus, réserve de fonds) sont indispensables avant toute acquisition.

Pour la gestion, surtout en cas de location courte durée ou de propriété multiple, s’appuyer sur un gestionnaire local expérimenté est crucial, ne serait-ce que pour gérer la relation avec les prestataires, les petits travaux et les locataires. Les frais de gestion tournent souvent autour de 8–12 % des loyers perçus, un coût à intégrer dans le business plan.

Anticiper la fiscalité à moyen terme

Une grande réforme fiscale a été adoptée au niveau fédéral, visant à simplifier le système via un double mécanisme de TVA (CBS/IBS) qui remplacera progressivement plusieurs taxes existantes. Cette réforme prévoit notamment de requalifier certains bailleurs « professionnels » (plusieurs biens, revenus locatifs élevés) comme redevables de ces nouvelles taxes, avec un taux effectif pouvant dépasser 35 % dans certains scénarios.

Astuce :

Pour un investisseur important, possédant plusieurs biens ou générant des revenus significatifs, il est prudent d’adopter une approche particulièrement vigilante dans la gestion de son patrimoine.

de simuler différents montages (détention en direct, via société, via FII),

d’anticiper les effets de la réforme sur le rendement net,

– et d’ajuster la structure d’investissement en conséquence.

Utiliser, si pertinent, les véhicules collectifs

Enfin, pour ceux qui souhaitent exposer une partie de leur portefeuille au marché de Manaus sans gérer directement un bien, les fonds d’investissement immobilier (FIIs) cotés peuvent constituer une option. Certains détiennent des actifs logistiques ou commerciaux dans la région Nord, y compris Manaus. Les revenus distribués par ces fonds bénéficient, sous conditions, d’une exonération d’impôt pour les investisseurs personnes physiques.

En résumé

Investir dans l’immobilier à Manaus, c’est parier sur une métropole atypique, isolée mais industrielle, tropicale mais très urbanisée, située à la croisée de la bioéconomie naissante et de l’industrie électronique traditionnelle. Le marché affiche des prix encore raisonnables, une progression rapide des valeurs depuis plusieurs années et des rendements locatifs globalement attractifs, en particulier dans certains quartiers résidentiels et touristiques.

Bon à savoir :

L’investissement immobilier à Manaus exige patience et méthode en raison de son isolement logistique, des enjeux climatiques, des fragilités sécuritaires et de la complexité administrative. Une stratégie réussie repose sur trois piliers : une sélection géographique précise (Ponta Negra, Adrianópolis, Vieiralves, Centre historique, certains secteurs intermédiaires), une sécurisation juridique rigoureuse et une gestion professionnelle adaptée aux réalités locales.

Pour un investisseur prêt à jouer le temps long, doté de conseillers locaux solides et conscient des risques, Manaus peut constituer une pièce originale et potentiellement très rentable au sein d’un portefeuille immobilier brésilien diversifié.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Manaus, Brésil, pour chercher du rendement locatif et une exposition au réal brésilien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés brésiliens (São Paulo, Fortaleza, Curitiba), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Manaus, bénéficiant de la dynamique économique de la zone franche et de la croissance démographique locale. Objectif : rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure (propriété directe ou via société brésilienne) et intégration de l’actif de Manaus dans une stratégie patrimoniale globale maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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