Investir dans l’immobilier à Curitiba : guide complet pour comprendre le marché

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Curitiba intrigue de plus en plus les investisseurs étrangers. Capitale du Paraná, ville modèle en matière d’urbanisme durable, hub économique et technologique, elle coche beaucoup de cases pour qui cherche à placer son argent dans la pierre au Brésil. Mais derrière l’image de « ville verte » et de « smart city », que vaut réellement son marché immobilier ? Quels rendements espérer, à quels prix, dans quels quartiers, avec quelles contraintes pour un investisseur non résident ?

Bon à savoir :

Ce guide fournit une analyse complète du marché immobilier de Curitiba, incluant les prix, les rendements, les quartiers stratégiques, ainsi que les aspects fiscaux, de financement et le cadre légal spécifique aux investisseurs étrangers, le tout basé sur les données disponibles.

Un marché immobilier en pleine accélération

Curitiba s’impose aujourd’hui comme l’un des marchés les plus dynamiques du pays. Les chiffres des dernières années montrent une trajectoire nettement haussière, tirée à la fois par la demande locale, la montée de la classe moyenne, le dynamisme économique et la qualité de vie.

117

Sur la période 2014-2024, le prix moyen au mètre carré des biens neufs a augmenté de 117 %, dépassant largement l’inflation officielle de la décennie.

À la fin de 2024, le prix moyen de vente se situait autour de 10 703 R$ par mètre carré, un niveau confirmé début 2025. Les analystes locaux anticipent encore une progression annuelle de l’ordre de 8 à 10 % dans les prochaines années, portée par un marché jugé robuste, concurrentiel et alimenté par un stock limité de foncier en zones centrales.

Exemple :

Le délai moyen de commercialisation d’un appartement est passé de 140 jours en 2023 à environ 45 jours en 2025, illustrant une nette accélération du marché et une situation devenue favorable aux vendeurs.

Tableau – Dynamique récente des prix à Curitiba

IndicateurValeur / Évolution
Hausse des prix sur 5 ans+20 %
Hausse des prix résidentiels en 2024+18 % (1ère parmi les capitales)
Prix moyen neuf 20145 977 R$/m²
Prix moyen neuf 202412 976 R$/m² (+117 %)
Prix moyen fin 2024 / janv. 202510 703 R$/m²
Croissance annuelle anticipée8–10 %
Délai moyen de vente en 202545 jours

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte économique favorable : Curitiba dispose de la quatrième ou cinquième économie parmi les capitales brésiliennes, d’un PIB municipal approchant les 100 milliards de reais, et d’un revenu par habitant supérieur de 66 % à la moyenne nationale. L’économie locale, tirée par l’industrie automobile, les services, la technologie et la logistique, alimente une demande immobilière soutenue, aussi bien pour la résidence principale que pour l’investissement locatif.

Qui achète, et pourquoi ici ?

La démographie et le profil des acquéreurs jouent un rôle central dans l’essor du marché. La ville compte environ 1,8 à 1,9 million d’habitants, mais son aire urbaine dépasse les 3,5 millions de personnes, avec une croissance régulière de la population métropolitaine. L’acheteur « type » a environ 35 ans, souvent en couple ou jeune famille, et recherche un appartement de taille moyenne, bien connecté aux transports.

La ville attire plusieurs profils :

Pourquoi investir à Curitiba ?

Découvrez les principaux profils d’acheteurs et d’investisseurs attirés par la capitale du Paraná, motivés par sa qualité de vie, son rapport qualité-prix et ses opportunités.

Classes moyennes & supérieures brésiliennes

Séduites par la sécurité relative, la qualité du système éducatif et la qualité de vie globale offerte par la ville.

Expatriés internationaux

Attirés par un coût de la vie raisonnable (700-1400 USD/mois), un système de santé performant et la présence de bonnes écoles internationales, dont l’International School of Curitiba.

Investisseurs étrangers

Profitent de prix immobiliers compétitifs, d’une monnaie brésilienne vulnérable rendant les biens abordables en devises fortes, et de perspectives d’obtention d’un visa investisseur.

À cette base de demande structurelle s’ajoutent des étudiants et de jeunes actifs, souvent locataires, ainsi qu’une population croissante de travailleurs hybrides ou à distance, qui recherchent des logements avec espaces de télétravail, bonne connexion internet et proximité des services.

Un éventail de biens, du studio compact au penthouse de luxe

L’offre de biens à Curitiba est très diversifiée. L’appartement reste le produit dominant, mais avec des segments bien différenciés.

Les programmes neufs proposent en moyenne des unités d’environ 70 m², avec une base comprise entre 60 m² pour les deux-pièces compacts et plus de 300 m² pour les appartements haut de gamme dans les quartiers les plus prisés. Certains immeubles affichent même des surfaces allant jusqu’à 391 m², voire 565 m² pour les unités très luxueuses.

Bon à savoir :

Les copropriétés récentes offrent généralement des prestations standard comme une sécurité 24h/24, une piscine, une salle de sport, des espaces de coworking, et parfois des salles de jeux ou des espaces verts privatifs. Elles intègrent également une dimension durable croissante avec des équipements tels que des panneaux solaires, des systèmes de récupération des eaux de pluie et l’utilisation de matériaux à faible impact environnemental. Certains grands ensembles, notamment à Ecoville et Campo Comprido, peuvent même obtenir des certifications « vertes ».

Les maisons individuelles existent, du petit pavillon familial à la villa de prestige. Une maison de trois chambres se négocie autour de 800 000 R$ en moyenne, selon la localisation. Les « sobrados » (maisons mitoyennes en copropriété) et les maisons dans des lotissements fermés (condomínios fechados) sont très prisés pour leur combinaison d’espace, de sécurité et d’infrastructures partagées.

Le segment commercial connaît lui aussi un regain d’intérêt, surtout dans le centre et dans le secteur de Rebouças, où la présence de l’aire industrielle de Curitiba (CIC) et de milliers d’entreprises crée une demande pour des bureaux, commerces et entrepôts.

Un luxe qui surperforme… en volume

Le luxe tient une place particulière à Curitiba. Les appartements considérés comme « de luxe » se situent dans une fourchette de 1,5 à 3 millions de reais, avec un ticket moyen autour de 1,5 million. Ces biens se concentrent surtout à Batel, Ecoville, Bigorrilho ou encore dans certains secteurs de Cabral et Água Verde.

19,5

Sur la dernière année de référence, les ventes d’appartements de 1,5 à 3 millions de reais ont bondi de 19,5 %, dépassant la croissance du marché global.

Cette surperformance en volume pose toutefois une question de rendement locatif, car dans le très haut de gamme les loyers ont augmenté moins vite que les prix, ce qui peut compresser les rendements bruts. Pour un investisseur strictement locatif, le segment luxe demande donc une analyse plus fine que les studios ou petits appartements, souvent plus rentables en proportion.

Où sont les prix ? Cartographie des quartiers et des valeurs

Curitiba est loin d’être homogène. Les prix varient fortement d’un quartier à l’autre, en fonction de la réputation, de la sécurité, des transports et du niveau de services.

À la fin de 2024, dans les zones les plus demandées comme Batel, Bigorrilho (également appelé Champagnat) ou Juvevê, les valeurs se situaient entre 11 297 R$ et 14 551 R$ par mètre carré. À l’inverse, certains secteurs périphériques proposent des biens à partir de 6 500 R$/m², voire moins selon l’état du bien et la distance au centre.

Tableau – Exemples de niveaux de prix par secteur

Quartier / SegmentIndication de prix
Batel / Bigorrilho / Juvevê (haut de gamme)11 297 à 14 551 R$/m²
Santa Felicidade (médian)≈ 4 420 R$/m² (médiane)
Quartiers abordables (Boa Vista, Portão…)À partir de ≈ 6 500 R$/m²
Prix moyen ville (tous types)≈ 10 703 R$/m² (2024–2025)
Prix médian d’un bien≈ 511 000 R$
Maison 3 chambres (moyenne)≈ 800 000 R$

En 2024, certains quartiers ont enregistré des hausses spectaculaires : Campo Comprido, Batel et Água Verde ont vu leurs prix grimper entre 13,2 % et 32,2 % en une seule année. Cette flambée reflète l’arrivée de nouveaux projets, l’amélioration des infrastructures et la demande montante pour des environnements plus verts et modernes.

1690000

Le prix médian d’un bien à Santa Felicidade, quartier réputé pour son héritage italien et sa gastronomie, est d’environ 1,69 million de reais.

Pour un investisseur, l’enjeu est de trouver un compromis entre :

quartiers « vitrines » (Batel, Bigorrilho, Ecoville, Cabral, certaines parties d’Água Verde), où l’appréciation du capital et la liquidité sont fortes mais les rendements locatifs tendent à être plus faibles ;

secteurs intermédiaires ou émergents (Campo Comprido, Portão, Mossunguê, Santa Felicidade périphérique, certaines zones le long de la Linha Verte ou proches du CIC), où les prix d’entrée sont plus abordables et les rendements bruts souvent plus élevés.

Louer à Curitiba : quels rendements espérer ?

Curitiba est avant tout une ville de locataires actifs : jeunes professionnels, étudiants, familles en transition, expatriés en mission, etc. La demande locative est soutenue par une croissance démographique régulière, une offre limitée dans les secteurs centraux et un marché du travail dynamique.

Les rendements bruts moyens s’établissent autour de 4,5 à 5,3 % par an selon les sources et les méthodes de calcul, avec une dispersion importante selon le type de bien et le quartier. Les données globales indiquent généralement un rendement brut moyen aux alentours de 4,5–4,7 % en ville, avec des valeurs légèrement plus hautes en périphérie immédiate que dans l’hypercentre.

Des analyses plus détaillées montrent que : les résultats peuvent varier significativement selon les méthodes utilisées.

Astuce :

Les studios et petits T1 (25–45 m²) offrent généralement les meilleurs rendements bruts (5 à 6,3 %), surtout s’ils sont bien situés (proche du centre ou des universités). Les T2 constituent un bon compromis avec une demande constante et une rotation modérée des locataires. En revanche, les appartements de trois chambres et les copropriétés très équipées offrent des rendements plus modestes (3,4 à 4,6 %) mais une plus grande stabilité, adaptée aux familles.

Pour un investisseur, on considère qu’à Curitiba un rendement brut d’au moins 5 % est « bon », tandis qu’au-delà de 4,9 % on entre déjà dans la zone des biens performants. La moyenne nette, une fois déduits charges de copropriété, impôts locaux, entretien, vacance locative et gestion, tourne autour de 3,1 % annuels, avec un écart classique de 1,4 à 1,5 point entre brut et net.

Tableau – Structure indicative des rendements

IndicateurValeur indicative
Rendement brut moyen (ville)≈ 4,5–5,3 % / an
Rendement net moyen≈ 3,1 % / an
Écart brut / net1,4–1,5 points de pourcentage
Studios / T1 (25–45 m²)≈ 5,0–6,3 % brut
T3 et grands appartements≈ 3,4–4,6 % brut
Rendement brut jugé « bon »≥ 5 %
Rendement brut seuil « performant »≈ 4,9 %

En termes de loyers, les chiffres varient selon le segment considéré. Dans la location longue durée, des sources indiquent par exemple :

1850

Le loyer médian pour les maisons à la location au Brésil, tous types confondus, est d’environ 1 850 R$ par mois.

Les loyers plus modestes mentionnés dans certains relevés (par exemple 1 200–1 500 R$ pour un T1 dans le centre et 800–1 200 R$ en périphérie) illustrent plutôt les segments d’entrée de gamme ou les quartiers moins cotés.

La vacance locative se situe généralement autour de 6 % (soit 3 à 4 semaines inoccupées par an), avec un taux plus bas (5 %) dans les zones de forte demande et un peu plus élevé (8 % et plus) dans les secteurs très haut de gamme où les loyers sont plus difficiles à faire accepter. En pratique, il est raisonnable de prévoir environ un mois de vacance par an dans ses projections de cash-flow, ou de provisionner environ 8 % du revenu locatif annuel pour cette variable.

Long terme ou courte durée : arbitrer son modèle

Curitiba se prête à deux grandes stratégies locatives :

la location longue durée, à destination des résidents locaux, étudiants ou expatriés installés ;

la location de courte durée (type Airbnb ou équivalents), portée par le tourisme et les voyages d’affaires.

Pour la longue durée, l’avantage est la stabilité : moins de gestion quotidienne, une rotation de locataires plus faible, et une plus grande prévisibilité des flux de trésorerie. Ce modèle convient particulièrement aux quartiers résidentiels bien établis (Água Verde, Ecoville, Santa Felicidade, Vila Izabel, etc.) ou aux biens orientés familles.

Attention :

La ville a accueilli environ 675 000 touristes internationaux en 2024 et est la troisième destination affaires du pays. Les grands événements (festivals, congrès, conférences) dopent périodiquement la demande, permettant d’ajuster les loyers à la hausse. Les analyses montrent des hausses de 30 à 50 % du taux d’occupation et de 40 à 80 % des tarifs pendant ces pics.

Cependant, la location saisonnière implique une gestion beaucoup plus active : check-in/check-out, ménage, marketing en ligne, gestion des commentaires, etc. Il faut aussi vérifier scrupuleusement les règles de copropriété : de nombreux condominiums, notamment à Batel, Água Verde, Bigorrilho, Centro et Juvevê, restreignent voire interdisent les locations de type Airbnb.

Coûts, charges et fiscalité : ce que les chiffres disent vraiment

Pour évaluer la rentabilité d’un investissement à Curitiba, il faut tenir compte d’un ensemble de coûts récurrents et ponctuels : impôts locaux, charges de copropriété, entretien, assurances, gestion, ainsi que les taxes sur les revenus locatifs.

Impôts locaux (IPTU) et droits de mutation (ITBI)

L’IPTU, équivalent de la taxe foncière, est calculé sur la valeur fiscale du bien. À Curitiba, le taux moyen tourne autour de 1,2 % de la valeur du bien, avec pour un appartement standard une facture annuelle typique située entre 1 500 et 4 500 R$, et pour une maison, entre 3 000 et 12 000 R$ selon la taille et l’emplacement. La ville propose régulièrement une remise aux payeurs anticipés : en 2025, par exemple, un rabais de 10 % est accordé en cas de règlement avant le 20 mars.

Le taux maximal résidentiel a récemment été abaissé de 1,1 % à 0,65 % pour certains segments, dans un contexte de révision de la « Planta Genérica de Valores » (PGV), l’outil de base pour l’évaluation fiscale.

Lors d’un achat, l’impôt sur la transmission (ITBI) représente le plus gros poste de frais de clôture. À Curitiba, le taux se situe aux alentours de 2,7 % de la valeur du bien, avec des estimations complémentaires de 2,4 à 3–5 % selon les sources ou les configurations, notamment pour les acheteurs étrangers. À cela s’ajoutent :

0.9 à 1.9

Le total des frais administratifs (notaire, enregistrement et certificats) représente ce pourcentage du prix d’achat d’un bien immobilier en Espagne.

Au total, les coûts de fermeture se situent habituellement entre 3,7 % et 4,8 % du prix d’achat, hors honoraires d’avocat.

Charges et frais récurrents

Les charges de copropriété constituent souvent le poste le plus lourd pour un bailleur. En moyenne, elles se situent autour de 400 R$ par mois pour la ville, mais peuvent facilement dépasser 800 R$ dans les résidences haut de gamme de Batel et d’autres quartiers prestigieux. À ce niveau, il n’est pas rare de voir plus d’un point de rendement brut partir uniquement en charges de copropriété.

À ces frais s’ajoutent :

– l’entretien courant du bien, estimé en moyenne à 300 R$/mois ;

– les coûts de services de base (électricité, eau, gaz) pendant les périodes de vacance, généralement entre 150 et 350 R$/mois ;

– l’assurance propriétaire (bâtiment + responsabilité civile), souvent comprise entre 500 et 1 500 R$ par an pour un appartement, davantage pour une maison ;

– un budget annuel de maintenance et réparations recommandé entre 0,5 % et 1 % de la valeur du bien, ou 5 à 10 % des loyers annuels. Pour un appartement typique, cette enveloppe globale (assurance + entretien + réparations) oscille entre 3 000 et 8 000 R$ par an.

8 à 12

Les services de gestion locative complète facturent entre 8 et 12 % du loyer mensuel.

Tableau – Structure moyenne des coûts pour un bailleur

PosteOrdre de grandeur
IPTU (impôt foncier)≈ 1,2 % de la valeur / an
Frais de copropriété (moyenne)≈ 400 R$/mois (800 R$+ en haut de gamme)
Entretien courant≈ 300 R$/mois
Assurance propriétaire500–1 500 R$/an (appartement)
Maintenance & réparations0,5–1 % de la valeur / an
Gestion locative8–12 % du loyer mensuel
Vacance locative à budgéter≈ 1 mois de loyer par an (8 %)

Rénovation : un levier de valeur… mais coûteux

L’âge moyen du parc résidentiel à Curitiba est d’environ 25 ans, avec de nombreux immeubles construits lors d’un boom au début des années 2000. Les lois n’imposent pas de programme systématique d’inspection ou de rénovation lourde, ce qui signifie que de nombreux appartements peuvent être techniquement fonctionnels mais esthétiquement datés.

Les coûts de rénovation sont loin d’être négligeables. Un budget moyen tournant autour de 50 000 R$ est évoqué, mais la fourchette réelle va de 800 à 11 000 R$/m² selon l’ampleur des travaux, les matériaux choisis et le niveau de finition recherché. Une rénovation complète d’un appartement de 55 m² peut facilement avoisiner 190 000 R$, et un 100 m² nécessiter entre 80 000 et 1 000 000 R$ dans les cas extrêmes. Avec l’inflation des matériaux, il est peu probable que les coûts redescendent en deçà de 700 R$/m².

Pour l’investisseur, la rénovation peut être un excellent levier de création de valeur dans des quartiers en mutation (Água Verde, Campo Comprido, certains secteurs du centre), à condition de bien chiffrer, d’éviter les sous-estimations et de viser un positionnement cohérent avec le public cible (locatif standard, haut de gamme, coliving, etc.).

Règles du jeu pour les étrangers : CPF, propriété et contraintes

Pour un investisseur étranger, Curitiba présente un avantage majeur : le Brésil n’interdit pas aux non-résidents d’acheter des biens urbains, et la ville elle-même ne fait pas partie des zones frontalières soumises à des restrictions spécifiques. Un ressortissant étranger peut donc acquérir et détenir en pleine propriété des appartements, maisons, condos, sobrados, bureaux ou locaux commerciaux en milieu urbain, à son nom propre.

Bon à savoir :

L’obtention d’un CPF (Cadastro de Pessoas Físiques), le numéro d’identification fiscale brésilien, est indispensable. Sans lui, il est impossible d’enregistrer une propriété, d’ouvrir un compte bancaire local ou de payer ses impôts. La demande s’effectue dans un consulat brésilien à l’étranger ou directement auprès de l’administration fiscale (Receita Federal), parfois en ligne sous certaines conditions.

Il n’existe pas de quota limitant la part d’unités détenues par des étrangers dans un immeuble ou un condominium à Curitiba, ni d’autorisation spéciale à obtenir pour des acquisitions urbaines standard. Ce n’est qu’en cas de terrains classés ruraux (chácara, sítio en périphérie) que s’appliquent les règles fédérales restrictives : contraintes sur les surfaces, plafond sur la proportion de territoire municipal détenue par des étrangers, besoin d’autorisations spéciales, etc.

Acheter un bien à Curitiba ne donne pas automatiquement droit au séjour, mais peut contribuer à un dossier de visa investisseur immobilier. À l’échelle du pays, ce visa requiert un investissement minimal de 1 000 000 R$ dans un bien urbain dans le Sud (donc Curitiba), avec un processus piloté au niveau fédéral.

Le processus d’achat pas à pas

La procédure d’acquisition à Curitiba suit un schéma relativement standard pour le Brésil, mais exige rigueur et accompagnement professionnel.

Les grandes étapes sont les suivantes :

Exemple :

L’acquisition d’un bien immobilier au Brésil par un étranger suit une procédure structurée. Elle débute par l’obtention du CPF (numéro fiscal). Ensuite, la recherche et la négociation du bien s’effectuent via des plateformes spécialisées ou des agences. Une due diligence juridique approfondie est menée par un avocat local, incluant la vérification du titre de propriété et l’absence de dettes. Une vérification urbanistique est également requise. Les parties signent ensuite un pré-contrat avec le versement d’un acompte. Le processus se poursuit par le paiement des droits de mutation (ITBI), la signature de l’acte authentique devant notaire (éventuellement par procuration) et s’achève par l’enregistrement de l’acte au Registre immobilier, qui transfère définitivement la propriété.

L’une des erreurs les plus fréquentes des étrangers consiste à régler l’intégralité du prix avant la finalisation de l’escritura et de l’enregistrement, ce qui laisse la porte ouverte à de multiples risques. Une autre faute courante est de négliger l’aide d’un avocat indépendant et de se reposer exclusivement sur l’agent ou sur le notaire, alors que ceux-ci ne défendent pas nécessairement les intérêts spécifiques de l’acheteur.

Financer son investissement : crédits, taux et réalités

Accéder au crédit brésilien en tant qu’étranger reste possible, mais avec des contraintes. Pour un emprunteur local, les banques financent habituellement jusqu’à 80 % de la valeur du bien, avec des taux d’intérêt autour de 10–11 % pour des durées de 20 ans. Pour un non-résident, les exigences se durcissent : apports plus élevés (souvent 30 à 50 %), taux d’intérêt entre 10 et 15 % par an, durée souvent plus courte que pour un résident.

Bon à savoir :

À Curitiba, les établissements les plus ouverts aux profils internationaux sont Caixa Econômica Federal, Santander Brasil et Itaú. Pour améliorer sensiblement vos chances d’obtenir un financement, il est essentiel de disposer d’un statut de résident, d’un CPF (numéro d’identification fiscale brésilien), d’un compte bancaire local et de justificatifs de revenus, qu’ils proviennent du Brésil ou de l’étranger.

Les produits à taux fixe existent mais restent minoritaires ; la plupart des prêts sont indexés sur un taux de base (comme la TR) auquel s’ajoute une marge. Dans le contexte brésilien de taux d’intérêt élevés, beaucoup d’investisseurs étrangers préfèrent acheter comptant, en profitant de taux de change favorables plutôt que de s’endetter localement.

En 2024, environ 40 % des transactions immobilières à Curitiba ont été financées par des crédits bancaires, et le portefeuille de financement de Caixa a progressé de 23 % jusqu’en novembre, malgré un resserrement des conditions (réduction du pourcentage finançable).

Curitiba, ville et quartiers : lire la ville pour mieux investir

Comprendre le tissu urbain de Curitiba est crucial pour choisir son investissement.

Le Centro (centre-ville) constitue le cœur commercial, culturel et historique, avec un accès optimal aux transports. Il attire une clientèle variée, des étudiants aux cadres, et offre de bonnes perspectives en location, notamment pour de petits appartements à proximité des axes de bus rapides (BRT).

Batel est le quartier phare du luxe : immeubles haut de gamme, restaurants, boutiques de marque, vie nocturne animée, sécurité renforcée. Les prix y culminent, et les charges de copropriété y sont particulièrement élevées. Idéal pour un profil patrimonial cherchant prestige et valorisation du capital à long terme.

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La progression des prix immobiliers dans certains secteurs d’Água Verde en 2024, illustrant son attractivité.

Ecoville est l’emblème de la ville durable et moderne : résidences neuves, focus sur le vert, équipements complets, population plutôt jeune et aisée. Le quartier plaît particulièrement aux familles et aux professionnels de la tech.

Santa Felicidade se distingue par son identité italienne, ses restaurants et son ambiance plus détendue. On y trouve de nombreuses maisons et condominium fermés, appréciés des familles cherchant espace et sécurité. C’est aussi une zone encore porteuse pour de nouveaux lotissements fermés.

Exemple :

Campo Comprido illustre la transformation d’un quartier autrefois périphérique. Sous l’effet combiné de nouveaux projets immobiliers, de la pression sur les prix dans d’autres secteurs et d’une amélioration des infrastructures, ce quartier a connu d’importantes hausses de prix, devenant un exemple typique de zone en transition urbaine.

Portão, Boa Vista, CIC (Cidade Industrial de Curitiba) ou encore certains secteurs le long de la Linha Verde offrent des opportunités pour qui cherche des rendements supérieurs, grâce à des prix d’entrée plus bas et à la présence de nombreux emplois industriels ou de transport.

La qualité de vie globale reste un atout de la ville : environ 60 m² de surface verte par habitant (bien au-delà des standards de l’OMS), un système de BRT qui transporte plus d’un million de passagers par jour, des hôpitaux et écoles de premier plan, une sécurité considérée comme meilleure que dans la plupart des grandes métropoles brésiliennes et un engagement massif en faveur de la durabilité (objectif de neutralité carbone à 2050, projets d’énergie solaire, gestion des déchets innovante).

Tendances structurantes : durabilité, technologie, périphéries

Plusieurs tendances transforment durablement le marché immobilier curitiban.

La première est la durabilité. La ville, déjà récompensée comme capitale écologique et « smart city », pousse fortement à la construction durable : matériaux écologiques, systèmes de réutilisation d’eau, toitures solaires, grands parcs urbains adjacents aux nouveaux projets. Les acheteurs, surtout les plus jeunes et les familles, se montrent de plus en plus sensibles à ces aspects, qui deviennent de vrais arguments de vente et des facteurs potentiels de valorisation.

Bon à savoir :

Le marché immobilier brésilien est transformé par la technologie, avec plus de 1200 proptechs en 2024. À Curitiba, les visites virtuelles 360°, signatures électroniques et solutions domotiques sont devenues incontournables dans les projets neufs de standing. Les biens avec visites virtuelles se vendent généralement plus vite et à un prix plus élevé.

La troisième est l’expansion vers les périphéries et les nouveaux axes de transport. Des initiatives comme la transformation de l’ancienne autoroute en « Linha Verde », l’amélioration du BRT et la planification de corridors à haute densité incitent promoteurs et acheteurs à regarder au-delà du centre traditionnel. Les analystes estiment que les quartiers profitant de ces projets pourraient voir leurs loyers progresser de 5 à 10 % au-dessus de l’inflation générale dans les années à venir.

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Près de la moitié des actifs travaillent en mode hybride ou en télétravail partiel, ce qui influence la demande de logements.

Risques, défis et précautions

Malgré ses nombreux atouts, investir à Curitiba – comme partout au Brésil – comporte une série de risques et de contraintes qu’il est important de considérer.

Sur le plan macroéconomique, le pays est exposé à une inflation élevée et volatile, à des fluctuations importantes du taux de change real/dollar ou euro, et à des taux d’intérêt structurellement hauts. Ces éléments peuvent impacter tant le pouvoir d’achat des locataires que la valeur réelle des loyers encaissés et des biens à long terme.

Attention :

Au Brésil, l’absence de systèmes d’assurance titre ou d’escrow comparables aux pays anglo-saxons rend la protection de l’acheteur dépendante de la fiabilité des notaires (cartórios) et de la rigueur de la due diligence menée par l’avocat. Des risques comme des titres incomplets, des dettes cachées, des litiges urbains ou des problèmes de conformité persistent, même à Curitiba, pourtant réputée mieux organisée.

À l’échelle du bien, certaines copropriétés peuvent souffrir d’un déficit d’entretien, surtout parmi les immeubles de 20 à 30 ans n’ayant pas connu de rénovation majeure. L’absence d’obligations légales strictes en matière de mise à niveau structurelle impose à l’investisseur une vigilance particulière lors des inspections techniques.

Attention :

Bien qu’aucune limite de nombre ou de durée ne soit actuellement imposée par la ville, la réglementation peut évoluer. Les règlements de copropriété sont susceptibles de changer, et des projets municipaux visant à mieux encadrer les plateformes comme Airbnb (via l’enregistrement ou la collecte de taxes) sont à l’étude.

Comment approcher le marché en pratique ?

Pour tirer parti du potentiel de Curitiba tout en maîtrisant les risques, plusieurs lignes de conduite se dégagent des données disponibles.

La première est de bien identifier son segment cible. Les studios et petits T1/T2 proches du centre, des gares de BRT ou des universités combinent prix d’entrée raisonnables, demande solide et rendements bruts souvent supérieurs à 5 %. À l’inverse, les grands appartements de luxe dans les copropriétés les plus chères, bien qu’attrayants sur le plan patrimonial, ont tendance à offrir des rendements plus modestes.

Astuce :

Pour un investissement locatif à Curitiba, l’objectif financier doit guider le choix du quartier. Si la priorité est la plus-value et la liquidité, privilégiez les quartiers établis et dynamiques comme Batel, Bigorrilho, Ecoville, certaines parties d’Água Verde ou du Centro. Si l’objectif principal est de générer un fort rendement locatif et un flux de trésorerie immédiat, orientez-vous plutôt vers des zones comme Portão, le CIC (Cidade Industrial de Curitiba), les secteurs en mutation le long de la Linha Verde, ou certaines poches de Santa Felicidade et Campo Comprido.

La troisième est d’intégrer systématiquement l’ensemble des coûts dans ses calculs : ITBI, frais de notaire et d’enregistrement, IPTU, charges de copropriété, maintenance, assurance, gestion locative, vacance. Les rendements bruts observés autour de 5 % peuvent se transformer en rendements nets autour de 3 %, ce qui reste honorable dans un contexte de forte appréciation potentielle du capital, mais nécessite une vision long terme.

Bon à savoir :

Pour un investissement immobilier au Brésil, il est essentiel de constituer une équipe d’experts locaux comprenant un avocat spécialisé en immobilier, un agent indépendant et, si nécessaire, un gestionnaire locatif. Ils vous aideront à naviguer les spécificités juridiques brésiliennes (comme le rôle des cartórios), les subtilités de chaque quartier et à identifier les risques cachés.

Enfin, pour un investisseur étranger, il est pertinent de réfléchir au rôle de la devise dans son projet : l’achat au comptant dans un contexte de real faible peut offrir un avantage notable, mais implique aussi une exposition au risque de change à la revente ou lors du rapatriement des loyers.

Curitiba, une ville taillée pour l’investissement patient

En combinant une économie diversifiée, un marché immobilier en expansion, une forte culture de la planification urbaine durable et une qualité de vie reconnue, Curitiba se positionne comme l’un des meilleurs terrains d’investissement immobilier du Brésil. Les données montrent un marché qui gagne en profondeur, en sophistication et en valeur, particulièrement depuis une décennie.

Bon à savoir :

Pour un investisseur prêt à collaborer avec des professionnels locaux, à réaliser une due diligence rigoureuse et à adopter un horizon de placement moyen à long terme, Curitiba présente un profil intéressant. La ville combine une stabilité relative, un potentiel de plus-value et des rendements locatifs raisonnables. Ses prix restent compétitifs face aux grandes métropoles, la demande locative est soutenue par une population jeune et qualifiée, et la politique urbaine est fortement axée sur la durabilité et la technologie, en faisant une option sérieuse pour diversifier un portefeuille immobilier international.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Curitiba, Brésil, pour rechercher du rendement locatif et une exposition au réal brésilien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés brésiliens (São Paulo, Porto Alegre, Curitiba), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement de standing ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Curitiba, combinant un rendement locatif brut cible de 9–10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société brésilienne) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en intégrant les spécificités juridiques et fiscales brésiliennes.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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