Rendement locatif aux Bahamas : ce que peut vraiment rapporter une villa à Nassau

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Derrière les cartes postales de sable blanc et d’eaux turquoise se cache un marché immobilier devenu l’un des plus plus rentables de la Caraïbe. Pour un investisseur francophone qui regarde les chiffres plutôt que les cocotiers, une question s’impose : combien peut réellement rapporter une villa à Nassau en 2026, une fois qu’on sort des brochures de promotion et qu’on plonge dans les données?

Bon à savoir :

Pour évaluer le rendement immobilier aux Bahamas, il faut considérer les loyers potentiels, les taux d’occupation, les prix d’achat, la fiscalité spécifique et les coûts d’exploitation, en partant du rendement brut pour aboutir au rendement net.

Un contexte ultra porteur pour les locations de vacances

Le point de départ, c’est la demande. Les Bahamas ont accueilli 12,5 millions de visiteurs en 2025, un record, avec une hausse de plus de 11 % en un an. Sur le seul premier trimestre 2026, les arrivées ont encore progressé de 17,5 % pour atteindre 3,9 millions de visiteurs, portées par un boom du secteur des croisières mais aussi par la montée en gamme du tourisme de séjour.

40

New Providence représente près de 40 % de l’inventaire total des locations de courte durée dans l’archipel des Bahamas.

Les plateformes de location confirment cette dynamique. Un jeu de données AirROI couvrant juin 2025 à mai 2026 estime le revenu annuel moyen Airbnb à Nassau à 27 876 dollars, avec un tarif moyen à la nuitée de 336 dollars et un taux d’occupation de 35,3 %. D’autres analyses, plus centrées sur le segment villa bien situé, affichent des niveaux supérieurs : 7 620 dollars de revenu mensuel moyen en haute saison, avec 66 % d’occupation et un tarif moyen de 385 dollars la nuit pour des villas positionnées sur le segment haut de gamme.

Attention :

Les Bahamas captent plus d’un tiers des revenus locatifs de courte durée des Caraïbes, grâce à une demande soutenue, une offre hôtelière limitée et des tarifs élevés, ce qui en fait un marché très rémunérateur pour les investisseurs.

Combien se loue une villa à Nassau ? Les vrais ordres de grandeur

Aux Bahamas, et à Nassau en particulier, les villas ne se louent pas comme un simple appartement urbain. Les valeurs se calculent souvent à la semaine et explosent en haute saison. Les données observées sur les résidences de vacances donnent une fourchette claire selon la taille des biens.

Les niveaux de loyers selon la taille de la villa

Pour les villas de vacances dans tout l’archipel, qui incluent celles de Nassau et Paradise Island, les performances moyennes observées sont les suivantes :

Type de villaRevenu locatif moyenPériode de référence
2–3 chambres7 000 – 18 000 $par semaine
4–5 chambres15 000 – 40 000 $+par semaine
6+ chambres (estates de luxe)50 000 – 150 000 $+par semaine

Ces chiffres correspondent aux semaines « standard » en haute saison. Les semaines de Noël et du Nouvel An, qualifiées de « prime weeks », peuvent se louer deux à trois fois ce niveau, avec des tarifs qui deviennent franchement stratosphériques dans les résidences les plus huppées.

250000

Le revenu brut annuel maximal pour une villa de 4 ou 5 chambres bien située à Nassau ou Paradise Island, selon l’emplacement et la qualité de gestion.

Les grilles de tarifs nuitées sur Nassau confirment ce positionnement très haut de gamme :

Zone / produit à NassauFourchette de prix par nuit (haute saison)Profil de bien
Lyford Cay, Old Fort Bay1 500 – 6 000 $estates ultra-luxe, accès plage
Villas canal-front, villas proches Ocean Club sur Paradise Island1 000 – 3 500 $villas de luxe avec marina / golf
Condos Cable Beach (Baha Mar, Rosewood)500 – 1 800 $appartements et résidences services

On est loin du simple « appartement de vacances » : Nassau joue dans la ligue des marchés balnéaires premium, avec des tarifs de villas comparables à ceux des plus belles îles méditerranéennes ou des destinations caraïbes les plus sélectes.

Taux d’occupation : entre moyenne globale et top performers

Un tarif élevé ne garantit pas un bon rendement si la villa reste vide. C’est là que les données d’occupation deviennent déterminantes.

Sur l’ensemble des listings Airbnb de Nassau, toutes typologies confondues, plusieurs jeux de données donnent des portraits légèrement différents mais cohérents dans l’ensemble. Un panorama utile pour comprendre ce qui est « moyen » et ce qui relève de la performance.

Indicateur (Nassau, marché STR)Valeur typique
Revenu Airbnb annuel moyen (ensemble des listings)27 876 $
Tarif moyen (ADR) – jeu de données AirROI336 $
Taux d’occupation moyen – jeu AirROI35,3 %
Revenu mensuel moyen en haute saison (villa segment luxe)7 620 $
Taux d’occupation en haute saison (villa segment luxe)66 %
Occupation annuelle typique – biens bien gérés60–65 %
Occupation annuelle des top performers70–85 %

En pratique, la saisonalité structure le remplissage bien plus que la moyenne annuelle. Pour Nassau, le schéma qui ressort est le suivant :

Bon à savoir :

Haute saison de mi-décembre à mi-avril avec 70-80% d’occupation et tarifs 30-50% supérieurs à l’intersaison. Périodes super-peak (Noël, Junkanoo, vacances américaines) où les tarifs doublent ou triplent. Intersaison (mai, juin, novembre) : 50-60% d’occupation. Basse saison d’août à octobre (saison cyclonique) : occupation chute à 25-40% avec tarifs agressifs.

Au niveau national, les locations de vacances « entire place » tous archipels confondus affichaient un taux d’occupation moyen de 57,7 % au premier trimestre 2026, contre 55,1 % un an plus tôt, signe d’une tendance à la hausse. À cette période de l’année, Nassau est généralement bien au-dessus de cette moyenne, grâce au statut de hub touristique de la capitale.

Pour un investisseur qui vise une villa bien gérée, les données convergent donc vers un objectif raisonnable de 55 à 65 % d’occupation annuelle, et jusqu’à 70–80 % sur la haute saison.

Rendement locatif brut : où se situe Nassau dans l’archipel ?

Pour mesurer la rentabilité d’une villa à Nassau, il faut rapporter les loyers au prix de revient du bien. Plusieurs indicateurs de rendement brut sont disponibles, tant à l’échelle nationale que locale.

Sur l’ensemble des Bahamas, Global Property Guide mesure un rendement locatif brut moyen de 6,52 % au deuxième trimestre 2025, légèrement en baisse par rapport à 6,63 % à la fin 2024. Ce chiffre agrège surtout des locations longue durée.

Quand on zoome par île ou par zone :

Marché bahaméenRendement locatif annuel typique (longue durée)
Grand Bahama8–10 %
Nassau5–7 %
Abaco6–8 %
Exuma5–7 %
Eleuthera4–6 %

Nassau se situe donc clairement en dessous de Grand Bahama en rendement brut classique, la faute à des prix d’achat bien plus élevés. Un exemple concret est souvent cité : une maison waterfront à 500 000 dollars sur Grand Bahama louée 3 500 dollars par mois, soit 42 000 dollars par an et un rendement brut de 8,4 %. Un bien similaire à Nassau coûterait autour de 800 000 dollars ou plus et produirait plutôt 5 à 6 % de rendement brut.

Exemple :

Une maison waterfront à Nassau valorisée à 1,2 million de dollars se louerait environ 6 000 dollars par mois, soit 72 000 dollars par an, offrant un rendement brut de 6 %.

Les études prennent aussi les rendements par type de bien (location longue durée) comme repère :

Type de bien (Bahamas)Prix de vente moyenLoyer mensuel moyenRendement brut
1 chambre422 250 $2 200 $6,25 %
2 chambres500 000 $3 200 $7,68 %
3 chambres945 000 $4 500 $5,71 %
4+ chambres1 490 000 $8 000 $6,44 %

Ces rendements sont calculés principalement sur du long terme, donc inférieurs aux potentiels de courte durée bien gérée, mais ils donnent une base intéressante pour situer Nassau dans la fourchette nationale : la capitale reste un marché à 5–7 % brut environ en locatif classique.

Spécificité villa de vacances : des 8–12 % bruts réalistes

Lorsque l’on bascule dans l’univers de la location de courte durée à la nuitée ou à la semaine, les rendements bruts se transforment. Plusieurs sources concordent pour dire que, pour des villas bien gérées, le rendement brut peut atteindre 8–10 %, voire plus, sur certains modèles.

Les données de performance sur les villas montrent :

Revenus locatifs aux Bahamas

Fourchettes de revenus annuels bruts pour des locations courte durée aux Bahamas, selon le type de bien et la stratégie de gestion.

Villas 4–6 chambres (îles Exuma)

80 000 à 180 000 dollars de revenu brut annuel pour des villas bien gérées, avec des performances similaires ou supérieures à Nassau et Paradise Island.

Biens best-in-class (Nassau)

Plus de 5 500 dollars de revenu mensuel Airbnb (66 000 dollars par an), pour des logements non ultra-luxe mais optimisés.

Revenus bruts typiques

Entre 40 000 et 250 000 dollars par an selon la taille, l’emplacement et la qualité de gestion.

Rendement brut ciblé

8 à 12 % de rendement brut pour des stratégies courte durée optimisées (tarification dynamique, forte expérience client).

Pour une villa de 2,5 millions de dollars à Nassau, positionnée sur le créneau haut de gamme, des simulations de performance mentionnent des revenus bruts de l’ordre de 250 000 dollars, soit 10 % du prix du bien. De là, tout l’enjeu consiste à estimer les charges et à mesurer le rendement net.

Coûts réels : ce qui vient grignoter le rendement

Aux Bahamas, la bonne nouvelle fiscale est que les revenus locatifs ne sont pas frappés par un impôt sur le revenu, ni par une taxe sur les plus-values ni sur les successions. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de frottements sur le rendement.

Pour une villa de location à Nassau, les principaux postes de coûts sont les suivants.

Fiscalité spécifique à la location

D’abord, les taxes liées à l’activité locative elle-même. Toute location de vacances de moins de 45 jours consécutifs est soumise à une TVA (VAT) de 10 % sur les loyers encaissés. Cette TVA est facturée au voyageur mais transite par le propriétaire ou la plateforme qui la collecte et la reverse au fisc bahaméen. Pour les séjours de plus de 45 jours, les locations sont classées comme « dwellings » et échappent à cette TVA.

À cette TVA sur les loyers s’ajoute un régime de taxe hôtelière (Hotel Guest Tax) de 10 % sur les nuits vendues sur le segment touristique. Là encore, l’opérateur est responsable de la collecte et du reversement, même si, en pratique, des plateformes comme Airbnb ou Vrbo gèrent souvent tout l’aspect déclaratif pour le compte du propriétaire.

Astuce :

À l’achat, les non-Bahamiens doivent payer une TVA de 10% sur la mutation immobilière, calculée sur le prix payé ou la valeur de marché (selon la plus élevée). Ce coût s’intègre dans un bloc de frais de transaction global estimé entre 8% et 11% du prix, incluant frais d’avocat, enregistrement et autres frais divers.

Taxes foncières : un barème progressif

Les villas louées et non occupées par leur propriétaire entrent dans la catégorie des biens d’investissement non résidentiels. Les taux appliqués sont, pour ce type de propriété :

0,75 % de la valeur pour la tranche jusqu’à 500 000 dollars,

1 % pour la tranche entre 500 000 et 2 millions de dollars,

1,5 % au-delà de 2 millions de dollars.

D’autres sources mentionnent pour les biens d’investissement un barème légèrement différent (1 % sur les premiers 500 000 dollars et 2 % sur le solde), ce qui montre qu’une réforme en cours ou des ajustements législatifs peuvent encore créer quelques incertitudes. Mais dans tous les cas, le message clé pour un investisseur de villa à Nassau est qu’il doit intégrer un coût de taxe foncière annuel compris, en pratique, entre 0,75 % et 1,5 % de la valeur de marché de son bien.

2,5 millions

Pour une villa évaluée à 2,5 millions de dollars, la taxe foncière annuelle peut atteindre entre 20 000 et 30 000 dollars selon le barème en vigueur.

Assurance, entretien, charges de copropriété : le coût du climat paradisiaque

À Nassau, comme dans tout environnement marin tropical, la combinaison sel, humidité et cyclones augmente les coûts de détention. Les études de coûts observent :

Une assurance annuelle située généralement entre 0,5 % et 1 % de la valeur du bien, avec des primes plus basses pour les propriétés construites selon les codes de construction postérieurs à 2019.

– Un budget d’entretien courant conseillé de 1 à 2 % de la valeur du bien par an, pour couvrir peinture, réparation des extérieurs, climatisation, mobilier extérieur et petits travaux.

– Des charges de copropriété (HOA fees) dans les communautés sécurisées de Nassau (Lyford Cay, Albany, Old Fort Bay, Ocean Club Estates, etc.) comprises entre 5 000 et 25 000 dollars par an selon le niveau d’équipements (marina, golf, plage privée, sécurité, club house).

Une synthèse de coûts de détention montre qu’un condo beachfront à 1 million de dollars à Nassau supporte typiquement de 32 000 à 56 000 dollars de frais annuels (taxe foncière, assurance, HOA, utilités). À 500 000 dollars de valeur, l’addition descend plutôt dans une fourchette de 17 000 à 30 000 dollars par an.

50 000

Les charges totales annuelles pour une grande villa avec piscine dans une communauté fermée ultra-luxe peuvent atteindre ou dépasser 50 000 dollars, hors gestion locative.

Gestion locative : 20 à 30 % du chiffre d’affaires

La plupart des propriétaires qui visent une clientèle internationale ne gèrent pas eux-mêmes les arrivées, le ménage, la maintenance et la tarification dynamique depuis l’étranger. L’immense majorité délègue à une société de gestion locale, moyennant une commission :

20 à 30 % du revenu brut pour une gestion « full service » incluant marketing, gestion des réservations, accueil, ménage, supervision des prestataires.

10 à 15 % pour une gestion partielle axée sur le marketing et le front office, le propriétaire gardant la main sur la maintenance et les fournisseurs.

À ces commissions s’ajoutent les frais de plateforme (Airbnb, Vrbo, etc.), les frais de ménage facturés aux voyageurs mais pouvant nécessiter des subventions si l’on veut rester compétitif, et des coûts de services additionnels (conciergerie, chef, excursions) qui peuvent améliorer le revenu mais complexifient l’opération.

Les analyses financières compilées sur le marché bahaméen convergent d’ailleurs : après déduction de l’ensemble de ces coûts (taxes foncières, assurance, HOA, entretien, gestion, utilities, ménage, plateformes), le revenu net représente généralement 30 à 50 % du chiffre d’affaires brut.

De la théorie à la pratique : à quoi ressemble un rendement net sur villa à Nassau ?

En combinant le niveau de revenus possible et la structure de coûts, on peut estimer des rendements nets typiques pour une villa de vacances à Nassau en 2026.

Les études sur le marché des locations de courte durée aux Bahamas situent volontiers :

– Le rendement brut réalisable sur des villas bien gérées : 8 à 12 % de la valeur du bien.

– La part des coûts récurrents (hors financement) : 50 à 70 % du revenu brut.

– Le rendement net visé, après tous frais d’exploitation : autour de 4 à 8 % selon la stratégie, la qualité du bien et de la gestion.

Exemple :

Un exemple synthétique tiré de simulations de retour sur investissement distingue deux modèles, même si les chiffres exacts ne sont pas détaillés dans le rapport.

– Une villa de luxe à Nassau valorisée 2,5 millions de dollars générant un revenu net de 243 750 dollars, soit un cash-on-cash d’environ 9,75 % si l’on considère un apport ciblé correspondant à une partie du prix.

– Un condo haut de gamme sur Paradise Island autour de 1,8 million de dollars, avec un rendement cash-on-cash de 9 %.

Même si ces exemples reposent sur des montages financiers précis (apport, levier de crédit, etc.), ils confirment que les villas bien choisies et correctement exploitées à Nassau peuvent viser un rendement net compris entre 6 et 10 % sur les capitaux immobilisés, dans un environnement sans impôt sur le revenu local.

Comparaison interne : Nassau versus autres marchés bahaméens

Pour mesurer l’intérêt de Nassau, il faut accepter un arbitrage : rendement maximal ou valorisation et liquidité?

Grand Bahama affiche les rendements bruts les plus élevés de tout l’archipel, avec 8–10 % de rendement locatif annuel, grâce à des prix d’achat plus bas et à une demande locative structurelle (grands employeurs employant plus de 3 000 expatriés à haut revenu, besoin constant de logements longue durée). Sous le régime spécifique du Hawksbill Creek Agreement, certains revenus locatifs peuvent même être totalement exonérés d’impôts locaux.

6,8

Lyford Cay se distingue avec un rendement locatif estimé à 6,8 %.

Nassau se trouve au croisement de ces dynamiques :

Rendement moyen, en longue durée, inférieur à Grand Bahama, mais supérieur à Eleuthera.

– Potentiel de rendement brut élevé en courte durée, grâce à la demande touristique continue, à la proximité de l’aéroport international et à la densité d’équipements (Baha Mar, marinas, golf, restaurants).

Croissance de valeur significative : le marché résidentiel waterfront sur New Providence a vu ses prix augmenter de 15,45 % sur l’année 2025, avec une mediane de prix nationale à 512 500 dollars au deuxième trimestre, en hausse de plus de 9 % sur un an.

Pour un investisseur qui vise un mix de rendement locatif et de plus-value potentielle, Nassau, et plus encore certains micro-marchés comme Lyford Cay, Albany, Ocean Club Estates, Old Fort Bay ou Cable Beach, restent très attractifs.

Règles, enregistrement, et cadre réglementaire des locations

Un autre aspect impacte la rentabilité : la facilité d’exploitation. Depuis 2023, les Bahamas ont encadré plus strictement les locations de courte durée. Les propriétaires de biens loués sur Airbnb, Vrbo ou tout autre canal doivent :

Attention :

Pour louer un bien aux Bahamas, le propriétaire doit s’inscrire sur un portail gouvernemental avec son nom, la localisation du bien et le numéro d’évaluation fiscale. Les non-Bahamiens ou sociétés doivent obtenir un permis de location, un certificat d’enregistrement et déposer la propriété auprès du Registrar General. Il faut aussi se déclarer au Department of Inland Revenue pour la TVA et la taxe hôtelière. Les opérateurs étrangers sont obligatoirement assujettis à la TVA et doivent collecter et reverser 10 % sur les locations touristiques, quel que soit leur chiffre d’affaires.

Une licence d’activité (Business License) est par ailleurs obligatoire pour les opérateurs étrangers et les sociétés bahaméennes, avec un coût annuel compris entre 250 et 1 250 dollars selon le cas. Les particuliers bahamiens qui louent leurs propres biens, eux, peuvent en être exemptés sous certaines conditions.

Cette couche réglementaire, même si elle reste bien plus souple que dans nombre de juridictions nord-américaines ou européennes, implique des démarches administratives et un suivi fiscal régulier, souvent confiés là encore à un gestionnaire local.

Long terme ou courte durée : quel modèle pour un investisseur à Nassau ?

Le choix entre location longue durée et location saisonnière change significativement le profil de rendement et de risque.

Sur la longue durée, les rendements bruts moyens observés sur les îles bahaméennes tournent autour de 4 à 6 % par an, avec une forte stabilité. Les expatriés, les professionnels locaux et les retraités assurent un flux de locataires relativement prévisible. L’exemple de Nassau montre des loyers mensuels moyens autour de :

2 200 dollars pour un 1 chambre,

3 200 dollars pour un 2 chambres,

4 500 dollars pour un 3 chambres,

8 000 dollars pour un 4 chambres et plus.

Bon à savoir :

Les rendements nationaux moyens sont d’environ 5,71 % pour un 3 chambres et 6,44 % pour un 4 chambres ou plus, rapportés aux prix d’achat. Dans un marché haussier, ces niveaux attirent un investisseur prudent cherchant à limiter le turn-over, la gestion quotidienne et la dépendance à la saisonnalité touristique.

Sur la courte durée, en revanche, le plafond de revenu est nettement plus élevé, au prix d’une volatilité et d’une intensité de gestion accrues. Les mêmes biens ou des biens comparables, exploités via Airbnb, Vrbo ou un opérateur spécialisé, peuvent viser des revenus bruts à 8–12 % de la valeur immobilière. Des calculs de retour sur investissement montrent d’ailleurs que, dans certaines configurations, une location longue durée bien sécurisée peut produire un rendement net final très proche – voire légèrement supérieur – à une location de courte durée mal optimisée.

250000

Les meilleurs gestionnaires atteignent des revenus annuels allant jusqu’à 250 000 dollars sur Nassau et Paradise Island.

Combien peut espérer un investisseur type sur une villa à Nassau ?

En agrégeant les données disponibles, on peut dresser le portrait-robot d’un investissement villa à Nassau en 2026.

Imaginons une villa de 4–5 chambres dans une communauté cotée de New Providence ou sur Paradise Island, achetée entre 2 et 3 millions de dollars. Les données de marché et les plages de performance indiquent :

36 000 à 100 000

Le revenu net annuel d’un bien locatif se situe généralement entre 36 000 et 100 000 dollars, en fonction du rendement brut et des coûts d’exploitation.

Pour les investisseurs qui utilisent l’effet de levier (emprunt), la métrique clé devient le rendement net sur capitaux propres (cash-on-cash). Dans les exemples avancés dans la recherche, des rendements de l’ordre de 9 à 10 % sur les fonds propres sont considérés comme atteignables pour des villas de luxe à Nassau, surtout lorsque l’on exploite la double dynamique de revenu locatif et d’appréciation de la valeur de l’actif.

Atouts structurants de Nassau pour un rendement durable

Si Nassau n’est pas la destination bahaméenne aux rendements bruts les plus élevés, elle se distingue par plusieurs éléments qui renforcent la solidité à long terme de l’investissement.

La première force, c’est la demande touristique internationale, très largement portée par la clientèle nord-américaine (82 % des visiteurs viennent des États-Unis). La proximité géographique, la bonne desserte aérienne et la densité des infrastructures (hôtels, casinos, marinas, golfs, Baha Mar, Atlantis, etc.) créent une base de clientèle quasi structurelle pour les locations haut de gamme.

Bon à savoir :

La capacité de développement limitée des communautés fermées prisées à New Providence (Lyford Cay, Albany, Old Fort Bay, Ocean Club Estates, Paradise Island) maintient les prix élevés et soutient la progression des valeurs, même après les hausses de l’après-pandémie.

La troisième réside dans le cadre fiscal : absence d’impôt sur le revenu, sur les plus-values et sur les successions, ce qui permet aux investisseurs internationaux de capter la totalité du rendement économique, sous réserve des obligations fiscales dans leur pays de résidence. La TVA sur les loyers de courte durée, bien que présente, est supportée par les voyageurs et non par le propriétaire.

Enfin, la stabilité macro-financière, avec des taux directeurs de la banque centrale restés stables depuis 2017 et des taux d’intérêt hypothécaires autour de 5–5,5 %, contribue à un environnement relativement prévisible pour les investisseurs à moyen terme.

Conclusion : Nassau, un marché de villas à haut revenu mais à filtrer avec rigueur

Une villa à Nassau ne se résume pas à un décor paradisiaque : c’est un actif productif qui, bien choisi et bien géré, peut générer des revenus locatifs très supérieurs à ceux de nombreuses autres destinations balnéaires, tout en offrant un potentiel d’appréciation substantiel.

Les chiffres tirés des données 2025–2026 permettent de poser quelques repères clairs pour 2026 :

8-10

Une villa de vacances à Nassau peut viser un rendement brut de 8 à 10%, voire jusqu’à 12% pour les meilleurs opérateurs, avec un rendement net après coûts situé entre 4 et 6% et pouvant atteindre 7-8% grâce à une optimisation.

Pour un investisseur francophone qui envisage d’acheter une villa à Nassau en 2026, le message est donc double. Oui, le rendement locatif peut être très attractif, surtout rapporté à un environnement sans impôt sur le revenu local. Mais la sélection du bien, la compréhension fine des coûts réels et le choix du modèle de gestion feront la différence entre une carte postale coûteuse et un actif qui, année après année, finance largement son propre coucher de soleil.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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