Comment acheter une villa ou un appartement aux Bahamas : le guide ultime pour les Français

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une villa les pieds dans le sable ou un appartement avec vue sur les eaux turquoise fait rêver beaucoup de Français. Mais transformer ce fantasme en achat concret aux Bahamas demande une vraie méthode, surtout en 2026, dans un marché qui reste très compétitif, porté par les acheteurs internationaux et une fiscalité quasi paradisiaque.

Bon à savoir :

Ce guide étape par étape aide l’acheteur français à sécuriser son investissement, maîtriser les coûts réels, et éventuellement optimiser sa résidence fiscale ou obtenir une résidence locale.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le marché immobilier bahaméen avant de se lancer

L’archipel vit une phase de croissance solide. Les chiffres montrent que les prix ne s’envolent pas de manière irrationnelle, mais qu’ils progressent régulièrement sous l’effet d’une demande internationale soutenue et d’une offre limitée dans les meilleurs emplacements.

845000

En avril 2025, le prix médian des ventes à Nassau atteignait 845 000 dollars, soit une hausse de plus de 20 % sur un an.

Les Bahamas ont accueilli un record d’environ 12,5 millions de visiteurs en 2025, en hausse de plus de 11 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique touristique alimente la confiance des acheteurs et renforce la valeur des emplacements prime, en particulier les résidences en bord de mer et les produits “branded residences” gérés par des marques hôtelières.

Un marché de vendeurs dans les enclaves de luxe

Sur New Providence (Nassau), l’offre de propriétés de front de mer se raréfie. Dans les communautés fermées les plus recherchées, les villas changent peu de mains, et les biens les plus désirables sont souvent vendus avant même d’apparaître sur les portails publics.

Attention :

En 2025, les prix du front de mer à New Providence ont augmenté d’environ 15,45 %, avec un délai de vente moyen de 75 jours pour les biens prime. Pour 2026, une hausse nationale de 5 à 10 % est attendue, avec une progression plus forte dans les enclaves de luxe comme Lyford Cay, Paradise Island, Old Fort Bay ou Ocean Club Estates.

Dans le même temps, l’activité sur les îles dites “Out Islands” — Exuma, Abaco, Eleuthera — se renforce, portée par les acheteurs à la recherche de davantage d’isolement, mais sans renoncer aux services haut de gamme.

Où acheter : bien choisir son île et son quartier

Pour un Français, la première décision stratégique consiste à choisir le bon sous-marché. Les Bahamas ne forment pas un marché homogène : chaque île, chaque communauté fermée, chaque baie a sa propre dynamique de prix, de rendement locatif et de potentiel de plus-value.

Comparer quelques hotspots : Paradise Island, Exuma, Harbour Island, Lyford Cay

Les données de recherche de CMC Global Estates pour 2026 mettent en lumière plusieurs pôles majeurs. Les montants ci-dessous sont exprimés en dollars bahamiens (BSD), indexés 1:1 sur le dollar américain.

LocalisationPrix moyen au m² (BSD)Rendement locatif moyenCroissance annuelle du capitalProfil d’acheteurs dominant
Paradise Island14 9854,1 %+18 %UHNW, internationaux
Exuma11 9885,8 %+7 %HNW, recherche de style de vie
Harbour Island9 9905,5 %+10 %Investisseurs, expatriés
Lyford Cay7 9926,8 %+9 %Investisseurs axés sur la croissance

Ces chiffres illustrent des positionnements assez distincts.

Sur Paradise Island, les prix au mètre carré sont les plus élevés, tirés par une clientèle ultra-fortunée, très internationale, attirée par les condos en front de mer, la proximité d’Atlantis Resort et les résidences de marque. Le rendement locatif brut y est plus modeste, mais la progression du capital est spectaculaire, avec près de 18 % de hausse sur un an selon certaines données.

7

La progression annuelle des valeurs immobilières à Exuma est d’environ 7 %.

Harbour Island, célèbre pour ses plages de sable rose et fréquentée par des célébrités comme Lenny Kravitz, Eddie Murphy ou Sandra Bullock, présente un équilibre intéressant entre prix élevés, rendement locatif autour de 5,5 % et progression annuelle à deux chiffres. L’offre y est très limitée, ce qui explique des fourchettes de prix en bord de mer entre environ 2,5 et 15 millions de dollars.

Lyford Cay, communauté ultra-sécurisée sur New Providence, combine des rendements locatifs solides et une progression régulière des prix. Le segment ultra-prime sur le front de mer s’y situe souvent entre 5 et 30 millions de dollars, avec des annonces pouvant grimper jusqu’à 45 millions.

Une autre série d’estimations CMC pour 2026 fait ressortir des valeurs plus prudentes, mais cohérentes en termes de hiérarchie des marchés :

LocalisationPrix moyen au m² (BSD)Rendement locatif moyenCroissance annuelle du capitalProfil d’acheteurs dominant
Paradise Island7 5155,0 %+14 %UHNW, internationaux
Exuma6 0125,2 %+15 %HNW, recherche de style de vie
Harbour Island5 0109,5 %+12 %Investisseurs, expatriés
Lyford Cay4 0086,1 %+8 %Investisseurs axés sur la croissance

Les valeurs varient selon les segments étudiés, mais la tendance est nette : forte demande internationale, offre restreinte, et rendements relativement attractifs, surtout si l’on tient compte de l’environnement fiscal.

Niveaux de prix pour les villas, condos et îles privées

Pour bien calibrer votre projet, il est indispensable de comprendre les ordres de grandeur des prix dans les zones clés.

3 millions

Le prix d’un appartement en front de mer dans un complexe haut de gamme à Nassau est souvent autour de 3 millions de dollars.

Sur Cable Beach et Paradise Island, l’entrée de gamme du luxe se situe vers 700 000 dollars pour un condo bien placé. Dans les enclaves ultra-prime de Lyford Cay, Old Fort Bay, Albany ou Ocean Club Estates, le ticket d’entrée pour les biens de prestige tourne plutôt autour de 2 millions, avec un haut de gamme souvent compris entre 5 et 25 millions, et même davantage pour les situations exceptionnelles.

Les îles privées représentent un monde à part : les prix démarrent aux environs de 10 millions de dollars et dépassent facilement 100 millions selon la surface, l’accessibilité et le niveau d’aménagement (pistes, quai, logements, réseaux).

Pour les Français, il faut garder en tête que le marché bahaméen est libellé en dollars bahamiens ou américains, pratiquement interchangeables grâce au peg 1:1. La comparaison avec l’euro dépend donc de le cours de change au moment de la transaction, et non d’une différence de devise locale.

Cadre fiscal : un environnement très favorable mais à articuler avec le droit français

Pour un investisseur français, l’intérêt des Bahamas tient beaucoup à son statut de juridiction “tax-neutral”. Le pays ne prélève ni impôt sur le revenu, ni taxe sur les plus-values, ni impôt sur les successions ou les donations. La fiscalité directe porte essentiellement sur la propriété elle-même.

Fiscalité locale sur l’immobilier

La charge principale pour l’acheteur étranger est le VAT sur la mutation immobilière, qui a pris la place de l’ancien système de stamp duty. Pour les non-Bahamians, la règle est simple : 10 % de VAT sur la valeur du bien, calculée sur le prix de vente ou la valeur de marché la plus élevée. Par usage, ce montant est fréquemment partagé à parts égales entre vendeur et acheteur dans les ventes dites “gross”, mais cette répartition reste totalement négociable.

Bon à savoir :

Pour un bien occupé par son propriétaire : exonération des premiers 300 000 $, puis taux progressifs de 0,625 % et 1 % sur l’excédent. Pour les biens non occupés ou locatifs : 1 % sur la première tranche, 2 % au-delà. Pour les propriétés commerciales : taux d’environ 1,5 %.

Pour les propriétaires étrangers occupant eux-mêmes le bien, un taux spécifique d’environ 0,625 % par an sur la valeur évaluée s’applique, avec un plafond annuel autour de 200 000 dollars. Les terrains vacants détenus par des non-résidents sont en revanche fortement taxés, jusqu’à 2 % au-delà de certains seuils.

Articulation avec l’impôt français sur les plus-values

Si vous achetez une villa ou un appartement aux Bahamas en tant que résident fiscal français, l’absence de taxe locale sur les plus-values ne vous exonère pas de la fiscalité française au moment de la revente.

Bon à savoir :

En France, l’impôt sur le revenu est exonéré après 22 ans de détention (abattement progressif dès la 6e année). Pour les prélèvements sociaux, l’exonération totale intervient après 30 ans (abattement jusqu’à 9 % par an après la 22e année). Le taux pour un non-résident est de 19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, sous réserve de dispositifs spécifiques.

Les Bahamas figurent sur la liste française des juridictions non coopératives (ETNC) à la date la plus récente disponible, ce qui complique encore un peu le tableau : théoriquement, une surtaxation à 75 % sur la plus-value pourrait s’appliquer, mais la situation est nuancée par l’existence d’un traité fiscal bilatéral et par la jurisprudence du Conseil d’État. Sur ce point précis, un accompagnement par un fiscaliste français est indispensable avant d’acheter, et a fortiori avant de revendre, afin d’éviter les mauvaises surprises.

Le cadre juridique pour un Français : ce que vous pouvez acheter, avec ou sans permis

Contrairement à certains pays, les Bahamas accordent aux étrangers des droits de propriété similaires à ceux des citoyens, sur la base du droit de common law d’inspiration britannique. Vous pouvez donc acheter un appartement, une maison, une villa ou un terrain en pleine propriété (freehold), sans avoir besoin de passer par une structure locale.

Le régime applicable aux étrangers est défini par l’International Persons Landholding Act. L’exigence de permis dépend principalement de la taille du terrain, de l’usage prévu et du nombre d’achats.

Propriété pour usage personnel sous 2 acres

Si en tant que Français, vous achetez un appartement ou une maison destinée à votre usage personnel, sur un terrain de moins de deux acres, aucun permis préalable n’est exigé. La condition essentielle est que le bien serve de résidence familiale, même si vous ne l’occupez pas toute l’année.

Astuce :

Après la signature de l’acte, vous devez enregistrer la transaction auprès du Bahamas Investment Authority (BIA). Cet enregistrement permet au gouvernement de suivre les acquisitions étrangères et offre à l’investisseur un cadre juridique clair, notamment pour la réexportation de capitaux.

Quand un permis devient obligatoire

Dès que l’un des critères suivants est rempli, un permis gouvernemental doit être obtenu avant la conclusion de la vente :

le terrain excède deux acres (ou cinq acres selon certains régimes applicables à des achats plus importants) ;

– vous envisagez de louer le bien, même en partie (location saisonnière incluse) ;

– le bien est destiné à un usage commercial ou à un projet de développement ;

– il s’agit d’un second achat relevant d’un certain seuil ou d’une stratégie clairement patrimoniale ou commerciale.

Le permis est délivré par le BIA après examen de votre projet, de votre profil financier et, le cas échéant, de l’impact économique attendu. Le coût officiel de ces permis ou certificats se situe autour de 1 000 dollars, même si certains textes mentionnent encore des montants plus anciens (250 ou 500 dollars).

Bon à savoir :

Les modalités exactes dépendent de la configuration de votre projet. Votre avocat bahaméen sera votre interlocuteur pour structurer la demande.

Enregistrement et contraintes formelles

Une fois la transaction conclue, la loi impose plusieurs formalités de délais :

obtention d’une facture de VAT auprès du Department of Inland Revenue avant la signature de l’acte de transfert (conveyance) ;

– paiement intégral de la VAT dans un délai de 180 jours après exécution de l’acte ;

– enregistrement de l’acte au Registry of Records dans les 180 jours ;

– déclaration de tout changement de propriétaire auprès de l’administration fiscale dans les 30 jours suivant la signature, sous peine d’une pénalité équivalente à 3 % du prix.

Le système foncier bahaméen n’est pas intégralement “enregistré” comme en France. La sécurité juridique repose donc beaucoup sur l’examen des titres (title search) que votre avocat doit mener dans les différents registres : actes, registre des sociétés, procédures civiles, etc. L’objectif est de vérifier l’absence d’hypothèques, de litiges ou d’autres charges.

Étape par étape : déroulé d’un achat pour un Français

Pour un acheteur hexagonal, la comparaison instinctive se fait souvent avec le schéma français où le notaire joue un rôle central. Aux Bahamas, ce rôle est assuré par un avocat bahaméen spécialisé en immobilier. Il n’y a pas de notaire au sens français, et chaque partie est représentée par son propre conseil.

1. Définir le budget global (prix + frais + change)

Commencez par déterminer votre enveloppe totale en incluant :

le prix d’achat de la villa ou de l’appartement ;

les frais de clôture, qui, pour un étranger, atteignent souvent 7 à 12 % du prix dans un scénario où vous partagez la VAT avec le vendeur, et jusqu’à 12 à 18 % dans des montages où vous assumez davantage de coûts (net sale, financement hypothécaire, inspections coûteuses, etc.) ;

– les frais d’avocat (en pratique souvent de l’ordre de 2,5 % du prix, plus 10 % de VAT sur ces honoraires, avec des pourcentages un peu plus bas négociables sur les très gros montants) ;

– les frais d’ouverture de compte bancaire, de virement international, et la marge de change appliquée par votre banque ou votre courtier.

Pour un exemple simple, sur un appartement de 1 000 000 dollars, en configuration classique gross sale avec partage de la VAT :

Poste de coûtMontant estimatif (USD/BSD)
50 % de la VAT sur transfert (5 %)50 000
Honoraires d’avocat (2,5 % + 10 % VAT)27 500
Frais de recherche de titre, enregistrement, divers5 000 à 10 000
Inspections (structure, termites, etc.)1 000 à 2 000
Total frais de clôture approximatif83 500 à 89 500

On se situe donc dans une fourchette de 8,3 à près de 9 % du prix, hors éventuels frais de financement. En cas de net sale où vous prenez en charge la totalité de la VAT et de certains frais liés au vendeur, la facture globale peut facilement grimper vers 12 à 18 %.

2. Sélectionner l’île et le type de produit

Cette étape dépasse le simple “coup de cœur”. Elle doit intégrer :

l’accessibilité (liaisons aériennes avec l’Europe, via Miami, New York ou Toronto) ;

– l’usage visé : résidence secondaire personnelle, location saisonnière haut de gamme, projet de résidence permanente, future demande de résidence économique ;

– votre tolérance au risque de vacance locative, qui sera plus élevée sur une Out Island reculée que sur Nassau ou Paradise Island ;

– le niveau de services sur place (soins, écoles internationales, marinas, clubs privés, golfs, restauration haut de gamme).

Un Français qui souhaite combiner usage personnel et rendement locatif sécurisé se tournera souvent vers :

Types de propriétés aux Bahamas

Découvrez les options d’investissement ou de résidence selon votre style de vie : condos de plage, maisons sécurisées ou villas insulaires.

Condo de front de mer

Un condo à Nassau, Paradise Island ou Cable Beach, géré comme une résidence de type resort, idéal pour profiter de la plage et des services hôteliers.

Maison en communauté fermée

Une maison dans une communauté sécurisée comme Lyford Cay ou Old Fort Bay, offrant intimité et exclusivité.

Villa ou bungalow lifestyle

Une villa ou un bungalow sur Harbour Island ou Exuma, dans un segment très orienté lifestyle, parfait pour une expérience insulaire authentique.

3. Constituer l’équipe locale : agent, avocat, banquier

La loi impose le recours à un avocat bahaméen pour toute transaction. Les honoraires suivent en principe un barème fixé par le Bar Association, autour de 2,5 % du prix, avec des variations à la hausse pour les dossiers complexes ou les terrains non enregistrés, et à la baisse pour les montants très élevés. Depuis début 2026, le barème des minimums a été relevé, avec des taux plus élevés pour les propriétés sur terrain non immatriculé (jusqu’à 5 % selon les textes).

L’agent immobilier, lui, est généralement rémunéré par le vendeur, à hauteur de 6 % pour les biens construits et 10 % pour les terrains nus, plus VAT sur la commission. En tant qu’acheteur, vous n’avez donc pas à payer d’honoraires d’agence, sauf accord particulier.

Un banquier local ou un courtier peut également être nécessaire si vous envisagez un emprunt sur place ou l’ouverture d’un compte en dollars bahamiens ou américains pour gérer loyers et charges.

4. Obtenir un accord de principe de financement (si vous ne payez pas comptant)

Les banques locales comme RBC Royal Bank, CIBC FirstCaribbean ou Scotiabank prêtent aux non-résidents, mais à des conditions plus strictes que pour les Bahamians :

apport personnel d’au moins 30 à 40 %, parfois 50 % pour des étrangers ;

– taux d’intérêt indicatifs entre 6,5 et 9,5 %, souvent variables, indexés sur un prime rate autour de 4,25 % ;

– durées d’amortissement de 15 à 25 ans en général ;

– délai d’instruction de 4 à 8 semaines, sous réserve de fourniture complète des pièces (relevés bancaires, avis d’imposition, attestations d’emploi ou bilans d’entreprise, rapports de crédit, etc.).

Pour un Français, une alternative intéressante consiste à recourir à un crédit dans son pays d’origine (type prêt hypothécaire adossé à un autre bien, crédit lombard, ligne de crédit sur portefeuille) à un taux potentiellement plus bas, afin d’acheter comptant aux Bahamas. Du point de vue du vendeur bahaméen, vous êtes alors un acheteur cash, ce qui accélère notablement la transaction et peut renforcer votre pouvoir de négociation.

5. Rechercher, visiter (physiquement ou virtuellement), faire une offre

Beaucoup d’acheteurs étrangers s’appuient sur des visites virtuelles en 3D ou en réalité virtuelle, devenues standard sur le marché bahaméen, surtout pour les résidences de luxe. Il reste néanmoins très conseillé de prévoir un séjour sur place avant de signer une promesse formelle, ne serait-ce que pour vérifier l’environnement réel, l’orientation, le voisinage, le bruit éventuel, la qualité de la plage, etc.

Une fois le bien identifié, votre agent vous aide à préparer une offre écrite (Letter of Intent ou Heads of Terms) précisant :

le prix proposé ;

ce qui est inclus (mobilier, bateau, amarras, etc.) ;

les conditions suspensives (obtention de financement, résultats satisfaisants de l’inspection, permis gouvernemental si nécessaire) ;

les délais envisagés pour la signature et le closing.

Dans un marché où certains biens se vendent en quelques semaines, notamment sur Paradise Island ou Harbour Island, votre capacité à formuler une offre claire, assortie de preuves de fonds ou d’un pré-accord de banque, est déterminante.

6. Due diligence : titres, inspections, conformité

L’adage “Caveat Emptor” — “que l’acheteur prenne garde” — s’applique pleinement aux Bahamas. Le vendeur a certes l’obligation de révéler les défauts qu’il connaît, mais la responsabilité finale repose sur l’acheteur.

Votre avocat effectue :

une recherche de titre exhaustive dans les registres (Registry of Deeds, Supreme Court Civil Registry, Companies Registry le cas échéant) pour s’assurer que le vendeur dispose d’un titre clair et cessible, sans hypothèque non réglée ni litige en cours ;

la vérification des éventuelles servitudes, droits de passage, restrictions de lotissement, règles particulières de la communauté fermée ou du syndicat de copropriété (HOA) ;

– la préparation ou la relecture du contrat de vente et des annexes.

En parallèle, il est vivement recommandé de missionner un inspecteur professionnel pour vérifier l’état du bâtiment, des installations électriques, de la toiture, des fondations, éventuellement des systèmes anti-ouragans, de la piscine, etc. Même si les banques ne l’exigent pas toujours, cette inspection est votre meilleure protection contre les mauvaises surprises dans un environnement tropical où sel, humidité et cyclones laissent des traces.

7. Permis, enregistrement BIA, VAT : ne pas rater les délais

Si votre achat nécessite un permis (terrain de grande surface, projet locatif structuré, usage commercial ou second achat dépassant un certain seuil), votre avocat dépose le dossier auprès du BIA en amont du closing. Le permis peut être automatiquement prolongé si le terrain n’est pas acquis dans un délai de 180 jours, à condition d’avoir déposé une demande de prorogation dans les temps et payé les frais correspondants.

Attention :

Avant la signature, il est obligatoire d’obtenir une facture VAT auprès du Department of Inland Revenue. Cette facture sert de base au paiement de la taxe de 10 %, à régler dans les 180 jours suivant la signature de l’acte de transfert, sous peine de caducité du permis.

L’acte, une fois signé, doit être enregistré au Registry of Records dans le même délai de 180 jours. Une déclaration doit aussi être déposée auprès de l’administration fiscale dans les 30 jours pour signaler le changement de propriétaire, sous peine de pénalité à hauteur de 3 % du prix.

8. Signature (closing) et transfert des fonds

Le closing se déroule généralement au cabinet de l’un des avocats, ou à distance avec des procurations si vous ne pouvez pas vous déplacer. Les fonds sont virés sur le compte séquestre de l’avocat ou selon un schéma convenu d’avance. Une fois toutes les conditions suspensives levées, la VAT réglée et l’acte signé, la propriété est transférée.

Pour un Français, la gestion du change est un point crucial. Le dollar bahaméen évolue comme le dollar américain, mais la valeur de l’euro face au dollar a fluctuée entre environ 1,15 et 1,18 à la charnière 2025–2026 selon les données de la Banque centrale européenne. Une variation de quelques centimes peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un achat de plusieurs millions.

Il peut donc être judicieux de :

négocier avec votre banque ou un courtier FX les meilleures conditions possibles pour des virements de montants élevés ;

– éventuellement lisser les transferts en plusieurs tranches si le calendrier du projet le permet et si vous souhaitez diversifier le risque de change.

9. Enregistrement post-closing et gestion courante

Une fois propriétaire, votre avocat se charge habituellement de :

finaliser l’enregistrement du titre ;

obtenir le certificat de registration auprès du BIA si nécessaire ;

mettre à jour les coordonnées du propriétaire auprès des services fiscaux pour la taxe immobilière.

Vous devez ensuite vous organiser pour : organiser votre emploi du temps, prioriser vos tâches, et communiquer efficacement avec les membres de votre équipe.

régler chaque année la taxe foncière avant la date limite (généralement fin mars), ce qui peut vous donner droit à une remise de 10 % si vous payez avant la date butoir ;

– assurer correctement le bien, en tenant compte du risque cyclonique ;

– gérer les éventuelles locations saisonnières (avec la VAT applicable à 10 % sur les loyers de vacances pour les non-Bahamians) ;

– entretenir la propriété, soit directement, soit via un property manager local.

Résidence et plan de vie : au-delà de l’investissement immobilier

Pour beaucoup de Français aisés, acheter une propriété aux Bahamas ne relève pas seulement d’une stratégie patrimoniale, mais aussi d’un projet de vie ou d’optimisation fiscale internationale.

Cartes de résident, Home Owner’s Card et résidence économique

L’achat d’une résidence ouvre des portes en matière de statut migratoire :

Bon à savoir :

La Home Owner’s Card permet aux propriétaires non-Bahamiens, conjoint et enfants mineurs, d’entrer et sortir facilement sans droit de travail. L’Annual Residence Permit offre un séjour renouvelable annuellement. La résidence permanente économique exige un investissement minimal de 1 000 000 BSD (immobilier ou obligations), avec instruction accélérée à partir de 1,5 million, et conservation du bien durant 10 ans sous peine de retrait du statut.

Aucune de ces options ne donne automatiquement le droit de travailler sur place, ni ne conduit mécaniquement à la citoyenneté, mais elles offrent un accès durable à un environnement fiscal très avantageux : absence totale d’impôt sur le revenu, sur les plus-values et sur le patrimoine.

Prudence côté français

Avant de basculer sa résidence fiscale, un Français doit mesurer avec son conseil :

Astuce :

Les conditions de rupture du lien fiscal avec la France (centre des intérêts économiques, foyer, durée de séjour), les règles anti-abus et CFC (sociétés contrôlées), ainsi que le risque de requalification en résidence fiscale française si la présence effective aux Bahamas est insuffisante.

Les autorités françaises examinent la réalité de la présence à l’étranger et la substance économique de la situation bien au-delà du simple fait de posséder une villa aux Bahamas.

Conseils pratiques pour un acheteur français en 2026

L’achat d’une villa ou d’un appartement aux Bahamas nécessite de combiner culture juridique anglo-saxonne, contraintes administratives locales et obligations fiscales françaises. Quelques réflexes peuvent faire la différence.

Il est essentiel de :

Astuce :

Clarifiez dès le départ l’usage personnel ou locatif, car cela conditionne le permis et la fiscalité (VAT sur loyers, taxe foncière). Choisissez un avocat bahaméen habitué aux clients européens. Anticipez le coût complet (VAT, honoraires, inspections, frais bancaires, assurance, entretien). Gérez activement le change en comparant taux et frais. Documentez l’origine des fonds pour les exigences KYC.

Le marché 2026 reste porteur pour les early movers capables d’agir vite sur les biens de qualité en situation de pénurie, en particulier à Paradise Island, Lyford Cay, Exuma ou Harbour Island. Mais l’époque idéale pour “faire un coup” opportuniste est derrière nous : la trajectoire de prix, les politiques d’offre très disciplinées des promoteurs et la rareté des littoraux disponibles suggèrent davantage une logique de détention de long terme qu’une spéculation de court terme.

Bon à savoir :

Pour un Français maîtrisant la conjugaison du temps long, une fiscalité internationale bien structurée et un usage personnel réel (vacances, télétravail, retraite partielle), un bien aux Bahamas dépasse le simple investissement pour devenir un pivot du patrimoine et du style de vie.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :