S’installer au Togo, que ce soit pour une mission professionnelle, un projet humanitaire ou une expatriation familiale, impose de regarder la réalité sanitaire en face. Le pays a une culture chaleureuse, un coût de la vie encore abordable et un réel potentiel économique, mais il dispose aussi d’un système de santé fragile, marqué par un manque de moyens, une offre très inégale entre Lomé et le reste du territoire, et des risques médicaux trop souvent sous-estimés par les nouveaux arrivants.
Bon à savoir :
Pour bien vivre au Togo en tant qu’expatrié, une préparation sanitaire sérieuse est essentielle, incluant une stratégie d’assurance claire et des réflexes de prudence au quotidien. Cet article offre un panorama pratique des soins de santé basé sur les données disponibles et le fonctionnement réel du système.
Comprendre le système de santé togolais
Le système de santé au Togo est de type mixte : un secteur public qui sert de socle pour la majorité de la population, un secteur privé plus dense à Lomé et dans quelques grandes villes, et une constellation de structures confessionnelles ou associatives, notamment en zone rurale. Sur le papier, l’accès aux soins est large. Dans la pratique, il est très inégal.
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Le nombre de lits d’hospitalisation pour 10 000 habitants dans le pays est très insuffisant face aux besoins médicaux.
Pour situer le niveau général, certains indicateurs donnent le ton : les dépenses de santé par habitant tournaient autour de 137 $ en 2021, avec une projection à 160 $ d’ici 2026, et un indice de prix de la santé autour de 45 à 48 (base mondiale 100). Autrement dit, les soins coûtent beaucoup moins cher qu’en Europe ou en Amérique du Nord, mais la qualité et la disponibilité suivent la même logique.
Secteur public, secteur privé : quelles différences pour un expatrié ?
Au Togo, tous les résidents — nationaux comme étrangers — peuvent, en théorie, accéder aux structures publiques. En pratique, la qualité, les délais et les équipements varient fortement selon le type d’établissement et la région.
Le secteur public : socle incontournable mais sous-doté
Les grandes villes disposent de centres hospitaliers universitaires (CHU) et d’hôpitaux régionaux qui concentrent l’essentiel des compétences lourdes.
À Lomé, plusieurs établissements structurent l’offre publique : plusieurs établissements.
– CHU Sylvanus Olympio, principal hôpital de référence du pays, centre de recours national en cardiologie, chirurgie, neurologie, maternité et pédiatrie, avec plusieurs centaines de lits.
– CHU Campus, autre grand hôpital universitaire, particulièrement tourné vers la traumatologie, l’obstétrique et la pédiatrie.
– Bé Hospital (Avenue Augustino De Souza, T. +228 22 21 70 71), hôpital public de quartier important pour les soins courants.
En région, on trouve notamment le CHU de Kara (T. +228 26 60 60 48), l’hôpital régional de Sokodé (CHR‑Sokodé Médecine, T. +228 25 50 01 78) ou encore l’hôpital de Tsévié. Ces structures assurent la prise en charge des urgences et des pathologies graves pour leurs zones respectives, mais avec des contraintes de ressources considérables.
Astuce :
Dans la majorité des hôpitaux publics, le patient achète un bon de consultation à l’accueil, le présente pour voir un médecin, puis règle les examens et traitements, parfois à chaque étape. Le choix de l’hôpital est libre, selon la pathologie et les moyens du patient.
Le secteur privé : plus confortable, plus rapide, mais pas miraculeux
À Lomé, le paysage privé est dense et très fréquenté par les expatriés. Parmi les établissements souvent cités :
– Clinique Biasa : clinique privée de référence, particulièrement réputée en médecine interne, gynécologie, pédiatrie, cardiologie et soins dentaires. Elle attire de nombreux expatriés et diplomates, avec des délais plus courts et un environnement plus confortable.
– Clinique du Golfe (Route Nationale n°1, Agoè, T. +228 90 02 40 92) et Polyclinique de l’Atlantique (Baguida, T. +228 22 71 70 39), bien implantées et généralement mieux équipées que les structures publiques de taille moyenne.
– Clinique Saint Joseph (Bd du Haho, Tokoin Hédzanawoé, T. +228 22 26 72 32), appréciée pour la chirurgie et la traumatologie.
– Hôpital International de Lomé et Lomé Private Hospital, qui visent clairement une clientèle privée locale et internationale avec un niveau de confort plus « occidental ».
Attention :
D’autres structures privées ou confessionnelles, comme le Centre Médical Social Arc‑en‑Ciel, Hôpital Sœur Emmanuelle, Clinique Locoh‑Donou (pédiatrie) ou encore Clinique le Cœur (cardiologie), complètent l’offre.
Les cliniques privées présentent des atouts essentiels pour un expatrié : temps d’attente réduits, médecins souvent mieux rémunérés et donc plus expérimentés, plateau technique plus récent. Elles sont aussi les premières à accepter les assurances internationales et à proposer, parfois, du tiers payant.
Mais il est important de garder une idée claire : même les meilleurs établissements privés de Lomé restent loin des standards d’un hôpital européen moyen, surtout pour les pathologies complexes, la réanimation ou certains examens de pointe. D’où la nécessité de prévoir, en amont, une solution d’évacuation médicale.
Zoom sur quelques établissements de référence
Pour un expatrié, il est utile de disposer d’une courte « short‑list » de contacts fiables. Le tableau suivant rassemble quelques hôpitaux fréquemment utilisés par les résidents étrangers :
| Établissement | Ville | Statut | Spécialités clés | Téléphone |
|---|---|---|---|---|
| CHU Sylvanus Olympio | Lomé | Public | Référence nationale, cardio, neuro, chirurgie | +228 22 21 25 01 |
| CHU Campus | Lomé | Public | Traumatologie, maternité, pédiatrie | +228 22 25 47 39 |
| Bé Hospital | Lomé | Public | Médecine générale, maternité | +228 22 21 70 71 |
| Clinique Biasa | Lomé | Privé | Médecine interne, gynéco, cardio, pédiatrie | (répertoire local) |
| Clinique du Golfe | Lomé | Privé | Médecine générale, chirurgie, imagerie | +228 90 02 40 92 |
| Polyclinique de l’Atlantique | Lomé | Privé | Médecine, chirurgie, maternité | +228 22 71 70 39 |
| Clinique Saint Joseph / Polyclinique St Joseph | Lomé | Privé | Chirurgie, traumatologie | +228 22 26 72 32 |
| CHU de Kara | Kara | Public | Médecine, chirurgie, urgences | +228 26 60 60 48 |
| CHR‑Sokodé Médecine | Sokodé | Public | Médecine, maternité | +228 25 50 01 78 |
| Hospital of Hope (Hôpital de l’Espoir) | Mango | Privé/mission | Médecine, chirurgie, obstétrique, dentaire | +228 93 15 53 03 |
Dans les faits, beaucoup d’expatriés se font suivre en routine dans une clinique privée de Lomé, mais gardent le CHU Sylvanus Olympio ou Dogta‑Lafiè comme recours ultime pour les urgences traumatiques, en attendant une éventuelle évacuation vers un pays mieux doté.
Sécurité sanitaire : un environnement à risque maîtrisable
Au‑delà de la capacité hospitalière, vivre au Togo signifie faire face à un ensemble de risques sanitaires bien identifiés : maladies infectieuses, carences en psychiatrie, accès difficile aux soins en zone rurale, médicaments contrefaits, mais aussi pollution de l’air et insuffisance de l’eau potable.
Maladies infectieuses et vaccinations
Le pays est classé à risque élevé pour les maladies infectieuses. Parmi les pathologies les plus présentes :
– Paludisme (malaria), endémique sur tout le territoire, toute l’année.
– Fièvre jaune, avec un risque de transmission suffisant pour justifier une vaccination obligatoire à l’entrée.
– Typhoïde, choléra ponctuel, diarrhées bactériennes et parasitaires.
– Dengue, chikungunya, Zika.
– Méningite à méningocoque (Togo se trouve dans la « ceinture de la méningite »).
– Tuberculose.
– Schistosomiases et ver de Guinée (liés aux eaux douces non traitées).
– Rage, en lien avec les chiens, chats et chauves‑souris.
Attention :
Un rendez-vous en centre de vaccinations internationales est indispensable 4 à 6 semaines avant le départ, la vaccination contre la fièvre jaune étant non négociable : sans le certificat ‘yellow card’ valable à vie et reçu au moins 10 jours avant, l’embarquement ou l’entrée dans le pays peut être refusé.
D’autres vaccins sont fortement recommandés : DTP (diphtérie‑tétanos‑coqueluche), polio, rougeole‑oreillons‑rubéole, hépatite A et B, typhoïde, méningite, rage (en cas de séjour rural prolongé ou d’activité à risque), voire choléra pour certaines missions humanitaires ou contextes de mauvaise hygiène.
Le paludisme : un ennemi discret mais constant
Pour un expatrié, le paludisme est rarement mortel si l’on est correctement informé, assuré et réactif, mais il reste extrêmement fréquent. La recommandation des autorités de santé est claire : une chimioprophylaxie (atovaquone/proguanil, doxycycline ou méfloquine selon le profil) est indiquée pour tous les voyageurs, y compris pour des séjours courts.
Attention :
Utilisation de répulsifs DEET, vêtements couvrants, moustiquaire imprégnée et climatisation. Toute fièvre >38°C dans l’année suivant un séjour en zone impaludée doit évoquer un paludisme et nécessite une consultation urgente.
Eau, alimentation et hygiène
L’accès à l’eau potable est loin d’être garanti. Il est recommandé de considérer l’eau du robinet comme potentiellement contaminée, de la faire bouillir ou de privilégier l’eau en bouteille capsulée, y compris dans les hôtels et restaurants (demander explicitement de l’eau minérale, éviter les glaçons d’origine incertaine).
Les aliments crus (salades, fruits non pelés) et les plats vendus dans la rue comportent un risque accru de diarrhées, d’hépatite A ou de typhoïde. L’hygiène des mains (eau + savon ou solution hydroalcoolique) est un réflexe à intégrer avant chaque repas.
Qualité de l’air et climat
Entre décembre et février, la saison de l’harmattan charrie des quantités importantes de poussières sahéliennes. Ajoutées aux brûlis agricoles, elles font grimper les particules fines à des niveaux nocifs, en particulier pour les enfants, les seniors et les personnes souffrant d’asthme, de BPCO, de maladies cardiaques ou de diabète. Porter un masque filtrant, limiter les activités physiques extérieures et aérer avec discernement sont des mesures prudentes.
Santé mentale et vulnérabilités spécifiques
Le volet psychologique est un angle mort massif du système de santé togolais. On estime qu’il y a seulement cinq psychiatres pour environ 8 millions d’habitants. La législation spécifique en santé mentale est quasi inexistante, les inégalités d’accès sont fortes, et la stigmatisation reste élevée. Dans ce contexte, beaucoup de Togolais se tournent d’abord vers des guérisseurs traditionnels ou religieux avant de consulter un professionnel.
Des ONG comme Humanity & Inclusion et la Bluemind Foundation travaillent à rendre le soutien psychosocial plus accessible et à déstigmatiser la prise en charge. Plusieurs lignes d’écoute spécialisées existent :
Lignes d’écoute et de soutien au Togo
Numéros d’urgence et d’assistance psychologique, juridique et sociale disponibles 7 jours sur 7.
Ligne nationale 24/7 : +228 22 21 12 34. Soutien en cas de crise et ressources en santé mentale.
Ligne du lundi au samedi, 8h-20h : +228 90 01 21 21.
Ligne UNFPA Togo 24/7 : +228 22 50 50 50. Prise en charge, assistance juridique et psychosociale.
Ligne Childline Togo du lundi au vendredi, 9h-17h : +228 90 89 33 33.
Pour un expatrié, cela signifie deux choses : ne pas compter sur le système local pour des troubles psychiatriques lourds et récurrents, et intégrer dès le départ une dimension « santé mentale » dans son assurance internationale (psychothérapie, téléconsultations, suivi à distance). En cas d’antécédents sévères nécessitant des consultations régulières ou un plateau technique spécialisé, il est même déconseillé de s’installer au Togo.
Accessibilité, handicap et inégalités
Le cadre légal togolais interdit la discrimination des personnes handicapées dans l’accès à l’emploi, l’éducation, la santé, les transports ou les services publics. Dans les faits, ces dispositions sont très peu appliquées. Aucun texte n’impose des normes d’accessibilité pour les bâtiments publics ou privés. Les trottoirs sont rares, les rampes très limitées, la voirie souvent en mauvais état et l’éclairage déficient.
Bon à savoir :
Pour un expatrié à mobilité réduite ou en fauteuil roulant, la vie quotidienne peut être très compliquée, surtout hors des quartiers centraux de Lomé. Cette réalité doit être prise en compte dans la décision d’expatriation et la préparation pratique : logement adapté, véhicule, accompagnement.
Soins dentaires : un point à ne pas négliger
Les soins odontologiques illustrent bien le contraste entre offre urbaine et réalités rurales. À Lomé, plusieurs structures privées se sont spécialisées ou fortement développées en dentisterie :
– SOS Dentiste, dotée notamment d’un scanner Cone Beam, technologie rare dans le pays, propose implantologie, prothèses, orthodontie esthétique (aligneurs transparents), parodontologie et soins classiques, avec une équipe de chirurgiens‑dentistes expérimentés.
– Des cabinets comme Cabinet Dentaire Nifa (structure publique) ou les services dentaires de cliniques privées et d’hôpitaux (Hospital of Hope à Mango, annexes de Dogta‑Lafiè) assurent la prise en charge des caries, extractions, prothèses et chirurgie orale.
Exemple :
L’initiative humanitaire EODEC a mis en place un dispensaire dentaire à Lomé, équipé de trois fauteuils et de matériel importé, offrant des soins gratuits à des milliers d’enfants des rues ou en situation de grande précarité.
Pour un expatrié, le message est simple : à Lomé, il est possible de trouver des soins dentaires corrects, voire de bon niveau dans quelques cliniques, mais le reste du pays est très peu pourvu. Les assurances locales couvrent la dentisterie de façon très variable ; il est généralement recommandé de souscrire une garantie dentaire spécifique dans son contrat international, en vérifiant la prise en charge de l’implantologie et des prothèses.
Urgences, numéros utiles et réalité du terrain
Les numéros d’urgence à connaître dès son arrivée sont les suivants : les services d’urgence (pompiers, police, ambulance).
– Police : 117
– Gendarmerie : 172
– Pompiers / secours : 118
– Urgences médicales (certains services publiques) : 15 ou 118 selon les sources
– Hôpital Sylvanus Olympio (Lomé, traumas, grandes urgences) : +228 22 21 25 01
Les services d’ambulance sont peu disponibles, les délais d’intervention aléatoires, la formation des secouristes en deçà des standards occidentaux. Dans de nombreux cas, il est recommandé d’utiliser un taxi ou un véhicule privé pour rejoindre directement un grand hôpital, plutôt que d’attendre une ambulance.
Recommandations des guides locaux et des ambassades
Les hôpitaux et cliniques exigent le plus souvent un paiement intégral avant l’admission ou l’acte, sans possibilité de régler par carte bancaire. Sans liquide ou sans preuve d’assurance, la prise en charge peut être retardée. C’est pourquoi les expatriés sont fortement encouragés à porter sur eux la carte de leur assurance internationale, un peu de cash en CFA, et, si possible, une attestation de garantie d’hospitalisation.
Assurances santé : un pilier incontournable de l’expatriation
L’un des aspects les plus importants de la préparation à une expatriation au Togo est la couverture santé. Le système local d’assurance existe, mais il ne peut pas, à lui seul, répondre aux attentes d’un expatrié en matière de qualité, de rapidité de prise en charge et d’évacuation internationale.
Le dispositif public : CNSS, INAM, CNAMU et AMU
Le pays dispose de plusieurs mécanismes de protection santé :
Bon à savoir :
La CNSS couvre les salariés du secteur formel. Le régime INAM pour les agents de l’État couvre les fonctionnaires, retraités et jusqu’à six ayants droit, avec une cotisation de 7 % du salaire de base et un remboursement à 80 % dans le public. Un projet d’assurance maladie universelle (AMU) est en cours, comprenant un régime obligatoire (RAMO) et un régime d’assistance (RAM), visant à couvrir tous les résidents.
Mais pour l’instant, ces dispositifs restent très loin de la couverture universelle : à peine 4 % de la population est effectivement couverte par l’assurance obligatoire, moins de 2 % par une assurance privée, et les dépenses directes des ménages représentent encore plus de 60 % des dépenses de santé. Pour les expatriés, ces chiffres traduisent un système sous‑assuré, où la porte d’entrée la plus solide reste l’assurance internationale privée.
Assurances privées locales
Quelques assureurs togolais, comme GTA Assurance ou NSIA Assurances, proposent des couvertures santé qui incluent hospitalisation, consultations, chirurgie, maternité et urgences. Les travailleurs indépendants ou issus du secteur informel peuvent y souscrire, en présentant les pièces suivantes : pièce d’identité ou acte de naissance, justificatif d’activité (registre de commerce ou déclaration fiscale), justificatif de domicile. Le contrat devient effectif en moyenne sous trois mois.
Attention :
Ces produits sont moins chers que les polices internationales, mais inadaptés aux expatriés en raison de l’absence d’évacuation médicale internationale, de plafonds trop bas pour des pathologies lourdes, d’une gestion des sinistres en français uniquement et d’une absence de prise en charge hors de la sous‑région.
Assurances internationales pour expatriés
Pour un étranger vivant au Togo, la recommandation récurrente des ambassades et des organismes d’expertise est claire : souscrire une assurance santé internationale complète avant le départ, avec au minimum :
– Couverture des hospitalisations et soins lourds.
– Prise en charge des soins ambulatoires (consultations spécialisées, examens, imagerie).
– Garantie évacuation médicale d’urgence et rapatriement.
– Option dentaire et optique si besoin.
– Couverture maternité si un projet de grossesse est envisagé sur place.
– Accès à un réseau mondial de prestataires et au tiers payant dans les cliniques privées togolaises.
2000
Le coût annuel d’une assurance santé internationale pour un adulte jeune avec couverture hospitalisation de base commence à environ 2 000 dollars.
Un point de vigilance important concerne les soins dentaires et la maternité, souvent assortis de délais de carence de plusieurs mois, voire d’un an. Il est donc vivement conseillé de souscrire suffisamment en amont du projet d’expatriation.
Médecine d’urgence et évacuation médicale
Face à la faiblesse des infrastructures hospitalières en cas de pathologie grave, l’évacuation médicale vers un autre pays (souvent le Ghana, parfois l’Europe ou l’Afrique du Nord) est une option qui doit être prévue contractuellement. Un vol sanitaire peut coûter jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dollars sans assurance.
Des organisations spécialisées comme Global Rescue, Medjet ou les services d’assistance d’Allianz, Cigna ou Bupa coordonnent ces évacuations : évaluation médicale, négociation avec les hôpitaux, organisation du transport (hélicoptère, jet sanitaire, vol commercial avec escorte médicale), formalités d’immigration. Leur intervention suppose que le patient soit stabilisé et transférable, ce qui renforce l’importance de se rendre au plus vite dans un bon hôpital local en cas d’urgence.
Coûts, budget et arbitrages pour un expatrié
Le coût de la vie au Togo reste inférieur à celui de la plupart des capitales occidentales. Pour un expatrié à Lomé, on estime :
– 700 à 1 200 $ par mois tout compris pour une personne seule (logement inclus).
– 1 600 à 2 000 $ par mois pour un couple ou une petite famille.
Bon à savoir :
Dans ce budget, la santé pèse moins lourd que le logement ou la scolarité. Les consultations privées sont abordables comparées à l’Europe (généraliste, examens simples, petite chirurgie), mais des soins lourds comme la réanimation, une opération cardiaque ou un traitement oncologique peuvent dépasser les plafonds des assurances locales.
Pour se faire une idée, on estime par exemple qu’un pontage coronarien qui coûterait plus de 100 000 $ aux États‑Unis se situe plutôt entre 20 000 et 30 000 $ dans un établissement de référence au Togo ou dans la région. Ce différentiel rend la destination attractive pour certains patients étrangers, mais pour un expatrié, c’est surtout un rappel : sans couverture adaptée, même « moins cher qu’aux USA » reste totalement hors de portée.
Préparer son arrivée : check‑list santé pour expatriés
Une expatriation réussie au Togo passe par une préparation structurée, dont la dimension sanitaire doit être au cœur.
Avant le départ, plusieurs étapes sont recommandées :
Bon à savoir :
Planifiez un rendez-vous en médecine des voyages 4 à 6 semaines avant le départ pour les vaccins (DTP, fièvre jaune obligatoire, hépatite A/B, typhoïde, etc.) et la prophylaxie antipaludique. Préparez une pharmacie personnelle, souscrivez une assurance avec rapatriement, demandez un résumé médical à votre médecin et numérisez vos documents (passeport, vaccination, ordonnances) dans le cloud.
À l’arrivée, il est utile de :
– Repérer les hôpitaux et cliniques de référence les plus proches de votre domicile et de votre lieu de travail.
– Noter les numéros d’urgence et ceux de votre ambassade/consulat.
– Consulter rapidement un médecin local pour une visite de base et se constituer un dossier dans une clinique de confiance.
– Acheter un téléphone local avec crédit suffisant pour appeler en cas d’urgence.
Vivre avec un système fragile : stratégie du « plan B »
Une fois installé, l’objectif est de se constituer une « culture sanitaire » adaptée au contexte togolais. Cela implique :
Astuce :
Ne retardez pas les consultations en cas de symptômes inhabituels comme la fièvre, l’essoufflement, les douleurs thoraciques ou les signes neurologiques. Privilégiez les cliniques reconnues pour les examens spécialisés, même si cela implique de se déplacer à Lomé. Gardez une somme d’argent liquide à domicile pour les premiers frais d’hospitalisation. Maintenez un lien régulier avec un médecin de confiance via des téléconsultations, surtout pour les pathologies chroniques complexes. Acceptez que certaines prises en charge puissent nécessiter un déplacement hors du Togo et restez flexible.
Pour les familles, l’accès à une bonne pédiatrie (Clinique Biasa, CHU, cliniques privées) et à un suivi vaccinal rigoureux est essentiel. Pour les seniors ou les profils à risque cardio‑vasculaire, la proximité d’un établissement disposant d’un service de cardiologie et d’imagerie est un critère de choix pour le quartier de résidence.
Conclusion : la clé, c’est l’anticipation
Les soins de santé pour les expatriés au Togo ne se résument ni à un tableau noir ni à un discours rassurant à l’excès. Le pays dispose de médecins compétents, de structures hospitalières qui se modernisent (comme Dogta‑Lafiè ou l’Hospital of Hope), de cliniques privées capables de gérer correctement un grand nombre de situations et d’un tissu associatif dynamique sur certains volets (santé mentale, dentisterie humanitaire, prévention).
Mais l’ensemble reste fragile : densité médicale très insuffisante, inégalités géographiques massives, plateaux techniques limités, médicaments parfois contrefaits, services d’urgence lacunaires, psychiatrie quasi inexistante. Dans ce contexte, un expatrié bien préparé peut vivre au Togo sans drame majeur, à condition d’investir sérieusement dans :
Préparer sa santé à l’international
Conseils essentiels pour garantir une couverture et une hygiène de vie optimales lors d’une expatriation.
Souscrire une assurance santé internationale robuste incluant une clause d’évacuation médicale.
Respecter un calendrier vaccinal complet et adapté au pays de destination.
Adopter une hygiène de vie stricte : prévention du paludisme, vigilance sur l’eau et l’alimentation, protection solaire.
Connaître le réseau de soins local, au minimum dans sa ville de résidence.
Anticiper spécifiquement les besoins en santé mentale et les situations de handicap.
La décision de s’installer au
Togo doit donc intégrer ces paramètres sanitaires au même titre que la sécurité, le projet professionnel ou la scolarité des enfants. Loin d’être un frein absolu, c’est une invitation à aborder l’expatriation avec lucidité, méthode et sens des priorités. Avec ces conditions réunies, la vie au
Togo peut devenir une expérience riche, dans un pays encore calme par rapport à d’autres zones du Sahel, à la croisée de défis sanitaires réels et d’initiatives prometteuses.
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