Prix de l’immobilier au Monténégro : comparer Podgorica, Budva, Kotor et Tivat

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier du Monténégro n’a jamais été aussi haut. Entre 2024 et 2026, les prix ont bondi, les investisseurs étrangers se sont rués sur la côte, et la capitale a suivi avec un rythme de hausse plus mesuré mais continu. Dans ce paysage en ébullition, quatre villes structurent l’essentiel des transactions et des stratégies d’investissement : Podgorica, Budva, Kotor et Tivat.

Bon à savoir :

Comprendre les niveaux de prix, dynamiques et rendements aide à naviguer sur un marché attractif mais mature, avec des alertes sur la surévaluation de certains segments.

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Un marché monténégrin en plein cycle haussier

Le contexte général est essentiel pour lire les écarts entre Podgorica, Budva, Kotor et Tivat. En 2025, le prix moyen du neuf dans le pays tourne autour de 2 228 à 2 250 €/m², soit une hausse d’environ 20 % sur un an. Sur l’ensemble des logements, le prix moyen d’un bien résidentiel se situe autour de 190 000 €, et 80 % des transactions tombent dans une fourchette de 90 000 à 350 000 €.

– Les chiffres nationaux racontent une histoire claire :

– depuis 2020, les prix ont bondi d’environ 87 % ;

– rien que de 2024 à mi‑2025, les prix du neuf ont progressé de près de 19 à 21 % ;

– la croissance annuelle projetée pour les années à venir se situe plutôt entre 5 et 7 %, avec un scénario large allant de +3 à +15 % selon l’intensité de la demande étrangère et du tourisme.

308

Plus de 308 millions d’euros ont été injectés dans l’immobilier sur les huit premiers mois de 2025, en hausse de 8,4 %.

Mais ce boom ne se répartit pas de la même façon entre les quatre villes qui nous intéressent. Le Monténégro fonctionne clairement sur deux vitesses : une côte touristico‑investissement, dominée par Budva, Kotor et Tivat, et un marché plus lié aux revenus locaux dans l’intérieur, où Podgorica joue le rôle de pôle central.

Podgorica : l’entrée de gamme rentable

Podgorica est la contre‑poids de la côte. Les prix y sont nettement plus bas, les rendements locatifs souvent supérieurs, et la dépendance au tourisme beaucoup plus limitée. C’est la ville qui, selon plusieurs analyses, offre le meilleur rapport prix d’achat / rendement locatif au Monténégro.

Niveaux de prix et typologies de biens

Les chiffres disponibles pour 2025‑2026 dessinent un marché en forte progression, mais encore abordable à l’échelle européenne :

Indicateur cléPodgorica (2025‑2026)
Prix moyen du neuf~2 108–2 250 €/m²
Prix moyen du m² (toutes annonces)~2 150–2 707 €/m²
Plage habituelle des appartements1 700–2 250 €/m²
Hausse annuelle (Q3 2024 → Q3 2025)+18 %
Projection de hausse annuelle3–5 %
Rendement locatif brut moyen (inland)≈ 6,4 %

Un appartement de 60 m² à Podgorica coûte ainsi en gros de 102 000 € (ancien) à 135 000 € (neuf). Les nouveaux ensembles résidentiels — City Kvart, Central Point, quartiers en expansion — se vendent entre 2 000 et 2 250 €/m², tandis que les immeubles plus anciens tournent plutôt à 1 700–1 900 €/m², avec un rabais d’environ 10–20 % par rapport au neuf.

Plus finement, certains quartiers ont déjà franchi un cap clairement « prime » à l’échelle de la capitale :

Quartier de PodgoricaPositionnementFourchette de prix au m² (approx.)Budget typique appartement
City Kvart / Central PointModerne, jeunes actifs2 200–3 000 €/m²140 000–260 000 €
Preko Morače, GoricaPremium résidentiel calme2 600–3 600 €/m²180 000–350 000 €
Zabjelo« Value », familles1 600–2 300 €/m²60 000–140 000 €

Zabjelo symbolise l’entrée de gamme : un budget de 60 000 à 90 000 € permet encore d’y acheter un petit appartement existant de 35–45 m², ce qui reste rarissime sur la côte.

Dynamique de marché et rendement

Podgorica connaît elle aussi une envolée des prix, mais à un rythme plus maîtrisé que la côte. Entre Q3 2024 et Q3 2025, le prix moyen des logements y a progressé d’environ 18 %, et la ville enchaîne trimestre après trimestre des hausses annuelles depuis plus de quatre ans.

Attention :

Podgorica offre un rendement brut moyen de 6,39 % sur les locations longue durée, surpassant les spots côtiers et les locations saisonnières. Bar et Podgorica sont les seuls marchés où les locations longue durée sont plus performantes que les saisonnières.

La demande est portée par la population locale, les étudiants, les fonctionnaires, les travailleurs des services et une diaspora qui achète pour sa famille. La progression des salaires bruts (+2,3 % à Podgorica début 2026) suit, sans la rattraper, la hausse des prix immobiliers, ce qui commence à poser une question d’accessibilité, mais bien moins aiguë qu’à Budva, Kotor ou Tivat.

Risques et perspectives à Podgorica

Les agents locaux anticipent pour Podgorica une normalisation de la hausse des prix à moins de 5 % par an. La capitale concentre plus de 30 programmes résidentiels actifs et a ajouté environ 2 500 logements neufs en 2024, soit l’un des plus forts rythmes de construction récents. L’offre y est donc plus élastique qu’en baie de Kotor.

Astuce :

Pour un acheteur cherchant une exposition au pays sans dépendre du tourisme, Podgorica offre des tickets d’entrée modérés, un marché profond, une réglementation stable, un rendement locatif solide et des perspectives de hausse de 30 à 40 % sur cinq ans.

Budva : capitale touristique et vedette de la spéculation côtière

Budva est le visage le plus connu du Monténégro touristique : plages, vieille ville fortifiée, bars, boîtes de nuit, festivals d’été. Côté immobilier, c’est aussi l’un des marchés les plus chers et les plus spéculatifs du pays, même si la phase d’emballement brutale semble laisser place à une croissance plus contenue.

Niveaux de prix et fourchettes selon les quartiers

En 2026, Budva affiche des prix moyens au m² nettement au‑dessus de la moyenne nationale :

Indicateur cléBudva (début 2026)
Prix moyen au m² (toutes ventes)≈ 3 200–3 400 €/m²
Prix moyen des annonces≈ 3 344 €/m²
Plage principale du marché1 800–5 000 €/m²
Prix classique des biens « courants »2 200–3 500 €/m²
Vieille ville (Stari Grad)3 500–5 000 €/m², et jusqu’à ~7 000 € pour certains biens
Segment large Budva et environs1 500–3 000 €/m²

Aujourd’hui, un appartement standard d’environ 60 m² à Budva coûte autour de 175 000–221 000 €, avec un prix médian des logements à 176 000 € et un prix moyen avoisinant 221 000 €. Exprimé au m², la médiane se situe autour de 3 200 €/m² et la moyenne autour de 3 400 €/m².

Pour se repérer dans la ville et ses environs :

Zone / quartier de BudvaPositionnementPrix typiques au m²
Vieille ville (Stari Grad)Patrimoine, ultra‑touristique3 500–5 000 €, pics autour de 7 000 €
BečićiFront de mer recherché3 000–4 200 €, avec premium possible à 5 000 €+
Slovenska PlažaCentral, proche plage2 200–3 500 €
Rozino, Dubovica, LaziPoches en forte croissance, orientées résidences à l’année1 800–2 800 € pour la plupart, nouveaux programmes vers 2 200 €/m²
RafailovićiVillage balnéaire en essor2 000–3 200 €
Przno, périphérieQuartiers plus calmes, familiaux1 800–2 800 €

Les villas et propriétés de prestige atteignent rapidement des sommets : une maison familiale de 120 m² se négocie autour de 350 000 €, tandis qu’une villa bien placée dépasse aisément 900 000 €. Le segment « luxe » classique se situe majoritairement entre 600 000 et 2,5 M€, certaines villas de Sveti Stefan ou Reževići franchissant les 2 à 6 M€.

Croissance des prix et perspectives

Budva fait partie des marchés qui ont le plus flambé depuis la moitié des années 2010 : les prix y ont plus que doublé en une décennie (+110 % environ). Depuis 2023, la progression annuelle tourne autour de 8–12 %, avec une hausse de 12 % entre janvier 2025 et janvier 2026 (environ 7 % en termes réels après inflation). Sur deux ans (janvier 2024 → janvier 2026), les prix ont pris environ 25 %.

35

Croissance cumulée prévue du prix immobilier sur cinq ans, passant d’environ 2 900 €/m² à près de 3 900 €/m² d’ici 2031.

Certaines typologies et quartiers devraient faire mieux que la moyenne. Les studios et petits T1 dans des zones bien situées (Rozino, Dubovica, Bečići, Boreti) sont attendus comme les plus performants, avec une appréciation projetée de 8 à 10 % par an, soit 2 à 4 points au‑dessus du marché global.

Location et rentabilité à Budva

Budva reste la capitale touristique du pays, avec plus d’un demi‑million de visiteurs par an et environ 1,2 million de nuitées rien qu’en 2025. Cette base de tourisme de masse se traduit en chiffres locatifs solides.

5,4-5,8

Le rendement brut moyen des appartements se situe entre 5,4 et 5,8 %.

Un exemple typique : un T1 bien situé acheté 120 000 € peut générer de 8 000 à 12 000 € de revenus locatifs sur la seule saison estivale (juin–septembre). En louant également hors saison via des plateformes type Airbnb, certains investisseurs montent à 14 000–18 000 € de revenus annuels bruts, ce qui donne des rendements confortables pour un produit balnéaire établi.

Risques à Budva : saturation et prix « historiques »

Budva se trouve aussi du côté le plus tendu du marché. La banque centrale monténégrine qualifie les valeurs immobilières du pays de « historiquement élevées », et mentionne explicitement des risques de surévaluation cyclique, en particulier sur la côte. Le ratio prix/revenu y est élevé : à l’échelle nationale, un appartement de 60 m² en zone côtière représente environ 11 années de salaire moyen pour un travailleur monténégrin. À Budva, la médiane de 176 000 € équivaut environ à 2,5 fois le revenu annuel moyen agrégé, ce qui est lourd pour les ménages locaux.

Bon à savoir :

Pour un bien existant, prévoyez 8 à 18 % de frais (notaire, agence, taxe de transfert). Pour un neuf, comptez 4 à 10 % (TVA incluse). Les nouvelles règles fiscales sur les terrains à bâtir pourraient augmenter le coût des programmes neufs.

Dans ce contexte, Budva reste un moteur de valorisation, mais le marché n’est plus dans une phase où « tout monte tout le temps ». L’investissement nécessite une sélection fine des quartiers, des résidences et des typologies.

Kotor : la rareté UNESCO, chère mais résiliente

Kotor occupe une place à part dans le paysage monténégrin : inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, cœur historique de la baie de Kotor, destination phare pour les croisières et le tourisme culturel. Ce statut se paie très cher, mais offre aussi une protection naturelle contre les excès d’offre.

Un marché parmi les plus chers du pays

En janvier 2026, le prix moyen au m² à Kotor tourne autour de 3 300–3 605 €/m², soit environ 40 % au‑dessus de la moyenne côtière monténégrine. Un appartement standard de 75 m² se vend autour de 250 000 €. Sur la distribution des prix, environ 80 % des achats se situent entre 100 000 et 600 000 €, avec une concentration entre 150 000 et 400 000 € pour les appartements et maisons « normaux ».

La hiérarchie interne est très marquée :

Secteur / quartier de KotorCaractéristiquesPrix typiques au m²
Vieille ville (Stari Grad)Patrimoine, commerce, location courte durée> 5 300 €/m² pour beaucoup de biens
Dobrota front de merRésidentiel premium, promenade ensoleillée3 500–6 000 €/m², parfois plus pour du luxe
Prčanj, Stoliv (bas)Maisons en pierre, atmosphère villagehausses récentes de 14–18 %, niveaux élevés
Zones sans vue mer, plus en retraitImmeubles anciens, marché localprix nettement plus bas, mais en hausse rapide

Les villas de front de mer à Dobrota ou Prčanj font partie des biens les plus chers du pays : pour certaines, les prix approchent ou dépassent 7 500 €/m². Les palais en pierre de Perast représentent quant à eux un segment presque muséal, où la rareté prime sur toute considération de rendement.

Croissance rapide… et encore en cours

Entre janvier 2025 et janvier 2026, les prix à Kotor ont bondi de 12 à 18 %, soit davantage que la moyenne nationale. Les biens les plus prisés — villas de front de mer, appartements rénovés en vieille ville — ont plutôt suivi la fourchette haute (près de 18 %), tandis que les logements plus anciens sans vue ont évolué autour de 12 %.

Exemple :

Les quartiers qui connaissent la plus forte croissance démographique ou économique sont souvent considérés comme des indicateurs significatifs des tendances urbaines et des dynamiques sociales.

Quartier de KotorAppréciation annuelle récente (approx.)
Dobrota15–20 %
Prčanj14–18 %
Stoliv (bas)12–16 %
Moyenne municipale6–10 % projetés pour 2026

Pour 2026, les projections restent optimistes, mais avec une modération annoncée : la plupart des scénarios donnent une hausse de 6 à 10 % pour la commune, avec 10 à 15 % attendus dans les secteurs les plus tendus (Dobrota, Prčanj, bas Stoliv, Kavač). À cinq ans, la progression cumulée anticipée va de 25 à 45 %.

Le tout s’inscrit dans le contexte du rapprochement européen du Monténégro : la fermeture de nouveaux chapitres d’adhésion fin 2025 a renforcé la confiance des investisseurs de long terme dans les actifs « patrimoniaux » comme Kotor.

Rendement locatif et profil d’investisseurs

En termes de rendement, Kotor affiche des niveaux corrects, mais pas spectaculaires, au regard de ses prix : pour des appartements bien situés, les rendements nets se situent en général entre 4 et 7 %. Sur Airbnb, les biens des quartiers Stari Grad et Dobrota enregistrent environ 55 % de taux d’occupation, avec une recette journalière moyenne d’environ 130 € et des revenus estivaux pouvant aller de 1 500 à 3 500 €/mois pour les meilleures unités.

80

Le taux d’occupation au pic de l’été à Kotor dépasse 80 %, générant des rendements bruts sur Airbnb de 6 à 10 %.

Les acheteurs sont un mélange de Monténégrins fortunés, de Russes, d’Européens de l’Ouest, mais aussi d’Australiens attirés par les maisons en pierre à rénover dans les collines, et d’Américains cherchant des bases européennes dans les résidences haut de gamme de la baie.

Le revers de la médaille : accessibilité et pression réglementaire

Le principal risque à Kotor n’est pas tant une surconstruction — les contraintes d’urbanisme sont très strictes — qu’un niveau de prix décorrélé des revenus locaux. La côte monténégrine est déjà 2 à 4 fois plus chère que Podgorica ; Kotor dépasse encore cette moyenne côtière de l’ordre de 40 %.

Bon à savoir :

Faible risque de concurrence soudaine, mais un plafonnement possible des rendements locatifs et une dépendance au tourisme haut de gamme ainsi qu’aux résidents permanents.

Sur cinq à dix ans, l’effet « UNESCO + UE » peut continuer de pousser les prix, mais la marge d’erreur à l’achat se réduit : la sélection d’emplacements vraiment uniques (ligne d’eau, vue dégagée, accès piéton à la vieille ville) devient cruciale.

Tivat : le laboratoire du luxe marin

Tivat illustre la montée en gamme du Monténégro. Autrefois ville portuaire discrète, elle est devenue, avec Porto Montenegro, un pôle mondial pour la grande plaisance, concentrant certaines des propriétés les plus chères de l’Adriatique.

Des prix au sommet du pays

Les statistiques de marché placent Tivat en tête des prix moyens nationaux :

Indicateur cléTivat (2025‑2026)
Prix moyen au m² (toutes annonces)≈ 4 192 €/m²
Médiane au m²≈ 3 800 €/m²
Moyenne au m²≈ 4 200 €/m²
Prix dans Porto Montenegro6 000–15 000 €/m², parfois plus
Prix waterfront hors ultra‑luxe3 000–5 500 €/m²
Quartiers intérieurs (Gradiošnica, Kava, etc.)2 200–3 200 €/m²

La distribution des prix par bien montre un segment clairement tiré vers le haut : la médiane des maisons se situe autour de 266 000 €, la moyenne plutôt vers 315 000 €. Environ 80 % des propriétés résident dans la tranche 160 000–650 000 €, mais la présence d’unités à 1–4 M€ (et plus dans certains projets) tire fortement les moyennes.

Quelques ordres de grandeur :

Type de bien à TivatPlage de prix typique
Appartement non waterfront240 000–360 € 000
Appartement de front de mer « classique »450 000–900 000 €
Maison familiale350 000–650 000 €
Villa avec vue mer900 000–2,5 M€
Résidence marina de marque (Porto Montenegro)1,2–4 M€ et plus
Ultra‑luxe (penthouse, biens d’exception)jusqu’à 25 M€ selon certaines offres

L’aimant, c’est Porto Montenegro, un complexe mariant marina pour super‑yachts, résidences gérées, boutiques et hôtels internationaux. Ici, le m² oscille couramment entre 6 000 et 12 000 €, avec des pointes à 15 000 €/m² pour les unités les plus prestigieuses. D’autres poches comme Donja Lastva ou la péninsule de Luštica reçoivent aussi des investissements massifs, avec des prix souvent supérieurs à 5 000 €/m² pour les projets haut de gamme.

Croissance et perspectives dans le segment luxe

Tivat a connu une croissance spectaculaire de ses prix, au point d’être cité comme l’un des marchés les plus chers de toute la côte adriatique, juste derrière Dubrovnik. En 2025, les appartements y atteignent en médiane environ 5 677 €/m², avec les villas et maisons autour de 4 800 €/m². Certaines années récentes ont vu des hausses allant jusqu’à 12 % sur le segment luxe.

15%

Les analystes prévoient une hausse pouvant atteindre 15 % dans les zones les plus tendues de Tivat, comme Porto Montenegro, Donja Lastva et Luštica Bay, pour 2025‑2026.

La spécificité de Tivat est son ancrage dans un mode de vie « marina lifestyle » très lisible pour les fortunes internationales. Des acheteurs asiatiques (Singapour, Hong Kong, Inde) se concentrent presque exclusivement sur ces résidences gérées haut de gamme à Tivat et Luštica, tandis que de plus en plus d’Américains y voient une base de télétravail en Europe, profitant du visa de nomade numérique de quatre ans et des infrastructures (co‑working, fibre, services premium).

Rendements et profil de risque

Les rendements locatifs bruts y sont plus modestes que dans l’intérieur ou certains segments de Budva, en raison des valeurs d’achat très élevées. Les données agrégées donnent des rendements moyens autour de 4,6 % brut pour les appartements, avec des pointes un peu plus haut sur des produits très bien optimisés en location saisonnière.

250

Les appartements de Porto Montenegro se louent jusqu’à 250 € par nuit en haute saison.

En revanche, l’accessibilité d’entrée est un frein majeur. Un investissement significatif à Tivat commence rarement sous 120 000–170 000 € (studio ou petit T1 en hauteur), et grimpe très rapidement au‑delà du million d’euros dans le segment cœur du marché luxe. Les frais annexes d’achat et de rénovation peuvent ajouter 6–10 % pour un bien prêt à habiter, et 10–25 % supplémentaires si des travaux importants sont nécessaires.

Pour un investisseur, Tivat représente donc un pari sur le maintien et la progression du segment ultra‑haut de gamme monténégrin : forte corrélation avec l’attractivité du pays comme destination yachting et balnéaire de prestige, mais aussi exposition élevée aux chocs éventuels sur la clientèle internationale fortunée.

Comparer Podgorica, Budva, Kotor et Tivat : qui coûte quoi ?

En rassemblant les données disponibles, on voit se dessiner un gradient clair des prix entre la capitale et les trois grands pôles côtiers.

Prix moyens au mètre carré et dynamique annuelle

VillePrix moyen au m² (2025‑début 2026)Variation annuelle récentePosition dans le pays
Podgorica~2 150–2 707 €/m²+17–18 % (Q3 2024 → Q3 2025)Capitale, marché intermédiaire
Budva~3 200–3 400 €/m²+9,9–12 %Pôle touristique majeur, prix élevés
Kotor~3 300–3 605 €/m²+10–18 %Micro‑localisation très chère
Tivat~4 192 €/m² (moyenne), 3 800 € (médiane)+6,3–15 %Ville la plus chère, luxe marina

À l’intérieur de ces moyennes, les écarts selon le type de localisation sont considérables. Un simple changement de zone — passer d’un quartier intérieur à un front de mer avec accès direct — peut ajouter 30 à 100 % au prix du m². Par exemple, un appartement standard à 2 500 €/m² en zone intérieure se vendra 3 250 à 5 000 €/m² s’il bénéficie d’un accès direct à la mer.

Comparatif simplifié pour un T1 standard

On peut résumer la hiérarchie des prix avec l’exemple d’un appartement d’une chambre, 45‑55 m², dans une localisation correcte mais pas ultra‑luxe :

LocalisationPrix courant au m² pour un T1Budget typique pour 45‑55 m²
Podgorica1 700–2 250 €/m²85 000–135 000 €
Budva / Kotor (zones touristiques sans vue directe mer)2 700–4 000 €/m²175 000–220 000 € (plus proche mer ou vue partielle : 220 000–280 000 €)
Tivat (hors Porto Montenegro, quartiers en vue mer partielle)3 000–4 500 €/m²200 000–260 000 €

À l’autre extrême, les appartements de luxe avec vue mer franche, finitions haut de gamme et services de type conciergerie dans Porto Montenegro ou certains complexes de Budva peuvent facilement dépasser les 400 000–500 000 € pour une simple chambre.

Positionnement relatif dans la carte des prix monténégrine

En termes de classification par bande de prix :

Segment nationalPlage de prix au m²Villes / zones représentatives
Prime coastal2 700–5 000 €/m²Budva, Kotor, Tivat (hors ultra‑luxe), fronts de mer attractifs
Ultra‑luxe marina5 000–15 000 €/m²Porto Montenegro, Luštica Bay, front de mer premium Kotor/Budva
Capitale1 520–2 250 €/m²Podgorica (neuf et quartiers centraux)
Côte « budget »1 100–2 500 €/m²Bar, Ulcinj, segments secondaires de la côte
Montagne (stations)1 200–1 400 €/m²Kolašin, Žabljak
Villes centrales intérieures700–1 100 €/m²Niksic, petites villes de l’intérieur
Zones rurales / éloignées400–800 €/m²campagnes, zones peu touristiques

Dans cette grille, Podgorica occupe un milieu de tableau qui paraît bon marché par rapport à la côte, tandis que Budva, Kotor et surtout Tivat forment la pointe très chère du marché monténégrin.

Rendements locatifs : qui paie le mieux pour les investisseurs ?

La comparaison des quatre villes ne se joue pas seulement sur le prix d’achat, mais aussi sur les revenus locatifs espérés.

Rendements à Podgorica, Budva, Kotor, Tivat

Les données agrégées sur les rendements bruts montrent plusieurs choses :

Rendements immobiliers au Monténégro

Synthèse des rendements résidentiels bruts selon les zones : national, intérieur, côtier premium et touristique.

National

Les rendements résidentiels bruts se situent généralement entre 4,5 et 7 % au niveau national.

Zones intérieures (Podgorica)

Ces zones affichent souvent les rendements les plus élevés, autour de 6–6,5 %.

Zones côtières premiums (Kotor, Tivat)

Offrent des rendements corrects, mais comprimés par les niveaux de prix élevés.

Budva

Grâce à son tourisme de masse, elle se situe dans un bon milieu de gamme.

On peut résumer la situation ainsi :

VilleRendement locatif brut typiqueType de location dominante
Podgorica≈ 6,0–6,4 %Longue durée (marché local, étudiants, salariés)
Budva5–7 % (moyenne 5,4–5,8 %)Courte durée estivale + mix annuel
Kotor4–7 % net pour biens bien placésCourte durée touristique, forte saisonnalité
Tivat≈ 4,4–4,8 % pour les appartementsLocation saisonnière haut de gamme, produits gérés

L’investisseur strictement orienté rendement brut et stabilité privilégiera donc plutôt Podgorica (ou Bar) et les zones intérieures, alors que celui qui cherche un mix prestige + rendement raisonnable regardera Budva et Kotor, et que Tivat résume le pari « valeur patrimoniale + lifestyle ultra‑luxe ».

Règles fiscales, TVA et résidence : des paramètres à ne pas négliger

La comparaison des prix bruts ne suffit pas : au Monténégro, les règles fiscales et de résidence ont significativement changé entre 2024 et 2026, avec un impact concret sur le coût total d’un achat à Podgorica ou sur la côte.

TVA et impôt de transfert

Deux régimes coexistent :

– pour un bien ancien (revente), l’acquéreur paie un impôt de transfert progressif :

– 3 % jusqu’à 150 000 € ;

– 4 500 € + 5 % de la fraction au‑delà de 150 000 € jusqu’à 500 000 € ;

– 22 000 € + 6 % de la fraction au‑delà de 500 000 €.

– pour un bien neuf acquis auprès d’un promoteur, l’acquéreur ne paie pas cet impôt de transfert, mais la TVA, en pratique à un taux standard (19–21 % selon les textes évoqués), généralement intégrée dans le prix.

Bon à savoir :

À partir d’avril 2026, les terrains à bâtir avec permis de construire seront soumis à la TVA, ce qui pourrait augmenter le coût des logements neufs d’au moins 50 €/m². Cette réforme, alignée sur les standards européens, risque de faire grimper les prix des appartements neufs à Podgorica et sur la côte.

Fiscalité courante du propriétaire

Tous les propriétaires, résidents ou non, sont soumis à la même grille fiscale :

taxe foncière annuelle de 0,25 à 1 % de la valeur marchande (les communes fixent les taux, ajustables selon le type de bien et la zone) ;

impôt sur le revenu locatif à 9 % (avec abattement forfaitaire qui ramène l’imposition effective autour de 5,4 % du loyer brut) ;

– éventuelle plus‑value immobilière imposée à 9–15 %, sauf exemptions (résidence principale, détention de plus de trois ans, transferts familiaux) ;

– impôt sur les sociétés à 9 % si l’on détient via une structure corporate.

Résidence par l’immobilier : nouveaux seuils

L’achat d’un bien immobilier peut servir de base à une demande de résidence temporaire, mais les règles se sont considérablement durcies. Depuis 2026, un seuil de valeur taxable minimale de 150 000 € (déterminée par l’administration fiscale) s’applique aux ressortissants hors UE/EEE/Suisse pour obtenir un titre de séjour via la propriété. Une version précédente des textes mentionnait 200 000 € comme nouveau minimum, mais les amendements finaux retiennent 150 000 €.

5 000

Les détenteurs majoritaires d’une entreprise doivent justifier d’au moins 5 000 € d’impôts et contributions sociales payés par an pour renouveler leur résidence via une société écran.

Pour un acheteur qui vise la résidence à Podgorica, Budva, Kotor ou Tivat, ces règles ont deux implications :

en dessous de 150 000 € de valeur fiscale, l’achat ne suffit plus à fonder un droit au séjour (sauf citoyens UE/EEE/Suisse, moins concernés par cette limite) ;

– sur la côte, la majorité des biens entrent naturellement au‑dessus de ce seuil, tandis qu’à Podgorica il faut se concentrer sur les appartements neufs et bien placés plutôt que sur les petites surfaces périphériques les moins chères.

Une fenêtre d’opportunité, mais plus un Far West

Pris ensemble, Podgorica, Budva, Kotor et Tivat illustrent la trajectoire de l’immobilier monténégrin : un marché qui a connu des hausses spectaculaires (jusqu’à +20 % par an sur le neuf à l’échelle nationale, jusqu’à +22–28 % dans les poches phares comme Porto Montenegro, Donja Lastva, Dobrota ou Bečići), mais qui s’oriente désormais vers une phase de modération.

Le marché immobilier monténégrin : une prime de rareté sur la côte

La côte adriatique du Monténégro concentre les prix les plus élevés du pays, soutenus par le tourisme de luxe, le patrimoine et les infrastructures.

Budva

Prix moyen d’environ 3 200 €/m², porté par une forte dépendance au tourisme et à la clientèle étrangère fortunée.

Kotor

Site UNESCO, mêlant histoire et infrastructures, avec des segments ultra-luxe pouvant atteindre 10 000–15 000 €/m².

Tivat

Plus de 4 000 €/m² en moyenne, grâce à sa marina et à un aéroport attirant une clientèle aisée.

Podgorica, avec son m² autour de 2 150–2 700 € et des rendements locatifs souvent supérieurs à 6 %, apparaît comme le marché le plus rationnel pour qui cherche un couple rendement/risque équilibré, sans renoncer à une appréciation projetée de 30–40 % sur cinq ans.

La banque centrale rappelle toutefois que les prix se trouvent à des niveaux « historiquement élevés » et que le marché entre dans une phase où la sélectivité devient cruciale. Pour un investisseur, cela signifie qu’il ne suffit plus d’acheter « n’importe quoi, n’importe où » à Budva, Kotor ou Tivat. Il faut arbitrer entre :

Investir dans l’immobilier au Monténégro

Comparaison des villes clés pour l’investissement immobilier au Monténégro en 2025 : Podgorica, Budva, Kotor et Tivat.

Podgorica

Prix bas, marché profond, rendement élevé et risque touristique limité.

Budva

Forte demande locative saisonnière, croissance encore solide mais marché déjà cher.

Kotor

Rareté patrimoniale, progression soutenue, rendements corrects mais tickets élevés.

Tivat

Pari luxe-marina, tickets très élevés, forte corrélation avec la clientèle haut de gamme internationale.

Sur l’horizon 2026 et au‑delà, le consensus des études est qu’une poursuite de la croissance est probable — 5–7 % par an en moyenne nationale — mais avec des disparités marquées entre segments. Dans ce paysage, la comparaison fine des prix et des rendements à Podgorica, Budva, Kotor et Tivat n’est plus un exercice théorique : c’est la condition pour investir au Monténégro avec des attentes réalistes et une maîtrise des risques.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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