Les opportunités d’investissement dans l’immobilier commercial au Guatemala

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’immobilier commercial au Guatemala traverse une phase de transformation rapide. Porté par une croissance économique régulière, un afflux d’investissements étrangers, l’essor du e‑commerce et un boom du tourisme, le pays est en train de devenir l’un des marchés les plus dynamiques d’Amérique centrale pour les bureaux, les entrepôts, les centres commerciaux, les parcs logistiques et les projets mixtes. Derrière cette expansion, on trouve à la fois des fondamentaux macroéconomiques solides, un cadre légal très ouvert aux capitaux internationaux et une demande croissante de la part des entreprises locales et étrangères.

Un marché porté par une économie stable et une demande en hausse

Le point de départ, c’est la taille et la dynamique de l’économie guatémaltèque. Le Guatemala possède la plus grande économie d’Amérique centrale, avec un PIB situé autour de 86 à plus de 100 milliards de dollars selon les sources et une croissance attendue entre 3,5 % et 4 % par an jusqu’en 2028. L’inflation reste contenue, autour de 4 %, et la note de crédit du pays (BB‑ avec perspective stable, améliorée à BB par certaines agences) confirme une perception de risque modérée pour la région.

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Les transferts d’argent des expatriés guatémaltèques, qui s’élèvent à 16 milliards de dollars par an, soutiennent directement la consommation et le marché immobilier du pays.

Dans ce contexte, les secteurs du commerce de détail, de la construction et de l’immobilier ont été parmi les principaux moteurs de l’activité économique récente. L’activité économique a progressé d’environ 3,9 % sur les sept premiers mois de 2025, tirée notamment par le commerce de détail, la construction et la gestion immobilière. Le taux d’urbanisation progresse rapidement et dépasse déjà les 50 %, avec une urbanisation estimée à plus de 67 % à très court terme pour les principaux centres urbains.

Bon à savoir :

En 2024, la valeur des transactions immobilières a augmenté d’environ 7 %. Les prix résidentiels progressent de 3 à 7 % par an et le marché commercial est en phase d’expansion. Les analystes prévoient une croissance annuelle d’environ 6 % pour le secteur (résidentiel et commercial) jusqu’en 2029.

Un cadre légal particulièrement favorable aux investisseurs étrangers

L’un des grands atouts du Guatemala pour l’immobilier commercial est la simplicité de l’accès au marché pour les non‑résidents. La Constitution protège la propriété privée pour les nationaux comme pour les étrangers, et une loi spécifique sur l’investissement étranger (Décret 9‑98) consacre le principe d’égalité de traitement entre capitaux locaux et internationaux.

Concrètement, un investisseur étranger peut :

Astuce :

Les investisseurs étrangers peuvent : détenir 100 % du capital d’une société guatémaltèque ; acquérir la plupart des types de biens immobiliers (bureaux, commerces, terrains industriels, entrepôts) avec les mêmes droits qu’un citoyen guatémaltèque ; et rapatrier librement bénéfices, dividendes et capital, dans le cadre d’un marché des changes libéralisé et sans contrôle de capitaux, sous réserve des obligations fiscales habituelles.

Les seules restrictions portent sur certaines zones sensibles : proximité immédiate des frontières et des côtes, ainsi que le front d’eau (bord de mer, rivières navigables, lacs). Dans ces secteurs, la propriété directe peut être limitée ou soumise à des structures spécifiques (baux avec l’agence publique OCRET ou détention via une société guatémaltèque). Mais pour l’immobilier commercial urbain – bureaux, immeubles mixtes, centres logistiques –, ces restrictions jouent très peu.

La loi interdit par ailleurs toute discrimination à l’encontre d’un investisseur étranger et limite strictement la possibilité d’expropriation : elle ne peut intervenir qu’en cas d’utilité publique clairement démontrée, de manière non‑discriminatoire, avec une indemnisation préalable et effective.

Les fondamentaux du marché de l’immobilier commercial

Le segment commercial au sens large englobe au Guatemala les bureaux, les surfaces de commerce de détail (retail), les entrepôts, les parcs industriels et logistiques, l’hôtellerie, ainsi que les projets multi‑familles à vocation locative lorsqu’ils sont gérés comme actifs d’investissement. Tous ces sous‑marchés bénéficient de tendances convergentes.

Attention :

Les entreprises privilégient désormais des immeubles modernes, bien équipés et idéalement situés, avec des conditions de location flexibles. Les espaces obsolètes ou mal desservis perdent de l’attrait au profit de tours de bureaux, centres d’affaires et parcs logistiques récents, offrant des infrastructures de haute qualité comme le parking, la sécurité, une bonne connectivité et une efficacité énergétique.

Un indicateur clé est l’évolution de la vacance de bureaux. Après près d’une décennie de hausse, le taux de vacance des bureaux à Guatemala City a commencé à se réduire à partir de 2023. Il est passé d’environ 20,8 % à 13,5 % au premier semestre 2024, principalement grâce à l’absorption de surfaces de qualité dans les emplacements prime. Ce retournement de tendance témoigne d’une reprise nette de la demande, notamment de la part de secteurs comme la banque, la finance et les services externalisés, qui occupent par exemple de grandes surfaces dans le complexe World Trade Center.

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Le rendement brut annuel maximum pour les actifs commerciaux en France, incluant bureaux, retail et entrepôts.

Le tableau ci‑dessous synthétise quelques ordres de grandeur de rendements par segment.

Segment d’actifsLocalisation principaleRendement brut annuel estimatif
Bureaux et actifs commerciaux primeGuatemala City (zones 10, 14)8 % à 12 %
Appartements de luxeGuatemala City7 % à 8 %
Immeubles coloniaux touristiquesAntigua Guatemala6 % à 9 %
Propriétés touristiquesZone du lac Atitlán7 % à 10 %

Guatemala City : cœur du marché des bureaux et de la logistique

Capitale politique et économique, Guatemala City concentre la majeure partie du stock de bureaux modernes, des grands centres commerciaux et des entrepôts logistiques non soumis à régimes d’exonération. La métropole est également le point névralgique des infrastructures : aéroport international La Aurora, réseaux d’autobus rapides Transmetro, futurs projets de rail urbain (Metro Riel), nœuds autoroutiers vers le reste du pays et de la région.

Exemple :

Les zones 10, 14 et 15 de la capitale guatémaltèque concentrent l’activité économique haut de gamme, avec des tours de bureaux, des centres d’affaires comme l’Europlaza Business Center (quatre tours de 19 étages avec héliports), des banques, des sièges de multinationales et des hôtels. La Torre Citibank en est un autre exemple, située à proximité de l’aéroport. Les loyers pour les bureaux de services y varient considérablement, allant de quelques centaines de quetzales par poste et par mois pour des espaces de coworking, à des tarifs bien plus élevés pour des surfaces privatives premium.

La ville abrite aussi une offre très large d’entrepôts, d’ofibodegas (bureaux + stockage) et de parcs industriels. Une étude sur le secteur industriel recense plus de 800 000 m² d’entrepôts et de plateformes logistiques ne bénéficiant pas d’incitations fiscales, situés autour de la capitale. Près de la moitié de ce stock est de classe A, concentrée dans des zones comme Delta Bárcenas (Villanueva) et le parc industriel Michatoya à Palin.

Dans des sous‑marchés comme Amatitlán, le stock est majoritairement de classe B, ce qui laisse une marge importante pour des repositionnements ou des projets neufs visant des standards plus élevés de logistique moderne (hauteur libre, quais de chargement, systèmes de gestion d’entrepôt, etc.).

L’essor des parcs logistiques et de la logistique de détail

L’un des vecteurs les plus puissants de croissance pour l’immobilier commercial au Guatemala est le développement de la logistique, en particulier la logistique de détail liée à l’explosion du e‑commerce et de la grande distribution.

Le marché de la logistique de détail affiche une progression régulière, alimentée par :

la croissance durable du commerce de détail, y compris l’alimentaire ;

– une forte hausse de la consommation des classes moyennes ;

– l’essor fulgurant du commerce en ligne, avec une préférence marquée pour les paiements par carte et les achats via smartphone ;

– la demande d’une livraison plus rapide, qui impose des entrepôts plus proches des consommateurs.

Avantages Logistiques

Le pays se positionne comme un hub logistique régional grâce à des atouts stratégiques et compétitifs.

Position Géographique Stratégique

Localisation entre les Amériques avec des ports sur les océans Atlantique et Pacifique.

Compétitivité des Coûts

Coûts opérationnels inférieurs à ceux de nombreux concurrents régionaux.

Accès Rapide au Marché Nord-Américain

Temps d’acheminement courts vers les États-Unis et le Canada, favorisant le ‘nearshoring’.

Alternative aux Perturbations Mondiales

Solution attractive pour les industriels et distributeurs face aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Concrètement, cela crée une demande croissante pour différents types de plateformes : entrepôts pour produits secs, installations frigorifiques, centres de distribution, dépôts sous douane, parcs logistiques intégrés à proximité des grandes artères. Des acteurs spécialisés, comme certains 3PL régionaux, investissent dans des installations à forte intensité technologique (systèmes de gestion d’entrepôt, automatisation, véhicules guidés automatiquement, etc.).

Bon à savoir :

Les zones économiques spéciales (ZDEEP), comme Puerta del Istmo, offrent aux groupes internationaux des exonérations fiscales et douanières substantielles pour y implanter des activités de production et de logistique. Ces zones favorisent également le développement d’une logistique avancée et durable, comme en témoigne l’exemple d’AMBEV (filiale d’AB InBev) qui y déploie des systèmes d’emballage circulaire.

Pour un investisseur immobilier, ces tendances se traduisent par une demande soutenue pour :

des entrepôts modernes à proximité de Guatemala City et des grands axes ;

– des parcs logistiques près des ports (Puerto Quetzal sur le Pacifique, Santo Tomás de Castilla côté Caraïbe) ;

– des plateformes régionales dans des villes secondaires bien connectées (Cobán, Retalhuleu, Petén, Quetzaltenango).

Commerce de détail, centres commerciaux et formats hybrides

Le commerce de détail est un autre pilier de la demande en immobilier commercial. La consommation des ménages augmente, portée par la progression des revenus d’une classe moyenne urbaine et les importantes remises venues de l’étranger.

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Les ventes de détail en produits alimentaires ont bondi de plus de 30 % en 2024 par rapport à l’année précédente.

De grandes enseignes contrôlent déjà une bonne partie du secteur : Walmart Mexico & Central America, Unisuper, Pricesmart, ou encore des groupes de superettes organisées. Ces acteurs poursuivent une stratégie offensive d’ouverture de nouveaux magasins dans les périphéries de Guatemala City et les villes de l’intérieur, ce qui alimente la demande de locaux commerciaux en retail park, de galeries marchandes et d’unités locatives en pied d’immeuble.

Bon à savoir :

Le marché du commerce en ligne est en forte croissance, porté par l’accès à internet et aux smartphones, ainsi que par le développement des plateformes. Cette évolution ne remplace pas le commerce physique mais favorise l’émergence de formats hybrides comme le click‑and‑collect, les dark stores, les showrooms expérientiels ou les mini‑hubs logistiques urbains.

Dans les zones haut de gamme de Guatemala City, les centres commerciaux nouvelle génération (malls avec restauration, loisirs, coworking, santé, etc.) restent des actifs de choix. Les projets mixtes combinant commerces, bureaux, logements et espaces de travail partagés se multiplient, portés par une demande forte de confort, de sécurité et de services intégrés.

Bureaux : un marché en reprise qui se modernise

Le marché des bureaux guatémaltèque sort d’une longue phase de surcapacité. Le taux de vacance, qui se situait autour de 20 % en 2023, est redescendu à environ 13,5 % dans la première moitié de 2024. Le mouvement est tiré par l’absorption des surfaces de bonne qualité dans les quartiers d’affaires, tandis que les immeubles anciens peinent davantage.

Attention :

Le marché évolue avec, d’une part, la consolidation des fonctions back-office des grandes institutions financières dans des complexes dédiés et, d’autre part, une demande croissante d’espaces flexibles et modulables de la part des sociétés de services, BPO, centres d’appels, start-ups tech et entreprises internationales attirées par le nearshoring.

Les loyers reflètent cette segmentation. Dans les tours emblématiques de Zona 10 ou Zona 14, des espaces de bureaux servis ou de coworking sont proposés à partir de quelques centaines de quetzales par poste et par mois, avec une montée en gamme pour les bureaux privatifs et les grandes surfaces. L’enjeu pour les propriétaires est de maintenir des standards élevés : connectivité, espaces communs de qualité, certification environnementale, services mutualisés.

Pour un investisseur, la clé est de viser soit les actifs prime dans les meilleures localisations, avec un risque de vacance plus faible et une demande structurelle, soit des actifs à repositionner (immeubles bien situés mais vieillissants) afin de capter le mouvement de “flight to quality” des entreprises.

Hôtellerie, tourisme et locations de courte durée

Le tourisme est l’un des moteurs les plus visibles de l’immobilier commercial au Guatemala. La fréquentation touristique augmente de 7 à 9 % par an, et certaines destinations clés comme Antigua Guatemala, le lac Atitlán, la région de Petén (Tikal) ou la côte pacifique voient exploser les besoins en hébergement, restauration et services touristiques.

Antigua illustre bien cette dynamique. Ville coloniale classée au patrimoine mondial, soumise à des règles de préservation strictes, elle offre une combinaison rarissime de charme architectural, climat agréable et forte demande internationale. La rareté du foncier constructible maintient les prix élevés, mais les revenus locatifs suivent : durant les périodes de pointe en 2023, l’occupation des locations de luxe a atteint jusqu’à 98 %, avec près de 200 nuits louées en moyenne par an pour certains biens.

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Il s’agit de la croissance, en pourcentage, des annonces de location courte durée autour du lac Atitlán en 2023.

Dans le Petén, l’ouverture en 2024 de l’Observatoire du tourisme durable de Petén confirme la volonté des autorités de structurer un tourisme plus soutenu autour de Tikal et des autres sites archéologiques. Cela se traduit déjà par un développement de petits hôtels, de lodges et de services associés, où les ratios de rendement peuvent être très solides compte tenu de la progression des arrivées.

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Le taux de projection annuel d’appréciation des propriétés sur la côte pacifique du Guatemala sur les cinq prochaines années.

Pour les investisseurs qui ciblent l’hôtellerie, les résidences de tourisme, les pensions et les complexes mixtes (hôtel + commerce + loisirs), ces marchés touristiques représentent des poches d’opportunités importantes, à condition d’intégrer la saisonnalité de la demande et les exigences croissantes en matière de durabilité environnementale.

Villes secondaires et nouvelles zones de croissance

Au‑delà de la capitale et des hauts lieux touristiques, plusieurs régions gagnent rapidement en intérêt, soutenues par des investissements publics en infrastructures et par le développement de secteurs économiques spécifiques.

Retalhuleu, par exemple, bénéficie d’un essor industriel et d’un vaste programme d’investissement public, avec une partie d’un budget d’infrastructures d’un milliard de dollars destinée à la région. L’implantation d’usines et d’entrepôts y crée une demande nouvelle pour des logements de travailleurs, des commerces et des services logistiques.

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La production de légumes à Jalapa a augmenté de 500 % en 2020.

Quetzaltenango, deuxième ville du pays, mixe dynamisme étudiant (présence de grandes universités) et croissance économique appuyée par des programmes comme USAID Creating Economic Opportunities. L’extension du réseau routier, l’introduction de bus électriques et l’augmentation des équipements urbains ouvrent un boulevard à l’immobilier commercial : résidences étudiantes, bureaux de services, surfaces de restauration, commerces de proximité.

D’autres régions, comme Cobán (Alta Verapaz) avec son potentiel écotouristique, Livingston (Izabal) sur la côte caraïbe ou la zone de Río Dulce avec ses marinas, constituent des terrains propices à des investissements ciblés mêlant hôtellerie, commerce et services.

Prix, rendement et perspectives d’appréciation

Même si l’article se concentre sur l’immobilier commercial, les valeurs résidentielles fournissent une référence utile pour évaluer le niveau général de prix dans le pays. À Guatemala City, le prix moyen au mètre carré dans le centre peut dépasser les 1 400 dollars, contre un peu plus de 1 000 dollars dans les quartiers périphériques. Dans les zones les plus huppées (Zones 10, 14, 15), les appartements de luxe se négocient généralement entre 1 800 et 2 500 dollars le mètre carré.

Les perspectives d’appréciation sont globalement positives. Les projections sur cinq ans pour les principaux marchés sont les suivantes :

Région / SegmentAppréciation annuelle attendue
Guatemala City (zones premium)5 % à 7 %
Antigua Guatemala6 % à 8 %
Lac Atitlán7 % à 9 %
Côte pacifique (zones en développement)8 % à 10 %
Villes secondaires4 % à 6 %

Rapportés au niveau actuel des rendements locatifs, ces taux de croissance suggèrent des profils de performance très compétitifs en comparaison d’autres marchés émergents. La combinaison rendement courant + appréciation potentielle peut dépasser 12 à 15 % par an sur certains projets réussis, en particulier dans la logistique, l’hôtellerie touristique et les ensembles mixtes.

Incitations fiscales et zones spéciales : un levier puissant pour les projets

Le Guatemala dispose d’un arsenal d’incitations fiscales ciblées pour les secteurs jugés stratégiques : exportations, maquila, zones franches, zones économiques spéciales (ZDEEP), énergies renouvelables, tourisme, véhicules “verts”, etc. Ces régimes peuvent considérablement améliorer la rentabilité nette des projets immobiliers commerciaux adossés à des activités éligibles.

Bon à savoir :

Les zones franches offrent une exonération totale de l’impôt sur le revenu pendant environ 10 ans, une exemption des droits de douane et de la TVA sur les importations d’équipements et de matières premières, et un traitement fiscal favorable pour les transactions internes. Les ZDEEP (Zones de Développement Économique à régime Privilégié) proposent un cadre extra-douanier avec un régime temporaire pour les biens, ainsi qu’une exonération de l’impôt sur le revenu des entreprises et des dividendes pendant une décennie.

Pour l’investisseur immobilier, ces instruments signifient que la création d’un parc industriel ou logistique, d’un centre de distribution ou d’un complexe de services dans une de ces zones peut attirer des locataires bénéficiant de coûts d’exploitation allégés, ce qui renforce leur capacité à payer des loyers compétitifs et sécurise la demande sur la durée.

Le tourisme bénéficie aussi de dispositifs d’encouragement, notamment une réduction de la fiscalité sur les investissements dans certaines régions et des exemptions partielles de taxes sur l’immobilier lié à des projets touristiques. Là encore, cela peut faire pencher la balance pour un projet hôtelier, un resort balnéaire ou un complexe écotouristique.

Processus d’acquisition et fiscalité : des coûts à maîtriser

L’acquisition d’un bien commercial au Guatemala suit un processus structuré, mais relativement rapide : une transaction classique se conclut en 30 à 60 jours. Les étapes essentielles sont la recherche de propriété, la signature d’un compromis, la vérification juridique approfondie (due diligence), l’acte public devant notaire et l’enregistrement au registre de la propriété.

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Les coûts de transaction totaux pour l’acheteur représentent habituellement entre 5 % et 7 % du prix d’achat d’un bien immobilier.

Du côté de la détention, l’impôt foncier (IUSI) reste modéré, avec un barème progressif qui culmine à 0,9 % de la valeur cadastrale. Les revenus locatifs perçus par un non‑résident sont soumis à une retenue de 15 % sur le brut, tandis qu’un résident peut opter pour un régime simplifié (5 à 7 % du brut) ou un régime général (25 % du bénéfice net). Les plus‑values à la revente sont imposées à un taux forfaitaire de 10 %.

Pour un véhicule d’investissement professionnel, il est crucial de structurer correctement la détention (société locale, éventuellement holding internationale), de sécuriser l’émission des factures officielles (facturas) pour déduire les charges, et de se faire accompagner par un cabinet fiscal guatémaltèque familier de l’immobilier.

Financement : prépondérance du cash, mais ouverture progressive

La plupart des investisseurs étrangers achètent encore comptant, ce qui simplifie et accélère considérablement les opérations. L’accès au crédit bancaire local pour un non‑résident reste difficile, avec des exigences strictes : parfois résidence légale, historique bancaire local, apport de 35 à 40 %, ratios prêt‑valeur limités autour de 60 à 70 % et taux d’intérêt courants dans une fourchette de 8 à 12 % pour les crédits commerciaux.

Astuce :

Des banques guatémaltèques comme Banco Industrial, Banco G&T Continental ou BAC sont habituées à travailler avec une clientèle internationale. Elles peuvent structurer des financements pour des projets significatifs, particulièrement lorsque ceux-ci impliquent des locataires solides ou s’inscrivent dans le cadre de zones franches ou de zones économiques spéciales.

Une alternative fréquente est le financement promoteur (developer financing) pour des projets en construction, avec des acomptes de 20 à 40 %, des échéances étalées sur 3 à 5 ans et des taux comparables à ceux des banques. Le financement vendeur (seller financing) est aussi courant, particulièrement sur des actifs commerciaux ou des terrains, avec des conditions négociables au cas par cas.

Pour des portefeuilles d’envergure, des groupes de crédit privés spécialisés en Amérique centrale proposent des montages sur mesure, souvent adossés à des garanties réelles sur les actifs et à des flux locatifs.

Risques et défis : où se concentrent les points de vigilance

Comme tout marché émergent, le Guatemala présente un ensemble de risques qu’il serait dangereux de sous‑estimer.

Le premier concerne la sécurité juridique des titres. Dans les zones rurales ou dans certaines régions où les systèmes de tenure traditionnelle coexistent avec le registre officiel, des conflits de limites, des droits coutumiers non enregistrés ou des titres incomplets peuvent survenir. La seule réponse est un travail approfondi de due diligence : recherche de chaîne de titres sur au moins 30 ans, vérification de l’absence d’hypothèques, de charges, de litiges, examen des paiements d’impôts fonciers, contrôle des règles de zonage et, si nécessaire, étude de la situation foncière autochtone.

Astuce :

Le second risque tient à la dimension politique et réglementaire. Même si le pays présente une stabilité relative et un cadre favorable à l’investissement, des changements de politique fiscale, d’incitations ou de réglementation sectorielle peuvent intervenir, notamment sur les régimes de zones franches ou d’avantages touristiques. Il est donc prudent de diversifier les types d’actifs et de ne pas baser entièrement la viabilité d’un projet sur un avantage fiscal susceptible d’être amendé.

La vulnérabilité aux catastrophes naturelles (séismes, activité volcanique, intempéries) doit également être intégrée, surtout dans un portefeuille commercial. L’assurance, la qualité de la construction, le choix de l’emplacement et la préparation opérationnelle sont des paramètres essentiels.

Enfin, certaines zones urbaines connaissent des taux de criminalité plus élevés, ce qui nécessite d’intégrer sécurité privée, contrôle d’accès et équipements de surveillance dans les immeubles commerciaux et logistiques.

Comment se positionner sur le marché : pistes stratégiques

Pour un investisseur souhaitant se positionner sur l’immobilier commercial au Guatemala, plusieurs axes se dessinent clairement à partir des tendances observées.

Une première approche consiste à cibler les bureaux et commerces prime à Guatemala City, en misant sur la poursuite de la réduction de la vacance et la montée en gamme demandée par les entreprises. Les immeubles récents des zones 10, 14, 15 et certains secteurs de la zone 4 offrent des profils de risque plus mesurés, avec des locataires solvables et une demande structurelle.

Bon à savoir :

Une seconde approche d’investissement cible les actifs logistiques et industriels légers, situés dans la capitale et le long des corridors stratégiques (axes vers les ports, parcs industriels existants, zones franches). Ce segment offre souvent des rendements bruts élevés, soutenus par des tendances structurelles fortes telles que le nearshoring, la croissance du commerce de détail et l’augmentation des exportations agroalimentaires.

Une troisième approche se concentre sur le tourisme, avec des actifs hôteliers ou para‑hôteliers dans des destinations consolidées : Antigua, lac Atitlán, Petén, côte pacifique. Ici, le potentiel de rendement est important, mais suppose une gestion plus active, la maîtrise des plateformes de réservation et une sensibilité aux cycles touristiques.

Enfin, une approche plus opportuniste se tourne vers les villes secondaires en croissance (Quetzaltenango, Cobán, Retalhuleu, Jalapa, etc.), où les prix d’entrée restent 25 à 40 % plus bas que dans les marchés principaux. À condition d’accepter un horizon de placement plus long et un marché de revente moins liquide, ces régions peuvent offrir des plus‑values supérieures, notamment lorsque des infrastructures majeures (routes, hôpitaux, projets industriels) viennent renforcer leur connectivité.

Conclusion : un marché encore sous‑exploité, mais exigeant

L’immobilier commercial au Guatemala réunit aujourd’hui plusieurs ingrédients rarement alignés dans un même marché émergent : croissance économique stable, cadre légal accueillant pour les investisseurs étrangers, fiscalité modérée sur la propriété et les revenus locatifs, rendements élevés et perspectives d’appréciation soutenues dans les principaux segments.

Attention :

Le potentiel de l’investissement immobilier ne doit pas occulter la nécessité d’une approche rigoureuse, incluant la sélection des emplacements, l’analyse de la demande sectorielle, une due diligence juridique, une structuration fiscale adaptée et la gestion des risques opérationnels. Le recours à des experts spécialisés (avocats, agences locales, gestionnaires) est essentiel.

Pour ceux qui acceptent cette discipline, le Guatemala offre aujourd’hui un terrain d’investissement commercial rare : encore loin de la saturation observée dans certains pays voisins, mais déjà suffisamment mature pour proposer une profondeur de marché, des locataires diversifiés et des cadres institutionnels relativement robustes. Dans un monde où la recherche de rendement réel devient de plus en plus difficile, les entrepôts, bureaux, centres commerciaux et projets mixtes de ce pays d’Amérique centrale méritent de figurer sur l’écran radar des investisseurs avertis.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Guatemala
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour rechercher du rendement locatif et une exposition au quetzal, tout en profitant d’un coût d’entrée inférieur à d’autres pays. Budget alloué : 300 000 à 450 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Guatemala Ciudad, Antigua, Quetzaltenango), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison en lotissement sécurisé dans un quartier en développement, combinant rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 350 000 dollars. La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent, avocat, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en intégrant les risques juridiques, fiscaux et locatifs propres au Guatemala.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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