Fiscalité et expatriation : impôt sur le revenu et taxe foncière aux Îles Vierges des États-Unis

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Îles Vierges des États-Unis en tant qu’expatrié n’a rien d’anodin sur le plan fiscal. Le territoire applique un régime très particulier, à mi-chemin entre celui des États‑Unis et celui d’une juridiction autonome, avec son propre bureau des impôts, sa taxe foncière, mais aussi des programmes d’incitations qui peuvent réduire l’impôt sur le revenu et la taxe foncière à des niveaux extrêmement bas pour certains profils. Comprendre ce système est indispensable avant d’y transférer sa résidence ou d’y investir dans l’immobilier.

Un territoire américain… avec son propre système fiscal

Les Îles Vierges des États-Unis sont un territoire non incorporé des États‑Unis. Le Congrès américain conserve la main sur le cadre légal général, mais a imposé au territoire un système d’« impôt miroir » : l’Internal Revenue Code fédéral s’applique, en remplaçant simplement « United States » par « Virgin Islands » pour l’impôt sur le revenu.

Bon à savoir :

Bien que les règles et barèmes suivent généralement le modèle fédéral américain, l’impôt sur le revenu est collecté localement par le Virgin Islands Bureau of Internal Revenue (VIBIR) pour les résidents fiscaux. Le territoire ne prélève ni impôt d’État ni taxe de vente générale, mais dispose de taxes locales comme la taxe foncière, la taxe sur les recettes brutes, des droits d’accise et un impôt sur les successions/donations (largement neutralisé pour les résidents).

Pour les expatriés, toute la mécanique tourne autour d’une notion clé : le statut de “bona fide resident” des Îles Vierges des États-Unis.

Être ou ne pas être « bona fide resident » : la clé de la fiscalité de l’expatrié

L’Internal Revenue Code (section 937) et les règlements du Trésor définissent des critères très précis pour considérer une personne comme résident réel des Îles. Trois tests cumulatifs doivent être satisfaits pour toute l’année fiscale.

La présence physique : un premier filtre chiffré

Le Physical Presence Test peut être rempli de plusieurs façons. L’option la plus simple consiste à passer au moins 183 jours dans l’année sur le territoire. Mais la loi prévoit d’autres combinaisons, par exemple :

– un total de 549 jours de présence sur trois ans (année en cours et deux années précédentes), avec au minimum 60 jours chaque année ;

– ou encore, ne pas passer plus de 90 jours aux États‑Unis dans l’année ;

– ou percevoir au maximum 3 000 dollars de revenus gagnés aux États‑Unis tout en passant plus de jours aux Îles qu’aux États‑Unis ;

– ou enfin ne présenter aucun lien significatif avec les États‑Unis (pas de logement permanent, pas de famille résidant principalement sur le continent, pas d’ancrage fort sur place).

183

Nombre minimum de jours de présence requis sur trois ans pour les non-résidents étrangers souhaitant devenir résidents des Îles, selon un calcul pondéré.

Ces règles laissent une certaine souplesse. Par exemple, des jours passés en dehors des Îles peuvent malgré tout être comptés comme des jours de présence si la personne est contrainte de sortir du territoire pour raisons médicales ou en raison d’une évacuation liée à une catastrophe naturelle déclarée par la FEMA. Jusqu’à 30 jours passés ni aux États‑Unis ni aux Îles peuvent aussi être pris en compte dans certaines configurations, à condition d’être plus présent dans les Îles que sur le continent.

Le « tax home » et le lien le plus étroit

Répondre au test de présence ne suffit pas. Le second critère, le Tax Home Test, exige que le centre principal des activités professionnelles (au sens des sections 911(d)(3) et 162(a)(2) du Code) ne soit pas situé hors des Îles. Autrement dit, pour que les Îles soient considérées comme le « tax home », il faut en faire le lieu habituel de l’activité, ou, à défaut d’activité stable, le lieu de vie principal.

Attention :

Il s’agit d’une analyse qualitative pour déterminer la résidence fiscale. Elle examine des éléments comme le lieu de résidence permanente, la localisation de la famille et des biens personnels, les affiliations, ainsi que la juridiction des documents officiels (permis de conduire, inscription électorale, formulaires W‑8/W‑9). Si l’expatrié est jugé plus étroitement lié aux États‑Unis ou à un autre pays qu’aux Îles, il ne pourra pas être considéré comme un résident de bonne foi (bona fide resident).

Les années de déménagement et le formulaire 8898

Les années de changement de résidence (arrivée ou départ des Îles) font l’objet de règles spécifiques. Il est possible d’être considéré comme résident des Îles pour l’année du déménagement si l’on remplit des conditions sur un horizon de trois ans avant et trois ans après la date de transfert. Dans ces cas, le formulaire 8898 doit être déposé auprès de l’IRS pour notifier le début ou la fin du statut de résident d’un territoire américain, sous peine de pénalité de 1 000 dollars par formulaire omis.

Impôt sur le revenu : qui paie, où, et sur quelle base ?

Une fois le statut de résident clarifié, le régime de l’impôt sur le revenu se dédouble : d’un côté, les bona fide residents des Îles, de l’autre, les non‑résidents qui ont des revenus de source Îles Vierges des États-Unis.

Résidents des Îles Vierges des États-Unis : impôt local sur le revenu mondial

Les résidents réels doivent déclarer l’ensemble de leurs revenus mondiaux au Bureau local (VIBIR) à l’aide du formulaire 1040 (le même que celui utilisé aux États‑Unis, mais déposé auprès du VIBIR). Ils paient l’impôt sur cette base, aux barèmes fédéraux américains, qui vont de 10 % à 37 % selon les tranches de revenu.

Lorsqu’ils perçoivent des revenus de source extérieure aux Îles (par exemple, loyers en Europe, dividendes d’une société étrangère, intérêts perçus à l’étranger), ils doivent compléter et joindre le formulaire V.I. 1040 INFO, détaillant précisément ces revenus non locaux.

Astuce :

Si un résident remplit correctement ses obligations fiscales locales (par exemple, auprès des autorités des Îles), les revenus ainsi déclarés sont exclus du calcul de l’impôt fédéral américain. En conséquence, le résident n’a généralement plus à déposer de déclaration auprès de l’IRS pour ces revenus, et les déductions ou crédits d’impôt qui y sont associés ne sont pas pris en compte au niveau fédéral.

Il existe toutefois une exception importante : les revenus de travail indépendant. Même un bona fide resident peut être tenu de déposer une Form 1040‑SS auprès de l’IRS à Philadelphie pour payer les cotisations sociales (self‑employment tax). La logique est la même pour les résidents d’autres territoires américains.

Exemple :

Certains crédits d’impôt fédéraux, comme le crédit d’impôt pour revenu du travail (Earned Income Credit), le crédit supplémentaire pour enfant ou le crédit pour études universitaires (American Opportunity Tax Credit), ne sont pas directement accessibles via une déclaration à l’IRS. Les résidents des Îles Vierges américaines doivent consulter le VIBIR (Virgin Islands Bureau of Internal Revenue) pour vérifier l’existence d’équivalents locaux à ces niches fiscales.

Non‑résidents avec revenus de source Îles Vierges des États-Unis : double déclaration obligatoire

Un citoyen américain ou résident fiscal américain qui n’est pas bona fide resident, mais qui perçoit des revenus de source Îles (salaire, revenus d’une activité, location immobilière, etc.), se retrouve dans une configuration plus complexe. Il doit :

– déposer une déclaration complète aux États‑Unis (Form 1040 ou 1040‑SR) avec l’IRS ;

– déposer une copie identique de cette déclaration auprès du VIBIR ;

– joindre au deux déclarations la Form 8689, qui calcule la part d’impôt fédéral à allouer aux Îles en fonction du ratio suivant : AGI source Îles / AGI mondial.

Impôt des Îles Vierges Britanniques (VIBIR)

Mécanisme de calcul et de crédit d’impôt pour éviter la double imposition entre l’administration fédérale et le VIBIR.

Calcul de l’impôt VIBIR

L’impôt dû aux Îles Vierges Britanniques est calculé comme un pourcentage de l’impôt fédéral total.

Crédit d’impôt fédéral

L’impôt payé au VIBIR est crédité sur l’impôt fédéral, ce qui évite en principe la double imposition.

Distinction des paiements

Il est essentiel de bien distinguer les montants versés à chaque administration, car les trop-versés à l’une ne sont pas automatiquement imputés sur les sommes dues à l’autre.

Pour les non‑résidents étrangers (non‑citoyens américains) ayant des revenus des Îles mais sans activité professionnelle locale continue, un régime de retenue à la source de 10 % peut s’appliquer sur certains revenus passifs (par exemple, intérêts ou certains autres flux), ce prélèvement étant versé par le payeur local à l’administration fiscale des Îles.

Barèmes et autres impôts sur le revenu

Les barèmes de l’impôt sur le revenu aux Îles Vierges des États-Unis reflètent ceux des États‑Unis. Ils sont actualisés chaque année, avec des tranches progressives allant de 10 % jusqu’à 37 % pour les revenus les plus élevés. Aucune surtaxe locale n’est ajoutée au niveau des personnes physiques en dehors de ce barème miroir. Les plus‑values et les revenus du capital sont imposés selon les mêmes règles de base que dans le système fédéral.

Les résidents restent par ailleurs soumis aux cotisations sociales (Social Security, Medicare) prélevées sur les salaires, comme sur le continent.

Investir et habiter : comment fonctionne la taxe foncière aux Îles Vierges des États-Unis ?

Pour un expatrié, l’achat d’une résidence principale ou d’un bien locatif dans les Îles s’accompagne du paiement d’une taxe foncière annuelle (real property tax). Contrairement à beaucoup d’éléments d’impôt sur le revenu, la taxe foncière relève d’un cadre purement territorial, avec ses propres taux, exonérations et procédures.

Calcul de la taxe foncière

La taxe foncière repose sur la valeur imposable, qui correspond en principe à un pourcentage de la valeur de marché estimée par le service du Tax Assessor. Dans la pratique, l’assiette se base souvent sur 60 % de la valeur marchande, avec des taux qui varient selon l’usage du bien.

Le tableau ci‑dessous illustre les principaux taux appliqués :

Catégorie de bienTaux sur la valeur imposable
Résidentiel (maison/appartement)0,377 % (0,003770)
Terrain nu0,4946 % (0,004946)
Commercial0,711 % (0,007110)
Timeshare1,407 % (0,014070)

Dans certaines présentations, la taxe foncière est aussi exprimée comme 1,25 % de la valeur imposable, ce qui correspond, si la valeur imposable est 60 % de la valeur de marché, à un taux effectif d’environ 0,75 % de la valeur de marché.

Les avis d’imposition sont généralement émis une fois par an. Un calendrier type prévoit l’émission des factures à la mi‑année, avec une échéance de paiement à la fin de l’été ou à l’automne, suivie d’un délai de grâce. Le non‑paiement entraîne des intérêts et pénalités, puis, en cas de persistance, l’inscription d’un avis de vente aux enchères dans la presse et, à terme, la mise aux enchères du bien.

Les paiements peuvent être effectués en ligne via le portail officiel, sur place ou par courrier. Un montant minimum de taxe foncière (par exemple 180 dollars) reste dû quel que soit le volume d’exonérations.

Homestead, vétérans, seniors : un système sophistiqué de crédits de taxe foncière

Les Îles Vierges des États-Unis ont mis en place un dispositif assez élaboré d’allégements pour les résidents occupants leur logement principal. Ces crédits sont strictement encadrés, et l’expatrié ne peut en bénéficier que s’il remplit des conditions de résidence permanente et de propriété.

Le dispositif de base est le Homestead Tax Credit, qui vise la résidence principale de l’occupant. Plusieurs sous‑catégories existent, chacune avec taux ou montants de crédit spécifiques.

Un résumé simplifié des principaux crédits est présenté ci‑dessous :

Type de crédit foncierMontant / effet principalConditions clés
Homestead généralCrédit de 400 $ sur la taxe dueRésidence principale, propriétaire occupant
Crédit vétéranCrédit de 650 $Ancien combattant ou conjoint survivant, DD‑214
Exonération vétéran invalideExonération totale de la taxe sur la résidenceInaptitude totale et permanente liée au service
Crédit senior (≥ 60 ans)Crédit de 500 $Plafonds de revenu (30 000 $ individuel / 50 000 $ foyer)
Crédit personne handicapéeCrédit de 500 $Inaptitude reconnue par la SSA + mêmes plafonds de revenu
Circuit breakerCrédit pouvant aller jusqu’à 5 000 $Conditions de revenu prévues par le code
Certificate of VisitabilityRéduction de 20 % de la taxeLogement certifié accessible (visitability)
Classe 1 héritage (terrain non bâti ≤ 5 acres)Réduction de 80 % de la taxeTerrain hérité, sans constructions significatives
Crédit exploitation agricole (Farmland)Réduction jusqu’à 95 % de la taxeUtilisation exclusivement agricole, zone adaptée

Ces crédits ne sont en principe pas cumulatifs entre eux, à l’exception du Homestead général, qui peut se combiner avec un autre crédit (par exemple vétéran ou senior) une fois par année fiscale. Des formulaires spécifiques doivent être déposés auprès du Tax Assessor, en respectant une date butoir (souvent vers le début du printemps). Les pièces justificatives comprennent typiquement :

preuve d’identité (passeport, permis local, carte d’électeur) ;

attestation de résidence et factures d’utilities ;

copie de la dernière déclaration de revenus déposée aux Îles.

L’application frauduleuse de ces crédits est sanctionnée par la loi territoriale.

Exonérations structurelles et programmes spéciaux

La loi territoriale exonère intégralement certains types de biens, par exemple :

– les biens appartenant au gouvernement fédéral ou au gouvernement des Îles Vierges des États-Unis ;

– les lieux de culte et certains établissements éducatifs, caritatifs ou scientifiques (sous conditions d’usage non lucratif et de surface) ;

– les cimetières ;

– les biens détenus par certaines organisations à but non lucratif pour la préservation de sites historiques ou d’espaces naturels.

Par ailleurs, plusieurs dispositifs ciblent des activités économiques particulières. Les terres agricoles peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une réduction de 95 % de la taxe foncière, tandis que les sociétés bénéficiant d’un certificat d’exemption de la Virgin Islands Economic Development Commission (EDC) peuvent être intégralement exonérées de taxe foncière pour les propriétés utilisées dans le cadre de leur activité approuvée.

Programmes d’incitation : réduire l’impôt sur le revenu et la taxe foncière

Au‑delà du régime “standard”, les Îles Vierges des États-Unis s’appuient sur un arsenal d’incitations fiscales pour attirer investisseurs, entrepreneurs et certaines activités. Ces régimes sont particulièrement pertinents pour les expatriés disposant de revenus élevés ou de projets d’implantation d’entreprise.

L’Economic Development Commission (EDC) et programmes associés

Le programme EDC est la pierre angulaire de la stratégie fiscale du territoire. Mis en place sur la base de la section 934 du Code, et encadré par la Virgin Islands Economic Development Authority (USVIEDA), il propose un package d’avantages rarement égalé dans la Caraïbe, validé par le Congrès américain et l’IRS.

Les principaux bénéfices pour une entreprise ou un individu éligible sont les suivants :

90

Réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés et des personnes physiques pour les activités bénéficiant du programme.

En combinant ces avantages avec le barème fédéral, le taux effectif maximal d’impôt sur le revenu des personnes physiques peut descendre à environ 3,7 %, et pour les sociétés, un taux effectif autour de 2,1 à 2,3 % est fréquemment cité pour les revenus qualifiés.

Le tableau ci‑après synthétise l’impact des incitations sur les principaux impôts liés à l’activité :

Impôt/TaxeRégime standardRégime EDC / RTPark sur revenus éligibles
Impôt sur le revenu (personnes)Barème 10–37 %Crédit de 90 % sur la part éligible
Impôt sur les sociétésTaux fédéral miroir (21 % + surtaxe 10 %)Crédit de 90 % → taux effectif ~2–3 %
Taxe foncière (biens d’activité)Taux fonciers locaux variablesExonération de 100 %
Taxe sur recettes brutes (4–5 %)5 % sur recettes au‑delà de certains seuilsExonération de 100 %
Droits d’accise2 à 25 % selon produitsExonération de 100 % sur certains intrants
Droits de douane6 % standard1 % sur les biens concernés

Les entreprises éligibles doivent remplir un ensemble d’exigences : investissement minimal (par exemple au moins 100 000 dollars hors stocks), création d’emplois locaux (souvent au moins dix résidents à temps plein, avec des obligations spécifiques sur la proportion de cadres locaux), conformité aux lois environnementales, implantation réelle dans les Îles, etc. Pour certains secteurs (hôtellerie, zones d’entreprises historiques, parcs technologiques – programme RTPark), des règles adaptent la durée des avantages (10 à 30 ans, parfois prorogeables) et les seuils d’investissement.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, ces programmes offrent un impôt sur le revenu réduit et une exonération de taxe foncière sur les actifs professionnels, sous réserve de respecter des conditions d’implantation réelle et de création d’emplois locaux.

Sociétés exemptes et planification patrimoniale

Parallèlement au régime EDC, les Îles abritent un régime de “exempt companies” en vigueur depuis plusieurs décennies. Une société de ce type peut, sous réserve que moins de 10 % de son capital soit détenu par des résidents américains, être exonérée :

de tout impôt local sur ses revenus, sauf ceux provenant de sources américaines effectivement liés à une activité aux États‑Unis ;

de tout impôt sur les intérêts obtenus de dépôts bancaires aux Îles ou à l’étranger.

Les actionnaires non résidents bénéficient également d’une absence de retenue à la source sur les dividendes, et les titres détenus par un non‑résident ne sont pas soumis à l’impôt fédéral américain sur les successions ni à un impôt successoral local. Ce type de structure est fréquemment mentionné comme outil de structuration patrimoniale pour détenteurs de capitaux étrangers, même si, pour un citoyen américain, les règles GILTI et autres régimes anti‑délocalisation peuvent contrebalancer l’intérêt de ce montage.

Taxe sur les recettes brutes, droits d’accise et autres prélèvements locaux

Même si le territoire ne connaît pas de sales tax généralisée, il applique une gross receipts tax sur le chiffre d’affaires des entreprises. Pour un expatrié entrepreneur ou investisseur, comprendre cette taxe est indispensable.

Les grandes lignes sont les suivantes :

Bon à savoir :

Pour un chiffre d’affaires annuel supérieur à 225 000 dollars, la taxe de 5% s’applique sur la totalité des recettes. En dessous de ce seuil, elle ne frappe que la part des recettes mensuelles dépassant 9 000 dollars, sans report possible de cet abattement. Les entreprises liées doivent agréger leurs recettes pour le calcul du seuil. Toutes les entreprises, y compris celles exonérées (comme les bénéficiaires EDC), doivent généralement déposer une déclaration mensuelle (Form 720VI) en indiquant leur statut.

S’ajoutent des droits d’accise sur des catégories spécifiques de biens (carburants, alcool, tabac, certains matériaux), une container tax sur les conteneurs importés, une taxe spécifique sur les véhicules (highway user’s tax) lors de l’enregistrement, et d’autres prélèvements ciblés (casino tax, etc.). Si l’on reste centré sur l’immobilier, deux éléments méritent d’être soulignés :

Bon à savoir :

Les matériaux de construction et certains équipements peuvent être soumis à l’accise, sauf si le projet bénéficie d’un statut EDC ou assimilé prévoyant une exonération. De plus, des dispositifs comme le Hotel Development Act ou certaines zones d’entreprise peuvent offrir des remises sur la taxe d’occupation hôtelière et parfois des avantages sur la taxe foncière, ce qui est pertinent pour un expatrié investissant dans un resort ou une résidence de tourisme.

Succession, donations et interaction avec le droit fédéral

Sur le plan des droits de succession et de donation, la situation des Îles Vierges des États-Unis est hybride. L’impôt fédéral sur les successions reste du ressort de l’IRS et se calcule sur la base du patrimoine mondial pour les citoyens et résidents américains. En parallèle, le droit local prévoit des dispositions en matière d’inheritance tax et de gift tax, mais, dans les faits, les textes prévoient des exonérations très larges pour les résidents des Îles et pour certaines catégories de biens.

Bon à savoir :

Pour les non-Américains fortunés, les Îles Vierges américaines offrent un cadre de planification successoral avantageux, avec une absence d’impôt successoral local si le défunt y était résident. Ce dispositif peut être combiné avec l’utilisation de sociétés exemptes. Cependant, pour un citoyen américain expatrié, cette absence d’impôt local doit être articulée avec l’impôt fédéral américain sur les successions, dont l’exonération, bien qu’élevée, n’est pas illimitée.

Administration, contrôles et contentieux

Sur le plan pratique, le Virgin Islands Bureau of Internal Revenue fonctionne de façon largement calquée sur l’IRS pour ce qui est des procédures de contrôle, des formulaires et des systèmes d’information. Le personnel est formé par l’IRS, les avis de redressement suivent la même logique de « 90‑day letter », et les procédures de recouvrement utilisent les mêmes outils (saisies, privilèges, etc.).

La différence principale tient à la compétence juridictionnelle : les litiges fiscaux sur l’impôt sur le revenu des Îles sont portés devant la District Court of the Virgin Islands, et non devant la U.S. Tax Court. Le contribuable peut y introduire un recours contre un avis de déficit sans avoir préalablement payé l’intégralité du montant réclamé.

District Court of the Virgin Islands

En matière de taxe foncière, l’Office of the Lieutenant Governor, via la Division du Tax Assessor et du Tax Collector, gère les évaluations, crédits et procédures de recouvrement. La loi prévoit la publication des noms des propriétaires en situation de défaut de paiement, suivie de la vente aux enchères des biens si les sommes dues ne sont pas réglées ou qu’aucun plan d’échelonnement n’est accepté.

Ce que cela signifie concrètement pour un expatrié

Pour un expatrié envisageant de s’installer ou d’investir aux Îles Vierges des États-Unis, plusieurs implications ressortent clairement de ce panorama :

D’abord, il est possible de se placer sous un régime où l’impôt sur le revenu est payé exclusivement au territoire (et non plus à l’IRS) sur la base de revenus mondiaux, à condition d’obtenir et de conserver le statut de bona fide resident. Dans ce cas, l’expatrié se situe dans un système qui reprend les règles américaines, mais lui permet d’accéder, potentiellement, à des crédits de 90 % sur certains revenus à travers les programmes économiques.

Bon à savoir :

La taxe foncière locale est modérée comparée à d’autres États américains. Les résidents permanents peuvent réduire leur facture grâce au crédit Homestead, étendu aux vétérans, seniors et personnes handicapées. Les investisseurs bénéficiant d’un statut EDC ou d’autres régimes de développement peuvent obtenir des exonérations intégrales pour les biens utilisés dans leurs activités approuvées.

De l’autre côté, les non‑résidents qui détiennent un bien immobilier locatif, ou qui prestent une activité aux Îles tout en restant rattachés fiscalement aux États‑Unis ou à un autre pays, doivent composer avec des obligations de double déclaration et un système de répartition d’impôt (via Form 8689) qui implique une coordination fine entre l’IRS et le VIBIR.

Bon à savoir :

Les Îles Vierges des États-Unis ne sont pas un paradis fiscal classique, car elles appliquent la législation américaine et collaborent avec l’IRS. Cependant, elles offrent un cadre fiscal avantageux, notamment pour les entrepreneurs, investisseurs et hauts revenus disposés à s’installer réellement sur le territoire, sous réserve de respecter les exigences de substance économique.

Compte tenu de la complexité des règles de résidence, de la combinaison impôt sur le revenu/ taxe foncière et de la coexistence de multiples programmes d’incitation, le recours à un conseil fiscal connaissant à la fois le droit fédéral américain et le système des Îles Vierges des États-Unis est fortement recommandé avant toute décision d’expatriation ou d’investissement immobilier significatif.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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