Les sports populaires à pratiquer en Mongolie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Pays de cavaliers, de steppes sans fin et de hivers mordants, la Mongolie est aussi un immense terrain de jeu pour le sport. Entre disciplines millénaires nées du mode de vie nomade et sports modernes importés au XXe siècle, le pays offre un éventail étonnamment large d’activités que l’on peut réellement pratiquer sur place, en tant que voyageur comme en tant que résident.

Bon à savoir :

En Mongolie, les activités sportives, qu’elles soient traditionnelles comme le bökh (lutte), le tir à l’arc ou l’équitation, ou plus modernes comme les marathons urbains, le basket professionnel ou les sports d’hiver, sont bien plus qu’un simple loisir. Elles constituent une porte d’entrée directe pour comprendre la culture, l’histoire et la vie quotidienne du pays.

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Naadam et « trois jeux virils » : la matrice du sport mongol

Impossible de parler de sport en Mongolie sans commencer par le Naadam, grande fête estivale célébrée chaque année dans tout le pays. Son nom complet, eriin gurvan naadam – « les trois jeux des hommes » – résume son cœur sportif : lutte, courses de chevaux et tir à l’arc. Depuis des siècles, ces disciplines servent à tester les qualités essentielles du cavalier-guerrier des steppes : force, endurance, précision.

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Nombre traditionnel de lutteurs participant au National Naadam d’Oulan-Bator, sur neuf tours de compétition.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu rapide des trois sports piliers du Naadam.

SportRôle au NaadamParticularités pour la pratique
Lutte mongoleSport le plus prestigieux, tournoi géantRéservé aux hommes, pas de catégories de poids
Courses de chevauxÉpreuve la plus populaire pour le publicJockeys enfants, longues distances en rase campagne
Tir à l’arcDiscipline de prestige, mixteOuvert aux femmes, tir avec arcs composites traditionnels

À ces trois piliers est venu s’ajouter un « quatrième jeu » reconnu officiellement au festival depuis la fin des années 1990 : le tir à la chevrette (shagai), discipline de précision avec osselets. Mais avant de revenir à ce sport étonnant, il faut entrer dans le détail de chacun des trois « jeux virils », que les visiteurs peuvent plus ou moins directement pratiquer.

Lutte mongole : le roi des sports

La lutte traditionnelle, ou bökh, est considérée comme le sport national par excellence. Le terme évoque à la fois la solidité, la vitalité et le lutteur lui-même, ce qui dit bien son importance symbolique. Des peintures rupestres de la province de Bayankhongor, vieilles de plusieurs millénaires, montrent déjà des silhouettes en train de lutter. Sous l’empire mongol, Gengis Khan encourageait la lutte pour entretenir la condition physique de ses armées.

Comment se déroule un combat de bökh

Les règles sont d’une simplicité trompeuse. Il n’y a ni catégories de poids ni limite de temps. Deux adversaires se font face sur l’herbe ou la terre battue. Le premier qui touche le sol avec autre chose que la plante des pieds ou la paume des mains est déclaré vaincu. On dit alors qu’il a « sali ses genoux ».

Exemple :

La lutte mongole, bien que d’apparence simple, repose sur une technique sophistiquée privilégiant l’équilibre, le jeu de hanches et la capacité à déplacer le centre de gravité de l’adversaire plutôt que la force brute. Elle intègre des saisies de jambes, des balayages fréquents et des projections similaires à celles du judo ou de la lutte olympique. Ce bagage traditionnel explique en partie les succès des athlètes mongols dans ces disciplines sportives internationales.

Avant chaque combat, les lutteurs exécutent la fameuse « danse de l’aigle », un rituel aux racines chamaniques. Bras déployés, ils miment le vol d’un grand rapace autour de la zone de combat, saluent leur entraîneur et les arbitres, puis se positionnent.

Tenue et symboles

Ce qui frappe immédiatement un visiteur, c’est la tenue unique des lutteurs : veste courte et ouverte sur le torse (zodog), short moulant (shuudag) et bottes de cuir relevées à l’avant (gutal). Le tout, traditionnellement, en bleu et rouge, couleurs associées au « ciel éternel » et à la puissance, en écho au drapeau national.

La légende veut que l’ouverture très dégagée de la veste soit issue d’un épisode ancien, lorsqu’une femme aurait triomphé incognito dans un tournoi. Pour éviter pareille « surprise », on aurait imposé ce vêtement laissant la poitrine à découvert. Au-delà de la légende, le costume est aussi extrêmement fonctionnel pour saisir, tirer, tourner le corps de l’adversaire.

Légende et fonctionnalité du costume de lutteur

Les chapeaux pointus décorés de rubans renseignent quant à eux sur le rang. Plus le lutteur a accumulé de victoires au Naadam, plus son titre est prestigieux : « Faucon », « Éléphant », « Lion », jusqu’au graal de « Grand champion d’État » pour ceux qui ont dominé le Naadam national plusieurs fois.

Peut-on pratiquer la lutte mongole en tant qu’étranger ?

Le bökh reste une affaire d’hommes mongols, structurée par des codes internes très stricts. On ne s’improvise pas participant au Naadam. En revanche, certains clubs ou maisons de culture à Oulan-Bator ou dans les grandes villes proposent des démonstrations accompagnées d’initiations encadrées, où l’on apprend les positions de base, le salut, quelques prises simples. Pour un voyageur en quête d’immersion, c’est une excellente façon de comprendre ce qui fait vibrer le pays.

Pour les sportifs confirmés, assister à un entraînement au Palais de la lutte à Oulan-Bator, puis échanger avec les lutteurs, permet de mesurer le lien entre cette pratique traditionnelle et la réussite mongole en lutte libre, judo ou même sumo au Japon.

Courses de chevaux : l’âme des steppes

Si la lutte occupe le sommet du prestige, les courses de chevaux sont sans doute le spectacle le plus émotionnel pour la population. Dans un pays où l’on dit qu’« un Mongol sans cheval est comme un oiseau sans ailes », ce n’est pas une surprise.

Un format unique au monde

Les courses de Naadam n’ont rien à voir avec les hippodromes occidentaux. Ici, les chevaux, souvent plusieurs centaines par catégorie, s’élancent en rase campagne sur 10 à près de 30 km selon l’âge. Les jockeys sont des enfants, garçons et filles, dès 5 à 7 ans pour les plus jeunes catégories. Ils montent à cru ou avec une selle très légère, sans étriers ni bottes, en deel (robe traditionnelle) coloré.

Les distances typiques des grandes courses de Naadam se résument ainsi :

Catégorie de chevauxÂge approximatifDistance de course indicative
Daaga2 ans10–12 km
Shudlen3 ans12–14 km
Hyazaalan4 ans15–17 km
Soyolon5 ans18–20 km
StallionsÂge adulte22–24 km
Ikh Nas6 ans et plus24–26 km (parfois ~30 km)

Les spectateurs ne s’entassent pas dans des tribunes, ils se répartissent le long de l’arrivée, parfois sur des collines, parfois au milieu des chevaux qui déboulent au galop. Être « couvert de poussière » voire éclaboussé par la sueur des meilleurs Soyolon (chevaux de cinq ans) est considéré comme un signe de chance.

Les cinq premiers chevaux de chaque course reçoivent des prix. Ils sont aspergés d’airag (lait de jument fermenté), boisson nationale, dont on recueille parfois quelques gouttes sur un tissu pour les placer sur l’autel familial.

Un sport d’endurance… pour les chevaux comme pour les enfants

Pour pouvoir avaler de telles distances à pleine vitesse, les chevaux sont préparés pendant des semaines dans des camps d’entraînement spécialisés. Un exemple emblématique est le camp « Tavanbulgiin Khurd » dans la province d’Arkhangai, où une quinzaine d’entraîneurs travaillent ensemble avec de jeunes cavaliers. La préparation tient compte du temps, de la morphologie du cheval, de son tempérament. On surveille la façon dont il transpire, sa récupération, son mouvement. Une ou deux semaines avant la course, des séances dites de « sueur blanche » poussent l’endurance au maximum.

Attention :

Les enfants, dès l’âge de 4 ans, apprennent à monter et peuvent participer à des courses locales dès 6 ans. Bien que des règles récentes imposent le port du casque et une assurance, les courses se déroulent sur des terrains accidentés et dans des conditions météorologiques changeantes, présentant des dangers significatifs pour ces jeunes cavaliers.

Comment participer ou s’en approcher

La course de chevaux n’est pas un sport qu’un visiteur peut pratiquer « en compétition » : on ne devient pas jockey de Naadam en quelques jours. En revanche, apprendre l’équitation mongole – que ce soit pour une demi-journée ou deux semaines – est l’une des expériences sportives les plus accessibles et les plus riches à vivre en Mongolie.

Astuce :

De nombreux opérateurs locaux proposent des randonnées à cheval à travers les paysages typiques de Mongolie comme les vallées de l’Orkhon, les rives du lac Khövsgöl, les contreforts de l’Altaï ou les collines du Khan Khentii. Ces excursions sont l’occasion d’apprendre les bases de l’équitation mongole : le harnachement local, très différent des selles occidentales, les commandes vocales spécifiques (« chuu » pour accélérer, « baruun » pour tourner à droite et « zuun » pour tourner à gauche), ainsi que la technique pour se lever dans les étriers au trot ou au galop.

Les Mongols fournissent en général des chevaux calmes, habitués aux étrangers, et n’hésitent pas à adapter la selle (plus large, plus rembourrée) pour des cavaliers peu aguerris. Pour les sportifs plus expérimentés, il est possible de rejoindre de véritables raids équestres de plus de 1000 km, comme le Mongol Derby – même si ce dernier est une épreuve extrême (inscription autour de 14 500 dollars, changement de cheval tous les 40 km, navigation autonome).

Le cheval, bien plus qu’un support sportif

Derrière la pratique, se cache toute une culture. Dans de nombreuses familles, on offre une dizaine de chevaux à de jeunes mariés pour lancer leur propre troupeau. Les crinières coupées sont conservées pour en faire des bannières spirituelles. On distingue plus de 500 termes pour qualifier un cheval en mongol, dont 250 pour les couleurs et les robes. Monter à cheval en Mongolie, même pour une courte balade, c’est donc toucher à ce lien particulièrement profond entre homme et animal.

Tir à l’arc mongol : précision, histoire et titres honorifiques

Le tir à l’arc est l’un des héritages militaires les plus marquants de l’histoire mongole. C’est lui qui a permis aux cavaliers de Gengis Khan de dominer des empires voisins, grâce à un arc composite léger et puissant, capable de tirer à très longue distance même depuis la selle.

D’une arme de guerre à un sport populaire

Les historiens situent la consolidation de la tradition de tir à l’arc mongol à l’époque de l’empire des Xiongnu (Hunnu), bien avant Gengis Khan. Au Moyen Âge, tout garçon grandissait un arc à la main ; au XIIIe siècle, un chroniqueur franciscain rapportait que les enfants commençaient à tirer dès l’âge de deux ans.

L’archerie traditionnelle mongole

Devenue un sport national, cette pratique martiale historique est aujourd’hui un loisir compétitif populaire, ouvert à tous.

Une transformation en sport

Avec la généralisation des armes à feu au XIXe siècle, la pratique martiale a reculé mais a été sauvée en étant transformée en sport de loisir.

Intégration aux festivités nationales

Dans les années 1920, des compétitions d’archerie ont été intégrées dans les Naadam militaires puis dans la fête nationale mongole.

Structuration fédérale

Une fédération nationale d’archerie a été créée dans les années 1940 pour organiser et promouvoir la discipline.

Une pratique inclusive et actuelle

Aujourd’hui, plusieurs centaines d’archers, hommes et femmes, de 5 à plus de 70 ans, concourent chaque été sur les terrains de tir d’Oulan-Bator.

Comment se passe une compétition de tir à l’arc mongol

Au Naadam, la forme la plus connue, dite khalkha, se tire à longue distance. Les hommes visent des petits cylindres de cuir tressé, les surs, depuis une distance d’environ 75 mètres ; les femmes depuis 60 à 65 mètres. Le but est de faire tomber ces petits rouleaux alignés en « mur » bas ou disposés sur une longue bande de cuir.

Le principe général ressemble à ceci :

CatégorieDistance de tirNombre de flèches (Naadam national)Spécificité du tir
Hommes (Khalkha)~75 m40 flèchesTir sur mur de surs
Femmes (Khalkha)~60–65 m20 flèchesTir sur mur de surs
Uriankhai (hommes)30–40 m5 flèches par voléeCible en peau (sarampai)
Bouriates30–45 mVariableCatégorie mixte

Le dispositif le plus spectaculaire est celui des « juges-crieurs », les uukhaichin, placés près des cibles. À chaque impact réussi, ils lancent un « uuhai » tonitruant, bras levés, en faisant des gestes codés pour indiquer si la flèche a frappé au centre ou sur les côtés. Les archers tirent par équipes de dix, chacun disposant de quatre flèches par volée, en respectant un ordre fondé sur le rang.

Matériel et technique : le tir « mongol »

Les arcs utilisés sont des arcs composites dans la tradition asiatique : âme en bois ou bambou, face interne renforcée par des cornes de chèvre ou de cerf, dos recouvert de tendons, le tout collé avec de la colle animale et protégé par du cuir. La fabrication d’un arc peut prendre de six mois à un an avant d’atteindre sa forme définitive. Les cordes sont faites de soie ou de lanières de cuir, parfois gainées de tendons.

Les flèches sont en bois ou en os, empennées avec des plumes d’oiseaux de proie (aigle, vautour, grue). Les archers utilisent la « prise mongole » : la corde est tirée avec le pouce, protégé par un anneau en cuir, corne ou métal, l’index venant bloquer la flèche. Pour les droitiers, la flèche repose sur le côté droit de l’arc, contrairement à la plupart des pratiques occidentales.

Bon à savoir :

Pour les archers habitués à l’arc classique, la pratique mongole est une expérience distincte. Certains clubs, à Oulan-Bator et en province, accueillent les débutants et leur fournissent le matériel nécessaire : arc, flèches et tenue traditionnelle (deel).

Titres, rangs et ouverture au public

Comme pour la lutte, le tir à l’arc est structuré par un système de titres, conférés exclusivement lors du Naadam d’État. Remporter l’épreuve la première fois donne le titre de « champion marksman » (mergen), une deuxième victoire fait de vous un « double champion » (khoshoi mergen), une troisième vous consacre « champion exceptionnel » (gots mergen). Des rubans de couleur sur les chapeaux indiquent le niveau atteint ; le jaune signale un lauréat national.

Pour les visiteurs, il est possible, dans les Naadam locaux, de s’inscrire à de petites épreuves de découverte. Les organisateurs exigent alors l’usage d’arcs et de flèches fabriqués selon la tradition pour préserver l’esprit du jeu. Il s’agit davantage d’une initiation encadrée que d’une véritable compétition, mais le plaisir de décocher une flèche dans le décor des steppes, vêtu d’un deel, reste inoubliable.

Tir à la chevrette (shagai) : le jeu d’adresse devenu « quatrième sport »

Au-delà des trois sports « virils », la Mongolie a vu s’élever au rang de discipline nationale un jeu étonnant : le tir à la chevrette, ou shagain kharvaa. Cette pratique, aujourd’hui inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, consiste à faire tomber de petites cibles en forme d’osselets à l’aide de projectiles en bois ou en corne.

Un jeu de soldats devenu sport de précision

Les chevilles d’ovins, les shagai, servaient à l’origine de jouets pour enfants. Selon la tradition, Gengis Khan et ses descendants utilisaient déjà ce jeu pour développer force des doigts et précision de leurs guerriers. Avec le temps, la pratique s’est codifiée : d’un simple divertissement de yourte, elle est devenue un sport à part entière, organisé en équipes, avec règles, arbitres et même fédérations dans plus de vingt pays.

1998

Année depuis laquelle le tir à la chevrette est intégré au programme officiel du Naadam en Mongolie.

Comment se joue une partie

Sur une petite estrade en bois appelée zurkhai, on aligne 15 chevilles servant de cibles pour chaque équipe. Les joueurs, assis sur de minuscules tabourets faits sur mesure, se placent à 4,7 mètres de distance – neuf « coudes » dans la mesure traditionnelle. Leur projectile, le sum, est généralement un segment de bois ou de corne de cerf poli, posé sur un guide en bois (khashlaga).

Le tireur cale le khashlaga sur son genou, appuie le projectile à l’extrémité et, d’une pichenette de l’index ou du majeur, fait voler le sum vers les cibles. Chaque tir réussi, c’est-à-dire qui fait tomber un osselet, rapproche l’équipe de la victoire. La première équipe qui a fait tomber toutes ses pièces l’emporte.

Bon à savoir :

Les défenseurs et soutiens peuvent utiliser le chant, des claquements de langue ou parler fort pour déconcentrer le tireur adverse. En revanche, ils n’ont pas le droit d’employer des mots insultants. Parallèlement, les coéquipiers entonnent des chants doux, appelés « uukhai », pour encourager le tireur et maintenir sa concentration.

Une pratique ouverte et accessible

L’un des aspects les plus intéressants du tir à la chevrette, pour un visiteur, est sa dimension inclusive. Certaines compétitions imposent des équipes composées de plusieurs générations – deux enfants, deux jeunes adultes, deux personnes d’âge moyen et deux anciens, hommes et femmes – afin de maintenir la continuité des équipes sur le long terme.

Sur le plan matériel, le jeu est très accessible : les osselets peuvent être en os, en plastique ou même en ambre ; les outils sont simples à fabriquer. Pour un voyageur, il est facile de s’initier lors d’un séjour en famille nomade, ou en rejoignant un atelier dans une maison de culture à Oulan-Bator. On y découvre non seulement la technique du tir, mais aussi tout un univers de petites variantes ludiques – courses d’osselets, jeux de lancer, devinettes – qui font partie du quotidien des enfants mongols.

Sports modernes : football, basket et running en pleine explosion

Longtemps dominée par les sports issus du mode de vie nomade, la scène sportive mongole s’est profondément diversifiée au cours du XXe siècle. Football, basketball, course sur route et trail se sont implantés rapidement, grâce aux villes en expansion, aux écoles et aux médias.

Football : un sport qui brave le froid

La Fédération mongole de football date de 1959, mais ce n’est que récemment que le pays s’est pleinement inséré dans le concert international. L’entrée à la FIFA et les aides du programme FIFA Forward ont permis la création de terrains synthétiques, de centres d’entraînement et, surtout, de la fameuse « Air Dome » à Oulan-Bator.

Cette bulle géante, inaugurée en 2023 au centre d’entraînement national, couvre un terrain artificial et permet de jouer à l’abri du vent et des températures pouvant descendre jusqu’à –45 °C. Avant, toute activité footballistique cessait entre novembre et mars. Désormais, des championnats de jeunes, des entraînements féminins et des matchs amicaux peuvent se tenir toute l’année.

Bon à savoir :

Sur le plan sportif, la Mongolie a franchi des étapes symboliques : participation aux éliminatoires de la Coupe du monde depuis 2002, première victoire en qualification contre le Myanmar pour l’édition 2014, et qualification au deuxième tour des éliminatoires pour 2022. La fédération a noué un partenariat étroit avec le Japon, confiant la sélection nationale à un entraîneur nippon et organisant des camps d’entraînement sur l’archipel.

Pour un résident étranger à Oulan-Bator, pratiquer le football est relativement facile : ligues semi-professionnelles créées en 2016, écoles de foot, et bientôt une académie Barça annoncée pour 2026 devraient nourrir encore davantage ce « nouveau » sport national.

Basketball : des steppes aux parquets

Le basketball est l’autre grande passion moderne. Introduit au milieu du XXe siècle, il est devenu un marqueur de l’identité urbaine, particulièrement auprès des jeunes. Dans les gymnases d’Oulan-Bator, Darkhan ou Erdenet, le ballon orange rebondit jusque tard le soir, et les tournois se succèdent de l’école primaire à l’université.

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Le championnat de basket-ball professionnel masculin en Mongolie a célébré son trentième anniversaire lors de la saison 2024–25.

La progression n’est pas qu’interne. Le champion de « The League » est désormais qualifié pour l’East Asia Super League (EASL), compétition qui rassemble les meilleurs clubs du Japon, de Corée du Sud, des Philippines ou de Taïwan. Cette exposition renforce le niveau de jeu et ouvre des portes aux meilleurs joueurs pour des opportunités en Asie ou au-delà.

Pour les amateurs de passage, la pratique du basket est probablement l’une des plus simples à organiser : terrains extérieurs un peu partout dans la capitale, salles privées, clubs polyvalents. Il suffit souvent de se présenter avec ses chaussures pour se joindre à un match improvisé.

Running et marathons : la ville se met à courir

Dans un pays associé aux steppes et aux chevaux, la course à pied aurait pu rester marginale. C’est tout l’inverse qui se produit. Oulan-Bator accueille chaque année un grand marathon international, devenu l’un des événements sportifs les plus populaires : plus de 30 000 participants lors des éditions récentes, avec des coureurs venus de plus de 40 pays.

Bon à savoir :

L’événement coïncide avec une Journée sans voiture, entraînant des fermetures de rues. Il propose des parcours adaptés à tous les niveaux (de 1,5 km à marathon complet). Les frais d’inscription sont modérés et les résultats ainsi que les certificats sont disponibles en ligne.

L’évolution de la participation au fil des années montre un engouement constant pour la course à pied :

AnnéeNombre de participants au marathon d’Oulan-Bator
201416 839
201518 085
201625 000
201730 000
201830 000
2019> 32 000
2020–21Éditions annulées (pandémie)
202223 690 (29 pays)
2023> 20 000 (30 pays)
2024> 30 000 (41 pays)

Le pays accueille aussi d’autres courses emblématiques : le « Mongolia Sunrise to Sunset » autour du lac Khövsgöl (ultra-trail lancé en 1999), le Mongolian Steppe Marathon ou encore des trails comme le Khadat 50 km. L’organisation Achilles International Mongolia, soutenue notamment par l’Union européenne, anime par ailleurs un marathon « Hope and Possibility » mêlant coureurs valides et personnes en situation de handicap autour de la devise « répandre l’espoir, partager les possibilités ».

Pour un coureur étranger, ces événements combinent parfaitement sport et découverte. Certaines agences proposent même des forfaits « Run+Trip » incluant dossard, hébergement et excursions dans les steppes.

Sports d’hiver : glisse, glace et festivals sur le lac Khövsgöl

Avec des hivers longs et rigoureux, la Mongolie s’ouvre logiquement aux sports d’hiver. Oulan-Bator possède désormais un palais de glace moderne – l’Ice Palace – capable d’accueillir hockey, patinage artistique, mais aussi, occasionnellement, basket ou handball. Des stations comme Sky Resort, aux portes de la capitale, accueillent chaque année un festival d’hiver avec snowboard, ski alpin, curling, rugby sur neige, escalade de glace ou encore parapente.

Exemple :

Plus au nord, le lac Khövsgöl gelé accueille un « Ice Festival » spectaculaire, souvent appelé Blue Pearl Festival. Sur la surface glacée se déroulent des épreuves typiques comme la lutte sur glace (Ice Sumo), des courses de traîneaux à cheval, du tir à l’osselet sur glace, du patinage et des rituels chamaniques. Pour un sportif-voyageur, participer à une course en crampons sur la surface translucide du lac ou à un match improvisé de football sur neige constitue une expérience unique.

Les autorités misent fortement sur ces événements pour prolonger la saison touristique au-delà de l’été et encourager un mode de vie actif. À Oulan-Bator, par exemple, le festival d’hiver réunit plus de mille athlètes venus de toutes les provinces mongoles et plusieurs dizaines d’invités étrangers (Chine, Russie, Kazakhstan, États-Unis, etc.).

Cyclisme et VTT : la Mongolie version deux-roues

Pays de pistes et non de routes, la Mongolie est un terrain rêvé pour le VTT et le bikepacking. À peine 10 % du réseau routier est goudronné ; le reste se compose de pistes multiples se croisant à travers steppes, montagnes et déserts.

Des défis longue distance

Chaque année, des événements comme la Mongolia Bike Challenge attirent des vététistes du monde entier. Cette course par étapes, d’environ six jours, se déroule dans des paysages grandioses, avec des étapes de 60 à 80 km par jour et des dénivelés cumulés pouvant dépasser les 6 000 mètres sur l’ensemble de l’épreuve.

De nombreuses agences locales proposent également des circuits VTT plus ou moins exigeants :

Randonnées à vélo en Mongolie

Découvrez une sélection d’itinéraires à vélo à travers les paysages époustouflants de la Mongolie, du massif du Khangai au désert de Gobi.

Traversée du massif du Khangai

Environ 430 km et près de 4 800 m de dénivelé sur huit jours d’aventure.

Itinéraires dans l’Altai

470 km à VTT avec 6 800 m de dénivelé sur un parcours de 13 jours.

Boucles dans le désert de Gobi

Exploration totale de plus de 1 700 km à travers les étendues arides.

Circuits près d’Oulan-Bator

Randonnées plus courtes dans les parcs nationaux de Terelj ou Bogd Khan.

En pratique, les distances quotidiennes varient de 22 km à 85 km selon le profil, avec des sections roulantes dans les steppes, des passages plus techniques en montagne, des traversées de rivières et parfois des tronçons sableux.

Ce qu’implique pédaler en Mongolie

Se lancer dans un voyage à vélo en Mongolie suppose de bien préparer son matériel – pneus larges d’au moins 2,25″, transmission adaptée aux longues montées (type 11–42 ou plus) – et son autonomie. La plupart des pistes ne sont pas balisées ; on se repère par GPS ou avec des applications spécialisées. Les possibilités de ravitaillement peuvent être espacées, surtout en dehors des vallées habitées.

Bon à savoir :

La Mongolie offre des terrains exceptionnels pour les cyclistes confirmés (lacs, vallées, plaines, Gobi). Pour les pratiquants occasionnels, des circuits accompagnés avec assistance, cuisinier et hébergement en yourtes ou tentes permettent une expérience sécurisée.

Où et comment pratiquer ces sports en tant que voyageur

Au-delà des grandes catégories, la question clé reste : que peut réellement pratiquer un visiteur sur place, dans des conditions réalistes et respectueuses de la culture locale ?

Sports traditionnels accessibles

Équitation : sans doute l’activité la plus simple à intégrer, sur un à quinze jours. Possibilité de randonnées familiales ou de raids sportifs, dans pratiquement toutes les régions.

Tir à l’arc traditionnel : initiation possible à Oulan-Bator (terrains d’archerie) et dans certains camps touristiques. On y apprend la prise mongole, la posture, le tir sur surs à petite échelle.

Jeux de shagai : faciles à partager avec les familles nomades, que ce soit le tir à la chevrette formel ou les innombrables petits jeux d’osselets des veillées.

Sports modernes et urbains

Running : idéal si l’on visite Oulan-Bator lors du marathon international ou des nombreuses courses organisées au printemps et à l’été. Il suffit d’un certificat médical basique et d’une inscription préalable (souvent possible en ligne).

Basketball : terrains extérieurs dans les quartiers, clubs acceptant parfois les étrangers. C’est une excellente manière de se mêler à la jeunesse locale.

Football : matchs amateurs, tournois de quartier, écoles de foot ; l’Air Dome donne la possibilité de jouer en hiver, même si son accès est plus orienté vers les clubs et les sélections.

Activités de plein air

VTT / cyclisme : circuits clé en main via des agences locales, avec guide et véhicule d’assistance, ou bikepacking autonome pour les plus expérimentés.

Sports d’hiver : ski alpin, snowboard et luge autour d’Oulan-Bator (Sky Resort), patinage et hockey au palais de glace, participation ou simple observation des festivals sur le lac Khövsgöl.

Bon à savoir :

Pour les pratiques traditionnelles mongoles (équitation, lutte, tir à l’arc), il est fortement conseillé de faire appel à des opérateurs locaux expérimentés. Ils garantissent la logistique et la sécurité (évaluation des niveaux, matériel adapté, encadrement) et vous permettent de respecter les codes et l’étiquette locale, comme l’approche des chevaux semi-sauvages, le comportement dans un vestiaire de lutte ou la manipulation d’un arc traditionnel.

Ce que le sport révèle de la Mongolie contemporaine

Regarder quels sports sont populaires à pratiquer en Mongolie, c’est enfin lire en filigrane une société en transformation.

Les disciplines traditionnelles – lutte, courses de chevaux, tir à l’arc, jeux d’osselets – restent centrales dans l’imaginaire national, structurent les grandes fêtes, les titres honorifiques, l’éducation informelle des enfants. Elles rappellent un mode de vie nomade où l’on apprend à monter à cheval à quatre ans et à tirer à l’arc presque aussi tôt.

Parallèlement, l’essor de sports urbains comme le basketball, le running ou le football illustre la montée d’une jeunesse citadine, connectée, tournée vers l’Asie et le reste du monde. Les coopérations internationales, qu’il s’agisse de la FIFA, de la FIBA, de l’EASL ou encore de grands clubs comme le FC Barcelone, offrent des modèles, des infrastructures, des échanges de compétences.

Bon à savoir :

Le développement des sports d’hiver et d’événements comme les marathons vise à attirer des visiteurs toute l’année, à diversifier l’économie locale et à promouvoir un mode de vie actif et sain.

Pour celui qui voyage en Mongolie avec l’envie de bouger, d’apprendre et de partager, c’est une excellente nouvelle. Que l’on choisisse de chausser des baskets pour quelques kilomètres dans les rues d’Oulan-Bator, de s’élancer à cheval dans la vallée de l’Orkhon, de tirer une flèche en deel sur un champ de tir, ou de s’essayer au tir à la chevrette dans une yourte, on ne pratique jamais seulement un sport : on entre dans le récit vivant d’un pays qui, des steppes à la ville, continue d’inventer sa façon de conjuguer tradition et modernité par le mouvement.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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