Les sports populaires à pratiquer en Guinée-Bissau

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Petit pays d’Afrique de l’Ouest ouvert sur l’Atlantique, la Guinée-Bissau vit au rythme du sport. Des terrains poussiéreux des quartiers de Bissau aux plages immenses de l’archipel des Bijagós, des arènes de lutte traditionnelles aux nouveaux paniers de basket, le sport fait à la fois office de loisir, de rêve d’ascension sociale et de ciment social. Malgré un manque criant d’infrastructures et de financements, la pratique sportive ne cesse de se diversifier, portée par une jeunesse nombreuse et particulièrement passionnée.

Bon à savoir :

Cet article présente les sports populaires dans le pays, explique comment les habitants les pratiquent et s’organisent, et détaille les défis qui limitent encore le développement de ce secteur.

Le football, roi incontesté des terrains bissau-guinéens

En Guinée-Bissau, le football n’est pas seulement un sport, c’est un langage commun. Dans les villages comme dans la capitale, il suffit de quelques mètres carrés de sable, de terre ou d’herbe et de deux pierres pour délimiter un but. Les enfants jouent avec de vrais ballons lorsqu’ils en ont, sinon avec des boules de chiffons, voire des cailloux enveloppés dans de vieux tissus. Le ballon rond est de loin l’activité préférée des plus jeunes, qui le placent spontanément en tête de leurs loisirs.

Un engouement populaire et une équipe nationale symbole

La Fédération de Football de Guinée-Bissau (FFGB) encadre la discipline au niveau national. Le championnat principal, le Campeonato Nacional da Guiné-Bissau, oppose des clubs de tout le pays, avec un géant historique : le Sporting Clube de Bissau, fondé en 1936 et affilié au Sporting Lisbonne, qui cumule un nombre record de titres.

Exemple :

L’équipe nationale masculine de Guinée-Bissau, surnommée les ‘Djurtus’, est devenue un symbole de progression footballistique. Après avoir participé pour la première fois aux éliminatoires de la Coupe du monde en 1998, elle n’a certes jamais atteint la phase finale, mais elle s’est régulièrement améliorée sur le continent africain. Un tournant majeur a été sa qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui a mis fin à une période de matches sporadiques – seulement douze rencontres entre 2000 et 2012 – et a permis au pays de sortir de l’ombre régionale.

Le tableau ci-dessous résume quelques repères sur le parcours récent des Djurtus.

CompétitionFaits marquants
Éliminatoires Coupe du mondePremières qualifications en 1998 contre la Guinée (Conakry)
CAN 2017Première qualification, sortie en phase de groupes, nul (1-1) contre le Gabon
CAN 2019, 2021, 2023Présences répétées, mais toujours arrêtées au premier tour
Coupe Amílcar CabralFinaliste en 1983, pays hôte en 1979, 1988 et 2007
Classement FIFA (intervalle donné)Pic à la 68e place mondiale, chute jusqu’à la 195e place à son plus bas

Même si les résultats à la CAN restent modestes, ces campagnes ont offert aux Bissau-Guinéens un motif d’orgueil national et encouragé la pratique du football à tous les niveaux, des écoles aux clubs de quartier. De nombreux jeunes rêvent aujourd’hui de faire carrière à l’étranger, suivant l’exemple de compatriotes partis jouer dans des championnats plus structurés.

Infrastructures, financements et controverses

Le soutien international contribue aussi à façonner le paysage du football. Le programme FIFA Forward a engagé près de trois millions de dollars pour la Guinée-Bissau, dont près de 90 % destinés à l’infrastructure : un stade, deux centres techniques et deux terrains supplémentaires. En théorie, ces investissements doivent servir de base à la formation des jeunes et à la professionnalisation des clubs.

Un tableau permet de visualiser la répartition de ces fonds.

Catégorie de financementMontant alloué (USD)Part du total
Infrastructures2 648 22689,9 %
Autres projets298 81110,1 %
Renforcement de capacités00 %
Soutien aux équipes nationales00 %
Organisation de compétitions00 %

Sur le terrain, pourtant, les clubs locaux dénoncent souvent le contraste entre ces chiffres et leur réalité quotidienne. Le champion national de la saison 2021/2022, par exemple, n’a perçu qu’une prime relativement modeste, tandis que de nombreuses équipes restent en difficulté financière. Ce décalage nourrit des accusations de mauvaise gestion et relance constamment le débat sur la gouvernance du football.

Attention :

Malgré les défis, la pratique du football reste très vivante en Guinée-Bissau, avec des tournois de quartier, du Beach Soccer, des événements comme la Bissau Football Cup, et des matchs spontanés omniprésents, au point qu’un visiteur ne peut traverser le pays sans en croiser.

Le football féminin, un chemin encore long

Le football féminin est plus récent et plus fragile. La première rencontre féminine reconnue par la FIFA date seulement de 2006. Une ligue nationale existe, mais l’équipe féminine n’a pas encore pris part à des compétitions internationales majeures. Les préjugés persistants sur la place des femmes dans le sport, combinés au manque de moyens, ralentissent ce développement.

Pourtant, des signaux positifs apparaissent : des programmes de soutien de la FIFA et quelques pionnières locales plaident pour davantage de visibilité. Si ces initiatives trouvent un relais durable dans les écoles et les clubs, la Guinée-Bissau pourrait voir émerger, dans les années à venir, une génération de footballeuses capables de porter haut les couleurs du pays.

La lutte traditionnelle, cœur battant des sports locaux

Si le football occupe l’espace médiatique, la lutte traditionnelle reste, dans de nombreuses régions, le spectacle sportif le plus ancré dans la culture. Dans les villages comme dans les petites villes, les combats de lutte attirent des foules compactes, dans une atmosphère de fête mêlant percussions, danses, chants et rituels. La discipline, parfois appelée “dam” ou assimilée aux formes de lutte pratiquées au Sénégal et en Gambie, est au carrefour du sport, de la tradition et de la spiritualité.

Une pratique populaire et codifiée

La lutte se pratique souvent sur des terrains improvisés au centre des villages. Les règles varient légèrement selon les régions, mais l’objectif reste le même : projeter l’adversaire au sol, généralement en le faisant tomber avec le dos ou les deux épaules. À la clé, des prix qui peuvent aller d’une somme d’argent à un animal, en passant par des récompenses symboliques. Le vainqueur gagne surtout un immense prestige local.

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La Guinée-Bissau est hissée au sommet de la lutte africaine grâce à ses lutteurs.

CompétitionRésultats de la Guinée-Bissau
Championnats d’Afrique 2019-2211 médailles au total sur trois éditions
Championnat d’Afrique 2020Or pour M’Bundé Kumba M’Bali (65 kg), argent pour Fafé (57 kg)
Arène africaineHuit médailles lors de la dernière édition citée

Ces résultats font de la lutte l’un des rares sports dans lesquels la Guinée-Bissau accumule régulièrement des médailles. Le nom d’Augusto Midana, par exemple, neuf fois champion d’Afrique en lutte libre, s’impose comme celui d’un héros sportif national, même lorsqu’il est absent d’une édition.

Un sport qui rapporte des médailles, mais manque de soutien

Paradoxalement, la discipline qui apporte le plus de distinctions internationales est aussi l’une des plus fragilisées financièrement. La Fédération de lutte a ainsi accumulé une dette d’environ sept millions de francs CFA auprès de la fédération internationale après avoir renoncé à un championnat du monde en Norvège, faute de moyens. En conséquence, l’instance mondiale a suspendu son assistance technique et financière, ce qui freine l’accès des lutteurs aux stages, formations d’entraîneurs et compétitions.

Des athlètes brillants comme Augusto Midana ou Diamantino Fafé reçoivent des sollicitations de structures étrangères mieux dotées. Sans un soutien plus solide, le pays pourrait perdre précisément ceux qui incarnent le mieux son potentiel sportif.

Dirigeants sportifs

Malgré ces obstacles, la lutte traditionnelle reste l’un des sports les plus faciles à pratiquer pour un jeune Bissau-Guinéen : elle ne requiert quasiment aucun matériel, se nourrit de la cohésion communautaire et s’inscrit dans une longue histoire partagée avec des pays voisins comme le Sénégal, la Gambie ou le Mali. La participation de la Guinée-Bissau aux grandes fêtes régionales de lutte, notamment sous l’égide de la CEDEAO, témoigne de ce lien.

Basket-ball : l’ascension d’un sport de jeunesse

Longtemps cantonné au rôle de petit frère du football, le basket-ball connaît un essor remarquable en Guinée-Bissau. On voit désormais fleurir des paniers dans les cours d’écoles, sur des terrains cimentés dans les quartiers de Bissau, ainsi que dans des villes comme Bafatá et Canchungo. S’il reste loin derrière le football en termes de moyens, il se distingue par son image de sport moderne, urbain et porteur d’aspirations internationales.

Des origines scolaires à une vraie scène nationale

Introduit dans la seconde moitié du XXe siècle via les écoles portugaises, les enseignants locaux et des projets communautaires, le basket a d’abord été pratiqué de manière informelle dans la capitale. Avec le temps, les petits tournois organisés dans les lycées et les centres de jeunesse se sont transformés en compétitions structurées.

Astuce :

La FBGB organise les ligues et tournois nationaux et gère l’équipe nationale masculine, les ‘Djurtus Basket’. Intégrée à la Zone 2 de FIBA Afrique avec des nations comme le Sénégal, la Gambie et la Guinée, la sélection participe régulièrement aux phases éliminatoires des compétitions majeures. Bien qu’elle ne se soit pas encore qualifiée pour l’AfroBasket ou une Coupe du monde, ces participations servent de tremplin précieux pour le développement des jeunes joueurs.

Le développement ne se limite pas aux hommes : on constate une progression de la pratique féminine, notamment via des compétitions scolaires et universitaires qui encouragent la participation des jeunes filles. Le basket se retrouve ainsi à la croisée des enjeux sportifs et de l’émancipation féminine.

Terrains urbains, moyens limités et passion débordante

Le paysage du basket bissau-guinéen est marqué par une contradiction forte : un engouement réel, mais des infrastructures très limitées. La plupart des terrains sont extérieurs, souvent construits et entretenus par les communautés elles-mêmes. On y trouve des panneaux bricolés, des lignes plus ou moins réglementaires, mais une atmosphère vibrante les soirs et week-ends, lorsque les jeunes se retrouvent pour jouer jusqu’à la nuit.

Élément du développement basketSituation en Guinée-Bissau
Type de terrainsMajoritairement outdoor, souvent communautaires
EncadrementEntraîneurs, professeurs, bénévoles très impliqués
PublicFort chez les étudiants et jeunes actifs
CompétitionsTournois scolaires, universitaires et ligues locales
Limites majeuresManque d’infrastructures couvertes, de matériel et de financements

Cette dynamique locale est nourrie par une forte exposition internationale : l’attrait de la NBA, la médiatisation croissante de la Basketball Africa League (BAL) et la visibilité des compétitions FIBA inspirent les jeunes. Beaucoup se projettent dans des trajectoires qui passeraient par des académies africaines, voire européennes. La diaspora bissau-guinéenne installée au Portugal ou en France envoie parfois des équipements, des conseils techniques et contribue à créer des passerelles.

Les axes d’avenir de la FBGB

La Fédération de Basket du Grand-Duché de Byteland (FBGB) a défini plusieurs priorités stratégiques pour développer et structurer la pratique du basket-ball.

Infrastructures couvertes

Construction de nouveaux terrains couverts pour permettre une pratique indépendante des conditions météorologiques.

Formation des cadres

Renforcement des programmes de formation pour les entraîneurs et les arbitres, piliers de la qualité sportive.

Écoles et clubs

Développement des liens entre les établissements scolaires et les clubs pour détecter et fidéliser les jeunes talents.

Recherche active de sponsors privés pour assurer un financement pérenne et ambitieux des projets.

Volleyball et handball, sports collectifs en pleine émergence

À côté du football et du basket, deux autres sports collectifs connaissent un essor notable : le volleyball et le handball. Leur développement est plus récent, mais ils disposent désormais de fédérations actives, de championnats nationaux et même de premiers résultats à l’international.

Volleyball : des plages aux podiums régionaux

Le volleyball bénéficie naturellement d’un environnement favorable : plages immenses, cours d’école, espaces dégagés. La Fédération nationale, présidée par Aladje Camará, affirme que la discipline vit l’un de ses meilleurs moments en termes de niveau de jeu et de compétitivité. Un championnat national se tient, rassemblant des équipes de différentes régions, tandis que des événements comme la Bissau Volleyball Cup contribuent à populariser la discipline.

La Guinée-Bissau a ainsi décroché une médaille de bronze lors d’un tournoi international en Gambie, signe que le niveau local commence à se mesurer avantageusement à celui des voisins. Pourtant, le manque d’infrastructures reste criant : rares sont les terrains aux normes, et nombre de rencontres se disputent sur des surfaces rudimentaires.

Un exemple révélateur vient de la ville de Canchungo, où un terrain a pu être réhabilité grâce au soutien des autorités locales, avec un financement assumé directement par la fédération. Cette capacité à s’appuyer sur des dynamiques locales pourrait faire du volleyball un sport particulièrement adapté aux projets de développement communautaires. La fédération ambitionne d’intégrer la discipline dans les cours d’éducation physique, ce qui ouvrirait la pratique à un grand nombre d’élèves.

Handball : une compétition nationale structurée

Le handball suit une trajectoire similaire. Populaire dans les écoles et certains clubs urbains, il dispose d’un championnat national sur gazon ou sur terrains adaptés, reposant sur un système de zones et de phases finales. La saison précédant le rapport disponible a été saluée pour son niveau de compétitivité et le nombre d’équipes engagées, y compris des établissements scolaires.

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Financement prévu en millions de francs CFA pour soutenir le développement de quatre fédérations sportives, dont le handball.

Pour un pratiquant, le handball reste néanmoins accessible dans certaines écoles et clubs. Les possibilités de progression vers le haut niveau sont plus limitées qu’en football, mais les premières bases d’un véritable “chemin de performance” commencent à se mettre en place.

Athlétisme : une voie vers la scène internationale

L’athlétisme occupe une place particulière dans le paysage sportif bissau-guinéen : c’est l’une des rares disciplines où le pays s’est régulièrement illustré sur la scène internationale, notamment aux Jeux olympiques et aux championnats continentaux.

Des figures emblématiques et une tradition de résilience

Des athlètes comme Domingas Togna, considérée comme la sprinteuse la plus décorée du pays, ou encore le sprinteur Holder da Silva, le lanceur Jéssica Inchude ou la judokate et ex-athlète de haut niveau Taciana Lima Baldé, ont porté le drapeau bissau-guinéen bien au-delà des frontières africaines. Domingas Togna a ainsi représenté le pays à la fois aux Jeux de la Lusophonie, aux championnats du monde d’athlétisme et aux Jeux olympiques de Pékin.

Participation olympique de la Guinée-Bissau

Résumé des caractéristiques de la présence de la Guinée-Bissau aux Jeux olympiques d’été.

Première participation

La Guinée-Bissau a participé pour la première fois aux Jeux olympiques d’été en 1996, à Atlanta.

Nombre d’éditions

Le pays a participé à toutes les éditions des Jeux d’été depuis 1996, soit 7 participations consécutives jusqu’en 2024.

Athlètes envoyés

Les délégations sont généralement de petite taille, souvent composées de quelques athlètes, principalement en athlétisme et en lutte.

Médailles

À ce jour, la Guinée-Bissau n’a remporté aucune médaille olympique.

Indicateur olympiqueDonnées principales
Première participationJeux de 1996
Nombre total d’Olympiens (jusqu’en 2022)18 athlètes
Disciplines représentéesAthlétisme, judo, lutte (freestyle), parfois natation et taekwondo
Meilleurs résultats7e place en lutte libre (Midana, 2012), 9e place ex aequo en judo (Lima, 2012)
MédaillesAucune médaille olympique à ce jour

Derrière ces statistiques se cache une réalité souvent dure : manque de pistes adaptées, entraîneurs non rémunérés, équipement insuffisant, athlètes obligés de cumuler entraînement et travail manuel pour vivre. Malgré cela, beaucoup persistent, portés par la conviction que le sport peut être un vecteur de fierté nationale et, parfois, une échappatoire socio-économique.

Programme stratégique et espoirs pour la jeunesse

Le Comité olympique bissau-guinéen a adopté plusieurs plans stratégiques de développement, notamment pour la période 2020-2028. L’objectif est de professionnaliser davantage l’encadrement, d’améliorer la préparation des athlètes et de renforcer les liens avec les fédérations internationales.

Bon à savoir :

En Guinée-Bissau, l’athlétisme est accessible aux jeunes via les écoles, certains clubs et des entraînements improvisés sur des sites naturels comme les plages. Des disciplines telles que le sprint, le fond ou les sauts peuvent y être pratiquées malgré l’absence généralisée de stades modernes. Cependant, sans infrastructures spécifiques, les chances d’atteindre le plus haut niveau restent limitées.

Teqball, cyclisme et autres disciplines émergentes

Au-delà des sports majeurs, plusieurs disciplines en plein essor témoignent de la créativité et de la curiosité sportive en Guinée-Bissau. Elles restent encore confidentielles mais offrent de nouvelles possibilités de pratique et d’échanges internationaux.

Teqball : un sport spectaculaire en quête de moyens

Le teqball – ce jeu spectaculaire qui combine football et tennis de table sur une table courbe – a trouvé sa place dans le pays avec la création d’une fédération dédiée, présidée par Afonso Henrique Djú. Des tournois ont déjà été organisés à Bissau et dans d’autres régions, dans une volonté de décentraliser l’accès au sport.

Attention :

Environ 26 équipes sont prêtes, mais la fédération peine à organiser le championnat national de teqball en l’absence de subventions publiques. Le développement actuel (achat de tables, organisation d’événements, formation d’arbitres) repose principalement sur l’aide de la fédération internationale. Sans calendrier de compétition garanti et perspectives claires, les athlètes se démotivent et réduisent ou interrompent leur entraînement.

Cyclisme : une passion qui s’accroche

Le cyclisme est également présent, porté notamment par un club omnisports désireux de voir la Guinée-Bissau participer à des courses africaines. Les cyclistes se préparent pour des épreuves internationales, comme un tournoi en Mauritanie, souvent avec un équipement minimal.

Exemple :

Un épisode illustrant l’entraide régionale : le cycliste sénégalais Youssou Ndoine a fait don de pneus, chambres à air, chaînes et dérailleurs (d’une valeur d’environ 100 000 francs CFA) pour soutenir la préparation de la délégation bissau-guinéenne. Ce n’était pas sa première contribution. Ce geste symbolise l’état du cyclisme en Guinée-Bissau, une discipline maintenue par la solidarité, dont le développement pourrait être favorisé par l’établissement d’un réseau durable de courses locales et régionales.

Sports de combat et kickboxing

Les sports de combat connaissent eux aussi un début de structuration. La Fédération de sports de combat de Guinée-Bissau est affiliée à la World Association of Kickboxing Organizations (WAKO), sous la présidence d’Adelino Da Costa. Cela place le pays dans un réseau africain de kickboxing déjà bien établi, même si, sur place, la pratique reste encore limitée faute de salles, de matériel et de compétitions régulières.

Des athlètes comme Katiuscia Yasmira, qui a déjà représenté la Guinée-Bissau en futsal et participé à trois championnats du monde de jiu-jitsu, symbolisent ce potentiel. Elle affirme toutefois n’avoir reçu aucun contact officiel des autorités après ses succès, signe que la reconnaissance institutionnelle peine à suivre l’engagement individuel.

Sports traditionnels, jeux d’enfants et culture du mouvement

La Guinée-Bissau ne se résume pas aux disciplines codifiées par des fédérations. Une multitude de pratiques traditionnelles et de jeux populaires façonnent le quotidien et contribuent à la culture sportive du pays.

Archery, chasse, pêche et courses de pirogues

Dans les zones rurales, le tir à l’arc, la chasse et la pêche sont à la fois des sports et des activités de subsistance. Les compétitions d’archerie ou les concours de pêche peuvent prendre des allures festives, renforçant les liens communautaires. Sur les rivières et les lagunes, des courses de pirogues, notamment dans le cadre de fêtes locales, constituent un autre spectacle populaire, avec des équipages représentant différents villages ou quartiers.

Jeux d’enfants : créativité et débrouillardise

Les enfants bissau-guinéens développent très tôt une palette de jeux physiques qui constituent, en réalité, une véritable initiation sportive. On les retrouve en train de jouer à la corde à sauter avec n’importe quel bout de corde disponible, de faire des parties improvisées de “dodgeball” en lançant… une vieille tong faute de ballon, ou encore de s’affronter dans un jeu consistant à faire rouler un pneu usé à l’aide d’un bâton sur des distances plus ou moins longues.

Bon à savoir :

Ces pratiques, souvent sans matériel sophistiqué, développent la coordination, l’endurance et l’esprit de compétition. S’inscrivant dans une culture de jeu libre et collectif, elles constituent la base essentielle pour la future pratique sportive organisée.

Entre ambitions politiques, réalités économiques et avenir du sport

Les autorités bissau-guinéennes reconnaissent de plus en plus le rôle du sport comme levier de cohésion sociale, de santé publique et d’image internationale. Le président Umaro Sissoco Embaló a plusieurs fois insisté sur l’importance d’investir dans les infrastructures sportives et scolaires, et un programme de réhabilitation à Bissau devrait bénéficier à plusieurs milliers d’élèves. Un mémorandum de coopération signé avec la Côte d’Ivoire prévoit également des échanges en matière de recherche en sciences du sport, de médecine sportive, de lutte antidopage et d’organisation de compétitions.

Attention :

Malgré les annonces, de nombreuses fédérations sportives (lutte, volleyball, teqball, handball, cyclisme) dénoncent des subventions absentes ou versées avec retard. Les dirigeants financent souvent les activités sur fonds propres, et les athlètes s’entraînent sans conditions minimales, devant parfois renoncer à des compétitions par manque de moyens.

Ce décalage se lit dans le tableau suivant, qui oppose les ambitions officielles à la réalité quotidienne de plusieurs sports.

AspectAmbition / Déclarations officiellesRéalité décrite par les acteurs
Financement des fédérationsPlan stratégique, soutien ciblé à 4 fédérationsRetards ou absence de décaissement, autofinancement fréquent
InfrastructuresRéhabilitation d’écoles et d’installations sportivesRareté des terrains aux normes, manque de salles couvertes
Encadrement des athlètesCoopération internationale, préparation aux compétitionsEntraîneurs souvent non payés, manque d’équipement
Valorisation des médaillésSport présenté comme fierté nationaleMédaillés parfois ignorés, risque de départ vers d’autres pays

Malgré tout, la dynamique de base reste extraordinairement vivante. La jeunesse bissau-guinéenne s’approprie les terrains, les plages, les rues, pour jouer, s’entraîner, inventer. Les sports les plus populaires – football, lutte, basket, volleyball, handball, athlétisme – cohabitent avec des disciplines émergentes comme le teqball, le cyclisme ou le kickboxing, sans oublier les jeux traditionnels et les sports liés à la nature.

Pour qui souhaite pratiquer un sport en Guinée-Bissau, les possibilités sont multiples :

Exemple :

Pour illustrer la diversité des pratiques sportives, on peut citer : rejoindre un club de football ou participer à des tournois informels de quartier ; s’initier au basket sur les terrains urbains de Bissau ou Bafatá ; découvrir la lutte traditionnelle dans les villages, au cœur de la culture locale ; jouer au volleyball sur les plages ou dans des compétitions régionales ; courir sur les routes de la capitale à l’occasion du marathon de Bissau ; ou encore ramer en pirogue, chasser, pêcher, et explorer des activités nouvelles comme le teqball.

Si les investissements promis, la coopération internationale et l’énergie des acteurs de terrain parviennent à se rejoindre, la Guinée-Bissau pourrait, dans les années à venir, transformer ce foisonnement de pratiques en un véritable système sportif national, capable à la fois de s’ouvrir au sport pour tous et de propulser ses meilleurs talents sur la scène mondiale. D’ici là, le pays continue de démontrer que, même sans grands stades ni budgets colossaux, la passion du sport peut se déployer partout où il y a un peu d’espace, beaucoup d’imagination et l’envie de jouer ensemble.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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