Histoire du pays en Guinée-Bissau

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’histoire du pays en Guinée-Bissau est celle d’un petit territoire ouest-africain longtemps considéré comme une périphérie, mais qui a joué un rôle central dans le commerce atlantique des esclaves, dans les luttes de libération africaines et même dans la chute de la dictature portugaise. Des royaumes précoloniaux à l’empire de Kaabu, de la traite négrière aux campagnes de “pacification”, de la guérilla du PAIGC aux coups d’État répétés, le passé de la Guinée-Bissau est dense, conflictuel et profondément structurant pour sa vie politique actuelle.

Des premiers peuplements aux grands royaumes précoloniaux

Bien avant l’arrivée des Européens, le territoire de la Guinée-Bissau est habité depuis des millénaires. Vers l’an 1000 de notre ère, on y trouve encore des groupes de chasseurs-cueilleurs, progressivement rejoints par des agriculteurs maniant les outils en fer. Plusieurs peuples s’installent alors dans cette mosaïque de mangroves, de forêts et de savanes : Jola, Papel, Manjak, Balanta, Biafada, bientôt rejoints par les Mandinka (ou Mande) et les Fulani (ou Fula).

Bon à savoir :

Les sociétés de la région présentent deux modèles politiques distincts. Les Balanta et les Jola fonctionnent avec un système décentralisé, où le pouvoir repose sur les familles et les villages, sans royauté. À l’opposé, les Mandinka, Fula, Papel, Manjak et Biafada sont organisés en chefferies soumises à des rois, formant une société hiérarchisée où les nobles détiennent les pouvoirs politique, militaire et judiciaire. Dans ces sociétés, le statut social est visible à travers les vêtements, les bijoux, l’habitat et les moyens de transport.

Dès le VIIe siècle, un royaume bainuk s’étend entre le fleuve Gambie et le fleuve Cacheu. Mais c’est surtout à partir du XIIIe siècle que la région va être intégrée à une puissance impériale de premier plan : l’empire du Mali.

La province de Kaabu dans l’empire du Mali

Au XIIIe siècle, la région correspondant aujourd’hui à la Guinée-Bissau devient une province de l’empire du Mali, après la conquête du Sénégambie menée par le général Tiramakhan Traoré, au service de Sundiata Keïta. Oralement, on raconte que Tiramakhan aurait poursuivi un roi wolof qui avait insulté l’empereur, franchissant le fleuve Gambie pour descendre jusqu’en Casamance. À partir de là, Kaabu se structure comme une province frontalière, dirigée par un farim kaabu, commandant au nom de Mali.

Attention :

Au XIVe siècle, l’administration de l’Empire malien s’étendait sur une grande partie de l’actuelle Guinée-Bissau. Ses réseaux commerciaux se densifiaient vers le nord, en direction de l’Afrique du Nord, facilitant les échanges de sel, de métaux, de tissus et d’esclaves.

Mais à mesure que l’empire du Mali décline, dès le XIVe siècle, les liens avec les provinces lointaines se distendent. Au début du XVIe siècle, les avancées de Koli Tenguella dans la région rompent définitivement les connexions entre Mali et les territoires correspondant à la future Guinée-Bissau. Kaabu, de province, se transforme alors en empire indépendant.

Kaabu, empire mandingue et puissance esclavagiste

De la fin du Moyen Âge au XIXe siècle, Kaabu devient l’un des plus puissants États mandingues de l’Atlantique ouest. Il fonctionne comme une fédération de royaumes, avec à sa tête une noblesse guerrière, les Nyancho (ou Ñaanco), qui se réclament d’une filiation patrilinéaire remontant à Tiramakhan Traoré. Le souverain suprême, le Mansaba, réside à Kansala, dans la région de Gabú, à l’est.

Exemple :

Kaabu était un État essentiellement militaire, spécialisé dans la guerre et le contrôle des routes commerciales. Bien que distinct, il préserva l’héritage de l’empire du Mali en adoptant le mandinka comme langue véhiculaire et en conservant ses structures politiques et ses récits. Son expansion s’est réalisée par un mélange de domination militaire, d’alliances stratégiques et de mariages interethniques, permettant l’absorption d’autres peuples.

L’économie repose massivement sur la traite esclavagiste. Les classes guerrières s’enrichissent grâce aux biens importés : tissus, perles, objets métalliques, armes à feu. À partir du XVe siècle, la côte se connecte de plus en plus aux puissances européennes, jusque-là secondaires face aux circuits caravaniers nord-africains dominants au XIVe siècle.

Le rôle central de Kaabu dans la traite

La région devient l’un des grands viviers de la traite atlantique. On estime qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, environ 700 personnes sont déportées chaque année à partir de la zone qui correspond aujourd’hui à la Guinée-Bissau, une grande part provenant des guerres d’expansion de Kaabu. Certaines sources indiquent que jusqu’à la moitié des captifs vendus pendant cette période viennent des campagnes militaires menées par ses élites guerrières.

Les guerres, autrefois motivées par le contrôle politique ou économique, se transforment peu à peu en chasses à l’homme destinées à alimenter la demande européenne en esclaves. En parallèle, des populations comme les Balanta ou certains Jola refusent d’entrer dans ce système, résistant aussi bien aux expéditions esclavagistes qu’aux premiers contacts européens.

Analyse historique des motivations de guerre et des résistances en Afrique de l’Ouest

Chocs religieux et chutes d’empires : Kaabu, Fuladu et les Fulani

À partir du XVIIIe siècle, Kaabu se retrouve confronté à un nouvel adversaire : l’imamat peul de Fouta-Djalon, à l’est. Les Fulani, pasteurs semi-nomades arrivés dans la région dès le XIIe siècle et plus nombreux au XVe, mènent des jihads et contestent la domination mandingue, combinant revendications religieuses, sociales et économiques.

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Pourcentage des troupes peules tuées par l’explosion des réserves de poudre lors de la bataille de Kansala en 1867.

Des royaumes mandinka plus petits survivent toutefois encore quelque temps, avant d’être eux aussi absorbés par la colonisation portugaise. Ainsi, bien avant la création de “Portuguese Guinea”, l’espace de la Guinée-Bissau est déjà le théâtre de cycles de domination, de résistances et de recompositions politiques internes.

Les mondes côtiers : royaumes, ports et sociétés insulaires

Tandis que Kaabu domine l’intérieur, la côte et les îles développent leurs propres dynamiques politiques. Les Biafada s’organisent autour de trois royaumes : Biguba, Guinala et Bissege, situés dans la région du Rio Grande de Buba. Biguba et Guinala deviennent des ports majeurs, accueillant des communautés de lançados – ces marchands afro-européens, souvent originaires du Cap-Vert ou bannis du Portugal, qui vivent au contact des populations locales.

Astuce :

Les royaumes biafada, bien que vassaux du mansa de Kaabu, tirent un pouvoir important de leur position de carrefour commercial. Selon la tradition orale, le royaume de Bissau est fondé par le fils du roi de Quinara (Guinala), accompagné de sa sœur enceinte, de ses six épouses et d’une partie des sujets de son père. Les relations initialement cordiales avec les Portugais se dégradent par la suite. Le royaume résiste victorieusement aux campagnes portugaises de « pacification » en 1891, 1894 et 1904. Ce n’est qu’en 1915, sous l’action de João Teixeira Pinto et du chef de guerre Abdul Injai, que Bissau est finalement absorbé par la colonisation portugaise.

Les îles Bijagós : une défiance durable face au pouvoir extérieur

Au large, les îles Bijagós (ou Bissagos), archipel d’environ 88 îles et îlots, constituent un autre foyer de pouvoir. société guerrière tournée vers la mer, les Bijagós mènent des raids nocturnes contre les villages côtiers et d’autres îles. Les hommes se consacrent à la construction de pirogues et à la guerre, les femmes à l’agriculture, à la construction des maisons et à l’économie domestique. Dans leur imaginaire, “en mer, ils n’ont pas de roi”, ce qui illustre une indépendance revendiquée face aux pouvoirs du continent.

Les Bijagós et la Traite Atlantique

Le rôle complexe de l’archipel des Bijagós dans le commerce des esclaves, marqué par une participation active mais aussi une résistance farouche aux puissances coloniales.

Fournisseurs d’esclaves

Ils fournissent un grand nombre d’esclaves aux négociants européens, tout en étant relativement préservés de la déportation massive grâce à leur situation insulaire.

Enfants vs Adultes

Les témoignages portugais rapportent que les enfants bijagós sont considérés comme ‘bons esclaves’, tandis que les adultes se révoltent, se suicident ou s’échappent dans le Nouveau Monde.

Résistance et Puissance

Leur capacité de résistance et la puissance de leur ‘marine’ se traduisent par un affront direct : en 1535, une expédition portugaise envoyée pour conquérir les îles est anéantie.

Rupture et Rétablissement

Les Bijagós refusent ensuite longtemps tout commerce avec les Portugais et traitent durement les naufragés, avant un lent rétablissement des relations.

L’archipel ne sera déclaré “conquis” par le Portugal qu’en 1936 et annexé officiellement en 1937. Entre-temps, de 1917 à 1925, une insurrection fiscale de grande ampleur embrase les îles, obligeant l’administration portugaise à recourir à une politique de répression et de ségrégation entre Européens et autochtones. De fait, les Bijagós sont parmi les derniers à être véritablement colonisés.

L’arrivée des Européens et l’intégration à l’Atlantique

Les premiers Européens à documenter la région sont des navigateurs du XVe siècle : le Vénitien Alvise Cadamosto en 1455, le Portugais Diogo Gomes en 1456, puis Duarte Pacheco Pereira et le Flamand Eustache de la Fosse dans les années 1470-1480. L’explorateur portugais Nuño Tristão, venu chercher des esclaves au début des années 1440, est tué par des riverains en 1446 ou 1447.

Le Portugal, en quête d’or, de nouvelles routes et de main-d’œuvre, franchit cap Bojador dans les années 1430 et atteint la Sierra Leone avant 1460. La colonisation des îles du Cap-Vert commence vers 1456, faisant de l’archipel un point d’appui majeur pour le commerce avec ce que les Portugais appellent la “Guinée de Cabo Verde”, vaste ensemble allant du Cap-Vert jusqu’aux confins de l’actuelle Sierra Leone.

Dans cette configuration, les ports de Cacheu, Bissau et Guinala, ainsi que des comptoirs fluviaux comme Toubaboudougou, deviennent des relais indispensables pour le commerce de gommes, d’ivoire, de peaux, de musc, de colorants – et surtout d’êtres humains.

La traite négrière au cœur de l’économie régionale

Très tôt, la région intègre à grande échelle la traite transatlantique. Avant 1500, on estime à environ 150 000 le nombre d’Africains déportés par les Portugais à partir de la Haute-Guinée. Beaucoup sont envoyés au Cap-Vert pour travailler dans les plantations de coton et d’indigo ou fabriquer les célèbres panos, ces tissus tissés sur des métiers étroits, qui deviennent une monnaie d’échange régionale. D’autres sont acheminés vers le Portugal, ou plus tard vers les îles atlantiques et les Amériques.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs milliers de personnes sont capturées et vendues chaque année depuis les ports de la région. Des sources parlent d’environ 3 000 personnes par an quittant le port de Guinala pendant la période 1580-1640, souvent à destination des possessions espagnoles d’outre-Atlantique. Une part importante de ces captifs provient des guerres de Kaabu ou des conflits liés aux jihads peuls.

Bon à savoir :

L’asservissement des individus résultait de plusieurs facteurs : condamnations pénales, ventes pour survivre aux famines, enlèvements par des razzieurs locaux ou européens, et captures lors de combats. Les élites africaines (rois, chefs, guerriers) jouaient un rôle central en échangeant des captifs contre des biens comme des fusils, du tissu, de l’alcool ou des perles. Certains dignitaires de l’époque avaient déjà conscience de la violence morale de ce commerce.

La structure du trafic est complexe. Des mercenaires et marins africains, les grumetes, conduisent les captifs enchaînés vers les barracoons de Cacheu, Bissau ou Bolama. Des intermédiaires, les tangomãos, négocient les prix, tandis que les lançados – ces métis ou Portugais marginalisés – achètent les esclaves pour les revendre à des capitaines européens. De puissantes femmes afro-portugaises, les senhoras, contrôlent parfois de larges pans de ce commerce.

Le tableau ci-dessous résume quelques caractéristiques structurantes de la traite dans la région :

ÉlémentRôle dans la traite en Guinée-Bissau
Kaabu et royaumes voisinsGrandes guerres de capture, fourniture massive de captifs aux négociants européens
Ports principauxCacheu, Bissau, Guinala, Bolama : lieux de rassemblement, de stockage et d’embarquement des captifs
Intermédiaires africainsGrumetes, tangomãos, senhores/senhoras : capture, transport, négociation des prix
Produits d’échangeFusils, tissus, perles, alcool, objets métalliques
DestinationsCap-Vert, Brésil, Caraïbes, péninsule Ibérique, plus tard Cuba et nord-est brésilien

Cette économie esclavagiste a des conséquences dévastatrices : dépeuplement, insécurité permanente, guerres de razzia, destruction de communautés entières. Elle nourrit aussi une méfiance durable entre groupes voisins, tout en renforçant les pouvoirs qui contrôlent les routes commerciales.

Une domination portugaise longtemps côtière et contestée

Malgré ses prétentions précoces sur la “Guinée de Cabo Verde” au XVe siècle, le Portugal ne contrôle, pendant des siècles, que quelques points fortifiés littoraux. L’arrière-pays reste l’apanage des royaumes africains. Les autorités coloniales tentent d’interdire le commerce “non autorisé” et l’installation spontanée sur le continent, mais les lançados et d’autres aventuriers européens ignorent largement ces restrictions.

Attention :

L’union dynastique ibérique (1580) expose les possessions portugaises aux attaques de la France, de la Hollande et de l’Angleterre. Malgré la fortification de Cacheu (1590), la colonie dépend des populations locales (Manjak) pour son ravitaillement en eau et subit des famines décimant ses troupes, conduisant à l’abandon temporaire de plusieurs postes comme Buguendo, Guinala et Bissau.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’emprise portugaise hors des forts demeure largement fictive. La “Guinée de Cabo Verde” sert surtout de zone d’approvisionnement en esclaves, d’huile d’arachide au XXe siècle, et de débouché commercial pour quelques maisons coloniales.

Frontières coloniales et “pacification” sanglante

Le tournant intervient avec la “course au clocher” du XIXe siècle. Après la conférence de Berlin, le principe d’“occupation effective” oblige les puissances européennes à démontrer un contrôle réel sur les territoires revendiqués. Des négociations fixent les limites coloniales : Bolama est attribuée au Portugal en 1870 par arbitrage du président américain Ulysses S. Grant, tandis que la Casamance revient à la France en 1886. En 1879, l’administration de la Guinée est formellement séparée de celle du Cap-Vert, créant une colonie distincte, souvent appelée “Guinée portugaise”.

Exemple :

Pour imposer son autorité et répondre aux pressions internationales, le Portugal lance des campagnes militaires dites de ‘pacification’ en Guinée entre 1912 et 1915. Commandées par João Teixeira Pinto et appuyées par une troupe africaine sous les ordres d’Abdul Injai, ces opérations sont extrêmement violentes. Elles consistent en des destructions de villages, des confiscations de bétail et des déportations de populations. Ce déploiement de force a pour objectifs principaux d’imposer le paiement de l’impôt de case et de briser les résistances locales, notamment celle du royaume de Bissau et d’autres chefferies.

Plusieurs campagnes supplémentaires sont nécessaires, notamment en 1917, 1925, puis en 1936 pour soumettre les îles Bijagós. Ce n’est qu’à la fin des années 1930 que l’on peut considérer que la quasi-totalité du territoire est sous domination coloniale, même si des foyers de contestation persistent.

Un tableau synthétise cette progression :

Période approximativeNature du contrôle portugaisZones concernées
XVe–XVIIIe sièclesContrôle de forts côtiers et de quelques îlots commerciauxCacheu, Bissau, Guinala, Bolama, etc.
XIXe siècleColonisation formelle, mais pouvoir réel limité au littoralFleuves et ports, peu d’emprise intérieure
1912–1915Grandes campagnes de “pacification” de l’intérieurRoyaumes africains, zones rurales continentales
1917–1936Campagnes complémentaires, soumission des BijagósArchipel des Bijagós, zones récalcitrantes
Fin des années 1930Contrôle territorial global, mais colonie “oubliée” et sous-financéeEnsemble de la Guinée portugaise

La Guinée portugaise : une colonie périphérique et peu développée

Alors que Lisbonne investit surtout dans l’Angola et le Mozambique, la Guinée portugaise reste longtemps un “cul-de-sac” colonial : peu de colons, infrastructures limitées, administration famélique. L’économie est orientée vers l’exportation de produits agricoles (arachide, huile, palmistes, bois) via des sociétés comme la Companhia União Fabril. Dans les années 1950, la population est estimée à environ un demi-million d’habitants.

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Pourcentage de Bissau-Guinéens ayant accédé au statut d’« assimilé » vers 1970, malgré la réforme des « provinces d’outre-mer ».

L’éducation est quasi inexistante, y compris dans le cadre portugais lui-même, ce qui bloque l’émergence d’élites locales formées. Le régime de Salazar voit la Guinée comme une colonie peu rentable, destinée à fournir de l’huile d’arachide et quelques matières premières.

Pourtant, c’est précisément dans cette périphérie apparemment marginale que va naître l’une des plus remarquables luttes de libération du continent africain.

La naissance du PAIGC et le basculement vers la lutte armée

Le 19 septembre 1956, un petit groupe d’intellectuels et de militants anticolonialistes fonde à Bissau le Parti africain pour l’indépendance (PAI), qui deviendra en 1960 le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Parmi ses fondateurs figurent Amílcar Cabral, agronome d’origine capverdienne, Rafael Barbosa, Aristides Pereira, Luís Cabral et quelques autres. Dès l’origine, le parti vise la double indépendance de la Guinée portugaise et du Cap-Vert, avec l’ambition de les unir politiquement.

Dans un premier temps, la stratégie est légaliste et urbaine : travail syndical, agitation constitutionnelle, campagnes d’information. Le PAIGC cherche à s’appuyer sur le prolétariat restreint du port de Bissau et des autres centres administratifs.

Attention :

En août 1959, la répression sanglante d’une grève de dockers à Bissau par les forces coloniales portugaises (une cinquantaine de morts, des centaines de blessés) marque un tournant décisif. Le PAIGC, dirigé par Amílcar Cabral, en conclut qu’aucune évolution pacifique n’est possible face au régime de Salazar, radicalisant ainsi la lutte pour l’indépendance de la Guinée-Bissau.

Le parti entre dans la clandestinité. Cabral organise le repli de l’appareil politique vers Conakry, capitale de la Guinée indépendante de Sékou Touré, qui accepte d’offrir un sanctuaire. Entre 1960 et 1963, le PAIGC se transforme en mouvement de guérilla : formation de cadres, implantation progressive dans les zones rurales, recherche de soutiens internationaux.

La guerre de libération : “le Vietnam du Portugal”

Le 23 janvier 1963, une attaque du PAIGC contre la garnison portugaise de Tite, dans le sud, est généralement considérée comme le début officiel de la guerre d’indépendance de Guinée-Bissau. Le conflit va durer plus de onze ans, jusqu’en 1974, et deviendra l’un des plus efficaces mouvements de guérilla d’Afrique.

Au début, la présence militaire portugaise est modeste : seulement deux compagnies d’infanterie, concentrées dans les grandes villes. Le PAIGC lance une campagne de sabotage : ponts détruits, lignes télégraphiques coupées, routes minées, caches d’armes disséminées. En 1964, il ouvre un second front dans le nord, tandis que se tient le congrès de Cassaca, qui restructure l’aile militaire en Forces armées révolutionnaires du peuple (FARP) et réaffirme la primauté du politique sur le militaire.

La construction des “zones libérées”

La stratégie du PAIGC repose sur une guérilla très mobile, insérée dans la population rurale. Plutôt que d’attaquer frontalement les grandes villes, le mouvement cherche à contrôler progressivement la brousse, à isoler les positions portugaises et à construire, dans les régions sous son contrôle, une administration parallèle. Des “zones libérées” voient le jour, avec leurs écoles de brousse, leurs dispensaires, leurs “magasins du peuple” et des structures judiciaires populaires.

Des témoignages d’observateurs internationaux, y compris une mission spéciale de l’ONU, confirment que dans ces zones, la population a accès à des services inexistants sous l’autorité coloniale. Cabral insiste sur le fait que ces territoires disposent déjà d’institutions politiques, administratives, judiciaires, militaires, sociales et culturelles, autrement dit, de l’ossature d’un État en marche vers l’indépendance.

Mission spéciale de l’ONU et observateurs internationaux

Les FARP forment des combattants capables de travailler la terre aux côtés des villageois, d’encadrer des projets agricoles, d’enseigner des techniques améliorées de culture. L’armée du PAIGC n’est pas seulement une force militaire : elle est un instrument de transformation économique et sociale.

Soutiens internationaux et contre-insurrection portugaise

Le conflit ne se joue pas seulement sur le terrain bissau-guinéen. Le PAIGC s’inscrit dans le camp des luttes anti-impérialistes du tiers-monde, tisse des liens avec le MPLA en Angola, le FRELIMO au Mozambique et d’autres mouvements, au sein de la Conférence des organisations nationalistes des colonies portugaises (CONCP), fondée en 1961. Le mouvement reçoit une aide substantielle de Cuba (médecins, techniciens, artilleurs), de l’Union soviétique (armement moderne, notamment des missiles sol-air SA-7, puis formation de pilotes) et de la Chine (équipements, formation). La Suède fournit une coopération civile et humanitaire importante.

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Le PAIGC a revendiqué 147 attaques en 1965, marquant l’extension de la guérilla à l’est et au nord de la Guinée portugaise.

En 1968, Lisbonne nomme le général António de Spínola gouverneur de la Guinée portugaise. Ce dernier comprend que la guerre ne peut être gagnée uniquement par la force. Il lance une politique de “cœurs et esprits” : construction d’écoles et d’hôpitaux, promesses de réformes, recrutement massif de Guinéens dans l’armée coloniale. L’“africanisation” des forces portugaises vise à créer une armée locale fidèle au Portugal, et à attiser les divisions ethniques, notamment en enrôlant massivement des Fulani, parfois perçus comme rivaux de certaines bases sociales du PAIGC.

Malgré cette adaptation, l’équilibre militaire reste défavorable au Portugal. En 1972, la quasi-totalité du territoire rural est contrôlée par la guérilla. Les forces portugaises, évaluées à plus de 30 000 hommes en 1974, restent cantonnées à quelques villes, bases et axes stratégiques.

Amílcar Cabral, théoricien et stratège

Au cœur de ce processus se trouve la figure d’Amílcar Cabral. Né à Bafatá en 1924, formé comme agronome au Portugal, il met à profit ses études et ses enquêtes de terrain en Guinée portugaise pour analyser finement les structures sociales, les conditions agraires et les rapports de classes. Influencé par le marxisme, mais hostile aux schémas mécaniques, il prône une “approche concrète des problèmes concrets” et refuse d’importer des modèles clés en main.

Bon à savoir :

Le colonialisme cherche à briser la culture des peuples dominés pour faciliter leur gouvernance. La résistance implique une ‘réafricanisation’, c’est-à-dire une reconnexion des élites urbaines et éduquées à la culture populaire, aux langues locales et aux traditions paysannes. La lutte de libération est un tout indissociable, où l’action armée, le combat politique et la résistance culturelle sont interdépendants.

Sur le plan de la sociologie politique, Cabral analyse les contradictions de la petite bourgeoisie coloniale et lui assigne une tâche difficile : “se suicider en tant que classe”, c’est-à-dire renoncer à ses intérêts corporatistes pour s’identifier pleinement au projet révolutionnaire des masses paysannes.

Bon à savoir :

Amílcar Cabral situe la lutte de libération dans un cadre internationaliste, établissant des liens entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Il prône la solidarité avec les travailleurs des métropoles impérialistes, y compris portugais, en les distinguant de la machine coloniale. Il salue notamment le refus de certains officiers portugais de participer aux guerres coloniales.

Cabral est assassiné à Conakry en janvier 1973, dans un complot impliquant des dissidents bissau-guinéens et, vraisemblablement, des services portugais. Sa mort ne stoppe pas l’élan du PAIGC, mais prive le mouvement de son principal penseur.

L’indépendance proclamée à Madina do Boé

En 1972, confiant dans sa maîtrise du terrain, le PAIGC organise des élections dans les zones libérées. Un corps législatif de 120 délégués est désigné par la population. Ces représentants se réunissent à Madina do Boé en septembre 1973 et proclament unilatéralement l’indépendance de la République de Guinée-Bissau. Luís Cabral, demi-frère d’Amílcar, est désigné président, à la tête d’un Conseil d’État de quinze membres.

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Nombre d’États reconnaissant la Guinée-Bissau à la fin de l’année 1973.

General Spínola, alors gouverneur en Guinée portugaise, tente de nier la réalité de ces “zones libérées”, mais la prolongation coûteuse de la guerre contribue à saper la dictature à Lisbonne.

De Madina do Boé à la Révolution des Œillets

Le 25 avril 1974, des officiers portugais regroupés dans le Mouvement des forces armées renversent le régime salazariste (devenu caetaniste). Parmi eux, de nombreux vétérans des guerres coloniales, convaincus de l’impasse militaire et morale de ces conflits. Spínola devient brièvement président de la junte de salut national qui prend le pouvoir.

Des contacts secrets entre Lisbonne et le PAIGC avaient déjà eu lieu avant le coup. Après la Révolution des Œillets, les négociations s’accélèrent, avec des rencontres à Londres puis à Alger. Un accord, signé fin août 1974, entérine la reconnaissance par le Portugal de l’indépendance de la Guinée-Bissau, l’engagement de retrait des troupes et le transfert effectif des pouvoirs. Le 10 septembre 1974, l’indépendance est officiellement reconnue par l’ancienne métropole, mettant fin à plus de cinq siècles de présence coloniale intermittente.

Sur le plan symbolique, le PAIGC devient le premier mouvement de libération d’Afrique subsaharienne à arracher l’indépendance par la lutte armée. Mais l’héritage de la colonisation, les fractures créées par la guerre et les choix politiques de l’après-1974 vont plonger la Guinée-Bissau dans une autre histoire, faite d’espérances, de ruptures et d’instabilité.

L’État postcolonial : entre projet révolutionnaire et fractures internes

À l’indépendance, le PAIGC met en place un État à parti unique, d’inspiration marxiste, dirigé par Luís Cabral. L’objectif proclamé est d’opérer une “seconde libération” – économique, sociale, culturelle – en déconstruisant les structures héritées du colonialisme. La Guinée-Bissau et le Cap-Vert sont censés avancer vers l’unité politique, conformément au projet initial de Cabral.

Bon à savoir :

Dès les premières années d’indépendance, le pays est marqué par de profondes tensions liées aux séquelles de la guerre. Le mouvement au pouvoir a procédé à l’élimination systématique d’anciens soldats guinéens ayant servi dans l’armée portugaise. Des exécutions et des fosses communes ont été reconnues, notamment dans la presse du PAIGC au début des années 1980, citant des lieux comme Bissorã, Cumerá, Portogole ou Mansabá. Ce passif continue de peser sur la légitimité du pouvoir en place.

Dans les faits, de nombreux Bissau-Guinéens perçoivent l’appareil d’État comme dominé par des cadres capverdiens ou d’ascendance métisse, accentuant les ressentiments. Le modèle d’économie planifiée se heurte vite aux réalités locales et à la faiblesse des capacités administratives. La Guinée-Bissau reste l’un des pays les plus pauvres du monde, dépendant de l’aide extérieure, notamment portugaise.

En novembre 1980, un coup d’État conduit par João Bernardo “Nino” Vieira, alors Premier ministre et ancien chef militaire, renverse Luís Cabral. La jonction entre Guinée-Bissau et Cap-Vert est rompue : l’aile capverdienne du PAIGC fonde un parti distinct, le PAICV, et suit sa propre trajectoire. À Bissau, un Conseil militaire révolutionnaire dirigé par Vieira suspend la Constitution, concentre les pouvoirs et réprime les oppositions internes, y compris au sein du PAIGC.

Transition politique avortée et guerre civile

Sous la pression internationale et dans le contexte de la fin de la guerre froide, le régime de Vieira engage au début des années 1990 une ouverture politique contrôlée. En 1991, le principe du multipartisme est adopté, mettant fin au monopole constitutionnel du PAIGC. Les premières élections pluralistes ont lieu en 1994. Le PAIGC conserve la majorité parlementaire et Vieira remporte de justesse la présidentielle.

Bon à savoir :

La transition politique du pays s’effectue dans un contexte de pauvreté extrême (l’un des dix pays les plus pauvres au monde). Son économie, essentiellement agricole et de plus en plus dépendante de la monoculture de la noix de cajou, est vulnérable en raison d’une faible productivité, de la fluctuation des prix mondiaux et d’un manque d’industrialisation. Les réformes des années 1980-1990 ont orienté le pays vers l’exportation de cette matière première, désormais principale source de revenus à l’exportation, remplaçant l’arachide.

Parallèlement, les forces armées, mal payées et sous-équipées, accumulent des griefs contre le pouvoir. En janvier 1998, l’affaire des livraisons d’armes au mouvement indépendantiste casamançais (MFDC) au Sénégal met le feu aux poudres. Le chef d’état-major, Ansumane Mané, accusé de contrebande d’armes, est suspendu puis limogé. Il contre-attaque en accusant publiquement le ministre de la Défense et d’autres officiers d’être, eux, les vrais responsables du trafic.

Exemple :

En juin 1998, le général Ansumane Mané mène une mutinerie contre le président João Bernardo Vieira. Les insurgés s’emparent de casernes, de l’aéroport et de points stratégiques à Bissau, exigeant la démission de Vieira et des élections libres. Malgré l’intervention de troupes sénégalaises et guinéennes en soutien au gouvernement, l’armée nationale se rallie largement à la rébellion. Les combats dévastent la capitale, forçant plus de 200 000 personnes à fuir et provoquant une crise humanitaire aiguë.

Après plusieurs cessations de feu avortées et des médiations de la CEDEAO et de la Communauté des pays de langue portugaise, un accord de paix, dit d’Abuja, est signé en novembre 1998. Il prévoit un gouvernement d’union nationale, le retrait des troupes étrangères et des élections avant mars 1999. Mais les tensions persistent, les affrontements reprennent début 1999, et en mai, les forces rebelles prennent le palais présidentiel. Vieira se réfugie à l’ambassade du Portugal avant de capituler et de partir en exil. Mané devient l’homme fort du pays, même si formellement, un président intérimaire civil, Malam Bacai Sanhá, est désigné.

Démocratie fragile, putschs récurrents

Les élections de 1999-2000 portent à la présidence Kumba Ialá, candidat du Parti de la rénovation sociale (PRS), première alternance réelle depuis l’indépendance. Mais son gouvernement sombre rapidement dans l’autoritarisme et le désordre économique. En 2003, un coup d’État sans effusion de sang, mené par le chef d’état-major Veríssimo Seabra, renverse Ialá. Un président de transition civil, Henrique Rosa, est installé, et des élections législatives jugées globalement libres ont lieu en 2004.

La stabilité reste pourtant hors de portée. En 2005, João Bernardo Vieira revient de son exil portugais et remporte l’élection présidentielle, battant à nouveau Malam Bacai Sanhá. La relation entre la classe politique et l’armée demeure explosive. En 2009, le chef d’état-major Batista Tagme Na Wai est tué dans une explosion ; le lendemain, le président Vieira est assassiné par des soldats cherchant à venger la mort du général. Ces deux attentats révèlent la profondeur des rivalités internes et des interférences militaires dans la vie politique.

Attention :

Les années suivant le coup d’État de 2012 au pays sont marquées par de nouvelles tentatives de putsch. Cette année-là, l’armée interrompt le second tour de l’élection présidentielle, arrêtant le président intérimaire Raimundo Pereira et le candidat favori Carlos Gomes Júnior. En réponse, les organisations régionales (Union africaine et CEDEAO) suspendent le pays et imposent une transition politique. Cependant, ces mesures ne parviennent pas à résoudre le problème fondamental de la politisation des forces de sécurité.

Même lorsque des élections sont organisées et reconnues, comme celles de 2014 ou de 2019, la contestation des résultats, l’ingérence militaire et les dissolutions d’assemblées se succèdent. Une nouvelle tentative de putsch a lieu en 2022, une autre en 2023, suivie de la dissolution du Parlement. En 2025, un coup militaire renverse encore un président, entraînant la suspension de la Guinée-Bissau par la CEDEAO.

Une économie façonnée par l’histoire : de la traite à la monoculture de la cajou

À travers ces siècles, l’économie du pays est marquée par des spécialisations successives, presque toujours extraverties et dépendantes des besoins de l’extérieur. Sous l’esclavage, la principale “richesse” exportée est la force de travail humaine, au prix d’une saignée démographique et sociale. À l’époque coloniale tardive, l’arachide devient la culture dominante, autour de laquelle se structure l’espace rural. Après l’indépendance, la noix de cajou prend le relais, encouragée par les réformes libérales et la demande internationale.

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Dans les années 2010, la noix de cajou représentait environ 90 % de la valeur des exportations de la Guinée-Bissau.

Cette dépendance à la monoculture n’est pas sans rappeler l’hypertrophie de la traite à l’époque de Kaabu ou de l’arachide sous la colonisation : dans tous les cas, une partie essentielle de la richesse produite est captée à l’extérieur, tandis que l’économie intérieure reste vulnérable aux chocs de prix, aux aléas climatiques et à l’absence de diversification. La mise en valeur de la cajou exerce une pression sur les forêts, avec des dizaines de milliers d’hectares de couvert naturel détruits chaque année selon des estimations, et contribue à fragiliser la sécurité alimentaire en concurrençant d’autres cultures vivrières, comme le riz.

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La guerre de 1998 a provoqué un effondrement de près de 30 % de la production de cajou en Guinée-Bissau.

Continuités et ruptures dans l’histoire du pays

Lire l’histoire du pays en Guinée-Bissau, c’est repérer des lignes de force qui dépassent les changements d’époque. La centralité des campagnes militaires, d’abord celles de Kaabu, puis celles des jihads peuls, ensuite les offensives portugaises et enfin la guerre de libération, montrent une société régulièrement remodelée par la violence politique.

Bon à savoir :

Ce territoire a toujours joué un rôle pivot : carrefour entre le Sahara et l’Atlantique sous les empires du Mali et du Kaabu, point central de la traite atlantique, épicentre des guerres coloniales portugaises, et enfin théâtre d’une révolution anticoloniale pionnière qui a contribué à la chute de la dictature au Portugal.

Enfin, il existe un fil rouge autour de la question de la souveraineté effective. Pendant des siècles, le Portugal revendique la “Guinée de Cabo Verde” sans en contrôler l’intérieur. Plus récemment, l’indépendance formelle de 1974 coexiste avec une dépendance économique lourde, des ingérences militaires persistantes et des institutions civiles fragilisées. La reconnaissance rapide de la Guinée-Bissau par plusieurs dizaines d’États en 1973-1974 illustre l’importance symbolique de la lutte du PAIGC, mais ne protège pas le jeune pays des logiques de rente, des rivalités internes et des effets différés de l’ordre colonial.

Bon à savoir :

Le pays présente une diversité ethnique issue d’anciennes migrations, conserve la mémoire des royaumes comme le Kaabu, et porte les cicatrices de la traite. Ses paysages agricoles ont été façonnés par la culture de l’arachide puis de la cajou. Sa culture politique est marquée par le rôle central de l’armée et l’héritage du PAIGC. Comprendre cette trajectoire permet de saisir comment cette ancienne ‘colonie secondaire’ est devenue un laboratoire de la décolonisation africaine, tout en illustrant les défis de la construction étatique post-coloniale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

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