Fiscalité : impôt sur le revenu et taxe foncière en Guinée-Bissau pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer, travailler ou investir en Guinée-Bissau attire de plus en plus d’expatriés en quête de fiscalité plus légère, de coût de la vie réduit et d’accès à l’espace CEDEAO. Mais derrière cette image d’eldorado discret, la réalité est celle d’un système fiscal encore peu documenté, parfois confus, et surtout très différent des standards européens.

Bon à savoir :

Cet article détaille l’impôt sur le revenu et la fiscalité immobilière pour les expatriés en Guinée-Bissau, basé sur un rapport de recherche. Il explique l’imposition des salaires et des investissements, identifie les risques de double imposition, et donne des clés pour structurer son installation en conformité avec la loi tout en optimisant sa situation fiscale.

Comprendre le contexte fiscal et économique de la Guinée-Bissau

La Guinée-Bissau reste une juridiction émergente d’Afrique de l’Ouest, avec un cadre juridique et fiscal encore en consolidation. L’économie repose sur l’agriculture, la pêche, le commerce régional et, plus récemment, le tourisme, notamment dans l’archipel des Bijagos. Les flux d’IDE sont modestes à l’échelle mondiale mais significatifs pour le pays : un stock d’environ 315 millions de dollars représente près de 18,5 % du PIB, avec des investissements venus de Chine, des États-Unis, du Portugal ou encore de l’Inde, souvent concentrés dans l’exploration pétrolière offshore et les services.

Attention :

Le gouvernement cherche à attirer les capitaux étrangers par des garanties juridiques et un discours d’égalité de traitement. Cependant, les investisseurs se heurtent à une réalité administrative lourde, un système judiciaire fragile, une corruption endémique et un cadre réglementaire parfois hostile à la création d’entreprise.

Pour un expatrié, cela se traduit par deux impératifs : une structuration juridique et fiscale très rigoureuse, et une bonne compréhension des règles de base sur l’impôt sur le revenu et la fiscalité immobilière.

Résidence fiscale : où êtes-vous imposé quand vous vivez en Guinée-Bissau ?

Avant de parler de taux ou de formulaires, il faut déterminer une question clé : êtes-vous considéré comme résident fiscal en Guinée-Bissau ou non ? De cette réponse dépend la portée de l’imposition.

Les textes disponibles ne décrivent pas de façon ultra-détaillée la notion de résidence fiscale propre à la Guinée-Bissau, mais on retrouve les grands principes classiques de la région ouest-africaine : prise en compte de la durée de séjour, du lieu de résidence habituelle, de l’activité professionnelle principale et du centre des intérêts économiques.

Astuce :

En pratique, un expatrié est généralement considéré comme résident fiscal de la Guinée-Bissau s’il remplit l’un des critères suivants : son foyer ou sa famille est situé dans le pays, s’il y séjourne de manière habituelle et permanente (généralement plus de 183 jours par an), ou si le centre de ses activités économiques et professionnelles s’y trouve.

il vit de façon habituelle dans le pays (séjour prolongé de plusieurs mois dans l’année, ou résidence principale sur place),

il y exerce son activité professionnelle principale (salariée ou non),

– ou y concentre ses intérêts économiques (entreprise locale, revenus majoritairement bisso-guinéens, etc.).

Dans ce cas, il est imposable sur l’ensemble de ses revenus mondiaux selon la loi locale, même si, en réalité, l’administration se focalise souvent sur les revenus de source locale.

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Un non-résident est imposable en Guinée-Bissau sur la totalité de ses revenus de source locale.

Ce mécanisme est crucial pour tout expatrié venant d’un pays comme la France, d’autant plus qu’il n’existe pas de convention fiscale bilatérale entre la France et la Guinée-Bissau : sans convention, les risques de double imposition sont maximisés et la gestion doit se faire au cas par cas, en jouant sur les dispositifs unilatéraux de crédit d’impôt du pays d’origine.

Impôt sur le revenu : cadre général et rôle central de l’employeur

L’impôt sur le revenu des personnes physiques en Guinée-Bissau, appelé IRPS (Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares), repose sur un système déclaratif, mais très fortement adossé au prélèvement à la source pour les salariés. L’administration fiscale (Direction Générale des Impôts) et l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS) sont les deux interlocuteurs principaux pour un expatrié travaillant sur place.

Pour les revenus salariaux, l’employeur joue un rôle pivot. Il doit :

calculer l’impôt dû chaque mois à partir de barèmes progressifs fournis par l’administration,

retenir l’IRPS directement sur le salaire,

reverser ce montant au fisc dans des délais stricts, via une déclaration mensuelle unifiée (Déclaration Mensuelle Unique).

Bon à savoir :

Ce système fonctionne de manière proche du prélèvement à la source. Cependant, il s’accompagne d’un environnement de contrôle renforcé et de sanctions potentiellement plus lourdes en cas de défaut de paiement ou de déclaration.

Barèmes progressifs : des taux officiellement faibles, mais à multiples visages

Les barèmes d’IRPS présentés dans les textes ne sont pas parfaitement homogènes : plusieurs sources mentionnent des grilles différentes, parfois exprimées en Franc guinéen (GNF) alors que la Guinée-Bissau utilise le franc CFA de la zone UEMOA. Cet aspect souligne une difficulté majeure : le manque de documentation claire et unifiée sur la fiscalité guinéenne-bissauienne.

Deux grilles de référence ressortent néanmoins pour les revenus d’activité, à titre illustratif :

Tranche de revenu (mensuel, devise locale indiquée dans les textes)Taux indiqué
Jusqu’à 100 000 GNF0 %
100 001 à 1 000 000 GNF10 %
1 000 001 à 1 500 000 GNF15 %
1 500 001 à 3 000 000 GNF20 %
Au-delà de 3 000 000 GNF25 %

Une autre grille, pour une retenue sur salaires (RTS) :

Tranche de revenu (mensuel, GNF)Taux RTS
0 à 1 000 0000 %
1 000 001 à 5 000 0005 %
5 000 001 à 10 000 00010 %
10 000 001 à 20 000 00015 %
Au-delà de 20 000 00020 %

Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas tant de mémoriser chaque tranche que de comprendre la logique : l’imposition est progressive, relativement modérée par rapport à un pays comme la France, mais la pratique dépendra des barèmes effectivement appliqués par votre employeur et validés par l’administration pour l’année considérée. Il est donc essentiel de se référer chaque année aux tables officielles communiquées par la DGI ou son conseil local.

Délais, déclarations et sanctions : un calendrier serré

Le mécanisme de retenue et de reversement suit un calendrier précis :

Type d’obligationDélai usuel indiqué
Retenue mensuelle de l’IRPS sur les salairesÀ chaque paie
Versement de l’IRPS retenu au fiscAu plus tard le 15 du mois suivant
Déclaration annuelle récapitulative de l’employeurAvant le 30 avril de l’année suivante (via DMU)

En cas de retard ou d’absence de déclaration, les sanctions peuvent être lourdes : intérêts de retard de 10 %, auxquels peuvent s’ajouter des pénalités pouvant atteindre 100 % de l’impôt dû lorsque l’administration constate l’absence de déclaration lors d’un contrôle.

Bon à savoir :

Un salarié expatrié dont le salaire est l’unique source de revenus et qui est intégralement soumis à retenue à la source par son employeur peut être dispensé de déposer une déclaration annuelle personnelle. Cette simplification doit toutefois être vérifiée au cas par cas, notamment si vous percevez d’autres revenus (loyers, dividendes, revenus d’activité indépendante).

Charges sociales et INSS : un coût à intégrer pour l’expatrié salarié

Travailler légalement en Guinée-Bissau suppose aussi d’entrer dans le système de sécurité sociale géré par l’INSS. Les contributions sont obligatoires pour tout salarié enregistré.

Les textes disponibles évoquent un schéma classique où :

l’employeur supporte la part la plus importante de la contribution totale,

le salarié verse une quote-part minoritaire, mais obligatoire.

Exemple :

Un exemple de structure courante dans la région montre que la part de l’employeur approche ou dépasse souvent 14 % du salaire brut. En parallèle, la contribution du salarié est généralement de quelques points de pourcentage, avec des mentions spécifiques, dans des régimes voisins, d’une cotisation salariale de 2,5 %.

Même si les chiffres exacts doivent être vérifiés chaque année auprès de l’INSS, la logique est constante : la rémunération nette d’un expatrié salarié en Guinée-Bissau sera amputée par deux canaux, l’IRPS et les cotisations INSS. À l’échelle d’un budget d’expatriation, cela reste en général nettement moins lourd qu’en Europe de l’Ouest, surtout compte tenu du très faible coût de la vie (Bissau est estimée environ 60 % moins chère que Paris), mais l’impact est réel et doit être simulé en amont.

Impôt sur le revenu des activités non salariées et des sociétés

Nombre d’expatriés ne viennent pas seulement comme salariés, mais aussi pour créer une entreprise locale ou structurer des activités de conseil, de commerce ou d’investissement.

Entreprises : impôt sur les sociétés et autres prélèvements

Le régime de l’impôt sur les sociétés en Guinée-Bissau prévoit un taux standard de 25 % sur le bénéfice imposable pour les sociétés classiques. Certains textes évoquent un taux de 35 % pour des régimes voisins, ce qui confirme surtout une chose : l’importance de bien s’ancrer dans le cadre légal guinéen-bissauien et de ne pas transposer mécaniquement des données issues d’autres pays.

Au-delà de l’IS, d’autres prélèvements existent :

Impôt ou taxeTaux mentionné (selon nature)
Impôt sur les sociétés (standard)25 % du bénéfice imposable
Bénéfices industriels et commerciaux (BIC)25 % dans certains régimes voisins
Bénéfices agricoles15 % dans certains régimes voisins
TVA / Taxe sur la valeur ajoutée17 % standard, 20 % sur certains produits de luxe, 0 % sur les exportations
Retenues à la source dividendes15 %
Retenues à la source intérêts15 % résidents / 10 % non-résidents
Retenues à la source redevances15 %
Cotisations sociales employeurEnviron 14 % (ordre de grandeur régional)

Pour un expatrié qui structure une activité via une société locale (SARL ou SA, sous droit OHADA), ces charges doivent être intégrées dans les prévisions de trésorerie. À cela s’ajoutent des obligations déclaratives : versements d’acomptes d’IS, paiements d’avances calculées sur le résultat de l’exercice précédent, etc.

Non-résidents, établissements stables et retenues à la source

Un point clé pour les expatriés consultants ou investisseurs étrangers : si vous facturez des prestations à partir de l’étranger mais que vos services sont matériellement fournis ou utilisés en Guinée-Bissau, une retenue à la source peut s’appliquer. Certains textes régionaux évoquent un taux de 15 % sur des revenus de ce type.

Bon à savoir :

Si vos activités sur place dépassent un certain seuil de présence ou d’organisation, l’administration fiscale peut considérer que vous disposez d’un établissement stable. Dans ce cas, vos profits locaux deviennent imposables à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux en vigueur, et vos obligations déclaratives s’alourdissent.

L’utilisation d’un prestataire local de type “Employer of Record” (EOR) est parfois évoquée pour les entreprises étrangères souhaitant employer du personnel sur place sans créer immédiatement de structure locale : ce tiers prend en charge la gestion de la paie, des cotisations sociales et des retenues d’IRPS.

Investir dans l’immobilier : quelle “taxe foncière” pour un expatrié en Guinée-Bissau ?

C’est l’un des angles morts les plus fréquents : un expatrié qui achète une maison ou un petit immeuble de rapport se focalise souvent sur le prix d’achat et les loyers potentiels, mais néglige les impôts fonciers. Or, en Guinée-Bissau, plusieurs dispositifs existent, même s’ils sont épars et mal connus.

Deux niveaux à distinguer : taxe foncière et impôt sur les revenus fonciers

Les textes font état de différents mécanismes selon que l’on parle de détention d’un bien (taxe foncière au sens strict) ou de revenus tirés de la location (revenus fonciers intégrés à l’impôt sur le revenu). Ils mélangent parfois des régimes voisins, mais on peut dégager quelques constantes utiles pour un expatrié investisseur.

Exemple :

La fiscalité immobilière combine une taxe foncière annuelle, calculée sur la valeur locative cadastrale ou la valeur de marché, et une imposition des loyers. Ces revenus locatifs sont soumis soit à l’impôt sur le revenu, soit à un impôt sur les revenus fonciers ou mobiliers, avec une retenue à la source appliquée lorsque le locataire est un professionnel comme l’État ou une entreprise.

Propriété construite, terrain nu : des taux différenciés

Plusieurs extraits du rapport décrivent des dispositifs proches de ceux de pays voisins comme le Sénégal, où l’on trouve un impôt foncier sur les propriétés bâties (TFPB) avec un taux de 15 % appliqué sur 50 % de la valeur locative cadastrale pour les biens en location, et un taux réduit pour les résidences principales.

Les données utiles pour un expatrié investisseur, même si elles doivent être confirmées localement, peuvent se résumer ainsi :

Type de bien ou d’usageAssiette indiquéeTaux possible évoqué
Propriété bâtie louée (usage locatif)50 % de la valeur locative cadastrale (VLC)15 %
Propriété bâtie occupée par le propriétaire (résidence)50 % de la VLC, avec régime réduit si résidence principale4 à 10 % selon régimes proches
Terrain non bâtiValeur de marché du terrain2 %
Revenus fonciers (loyers)Loyer brut ou netSouvent 10 à 15 % (retenue ou IRPF)

Pour un expatrié, la conséquence est double. D’abord, la détention pure d’un bien immobilier génère une taxe foncière annuelle, même en l’absence de location. Ensuite, si le bien est loué, les loyers sont imposés à l’IRPS ou via une retenue à la source, selon le statut du bailleur et du locataire.

Exonérations et régimes incitatifs pour la construction

La Guinée-Bissau, comme plusieurs pays de la région, utilise la fiscalité immobilière comme levier pour encourager la construction et la réhabilitation.

Certaines règles relevées dans les textes voisins, qu’on voit réapparaître dans le corpus lié à la Guinée-Bissau, sont particulièrement intéressantes :

Type d’investissement immobilierAvantage fiscal évoqué
Construction neuve à usage résidentielExonération de taxe foncière pendant 5 ans dans certains régimes
Construction neuve à usage commercial / industrielExonération de 2 ans dans certains régimes
Conversion de bâtiments ruraux en logements locatifsExonération temporaire de 5 ans après travaux dans certains régimes

Même si la transposition exacte à la Guinée-Bissau demande une confirmation locale, la philosophie régionale est claire : un étranger qui construit ou rénove pour créer des logements ou des locaux professionnels peut bénéficier de périodes d’exonération foncière, ce qui améliore considérablement la rentabilité nette des projets sur les premières années.

Exonérations structurelles : État, lieux de culte, écoles

En parallèle, certains biens sont structurellement hors du champ de la taxe foncière, notamment :

les bâtiments appartenant à l’État ou aux collectivités territoriales lorsqu’ils sont affectés à un service public ou d’utilité générale,

les lieux de culte,

– les bâtiments d’enseignement préscolaire et scolaire, publics ou privés (sous conditions),

– les biens des représentations diplomatiques et consulaires, sous réserve de réciprocité.

Pour un expatrié, ces exonérations sont surtout utiles à connaître si vous investissez via une structure à but non lucratif ou en partenariat avec des institutions publiques ou internationales.

Double imposition : un vrai sujet entre la Guinée-Bissau et la France

L’un des points les plus sensibles pour un expatrié français en Guinée-Bissau tient à l’absence de convention fiscale bilatérale entre les deux pays. Contrairement à la Guinée (Conakry), qui dispose d’une convention avec la France, la Guinée-Bissau ne bénéficie pas de ce cadre. Les seules références conventionnelles identifiées passent par :

des dispositifs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) visant à éviter la double imposition à l’intérieur de l’Union,

– le réseau de conventions portugaises, puisque le Portugal a conclu une convention avec la Guinée-Bissau.

Pour un Français expatrié en Guinée-Bissau, cela signifie que :

Attention :

La Guinée-Bissau imposera les revenus de source locale (salaires, loyers, bénéfices…). La France peut aussi imposer ces revenus si elle vous considère comme résident fiscal ou s’ils sont de source française, en l’absence de convention fiscale pour éviter la double imposition.

La gestion de la double imposition devra donc s’appuyer sur :

les mécanismes internes de crédit d’impôt du droit français (pour les revenus déjà imposés à l’étranger),

une structuration soigneuse de votre statut de résident fiscal (afin que la France cesse de vous considérer comme résident si vous remplissez les critères de sortie : centre des intérêts économiques, résidence principale, etc.).

Pour les ressortissants portugais, la situation peut être plus favorable, grâce à la convention de non-double imposition signée entre le Portugal et la Guinée-Bissau, qui encadre la répartition des droits d’imposer sur les salaires, dividendes, intérêts, redevances et autres catégories de revenus.

Structurer une entreprise locale en étant non-résident : liberté théorique, contraintes pratiques

Sur le papier, la Guinée-Bissau se montre très ouverte à la création d’entreprise par des non-résidents. Un étranger peut détenir jusqu’à 100 % du capital d’une SARL ou d’une SA dans la plupart des secteurs, être gérant ou administrateur, ouvrir un compte bancaire professionnel et rapatrier ses bénéfices.

La réalité opérationnelle impose toutefois plusieurs conditions :

Bon à savoir :

Pour être régulièrement constituée et opérationnelle, une entreprise dans l’espace OHADA doit respecter plusieurs obligations clés : ses statuts doivent être conformes au droit OHADA, le bénéficiaire effectif doit être déclaré, et l’origine des fonds doit être justifiée dans le cadre de la lutte anti-blanchiment (AML/KYC). Elle doit également démontrer une substance économique crédible, comprenant une adresse légale, une activité réelle et des documents commerciaux. Enfin, l’ouverture d’un compte bancaire nécessite de fournir une documentation complète, incluant les statuts, une attestation d’immatriculation, un procès-verbal d’ouverture de compte et la liste des signataires.

Pour un expatrié qui s’installe pour des raisons patrimoniales (diversification, optimisation de la pression fiscale), des acteurs spécialisés comme FiduLink ou des cabinets de gestion de patrimoine internationaux proposent un accompagnement complet : analyse fiscale pré-expatriation, montage de la structure, obtention de titre de séjour longue durée, transfert de résidence bancaire, stratégie de coupure des liens fiscaux avec le pays d’origine, intégration de la nouvelle résidence dans une stratégie patrimoniale globale.

Atouts fiscaux et limites réelles pour un expatrié

À la lecture du corpus, plusieurs éléments expliquent pourquoi la Guinée-Bissau est parfois présentée comme une destination “intéressante” fiscalement pour certains profils d’expatriés :

Avantages Fiscaux et Économiques en Guinée-Bissau

Un aperçu des principaux atouts fiscaux, économiques et pratiques pour les résidents en Guinée-Bissau.

Absence d’Impôt sur la Fortune

Aucun impôt sur la fortune n’est prélevé, préservant ainsi le capital des résidents.

Fiscalité Modérée des Revenus

Taux d’imposition progressifs relativement bas comparés aux niveaux français.

Pas de Convention Fiscale avec la France

Pour un résident fiscal pleinement installé, cela peut signifier une sortie nette du périmètre fiscal français (à considérer avec prudence).

Coût de la Vie Très Faible

Le coût de la vie à Bissau est environ 60 % moins élevé qu’à Paris.

Monnaie Arrivée à l’Euro

Utilisation du Franc CFA de l’UEMOA, limitant considérablement le risque de change.

Accès à l’Espace CEDEAO

Résidence facilitant l’accès et la circulation au sein de l’espace économique ouest-africain.

En contrepartie, l’expatrié doit composer avec : l’adaptation à un nouvel environnement culturel et professionnel, la gestion des relations interpersonnelles dans un contexte étranger, ainsi que la nécessité de se conformer aux législations locales.

un environnement juridique fragile (justice vulnérable aux pressions politiques, corruption),

une administration fiscale peu digitalisée, lente, et qui peut interpréter les textes de façon variable,

– une documentation fiscale publique lacunaire ou contradictoire,

– un nombre élevé d’obligations déclaratives pour les entreprises (déclarations mensuelles, acomptes, etc.),

l’absence de convention avec la France, qui peut compliquer le traitement fiscal de certains revenus (pensions, dividendes, loyers).

Comment un expatrié peut-il s’y prendre concrètement ?

Sans entrer dans des cas individuels, quelques lignes directrices ressortent de tous les éléments disponibles.

Un expatrié salarié qui vient travailler en Guinée-Bissau pour le compte d’une entreprise locale ou étrangère devrait clarifier, avant même son départ :

Bon à savoir :

Pour un expatrié en Guinée-Bissau, il est crucial de déterminer son futur statut de résident fiscal (Guinée-Bissau, pays d’origine, ou double résidence). Son salaire local sera soumis à la retenue à la source de l’IRPS (selon le barème progressif) et aux cotisations INSS. Il doit vérifier si son pays d’origine prévoit un mécanisme de crédit d’impôt pour éviter une double imposition. Enfin, l’impact sur sa protection sociale doit être analysé : cotisations au régime local INSS versus maintien dans un régime d’expatriation via une caisse spécifique de son pays d’origine.

Un expatrié investisseur immobilier aura intérêt à :

vérifier très précisément quelle taxe foncière s’applique à la commune ou à la région où se situe le bien (taux, assiette, mode de calcul),

identifier les exonérations possibles (construction neuve, conversion, usage résidentiel principal, etc.),

– anticiper l’imposition des loyers (retenue à la source par un locataire entreprise, ou intégration à son IRPS personnel),

– sécuriser la preuve de paiement des taxes foncières, indispensables lors de reventes, de demandes de titres fonciers ou de procédures administratives.

Un expatrié entrepreneur ou consultant devra, lui, travailler sur :

Attention :

Pour une activité en Guinée-Bissau, il est crucial de distinguer l’exercice via une société locale (soumise à l’IS et à la TVA) de l’exercice depuis l’étranger (potentiellement soumis à une retenue à la source). Il faut également évaluer le risque de création d’un établissement stable et soigneusement structurer sa chaîne de valeur, en déterminant où sont réalisés les profits et où se situent les fonctions, les risques et les actifs.

Dans tous les cas, l’usage d’un cabinet local ou d’un expert en gestion de patrimoine international connaissant bien la Guinée-Bissau est largement recommandé. Non pas pour chercher des montages opaques, mais pour sécuriser ce qui peut l’être dans un environnement encore jeune et mouvant.

En résumé

La Guinée-Bissau offre à l’expatrié une combinaison rare : fiscalité relativement douce sur les revenus, coût de la vie très bas, absence d’impôt sur la fortune, monnaie liée à l’euro, accès CEDEAO. Mais cette attractivité s’inscrit dans un cadre institutionnel fragile, avec une administration fiscale lourde, une documentation partielle et un risque de double imposition important en l’absence de convention avec la France.

Bon à savoir :

L’impôt sur le revenu est prélevé à la source via l’IRPS progressif pour les salariés, tandis que les activités non salariées et les sociétés ont des obligations déclaratives. La fiscalité immobilière inclut la taxe foncière et l’imposition des loyers, avec des régimes incitatifs pour la construction et diverses exonérations spécifiques.

Pour un expatrié, le véritable enjeu n’est pas seulement de “payer moins d’impôts”, mais de construire un cadre durablement sécurisé : statut de résidence claire, conformité aux obligations locales, anticipation de la fiscalité du pays d’origine et gestion intelligente de la double imposition. Dans un pays comme la Guinée-Bissau, cette discipline fait la différence entre une expatriation fiscalement sereine et un projet durablement exposé aux aléas administratifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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