Les sports populaires à pratiquer au Pakistan

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Des ruelles poussiéreuses de Lahore aux vallées enneigées du nord, les terrains de sport du Pakistan dessinent une autre carte du pays. On y découvre un mélange étonnant de disciplines modernes et de jeux ancestraux, de ligues professionnelles structurées et de pratiques de village toujours vivantes. Loin des seuls stades télévisés, le Pakistan est aujourd’hui un immense terrain de jeu où chacun, du débutant curieux à l’athlète ambitieux, peut trouver sa place.

Cet article propose un panorama des sports les plus populaires à pratiquer au Pakistan, en s’appuyant sur les structures existantes, les fédérations, les ligues et les équipements accessibles au grand public. Pas un simple inventaire, mais un guide pour comprendre comment et où pratiquer, et ce que chaque sport représente dans la culture pakistanaise.

Cricket, le sport-roi et la porte d’entrée vers les académies

Au Pakistan, le cricket est plus qu’un sport : c’est un langage commun. Il suffit d’un terrain vague, de deux briques pour faire des guichets et d’une batte improvisée pour voir un match se monter en quelques minutes. Mais derrière ces scènes de rue existe une véritable architecture de développement, de la cour d’école jusqu’aux franchises de la Pakistan Super League (PSL).

Le Pakistan Cricket Board (PCB) pilote l’ensemble du système. Son centre névralgique est le National Cricket Academy (NCA), un centre de haute performance dont la mission est claire : alimenter en continu l’équipe nationale avec des joueurs techniquement, tactiquement, physiquement et mentalement prêts. Cette académie ne fonctionne pas en vase clos. Elle s’appuie sur un réseau d’académies régionales et de programmes massifs de détection de talents.

Bon à savoir :

Le Future Stars Talent Hunt Programme 2026 organise des tests dans 15 villes. Les joueurs sélectionnés intègrent 16 académies régionales, puis des camps intensifs de 4 semaines, avant une possible sélection au Centre National de Cricket (NCA). Le parcours est structuré en plusieurs étapes : école, catégories U15, U17, U19, cricket domestique, équipe A (Pakistan Shaheens), puis équipe nationale.

Les objectifs sont très chiffrés : augmenter les scores techniques des U19, réduire les blessures évitables, améliorer de 10 % les indicateurs physiques (vitesse, endurance, agilité, force) en douze mois, équiper tous les entraînements de vidéo-analyse et former tous les coachs à l’usage de la donnée. Pour un jeune joueur qui souhaite progresser, cela signifie qu’il existe aujourd’hui des parcours structurés, où la performance est mesurée et accompagnée.

Bon à savoir :

La Pakistan Super League (PSL) sert à la fois de vitrine inspirante pour les jeunes et de débouché professionnel concret via ses programmes de détection, présentés comme un tremplin vers les franchises. Le championnat T20, soutenu par des investisseurs et sponsors comme HBL, dynamise tout l’écosystème du cricket. Pour les amateurs, c’est une immersion dans les tactiques modernes du T20 ; pour les joueurs ambitieux, c’est un horizon professionnel tangible.

Même à un niveau loisir, les infrastructures existent : grands stades à Lahore, Karachi, Rawalpindi ou Multan pour les compétitions, mais aussi terrains dans des complexes multisports comme Mardan Sports Complex, Hayatabad Sports Complex à Peshawar, ou les complexes urbains de Lahore (Johar Town, Sabzazar, Tajpura, Islamia Ground) où l’on peut pratiquer en club, souvent via une adhésion annuelle ou mensuelle.

Football, la montée en puissance d’un deuxième géant

Si le cricket domine l’imaginaire collectif, le football a tranquillement conquis sa place de deuxième sport le plus populaire. Le Pakistan Football Federation (PFF), membre de la FIFA depuis 1948 et de la Confédération asiatique depuis 1954, supervise un système pyramidal allant des ligues de district aux compétitions nationales.

Le sommet de cette pyramide, pour les clubs, est la Pakistan Premier League (A Division), suivie par la PFF League (B Division), le National Club Championship (C Division) et, à la base, les ligues de district. À cela s’ajoutent des ligues provinciales dans chaque grande région : Punjab, Sindh, Khyber Pakhtunkhwa, Balochistan, Azad Jammu & Kashmir, Gilgit-Baltistan, Islamabad, FATA. Sur le terrain, cela signifie des milliers de clubs, souvent très enracinés dans leurs quartiers, qui offrent aux jeunes un premier espace de compétition structurée.

Exemple :

Pour renforcer le football de base, la PFF a lancé l’APDC, une compétition centralisée obligeant clubs et académies à jouer des matchs officiels. Par exemple, à Karachi, un « Match Center » coordonne simultanément les rencontres de plusieurs districts. Ce système vise à consolider les clubs sérieux tout en écartant les structures qui n’existent que sur le papier.

L’un des débats actuels tourne autour de la création d’une nouvelle ligue professionnelle. Des modèles ont été proposés, notamment par Ali Tareen : ligue à huit équipes, basées dans quatre villes, avec deux clubs par ville pour nourrir des derbies locaux et bâtir de vrais publics. Chaque détail est discuté : système de promotion/relégation, place des clubs existants, intégration ou non des équipes « départementales », modèle franchise ou club, coût d’un deuxième niveau estimé à plusieurs millions de dollars. Les acteurs insistent sur la nécessité de maintenir un « pyramid system » ouvert, qui permette à un club de quartier de gravir, étape par étape, les différents étages jusqu’à l’élite.

Attention :

La PFF s’engage dans la FIFAe 2026 pour développer un vivier de joueurs virtuels, en recherchant des partenaires pour organiser essais et compétitions nationales d’esport, offrant ainsi aux jeunes urbains une nouvelle manière de vivre le football de compétition.

Pour un pratiquant, les possibilités sont multiples : rejoindre une ligue de district, tenter sa chance dans les championnats provinciaux, ou se tourner vers des académies privées. À Islamabad, Lahore, Karachi ou Rawalpindi, les terrains de football se trouvent souvent dans des complexes multi-sports ou sur des campus universitaires. La culture du football de rue reste très vivante, mais elle peut désormais déboucher sur un vrai parcours compétitif.

Hockey sur gazon, le sport national entre gloire et renaissance espérée

Le hockey sur gazon est officiellement le sport national, et pendant des décennies il a été la vitrine triomphante du pays. L’équipe masculine, dirigée par la Pakistan Hockey Federation (PHF), figure toujours parmi les plus titrées au monde : quatre Coupes du monde, trois médailles d’or olympiques, une pluie de titres asiatiques, trois Champions Trophy, des Asia Cup en série et une longue liste de trophées régionaux.

45000

Le National Hockey Stadium de Lahore, le plus grand stade de hockey international au monde, a une capacité d’environ 45 000 places.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de confirmer cette domination, mais de ressusciter un géant en difficulté. Les symptômes sont connus : absence prolongée des Jeux olympiques depuis 2012, non-qualification à plusieurs Coupes du monde, années sans match international faute de moyens, terrains synthétiques vieillissants, structures de formation en panne. Dans une culture saturée par le cricket, le hockey souffre aussi d’un manque de visibilité et de financements.

Infrastructure et compétitions de hockey au Pakistan

Malgré des défis, le hockey pakistanais maintient une pratique active grâce à des infrastructures dédiées et des compétitions nationales, avec des projets de modernisation en cours.

Infrastructures dédiées

Le pays dispose d’une quarantaine de terrains en gazon synthétique, incluant des stades emblématiques comme celui de Faisalabad et le Hockey Club of Pakistan, ainsi qu’un Centre National d’Entraînement de Hockey (National Hockey Training Centre).

Championnats nationaux

Les tournois nationaux perdurent, notamment le Championnat National de Hockey (National Hockey Championship), assurant la continuité de la compétition au plus haut niveau.

Projets de ligue professionnelle

Des initiatives visent à moderniser le paysage, comme un projet de Ligue Nationale de Hockey (National Hockey League) soutenu par un opérateur télécom.

Les propositions pour relancer le hockey mettent l’accent sur l’école et l’université : distribuer des crosses aux élèves, multiplier les terrains synthétiques, faire du hockey un sport majeur des programmes scolaires, à l’image de ce qu’a fait l’Inde. À terme, un Pakistan Hockey League médiatisé, avec des clubs de villes, pourrait recréer des vocations. Pour l’instant, un jeune qui veut pratiquer trouvera des clubs liés à des institutions publiques, à l’armée, à des universités ou à des départements sportifs, en particulier à Lahore, Karachi et dans le Pendjab.

Kabaddi, le jeu de contact devenu symbole identitaire

Si le cricket et le football racontent un Pakistan tourné vers le monde, la kabaddi incarne le pays rural et les racines sud-asiatiques. Jeu de contact sans équipement sophistiqué, la kabaddi se joue sur un terrain nu, avec deux équipes de sept joueurs sur le sol, mais douze par effectif. Le principe est à la fois simple et fascinant : un « raider » traverse la ligne médiane, tente de toucher un maximum de défenseurs puis de revenir dans son camp sans être plaqué, tout en récitant sans s’arrêter le mot « kabaddi » pendant la durée de l’action, limitée à 30 secondes.

Astuce :

La pratique du Raid développe des qualités essentielles comme l’explosivité, la lecture du jeu, le sens du timing et la gestion de la pression, où une seule inspiration peut décider d’un match. Les rencontres se disputent en deux mi-temps de 20 minutes, rythmées par des phases d’attaque et de défense. En cas d’égalité, des prolongations sont prévues, pouvant aller jusqu’à un « Golden Raid » décisif pour départager les équipes.

Au Pakistan, la kabaddi est structurée par la Pakistan Kabaddi Federation. Le pays a bâti un palmarès impressionnant : médailles à répétition aux Jeux asiatiques, titres continentaux, sacre mondial en 2020 en cercle style en battant l’Inde. Cette rivalité régionale a donné à la kabaddi une dimension presque symbolique, surtout dans le Pendjab où le « Punjabi kabaddi » (circle style) se joue sur un terrain circulaire en plein air, avec des règles parfois différentes du format standard.

Exemple :

Le paysage du kabaddi pakistanais est structuré en plusieurs niveaux. Il comprend des compétitions internationales majeures (Coupes du Monde, Championnats d’Asie), une ligue professionnelle nationale (la Super Kabaddi League, lancée à Lahore), ainsi que des tournois locaux. Ces derniers sont souvent organisés dans le cadre de festivals ruraux, de fêtes de village ou d’événements sponsorisés, particulièrement dans la région du Pendjab.

Pour quelqu’un qui veut s’initier, l’entrée la plus naturelle reste les clubs de quartier ou les akharas qui proposent à la fois kabaddi et lutte traditionnelle. Les terrains sont rudimentaires, mais l’encadrement technique, quand il est sérieux, est exigeant : gestion du poids (avec des catégories réglementées), préparation physique, étude des styles (standard, circle, variantes locales comme Lambi kauddi ou Saunchi kauddi). La kabaddi illustre à quel point un sport simple d’accès peut devenir un marqueur culturel majeur.

Polo, des sommets de Shandur aux clubs prestigieux

Le polo au Pakistan vit sur deux dimensions : une tradition montagnarde spectaculaire et un circuit très codifié de clubs urbains de haut niveau. Sur les hauteurs de Shandur, à plus de 3 700 mètres d’altitude, se tient chaque année un festival considéré comme l’un des rendez-vous majeurs du polo mondial. Sur un terrain présenté comme le plus haut du monde, des équipes de Gilgit-Baltistan et de Chitral s’affrontent selon des règles de polo libre, sans le formalisme habituel : peu de restrictions, du rythme, et un public chauffé par des jours de musique, de danse et de campements sous tente.

Exemple :

Plus au sud, la Pakistan Polo Association, fondée en 1947 et basée à Islamabad, organise une saison très dense. Des clubs emblématiques, comme le Lahore Polo Club (souvent cité comme le deuxième plus ancien club du monde), le Jinnah Polo Fields, les terrains de garnison à Rawalpindi ou Lahore, ou encore l’Islamabad Club Polo Ground, composent une constellation d’enceintes où se déroulent chaque année plus de quarante championnats.

Le calendrier rassemble une longue série de coupes et de championnats, avec différents niveaux de handicap (4, 8, jusqu’à 14 goals) et des rendez-vous mythiques comme la Punjab Polo Cup, souvent présentée comme le plus ancien événement sportif encore disputé au Pakistan. Les grandes compétitions, comme le Quaid-i-Azam Gold Cup (National Open Championship), attirent des joueurs étrangers, notamment d’Argentine et d’Iran, des arbitres internationaux, des commentateurs spécialisés et un public mondain.

Bon à savoir :

Bien que le polo soit un sport élitiste nécessitant un cheval et des frais d’écurie, d’entraînement et de club, des académies et des tournois inter-académies (comme ceux impliquant l’armée) permettent aux jeunes cavaliers de se former dans de nombreuses villes. La pratique du polo peut également servir de porte d’entrée vers d’autres sports équestres populaires, comme le tent pegging (neza bazi).

L’attrait du polo pakistanais tient autant à son cadre – de la plaine historique de Lahore aux plateaux de Shandur – qu’à sa culture : mélange de tradition militaire, d’héritage colonial et de modernité sportive avec sponsors bancaires, gros prix et retransmissions.

Squash, le sport où le Pakistan demeure une référence

Si l’on cherche un sport dans lequel le Pakistan a installé, sur la durée, une image de nation dominante, le squash arrive en tête. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucun autre pays n’a remporté autant de titres combinés au World Open et au British Open, et des légendes comme Jansher Khan, vainqueur à lui seul de multiples éditions, ont fait du « squash pakistanais » une marque internationale.

Pour la pratique quotidienne, l’écosystème est plus diffus, mais bien réel. La Pakistan Squash Federation encadre la discipline au niveau national, organise des championnats féminins et masculins, coordonne des tournois juniors et soutient des événements internationaux, comme l’Open du Pakistan ou des tournois PSA.

Bon à savoir :

Plusieurs complexes, comme ceux d’Islamabad, Peshawar et Lahore, sont essentiels au développement du squash. Le Punjab Squash Complex à Lahore, quasi centenaire, propose des courts ouverts de l’aube au soir. Il offre un accès gratuit aux jeunes en formation jusqu’en fin d’après-midi, réservant le soir aux membres. Ce complexe, formateur de champions, encadre aujourd’hui des joueurs de tous âges (U9 à U17), garçons et filles, avec des coachs spécialisés, dont des entraîneures dédiées aux joueuses.

Les académies se multiplient également sous l’impulsion de l’armée de l’air ou de programmes fédéraux. À Peshawar, une PSB Squash Academy, dotée de courts en bois avec parois vitrées et gradins pour 500 spectateurs, sélectionne les meilleurs jeunes après des trials massifs. Les enfants repérés via des programmes de détection scolaire sont ensuite intégrés aux groupes d’âge, bénéficiant d’un coaching structuré et de compétitions régulières.

Bon à savoir :

Le réseau de tennis au Maroc est diversifié, avec des coachs privés expérimentés proposant des cours individuels, des sessions de groupe et des académies juniors dans des clubs urbains. Pour un joueur amateur, cette offre combinée aux clubs publics et aux structures militaires permet de trouver un court et un encadrement dans la plupart des grandes villes.

Pour visualiser la diversité des sports et structures, il est utile de comparer quelques disciplines phares :

SportOrgane directeur principalType de ligue / structure phareAccès typique pour un amateur
CricketPakistan Cricket Board (PCB)Pakistan Super League, académies régionales, NCAClubs locaux, académies privées, programmes de détection
FootballPakistan Football Federation (PFF)Pakistan Premier League, ligues de district et provincialesClubs de quartier, ligues scolaires et de district
HockeyPakistan Hockey Federation (PHF)National Hockey Championship, projets de ligue nationaleClubs institutionnels, universités, académies
KabaddiPakistan Kabaddi Federation (PKF)Super Kabaddi League, tournois nationauxClubs ruraux, akharas, écoles
PoloPakistan Polo Association (PPA)Punjab Polo Cup, Quaid-i-Azam Gold Cup, Shandur FestivalClubs équestres, académies militaires ou privées
SquashPakistan Squash FederationPakistan Open, circuits juniors nationauxComplexes publics, clubs privés, académies

Sports de combat traditionnels : Pehlwani, kushti et la culture des akharas

À côté du kabaddi, la lutte traditionnelle – pehlwani ou kushti – incarne une autre facette du Pakistan : celle des akharas, ces cours de terre battue où se transmettent des savoirs vieux de plusieurs siècles. Mélange de l’ancienne malla-yuddha indienne et de la lutte persane, la pehlwani a été façonnée sous l’Empire moghol. Ses champions portent des titres hérités du Shahnameh, comme « Rustam-e-Pakistan ».

Exemple :

Le Kusti est une lutte traditionnelle iranienne dont les règles, simples en apparence, impliquent un vaste répertoire de projections, de contrôles et de clés. Le combat a lieu dans une fosse de terre spécialement préparée avec un mélange de sable, d’huile et de curcuma. Après un rituel de respect consistant à se jeter mutuellement de la terre sur le corps, les lutteurs tentent de plaquer simultanément les épaules et les hanches de l’adversaire au sol. Contrairement à la lutte olympique, il n’y a pas de système de points ni de rounds chronométrés ; la victoire est obtenue par une chute décisive, un KO, une soumission ou l’arrêt de l’arbitre.

Ce qui frappe le plus, pour un observateur, c’est le mode de vie qui entoure la pratique. Le virayam – l’entraînement – commence souvent avant l’aube, avec des milliers de flexions (bethak) et de pompes (danda), de la course, de la natation, des exercices avec des pierres ou des masses (gada), et des exercices spécifiques avec des anneaux de pierre (nal, gar nal). Le régime alimentaire est lui aussi codifié : lait, ghee, amandes, viandes sélectionnées, soupes de poulet, jus d’orange, légumes verts. Alcool, tabac et paan sont mal vus.

Bon à savoir :

Intégrer un akhara (école de lutte traditionnelle) implique d’adopter un mode de vie fondé sur l’obéissance au maître (ustad/guru), le respect des aînés et une discipline rigoureuse. Certains akharas, comme celui de Liaquat Bagh à Rawalpindi, sont centenaires, bien que leur nombre ait diminué. Aujourd’hui, la Fédération pakistanaise de lutte encadre les compétitions modernes, tandis que des formes traditionnelles comme le malakhra (au Sindh) perdurent lors des foires et jours fériés.

Dans les villes, cette tradition dialogue aujourd’hui avec d’autres formes de sports de combat, comme le judo, le karaté, le taekwondo ou le MMA, présents dans de nombreux complexes multisports. Les programmes publics de détection, comme le Talent Hunt Youth Sports League, intègrent la lutte olympique et d’autres disciplines de combat, offrant aux jeunes lutteurs issus des akharas une passerelle vers les compétitions nationales et internationales.

Sports de montagne et d’hiver : un terrain de jeu spectaculaire

Dès que l’on quitte les plaines pour les régions nordiques, un autre Pakistan sportif apparaît, dominé par les sommets de l’Himalaya, du Karakoram et de l’Hindu Kush. Montagne, neige, rivières : tout se prête aux sports d’hiver et d’aventure.

Le ski, d’abord, se développe sur plusieurs sites. À Naltar, dans le Gilgit-Baltistan, le plus ancien domaine skiable du pays est géré par l’armée de l’air, avec une école de ski, deux pistes principales (400 m et 600 m), un télésiège parmi les plus élevés du pays et une saison qui s’étale de décembre à avril. L’accès est plus complexe – il faut compter plusieurs heures de piste en jeep – mais la récompense est à la hauteur : pentes enneigées bordées de forêts de pins, loin de toute foule.

2800

Altitude en mètres de la station de ski de Malam Jabba, dans la vallée de Swat.

À Rattu, dans la vallée d’Astore, c’est l’armée qui a développé au départ les infrastructures pour entraîner ses troupes en haute altitude. Pendant une partie de l’hiver, le site s’ouvre aux civils : un paradis pour le ski de randonnée, avec vue sur le Nanga Parbat. D’autres destinations, comme Madaklasht dans le Chitral ou les hauteurs autour de Fairy Meadows, attirent les amateurs de ski alpinisme plus engagés.

Exemple :

Dans des stations comme Nathiagali, Ayubia, Swat ou Chitral, les festivals de neige proposent des activités variées au-delà du ski, telles que la luge, le snow rugby, le patinage et même du hockey sur glace improvisé, comme à Parwak avec des équipes nommées ‘Fox’ et ‘Snow Leopard’. Soutenus par des projets comme le Khyber Pakhtunkhwa Integrated Tourism Project, ces événements dynamisent l’économie locale hivernale et élargissent l’accès à ces sports.

L’alpinisme, lui, a fait la renommée internationale du pays. Avec cinq sommets de plus de 8 000 mètres, dont le K2, Broad Peak, Gasherbrum I et II ou le Nanga Parbat, le Pakistan attire chaque été des expéditions du monde entier. L’Alpine Club of Pakistan coordonne ces activités, tandis que des associations comme la Chiltan Adventurers Association Balochistan ou le Pakistan Alpine Institute développent l’escalade sur grandes parois ou le rocher. Des figures comme Samina Baig, première Pakistanaise au sommet de l’Everest et première musulmane à boucler les Seven Summits, montrent aux jeunes, en particulier aux filles, que la haute montagne est accessible.

Pour un pratiquant, la porte d’entrée dans ces sports se fait généralement par les treks : randonnée vers le camp de base du K2, lacs d’altitude comme Rush Lake, Katora Lake ou les vallées de Hunza, Skardu, Swat, Kumrat. De nombreuses agences, des clubs universitaires et des groupes locaux organisent des sorties, souvent entre mai et octobre.

Autres disciplines très présentes sur le terrain

D’autres sports, parfois moins médiatisés à l’international, sont pourtant omniprésents dans la vie sportive pakistanaise et facilement pratiquables.

Le volley-ball, par exemple, est extrêmement populaire dans les petites villes et villages, surtout en Khyber Pakhtunkhwa. La fédération nationale a construit une équipe solide, régulièrement médaillée en Asie centrale. Pour un joueur, il suffit souvent d’un terrain en terre battue et d’un filet improvisé pour rejoindre un jeu très vivant.

Exemple :

Le tent pegging, appelé localement neza bazi, est une discipline équestre traditionnelle afghane. Elle consiste, pour des cavaliers lancés au galop, à décrocher des piquets plantés dans le sol à l’aide d’une lance. Cette pratique est un pilier des festivals ruraux et des grandes manifestations nationales. Depuis 2014, la Fédération équestre et de tent pegging supervise cette activité et forme des équipes pour les compétitions internationales.

Les sports de raquette et de précision connaissent aussi un fort engouement urbain. Le badminton est pratiqué dans d’innombrables clubs, complexes multisports et académies dédiées, avec des tournois nationaux réguliers et des joueurs comme Mahoor Shahzad qui ont représenté le pays aux Jeux olympiques. Le tennis de table, le snooker et le billard, encadrés par des fédérations organisées, offrent des circuits compétitifs. Le snooker, en particulier, compte un public massif, notamment au Pendjab, avec des champions du monde amateurs comme Muhammad Asif et de nombreux clubs de quartier où l’on joue tard dans la nuit.

Bon à savoir :

Le Pakistan propose plusieurs activités de plein air modernes, souvent soutenues par des initiatives privées ou communautaires avec l’appui des autorités provinciales pour le tourisme. On y pratique notamment le parapente (à Hunza, Malam Jabba ou Islamabad), le rafting (sur les rivières Swat, Indus, Kunhar et Neelum) et le VTT (sur les pistes de montagne ou la route du Khunjerab).

Pour un pratiquant, le choix devient vaste :

Type de pratiqueSports emblématiques au PakistanEnvironnements typiques de pratique
Sports de balle collectifsCricket, football, volley-ball, hockeyStades urbains, terrains scolaires, villages
Sports de combatKabaddi, pehlwani/kushti, judo, karaté, taekwondoAkharas, complexes multisports, clubs municipaux
Sports de raquetteSquash, badminton, tennis, tennis de tableClubs privés, complexes publics, centres de formation
Sports de montagneAlpinisme, trekking, ski, escaladeGilgit-Baltistan, Swat, Chitral, Kaghan, Hunza
Sports équestresPolo, tent peggingClubs urbains, villages, festivals régionaux
Sports nautiquesRafting, kayak, sports de rivièreVallée de Swat, Gilgit, Indus, Kunhar, Neelum
Sports de précisionSnooker, billard, tirSalles de jeux, clubs spécialisés, complexes nationaux

Un maillage de complexes et de programmes qui ouvre le terrain

Ce foisonnement sportif ne tiendrait pas sans un réseau impressionnant de complexes et d’initiatives publiques. Dans des villes comme Islamabad, Lahore, Karachi, Peshawar, Rawalpindi, Sialkot, Faisalabad ou Multan, les habitants ont accès à des infrastructures le plus souvent multi-sports : terrains de cricket, football, hockey, piscines, salles de gym, courts de squash et de badminton, tables de tennis de table, salles de snooker.

Le Pakistan Sports Complex à Islamabad, par exemple, propose des installations intérieures et extérieures de niveau international, avec des formules d’adhésion pour des sports variés (tennis, squash, badminton, etc.), et des grilles tarifaires distinctes pour les citoyens pakistanais et les étrangers. De nombreux complexes municipaux à Lahore – Johar Town, Sabzazar, Tajpura, Islamia – fonctionnent sur des modèles similaires, avec frais d’inscription et abonnement mensuel.

Bon à savoir :

Le programme national Talent Hunt Youth Sports League vise à systématiser la détection des jeunes talents sportifs âgés de 15 à 25 ans. Des essais sont organisés dans des dizaines de villes à travers le pays, de Quetta à Skardu, et couvrent un large éventail de sports : cricket, football, hockey, squash, badminton, judo, boxe, volley-ball, handball, tennis de table, lutte et haltérophilie. L’objectif est de passer d’un modèle de découverte ‘spontanée’ à une approche structurée.

Pour un jeune ou un adulte qui veut se mettre à un sport au Pakistan, le paysage est donc très différent d’il y a vingt ans. On trouve, certes de manière inégale selon les régions, des académies spécialisées, des ligues organisées, des fédérations actives et des complexes accessibles. La diversité des pratiques – des jeux de village aux ligues professionnelles, des courts de squash historiques aux festivals de neige, des akharas aux stades ultra-modernes – fait du Pakistan un terrain d’exploration sportive exceptionnellement riche.

Pratiquer un sport au Pakistan, c’est une manière singulière de découvrir le pays : des tournois de kabaddi dans les quartiers populaires aux grands stades de la PSL, en passant par le ski dans les vallées reculées, le polo pacificateur dans les villages de montagne ou les akharas près des forts moghols. Chaque discipline raconte un fragment de la mosaïque nationale, et toutes montrent que la passion du jeu demeure l’un des fils les plus solides du tissu social pakistanais.

Le sport au Pakistan

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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